CONSERVÉE, CE T.^BLEAU, CE MONUMENT EST BIEN
CONSERVÉ, se dit d'une médaille, d'un tableau qui ont encore toute leur beauté, toute leur fraîcheur. — Être bien conservé, se dit des personnes d'un âge avancé qui ont encore un air de fraîcheur et de santé.
" CONSERVER v. a. (lat. conservare). Maintenir en bon état, apporter le soin nécessaire pour empêcher qu'une chose ne se gâte, ne dépérisse : conserver des fruits ; conserver des habits ; cette femme a grand soin de conserver son teint. — Se dit aussi des choses qui servent à en conserver d'autres : cette pommade conserve le teint; une vie réglée conserve et fortifie la santé. — Maintenir dans un certain état; dans ce cas, le régime est accompagné d'un adjectif tjui exprime cet état : conserver une chose intacte. — Faire qu'une personne ou qu'une chose existe, ne périsse pas : il n'a conservé aucun de ses enfants ; les secours de l'art n'ont pu le conserver à sa famille éplorée. — Se dit quelquefois en parlant des choses morales : l'histoire conserve la mémoire des grandes actions. — Se dit particulièrement de ceux qui ont beaucoup de soin de leur santé : c'est un homme qui se conservera longtemps, qui iait (t conserver, qui a soin de se
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conserver.- Fig. et absol. Se conduire si bien,
si sagement, soit dans des temps de troubles, soit entre des gens divisés d'intérêt ou de contraire humeur, qu'on ne se mette mal avec personne : on a bien de la peine à se conserver entre deux partis si animés l'un contre l'autre.
— Garder quelque chose, ne pas s'en défaire, ne pas y renoncer : à la paix, on ne conserva que tant de régiments : il a cotiservé ses anciens domestiques. — Ne pas perdre ce qu'on a, ne pas en être dépossédé, privé : ceprince a conservé toutes ses conquêtes; conserver son emploi ; celte ville conserve quelques restes de son ancienne splendeur. — Conserver sa tête, toute sa tête, conserver son jugement, soit dans la vieillesse, soit dans des circonstances critiques. — Absol. Ce n'est pas tout que d'acquérir, il faut savoir conserver.— Se conserver V. pr. Être conservé, préservé : les fruits d'été m se conservent pas; les cornichons se conservent dans le vinaigre. — Ne pas perdre sa santé, sa fraîcheur : cette dame se conserve très bien.
— Garder pour soi : il se conserve toujours les meilleurs morceaux.
•CONSIDÉRABLE adj. Puissant, éminent, digne de considération : c'est un personnage fort considérable ; il tient un rang lonsidérabïe.
— Se dit aussi des choses qui ont de l'miportance par la grandeur, le nombre, la quantité: ouvrage considérable ; un temps considérable ; une somme considérable.
* CONSIDÉRABLEMENT adv. Beaucoup. Il a perdu considirabltment dans cette affaire ; ce travail est considérablement avaiicè.
' CONSIDÉRANTS, m. Collecliv. Remarques, réflexions, motifs qui précèdent le dispositif d'une loi, d'un arrêt, etc., et quelquefois chacune de ces remarques : le considérant de cette loi est 1res ban fait. (V. S.)
•CONSIDÉRATION s.f. {\at. eonsideratio). Action par laquelle on considère, on examine : cclaest digne de considération. — Cela est de peu DE CONSIDÉRATION, est de peu d'importance, n'est guère à considérer : cette circonstance doit être depeudeconsidérationpourvous. - Auplur. Réflexions, observations. Ne s'emploie guère que dans les cas indiqués par les exemples suivants : il a écrit des Considérations sur l'histoire de France ; son ouvrage est intitulé : ConsidérationssurleCommerce,surlesFi}iu7iêes,elc.
— Circonspection, attentiondans la conduite : c'est un homme qui agit sans considération, qui n'apporte aucune considération datis ce qu'il dit, dans ce qu'il fait. — Raison, motif : une considération impiortante; il y a été obligé par de gra7ides considérations. — Egard qu'on a pour quelqu'un : c'est en votre considération qu'il l'a fait. — Mettre, faire entrer, prendre quelque cuosE EN considération, y avoir égard : le roi pjrendra vos services en considération, fera entrer vos services en considération. On dit aussi En considération de, eu égard à : cette place lui fut accordée en considération des services que sa famille avait rendus à l'Etat. — Se dit des égards qu'obtiennentles talents, les vertus, ou que les dignités et les charges attirent : c'est un homme qui s'est acquis une grande considération, qui a beaucoup de considération.
— Je suis AVEC considération, avec une parfaite considération, avec une considération distinguée, avec une haute considération, etc. formules de politesse par lesquelles on termine quelquefois les lettres qu'on écrit.
* CONSIDÉRÉ, ÉEpart. passé de Considérer.
— Tout bien considéré, tout (Haut exuuiiné. Pral. : ce considéré, il vous plaise...
- CONSIDÉRÉMENT adv. Avec prudence, avec réflexion.
* CONSIDÉRER v. a. (lat. consiàerarè). Regarder aitentivement : considérer un édifire ; j'ai longtemps considéré cet homme-là pour le mieux reconnaître. — Fig. Examiner attentivement, faire attention à quelque chose : conai-
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dérer une affaire sous tous ses aspects ; considérer une chose en elle-même, ou clans ses rapports avec une autre. — Particul. Avoir égard : considérez les longs services qu'il vous a rendus; un juge intègre ne considère ni les personnes ni les recommandations. — Estimer, faire cas : il était considéré, il était fort considéré à la cour ; je ne considère ni sa fortune, ni ses richesses, je ne considère que S07i mérite. — Juger, réputer: et, dans ce sens, il se joint avec l'adverbe COMME : je le considère comme le plus habite écrivain de notre époque; ses soldats le considéraient comme un père; on doit considérer cet événement comme la source de tous nos malheur.'i.
•CONSIGNATAIREs.m.(ffremll.).Celuiquiesl préposé a la garde des dépôts et consignations : le consignataire délivra les fonds. — Coinm. marit. Négociant ou commissionnaire auquel on adresse soit un navire, pour qu'il en opère le désarmement et le réarmement, soit les marchandises chargées sur un bâtiment pour qu'il les reçoive en dépôt ou se charge de les vendre.
CONSIGNATEUR s. m. Celui qui fait une consignalion de marchandises dans une maison de ciinuiiission.
• CONSIGNATION s. f. Dépôt d'une somme ou d'autre chose entre les mains d'une personne publique ; et la somme ou l'objet que l'on dépose : consignation judiciaire ; faire une consignation au greffe ; il n'a pas as.wi d'argent pour la consignation qu'on lui demande. — Consignation d'amende, action de déposer, préalablement à certains actes, le montant de l'amende qui peut être encourue par l'événement d'un procès. — Caisse des dépots et consignations, caisse publique établie pour recevoir seule les consignations et les dépôts, faire le service des fonds de retraites, et remplir toutes les attributions, l'amortissement excepté, qui étaient d'abord confiées àla caisse d'amortissement. (Voy. Caisse.) — Comm. mar. Ces marchandises sont a la consignation d'un tel, marchandises dont un tel est consignataire.— Législ. « La consignation est un moyen de se libérer que la loi donne au débiteur dont la dette est exigible, lorsque le créancier ne peut ou ne veut pas recevoir. La consignalion des objets mobiliers est faite dans le lieu que le juge détermine; celle des sommes d'argent doit toujours avoir lieu à la Caisse des dépôts et consignations. (Voy. Caisse). La consignation volontaire a pour effet de libérer le débiteur, mais seulement lorsqu'elle a été précédée d'offres réelles et qu'elle réunit toutes les conditions prescrites par la loi (C. civ. VodI à 1264; C. pr. 812 à 818). La consignation est souvent obligatoire; aussi les officiers ministériels qui ont procédé à une vente sur saisie et ceux entre les mains desquels a été faite une saisiearrêt sur des deniers, doivent consigner (C. pr. 6')7). Lessommestrouvéesdansune succession vai:ante (C. civ. 813); celles appartenantà une faillite (C. comm. 489) doivent également être consignées. Les tribunaux ordonnent fréquemment la consignation des sommes ou des objets dont la propriété est contestée. » (Ch. Y.)
* CONSIGNES. f. [kon-si-gne; gn nill.J (eum, avec ; signum, signe). Ordre, instruction que l'on donne a une sentinelle, à une vedette, au chef d'un poste, sur ce qui doit être l'objet de sa surveillance, et sur ce qu'il doit faire ou empêcher: donner la consigne; observer la consigne; caporal de consigne; les factionnaires se transmelterjt la consigne. — Par ext. Ordres, instructions qu'on donne à toute personne chargée de garder l'entrée de quelque lieu public : la consigne est de ne laisser entrer personne sans billet; forcer la consigne. — Se dit aussi, dans les villes de guerre, d'un homme [ilacé aux portes, pour tenir un registre exarl de tous les élranj/ers qui entienl dans la villa»
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* CONSIGNER V. ,i. Déposer une somme ciilro les Mi.uiis do qufhfu'uii, pour qu'elle soit délivrée en temps et lieu à qui d iippartiendra : consigner de l'argent au greffe, chez un notaire; il est sorti de prison après avoir consigné la somme pour laquelle on l'avait arrêté; consigner l'amende, avant de présenter une requête en cassation. — Consigner en papier, donner un billet portant obligation de la somme que l'on doit consigner. — Gonim. mar. Adresser à un consignataire : il n'a pas voulu recevoir les rnareltandises qui lui étaient consignées. — Kig. Rapporter, citer dans un écrit : ce fait est consigné dans nos annales ; cette circonstance a été consignée au proccs-verhal. — Donner des ordres, des instructions à une sentinelle, à une vedette pour ce qu'elle devra faire en tel ou tel cas : on lui a consigné de ne laisser entrer personne; on lui a consigné d'empêcher les voitures de passer. — Consigner quelqu'un, donner des ordres pour empêcher qu'il ne sorte : les soldats furent tous consignes dans leurs casernes; on l'a consigné pour huit jours. — Fig. Je l'ai consigné a ma porte, j'ai donné ordre qu'on ne le laissât point entrer.
' CONSISTANCE s. f. Etat où sont certaines choses Uoides lorsqu'elles deviennent épaisses, ' et qu'elles pi-ennent un certain degré de solidité : cette composition n'a pas assez de consistance; faire évaporer un liquide jusqu'à consistance de sirop, d'élecluaire, etc. — Etal d'un corps dont les parties sont liées entre elles de manière à oll'rir une certaine résistance : la cire a moins de consistance que la résine ; ce terrain n'a point de consistance, il est sablonneux, fangeux. — Age de consistance, état de consistance, âge, état où les animaux, les arbres, etc., ont acquis tout leur développement et ne croissent ni ne diminuent. — Par ext. Etat de consistance, ce qui est susceptible d'accroissement, et ensuite de diminution ; toutes les choses du monde ont leur état d'accroissement, de consistance et de diminution. — Fig. Les
AFl'AinES sont dans UN ÉTAT DE CONSISTANCE, ellos
sont dans une situation à ne pas changer sitôt. — Stabilité, tixité, permanence : les choses du monde n'ont point de consistance. — ^ Le temps qu'il fait n'a point de consistance, il y a peu de stabilité dans le temps, le temps est mal assuré. — Fig. Ce bruit, cette nouvelle, etc., PREND, acquiert DE LA CONSISTANCE,
ce bruit, cette nouvelle, etc., devient moins vague, commence à se coutirmer. — C'est un
ESPRIT qui n'a POINT DE CONSISTANCE, C'eST UN
ESPRIT SANS CONSISTANCE, Se dit d'une personne qui n'est pas ferme dans ses résolutions, dans ses opinions, etc., et qui en change aisément. — C'est un homme sans consistance dans le MONDE, ou simplement, sans [consistance, sans crédit, sans considération. — Prat. Ce en quoi consiste une succession ou un domaine et ses dépendances : la consistance d'une succession; donner un état de la consistance d'une terre.
* CONSISTANT, ANTE adj. Qui consiste :
une terre consistante en bois, en terres labourables, prés, etc. — Phys. Qui a quelque degré de solidité : les corps consisîanls et les corps fluides.
•CONSISTER V. n. (lat. consistere; de cum, l avec; stare, se tenir). Etat d'une chose considérée en son essence, ou en ses propriétés et qualités : la perfection de l'Iiomme consiste dans le bon usage de sa raison. — Le tout consiste A s.ivoia... se dit de ce qu'il y a de principal et de plus important dans une affaire, dans une question, dans une difficulté. — Etre composé, lormé de : son revenu consiste en rentes, tn blés ; cette maison consiste en une cour, en tard d'appartements, en tant de chambres; la flotte consistait en trente vaisseaux. — Par anal. : le commerce de ce pays consiste en blés, vins, fourrages, etc.
* CONSISTOIRE s. m. (lat. consistorium). Asseiiililée des cardinaux, convoquée par le I
pape, pour les consulter et leur demander
leur avis sur quelques alfaircs importantes : cela fut résolu en plein consistoire ; lorsque le pape fait des cardinaux, il tes déclare dans le consistoire. — Lieu où se tient ordinairement celte assemblée : au .sortir du consistoire. — Assemblée des ministres et des anciens de la religion protestante, pour délibérer desalîaires de leurs églises : les anciens du consistoire; les membres du consistoire; on se plaignit de lui au consistoire; on le manda au consistoire. — Consistoire Israélite, conseil qui dirige les alfaires de la religion Judaïque, parmi les Israélites d'un pays. — Législ. « Dans chacun des deux cultes protestants reconnus, il y a des circonscriptions consistorialos comprenant un groupe de paroisses, et dans chacune do ces circonscriptions, les conseils de paroisse ou presbytéraux sont contrôlés par un consistoire lequel n'est aulre que le conseil presbytéral du chef-lieu de la circonscription dont le nombre est alors doublé et en outre augmenté de tous les pasteurs de la circonscription et d'un délégué laïque de chacun des autres conseils preshytéraux. Les membres des consistoires sont renouvelés par moitié tous les trois ans (L. 18 germinal an X. Décr. 20 mars 1852). Un décret du lOnovembre IScii', a lixé l'étendue des diverses circonscriptions consistoriales. La loi du l^'aoïlt 1879, relative à l'Eglise luthérienne, décide que les consistoires de cette Eglise doivent être composés de tous les pasteurs de la circonscription et d'un nombre double de délégués nommés par les conseils presbytéraux. Le décret du l^imars 1880 règle le mode de nomination des pasteurs, laquelle nomination est faite par le consistoire de ladile Eglise sur la présentation du conseil presbytéral et sauf l'agrément du gouvernement. Le décret du 13 avril 1880 s'occupe de l'élection des membres des consistoires dans l'Eglise dite réformée ou calviniste. En ce qui concerne le culte Israélite, il existe en France huit circonscriptions dites départementales et autant de consistoires départementaux, composés d'un grand rabbin et de membres laïifues élus par la circonscription. Un consistoire central, qui siège à Paris, se compose d'un grand rabbin et de huit membres la'iqiies élus par les consistoires départementaux. (Ord. 2o mai 1844; décr. 29 août 1802}. .. (Ch. y.)
* CONSISTORIAL, ALE, aux adj. Qui appartient au consistoire que le pape lient : congrégation consistoriale; matière consistoriale ; jugement consistorial. — Bénéfices consistoriaux, évêchés, abbayes et autres bénéfices, dont les bulles sont demandées et expédiées par voie de consistoire. — Se dit aussi quelquefois de ce qui appartient à un consistoire protestant ou Israélite : écoles cojisistoriales.
* CONSISTORIALEMENT ady. En consistoire, selon les formes du consistoire : cela fut jugé consistorialement.
CONSŒUR s. f. Religieuse du même couvent ou du même ordre.
* CONSOLAELE adj. Qui peut être consolé. Me se dit que des personnes : sa perte est si grande, qu'il n'est pas eonsolable.
* CONSOLANT, ANTE adj. Qui console, qui est propre à consoler : ce que vous me dites là n'est guère consolant. — Fam. Cet homme-la n'est guère consolant, ce qu'il dit n'est pas fait pour consoler, [lour rassurer.
* CONSOLATEUR, TRICE s. Celui, celle qui console, ipii setl'orce de consoler : le consolateur des malheureux, des jxiuvres, des affligés. — Se dit adjectiv., tant des personnes qui consolent, que des choses propres à consoler : aiuje consolateur; espoir consolateur. — L'esprit consolateur, ou simplement, le consol.\ïEUR, le Saint-Esjirit.
* CONSOLATIF. IVE adj. Propre à consoler.
se dit des personnes et des choses : cet homme n'est pas consolatif. On dit oi'diuairement :