DE? VWSULTATIONS, LE PILIER DES CONSULTATIONS
lieux où l'on trouvait les avocats consultants, et où l'on allait pour avoir leur avis. — .\vis par écrit que les avocats ou les médecins donnent touchant l'affaire, touchant la maladie sur laquelle on les consulte : mémoire à consulter et consultation pour un tel. — Se dit quelquefois, au contraire, du mémoire à consulter : cet avocat n'a pas encore répondu à ma consultation.
CONSULTE s. m. (rad. consulter). Action de demaniier conseil.
* CONSULTER v. a. (lat. constdtare). Prendre avis, conseil ou instruction de quelqu'un : considter l'oracle; consulter les avocats; consulter les médecins. — Fig. et fam. Consulter SON CHEVET, Se donner le temps de délibérer sur une chose, passer la nuit avant que de se déterminer. — Chose qu'on examine pour y chercher des éclaircissements, des indices : consulter les astres; consulterles livres; consulter les auteurs. — Consulter le miroir, consulter SON miroir, se regarder, s'ajuster au miroir. — Fig. Se dit des choses qui peuvent inspirer ou régler nos déterminations : ne considler que la justice; consulter sa conscience. — Conférer ensemble, délibérer : ils consultèrent ensemble; il en veut consulter avec ses amis. — Se dit aussi en parlant de la chose sur laquelle on prend conseil : consulter une affaire, une maladie; cette affaire a été consultée aux meilleurs avocats. — Se consulter, v. pr. Se mettre d'accord avec soi-même; prendre réflexion : je n'ai 7'ien à vous dire sur cette affaire, c'est à vous à vous consulter.
* CONSULTEURs. m. Ne s'emploie que dans cette dénomination :Consulteur du saint-office, docteur commis par le pape, pour donner son avis sur quelques matières qui regardent la foi ou la discipline : plusieurs consulteurs du saint-office ont donné leur avis sur cette question.
CONSUMABLEadj. Qui peut être consumé.
* CONSUMANT, ANTE adj. Qui consume ; un feu consumant.
' CONSUMER V. a. (lat. consumcre, de cum, avec; et suinere prendre). Détruire, réduire à rien : le feu consuma ce grand édifice en moins de deux heures; la victime fut consumée par le feu. — Se dit particulièrement des affections, des sentiments pénibles qui, à la longue, font tomber dans le dépérissement : les cmiuis. les chagrins le consument; être consumé de regrets. — Employer sans réserve : j'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage. — Se consumer v. pr. Dissiper son bien, détruire sa santé, épuiser ses forces, etc. : il seconsume en procès, en regrets. — Employer son temps et sa peine à faire une chose difficile ou futile : 4e consumer sur un ouvrage. — Absol. Cet homme seconscme, il dépérit, soit par le travail, soit parle chatinn, soit par quelque autre cause intérieure et active.
CONSUMMATUM EST[kon-somm-m a-to m m -
èsst (lat. tout est consommé, tout est fini), dernières paroles deJ.-C. sur la croix.
CONSUMPTIBILITE s. f. Caractère de ce qui est coiisuiii|itilile.
CONSUMPTIBLE adj. [kon-son-pti-ble] (lat.
consuinplus, consumé). Qui peut être consumé : matières consumptibles.
CONSUS [kon-suss], divinité romaine qui présidaitaux bons conseils et aux inspirations secrètes.
'CONTACTS, m. [kon-tack] (lat. contactns; àecwn, avec; tactus, toucher). Action ou état de deux corj)S qui se louchent : le contact de deux corps; point de contact; il y a des maladies qui se communiquent par le contact. — Fig. Liaison, relation : dès que le commerce eut mis ces peuples en contact uufc les nations civilisées.
CONTADES (Louis Georges-Erasme, marquis de), nuiiL'chal de Fiance, ne au cliàti'au de Montgeoffroi, (Anjou), en 1704, mort le il) janvier 1793. Colonel à trente ans, il fil les campagnes d'Italie (1734), de Corse (1739), d'Allemagne et de Flandre (1741 -'44), s'empara de la Hesse (17o7), reçut le bâton de maréchal le 24 août 1758 et commanda l'ar- ' mée d'.^Uemagne en 17o9. Ses enfants corn- ' battirent la France en Vendée et en Allem a, 1.^10.
CONTADIN. INE s. (ital. contadino; de contado, pays). Paysan :
A. l'aide, contadins, aux armes I
La FONTilHB.
CONTAGE s. m. Mcd. Voy. Contagium.
CONTAGIER v. a. Communiquer la contagion.
* CONTAGIEUX, EUSE adj. Qui se prend et se comniuiiique par contagion : vue fièvre contagieuse. — Qui sert à la contagion, qui la favorise : principe contagieux. — Fit,'. Se dit du vice, de la terreur, de la rébellion, de l'hérésie, de toutes choses moralement mauvaises ou fâcheuses qui se communiquent par la fréquentation ou par l'exemple : une erreur contagieuse. — Par anal. Se dit de certaines choses qui n'ont rien de pernicieux : le rire est contagieux. — Législ. « Le Code pénal (art. 4.d9), punissait d'un emprisonnement de six jours à deux mois, et d'une amende de Iti i'r. à 200 fr., tout détenteur ou gardien d'animaux soupçonnes d'être infestés d'une maladie contagieuse, lorsqu'il n'avait pas averti sur-le-champ le maire de la commune où se trouvaient ces animaux, et lorsqu'il ne les avait pas tenus renfermés. Ces dispositions ont été complétées et rendues plus sévères par la loi du i\ juillet 1881, sur les maladies contagieuses des animaux. Aux termes de cette loi, sont réputées contagieuses, notamment : la peste bovine chez tous les ruminants ; la péripneumonie contagieuse, dans l'espèce bovine; la clavelée et la gale, chez les moutons etles chèvres; la fièvre aphteuse, dans les espèces bovine, ovine, caprine et porcine; la morve, le farcin, la dourine, chez les chevaux et les ânes; la rage et le charbon dans toutes les espèces. Tout propriétaire ou gardien d'un animal atteint ou soupçonné d'être atteint d'une maladie contagieuse, doit, sous peine d'un emprisonnement de six jours à deux mois, et d'une amende de 16 fr. à 400 fr., en faire sur-le-champ la déclaration au maire de la commune, qui en informe le préfet, aliu que celui-ci prescrive les mesures a prendre. Lorsque l'administration a ordonné l'abattage d'un animal atteint de peste bovine, il est alloué au propriétaire une indemnité égale aux trois quarts de la valeur reconnue avant la maladie, mais ne pouvant dépasser 000 fr. L'abattage ordonné par suite de péripneumonie peut donner lieu à une indemnité égale soit à la moitié, soit aux trois quarts, soit à la totalité de la valeur, selon les circonstances, mais le maximum est de 800 fr. Les mesures de police relatives aux maladies contagieuses des animaux, sont détaillées dans le décret réglementaire du 17 juin 1882. Il est regrettable que la loi française, qui prescrit des mesures de prévention pour arrêter la contagion chez les animaux, n'ait rien fait encore pour prévenir le développement des maladies contagieuses qui frappent sur l'espèce humaine. C'est tout au plus si les administrations locales peuvent ordonner quelques moyens d'assainissement. Dans la plupart des hôpitaux, les malades atteints d'affections conta- Pfieuses ne sont pas rigoureusement isolés; tandis que dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Angleterre, des hôpitaux spéciaux sont consacrés aux varioleux, ou bien on lc.< place dans des pavillons séparés. Los municipalités anglaises sont même autorisées par la
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loi (Act. du 1 1 aoûl tS75) à prendre toutes les mesures propres à isoler les malades contagieux, même d:ins leur domicile, et à désinfecter les log'ements, meubles et effets qui ont pu être conlaminps. Relativement à l'invasion par les frontières françaises des maladies cuntafricuses des animaux, le gouvernement est invosli d'une grande responsabilité et par suite du droit do s'opposer temporairement à l'entrée en France d'animaux provenant des pays où régne l'une de ces maladies. Enlln, en ce qui concerne le choléra et quelques autres fléaux morbides de l'humanité, des conventions diplomatiques ont pour but et le plus souvent pour résultat d'en empêcher la propagation en Europe. En outre, des conseils sanitaires, établis dans chaque circonscription du littoral, prennent, d'accord avec les directeurs de la santé, agents du gouvernement, les mesures nécessaires pour s'opposer i l'introduction des maladies contatagieuses par la voie maritime. Le décret réglementaire du 22 février 1876 est le dernier qui détermine les mesures sanitaires à prend l'e au départ et à l'arrivée des navires, et celles concernant les quarantaines, les lazarets, la désinfection des navires, effets et cargaisons. La loi du 3 mars 1822 attribue aux autorités sanitaires les fonctions d'ofliciers de police judiciaire, et les contraventions qu'ils constatent sont jugées par des tribunaux sanitaires spéciaux, (jui peuvent prononcer la peine de trois à quinze jours d'emprisonnement, et de ;> fr. à oO fr. d'amende. » (V. S.)
CONTAGIFÉRE adj. Qui porte le virus contagieux.
•CONTAGIONS, f. [kon-ta-ji-on] (lat. contagio; de cum, avec; langere, toucher). Communication d'une maladie parle contact médiat ou immédiat : ce malsa prendpar contarjion. — Maladie qui se communique par contagion, et surtout la peste : grande contagion; il y a de la contagion en tel pays. — Fig-, dans l'un et dans l'autre sens. Toutes les mauvaises choses i[ui se communiquent par la fréquentation ou par l'exemple : la contagion des mauvaises mœurs ; la contagion du vice, de l'hérésie. — Méd. La contagion est la transmission de la maladie d'un individu malade à un individu sain, par cojitact immédiat ou médiat, ou même par l'air atmosphérique {infection). On distingue : 1° la contagion «(rufenii;, celle qui est produite par les virus (rage, variole, pustule maligne, syjdiilis); 2» la contagion miasmatique, produite par les miasmes (scarlatine, rongeolc,variole);3°lacontagionpuri(/enie, par le pus; 4" la. conlagion parasitaire, par les parasites animaux ou végétaux (gale, teigne). Le caractère co«<a(/ieux se distingue du caractère éfiidémique, en ce que la propagation a lieu d'un individu malade à un individu sain, au moyen d'un principe particulier appelé contagium : tandis que dans l'épidémie, la maladie se transmet en même temps à un certain nombre d'individus en état de santé, sans qu'un sujet malade les ait infectés personnei- Icnient; mais parce qu'ils sont soumis simultanément à une même cause de maladie. — Une remarque à faire, au sujet des maladies contagieuses, c'est que le sujet qui en a été affecté est garanti de nouvelles atteintes pendant quelque temps. Ainsi, un enfant prend la rougeole d'un autre enfant sans qu'if y ait eu fe moindre contact entre eux; mais ensuite, if est garanti de fa maladie et peut être mis en contact avec fes malades. La mafadie atténuée existe donc chez fui à l'état latent; if est, en quelque sorte, vacciné pour un certain laps de temps. Nous faisons cette observation parce qu'elle concorde avec les recherches de JL Pasteur, relativementauxvirus.
CONTAGIUM s. m. [kon-ta-ji-omm] (rad.
contagion). Méd. Principe déterminant des maladies contagieuses. Le contagium est tantôt,insaisissable, tantôt renfermé dans les
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humeurs ou dans les produits morbides ipii fui servent do véhicule et que f'on ap[i('lln virus. Les travaux do M. Pasteur et de plusieurs autres savants, qui ont exploré l'infernal empire de la nH'trofeîc, démontrent que le cmitagium est un animal innniment petit {microbe), que l'on peut faire dégénérer par une culture appropriée; et alors, fe microbe atténué devient un vaccin préservateur. (Voy. U.vcTiiniDiE, Choléra des poules, Ch.\rbon , MicnoBK, etc.)
^ 'CONTAMINATION s. f. (fat. contaminatio). Souillure : contamination légale; suivant la loi de Moise, il y avait plusieurs sortes de contaminations.
* CÇNTAMINÉ, ÉE part, passé de Contaminer. — Méd. (V'jrts rontamim's, ot);ets qui peuvent communiqniM- une mafadic contagieuse.
* CONTAIMINER v. a. (fat. contaminarc). Souffler : dans la loi de Moise, ceux qui touchaient les morts, qui mangeaient des animaux qu'elle avait déclarés immondes étaioit contaminés.
CONTARINI [konn-ta-ri'-nil. Famille vénitienne, (]ui a fourni huit doges et plusieurs autros personnages de distinction. Andréa, doge de 1367 à 1382, prit, à l'âge de 80 ans. le conmiandement de In flotte, reconquit Chiozza (1380), et délivra la république de ses ennemis. AuBROGio, ambassadeur vénitien, écrivit un récit de son voyage et de sa mission en Perse (1473). Giovanni (né en fb49, mort en 1605) fut un peintre dans fe genre du Titien. Sa pfus grande toife, la. Résurrection, se trouve dans l'égfise San - Franccsco di Paola, à Venise.
CONTAS (Rio de), rivière du Brésil, qui se jette dans l'Atlantique, par 14° 17' 40" lat. S., et 41° 19' 13" long. 0., après un cours de 300 kil.
■ CONTEs. m. Réi il d'aventures imaginaires, soit qu'elles aient do la vr liscinblanoe ou (ju'ii s'y mêle du merveilleux : contes de fées; les contes arabes; les contes de Boccuce, deLa Fontaine. — Fam. Conte de bonne femme, conte de
VIKILLE, conte d'eNFANTS, CONTE DE MA MIÎRE
l'oie, conte de la cigogne ou a la cigogne, conte de peau-d'ane, conte a dormir debout, CONTE BLEU, CONTE BORGNE, fables ridicules et dépourvues de toute vraisemblance, telles que. sont celles dont les vieilles gens entretiennent et amusent tes enfants. — Fam. Histoire pfaisanto, vraie ou faujse, que l'on dit pour amuser, raifler, médire : le conte est véritable; c'est un conte fort plaisant. — Pop. Conte gras, coule licencieux. — Discours mensonger ou sans vraisemblance qu'une personne tient à une autre, sérieusement ou par plaisanterie : Ci; sont des contes; c'est un grand faiseur de contes. — Ironiq. Voila un beau conte, de BEAUX contes ! — Encycl. C'est dans f'Inde que fe conte a pris naissance; on te trouve dans fes récits merveilleux des péris de fa Perse et des djinns d'Arat)ie, dans fes Mille et une Nuits, dans fes Mille et un Jours. Nous avons en France fes fabliaux, les Contes bleus, ainsi nommés parce qu'on les publia d'abord en brochures à couvertures bfeues, ce qui constitua fa bibliothèque bleue (Voy. Bleu); fes Cent Nouvelles nouvelles, VHcptaméron, \esContes de ISonaventure des l'rrriers, les Contes de La Fontaine, lesCo?!<cs d évots {xm" eixiy" siècles), fes Contes du sieur d'Ouviffe, ceux de Bouchot, ceux de Noëf du Faif, les Contes des fées, de Perrault et de M"' d'Aufnoy, les Contes moraux de Marmontef, fes Contes d'Espagne et d'Italie par A. de Musset, fes Co»(c'.s misanlhropiquLS de Berthoud, fes Contes drolatiques de Balzac, les Coittes fantastiques de Jules Janin, les Contes nouveaux du même, les Contes démocratiques d'Altaroche, fes Contes à ma sœur d'Hégesippe Moreau, les Contes fantastiques d'Erckmann- Chatrian, etc. — iXul pays n'a produit autant de conteurs que la France. Les Grecs n'ont
CONT
guci c eu que les Contes milésiens, et les Romains les Contes deConon. C'est en italien que Boccace a écrit son Décaméron; l'Italie a eu d'autres conteurs, tels que Grazzini, Pulei, Bandello, Straparola, Basile def Torone, auteur du Pentaméron, et f'abbé Casti. Les Anglais ont eu Chaucer, Dryden, Prior, Hawkesworth, Dickens, Tackeray.Doran; les .\méricains, Edgar Poe ; l'Afferaagne, Waldis, Martin Luther, Hage Dorn, Lessing, Gessner. Wicfand, Pfcffef, Hoffmann, etc. ; rEspagne,Ribadeneiiaet Michel Cervantes.
CONTÉ (Nicolas-Jacques), chimiste et mécanicien, né a Saint-Cernery (Orne), en i~'6'6, mort en 1805. Il fut élevé par charité à l'Hôlel- Dieu de Séez et montra de bonne heure fes pfus heureuses dispositions pour fc dessin. Venu jeune à Paris, if y inventa une machine hydraulique, créa f'écofe d'aérostiers de Meudon, prit l'initiative de fa fondation du Conservatoire des arts et métiers, étabfit une manufacture de crayons connus sous fc nom de crayons Cotité, accompagna Bonaparte en Egypte, et lui fut d'une gi-ande utilité comme créateur de télégraphes, de moulins, d'arsenaux et d'instruments de toute sorte. <c 11 avait, selon l'expression de Monge, toutes fes sciences dans la tête et tous les arts dans fa main. ><
CONTEMPÉRATION s. f. Théof. Opinion qui combine feflicacité de fa grâce avec fe fibre arbitre de l'homme.
CONTEMPÉRER v. a. (préf. con; et tempérer).
Modérer, cilmcr. (Vieux.)
• CONTEMPLATEUR, TRICE s. Celui, ceffe qui contemple ; se dit surtout de cefui qui contempie de fa pensée seufement : un contemplnteur perpétuel ; un grand contemplateur. Le féminin est peu usité.
• CONTEMPLATIF, IVE adj. Qui se pfaît, qui
s'altachi; a contempler de fa pensée : esprit contemplatif, yldlosoplde contemplative. — Vie CONTEMPLATIVE, ccffe qui se passe presque toute dans la méditation, par opposition à Vie ACTIVE : s'adonner à la vie contemplative.
— Substantiv. Se dit surtout en parlant de ciMix qui se dévouent à la vie d'oraison et de méditation : les extases des contemplatifs.
•CONTEMPLATION s. f. Action de contemplor : ciint.niplation des astres; être en contemplation devant une femme. — Profonde application do l'esprit à quelque objet, surtout aux objets purement intellectuels ou religieux : contemplation des choses divines. — Certaine habitude d'esprit qui porte à rêver, à méditer : le goût de la contemplation. — En CONTEMPLATION, 011 Considération : le père, en contemplation de cette alliance, de ce mariage, a cédé, a donné...
CONTEMPLATIVEMENT adv. D'une manière
conteniplalivo.
* CONTEMPLER V. a. (lat. con«emp/fin). Considérer attentivement, soit avec les yeux, soit par la pensée : il y a longtemps que je contemple cet homme sans pouvoir le reconnaître.
— Absol. et sans régime. Méditer : c'est un homme qui passe sa vie à contempler.
• CONTEMPORAIN, AINE adj. Qui est du même temps: les auteurs contemporains ; quelques savants prétendent qu'Hésiode a été contemporain d'Homère. — Historiens contemporains, ceux qui ont écrit fes choses qui se sont passées dans ieur temps. — Par anaf. .• l'histoire contemporaine; raconter les événements contemporains. — Substantiv. : il fut le contemporain, elle fut la contemporaine de ces grandi hommes.
* CONTEMPORANÉITÉ s. f. Existence de deux ou de pfusieurs personnes dans le même temps : plusieurs savants révoquent en doute la contcmporanéité d'Homère et d'Hésiode.
* CONTEMPTEUR s. m. [kon-tan-pteurl(fat.
COMT
CONT
CONT
contcmpfor). Celui qui méprise : contempteur des dieux, contempteur dt: la vertu. — S'emploie surtout dans le style soutenu. — »v Au îëm. Contemptrice.
* CONTEMPTIBLE adj. Vil et méprisable : c'est un homme vil et contemptibki
•CONTENANCE s. f. Capacité, étendue : ce navire est de ta contenance ditantde tonneaux.
— Maintien, posture, maiiière de se tenir : bonne contenance. — .X'avoih point de contk- KANCE, ne savoir de quelle manière se tenir.
— Pekdre co.ntekan'ce, cesser tout à coup d'avoir sa contenance naturelle, par l'embarras que ion éprouve : il me regardait avec une obstination qui me fit perdre contenance. — Porter quelque chose par cOiNTEXANCE, le porter seulement pour se donner bon air, pour avoir bonne grâce : une femme qui porte un éventail par contenance. — Servir de conte- NA.NCE, en parlant des choses que l'on porte par contenance : son chapeau, sa canne lui sert de contenance. — Fig. Faire bonne contenance, témoigner de la résolution, de la fermeté : les ennemis faisaient bonne contenance
' CONTENANT, ANTE adj. Qui contient, qui renferme eu soi : cette bouteille est la partie contenante, et la liqueur est la chose contenue.
— Substanliv., au masculin : le contenant est plus grand que le contenu.
•CONTENDANT, ANTE adj. [kon-tan-dan] (rad. conlendre). Concurrent, compétiteur, qui dispute quelque chose avec un autre. N'est guère usité comme adjectif que dans ces locutions : les princes contendants, les parties contendantes. — Substantiv. Se dit surtout au pluriel masculin : il y avait trois contendants.
CONTENDRE v. n. (lat. contendere ; de cum, avec; tendere, teadiej. Rivaliser, être en concurrence.
* CONTENIR V. a. (lat. cum, avec ; tenere. tenirj. Se conjugue comme fENin. Comprendre dans certain espace, dans certaine étendue : ce vase contient tant de litres ; le setier de Paris contenait douze boisseaux. — Par anal. Se dit de livres, de traités, etc. : ce volume contient quatre cents pages, contient tout Virgile.^ Renfermer ; la bouteille ne contient presque plus rien. — Fig. Dans le même sens : ce livre contient toute la doctrine de Platon ; son ouorage contient toutes les opinions de Gassendi, de Lescartes. — Retenir dans certaines bornes : ces digues, ces levées ont été faites pour contenir la rivière dans S07i lit. — Fig. Contenir quelqu'un DANS LE devoir, DANS l'obéissance, OU simplement contenir quelqu'un : on a bien de la peine à contenir ce jeune homme. — Contenir SES passions, les réprimer. On dit de même : contenir son indignation, sa fureur, ses transports, etc. — Se contenir v. pr. Se retenir, s'empêcher de faire paraître quelque sentiment vif et particulièrement sa colère : quand j'entendis parler de la sorte, j'eus bien de la peine à me contenir. — Se modérer sur les choses qui peuvent être préjudiciables à la santé : tout le inonde n'a pas la force de se contenir.
' CONTENT, ENTE adj. (lat. contentus). Qui a l'esprit sali.slait : un homme content; vivre content. — Avoir l'air content, le visage content, faire paraître sa satisfaction sur son visage. — Prov. : Il est riche qui est content.
— Etre content de quelqu'un, être satis!"ait de lui, de son procédé, de sa conduite : j'ai vu un homme bien content de vous. — Etre CONTENT DE SOI, avoir le sentiment qu'on a bien agi, qu'on n'apas de reprochesàse faire.
— Signiûe aussi s'estimer beaucoup, être fort satisfait de soi-même : être content de sa personne. — Etre content de quelque chose, en éprouver de la satisfaction : il n'est pas content di- votre procédé. — On dit dans le même sens: Etre CONTENT que... : je suis fort content que
votis a>/ez ri^ussi. — Etrk content de quelque CHOSE, lu; rien désirer de plus ou de mieux :
Quelque puissant qu'on soit, en richesse, en crédit. Quelque mauvais succès qu'ait tout ce qu'on éci"it.
Nul n'est content de sa fortunL-,
Ni mécontent de son esprit.
Jl^e DESnOULlÈRBS,
— Fam. Etre content de, agréer, acquiescer, consentir : je s^iis content de faire telle chose pourvu que vous... — Substantiv. Avoir SON content d'une càosE, ■ en avoir autant qu'on en désire. Iroiiiq. : le voilà bien battu, il doit en avoir son content.
■ CONTENTEMENT s. m. Joie, plaisir, satisfaction : st'»' enfants lui donnent' du contentement, lui donnent toutes sortes de contentements. — Prov. Contentement passe richesse, micu,v vaut être pauvre et content, que riche et tourmenté d'inquiétudes. — Ce n'est pas contentement, cela ne suffit pas, on ne saurait en être satisfait : vivre seul, dans le plus beau séjour du monde, ce n'est pas conte.ntement.
' CONTENTER v. a. Satisfaii'é, rendre content : i/ /aif! peu de chose pour le contenter; le peu de chose qu'il a le contente. — Apaiser quelqu'un en lui donnant, en lui accordant quelque chose : cet homme ira se plaindre partout si on ne le contente. — Plaire, donner de la satisfaction à quelqu'un: ce jeune Iwmme contente ses parents, contente bien ses maîtres.
Est bien fou du cervc;iu
Qui prétend contenter tout le monde et son père. La Fontaine, le Meunier, son Fils et lAîie.
— Se dit également en parlant des sens et des passions : cette musique ne contentepas l'oreille ; ce spectacle doit contenter vos yeux. — Se contenter. Etre satisfait d'une chose, s'en accommoder, s'y tenir : contentez-vous décela, je vous prie; se contenter d'une honnête médiocrité.— Parlicul. Ne vouloir ou ne pouvoir pas faire plus que ce qu'on a fait, en demeurer là : contentez-vous de ta démarche que vous avez faite; je me contente de lui avoir prêté de l'argent, et ne veux point le cautionner. — v. pr. Etre contenté, être satisfait : iiija longtemps que je désire acheter cette maison, il faut 671 fin que je me contente.
•CONTENTIEUSEMENTadv.Avec contention, avec dispute, avec débat.
* CONTENTIEUX , EUSE adj. [kon-tan-sieii] (lat. contcntiosus;àe contendere, disputer). Qui est en débat, qui est ou qui peut être disputé : un droit contentieux; ce point est contentieux entre les théologiens, entre tes philosophes. — Qui aime à disputer, à contester : cet homme a l'humeur contcnlieuse. — Juridiction contentieuse, juridiction des juges naturels et ordinaires, par opposit. à Juridiction gracieuse (vieux). — Substantiv. et collectiv. Affaires contentieuses administratives eu général : ce commis était chargé du contentieux au ministère de la guerre.
' CONTENTIF adj. m. Chir. Ne s'emploie que dans celte locution : Bandage conientif, qui sert, soit à retenir les compresses sur les parties malades, soit à maintenir les parties déplacées ou fracturées dans Ja position qu'elles doivent conserver.
* CONTENTION s. f. [kon-tan-si-nn] flat. contentio; de continere, contenir). tJebal, dispute : ily amatiére àcontentiûn{neux].— Chaleur, véhémence dans la dispute : ils dispulèrent de part et d'autre avec beaucoup de contention. — Contention d'esprit, ou simplement, Contention, grande, e.\trèine application d'esprit : il travaille à cet ouvrage, il s'y applique avec une grande contention. — Chir. Ensemble des moyens qu'on emploie pour maintenir une fracture ou une luxation qui a été rédiiilo.
* CONTENU s. m. Didact. Ce qui est renfermé dans quelque chose : le contenant est plus grand que le contenu. — Ce que contient
un écrit, un discours : le contenu de sa ktlrc; le cnnicnu d'un tn-rèt.
* CONTER v. a. i\arrer, faire le récit d'une chose vraie ou fausse, sérieuse ou plaisante : conter une histoire; conter comment une chose s'est passée. — Plaintes que le poète adresse aux objetsinanimés: j'irai conter ma peine aux rochers de ces bords. — S'emploie aussi sans régime : les vieillards aiment àconler. — Cet HOMME conte BIEN, il narro bien, il fait agréablement un récit. ^ — En conter de belles, con^ ter des sornettes, dire des mensonges, ou des choses vaines et futiles : vous venez rn'cn conter de belles! Allez ailleurs conter vos sornettes; il nous en conte. — Par anal. Vous m'en contez. — CoMER des fagots, conter des baga^ telles, des choses frivoles, fausses et sans vrai^ semblance. — Conter ses raisons a quelqu'un, l'entretenir de ses affaires, de ses intérêls, lui expliquer les motifs de la conduite qu'on a tenue : voyons contez-moi vos raisons. On dit aussi, conter ses petites raisons. — En conter A UNE FEMME, lui dire des douceurs, des galanteries : il en conte à une telle; elle s'en laisse conter. On dit dans le même sens, conter fleurettes à une femme.
CONTES, ch.-l. de canl., arr. et à 18 kil. de Nice (Alpes-Maritimes) ; 1,688 hal).
CONTESTABILITÉ s. f. Caractère de ce qui contestable.
•CONTESTABLE adj. Qui peut être contesté : c'est une maxime, une opinion très contestable.
CONTESTABLEMENT adv. D'une manière contestable.
* CONTESTANT, ANTE adj. Qui conteste en
justice : tes parties contestantes. — Substantiv.
Les CONTESTANTS.
' CONTESTATION s. f. [kon-tèss-ta-si-on] (lat. conteslatio). Dispute, débat sur quelque chose : former une contestation ; une terre qui est en contestation.
* CONTESTE s. f. Contestation, débat : ils sont en conteste; sans conlcste.
•CONTESTER v. a. (lat. conlcstare). Refuser de recounaitre le droit qu'une personne prétend avoir à quelque chose : ilme conteste ma qualité; on lui conteste cette succession, celte terre. — Parext. Nier la justesse d'un principe, d'une maxime, la vérité d'un fait : je conteste le fait. — .^bsol. Débattre, disputer ; ils ont longtemps contesté là-dessus.
CONTESTEira s. m. Celui qui conteste, qui aime à contester.
* CONTEUR, EUSE s. Celui, celle qui fait un conte, des contes, personne qui a l'habitude de faire des contes en société : conteur agréable; conteur ennuyeux. — Absol. et fam. Celui, celle qui débite des faussetés ou des choses frivoles : ne croyez pas ce qu'il vous dit, ce qu'elle vous dit, c'est un conteur, c'est une conteuse. On dit aussi : c'est un conteur de sornettes, de chansons, de fleurettes etc.
Déûez-vons des conteurs de fleure' les.
Cu. Perrault. L'Adroite i^'rin.csse.
— Prov. et fig. C'est un conteur de fagots, se dit d'un homme qui conte des bagatelles, des niaiseries, ou des mensonges.
* CONTEXTE s. m. [kon-tèk-sle] (préf. con, et texte). Texte d'un acte public ou sous seing privé; ensemble que forment parleur liaison mutuelleles différentes dispositions ou clauses dont un acte est composé : les actes tiotariés doivent être écrits en seul et même contexte. — Par cxt- Texte quelconque, considéré surtout par rapport à l'ensemble d'idées qu'il présente, ou au sens que certains passages empruntent de ce qui les précède ou de ce qui les suit: il résulte du contexte de l'article que...
' CONTEXTURE s. f. (lat. cum, avec ; texlus. tissu). Tissure, enchaînement de plusieurs parties qui forment un corps, un tout : lacon-
CONT
■con't
CONT
texture des os, des membres, des fibres. — Fif:. Liaison des diverses paiiies d'un ouvr;isc î'e?pril : la conlexlvre d'un discours, d'un poème.
CONTI (princes de Bourbon-). Branche c;idetlc de la maison de lîoiirlion-Condé, qui empi'uiita sou litre du bourg- de Conli-sur- Selle, entre Âmieiisi.d.Montdidier. — I. (François), (ils du premier prince de Coudé, mourut .Nans enfants en 1614. — II. (Louise-Marguerite UK LORiuiNE, 2^rincesse de), sa femme, née vers 1577, morte en 1631, fut l'une des princesses les plus -^solues et les plus influentes de sou époqu,.. an lui attribue plusieurs ouvrages licencieux : Ai:enturcs de la cour de Perse (IU29, in-S") ; Amours du grand Akandre. — 111. (Armand de bourdon-), frère puîné du grand Coudé, né en 1623, mort en 1666, prit parti contre la cour pendant la guerre de la Fronde, se mit ensuite du côté de Mazarin, dont il épousa la nièce, et commanda des armées en Espagne et en Italie. Dans sa jeunesse, il protégea Molière ; vers la tin de sa vie, il se livra à la dévotion et composa, entre autre? ouvrages de piété, unTruité du ht comédie et des spectacles selon la tradition de l'Eglise (Paris, 1667, in-S»).— iV. (Louis- Armand DE BOURDON-), fils aîné du précédent, né en 16(il, mort en 1685. Il se distingua, en même temps que le prince Eugène, contre les Turcs. Sa femme, M"" de Bluis, fille de Louis XIV et de M"° de la Vallicre. possédait une beauté et un esprit auxquels La Fontaine et M™" de Sévigné ont rendu hommage. —
V. (François-Louis de uourbon-), iVèredu précédent, né en I66i, morten 1709, se distingua comme soldat et fut surnommé le héros de la famille. Une partie de la noblesse polonaise l'élut roi en 1697, mais son compétiteur, .Auguste de Saxe, finit par le supplanter. —
VI. (Louis-François de bourdon-), petit-fils du précédent, né en 1717, mort en 1776, gagna la bataille de Conti sur les Impériaux, et prit Mous. — VU. (Louis-François-Josgph de bour- 11UN-), derniei- prince de la maison de Conti, lié en 1734, mort en Espagne en 1814. 11 était (ils unique du procèdent, fut jeté en prison à Marseille, de 1793 à 1795, bien qu'il eût prêté serment à la Constitution. Il dut sortir de France par ordre du Directoire.
■CONTIGU, U£ adj. (lat. contiguus). Qui louche une chose sans qu'il y ait rien entredeux : maiso7is, chambres contigucs.
' CONTIGUÏTÉS, f. Etal de deux choses qui se luurliriit : la eontiguité de ces deux maisons.
' CONTINENCE s. f. [kon-ti-nan-se] (lai. conlinentia, de continere, contenir). Empire qu'exerce sur lui-même celui qui s'abstient des plaisirs de l'amour : le don de continence: la continence perpétuelle ; la continence de Scipion. — Capacité, étendue : connaître la continence d'un vase. Un dil plus ordinairement
CÛNÏEN.iNCK.
• CONTINENT s. m. [kou-ti-nan] (lat. cum, avec ; tenere,[nmr]. Géog. Les deux plus vastes espaces de terre ferme que la mer entoure de tous les eûtes : les géographis divisent ordinairomnt le monde entier en deux grands continents : celui de l'ancien monde, qui comprend l'Europe, l'Asie et l'Afrique; et celui du nouveau monde, qui comprend l'Amérique méridionale et l'Amérique septentrionale. — Grand espace de terre ferme que la mer n'entoure pas de tous les côtés : on prétend que la Sicile élail jointe autrefois au continent de l'Italie ; l'Angleterre est séparée du continent de l'Europe. — .Se dit souvent, d'une manière ab.?olue, du continent européen par rapport à l'Angleterre et à quelques autres îles : voyager sur le continent; se réfugier, passer sur le continent. — Par anal. Vaste espace de terre, entouré île tous les côtés par la mer, que l'on appelle Nouvelle-Hidlande ou Australie : l'Australie t'urme le truistème continent.
' CONTINENT, ENTE adj. (lat. conlinens, qui conlienl). Qui vit dans là continence : il est fort continent. — Méd. Fièvrk continente, lièvre qui est d'une intensité à peu près égale pendant toute sa durée.
" CONTINENTAL, ALE, AUX adj. Qui appartient au conlineiil européen : les puissances continentales ; vcrUs continentaux. — SïSTiiMK CONTINENTAL, systènic prohibitif que Napoléon imagina dans le dessein de fermer au commerce anglais tous les ports du coutincnl. — Blocus continental, mesures que décréta Napoléon pour mettre ce système à exécution. — • Le décret de Berlin (21 nov. 1806), ferma aux navires anglais tous les ports de la France et de ses alliés. L'Angleterre, maîtresse de la mer, défendit aussitôt aux navires des nations neutres l'entrée dos ports français ou alliés, et ce, sous peine de confiscation. Le blocus continental ne produisit point la ruine de l'Angleterre, mais il irrita prolondément les peuples de l'Europe contre Napoléon, et fut l'une des princi|)ales causes du soulèvement général de IS13.
•CONTINGENCE s. f. Qualité de ce qui est conlingent. i\e s'emploie guère que dans ces locutions peu usitées : Selon la contingence DES affaires; selon la contingence des cas, selon que les aU'aires tourneront, selon ce qui arrivera. — Phil. Se dit par opposition à nk- CE.SS1TÉ, et signifie la po?sibilité qu'une chose arrive ou n'arrive pas. — Géom. Angle de CONTINGENCE, l'angle auo l'ait une ligne droite avec une ligne courbe qu'elle touche, ou celui que font deux lignes courbes qui se louchent en un point.
•CONTINGENT. ENTE adj: [kon-tain-jan] (lat. eontingcns. qui arrive). Casuel, qui peut arriver ou n'arriver [las : c'est, une chose contingente sur laquelle il ne faut pas compter. — Lug. Futur contingent, ce qui peut arriver ou n'arriver pas. S'emploie aussi queU|uefois dans le langage ordinaire : propositions contingentes, celles qui énoncent une cho.se qui peut être ou n'être pas. — • Portion contingente, part et portion qui peut appartiuiir à quelqu'un dans un partage; part des frais communs d'une société, et auxquels chacun doit contribuer à proportion des intérêts qu'il y a. — Substantiv. Part que chacun doit recevoir, ou que chacun doit fournir : il lui revient tant de cette succession pour son contingent. — Signifie particulièrement la iiuantité de soldats (pii doit être fournie par un [luys : da)is une confédération, chaque Etat fournit son contingent.
' CONTINU, UE adj. (lat. continuus). Dontles parties ne sont pas séparées les unes des autres, et s'entretiennent; se dit de l'étendue d'un corps non divisé, et de la durée d'un temps non interrompu. Dans la première acception, il n'est guère usité qu'en langage didacl. : quantité continue, étendue continue. — Danslasecoude ar.i;eption. ilest d'un usage plus étendu : dix jours continus de pluie; pluie continue; fiéere continue. — Archit. Piédestal CONTINU, le soubassement d'une file de colonnes avec base et corniche. — Fig. Elégance, PURETÉ continue DE STYLE, Style toujours élégant et pur. — Mus. Basse continue, partie d'un morceau de musique qui est la plus basse et qui dure pendant tout le morceau. — Arithm. Proportion continue, celle où le conséquent delà première raison est l'antécédent de la seconde.— Substantiv. Ne s'emploie que dans le langage didact. : les partiesdu continu; le continu est divisible à rinfuii.
' CONTINUATEUR s. m. Celui qui continue: Tibère fut le continuateur de la politique d'Auguste. — Auteur qui continue l'oUvrai-'e d'un autre : Crevieraétéle continuateur de liolUu.— v-v Au fém. Continuatrice.
• CONTINUATION .^. f. Action par laquelle on continue, par laquelle une chose se conti-
nue: durée de la chose continuée ; entreprendre la continuation d'un ouerar/e; la continuation de la guerre. — Chose qu'on ajouie à une autre pour la prolonger : la continuation de l'histoire de France.
* CONTINUE (À la) loc. adv. A la longue, à
force de continuer liltravaille d'abord avec ardeur, mais à la continue il se ralentit.
' CONTINUEL, ELLE adj. Qui dure sans interruption : travail continuel; pluie continuelle.
' CONTINUELLEMENT adv. Assidûment, loujoiiis : il étudie continuellement.
' CONTINUER v. a. ilat. continuare). Poursuivre ce ijui est commencé : continuer un travail; continuer ses études. — Ab.sot., dans la même signification : la mémoire lui a manqué au milieu de son discours, et il n'a pu continuer. — Persévérer dans une habitude : continuez à bien faire, et vous vous en trouverez bien. — Prolonger : continuer une ligne, une galerie, une muraille. — Prolonger à quelqu'un la possession de quelque chose : on lui continua les privilèges de sa charge; continuezlui vos bienfaits. — Maintenir quelqu'un dans un emploi, par réélection ou autrement : on te continua préeàl des marchands. — Durer, ne cesser pas; cl alors il est neutre : la pluie, le mauvais temps continue. — Se continuer V. pr. Se prolonger, s'étendre : cette ehainc de montagnes se continue depuis tel endroit jusqu'à Ici autre.
* CONTINUITÉ s. f. (kon-ti-nu-i-té). Liaison non interrompue des parties d'un tout : la continuité des parties. — Solution de continuité, toute division de parties auparavant continues. — Méd. Les plaies, les fractures sont des solutions de continuité; le coup qu'il a reçu n'est qu'une contusion, il n'y a point solution de continuité. — Fig. Il s'est fait dans sa mémoire une solution de continuité. — Durée continue : dans la continuité du travail; la continuité des maux; la continuité de ce bruit m'importune. — Phil. La loi de continuité, la loi suivant laquelle aucun changement m; s'exécute dans la nature que par degrés insensibles.
* CONTINÛMENT adv. Sans aucune interruption : il faut y travailler continûment. — Continu et Continûment dill'èrent deCo.NïiNUEL et Continuellement, en ce que Continu et Continûment se, disent des choses qui ne sont pas divisées ni interroriipues, depuis leur commencement jusqu'à leur fin ; et que Continuel et Continuellement se disent aussi de celles qui sont interrompues, mais qui recommencent souvent et à de courts intervalles.
CONTO s. m. [konn-to] (port, compte). Monnaie de compte portugai.se et brésilienne qui vaut 1,000 niilréis ou un million de réis, = 6 fr. 03.
* CONTONDANT, ANTE adj. (lat. contundere, écraser), (^hirur. Qui blesse sans percer ni coii|ier, mais en faisant des conlii^iins , connue un bâton, u.ne massue ; instrument contondant.
* CONTORNLATE adj. f. (ital. contorno, contour). On donne ce nom à des médailles de cuivre terminées, à leur circonférence, par un cercle d'une ou de deux lignes de largeur, continu avec le métal, quoiqu'il semble en être détaché par une rainure assez profonde ([ui rèi-'ne à l'extrémité du champ de l'un et de l'autre côté de la médaille.
* CONTORSION s. f, (lat. cvm, avec ; tortus, tordu). Mouvement violent qui procède d'ui>e cause intérieure, et qui tord les muscles, les membres dune personne : la colique cause d'horribles, de '-ruelles contorsions. — Grimaces, gestes forcés que certaines gens font quelquefois en parlant avec véhémence, ou autrement : un orateur qui se démène, et qui fait des contorsions continuelles. — Peint. etSculpt.
CONT
Attitude outrée, mouvement forcé des membres ou des traits du visage : les contornons bizarres de cette figure nuisent beaucoup à l'effet du tableau.
CONTORSIONNER v. a. Livrer à des contorsions: conlorsionner ses membres. — Se contorsionner, v. pr. Faire des contorsions.
CONTORSIONNISTB s. m. Celui qui fait des contorsions.
CONTORTÉ, ÉE adj. (lai. contortus, tordu). Bot. Se dit des corolles monopélales fortement tendues sur elles-mêmes, comme celles du laurier-rose.
* CONTOUR p. m. (préf. con, et tour). Ce qui termine extérieurement un corps ou les parties d'un corps; ne se dit guère qu'en parlant des objets dont les formes sont arrondies : les contours d'un beau corps; de beaux, de charmarits, de gracieux contours. — Peint, et Sculpt. En parlant des figures: des contours hardis, moelleux, élégants, purs. — Les contours d'une draperie, tours qu'elle fait aux endroits où elle est relevée. — Tonte sorte d'enceinte : le contour de Paris; le contour d'une forêt.
De marbre ni de porphjTe Qu'on ne fasse mon tombeau.
Pour cercueil je ne désire Que le contour d'un tonneau.
Maître Adam.
CONTOURNABLE adj. Qui peut se contourner.
— Fi.^. Mi-xible.
* CONTOURNÉ, ÉE adj. Qui a un certain contour : colonne contournée en forme de vis. — Fig. Se dit des formes de style qui ont un tour peu naturel et forcé : jyhrase contournée.
CONTOURNEMENT s. m. Action de contourner ou de se contoiiruer; manière dont une chose est contournée.
* CONTOURNER v. a. Arts. Donner à une figure ou à un ouvrage d'architecture le contour qu'ils doivent avoir : savoir bien contourner une figure ; contourner des volutes. — Déformer, faire qu'une chose soit de travers ; dite position finit, à la longue, par contourner les ja7nbes. — Se dit en parlant d'une chose qui fait le tour d'une autre : ce muscle contourne telle partie. — Se contourner v. pr. Etre contourné, déformé : i'ci t'iili ■ s(; rontourne; ses jambes se sont contournées; cet arbre se contourne.
CONTRACTAELE adj. Qui peut être contracté.
-CONTRACTANT, ANTE adj. Qui contracte :
il faut de la bonne foi erdre les parties contractantes. — Substantiv. Les contractants.
• CONTRACTE adj. [kon-tra-kte] (lat. contractus, resserré; de cum, avec; travtus, tiré). Gramin. Se dit des déclinaisons et des verbes, oii il y a contraction : déclinaisons contractes ; verbes contractes.
• CONTRACTÉ, ÉE part, passé de Contracter.
— Qui est fait par contrat : engagement contracté. — Acquis, gagné : vices contractés. — Resserré, raccourci : contracté par le froid.
• CONTRACTER v. a. (lat. contrahcre contraclurn). Faire une convention avec quelqu'un : contracter mariage, un mariage. — Fig.
Co.NTBACTER DES OBLIGATIONS ENVERS QUELQU'UN,
en accepter des services qui engagent à la reconnaissance. — Contracter des dettes, faire des dettes, s'endetter. — Absol. Contracter avec quelqu'un; contracter par-devant notaire.— Seditdesliaisonsqui se forment entre deux personnes par une fréquentation habituelle : contracter amitié, familiarité, des liaisons.— Se dit aussi des habitudes qui s'acquièrent par des actions réitérées : contracter de bonnes, de mauvaises habitudes. — Se dit des maladies qui se gagnent par une espèce de contagion, ou de quelque aulie manière que ce soit : contracter une maladie; c'est une
CONT
maladie qu'il a contractée à l'armée. — Prendre, acquérir, en parlant de l'état, des qualités accidentelles de certaines choses : ces deux branches ont contracté une forte adhérence, il est impossible de les séparer.— Resserrer, diminuer le volume d'un corps par le rapprochement de ses parties; se dit surtout en parlant des muscles et des nerfs qui se raccourcissent et se resserrent : la fureur contracte les muscles du visage. — Gramm. Réunir deux voyelles ou deux syllabes pour n'en former qu'une seule. On contracte A le en Au, De le en Du. — Se contracter v. pr. Etre contracté, resserré, contourne : les muscles causent le mouvement des parties en se contractant. — Gramm. Etre réuni : dam les verbes grecs en em, es se contracte en u ; la voyelle du radical se contracte avec celle de la terminaison.
CONTRACTIF, IVE adj. Qui détermine une contraction, un resserrement.
* CONTRACTILE adj. Phys. Qui est susceptible de contraction : la fibre des muscles est contractile.
' CONTRACTILITÉ s. f. Phys. Faculté de se contracter : cnntractilité volontaire.
•CONTRACTIONS, f. [-ksi-on] (lat. contractio). Phys. Se dit quelquefois pour resserrement, paroppos. à dilatation : force de contraction.— Haceotircissement instantané des nerfs : la systole du cœur consiste dans la contraction de cet organe. Les physiologistes actuels ne le disent que de l'action des muscles : contraction volontaire ; contraction involontaire des muscles. — Co.ntraction des traits, état de la face dans lequel les traits sont contractés, et qui exprime la soutfrance, la colère. — Gramm. Réduction ou réunion de deux voyelles, deux syllabes en une seule, comme dans lesmots : Août, paon, faon, Laon, qu'on prononce, Oùt,pan,fan, /iw.— Gramm.
gr. : il y u deux sortes de contractions, la synérèse et la crase. L'accusatif epiiéuv (interprète) /'(u'( par contraction é^^f^j.
* CONTRACTUEL. ELLE adj. Jurispr. Qui est stipulé ijur cuiilrat : substitution, instUution contraclaiile.
CONTRACTUELLEMENT adv. Par contrat.
* CONTRACTURE s. f. Archit. Rétrécissement qui se fait dans la partie supérieure d'une colonne. — Méd. Maladie qui consiste dans la rigidité plus ou moins considérable et longée des miisrl.^;.
CONTRACTUR.i v. a. Produire fracture.
* CONTRADICTEUR s. m. (lat. contradictor ; de contradicere). Celui qui contredit : cet avis a eu beaucoup de contradicteurs. — Jurispr. Légitime contradicteur, celui qui a qualité ou intérêt pour contredire : un inventaire de mineurs se fait avec le subrogé tuteur, qui est le légitime contradicteur. — Acte sans contradicteur, acte par défaut, sans que les parties intéressées y aient été appelées.
* CONTRADICTION s. f. [kon-tra-di-ksi-on]
(lat. contradictio). Action de contredire; opposition aux sentiments et, aux discours de (luelqu'uii ; discours par lequel on combat l'avis d'un autre : cet avis a été reçu, a passé sans oonlradiction. — Esprit de contradiction, disposition à contredire sans cesse : il aun esprit de contrudietion. On dit d'une personne qui ordinairement n'est pas de l'avis des autres, qui se plaît à contredire : c'est un esprit de contradiction. On dit aussi, Faire une cuose par esprit de contradiction, pour le plaisir de contrarier.— Opposition, incompatibilité entre deux ou plusieurs choses, ou entre les éléments d'une même chose : voilà une conlradition choquante, ridicule. Etre et n'être pus «mplique coninidiction.
■ CONTRADICTOIRE adj. î\c se dit que des
pro-
une con-
CONT
propositions, des termes qui se contredisent, qui expriment des choses directement opposées l'une à l'autre : celte proposition est contradictoire à telle antre, ou substantiv., est la contradictoire de telle autre. — Jurispr. Se dit des jugements, des arrêts rendus après que les parties ont été ouïes, ou après qu'elles ont piodnd : jugement corUradictoirc , arrêt contradictoire. — Par ext. Se dit de tout acte de procédure fait en présence des parties : procès-verbal contradictoire.
' CONTRADICTOIREIVIENT adv. D'une manière conlviidkloiTe : CCS deux projjositions sont contradictoirement opposées. — Jurispr. Se dit des jugements rendus après avoir ouï les parties, ou après qu'elles ont produit : un arrêt rendu contradictoirement.
* CONTRAIGNABLE adj. Jurispr. Qui peut être contraint, par (pielque voie de droit, à donner ou à faire quelque chose : ceux qui ont accepté des lettres de change sont contruignables par corps.
' CONTRAINDRE v. a. (lat. cum, avec; «êmgere, étreindie). Je contrains, tu contrains, il contraint; 7ious contraignons, vous contraignez , ils contraignent. Je contraignais, nous contraignions. Je contraindrai. Contrains. Que je contraigne. Que je contraignisse. Contraignant. Contraint. — Obliger quelqu'un par force, par violence ou par quelque grave considération, à faire quelque chose contre son gré : on l'y contraindra par force; on l'a contraint à l'obéissance; contraindre de quitter le pays. — Prov. La nécessité contraint la loi, la nécessité oblige à passer par-dessus les lois. — Prat. Obliger, par quelque voie de droit, adonner ou à fairequelque chose; contraindre quelqu'un par voie de justice, par justice. — Signifie quelquefois siniplemont, gêner, obliger par quelque considération à s'abstenir de quelque chose, à se refuser quelque chose '.je ne prétends pas vous contraindre. — Serrer, presser, mettre à l'étroit: cet habit, rctte chaussure le contraint sifortque... — Secontraindre V. pr. Se gêner, se forcer, se icLcnir : il suit se contraindre, quand tes circonstances l'exigent.
* CONTRAINT, AINTE adj. Gêné, forcé. Opposé a libre, a naturel : il a l'air contraint. — Fig. Se dit des productions de l'esprit ou de l'art : style contraint. — Serré, mis à l'étroit : contraint dans son habit ; contraint dans ses bottes. Se dit aussi des choses inanimées dans un sens analogue : la mer est contrainte dans ce détroit, entre ces iles. — Mus. Basse contrainte, celle dont le chant, borné à un petit nombre de mesures, ne fait entendre qu'une même phrase, qu'elle recommence toujours, tandis que les parties supérieures contiuiicnt leur chant ou leur harmonie, et les varient de diverses manières.
* CONTRAINTE s. f. Violence qu'on exerce contre quelqu'un, pour l'obliger à faire quelque chose malgré lui, ou pour l'empêcher de faire ce qu'il voudrait : employer ta contrainte. ■ — Etat de celui àqui on fait celle violence : la grande, la dure contrainte oùilest. — Retenue que le respect, la considération, ou quelque autre cause, obligent d'avoir : la contrainte qu'imposent les bienséances. — Gêne où l'on est quand on est trop serré dans ses habits, dans ses souliers, et généralement tout ce qui met trop à l'étroit :i;oire habit, vos souliers vous sont trop étroits, comment ptouvez-vous souffrir cette contrainte ? — Fig. La contrainte de la MESURE, de la bimr, gêuc, embarras que font éprouver quelquefois aux poètes les règles de la mesure et les dillicultés de la rime. — Prat. Acte par lequel on force quelqu'un ii faire ou à donner une chose : contrairUe par saisie de biens. — Contrainte par corps, droit de faire emprisonner une personne, principalement un déliilrur; arlioii même d'arrêter, d'eiiiprisonnor en vertu de ce droit ; ordonner,
co^^^
CONT
CONT
prononcer la contrainte par corps contre quelqu'un. — Matière fiscale. Mandement décerné contre un redevable de deniers publics, ou de (Iniils dus au fisc : porteur de contraintes.
— Législ. i< On nomme contrainte le commandement fait au contribuable à la requête d'un percepteur ou d'un receveur de contributions. Les porioo's de contraintes sonl des agents commissionnés par le préfet et qui remplissent les fonctions des huissiers dans les poursuites faites en matière de contributions.
— Contrainte par corps. On doit considérer comme excessif le droit decontraintepar corps accordé au créancier sur la personne de son débiteur : la mauvaise foi de celui-ci ne doit pas autoriser une telle atteinte k la liberté individuelle, car on a vu souvent aussi la mauvaise foi se trouver du côté du créancier. Aussi la Convention, sur la proposition de Danton, décréta, le 9 mars 1793, l'abolition de la contrainte par corps. La loi du 15 germinal an VI la rétablit et elle figure très fréquemment dans le Code civil, dans le Code de commerce et dans les lois pénales, La loi du 4 iloréal an VI y soumettait les étrangers pour tous les engagements qu'ils avaient contractés en France. Le progrès des mœurs a fait décider de nouveau son abolition en matière civile, commerciale et contre les étrangers (L. 22 juillet I8G7). Toutefois ce moyen d'exécution a été conservé en matière criminelle, correctionnelle ou de simple police pour le recouvrement des amendes, restitutions et dommages-intérêts dus à l'Etat. La loi du 19 décembre lS7t l'a rétablie pour le recouvrement des frais dus au Trésor, en vertu de condamnations. Les particuliers envers lesquels les condamnés sont obligés pour réparations de crimes, délits ou contraventions, même lorsque les condamnation» sont prononcées par des tribunaux civils au profit d'une partie lésée, peuvent employer la contrainte par corps; mais ils doivent alors pourvoir à la nourriture du détenu et consigner à l'avance une provision de trente jours, faute de quoi l'élargissement est prononcé sur requête par le président du tribunal civil. La durée de la contrainte par corps est fixée par le tribunal et elle est limitée à une durée qui est de deux jours au moins et dont le maximun varie de vingt jours à deux ans, suivant que les sommes duos excèdent ou non des chifl'res compris en tre oO et 2, OOUfr. En matière de simple police, la durée ne peut excéder cinq jours. La contrainte cesse lorsque le détenu fournit une caution reconnue bonne et valable. (Voy. Caution). Les comptables de deniers publics, les fournisseurs de l'Etat, des communes et des établissements publics, etc., sont soumis à la contrainte par corps, opérée par voie administrative et sans jugement, mais la contrainte ne peut avoir lieu, dans ce cas, que pour une somme excédant .300 fr. Y sont également soumis tous redevables, débiteurs et cautions de contributions indirectes qui ont obtenu un crédit et qui ne se sont pas acquittés à l'échéance (L, 17 avriH832, art. 8 et s.). L'exécution d'une contrainte ne peut avoir lieu que cinq jours après un commandement fait au débiteur. Les tribunaux peuvent surseoir, pendant une année au plus, à la contrainte par corps, dans l'intérêt des enfants du débiteur. (Ch. Y.)
* CONTRAIRE adj. (lat. contrarius; de contra, contre). Opposé. Se dit également des choses physiques et des choses morales : directement contraire; totalement contraire.
Qui ne s;iit que la lui, si quis canis, Digesle De VI, paragraphe, me.'sieurs... Caponibus, Est maiiilestemeot contraire à cet abus? Jean Racine.
— Log. Propositions co.ntraires, celles qu' énoncent des choses opposées, de manière cependant qu'elles peuvent être fausses toutes ilen\-, quoiqu'elles ne puissent pas être luiito.i
di;ui viaies : tout Iwminc asl venuau, tout
homme est vicieux. — .Se dit aussi des personnes : c'est un homme qui m'a toujours ctii contraire. — Prat. l.r.s parties so.nt contraires EN faits, leurs allégations sont tout à fait contradictoires. — Nuisible : il y a des alirni'.nts qui sont contraires aux bilieux. — Substantiv. au masc. signifie une chose opposée :
Orlain rimeur. connu par maint et maint alTionl En lisant mes écrits. les tronque et les ;illère. Pour me venger de lui. ie f.Tai le contraire : Je lirai les siens tels qu'ils sont.
Lacomoe.
En rentrant déjouer le rAU; de Valèrc, Une acti'ice, au foyer, disait avocinimcur: — C'est étonnant, la moitié du parterre Me croit un homme. — Et cela vous fait peur? Rassurez-vous. lui dit un amateur :
L'autre moitié sait le contraire.
— Fam. Aller au contraire d'une chose, s'y opposer, y contredire : on en démettre d'accord, personne ne va au contraire. — • Substantiv. Se dit également des choses opposées entre elles, comme sont le froid et le chaud, l'humide et le sec, le blanc et le noir : deux contraires ne peuvent subsister ensemble; le chaud est le contraire du froid. — Au contraire loc. adv. Tout autrement, d'une manière opposée : vous dites que cela arriva de la sorte ; au contraire, il arriva que. On dit aussi quelquefois : bien au contniire, tout nu contraire.
' CONTRAIREMENT adv. En opposition à qiiehiur chose : agir contrairement aux dispositiiins de la loi.
CONTRALTISTE s. Celui, celle qui a une voix tic contralto.
•CONTRALTO s. m. (ital. contra, contre; alto, haut). Mus. La plus grave des voix de femme, intermédiaire entre le sojirano ou voix aiguë de femme, et le ténor ou voix aiguë d'homme : les castrats chantaient dans les éi/lises d'Italie la partie de contralto. — %* Au plur. des contraltos ou des contralti.
* CONTRAPONTISTE s. m. (ital. contrapunto, contre-point). Mus. Compositeur qui connaît les régies du contre-point : ce composiU-ur est bon contrapontiste, n'est pas contrapontiste.
CONTRARIA CONTRARIIS CURANTUR loc.
lat. signiliant : les (■dittraircs se ijtirrissoit par les contraires, maxime des médecins allopathes, en opposition avec celle des honiœopathes : similia similibus curantur, les semblables se guérissent par les semhlables.
•CONTRARIANT. ANTE adj. Qui se plaît, qui aime à contrarier : vous êtes bien contrariant, bien contrariante. — Qui est de nature à contrarier -.cela est bien contrariant.
' CONTRARIER v. a. (lat. contrarius, contraire!, bire ou faire le contraire de ce que les autres disent ou font : il me contrarie toujours. — Absol. Vous ne faites que contrarier; aimer à contrarier. — Faire ohstacle, s'opposer à quelqu'un dans ses desseins, dans ses volontés : nous fûmes contrari^'s par les vents pendant notre navigation. — Fig. Se dit des choses, tant au sens physique qu'au sens moral : un mouvement qui en contrarie un autre; contrarier la nature. — Se contrarier v. pr. Etre en contradiction avec soi-même : vous vous contrariez vous même ; cela le contrarie. — Eprouver delà contrariété : il se contrariepour la moindre chose.
* CONTRARIÉTÉ s. f. (lat. co«<mne<as). Opposition entre des choses contraires. Se dit au sens physique et au sens moral : grande, manifeste contrariété ; la contrariété qui existe entre le froid et le chaud. — Obstacle, empêchement, traverse. S'emploie alors très souvent au pluriel : si j'ai réussi, ce n'est pas sans beaucoup de contrariétés. — Jurispr. Co.ntrariété d'arrêts, opposition entre deux décisions rendues en dernier ressort.
* CONTRASTANT, ANTE adj. Qui contraste; ne s'emploie guère que dans, le langage des beaux-arts -.figures contrastantes; effets contrastants.
•CONTRASTE s. m. Opposition. Se dit au sens physique et au sens moral : contraste d'ombre et de lumière; contraste de caractères, de sentiments. — Peint, et Sculpt. Différence, opposition que l'artiste établit, soit entre le caractère ou l'attitude deses figures, soitentre les parties d'une même figure, soit entre les niasses, les lumières ou les couleurs : ce peintre entend bien te contraste, les contrastes ; voilà an beau contraste, de savants contrastes. — Par ext. Littér. et .Mus. Opposition à laquelle l'écrivain ou le musicien a recours pour produire de l'effet : employer, rechercher les contrastes ; ce morceau de musique offre des contrastes qui ne sont pas tous de fort bon goût. — L'art des contrastes, l'art d'ét.ablir, d'imaginer des op[iiisitions qui produisent de l'eliet
"CONTRASTER v. n. (lat. contra, contre; stare, se tenir). Etre en opposition, en contraste. Se dit au sens physique et au sens moral : les frontons de cet édifice contrastent, ils sont alternativement cintrés et angulaires.
— V. a. Peint, et Sculpt. Faire un contraste : )■/ faut être wi habile peintre pour savoir contraster les têtes, et leur conserver cependant l'air naturel.
* CONTRAT s. m. (lat. contractus). Convention, pacte, traité entre deux ou plusieurs personnes, rédigé par écrit, sous l'autorité publique : contrat commutatif; contrat de vente, d'acquisition, d'échange, de donation, de constitution, de rente, d'assurance, de louage, de société, de mariage. — Toute convention faite entre deux ou plusieurs personnes; et dans cette acception l'on dit: contrat verbal; contrat tacite. — CoNTR.\T social, convention, expresse ou tacite, par laquelle sont réglés les droits et les devoirsrespectifs d'un peuple et de son gouvernement.— Contrat social, ouvrage deJ.-J. Rousseau qui a puissamment contribué à faire adopteren France les principes de 1789.
- Législ. « Un contrat est une convention qui donne naissance à des droits et souvent à des obligations; ce qui est contenu dans un contrat a force de loi entre les parties (C. civ. M 34). Il est dit synallagmatique (ou bilatéral), lorsqu'il contient des engagements réciproques; 'ûèilunilatéral s'il n'y a d'obligation prise que d'un côté : ainsi la vente est un contrat synallagmatique; le prêt est un acte unilatéral. Le contrat esta titreonéreux, lorsqu'il contient un échange d'objets ou d'engagements; il est dMtitre gratuit ou contrat de bienfaisance, lorsqu'une seule des parties procure à l'autre un avantage : la donation, le prêt sans intérêt, le dépôt, le mandat, sont des contrats de bienfaisance. Le contrat est dit commutatif, lorsque les avantages réciproques sont connus et déterminés; il est aléatoire lorsque, d'un côté au moins, les avantages dépendent d'événements incertains (id. HOl à 1107). Le contrat d'assurance, le contrat de rente viagère, le prêt à la grosse, le jeu et le pari sont des contrats aléatoires. Ces délinitions ont une certaine importance juridique ; ainsi les contrats synallagmatiques qui sont constatés par écrits sous signatures privées, doivent être faits en autant d'originaux qu'il y a de parties ayant un intérêt'distincl (id. I32.Ï); le partage et la vente, lorsqu'ils sont aléatoires, ne sont pas rescindables pour cause de lésion. Quatre conditions sont essentielles à la validité des contrats; ce sont : 1° le consentement de la partie qui s'oblige (Voy. Co.nsentement); "2° la capacité de contracte'r; 3" un objet déterminé; 4° une cause licite (id. 1 108). La plupart des contrats sont parfaits sans aucune formalité et par le simple consentement: tels sont la vente, l'échange, etc.; d'autres, au contraire, n'ont aucune valeur s'ils ne sont faits dans certaines formes; tels sont l'acte de mariage, le contrat de mariage, l'adoption, la donation. Les contrats doivent être interprétés plutôt suivant l'intention des parties que d'après leur sens littéral (id. ll.ïG). (Voy Clausk.) Presque tous les cuiiUais éufits
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et le bail verbal sont soumis à des droits d'enregistrement; et cette formalité donne date certaine aux actes sous seinp privé. On nomme qitasi-contrats certains enpagenieiUs résultant non d'une convention, mais d'un fait volontaire, comme de géi-er sans mandat les ail'aires d'autrui, ce qui crée les obligations réciproques du mandat, ou de recevoir ce qui n'est pas dû, ce qui fait naître le droit de répétition au profit de la personne quiapayé (C. civ. 1371 à 1381). — On nomme contrat à la grosse, un contrat aléatoii'e contenant prêt à grossi! aventure, alFecté surtout ou partie d'un navire ou du chargement, lequel prêt est fait moyennant une prime fixée à l'avance, pour lo cas où les objets ne subiraient aucune porte pendant le voyage; mais le prêteur risi[uo tout ou partie de son capital si les objets désignés sont perdus ou détériorés pendant le voyage. Ce conti-at doit être enregistré au grellc du tribunal de commerce, dans les dix jours de sa date, à peine pour le prêteur de perdre le privilège que la loi lui accorde sur les objets alfectés à sa garantie. — Le contrat de mariage est un acte notarié qui détermine le régime de l'association conjugale quant aux Isiens. Ce contrat renferme aussi les donations faites aux époux ou entre époux, dans la vue du mariage. Les conventions qui y sont contenues ne peuvent être mudilii'es et deviennent irrévocables, aussitôt après la célébiation du mariage (id. 13S7ets.). (Voy.CoiiMUiNAUTÉ, Uotal), etc. L'acte docélébiation du mariage indique, d'après la déclai'ation des époux, s'ils ont fait ou non un contrat de mariage. Si un contrat de mariage exclusif de la cummunaulé n'est pas déclaré dans l'acte de célébration, la femme est réputée à l'égard dos tiers, capable de contracter dans les termes du droit commun. Cette clause doit être lue aux parties par le notaire, et mention de cette lecture est faite dans le contrat, à peine de dix francs d'amende contre lo notaire (L. 10 juillet tSiiO). Le contrat de mariage d'un commerçant doit être, dans lo mois de sa date, transmis, par eîitrail et par les soins du notaire, sous peine de 20 fr. d'amende, aux greffes des tribunaux de première instance et de commerce du domicile de mari, pour être exposé, pendant un an, dans l'auditoire de ces tribunaux; s'il n'y a pas de tribun.'il de commerce, l'extrait est exposé dans lu principale salle de la mairie du domicile. Pareil extrait est inséré dans un tableau exposé dans la chambré des notaires et dans celle des avoués (G. comm. 67).»
(Ch. y.) • CONTRAVENTION s. f. (rad. contrevenir). Infrai'liun, action par laquelle on contrevient à une loi, à une ordonnance, à un règlement, à un traité, ou à un contrat qu'on a fait : c'est une contravention manifeste au traité de liaix, uu contrat, à l'acte de société que jious avons fait ensemble. — Jurispr. Infraction aux règlements de police, par opposition aiix délits et aux crimes : contravention de police, de simple police: lis crimes, les délits cl les contraventions. — LégisL » L'infraction que les luis punissent des peines de police est une contravention (C. pén., art. I"''). Sont considérées rxjmme contraventions de simple police, les faits qui, d'fiprès le 4° livre du Code pénal, peuvent donner lieu soit à l.ï fr. d'amende et au-dessous, soit à cinq jours d'emprisonnement et au-dessous. Toute infraction aux dispositions d'un arrêté municipal ou d'un règlement de police est une contravention. La cpiiuaissance des contraventions de simple police est attribuée exclusivement au juge do paix du canton dans l'étendue duquel elles out été commises (C. inst. crim., 137, «ISS; L. 27 janvier 1873). Les citations sont faites par huissier, à la requête de la partie qui réiJamc ou du minisiére public, dont les fonctions si'i)' r>'riiplir-c par le ci)miiii>s.iire de po- Itcvdulicu ous.CçU lu tribunal (iJ. 144, i4o}.
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(Voy. Citation.) Les contraventions sont prouvées par des procès-verbaux d'officiers de police ou par des rapports de simples agents, ou, à défaut, par témoins (id. l.'ii). Les jugements rcitiîiH par les tribunaux de police, sont susee|ililjles d'afipel devant les tribunaux correctionnels, lorsqu'ils prononcent la peine de l'emprisonnement, ou lorsque les amendes, restitutions et autres réparations civiles excèdent la somme de cinq francs, non compris les dépens. L'appel est suspensif el doit être interjeté dans les dix jours de la signification du jugement (id. 172 et s.). Le nombre des contraventinns soumises aux tribunaux de simple police a été de 3S2,7.ï4, en moyenne par année, pendant la période de 1870;i'JS80; un cinquième environ de ces contraventions sont relatives à l'exécution de la loi du 23 janvier 1873 sur l'ivresse publique. Les appels se sont élevés, pendant la même période, à 72.:;()9 par année; et six fois sur dix, les décisions des juges de paix ont été confirmées. Les contraventions en matière forestière sont portées devant les tribunaux correctionnels, lorsque les poursuites sont exercées au nom de l'administration des forêts (C. for. 171). Les contraventions à la police du roulage sont de la compétence des conseils de préfecture, sauf celles qui doivent être jugées par les tribunaux, en vertu de l'article H de la loi du 3(1 mai ISiil. Sont également de la cmnpétence des conseils de préfecture, les contraventions aux règlements sur les carrières, les tourbières, les digues ; celles relatives à la jiolice des lignes télégraphiques (Décr. 27 déc. 1h:H), à la grande voirie (routes, canaux, rivières, chemins de fer, rues de Paris, etc. Décr. iodée. l8H,art. H4);mais s'ils'agil de chemins vicinaux, c'est le ju,;;e de |iaix qui est compétent (C. pén., 47i et s.; Ait. ca^s. 20 déc. is.;i.) » (Ch. Y.)
CONTRE (lat. contra]. Préposition qui sert à marquer iqqiosifion : donner de la Icte contre une muraille; marcher contre l'ennemi. — S'emploie quelquefois adverbialement '.parler pour et contre. — Malgré, nonobstant, sans avoir égard à : il a fait cela contre mon sentiment. — Fig. Elevkr autel contre autkl, faire un schisme dans l'Eglise ou dans (]uelque communauté. Par ext. Opposer son crédit, sa puissance, au crédit, à la puissance d'une autre personne; ou faire une entreprise rivale d'une autre déjà formée. — Prov. et flg. C'est le
pot de TEllKE contre le POT DE FER, Se dit d'un
homme sans crédit, sans appui, qui a quelque démêlé avec un hoiiiine [uiissant. — Allku CONTREVENT ET marIce, p HiTSUIVre obstiiiéiiieiU ses projets malgré toutes les difficultés (jui s'y opposent. — 1''aire contre, se dit lurs(ju'un des joueurs faisant jouer un des autres déclare ensuite iju'il joue aussi : quand celui qui fait contre vient à perdre, il perd te double de ce qu'il aurait pu gagner. — Auprès, proche : sa maison est contre la mienne. — Adverbial. : j'étais tout contre. — Attacuer quklouk chose contre la muraille, l'attacher à la muraille. — Ci-contre, voy. Ci. — Rem. Contre, s'emploie comme préposition inséparable dans un très grand nombre de mots composés, comme contre-allée, contre-amiral, etc. iNous donnons à leur place alphabétique ceux que l'usage a consacres.
* CONTRE s. m. Ce qui est opposé. Se dit surtout en parlant des raisons, des faits, des ' circonstances défavorables en quelque alfaire; et alors on l'oppose ordinairement à poua, employé aussi comme substantif : U faut savoir le pour et te contre; il snuiient le pour et te I contre. — Jeux. Celui qui fail contre : te contre \ paie double. — Escrime. Mouvement de la pointe de l'épco qui, partant du point où l'on est en garde, revient s'y fixer après avoir décrit un cercle : parer un contre. ■ — Par contre loc. adv. En revanche, par compensation. |
' CÛNTRE-ALLEi; s. f. Allée latérale et pa- ,
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rallèle aune allée principale: les coiitrc-allées de cette avenue sont réservées aux piétons.
* CONTRE-AMIRAL s. m. Celui qui a le troisième grade d'officier général, dans la marine militaire ; le contre-amiral est au-dessous du vice-amiral; en France, on nommait autrefois chefs d'escadre les officiers au.rqnels on donne maintenant le titre de contre-amiraux. — Vais- .seau monté par un contre-amiral : cet officier servait sur le contre-amiral ; pavillon de contreamiral.
CONTRE-APPEL s. m. Second appel qui se fail pour s'assurer do l'exactiliide du premier. — Au plur. Des Contre-appels.
* CONTRE-APPROCHES s. f. pi. Eortif. Travaux des assiégés pour aller au-devant de ceux des assiégeants.
•CONTRE-ATTAQUES s. f. pi. Art milit.
Travaux que des assiégés exécutent eu opposition aux tranchées ou lignes d'attaque de l'assiégeant
* CONTRE-BALANCER v. a. Se dit de deux forces opposées, dont l'une balance l'autre : un poids qui en contre-balance un autre. — Se dit en parlant de l'égalité de force, de valeur, de mérite qui est entre des choses opposées : leur puissance a ionfitemps contre-balancé la sienne. — Se contrebalancer v. récipr. Etre en balance avec une chose opposée : ces deux poids se contrc-ba lancent mutuellement.
' CONTREBANDE s. f. (ital. contrebando). Action d'iinpoiler iclandeslinement dans un pays les marchandises prohibées. — Par ext. Kraude par l:!q;ie!le on élude le payement des droits imposés sur les marchaudisesnationales ou étrangères, soit aux frontières, soit à l'intérieur : marckandiics de contrebande, introduites par contrebande. — Se dit des marchandises de contrebande : un bâtiment chargé de contrebande; c'est de la contrebande. — Fig. et fam. De contrebande, qui n'est pas légitime, qui n'est pas permis, qui se fait clandestinement : il porte un titre de contrebundc. On dit dans un sens analogue : c'est un homme de contrebande. — Législ. u L'introduction en France, par les frontières de terre, de marchandises prohibées, ou l'entrée sans déclaralion exacte de produits taxés à plus de 20 fr. les lOU kilog. est un délit. Les contrevenants peuvent être mis en étal d'arrestation et traduits devant les tribunaux correctionnels; ils encourent une amende égale à la valeur des objets introduits el qui ne peutkêtre moindre, lie iiOO fr.; ils sont en oulie condamnés à la peine de l'eniprisonnement. Enfin la confiscation des marchandises et des objets servant au transporlesttoujoursprononcée{L. 28 avril 1816, tit. V, art. 41 et s.; L. 2 juin 187.;). L'inl-roduclion de marchandises par un port maritime, sans congé ou permission écrite des préposés des douanes, entraîne la confiscation des objets et une amende de 100 fr. (L. 22 août 1791); mais si la contrebande a lieu sur les côtes, hors des ports de commerce, elle est punie dos mêmes peines que celle faite sur les frontières de terre (L. 21 avril 1818, art. 34). En outre, les introductions de marchandises prohibées, frauduleusement tentées sur les côtes, donnent lieu à la confiscalion des bâtiments servant au transport de' ces marchandises. Enfin cette confiscation s applique aussi aux bàlimenls au-dessous def' cent tonneaux louvoyant dans la distance de 2 myriainètres des côtes, hors le cas de force' majeure, et ayanl à bord des marchandises prohibées (L. 4 germinal au II, art. 7; 17 déc. 1814, art. 15; 27 mars 1817, art. 12 et s.). (Voy. Douane.) Danslcsièclo dernier, les contrebandiers étaient condamnés aux galères. Lorsque l'introduction do certaines marchandises est prohiliée ou lorsque les tarifs de douane sont excessifs, les profits de la contrebaude excitent la cupidité. Cela explique,
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jusqu'àun certain point, comment les produit? fiscaux diminuent souvent après que les droits ont été surélevés. Mais doit- on dire, avec J.-B. Say i< la contrebande est une action innocente en elle-niênie et que les lois seules rendent criminelle ». Non, car celle morale facile innocenteraitbien des fautes et bien des délits. Une nalion est une association d'individus dont les chari;es doivent être acccplées par tous, et celui qui frustre l'Etat d'un droit Icgalemeiit établi est aussi coupable que le marchand qui trompe un acheteur. Au point de vue économique, les droits de douane sont presque tous condamnables; en outre, la contrebande exerce, sur les populations voisines des fruiiliéres, une influence déplorable, en abaissant leur moralité et en les accoutumant à mépriser les lois. La contrebande de guerre, c'est-a-dire le transport d'armes ou autres objets à l'usaf-'o de la guerre et ;\ destination de pays bellifiéranls, est interdite aux navires neutres par le droit des gens, et peut donner lieu a la confiscation desdits objets par l'ennemi de la nation à laquelle ils étaient destinés. Suivant des règles adoptées en France, lorsque les objets de contrebande forment plus des trois quarts du chargement, la cargaison entière et le navire lui-même sont confisqués (Ord. de 1681 :Règl. "26 juillet 1878). »
(Cn. Y.)
• CONTREBANDIER, 1ÈRE s. Celui, celle qui fait la contrebande ; des contrebandiers ont été arrétt's.
' CONTRE-BAS (En) loc. adv. Archit. Qui marque diieclion ou position do haut en bas : poser une pièce de construction en contre-las. — Regaudeh kn contuiî-das, regarder de haut en bas. — Signilie aussi : qui est à un niveau inférieur : le lit de la rivière est en contre-bas de la benje.
•CONTREBASSE s. f. Ci-ns-e basse sur laquelle on joiie la même purae que celle de la basse, mais qui sonne une octave au-dessous de la basse ordinaire, et par conséquent deux octaves au-dessous du violon.: jouer de la contrebasse ; il y a quatre contrebasses, huit contrebasses dans cet orchestre. — Voix d'homme qui est la plus basse de toutes : une voix de contrebasse.
CONTREBASSISTE s. m. Musicien qui joue de la contrebasse. Au plur. : des co.mued.\s-
SISTES.
C0NTRE3ASS0N s. m. Inslnimcut du genre basson, mais [dus bas d'une uctuve. — Musicien qui joue de cet instrument.
• CONTRE-BATTERIE s. f. Batterie de canons opposée à une autre : la batterie ayant été dressée, les ennemis firent aus.iitùt une conlre-ljatterie. — Batterie destinée à la protection d'une batterie do brèche. — Fig. et fam. Ce qu'on fait, ce que l'on oppose aux menées de ceux qui nous sont contraires : il y avait une forte intrigue contre lui, mais il fit sous main une contre-batterie pour la déjouer.
CONTRE-BIAIS (À) loc. adv. A contre-sens :
couper une élo/j'c à contre-biais.
CONTRE-BORD (À) loc. adv. Position de deux bâtiments ([ui vont à l'encontro l'un de l'autre.
• CONTRE-BOUTANT s. m. Archit. Synonyme de conliet'ort. (Vuy. ce mot.)
• CONTRE-BOUTER v. a. Archit. Appuyer un nmr d'un autre mur posé à angles droits.
• CONTRE-CALOUER v. a. Gravure. Faire la contre-épreuve d'un calque, ou calquer un calque en le retournant, afin d'obtenir un dessin en sens contraire du dessin original.
CONTRE-CARRE s. f. Le double de la carre au jeu de la bouillotte.
• CONTRECARRER v. a. S'opposer directement a quelqu'un, à ses sentiments, à ses desseins : (■/ le contrecarre en toutes choses. (Fam.)
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• CONTRE-CHARME s. m. Charme contraire, qui détruit ou empêche l'effet d'un autre charme.
* CONTRE-CHÂSSIS s. m. Châssis de verre ou de pa|iier qu'on met devant un châssis ordinal le.
* CONTRE-CLEF s. f. Archit. Le voussoir qui est posé immédiatement à gauche ou à droite de la clef d'une voûte.
• CONTRE-CŒUR s. m. Fond de la cheminée, contre lequel se place le bois (|u'on veut brftier. Plus ordiiiaiiement, plaque de fer qu'on attache contre le fond de la cheminée pour le conserver, et pour renvoyer la chaleur ■.contrecœur de chertuncc.
' CONTRE-CŒUR (À) loc. adv. A regret, avec répugnance, malgré soi : faire une chose à conlrc-vccur.
•CONTRE-COUP s. m. Répercussion d'un corps sur un autre : la balle a donné contre la muraille, et il aétt blessé du contre-coup. — Impression d'un coup faite à une partie opposée â celle qui a été frappée : il fut blessé au front et mourut du contre-coup. — Fig. Evénement qui arrive par suite ou à roccasion d'un autre : si on ruine votre associé, le contre-coup portera, retombera sur vous.
' CONTRE-COURANT s. m. Courant inférieur dont la du-eclion est opposée à celle du courant supérieur : la théorie des contre-courants de Bernoulli.
' CONTREDANSE .■;. f. Sorte de danse vive et légère qui s'exécute ordinairement à huit personnes : on ne danse plus guère dans les bals que des valses et des contredanses. — Se dit aussi d'un air de contredanse : jouer une contredanse.
CONTRE -DATER v. a. Dater autrement qu'on avait l'ait d'alinrd.
' CONTRE-DÉGAGEIVIENT s. m. Escrime. Action de dégager en même temps que l'adversaire dégage.
* CONTRE-DÉGAGER v. n. Escrime. Dégager en mêmi> temps que son adversaire.
* CONTRE-DIGUE s. f. Digue qui en renforce une autre.
• CONTREDIRE v.a.Se conj ngue com me Dire. On dit à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, vous contredisez. Dire le contraire, contester : contredire quelqu'un; contredire une proposition . — Absol. Cet homme AiUE A contredire. — Signifie, dans une acception plus générale; être en opposition avec : i;ot/(i! qui contredit ce que vous disiez tout à l'heure; une telle loi contredit la nature.
— Jurispr. Faire des écrilurespour combattre les moyens ou les raisons dont la partie adverse se sert : ce moym-là ne mérite pas d'être contredit.— Se contredire v. récipr. Etre en contradiction : les hommes se contredisent mutuellement, se contredisent les uns les autres.
' CONTREDISANT, ANTE adj. Qui aime à contredire : c'est un esprit contredisant; il a l'humeur contredisante.
' CONTREDIT s. m. Réponse que l'on fait contre ce qui a été dit : cela est sans conircdit.
— Jurisp. s. m. pi. Ecrit contenant les ié|j(jnses à la production de la partie adverse : fournir des contredits; les dits et les contredits.
— Sans contredit loc. adv. Certainement, sans difliculté : il est, sans contredit, le plus grand homme du siècle.
• CONTRÉE s. f. (lat. contra, contre). Certaine étendue de pays : contrée riche, fertile, pauvre, sablonneuse, peuplée, déserte. — Se prendaussi, dansune acception plus générale : toutes les contrées de l'Asie; de vastes coiitrées.
' CONTRE-ÉCHANGE s. m. Echange : on m'a donné dix bouteilles de vin, j'ai donné en contre-échange trente bouteilles de cidre.
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- COr.TRE-ENQUÉTE s. f. Enquête opposée à celle de la partie advnsc.
• CONTRE-ÉPAULETTE s. f. Corps d'épaulelte dépouivn do fraiipes.
• CONTRE-ÉPREUVE s. f. Peint, et Grav.
Estampe ou dessin qu'on tire sur une estampe fraichement imprimée, ou sur un dessin au crayon, et qui reproduit les mêmes traits, mais à rebours, le côté droit paraissant à gauche : tirer une contre- é}weuve. — Fig. Ouvrage qui n'est qu'une faible imitation d'un autre : ce n'est qu'une pûle contre-épreuve. — Se dit aussi dans les assemblées délibérantes de l'acliondefairevolersur la proposition contraire à cellequia d'abord été mise aux voix : faire la contre-épreuve.
CONTRE-ÉPREUVER v. a. Peint, et Grav.
Faire une conlre-ppreuve.
' CONTRE-ESPALIER s. m. Agric. Rangée d'arbres taillés en espalier, et plantés vis-àvis d'un espalier :/i y a une allée ou une platebande entre l'cspalirr el le contre-espalier.
* CONTRE-EXPERTISE s. f. Expertise destinée à en contrôler une autre.
* CONTREFAÇON s. f. Action de copier, d'imiter, de labriquer une chose au préjudice de son auteur, de son inventeur, de ceïui qui a le droit e.vclusif de la faire, de la fabriquer; la contrefaçon d'un livre, d'une pièce de musique, d'une gravure. — Se dit aussi des choses faites par contrefaçon, principalement cn parlant de livres, do musique, de gi;ivures : c'est une contrefaçon ; il y a plusieurs rontrefaçons de cet ouvrage. — Il est quelquefois synonyme de CONTREFACTION. (Vov. CO llU)t). —
Législ. « La contrefaçon des monn.iies d'or on d'argent, ayant coui's légal, clleur altération, ainsi que l'émission ou l'introduction en France de monnaies contrefaites ou altérées, donnaient lieu à l'application de la peine de mort, eu vertu de la loi du 14 germinal an XI et de l'art. 132 du Code pénal de 181U. Le Code pénal de 1791 était moins rigoureux' et infligeait seulement quinze années de fers. Depuis '1832, ce crime est puni de la peine des travaux forcés à perpétuité. Lorsqu'il s'agit de monnaies de billon ou de monnaies étra^igères, la peine est celle des travaux forcés à. temps. Si les monnaies ont été seulement colorées, dans le but de tromper sur la nature du métal, la peine n'est plus qu'un emprisonnement de six mois â trois ans. Ces peines s'appliquent également à ceux qui ont participé à l'émission on à l'introduction on Fram e des monnaies contrefaites, altérées ou colorées, mais non à ceux qui, les ayant reçuespour bonnes, les ont remises en circulation. Toutefois, celui qui, connaissant iesviccs de ces monnaies, en a fait usage, est puni d'une amende triple au moins et sexlupleauplusdo la valeur représentée par lesdites pièces, et sans que cette amende puisse être inférieure à seize francs ( C. pén., 132 à 13.i). Ceux qui ont contrefait les sceaux de l'Etal ou se sont servis de sceaux contrefaits; ceux qui ont falsifié ou contrefait soit des effets du Trésor public, soit des billets de banque, ceux qui ont fait usage de ces eifets ou billets, ou qui les ont introduits en Franc^, sont punis des travaux forcés à perpétuité. Ceux qui ont contrefait ou falsifié soit des timbres nationaux, soit les marteaux de l'Etat, servant aux marques forestières, soit les poinçons servant à marquer les matières d'or ou d'argent, ou qui ont fait usage des papiers, eifets, timbres, marteaux ou poinçons contrefaits, sont punis de vingt ans de travaux forcés. Ceux qui, s'étant indûment procuré les vrais timbres, marteaux ou poinçons, en on fait usage un préjudice de l'Etat, sont punis de la réclusion. Ceux qui ont contrefait les inarques destinées à être apposées, au nom du i.'ouvernoment, sur des denrées, ou qui ont fait usage de ces fausses marques; ceux qui ont contrefait le sceau,
COi\T
liiiilirc on marq'in d'une auUv.-ilô qiiplcnnque ou qui onl t'ait usage des marques coiil refaites; ceux qui oui coiilrcf.iit des timbrcsposte ou qui ont fait usa,!;o scicmnientde timbrcs-poste conlrofails, sont punis d'un emprisonnement do de deux à cinq ans. Les personnes coupabicsdc contrefaçon, soitdu sceau de l'Etat, soit d'elTcts du Trésor public, soit de billets de banque, sont exemptes de peines, si, avant la consommalion du crime et avant toutes poursuites, elles ont révélé le fait et fait connaître les auteurs aux autorités, ou même si, après les poursuites commencées, elles ont procuré l'arrestation des autres coupables; n)ais elles pourront néanmoins être mises, pour la vie ou à temps, sous la surveillance delà haute police. (C. pon.,139 ets.). Tout étran^'er (jui, hors du territoire français, se rend coupable de contrefaçon du sceau de l'Etat, de monnaies françaises, de papiers nationaux, de billets de banque, peut être poursuivi et jugé d'après les lois françaises, s'il est arrêté en France ou si le gouvernement obti-îutson extradition(C. inslr. crim.,art. 7; L. 22 janvier 1866). La contrefaçon et l'introduction en France d'écrits, dessins ou autres productions imprimées ou gravées, sont considérées comme des délits contre les particuliers. (Voj. Alteub). Il en est de même de la contrefaçon ou de l'introduction en France de produits faisant l'objet d'un brevet d'invention en vigueur (Voy. Brevet.) La contrefaçon des marques de fabrique et de commerce et celle des dessins de fabrique dont le modèle a été déposé selon les formes prescrites, donnent lieu à des peines correctionnelles. (Voy. Dessin et Marque). Rappelons ici que la fabrication et la vente des instruments servant, comme les orgues dits de Barbarie, à reproduire mécaniquement des airs de musique, ne constituent pas le fait de !a contrefaçon lîiusicale puni' par la loi (L. 10 mai 1800).
(Cu. Y.) •CONTREFACTEUR s. m. Celui qui est coupable de contrefaçon : il a élc puni comme contrefacteur.
' CONTREFACTION s. f. Jurispr. crim. Imitation ou falsification des monnaies, des effets publics, des poinçons : la contrefaclion des sceaux de l'Etat. On dit plus souvent en ce sens, dans le langage ordinaire. Contrefaçon. — Action d'imiter, dans des vues coupables, l'écriture ou la signaluie de quelqu'un : ce billet est faux, la contrefaclion est évidente.
' CONTREFAIRE v. a. Imiter, représenter quelque personne, quelque chose : contrefaire quelqu'un; contrefaire la voix, les gestes d'un aulrc. — Se dit plus ordinairement, en mauvaise part, de celui qui copie les autres, dans le dessein de les tourner en ridicule : cette femme se rend odieuse, elle contrefait tout le monde. — Feindre d'être ce qu'on n'est pas : contrefaire l'insensé; contrefaire r homme de bien. — Imiter par contrefaçon, par contrefaction : contrefaire un litre, une gravure ; contrefaire une pièce de monnaie. — Déguiser : contrefaire son écriture ; contrefaire sa voix. — Rendre difforme, défigurer : il a eu des convulsions i/ui lui ont contre/ait tout le visage — * Se contrefaire v. pr. Se défigurer, déguiser son caractère : on ne peut pas se contrefaire longtemps.
CONTREFAISABLE adj. Qui peut être contief'ait.
• CONTREFAISEUR s. m. Celui qui contrefait les personnes, les animaux : c'est tin excellent contrefaiseur d'animaux. — Au fém., Contrefai.sel'se.
•CONTREFAIT, AITE part, passé de Contue- F.iiaE. — Adjecliv. Qui a subi la contrefaçon : livre contrefait. — Qui est difforme : homme contrefait.
CONTRE-FENÉTRE s. f. Double clôture d'une
fcnêlie. — Au plur., des CONTRE-rENÉTRF.S.
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•CONTRE -FICHE s. f. Cliarpent. Pièce de bois mise oljliqucment contre une autre ou contre un pan de bois, contre un mur pour le soutenir ; appuyer mie muraille par des contre-fiches de charpente.
CONTREFICHER (SE) v. n. Jargon. Se moquer d'une chose autant que celui qui a déclaré s'en moquer avant vous : tant qu'à moi, je m'en rontrcfiehe.
* CONTRE-FIL s. m. Le sens contraire : le contre-fil de l'eau.
* CONTRE-FINESSE s. f. Finesse opposée à une autre : usn- de contre-finesse.
* CONTREFORT s. m. Archit. Mur contreboutant, servant d'appui à un nmr chargé d'une terrasse ou d'une voûte. — Par anal. Géog. phys. Petite chaîne de montagnes latérales qui est comme les appuis de la chaîne principale dont elle dépend : les contreforts de la chaîne des Andes. — Pièce de cuir dont on fortifie le derrière de la botte au-dessus du talon. — Typogr. Morceau de bois posé sur le plancher et qui soutient le contre-sommier de la presse à bras.
* CONTRE-FUGUE s. f. Mus. Fugue dont la marche est contraire à celle d'une autre qu'on a établie auparavant.
* CONTRE-GARDE s. f. Pièce de fortification servant d'enveloppe à un bastion, à une demi-lune , ou à quelque autre ouvrage.
— C'est un rempart bordé de son parapet avec un fossé, pour couvrir quelques endroits du corps de la place, et qui suit la forme de l'ouvrage qu'il dél'end.
* CONTRE-HAGHER v. a. Dess. et Grav.
Croiser les hachure^ d'un dessin par d'autres hachures.
* CONTRE-HACHURE s. f. Dess. et Grav. Hachures qui eroisentles premières hachures d'un dessin.
* CONTRE-HÂTIER s. m. Grand chenet de cuisine, ijui a des crochets ou des chevilles de fer en dedans comme en dehors. On dit aussi simplement, Hatier.
•CONTRE-HAUT (EN) loc. adv. Placé à un niveau sui)éiiei]r; qm va de bas en haut : la berge est en contre-haut de la rivière.
' CONTRE-INDICATION s. f. Méd. Indication contraire a l'emploi de tel ou tel moyen médical qui fiaraissait indiqué.
CONTRE-INVITE s. f. Jeu de cartes. Action déjouer une couleur différente de celle qu'on avait d'abord jouée : faire une contre-invile.
* CONTRE-JOUR s. m. Endroit opposé au grand jour, où le jour ne donne pas à plein : les femmes aiment d'ordinaire le contre-jour. — A contre-jour; loc. adv. : vous ne sauriez bien juger de ce tableau, vous ne le voyez qu'à contre-jour.
* CONTRE-LATTE s. f. Latte qu'on pose perpendiculairement entre deux chevrons, et qui est plus longue et plus épaisse que les lattes ordinaires.
* CONTRE-LATTER v a. Garnir de contrelattes.
* CONTRE-LETTRE s. f. Acte secret par lequel on déroge en tout ou en partie à ce qui est stipulé dans un premier acte public : l'obligalion est simulée, il y a une contre-lettre. — Législ. « Les contre-lettres sont des actes le plus souvent secrets, des reconnaissances ou déclarations ayant pour but de modifier un contract, de l'annuler ou d'en diminuer la portée. La loi les déclare valables en principe, mais seulement entre ceux ijui les onl signées, et elles n'ont pas d'effet contre les tiers (C. civ. 13-21); mais une contre-lettre faite sous signature privée et ayant pour objet une augmentation du prix stipule dans un acte public ou dans un acte sous signature
CONT
privée prérédcmniciil enregistré, est nulle et lie nul effet; elle a toujours pour but de dissinmler une partie du prix et cela au moins pour frauder les droits d'enregistrement qui eussent été perçus sur la somme non portée dans le premier acte. Lorsque l'existence de cette contre-lettre est constatée, il y a lieu à une amende triple du droit qui aurait été perçu (L. 22 frimaire an VU, art. 40). »
(Ch. y.)
•CONTREMAÎTRE s. m. Mar. Autrefois le troisième oiticier marinier de manœuvre, qui est au-dessous du maître et du second maître d'équipage. Cette dénomination est actuellement remplacée par celle de second maître de deuxième classe. — Dans les grandes manufactures, celui qui dirige les ouvriers, qui a inspection sur eux. — »» .Vu fém. Contremaîtresse.
• CONTREMANDER v. a. Révoquer l'ordre qu'on a donné; se dit des personnes et des choses : on avait mandé cet officier, il a été contrcmandé.
• CONTREMARCHE s. f. Art mil il. Se dit en parlant d'une armée qui fait une marche contraire ou opposée à celle qu'elle paraissait vouloir faire : l'armée s'était mise en marche vers telle place, et tout d'un coup on lui fit faire une contremarche. — Tact. Evolution par laquelle une colonne fait volte-face : le bataillon se dépAoya après avoir exécuté .la contremarche. — Mar. Evolution qui s'exécute en virant vent devant.
CONTREMARGHER v. a. Faire une conlrcmarche.
• CONTRE-MARÉE s. f. Marée dont la direction esl o|ipoiée a celle delà marée ordinaire.
• CONTREMARQUE s. f. Seconde marque apposée à un bLLilut de marchandises, ou à des ouvrages d'or ou d'argent : mettre une contremarque à un ballot. — Second billet que délivrent les contrôleurs d'un théâtre ci ceux qui sortent pendant le spectacle, afin qu'ils aient la faculté de rentrer : prenez une contremarque en sortant. — »* Contreuauoue du l'iiiiE-LACHAiSE, Argot. Médaille de Sainte- Hélène.
• CONTREMARQUER v. a. Apposer une seconde marque : contremarqucr un ballot de marchandises; contremarqucr des ouvrages d'or ou d'argent.
' CONTRE-MINE s. f. Ouvrage souterrain que l'on fait pour éventer la mine de l'ennemi et pour en empêcherl'effet: lesennemis avaient fait une contre -mine sous le bastion. — Mine pratiquée sous les bastions et sous les dehoi's d'une place, pour faire sauter les ennemis s'ils venaient às'yloger :en bâtissant la place, onavait fait une contre-mine sous chaque bastion. — Fig. Manœuvres pour déjouer une entreprise, une intrigue.
• CONTRE-MINER v. a. Faire des contrcniines : les assièges avaient contre-miné ce bastion.
• CONTRE-MINEUR s. m. Celui qui travaille à une conlre-iiiine.
• CONTRE-MONT loc. adv. En haut. Gravir CONTRE-MONT, gravir une montagne : tombera la renverse les pieds contre-mont. — Ce bateau VA a contre-mont, il remonte la rivière.
• CONTRE-MUR s. m. Petit mur qu'on bâtit tout le long d'un autre pour le fortifier, pourle conserver : faire un contre-mur à une terrasse.
' CONTREMURER v. a. Faire un contremur : la loi oblige, dans certains cas, à contremurer les lieux d'aisances, les contre-cœurs de cheminée, etc.
C0NTRE-0PÉ.1ATI0N s. f. Opération contraire à une autre opération. — Au plur. des Contre-opérations.
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* CONTRE-OPPOSITION :^. f. Usili' scnlomoiit 1 dansic l,-in^'a;;e p;iiii.'iiicnlaire, s'entend d'une minorité de l'opposition qui se détache de la majorité, en certains cas, bien qu'elle y appartienne par les principes fténéraux qui la dirigent : la cniitrc-ojjposÙion fera tant de failles, qu'elle finira par ruiner le parti de l'ojiposition; des coiitre-oppositioiis.
•CONTRE-ORDRE s. m. Révocation d'un ordre : ('/ aûait eu ordrcde partir, mais il a reçu un eontre-oi'dre ; des contre-ordres .
' CONTRE-PARTIE s. f. Partie de musique opposée à une aiilrc : lahasse est contre-partie du dessus.— Partie qui sert de second dessus : faireune contre-partie àiin air. — Fig-. Opinion, sentiment, système contraire : quoi que vous proposiez, cet homme fera, soutiendra toujours la contre-partie. — Fairkla coNTHE-PAnTiE d'un ouvnAGK, traiter le même sujet dans dos vues opposées.
CONTRE-PAS s. m. Demi-pas qui, dans la marche d'une troupe, sert à reprendre le pas perdu.
CONTRE-PASSATION s. f. Action de repasser en payement une lettre de change à la personne" de qui on la lient. — Au plur. des
CONTUE-PASSATIONS.
CONTRE-PASSER v. a. Faire une contre-passation.
CONTRE PENTE s. f. Pente opposée i\ une autre; inégalité de terrain qui empêche les eaux de s'écoulei'.
* CONTRE-PESER v. a. Contre-balancer, servir de contre-poids : ces 7'aisons-là sont trop faibles pour eontrc-pescr les autres. On dit mieux : CoNinE-DALANccn.
* CONTRE-PIED s. m. Chasse. Se dit lorsque les chiens, étant tombés .-^ur les voies de la ■bêle, prennent, pour la suivre, le chemin qu'elle a fait, au lieu de prendre celui qu'elle tient : les chiens avaient pris le contre-pied du cerf, du sanglier. — Fig, Le contraire de quelque chose :t/ fait tout le contre-pied de ce qu'on lui a dit. Ne se dit point au pluriel.
CONTRE-PILASTRE s. m. Archit. Pilastre placé vis-a-vis d'un :talro. Contre-Pivot. {V. S.)
* CONTRE-PLATINE s. f. Arqueb. Pièce de métal sur laqiu:'llc |ioiie la tète des vis qui servent à fixer la platine d'un fusil, d'un pistolet. On la nomme autrement porte-vis.
' CONTREPOIDS s. m. Poids servant à contrebalancer une force opposée, ou à en modérer l'action : contrepoids d'horloge; cela fera le contrepoids. — Long bâton dont les danseurs de corde se servent pour se tenir plus aisément en équilibre quand ils dansent sur la corde; dans ce sens, il est peu usité : on dit ordinairement, balancier. — Fig. AU'eclions, qualités bonnes ou mauvaises, et en général toutes les choses morales, politiques, qui servent à en contrebalancer d'autres: sonaearive est un fâcheux contrepoids à sesbonnesqualités.
•CONTRE-POIL s. m. Rebours du poil, le sens contraire à celui dans lequel le poil est naturellement couché : vous prenez le conlrepoil. — Loc. adv. A contre-poil; faire la barbe d contre-poil ; étriller un cheeal à contre-poil. — Fig. et fani. PnENunE une affaire a contrepoil, la prendre dans un sens contraire à celui qui serait convenable : les juges ont pris cette affaireà contre-poil.— Prendre quelqu'un A contre-poil, parler ou agir de manière à le choquer, à l'irriter : c'est un homme bon, jnin's très susceptible, il faut se garder de le prendre à contre-poil.
* CONTREPOINT s. m. Mus. Art de composer
de la nuisiqu.: a doux ou plusieurs parties : apprendre le conlrepoint. — Composition musicale faite selon les règles du contrepoint. Contrepoint simple, celui où les différentes parties vont toujours ensemble noie pour note;
CoNTiiFrniNT Fir.uRK on ri.ruRi, celui où les diH'cientes pallies pnirèilent par des valeurs et des rhythinesdilférenls : contrepoint doidde , triple, quadriiplr, à l'octave, à la douzième.
CONTRE-POINTE s. f. Partie tranchante de rextn'milé du ilos d'une lame de sabre. — Maniement du saliro où l'on combine les coups de taille et d'estoc.
• CONTRE-POINTER v. a. Se dit de certains ouvrages de toile ou de tall'etris, qu'on pi([ne des deux côtés avec du lil ou de la soie : contrepointer une couverture; contrepointcr une jupe. — .\rlill. Opposer une batterie à une au Ire: contre -pointer du canon. — Fig. et fam. Contredire, contrecarrer : il prend plaisir à le contrc-poiatcr eu toute occasion.
•CONTREPOISON s. m. Antidote, remède qui empêche l'ellrtdu iioison lie lait est, dans certains cas, un excellent contrepoison. (Voy. Antidote). — Fig. Ce livre est le contrepoison des nouvelles doctrines.
• CONTRE-PORTE s, f. Se dit des secondes portes d'une place de guerre. — Se dit au-si d'une porte, ordinairement laite de toile, qu'on met devant la porte ordinaire d'un apparte- (uent, pour mieux se garantir du vent et du froid.
CONTRE-PROJET s. m. Projet formé pour en faire échouer un autre; projet opposé h un autre.
•CONTRE-PROPOSITION s. f. Proposition opposée à une autre, surtout dans le langage parlementaire.
CONTRERAS, petit village du Mexique, à environ l.'i kil. S.-K. de la capitale. Los Américains du Nord et les Mexicains s'y livrèrent un combat le 20 août IS47. (Voy. Churubusco.)
CONTRE-RÉFORMISTE adj. Qui est opposé à la ref(Mnu\
• CONTRE-RÉVOLUTION s, f. Révolution politique qui tend à détruire les résultats de celle qui l'a précédée.
• CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE adj. Qui est favorabli! à la conlrr-rcvnlidion, qui t(Mi(l ;i la contre-révolution : doctrines contre-rèovlationnnires. — Substantiv. Un coNiRE-KiivoLu-
TIONN.MRE.
CONTRE-RONDE s. f. Ronde que l'on fait après une autre, dans une place de guerre, pour surveiller les sentinelles. — Au pi. des
CONTRE-RONUES.
•CONTRE-RUSE s. f. Ruse oprn?ce .-i u:ie autre : employer une contre-ruse.
CONTRES, ch.-l. de caut., arr. età 21 kil. S. de Blois (Loir-et-Cher); 2,580 hab. Traité de ll)Oo, entre Louis XII et l'archiduc Philippe d'Autriche.
CONTRE-SAISON (À) loc. adv. Hors de la
saison.
• CONTRE-SANGLO.^ s. m. Courroie clouée sur l'arçon de la selle du cheval, el dans laquelle on passe la boucle de la sangle pour l'arrêter.
• CONTRESCARPE s. f. Fortif. Penio du mur extérieur du fossé, celle (pii regarde la place; on comprend souvent sous ce nom le chemin couvert et le glacis : attaquer la contrescarpe.
CONTRESCARPER v. a. Munir, garnir d'une contrescarpe.
• CONTRESCEL s. m. Petit sceau, qui s'appose sur le tiret de parchemin dont on se sert pour attacher des lettres scellées en chancellerie : les plus anciens co)ilrc-scels datent du X' siècle.
' CONTRE-SCELLER v. a. Metlre le contresccl : contre-Sfcller des lettres.
• CONTRESEING s. m. Signature de celui qui contre-signe : cette ordonnance porte le contreseing du ministre de la guerre. — Avoin
LE coNTRi;si:iNG d'un MINISTRE, avoip l'âutorisation de signer en son nom. — Avoir le contreseing, avoir le droit de contresigner les lettres et les paquets, pour qu'ils soient exempts des frais de poste : contreseing limité, contreseing illimité.
' CONTRESENS s. m. Sens contraire au sens naturel d'un discours, d'une proposition, d'une phrase : vous intnqirètez mal ce que je dis, vous prenez le contresens de mes paroles. — Tout sens différent du sens véritable d'un texte: cette traduction est pleine de contresens. — Manière de lire, de prononcer, de déclamer qui ne s'accorde pas avec le sens des paroles : .V(i manière de lire est un perpétuel cotitresens. — • .Se dit aussi en parlant des étoffes, du linge, et d'autres choses, et signifie qu'elles ne sont pas dans le sens, du côté où elles doivent être : en faisant ce manteau, on a pris le contresens de l'étoffe. — Fig. Il prend toujours LE contresens d'une AFFAIRE. — A contresens, loc. adv. S'emploie dans les diverses significations de CONTRESENS : jouer un rôle, lire, déclamer à contresens ; employer une étoffe à contresens; il a pris cette affaire à contresens.
CONTRESIGNATAIREadj. et s. m. Celui qui contresigne un acte.
•CONTRESIGNER v. a. Signer un acte, on vertu des fonctions qu'on exerce, après que celui dont cet acte émane, y a lui-même apposé sa signature : cette ordonnance royale a été contresignée par tel ministre. — Se dit aussi en parlant des lettres qui viennent des bureaux d'une administration supérieure, et sur l'enveloppe desquelles on met le nom du ministre ou de l'administrateur qui les envoie : le secrétaire giiuiyd a contresigné cette lettre.
CONTRE-SOMMIER s. m. Typogr. Pièce do liois carrée qui soutient le sommier de la presse à bras. — Plur. des contre-soumiers.
CONTRE-TAILLE s. f. Grav. Taille qui en croise d'autres.
• CONTRETEMPS s. m. Accident inopiné qui nuit au succès d'une affaire, et qui rompt les mesures qu'on avait prises : il est arrivé de fâcheux contretemps dans cette affaire. — Tom-
DER DANS UN CONTRKTEMrS, DANS DES CONTRETEMPS,
se trouver inopinément dans des circonstances fâcheuses, qui dérangent les mesures qu'on avait prises. Il signifie aussi, faire quelque chose dans une conjoncture tout à fait défavorable, et en prenant mal son temps. — Se dit aussi d'un certain pas de danse : on fait des rontrcteinps dans la gavotte. — .Mus. Action d'appuyer sur le temps faible d'une mesure, et de passer plus ou moins légèrement sur le temps fort : faire des contretemps ; mesure à contretemps. — A contretemps loc. adv. Mal à propos, en prenant mal son temps : parler à contretemps ; agir ci contretemps.
• CONTRE-TERRASSE s. f. Archit. Terrasse appuyée contre une autre plus élevée.
CONTRE-TIMBRE s. m. Empreinte qui indique, sur les |iapiers timbrés, une modification dans la valeur du premier timbre.
• CONTRE-TIRER v. a. Faire la contreépreuve d'une estampe : contre-tirer une estampe. — CONTRE-TIRER UN TABLEAU, CONTRE- TIRER UN PLAN, CO.NTBE-TIRER UNE CARTE, les Copier trait pour trait par le moyen d'une toile fine, d'un papier huilé, d'un canevas, etc., qu'on met dessus. Il est peu usité en ce sens.
CONTRE-TIRER v. a. Grav. et Dess. Faire la contre-épreuve.
CONTRE-TITRÉ, ÉEadj. Se dit des ouvrages d'or ou d'argent dont le titre a été faussement indiqué.
CONTRE-VAIR s. m. Bios. Fourrure composée de rangées de pièces en forme de clnchctlcs, les unes d'azur, les autres d'argent, les premières étant opposées par la base au.t ^ secondes.
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