COR.M
rent construites par les Danois au ixe siècle; elle fut colonisée par les Anglais en l'n2. —
CORN
Phare de Roche-Point, par 51» 47' 33 " lat. N. et 10° 33' 25" long. 0.
CORLAY, eh.-l. de canl., arr. et à 36 kil. N -0. de Loudéac(CAtes-du-Nord); 1,558 hab. Bonne race de chevaux perfectionnés, dits doubles bidets.
CORLEONE [kor-lé-o'-né], ville de Sicile, à 33 kil. S -0. de Palerme ; 16,391 hab.
CORLTEUs. m. Ornilh. Nom vulgaire du petit courlis, dont Cuviera fait le genre distinct qu'il appelle phœpus. Le norlieu d'Europe, moitié moins grand que le courlis, ressemble à ce dernier pour le plumage.
CORLIEU (François de), chroniqueur du xv° siècle, auquel on doit un excellent Recueil de ce qui se treuve par cscrit de la ville et des comtes d'Engolesme (1576; nouvelle édition en 1846, 1 vol. gr. in-4°).
"CORME s. f. Fruit acide et fait ii peu près en forme de petite poire, qui croit sur le cormier ou sorbier domestique; on l'appelle aussi Sorbe : les cormes S'-rvent, dans quelques campagnes, à préparer une buisson vineuse analogue au poiré. — Les cormes ne sont mangeables que quand elles sont blettes, comme les nèlles, dont elles uiil 'o j^''^' et les propriétés astringentes.
CORME s. m. Boisson vineuse faite avec dos cormes. Pour faire le corme, ou cueille les fruits avant qu'ils soient devenus mous, on les écrase et on les laisse fermenter.
CORMEILLES, Curmitiva Cormelice, ch.-l. de cant., arr. et à 17 kil. S.-O. de Pont-Audemer (Eure); 1,214 hub. Filature, tanneries, mégisseries. Riches herli;igcs.
CORMEILLES-EN-PARISIS, commune du canlond'Argenteuil(Seiue-et-Oise);2,28jhab.
Patrie de Daguerre.
CORMENIN (Louis-Marie de la Haye , vicomte de), publiciste,né à Paris le 6 janv. 1788, mort le 6 mai 1868. Une ode flatteuse pour .Napoléon le fil nommer auditeur au Conseil d'Etat en 1810; il servit ensuite la Restauration, en qualité demaitre des requêtes, fut nommé baron en 1824, vicomte quelques années plus tard, se fît élire député d'Orléans en 1828, entra dans l'opposition et vota l'adresse des 221. Il donna sa démission lors du couronnement de Louis-Philippe, fut élu dans l'Ain et siégea à l'extrême gauche. Ses pamphlets, signés du pseudonyme de Timon, harcelèrent continuellement le pouvoir; l'un des plus brillants enleva au duc de Nemours l'espoir de recevoir un apanage. A l'Assemblée constituante de 1848, il fui l'un des rédacteurs de la Constitution républicaine. Il protesta contre le coup d'Etal ; mais il accepta ensuite un siège au Conseil d'Etat.
Ses écrits comprennent : Droit administratif;
Etudes sur les orateurs parlementaires ; Livre
des orateurs; Entretiens
t-trc^ de village (en partie
-- =-'^-T --f- réédités sous le litre
de Dialogues de maître
^'j^ Pierre).
CORMERY, ancienne abbaye, l'ondée sous le règne de Charlemagne, dans le pays de Cormery, en Touraine.
célèbre pour avoir été le séjour habituel d'Alcuin.
•CORMIERS, m. Nom
vul-aire du sorbier domestique, que l'on appelle ainsi simplement Sorbier. — Le cormier (sojims domestica), indigène desmontagncf de l'Europe méridionale, est un arbre haut de 13 à 18 m. Son tronc e-t droit; son bois rougeâtre, compact, d'un grain fin, est très dur et sert à faire des vis, des dents de roue, des gravures sur bois, etc.
CORMONTAIGNE iLouis de), ingénieur raili-
laire, né à Strasbourg vers 1693, mort en 17.i2. Il assista à plusieurs sièges, depuis 1713 et en dirigea plusieurs autres de 1734 à 1741. Il perfectionna l'art de la défense, resté slatiunnairedepuisVaubaii,et fortifia Strasbourg et Metz. Il a laissé plusieurs ouvrages.
'CORMORAN s. m. (lat. corvus, corbeau; ntarinus, marin). Ornilh. Genrede palmipèdes voisin des pélicans, dont on connaît environ 30 espèces qui habitent les diverses parties du globe et que l'on trouve en grandes troupes sur les bords de la mer, dans les petites îles et quelquefois sur les rivages des lacs et des
Cormoran conimiiti (Graciilus carboj
rivières. Les cormorans se nourrissent exclusivement de poissons, qu'ils allrapent avec beaucoup d'adresse et qu'ils avalent avec voracité. Excellents plongeurs, ils fendenl l'eau rapidement et restent submergés pendant un long temps. Le cormoran commun {graculus carbo; phalacrocornx) habite les deux hémisphères. On le trouve surtout sur les côtes de France, de Hollande et d'Angleterre, rarement en Allemagne et dans l'Europe méridionale. Il est de la taille d'une oie. Le iKtit cormoran est plus rare.
* CORNAC s. m. [kor-nak] (sanscr. karnikin, éléphant). Celui qui est chargé de soigner et de conduire un éléphant. — Par ext. Conducteur de toutes sortes de bêles sauvages. — Fig. et fara. Homme qui se fait l'introducteur, le prôneur d'un autre : il s'est fait le cornac de ce personnage.
CORNACÉ, ÉE adj. Bol. Qui se rapporte au cornouiller. — s. f. pi. Famille déplantes dicotylédones ayant pour type le genre cornouiller.
CORN
CORN
CORN
* CORNAGE s. m. Art vélér. Bruit que font entendre en respirant certains chevaux, lorsqu'ils courent ou trottent avec vitesse : unclieval attnnt de cornage.
* CORNALINE s. f. (lat. cornu, corne, à cause de la transparence cornée de celte pierre). Variété d'agate rouge et un peu transparente : fête gravée sur une cornaline ; cachet de cornaline.
•CORNARD adj. et s. m. Celui dont la femme s'est abandonnée à un autre.
CORNARDISE s. f. Etat ducornard.
CORNARO, famille vénitienne qui a fourni à la République plusieurs dopes, aux xiV, xvii' et xvni'' siècles. — I. Catherine, reine de Chypre, née en 1431, morte en liilO. En 1473. elle succéda, en qualiléde régente, à son mari Jacques II Lusignan, et gouverna jusqu'en 1489, époque à laquelle elle abdiqua en faveur de la République vénitienne, et retourna à Venise. — II. Louis, champion de la tempérance, né en 1407, mort vers 1.^67. Après sa 40" année, il se restreignit à un régime extrêmement régulier, et entre sa 83' et sa Ob" année, il écrivit les Discorsi dellavitasobria, plusieurs fois réimprimés en diverses langues.
* CORNE s. f. flat. cornu). Partie dure qui sort de la lête de quelques animaux, et qui leur sert de défense : grande corne, petite corne. On dit aussi : les cornes du diable.
El m.algré le diiihlc et se* cornes, Aux enkrs un jour nous rirons.
Arhano Gouppb.
— BÊTES A CORNES, SB dit Seulement des bœufs, des vaches et des chèvres, par opposition aux brebis et aux moulons : un troupeau de LHes à cornes. — Art vétér.. Donner un coup de corne A UN CHEVAL, Saigner un cheval au palais, avec le bout d'une corne de cerf ou de chevreuil. — Fig. et fam. Attaquer le taureau, la bête
PAR LES cornus, PRENDRE LE BŒUF PAR LES CORNES,
entamer une all'aire par le côté le plus dillicile. — Montrer les cornes, se mettre en état de se défendre. — Prov. et fig. Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un grand mangeur. — Les cornes lui en sont venues a LA tête, se dit d'un homme qui a été fort surpris de quelque chose d'inopiné.— Fam. Porter DES CORNES, AVOIR DES CORNES, se dit d'un mari dont la femme est infidèle.— Fam. Faire les cornes a quelqu'un, faire, par dérision, avec deux doii-'ts un signe qui représente les cornes : il lui fit les cornes. — Corne d'abondance ou Corne d'Amalthée, corne qu'on représente pleine de toutes sortes de fruits et de lli'urs, et que la fable suppose avoir été arrachée delà tête d'Archéloùs, lorsque, transformé en taureau, il fut vaincu par Hercule, ou de celle de la chèvre Amaltliée, qui avait nourri Jupiter :ia corne d'abondance est l'allribut ordinaire des dicinités bienfaisantes, est le symbole du commerce et de l'agriculture. — Corne de cerf, bois du cerf, lorsqu'il est employé dans les arts : un couteau emmanché de corne de cerf. La corne de cerf contient beaucoup de phosphate de chaux et de gélatine. En déroittion, elle constitue une boisson émollit'iile. Calcinée, elle enlre dans la décoction blanche de Sydenham. — But. Corne de cerf, nom lie diverses plantes, et particulièrement d'une plante crucifère dont les feuilles sont divisées à peu près comme le bois du cerf.
— Artill. Corne d'amorce, corne de bœul dans laquelle on met le pulvérin qui sert à amorcer les bouches à feu. — Hist. nat. Cornes d' Ammon, genre de coquilles fossiles qui ressemblent à des cornes de bélier, et qu'on nomme plus ordinairement Ammonites. — Instrument à vent uu cornet rustique dont se servent les vachers, et qui est ordinairement fait d'une corne. — Se dit encore de la moitié d'une corne coupée dans sa longueur, et taillée de manière qu'on peut s'en servir pour relever le côté d'un soulier étroit : apportez-moi la corne
pour chausser mes souliers. — Par anal. Certaines pointes que les limaçons, quelques serpents et quelques insectes portent sur la tête : les limaçons montrent leurs cornes, resserrent leurs cornes. — Par ext. Pointes, angles saillants que présentent certains objets : les cornes d'un croissant ; chapeau à cornes. — Faire
UNE CORNE A UN LIVRE, A UN FEUILLET, ètC, plier
le coin, l'angle d'un feuillet, dans un livre, pour marquer l'endroit qu'on veut retrouver. On dit de même : faire une corne à une carte, etc. — Forlif. Ouvrage a cornes, ouvrage avancé hors du corps de la place, et qui consiste en une courtine et en deux demi-bastions.
— Mar. Corne d'artimon, sorte de vergue qui embrasse l'arriére du mât d'artimon par une entaille en croissant faite à son gros nout, et qui porte la voile d'artimon. — Anat. Certaines parties du corps humain qui ressemblent à des cornes : les cornes de la matrice, du larynx. — Partie dure qui est au pied du cheval, du mulet, de l'âne. Dans ce sen*, il ne se dit qu'au singulier : ce cheval est difficile à ferrer, il a la corne mauvaise. ■ — Encycl. La corne, simple modification de l'épiderme, présente toujours la même structure, qu'elle forme les ongles de l'homme, les grilles des carnivores et des oiseaux, les sabots de certains quadrupèdes, les cornes des ruminants, les épines du porc-épic et du hérisson, les plaques de l'armadillo, les baleines des cétacés, le bec des oiseaux ou l'écaillé des tortues. Les cornes du cerf et des autres animaux de la même famille sont de véritables os. La corne se compose d'albumine durcie, de gélatine et d'une petite portion de pliosphale de chaux. Chez le bœuf, le mouton, et autres ruminants à cornes creuses, il y a un noyau d'os qu'enveloppe la matièrecornée. Les cornes servent a dill'i'rents usages. Les Egyptiens et les Hébreux en faisaient des instruments de musique; mais, pour cet objet, on ne s'en sert plus guère que dans les mascarades. Les cornes ont également été employées en guise de verres à boire. La corne fondue a servi à l'aire des verres décroisée. On la fait fondre à une chaleur douce, lente et humide; on peut alors la mouler pour une infinité de petits objets tels que tabatières, branches de lu-] nettes, boutons, etc. !
*CORNÉ,ÉE adj. Qui est de la nature de la corne, ou qui a l'apparence de la corne. Ne s'emploie guère que dans le langage scienti-J fique : suhsianci' dure et cornée. — Anat. Tissu corné, celui qui forme les ongles. — Argent corné. (Voy. Argent.)
• CORNÉE s. f. Anat. La plus épaisse des tuniques de l'œil. On distinguait autrefois : la cornée transparente et la cornée opaque ou sclérotique, qu'on nomme vulgairement le blanc de l'œil. — On ne donne aujourd'hui le nom de- cornée qu'au disque transparent concave-convexe qui forme, en avant, la cinquième partie du globe de l'œil. Bien que l'on n'ait pu décrire aucun vai'^seau dans cette partie de l'œil, les phénomènes d'inUammation, d'adhésion et d'ulcération, indiquent qu'il en existe. La cornée est sujette à plusieursmaladies dangereuses, parmi lesquelles nous devons ciler la ln'ratite, le leucôme, Valbugo, etc.
• CORNÉENNE s. f. Géol. Variété d'amphibole, qui fait la base dediverses roches mélangées, et qui présente un aspect corné.
• CORNEILLES, f. [Il mil.] Hat. cornix). Ornith. Genre de corvidés semblable au corbeau, mais de moindre grosseur. ■ — Corneille emmante- LÉE, corneille qui a une partie du corps noire et le reste grisâtre. — Fig. et fam. Baver aux corneilles, s'amuser à regarder en l'air niai-
I sèment. — Prov., fig. et pop. Y aller de la ; TÊTE et de la queue comme une corneille qui I ABAT DES NOIX, s'cmploycr avec ardeur et sans ' précaution, pour faire réussir quelque chose.
— Fig. et fam. C'est la corneille d Esope, ou
C'est la corneille de la fable, se dit d'un auteur qui a fait un ouvrage composé de plusieurs morceaux pris dans d'autres ouvrages. — Encycl. La corneille est classée par Cuvier dans le genre corbeau; c'est, du reste, l'oiseau que nos campagnards nomment odinairement corbeau ; et en effet, elle lui ressemble pour la couleur du plumage; elle en dilière seulement par sa taille et par la forme de son bec, qui est moins arqué. La corneille d'Europe {corvus corone, Linn.)vildepetits quadrupèdes, de levrauts, de lapereaux, déjeunes oiseaux,
Corocill'
(Cor\us cornix}.
d'œufs, de crustacés, de mollusques, de vers, de grains, etc. On l'élève facilement en domesticité, comme le corbeau, et on peut lui apprendre à prononcer quelques mots et même des phrases entières. Sa mémoire n'est égalée que par sa propension au vol. La corneille manlclée [emmantclée, selon l'Académie, corvus cornix, Linii.) a la tête, les ailes et la queue noires, avec des refiels bleus et verts ; le reste de son corps est d'un gris cendré; elle est moins frugivore que la précédente; elle fréquente les bords de la mer, où elle vit de coquillages.
CORNEILLE (Saint). I. Centurion qui se fit baptiser en Paleslme au temps de Tibère. Fêle le 2 février. — IL Pape de 2oO à 2o2. Fête le 14 sept.
CORNEILLE. I. (Pierre), le plus grand des poètes tragiques l'rançais, l'un des pères de notre théâtre classique; né à Rouen le 6 juin t60(i, mort à Paris le 1" oct. Iii84. 11 était fils d'un avocat général de la Table de marbre (eaux et forêts) de Normandie, qui lui fit faire ses études chez les jésuites de Rouen. Avocat au parlement de Normandie, il n'obtint aucun succès au barreau. L'amour le rendit poète. U débuta par la comédie de Mélile, qui fut un coup de maitre ()6'29). Il donna successivement, de 1()32 à 1636, une suite d'autres comédies qui le placèrent au premier rang parmi les auteurs de son époque; ce sont : Clitundre, la Veuve, la Galerie du Palais, la Suivante, la Place Royale et l'illusion comique, ébauches composées selon le goût peu sévère du temps, mais dans lesquelles uu trouve des idées ingénieuses annonçant un génie original. Sa réputation le fit admettre par Richelieu au nombre des poètes qu'il avait à ses gages pour remplir ses canevas dramatiques. Corneille eut la franchise de ne pas Ualtcr les prétentions littéraires de ce grand homme d'Etat, et Richelieu, qui ne put, dit-on, échapper au sot orgueil des auteurs, no tarda pas à le congédier, en lui adressant des paroles fort dures. Corneille, rendu à k.i-même, donna en 1635, Médée, pièce déclamatoire imitée deSénèque, pleine de traits sulilimes, mais invraisonililable et sans art. L'année suivante, semparant d'un sujet pathétique déj.i exploité par l'Espagnol de Castro, il
CORN
produisit le Cid, drame incomparable qui a rendu son nom immortel et qui restera le modèle du tln'âtre classique. Jamais rien de pareil n'avait été représenté en France. Autant le public l'admira, autant les rivaux s'ach.irnèrenlày trouver des défauts. Ricbelieu, qui ne sut pas demeurer au-dessus de ces mesquines jalousies, voulut faire condamner ce chef-d'œuvre par l'Académie; le débat dura cinq mois et le ministre ne put obtenir le jugement qu'il désirait. D'ailleurs, l'enthousiasme du public vengea le grand poète : Beau comme le Cid resta pendant longtemps un proverbe populaire. Voulant répondre au reproche de plagiat, qui lui avait été adressé, Corneille donna en Ki.'ty, Horace, pièce entièrement originale, dont les beautés firent taire la jalousie, malgré les défauts de plan et d'action qu'elle renferme. La même année, Cinna porta à son apogée la gloire de Corneille, qui s'éleva encore plus haut, s'il est pos>ible, dans Polyeiicte, chef-d'œuvre du théâtre chrétien. Knsuite son génie déclina lentement. Il donna Pompée (1G4I); le Menteur, comédie imitée de l'E-^pagnol Alarcon et habilement accommodée au.x mœurs françaises (1042) ; la suile du Menteur, froide imitation d'une comédie de Lope de Véga(1643); Théodore, tragédie encore plus malheureuse (1646); il se releva dans Rodoyune, Héraclius, Don Sanvhe, Nieomède{]i3H)-"6'2); mais la chute de Pertharite(l6o3), l'éloigna du théâtre pendant si.\ années; il mit en vers l'Imitation de Jésus- Christ et d'autres pièces sacrées. Les conseils et les libéralités de Fouquet lui ayant rendu quelque courage, il composa Œdipe, dont le succès lui attira la protection du jeune Louis XIV (t6'j9). Mais il ne donna plus ensuite que des pièces mal conçues, mal combinées et écrites sans goiU. La Toison d'Or, Sertorius, Sophonisbe, Otiion, Agésilas, Attila, Tite et Bérénice, Pulchérie, Siiréna méritent à peine qu'on les cite ; et pourtant elles renferment des beautés qui les auraient fait admirer si Corneille n'eût pas déjà épuré le goût par ses premiers chefs-d'œuvre et si Racine ne se fut pas présenté avec des qualités de styliste capable de le faire rivaliser avec l'auteur du Cid. Corneille, la gloire la plus pure et la plus éclatante de notre théâtre, frappa deux fois à la porte de l'Académie française avant d'y être admis; il y entra en 1647. L'indépendance de son caractère l'avait empêché de s'insinuer dans les bonnes grâces des grands, à une époque où les écrivains ne pouvant vivre deleur plume, n'avaient d'autre ressource que de recourir à la générosité des puissants du jour. Corneille, le grand Corneille, car l'épithèle de grand lui appartient aujourd'hui, à l'étranger comme en France, le créateur de la tragédie française, est mort dans la misère. Louis XIV, si généreux pour ses flatteurs, avait à peine daigné lui accorder quelques aumônes. Aujourd'hui, on le considère, à juste titre, comme l'une de nos gloires nationales. Rouen, sa ville natale, lui a érigé une statue en 1834. Sa biographie a été écrite par Fonlenelle, son neveu, par Guizol (1813), cl parîaschei-eau (I8i9, in-S"). Ses œuvres théâtrales ont été traduites dans toutes les langues. Elles ont été publiées en 1682 (4 vol. in-12), en 1692(3 vol.), en 4738 (6 vol. in-12); par Voltaire (Genève, 1764 ; Paris 170o, 12 vol. in-8"); en 1774, (Genève, 8 vol.in-4"j; par Palissol (1802, 12 vol. in-S»), etc. Les principales éditions de ses œuvres complètes, comprenant ses Poésies diverses (élégies, sonnets, épitres, stances, épigrammes, etc.), sont cellesde Jolly {17.S8, 10 vol. in-12); de Renouard (1817, 12 vol. in-8°); de Lefèvre(1824, 12 vol. in-8"); de Didot (i846, 2 vol. gr. in-8°). — IL (Thomas), fière du précédent, né à Rouen le 20 août 162.S, mort aux Andclys le 9 déc. 1709. Il quitta, lui aussi, le barreau pour le théâtre et débuta, eu lijt7, par une comédie, les Engagements du
CORN
hasard et produisit en peu d'années un grand nombre de pièces, imitées en général des auteurs espagnols ou tirées des romans de son époque. Quelques-unes obtinrent une vogue extraordinaire. Citons Timocrate (16o6), tragédie qui lut jouée pendant six mois;fi<!rénice {\Gal), Commode (lO.'i!)), Darius Codoman fl6o9), Stîtoon (16H0), G/mma (1601 ),L(iodice {1668), la mort d'Annibal (1670). En 1672 parut son chef-d'œuvre tragique , Ariane, qu'il composa, dit-on, en 17 jours et qui balança le succès du Bajazet deRacine; le comte d'/sssex (1678), n'obtint pas moins de succès et resta au répertoire. En 1077, à la demande de la veuve de Molière, il mit en vers le Don Juan, qui fut, pendant longtemps, représenté sous cette forme versifiée. 11 s'exerça aussi dans la poésie lyrique. Son opéra de Circé {I67.'l) eut 42 représentations. L'Inconmi, joué en 167.T, fut repris en 1724, aux Tuileries, avec un nouveau ballet dans lequel ligura Louis XV. Thomas Corneille avait une prodigieuse facilité de versification et son frère le consultait souvent pour l'arrangement de ses vers. 11 a composé plusieurs de ses comédies en société avec de Visé, Hauteroche, et Montfleury. Fontenelle fut son collaborateur dans la composition de ses opéras de Psyché (1678) et de Bellérophon (16"i9); il donna ainsi le premier exemple de ces associations d'auteurs dont on a tant abusé depuis. Sa dernière pièce tut la tragi-comédie de Brudamanle (169.5). Grammairien distingué, il annota les Remarques de Vaugelas (1087). Ayant succédé à son frère comme membre de l'Académie française en 1685, il composa un Dictionnaire des termes d'art et de srirncc, pour compléter celui de l'Académie (1094, 2 vol. in-lol.; 3° éd. 1732). Une cécité incurable, qui allligea sa vieillesse, ne put l'empêrher de terminer un Dictionnaire universel géographi'iue et historique, auquel il travaillait depuis to ans (3 vol. iii-fol.). H a laissé, en outre, une traduction en vers des Méttimorijhoses et de quelques élégies d'Ovide. Son théâtre a été publié en 1692, I70h, 1709, etc.
CORNÉLIE. I. Matrone romaine duii" siècle av. J.-C, sœur cadette de 1'. Scipion l'Africain l'Ancien et mère de Tibère et de Gains Gracchus, connue sous le nom de mère des Gracques. Après la mort de son mari, T. Sempronius Gracchus, elle fut une des personnes les plus marquantes de la société romaine et rassembla autour d'elle tout ce qu'il y avait de nobles, de lettrés et d'ambitieux dans la république. — 11. Sœur de I'. C. Scipion (consul en Hi av. J.-C); elle lui l,i secoHdef.i,.ine de Pompée, qu'elle accompagna dans sa fuite et à la mort duquel elle assista.
CORNÉLIEN, lENNE adj. Qui a rapport aux tragédies de Corneille ; qui a le caractère de son style, de ses vers.
CORNELIS (Cornélius) [kor-né'-liss], peintre hollandais de Haarlem, né en lo62, mort en 1638. Ses œuvres les plus célèbres sont la Compagnie des archers de Hiuirlem et le Déluge. Plusieurs de ses ouvrages sont daus les galenesde Dresde et de Vienne.
CORNELIUS NÉPOS. Voy. NÊpos.
CORNELIUS (Peter von) [kor-né'-li-ous],peintre allemand, né à Dûsseldoifen 1787, moi l en 1807. En 1811, il s'établit i Rome où, avec la coopération d'Oveibeck, Koch, Schnorr, S liadow, et plusieurs autres, il fonda une nouvelle école allemande. Parmi les ouvrages qu'il y exécuta, il y a plusieurs fresques et une série de dessins illustrant les Nibelungenlied. 11 fut, en 1819, nommé directeur de l'Académie de Dùsseldoif, qu'il réorganisa; puis il travailla pendant dix ans aux fresques de la Glyptothèque de Munich et fut placé à la tête de l'Académie de cette ville. Il peignit en outre les fresques de la Ludwigskirvhe, parmi lesquelles se trouve le Jugement dernier,
CORN
tableau de 64 m. de hauteur sur 30 de largeur, le plus grand qui existe. En 1833, il reprit ses travaux à Rome, et en 1841, fut promu directeur de l'Académie de Berlin. 11 lit les peintures du Campo-Santo et plusieurs autres belles œuvres.
CORNEMENT s. m. Sensation produite dans l'oreille quand elle corne. — Bruit produit par un tuyau d'orgue dont la soupape ne ferme pas exactement.
• CORNEMUSE s. f. (rad. corne et musette). Instrument de musique à vent, composé de deux tuyaux, et d'une peau de mouton, qu'on eiille parle moyen du premier tuyau appelé PoRTE-VENT : /(i comemiisc cstun instrument villageois. — Encycl. Cet instrument, qui date d'une haute antiquité, était en grand honneur chez quelques nations de l'Europe, lorsque le goût musical commença à se développer; mais il n'existe plus guère maintenant que chez les Highianders Ecossais et chez les Bretons, qui le nomment biniou. Son invention est mentionnée dès les temps mythiques de la Grèce; et chez les Romains il était connu sous le nom de tibia utrieularis. Il fut probablement importé en Irlande et en Ecosse par les Scandinaves.
CORNEMUSER v. n. Jouer de la cornemuse.
* CORNER V. a. Sonner d'un cornet ou d'une corne : le vacher a corné dés le matin.— Il nefait QUE CORNER, SB dit, par dérision, d'un homme qui sonne mal du cor, ou d'un homme qui importune le voisinage en donnant du cor.
— Parler dans un cornet pour se faire entendre à un sourd. — Fig. et fam Corner AUX OREILLES DE QUELQU'UN, parler Continuellement d'une chose à quelqu'un, dans le dessein de la lui persuader : il a obtenu cela de lui, il l'a déterminé à cela, à force de lui corner aux oreilles. — Corner quelque cqose partout, le publier avec importunité : il ne fait que corner cela partout. — Se dit encore des oreilles, lorsqu'on y éprouve un bourdonnement : les oreilles me cornent. — Fig. etfam. Les oreilles vous CORNENT, se dit à quelqu'un qui croit entendre ce qu'on ne lui dit pas, ou un bruit qui n'est pas réel. — Les oreilles ont uien DU vous CORNER, nous avoiis beaucoup parlé de vous, nous avons souvent parlé de vous en votre absence. — v». Jargon. Puer : il corne du bec.
' CORNET s. m. [kor-nè]. Petit cor, ou petite trompe : grand cornet; cornet de cuivre, d'argent. — Cornet a piston [kor-nè-ta-pisston], instrument de musique à vent en métal, muni de deux ou trois pistons, à l'aide desquels on exécute aisément les notes qui manquent au cornet ordinaire. Il peut jouer deux octaves et deux notes, du si au-dessous de la portée au mi au-dessus, mais les notes e.\tiêmes sont désagréables à l'oreille. — CouNET A BOUQUIN, trompe recourbée, qui est faite ordinairement d'une corne : jouer du cornet à bouquin. — (Cornet acoustique, ou simplement. Cornet, petit instrument en forme d'entonnoir ou de cor, dont un sourd met le petit bout dans son oreille pour entendre plus facilement : il est si sourd, qu'il n'entend qu'avec un cornet. — Morceau de papier roulé en forme de cornet, de manière à pouvoir contenir quelque chose : un cornet de papier; faire des cornets. — Espèce d'oublié à laquelle on donne la même forme : manger des cornets. — Anat. Certaines lames osseuses très minces, roulées en forme de cornet, et qui sont dans les fosses nasales. — Petit vase de corne, d'ivoire ou de cuir, dans lequel on agite les dés, à certains leux, avant de les jeter sur le tapis : mettre le% dés dans le cornet.
— Petit vase en forme At- cornet dont on se sert pour orner les cheminées ou certains m ?ubles : un cornet de porcelaine. — Partie de l'ecritoire dans laquelle on met de l'encre : cornet de cuivre. — Hist nat. Mollusque du
CORN
srenre des sèches, qu'on nomme autrement Calmar. — v» Argot. Gosier, allusion à la forme : je ne suis pas fdché de me tnetlre quelque rhose dans le cornet.
' CORNETTE s. f. Sorle de coiffure dont les femmes se sei-vent dans leur déshabillé : coinette à dentelle; cornetle de nuit. — Longue et large bande de taffelas, que les conseillers au Parlement portaient autrefois au cou, comme marque d'honneur, et que François I''' accorda aux professeurs du collège royal de Paris. — Mar. Long pavillon à deux pointes ou cornes, qui est la marque dislinctive du capitaine de frégate, du lieutenant de vaisseau ou de frégate, commandant une division de trois bâtiments au moins : la cornette se hisse à la tête d'un mât comme une flamme. — Autrefois. Etendard d'une compagnie de cavalerie ou de chevau-légers ; et par exl., mais plus rarement, la troupe même. — Cornettb planche, le premier régiment de cavalerie de France, qui était le régiment du colonel général de la cavalerie : il était lieutenant, il était capitaine dans la cornetle blanche. — Substanliv. au masc. Officier d'une compagnie de cavalerie ou de dragons, qui était chargé de porter l'étendard : cornette du mestre de camp de la cavalerie. — Officier de certains corps de la maison du roi, mais qui ne portail point l'étendard : il était cornette dans la première compar/nie des mottsquetaires. — Emploi de cornette dans la maison du roi ; et. en ce sens, il est féminin : acheter une cornette dans leschevau-li'gcrs. — w Argot. Se dit dune femme dont le mari est infidèle. Féminin de cornard.
* CORNEUR s. m. Celui qui corne. — Art vétér. Cheval cornel'b, cheval qui fait entendre en respirant une espèce de sifllemenl; dans cette locution, corneur est adjectif.
CORNEUX, EUSE artj. Techn. Se dit du cuir qui, par suite d'un tannage mal soigné, présente des parties sèches et presque aussi dures que la corne.
CORNEVILLE-SUR-RISLE, commune du cant. et de l'arr. de Ponl-Audemer (Eure); 92i hab. Célèbre abbaye du xii* siècle, dont il ne reste que l'église paroissiale, remarquable par son portique romain. — Les Cloches de Corneville, opéra-comique en trois actes, représenté aux Folies-Dramatiques en avril 1877; paroles de MM. Clairville et Gabet, musique de Planquette.
CORNHERT ou Coornhert (Diederick) [korn'hèrt], auteur allemand, né en i;ii'2, mort en 1590. Il fut graveur et secrétaire du bourgmestre de Haarlem, et écrivit, en 1566, le manifeste de Guillaume d'Orange, pour lequel il fut emprisonné à la Haye. En 1.ï72, il fut secrétaire d'Etat. 11 fit un poème sur l'Emploi et l'abus de la fortune, et composa, dit-on, le chant national de Wilhelmvs van Nassuiiwen (Guillaume de Nassau). Ses œuvres ont été publiées en 3 volumes.
CORNIANI (Giovanti-Baptista, comte) [kornia-nij, auteur ilalnni, ne en 1742, mort en 1813. Il fut magistral à Brescia. Son principal ouvrage est / secoli délia letteratura italiana dopa il sua H'ioryim£nlo (Nouvelle édtion en 8 vol., 18:;4-'.ï6).
* CORNICHE s. f. (gr. korônSs, recourbé). Partie essentielle de l'architecture, composée de moulures en saillie l'une au-dessus de l'autre: elle sert de couronnement à toute sorte d'ouvrages, principalement dans les ordres d'architecture, où elle est placée sur la frise de l'entablement: corniche dorique, ionique, corinthienne. — Ornement saillant qui règne au-d -ssous d'un plafond, au-dessus des portes, des armoires : corniche de plâtre, de marbre, de bois, etc. — En cor.nicue, se dit d'une voie fei-rée qui longe le ilancd'une montagne, lorsque d'un côté de la voie le terrain
CORN
va en montant et de l'autre en descendant.— Route de la Corniche, magnifique route qui mène de .Nire à Gènes.
* CORNICHON s. m. (rad. corne). Petite corne : les cornichons d'un chevreau. — Petits concombres propres à confire dans le vinaigre : une salade de cornichons ; confire des cornichons. — CoKNiCHON DE MER. Zool. Genre de zoophytes appelés aussi hololburie. — %v Jargon. Aspirant à l'Ecole de Saint-Cyr. — adj. Niais : faut-il être cornichon pour agir ainsi. En ce sens, il a un féminin : cornichonne.
CORNICIEN s. m. Joueur de cor dans les légions roinaines.
CORNICULÉ, ÉE adj. (lat. corniculum, petite corne). Hist. iiat. Qui a la forme d'une corne. — Bot. Se dit des fleurs qui ont des pétales roulées en cornet, comme l'ancolie.
* CORNIER adj. Qui est à la corne ou à l'angle de quelque chose. Se dit particulièrement des pilastres, des poteaux qui sont à l'encoignure d'un bâtiment, et des gros ai-bres qui marquent les bornes des ventes et des coupes de bois : pilastre cornier; poteau cornier.
' CORNIÈRE s. f. Canal de tuiles ou de plomb, qui est à la jointure de deux pentes de toit et qui en reçoit les eaux; il est aussi adjectif : une jointure cornière.
* CORNIÈRES s. f. pi, Equerres de fer qui sont allai'liees aux angles du marbre d'une presse d'imprimerie, et i\\i\ servent à maintenir la forme. (Voy. Cantonmère.)
•CORNILLASs. m. [kor-ni-ya; « mil.]. Le petit d'ui.o corneille.
CORNILLON iLe), ancien petit pays du Forez, dont le lieu principal était Saint-Pol-en- Cornillon (Loire).
CORNING, village de l'Etal de New-York (Etats-Unis), à 28 kilom. N.-O. d'Elmira; 10,000 hab.
CORNIQUE adj. Qui appartient au pays de CornoLiailles : dialecte cnrifi'inc, — s. in. Dialecte-parlé dans le pays de CoruouaiUes. (Voy. Celte.)
CORNISTES, m. Celui qui joue du cor.
CORN-LA'WS s. m. pi. [korn-làss] (angl.
corn, blé ; laws, lois). Lois anglaises réglant le commerce des céréales. (Voy. Anti-corn- la w-