‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 139 sur 568 · CORRECT · texte numérisé non relu

CORRECT

* CORRECTEMENT adv. Sans faute, conformément aiix I èglci : il écrit correctement.

•CORRECTEUR s m. Celui qui corrige, qui i-eprend : .«,'i.'t;(V correcteur. — »» On lui donne quelquefois le féminin correctrice. — "S'est dit aussi de certains officiers de la chambre des comptes : il était con-ecteur des comptes.— Supérieur d'un couvent de minimes : le père correcteur. — Typogr. Employé chargé de lire les épreuves et de signaler les fautes commises par le compositeur ou par l'auteur. (Voy.CoR- KECTioN.) Dans les premiers temps, les imprimeurs étaient, en même temps, correcteurs; mais lorsqu'ils ne corrigeaient pas eux-mêmes les épreuves, ils confiaient ce soin à des hommes d'un grand savoir, dont quelques-uns sont devenus célèbresetmêmeillustres. Parmi les personnages qui exercèrent cette profession, nous rappellerons : Beinbo, Egnatius, Erasme, OEcolainpade, Plalina, Robert Estienne, 'funièlie, Jérôme Ilurnschuch, Jean Chappuis, Josse Bade, Jean Erobon, Basile- Jean Hérold, GodefioyJungermaiin, Casparus Bruschius, Michel Servet, LouisSaurius, Simon Millanges, Casparus Finck, François Modius, Jean-Michel Dilberus,DemetriusChalcondylas, James Lascaris, Marc Masure, Benedictus Tyrrhenus, Pietro Alcinio, Christophe Plantin, Corneille Kilian, Mélanchton, Duehatel. Pendant la période de la Renaissance, la plupart des érudits s'allachaient à l'imprimerie par goût pour les lettres, quelques-uns par nécessité. On trouve souvent leurs noms à la lin des livres, à côté de ceux des imprimeurs. — Plusieurs historiens rapportent que Robert Estienne exposait des épreuves devant sa maison, et qu'il donnait une récompense aux écoliers qui y découvraient des fautes; mais ceci parait douteux et pourrait bien n'être qu'une fiction pourenseigner qu'on nesaurait prendre trop de précaution pour assurer la correction des livres. — Par un édit du 21 août 1 64G, les correcteurs furent rendus responsables des fautes qu'ils ne corrigeaient pas; ils durent payer la réimpression des feuilles incorrectes qui leur avaient été confiées. — Encore aujourd'hui, le correcteur en bon à tirer est responsable des fautes qu'il laisse passer, « ces fautes eussent-elles même été indiquées par lui sur de précédentes épreuves ; par la raison que la lecture de celte dernière éfireuve a pour but l'épuration définitive du travail. Seulement il peut, selon la nature dos fautes, avoir sou recours contre l'auteur ». (Th. Lefebvre.) « Les correcteurs typographes ont toujours été en très petit nombre dans tous les pays. Pour y suppléer, il avait été établi en Espagne, dès les premiers temps, une police particulière : les iraprimeurs ne pouvaient mettre en vente un volume sans qu'il eût été soumis à l'examen d'un censeur charge spécialement de conférer l'imprimé avec un manuscrit ». (Crapelet). En aucun l'ays, on ne se montra plus sévère qVen Allemagne envers les correcteurs. D'après Jérôme llornschucli, un correcteur mal

ititenlioniic fui fouetté de verges et hoiiteu- .sement chassé do la ville épiscopale de Wurtzbourg, pour avoir omis la lettre w dans un

mot, ce qui foriuail une expression obscène.

CORR

CORRECTIF, IVE ;;(1j. (>u\ a pour but de corri;.'rr. (i'iiihiucir -.phrase corrcctive.

* CORRECTIF s. m. Ce qui a la venu de tempérer, de corriger : le sucre est le correctif du citron. — Fig. Adoucissement qu'où emploie dans le discours, pour faire passer quelque proposition ou quelque exprcbsion trop forte ou trop hardie : telles sont les locutions ; En

QUELQUE FAÇON, POUR AINSI DIRE, s'iL m'eST PERMIS

d'csed de r.K MOT, etc.

" CORRECTION s. f. [kor-rèk-si-on] (lai. correclio). .action de corriger, d'ôter les défauts de quelque chose; ou résultai de cette action. Se dit en parlant des choses morales et politi(jues : la correction des défauts ; lu correction des abus.— Changements qu'on fail dans les ouvrages de la main ou de l'espril, pour les perfectionner : cet ouvrage a besoin de correction ; la correction de tel critique sur tel passage de l'Une, d'Homère, etc. — Recevoir une pièce de théâtre a coiinECTioN, la rci-evoir avec la condition ([ue l'auteur y fera certains changements : sa pièce n'a été reçue qu'à correction.— Sauf conREcrioN, sous correction, loc. adv. dont on se sert pour adoucir ce qui peut déplaire à roux devant qui l'on parle el auxquels on veut témoigner durespcci, de la déférence ; messieurs, je maintiens, sauf correction, que cela est faux. Autrefois, les avocats disaient souvent, dans leurs plaidoyers, sous correction DE LA COUR, SAUF CORRECTION DE LA COUR,

OU siinploinent sous correction, sauf correction.— Qualité de ce qui est correct : cet ouvrage a beaucoup de correction; la correction

CORR

du langage, du style. — Qualité de ce qui est correct, en parlant des livres: « La correction, a dit Henri IC^lionne, est à l'art tyi)Ographique ce que l'âme est au corps de l'homme; elle lui donne l'être el la vie ; elle chasse l'obscurité des écrits et y répand la clarté : c'est elle qui fait aux fautes une guerre opiniâtre, mais trop rarement couronnée de succès ». — Peint. Correction de dessin, exactitude dans la représentation des contours el des détails anatomiques de la figure, d'après un modèle bien conformé, abstraction faite du coloris : Raphaël, le Poussin, se so7it distingues par la correction du dessin. — S'est dit autrefois du bureau où travaillaient les correclcuis des comptes : le compte est à la correction. — Réprimande, admonition soit d'un égal envers son égal, soit d'un supérieur enversson inférieur : correction charitable, corrertion fraternelle. — Châtiment, peine : il a été longtemps cnprtson, sa correction a été trop forte, une légère correction suffisait. — Maison de coruection, lieu où l'on entérine ceux qui doivent subir un emprisonnement, une détention. — Pouvoir et autorité de reprendre, de châtier : les enfants sont sous la correction du père. — Figure de rhétorique par laquelle l'orateur se reprend pour dire quelque chose de plus fort, ou même tout autre chose que ce qu'il vient de dire, comme dans ces phrases : Jt' l'aime; que dis-je, aimer '/je l'idolâtre. — Pharm. Opération par laquelle on affaiblit l'énergie d'un médicament en le mêlant avec d'autres substances. — Typogr. Expression par laquelle on entend: l» l'action

Page 1