RISQUE, COURIR HASARD, COURIR LE RISQUE, LA
CHANCE DE, être en péril de. — Coup.ir même FORTUNE, être dans les mêmes intérêts, dans la même -situation d'all'aires. — Courir une belle FORTUNE, être en passe de parvenir à quelque chose de grand. — Courir les aventures, se disait des chevaliers qui allaient à la recherche des exploits guerriers. Se dit aussi de quelqu'un qui chciche à se faire un nom, une fortune par des moyens qui ne sont pas les moyens ordinaires. — Parcourir : j'ai couru toute la ville sans le trouver; courir les rues; courir les champs. Quelquefois, il signifie plus spécialement : parcourir un pays, etc., pour le ravager, pour le piller : les pirates courent la mer. — Cormn le pays, courir le monde, voyager : il a lim couru le pays, couru le monde, ou absol., il a couru toute la France.
— Prov. Etre fou a courir les rues, a courir LES CHAMPS, être extrêmement fou. — Fam. Cette nouvelle, cette aventure, cette histoire COURT LES RUES, elle est sue de tout le monde. L'esprit court les rues, l'esprit est commun, tout le monde en a. — Fam. Courir LA PRETANTAINE, aller, Venir, courir çà et là, sans sujet, sans dessein : cette femme cowl la prelantaine, elle fait des promenades, des sorties, des voyages qu'interdit la bienséance.
— Pop. Courir le guilledou, aller souvent, et principalement pendant la nuit, dans les lieux suspects. — Hanter, fréquenter : courir les bats. — Fig. et fam. Courir les ruelles, aller de visite en visite chez les dames. Cette phrase a vieilli, et ne s'emploie que par dénigrement. — v* Jaigon. Se la courir, s'enfuir, se sauver.
COURLAN s. m. Ornith. Genre d'échassiers d'.\meriqiii', voisin des grues. On dit aussi courliri. Le courlan de l'Amérique du Nord aramus giganteus) habile la F..uridi
et les
rent l'influence de la Russii' dès le commencement du xviii" siècle ; et en 1793, leur pays fut annexé à l'empire moscovite.
* COURLIS s. m. (onomatopée du cri de cet oiseau). Ornith. Genre d'échassiers longirostres,àbec long, grêle, fléchi en arc, et presque obtus ; à doigts antérieurs palmés à la buse.
Corlieu à long bec iNumcilius longiroslris).
Le courlis d'Europe ou courlieu (mmenius arcuatius) de la taille d'une poule, brun, avec une bordure blanche à chaque plume, et le croupion blanc, est un oiseau de passage qui arrive chez nous en avril, et retourne vers le Midi en septembre. Il niche sur les plages
Courlan ( Aiamiis scoU>paccu^^ I
Antilles. Le courlan de V Amérique duSud (aramus scolopaceus) est un peu plus gros que le précédent.
COURLANDE, (ail. /cî(r/a)?d), l'une des provinces Baltiques de Russie, au S.-O. do la Livonie; 27,286 kil. carr.; 630,000 hab., presque tous protestants. Territoire uni, contenant plusieurs forêts où domine le pin et le sapin, et environ 300 lacs cl marais. Cours d'eau : Duna, Aa et Windau. Production d'argile, de fer, de chaux et de gypse. Bons ports de Liban et de Windau. Les hautes classes sont d'origine allemande; les paysans descendent des Lettes. - Une diète provinciale, composée exclusivement do nobles, se réunit actuellement à Mitau, capitale de cette province. — La Courlande, après avoir été gouvernée, pcnsuivre, les solliciter avec ardeur. — Courir le i dant plusieurs siècles, par les chevaliers Teu- CACHET, se dit d'un maître qui donne des leçons i toniques, devint une dépendance de la Poloeiivjlle. — Aujcu de ba^ue, courir l\'ba- gne, vers IbOO. Les ducs de Courlande subi-
Corlicu esquimau (Numenîus bircalisl.
marécageuses et pond 4 ou 5 œufs jaunâtres tachés de roux. C'est un gibier peu estimé. — Le corlieu [numenius phxopus) est moins gros et moins commun en Europe que le précédent. Le corlieu à long bec (numenius longiroslris), des Etats-Unis, est la plus grande espèce américaine. Le corlieu esquimau (numenius borealis) passe l'hiver dans la Nouvelle-Angleterre et retourne dans le Nord dès qu'arrivent les beaux jours.
COURMAYEUR , station minérale du Piémont, dans une vallée pittoresque, au pied du mont Blanc, et non loin de Chamounix. Traitement des maladies herpétiques et sfrumeuses.
COURNOT (Antoine -Augustin), mathématicien et philosophe émineiit, né à Gray (Haute- Saône), le 28 août INOl, mort en mars 1877. Parmi ses ouvrages originaux et profonds, nous citerons un Traité de l'enchuinement des idées fondamentales dans les sciences et dans l'histoire (1861. 2 vol. in-8°) ; ses Considérations sur la marche des idées dans les temps modernes (1872, 2 vol. in-8">) ; son Maténalisme, vitalisme. rationalisme {I8'iy','\n-\i) etsa Revue des doctrines économiques (1877, in-fJ). Ancien élève de l'Ecole normale, il fit toute sa carrière dans l'Université, et devint inspecteur général des études.
* COURONNE s. f. lat. Corona. Ornement de tète, fait de branches, d'herbes, ou do
COUR
fleurs, fie, et qui se porle comme marque d'honneur, ou en signe de joie, ou comme une simple parure, couronne de laurier, de fleurs.
— Couronne académique, ou simpicnient couronne, prix remporté dans un concours académique.—Fig. Gloire que les martyrs acquièrent en mourant pour la foi : la couronne du martyy, — Se dit également de la béatitude que Dieu donne à ses saints: lacowonnede yioire.
— Ornement de lêle que les rois, princes ou seigneurs portent pour marque de leur dignité, ou qui est représenté dans leurs armoiries. — La couronne d'épines, celle que l'on mit sur la tête de N.-S. — La triple cou- EONNE, la tiare du pape. — Fig. Puissance royale •.ilhiia été, hiiaravila couronne.— Fig. Mettre la couronne sur la tête de quelqu'un, lui donner la puissance souveraine. — C'est
UN DES PLUS BEAUX FLEURONS DE SA COURONNE, LE PLUS BEAU FLEURON DE SA COURONNE, se dit
d'une des plus grandes prérogatives qu'ait un prince, d'un de ses plus grands revenus, d'une de ses meilleures provinces ; et, par extens., de ce qu'une personne a de plus considérable, de plus avantageux ; on dit de même -.ajouter un fleuron à sa couronne. — Fig. Monarchie, état gouverné par un roi, par un empereur : les couronnes du Nord. — Se dit quelquefois du souverain même, par opposition aux sujets, aux particuliers : les charges, les officiers de la couronne. — Traiter de couronne a couronne, traiter de souverain à souverain. On le dit aussi, fig. et par raillerie, en parlant des particuliers, lorsqu'un inférieur veut traiter avec son supérieur comme s'il était son égal. — Tonsure cléricale que l'on fait sur le haut de la tête des gens d'Eglise : couronne d'évéque, de prêtre. — Par anal. Certaines choses qui ont une forme circulaire, qui ressemblent à une couronne. Ainsi, il se dit d'une sorte de chapelet qui n'a qu'une dizaine : couronne de la Vierge. — Météore qui paraît en forme de cercle lumineux autour du soleil et de la lune. — Astron. Couronne septentrionale, et couronne australe, constellations dont l'une est dans l'hémisphère septentrional, et l'autre dans l'hémisphère austral. — Jardin. Touffe de feuilles qui surmonte le fruit de l'ananas. — Bot. Couronne impériale, espèce de fritillaire; couronne royale, espèce de mélilot ; couronne de terre, le lierre terrestre. — Agric. Greffe en couronne, celle qui consiste à scier le sujet, et à mettre plusieurs greffes autour de la coupe, entre le Lois et l'écorce.— Archit. milit. Ouvrage a cou- HONNE, ouvrage couronné. (Voyez le participe de couronner.) — Anat. La couronne d'une DENT, la partie de la dent qui est hors de la gencive. — Méd. Couronne DE Vénus, pustules qui occupent le front et les tempes, et que Ton croit dues à la maladie vénérienne. C'est ce qu'on nommait autrefois chapelet. — Art vétér. La partie la plus basse du paturon du cheval. — Papeterie. Sorte de papier qui sert principalement aux impressions de bureau, et dontla marque étaitune couronne. On dit aussi : papier couronne. — Encycl. Couronnes anciennes. Les premières couronnes de la Grèce se portaient dans les cérémonies et dans les jeux athlétiques. Les Romains inventèrent une grande variété de couronnes, formées de matières différentes, portant des noms particuliers et qui furent surtout accordées en récompense des exploits guerriers : 1° La couronne obsidionale, offerte par une armée bloquée à son pénôral, aussitôt la délivrance opérée ; 2° la couronne. civique, décernée au soldat qui, dans une bataille, avait sauvé la vie à un citoyen romain; 3° la comonne navale, donnée au soldat qui le premier sautait dans un vaisseau ennemi; 4» la couronne murale, décernée au soldat qui escaladait, le premier, les murs d'une ville assiégée ; b» la couronne vaWiire, décernée au premier soldat qui forçait un retranchement et pénétrait dans un camp
COUR
ennemi ; fi" la couronne triomphale qui se composait do trois couronnes : la première, de feuilles de Inurier sans haies, ceignait, pendant la rérèmniiie du triomphe, la tête du
CouRONKES Bo>iiiT!ES. — 1. CouTonne nlisidiuiKilP. 2. Couronne civique. 3. Couronne nivale. 4. Couiunue murah. 5. Couronne Tallaire. 6. Couronne triomphale. 7. Coul'onne d'ovalion. 8. Couronne d'olivier.
général victorieux ; la seconde, d'or et de pierreries, était portée au dessus de sa tête ; la troisième, également en or, était offerte par les provinces aussitôt après le triomphe ; ""la couronne ovale ou à'ovation, réservée au général qui n'avait mérité qu'une ovation ; 8» la couronne d'olivier, qui se donnait aux soldais et aux chefs. — Couronnes royales. Les premiers rois portaient un liandeau au diadème d'or. (Voy. Diadème.) La couronne do Charlemagne était, à sa partie supérieure, fermée comme un chapeau et entourée d'un cercled'or. De François I"à Louis X1"V, la couronne des rois de France fut un cercle de huit fleurs de lis d'or, fermé d'autant de demicercles qui soutenaient une double fleur de lis. Depuis Louis XIV les rois portentla couronne fermée.- Au moyen âge, les empereurs d'Allemagne portaient trois couronues : la couronne d'Allemagne, en argent, qu'ils recevaient à Aix-la-Chapelle; la couronne de fer delà Lombardie, qu'ils recevaient à Pavie, et la couronne impériale surmontée d'une mitre sembhible à un bonnet d'évéque ; ils la recevaient ii Home. La couronne de fer tire son nom débandes de fer qui la cerclent intérieurement. On la conserve à la cathédrale de Monza. — Couronnes anglaises. Les couronnes (angl. coronel) delà noblesse britannique sont de velours cramoisi bordé d'hermines. La couronne ducale, enrichie de perles et de pierres précieuses, est un cercle de huit larges feuilles de fraisier. La couronne de marquis est ronde avec quatre feuilles de fraisier alternant avec quatre perles. La couronne de comte est de biiil perles alternant avec des feuilles de fraisier. La couronne de vicomte est entourée d'un nombre indéfini de perles. La couronne de baron a six perles é,i,'alement distautos. Dans la cérémonie du sacre, la couronne estpoiti'C par les pairs et les pairesses. — Couronnes françaises. La l'ouronne ducale française est un Ce; le à huit grands fleurons refendus. Celle dfc .'iiarquis est de quatre fleurons et de trois perles placées en trèfle entre civique fleuron. Celle de comte est un cercle d'or à seize grosses perles au-dessus. Celle de vi-
COUR
comte est un cercle d'or à quutie gnusc^i perles au-dessus. La couronne de baron, aussi nommée tortil, est un cercle sur lequel se trouvent, en six espace^ p;jaux, des rangs de perles trois à trois en bande.
COURONNE (La), comm. du cnnt. et à 6 kil. S-H) d .Augoul^me «lliareiilc): 3.4">7 hab. Papeteries. Ruines d'une abbaye fondée en Hd ; château de l'Oisellerie (svi« siècle),
* COURONNÉ part, passé de Couronner : un arhrc couronné. — Fortifie. Ouvrage couronné, ouvrage à couronne, composé d'une gorge spacieuse et de deux ailes terminées du côté des assiégeants par deux demi-bastions, chacun desquels se va joindre par une courtine particulière à un bastion entier qui est au milieu de la tête de l'ouvrage. On l'appelle quelquefois couronne. — Tète couronnée, se dit d'un empereur ou d'un roi : la république de Venise et celle des Provinces-Unies avaient le rang, les honneurs des têtes couronnées. — Art vétér. Cheval couronné, cheval qui s'est blessé aux genoux en tombant, et à qui le poil du genou est tombé : ce cheval n'a pas de bonnes jambes, il est couronné.— Poésie. Rime couronnée, rime répétée pour former un petit vers à la suite d'un vers plus long :
L'on voit des commis
mis Comme des princes.
Q-ai jadis sont venus
nxis De leur province.
PÂwiro.
' COURONNEMENT ^ . m. Action de couronner. Se dit plus particulièrement de la cérémonie dans laquelle on couronne solennellement un souverain : le couronnement du roi, de la reine, de l'empereur, du pojje.— Ornement, membre d'architecture qui termine un édifice ou quelqu'une de ses parties : les édifices ont pour couronnement des entablements. — Le couronnement d'un vaisseau, d'un navire, partie du vaisseau, du navire qui est au-dessus de la poupe. — Ornement qui termine la partie supérieure d'un meuble, d'un vase : cela forme un beau couronnement. — Fig. Accomplissement, perfection de quelque chose : cette noble action fut le couronnement de toutes les autres. — Fortif. Couronneme.nt du chemin couvert, du glacis, occupation du chemin couvert, du elaeis par l'assiégeant. — w Cliniq. L'enfant est au couronnement, il est près de venir au monde, il est à l'entrée de la matrice. — Arboric. Couronnement des arbres, maladie d'un arbre dont les feuilles jaunissent sur les branches les plus élevées. Un arbre couronné n'est bon qu'à être coupé. Le couronnement volontaire se nomme décurtation. — Polit. Couronnement DE l'édifice, locution employée sous le second Empire pour désigner la liberté politique qui devait être accordée à la nation lorsquelegouverncmentauraitét' établi assez solidement pour n'être plus discuté.
* COURONNER v. a. Mettre une couronne sur la tête: couronner une victime. — Mettre solennellement la couronne sur la tête d'un souverain : couronner un pape, un Wn, un prince. — Fig. Donner le titre de roi, de souverain: ce monarque, avant de mourir, voulut couronner son fils. — Récompenser en décernant une couronne ou un [irix : couronner le vainqnnir. Se dit plus ordinairement en parlant 'des ouvrages faits par ceux qui reçoivent la couronne ou le [U'ix : j'ai lu plusieiirs passages de la pièce que l'Académie a couronnée, plv.<ienrs passages de l'oucrage couronné. — Fig. Honorer, récompenser : couronner la vertu.
Le ciel pour l'innocence a toujours combattu : Aprt^s avoir puni le vice, 11 sait couronner la vertu.
M"" b'Aulkoy, Le Chevalier fortuné.
— Se dit quelquefois en parlant de choses sur lesquelles on place des couronnes : les an--
COUR
cietJS cowonnairnt la potvie de k'(rs vaisseaux en si'jni; d'nlln/ri'sse. — Se dit aussi quelquefois, dans le style souleiii), de ce qui urne ou entoure l.i tête en ninnière de nuiroune : de simples flairs cnurnnn aient celte tête churniimte. — Se dit éi.';ilenient en parliuil des clioses au-dessus desquelles on peint ou on firave des couronnes, pour oineaient, ou comme marque de dignité : ses eh'ffn-ssont couronnés de tauriei's. de flnirs. — Par exl. Se dit des choses qui en surmontent d'autres, qui en occupent la partie la plus élevée : un entablement couronne l'édifice. — Fig. Apporter la dernière perfi>clion, mettre le dernier ornement à quelque chose : cette dernière action a couronné toutes les autres. — Prov. La fin couronne l'œuvre. (VoV.ffluVRE.) — CoURONiNER LES
VŒUX DE quelqu'un', les remplir. - Fis. Environner, ceindre : phisieiirs coteaux couronnent celle v/Wc — Se couronner V. pr. Couronner soi, ceindre soi : dans les fêles champêtres, les bergers se cowominient de fleurs. — lin parlant des choses, il signifie s'orner, s'embellir: déjà les forêts se eouronncnl de feuillage. — Ahsol. Cet ardue se couronne, se dit d'un arbre qui vieillit et dont la tête se dessèche. — Art vétér. Se blesser au genou, en parlant du cheval.
uroiicou à bec rouge (Tiogon curucui).
COURODCOU s. m.
(onomatopée du cri de cet oiseau). Ornith.
Genre de grimpeurs, famille des trogonidés, compienant plusieurs espèces des régions intertropicales des deux continents. I.e coiiroucou à bec rouge (trogon curucui) , du Mexique, est long d'environ 30 cent., vert sur le dos, jaune sous le ventre, avec la gorge blanche et avec du blanc sur les plumes de la queue.
Ses plumes sont recherchées comme objets de parure.
COURPIÈEE, ch.-l.
de Ciuit.. arr. et à 16 kil. S. de Thiers (Puyde-Dôme), sur la rive gauche de la Dore; 3,077 hah. Passementerie, cruchons de grès. Eaux minérales froides, ferrugineuses, bicarbonatées, dites du Salé.
COURRE V. a. (Se conjugue comme Courir). \en. Courir une bète, la poursuivre : rourre le '■erf, le lieere, le daim. - Neutral. Chasse a courre. — Laisser courre les chiens, ou simplement, laisser COURRE, découpler les chiens, alMi quds courent après la bète. — L\issercouRKE, ,<e dit, subslaiiliv., du lieu où l'on découplé les chiejis : quand ils furent au laisser-
COUR
courre. Se dit aussi de l'air que le cor fait entendre quand on découplé les cliiens : sonner le lai ssi-r- courre. - Peut s'enqiloyer dans queliiues autres cas pmir courir, niais il vieilli! : courre sus; courre la bague, les têtes. — Activ. Courre in cheval, le i'aire courir à toute bi-ide lorsqu'on est monté dsssus.
* COURRE s. m. Vén. Endroit où l'on place les lévritM's, lorsqu'on chasse le sanglier, le loup ou le renard avec ces chiens. — C'est un BEAU courre, se dit d'un pays commode pour la chasse.
COURRFNSAN, village et commune du canton d'Kauze, arrond, do Condom Gers), à 20 kilomètres de Condom. 740 habitants.
* COURRIER s. m. (rad. courir). Celui qui court la poste pour porter des dépêches : c'est le meilleur courrier, et celai qui fait le plus de diligence. — Préposé de l'administration des postes qui est chargé de porter les lettres d'une ville ^ une autre, et qui voyage dans une voiture appelée : bialle-pûste ou malle : courrier de ta malle; le courrier de Lyon, de Lille. — Fig. et fam. Courrier de malheur, se dit d'une personne quivient annoncer quelque mauvaise nouvelle. — Par ext. Voiture même qui porte les dépêches : le courrier a versé. — Fig. Commerce, et quelquefois dans le langage ordinaire, totalité des lettres qu'on écrit ou qu'on reçoit par un seul ordinaire : faire son coiirrier, lire son courrier. — Se dit aussi do tout homme qui court la poste à cheval, quoiqu'il ne porte aucune dépêche : j'ai rencontré ijuatre courriers. — Courrier de Paris, certainsarticles de journaux qui donnent la chronique parisienne. — Le Courrier de Lyon, drame en î) actes et 8 tableaux. p,ir .Muroau, Siraudin et Delacour, représenté sur le théàire de la Gaité le 16 mars IS.'iO. C'est l'aifaire Lesurques mise sur la scène.
* COURRIÉRE s. f. Celle qui court. Ne se dit guère qu'en poésie, en parlant de la lune : l'inégale courriére des nuits.
COURRIÉRISTE s. m. Nom donné au rédacteur qui, dans les journaux, écrit le courrier de Paris.
•COURROIES, f. (lat. comm, cuir). Pièce de cuir coupée en long, étroite, qui sert à lier, à attacher quelque chose : attacher avec des coiaroies. — Prov. et fig. Allonger la courroie, tirer parti d'une somme modique, d'un revenu borné, en mettant une grande économie dans la dépense : iia de faibles appointements, il faut qu'il allonge bien la courroie pour vivre. — Allonger, étendre la courroie, étendre les prolits, les droits d'une charge, d'un emploi, au delà de ce qui est permis : sa place ne lui vaudrait pas tant, s'il n'allongeait, s'il n'étendail un peu la courroie. — Serrer LA courroie a quelqu'un, diminuer ses ressources : ce jeune homme fuit beaucoup trop de dépense, il faut lui serrer la courroie. — Faire du cuir d'autrui large courroie, être libéral du bien d'autrui. — Lâcher la courroie a quelqu'un, le laisser faire. lui donner des facilités. — iMÉCAN. Quand les arbres reliés par des courroies doivent tourner dans le même sens, les branches de la courroie sont parallèlement placées sur la circonférence des poulies; dans les cas où les arbres doivent opérer leur rotation en sens contraire, on fait croi-ei les branches de la courroie. — On admet qu'une courroie peut transmettre la puissance d'un cheval-vapeur lorsqu'elle a la largeur et une vitesse telles qu'elle développe pendant une seconde une surface de 1,.tI10 cent, carrés. C'est d'après cette donnée que l'on détermine la largeur des courroies. Il convient que les diamètres des deux poulies de transmission embrassées par la courriie ne dépassent pas le rapport de làS. — Pour altacherles extrémités d'une courroie, on se sert de doubles boulons, de lanières de cuir, de rivets, d'agrafes, de cro- i
COUR
chets, de boucles, etc. Pour donner aux courroies peu tendues plus d'adhérence sur les poulies iiu les tambours qui les entraînent, on les enduit d'un mélange de deux partiesde gutta-periha, deux parties de résine jaune et une [lartie de goudron, le tout fondu au bainmarie.
* COURROUCER v. a. Mettre en courroux,
irriter: celte conduite courrouça son père contre lui. Se dit de même en parlant de certains animaux : courroucer un lion, un tigre. Il est surtout en usage dans le style soutenu. — Se courroucer v. pr. Etre courroucé : Dieu se courrouce contre les mérliants. Fig. En parlant de la mer : quand la mer se courrouce, est courroucée.
* COURROUX s. m. (lat. coruseare, lancer des éclairs) Ojlère. S'emploie surtout en poésie et dans le style soutenu : le courroux d'un prince, d'un père.
J'ai cru que des présents calmeraient son courroux. Racihb. Athalie.
— Se dit aussi en p.irlant de quelques animaux nobles ou féroces : le courroux du lion, du taureau, de l'êlêpluint, etc. — Fig. En parlant des clioses, et surtout de la mer agitée jiar la tourmente : le courroux de la mer, des flots.
' COURS s. m. [kour] (lat. cursus). Flux, miuivement de quelque chose de li(iuide. Se dit pai-licuhèrement de l'eau des rivières et des ruisseaux : cours rapide, lent, impétueux. ^Etenduequeparcourten longueur un fleuve, un ruisseau : cette rivière est navigable dans la plus grande partie de son cours. — Fig. Don- .NER UN libre cours A SES LARMES, Ics laisser couler, ne plus faire d'effort pour les retenir.
— Se dit également en parlant des mauvaises humeurs qui circuleiildansie corps de l'homme et des animaux : il faut que cette humeur ait son cours. — Le cours du sang, mouvement du sang dans les vaisseaux qui le renferment.
— Cours de ventre, dévoiement ou flux de ventre. — Se dit encore du mouvement réel ou apparent du soleil et des autres astres : le cours des astres est réglé; le cours apparent du soleil est d'orient en occident. - Fig. Direction, marche que prennent certaines choses, ou qu'on leur donne : nous verrons quel cours prendra cette affaire. — Durée : pendant le cours des dix années qui vien7ient de s'écoider.
— Mar. Voyage de long cours, voyage par mer, dont le terme est fort éloigné. Capitaine AU LONG COURS, Capitaine marchand qui fait des voyages de long cours, par opposition à CAPITAINE AU CABOTAGE. — Suitc, enchaînement : la mort interrompit le cours de ses victoires. — Archit. Cours d'assise, rang continu de pierre de même hauteur, posée de niveau dans toute la longueur d'un mur. — Se dit particulièrement d'une suite de leçons sur une matière quelconque : cours de chimie, de physique, d'anatomie, de chirurgie, de phib • ■- ,.hie, d'histoire, etc. — Se dit également des traités qui renferment une suite de leçons sur quelque science : ce professeur a publié un cours de philosophie; il a fait imprimer son cours. — Se dit pareillement des études que l'on fait en quelque science, et principalement de celles qui exigent qu'on suive un ou plusieurs cours : le cours de droit dure trois ans.
— Vogue, crédit : ces étoffes n'ont plus de cours. — Par anal., en parlant de la monnaie : celte monnaie a cours, n'a plus de cours. —
— Fig. Cette locution, ce mot, etc., n'a cours que parmi le peuple, que dans la province, ils ne sont d'usage que parmi le peuple, que dans la province. — Comm. Se dit du prix actuel des marchandises, du taux auquel est le cliani-'e, la rente : acheter des mirchanaises au cours de la place. — Le cours ou marché, DE LA PLACE, l'état d'une affaire, la disjiosition des personnes qui la traitent. — Etendue d'une chose, sans avoir éyard à la hauleur :
COUR
COUR
COUR
une tapisferie de six aunes de cours. — Lieu agréable où l'on peut se promener à cheval ou en voiture, et qui est ordinairement situé hors de la ville : il y avait 2}lus de cinq cents voitures au cours. — Législ. « Cours d'eau. Les cours d'eau navigables ou flottables sont considérés par la loi comme des dépendances du domaine public (C. civ. .-ISS), leur lit est inaliénable et imprescriptible (Ord. de Moulins de 1366; Ord. des eaux et forêts de 1669; L. i" décembre 1790). Les propriétés qui bordent ces rivières sont soumises à la servitude des chemins de balape, (voy. Chemin) ; les atterrissements qui se forment successivement et imperceptiblement profitent au propriétaire riverain, et il en est de même des relais que forme l'eau en se retirant insensiblement (C. civ. 5b6 et s.) (Voy. Alluvion). Les rivières navigables ou flottables ont été énumérées dans l'ordonnance du 10 juillet 1835, mais la liste a subi depuis cette époque quelques additions et retranchements. La pêche dans ces rivières est ali'ermée au profit de l'Etat, sauf dans les parties qui avoisinent la mer et où la salure des eaux fait que la pêche est considérée comme maritime. (Voy. Pèche.) Le produit des droits perçus, pour permis de stationnement dans lescours d'eau, appartient à la commune, ainsi que ceux de location sur les quais (L. 11 frimaire an Vil; L. IS juillet 1837, art. 31). Les cours d'eau navigables ou flottables font partie de la grande voirie et la police de la navigation sur ces cours d'eau est réglementée par l'ordonnance de 1669, par plusieurs arrêts du conseil datant du xv!!!" siècle et applicables spécialement à chacun des fleuves français ainsi qu'à ses affluents, enfin par un grand nombre de règlements particuliers. Les préfets sont chargés de délivrer les autorisations de prises d'eau concédées temporairement ou faites au moyen de machine élévatoire et les permissions concernant les établissements temporaires sur l'eau, les débarcadères, etc. (Décr. 13 avril 1861, tableau D). Les droits sur la navigation intérieure ont été supprimés par la loi du 19 février 1880; mais les bateaux circulant sur les rivières navigables sont soumis à diverses prescriptions réglementaires. (Voy. Bateau.) Lescours d'eau non navigable s ni flottables, dont la propriété a été longtemps indécise, n'appartient ni à l'Etat, ni aux riverains : ils sont res nuirais, ce sont des choses qui n'appartiennent à personne, mais dont l'usage est commun à tous et dont la jouissance est réglée par des lois de police (C. civ. 714; Arr. cass. 10 juin 1846, 6 mai 1861, etc.); maisce principe ne peut s'appliquer aux simples ruisseaux sur lesquels les fonds inférieurs n'ont acquis aucun droit par titre ou par prescription. Le propriétaire riverain a le droit de se servir de l'eau d'une rivière non navigable ni flottable, pour l'irrigation de ses terres, et celui dont la propriété est traversée par le cours d'eau peut en user à sa convenanceetmême en détourner le cours, à charge de rendre l'eau à son cours ordinaire (C. civil 644). Tout ce qui concerne la police et la réglementation des cours d'eau non navigables, le libre cours des eaux, les irrigations, les usines, barrages, repères, déversoirs, les curages, etc., est du ressort delautorilé préfectorale (L. 22 déc, 1789, section 3, art. 2; L. 12-20 août 1790; L. 6 oct. 1791; Décr. 2o mars 1832, etc.); mais les préfets doivent, en prenant des arrêtés en cette matière, tenir compte des anciens règlements et des usages locaux, des besoins de l'industrie et de ceux de l'agriculture (Uécr. 13 avril 1861, tableau D, 3" à 8"). Des syndicats de pru|)riétaircs et d'usiniers légalement constitués sont souvent chargés de l'entretien et de la surveillance de CCS cours d'eau. (Voy. .SYNuic.vr.) Les contestations entre propriétaires riverains sont jugées par les tribunaux civils, lesquels doivent tenir compte des règlements locaux
cl particuliers (C. civ. 465). Les contraventions aux règlements généraux de police concernant les rivières navigables ou flottables sontjugées par les conseils de préfecture (Décr. 16 décembre 1811, tit. IX, et Décr. 10 avril 181 2) et les autres par les tribunaux de police (C. pén. art. 471, § 15). Un projet de loi, formant l'un des livres du Code rural, a été soumis au Sénat en 1880 et discuté par lui en 1883. Les titres II à V règlent le régime des cours d'eau. (Voy. Eau et Rivière.)— Cours normaux. La loi "du 11 décembre 1880 et celle du 2S mars 1882 ayant introduit le travail manuel dans l'enseignement primaire, il était nécessaire que les écoles normales primaires fussent mises à même de former leurs élèves à répandre cette partie de l'enseignement. En conséquence, des cours nouveaux ont été organisés dans une école supérieure de travail manuel fondée à Paris, rue des Ursulines. 10, dans les locaux précédemment occupés par l'école Pape-Carpentier, Ces cours, ouverts à compter du !'='■ décembre 1882, eu vertu d'un asrêté ministériel du 28 juillet précédent, comprennent l'application et la mise en pratique de la géométrie, de la physique et des autres sciences naturelles, le dessin, le modelage, le travail du bois et des métaux, et en outre les exercices militaires, la gymnastique, le chant, le maniement des pompes à incendie, etc. L'école reçoit des pensionnaires et des externes et l'on y est admis à la suite d'un concours auquel peut se présenter tout Français âgé de 21 à 35 ans et pourvu du brevet de capacité du degré supérieur ou du diplôme de bachelier es sciences. Les élèves engagés dans l'enseignement conservent leur traitement; les autres reçoivent 125 fr. par mois, sauf une retenue de 3 fr. par jour pour les pensionnaires. Lescours durent huit mois, et les élèves qui méritent le certificat de sortie sont chargés de l'enseignement du travail manuel dans une école normale, dans une école professionnelle ou dans une école primaire supérieure, à leur choix. Des cours normaux d'écoles maternelles sontinslituésdansles diverses académies et, en vertu du décret du 27 juillet 1882, l'école Pape-Carpentier, transférée à Sceaux (Seine), est destinée à former des directrices et des professeurs de ces cours normaux. — Cours publics. Ces cours sont soumis aux conditions imposées par la loi pour les écoles primaires ou secondaires, à moins d'une dispense du conseil académique (L. 15 mars 1850, art. 77). Les étrangers ne peuvent ouvrir ces cours sans une autorisation du ministre de l'instruction publique (Décr. 5 déc. 1850), Les cours d'adultes pour Y enseignement primaire comprennent : 1° des cours élémentaires pour les illettrés; 2° des cours spéciaux ou compléiuentaires pour les jeunes gens qui désirent compléter l'instruction acquise à l'école; 3° des lectures publiques ou conférences populaires. Il est alloué par l'Ktat des rémunérations aux instituteurs ou institutrices qui onL fait des cours d'adultes, et aux personnes qui, avec l'autorisation du conseil départemental, ont fait des lectures ou des conférences dans les communes où le produit du centime est inférieur à 10,000 fr. et dont les revenus annuels n'atteignent pas un million (Arr. min. du 4 avril" 1882). Les départements et les communes encouragent également les cours d'adultes par des subventions. »
Ch. y.
COURS, station minérale, arr. et à 6 kil N. de Bazas (Gironde), eaux ferrugineuses employées contre la chlorose et l'anémie.
COURSAN, ch.-l. de cant.,arr. et à 7 kil. N.-E. de N.irbdnrie (Aude), sur la rive droite de l'Aude, 3, .07 liai).
COURS LA REINE, avenue de Paris, qui va de la place de la (;oncorde au pont de l'Alrna. Le Cours la Ueine fut tracé en 1016. par ordre de .Marie de Médicis; il devint aussilùt et
resta jusqu'à la Révolution, la promenade favorite de la cour et de la noblesse.
* COURSE s. f. (lat. cursus). Action, mouvement de celui qui court; course légère ; longue course. — Se dit aussi, en poésie et dans le style soutenu, du cours, du mouvement des astres : l'astre du jour va commencer sa course. On dit de même quelquefois : la course d'un. fl,nive, d'un torrent, etc. — Se dit quelquefois du trajet parcouru ou à parcourir, soit à pied, soit en voiture : il y a une très grande course d'ici là. — Se dit aussi de ce que gagne un courrier, de ce qu'on lui donne pour les frais du voyage et pour récompense de sa peine : ce courrier a eu quinze cents fraiies pour sa course. — Fig. Marche , progrès rapide d'une personne ou d'une chose : rien ne peut arrêter ce conquérant, ce fléau dans sa course. — Fig. Carrière, action de parcourir une carrière : après avoir passé par divers emplois, il termina sa course par l'ambassade. — Se dit quelquefois de la durée de la vie : il a fini sa course. — Encycl. Les courses remontent à la plus haute antiquité. Elles consistaient en course à pied, en course à cheval et en course de char. Les Romains avaient pour les courses de chevaux des cursores (jockeys) et des agitatores (entraîneurs) ; une société d'encouragement avec un président et un designalor {sla.Tter) chargé de donner le signal du départ. Les plus célèbres courses pédestres qui eurent lieu à Athènes furent les lampadédiomies, qui se faisaient le jour des Lampadophories, fêtes de Minerve, de Vulcain et de Promélhée. C'étaient des courses aux flambeaux, dont le prix était décerné au premier qui arrivait au but avec sa torche encore allumée. Sous les -Mérovingiens, les courses furent remplacées par des combats d'ours et de taureaux, puis plus tard par les tournois et les carrousels. La date précise des premières courses françaises est inconnue : un chant de la vieille Armorique parle d'une course dont le prix n'était ni une somme d'argent, ni un otijet d'art, mais Liudor ou Aliénor la fille du roi breton Badick (500). — Les courses ont été pratiquées en Angleterre un peu avant le règne de Henri II (1154-1189). Les landes d'Epsom furent un peu plus tard choisies pour ces luttes. Henri 'Vlll (1509-1547), fut le premier qui établit un biU réglant les courses. Mais l'entraînement n'existait pas, les chevaux étaient lancés sur des terrains incultes, et les chances se trouvaient ainsi forcément inégales : on constata ces inconvénients et l'on établit un turf, c'està-dire un tracé pour les chevaux sur un terrain à gazon ras. L'entraînement commença sous Jacques l'^', qui installa au.ssi les hippodromes. Après lui, vers 1080, Charles 11 créa un prix de 100 livres sterling; en 1711 la reine Anne donna une coupe au vainqueur et fonda des prix royaux ; puis George I"' remplaça les objets d'argenterie par des prix d'argent de 100 livres. C'est à son époque, que parut Godolphin Ai-abian, le meilleur coureur de sang anglais. Sous George II (1727-1769), les paris, qui avaient commencé à être à la mode sous la reine Anne, atteignirent des sommes énormes. Èciipsc rapporta 625,000 fr. au capitaine O'Kelly, son maître, en l'espace de six mois. Depuis cel,te époque, les courses se sont développées en Angleterre et presque chaque ville a aujourd'hui les siennes : les plus célèbres sont les courses de Ne wmarket, établies en 1567 par Charles II ; d'Ascot, créées par le duc de Cumberland en 1727; d'Epsom inaugurées en 1711 ; de Doncaster, fondées en 1776; de Goowuod, instituées parle duc de Ricliniond en 1802. — On attribue l'introduclidii des courtes en France à un riche amateur anglais, lordPascool qui,en17.')4, gagna le pari qu'il avait ti nu de parcourir en deux heures la route de Fontainebleau à Paris (.36 kil.). Sous Louis XV, on se passionna pour les courses, mais cette passion fut modérée [lar Louis .XVj, et les courses furent abolies par la
COUR
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Révolution. Le 1,^ fructidor an Xll, un décret de Napoléon les rétablit et les réglementa, mais ce ne fut qu'en 1827 qu'elles reprirent du développement, elle 3 mars 1833 une ordonnance du roi créa le Stud-Book (livre de haras) français. C'est la même année que se créa la Société d'encouraijanent pour l'amélioration des races de chevaux en France, aussi appelée Jockey-club. (Voy. ce mot.) — 11 y a trois sortes de courses : 1° La course ylate, qui a pour objet de comparer la vitesse de plusieurs chevaux, et qui se fait sur un terrain uni ; t" la course des haies, course plaie semée de quelques obtacles, haies ou barrières ; 3° la course au clocher, aujourd'hui Steeple-chase, qui tire son nom de ce qu'autrefois on donnait comme but le clocher d'une église, se faisait jadis non dans un hippodrome, mais à travers champs. Elle est maintenant régularisée, et a lieu sur la piste ordinaire, où on réunit des obstacles de tous genres, haies, murs, douves, banquette irlandaise. Le premier steeple-chase français eut lieu à la Croix-de-Berny, le l"' avril 1834 ; les steeple-chases classés sont aujourd'hui réglementés par un arrêté du .5 nov. 1868. Il y a aussi des courses de vitesse et des courses de fonds : celles-ci sont plus pénibles, cari'espace à parcourir est une grande distance, tandis que celles-là n'ont qu'un parcours très limité. 11 y a en France près de soixante hippodromes. L'Etat, les départements, les villes, les sociétés affectent des sommes considérables aux courses. Les courses françaises ont lieu au printemps, en été et en automne, au bois de Boulogne, à Chantilly, et dans tous les hippodromes de province ; mais la plus courue est celle qui a lieu dans l'hippodrome de Longcharap, et qui porte le nom de grand prix de la ville de Paris. Les prix donnés par l'Etat exclusivement pour les courses au galop sont classés ou 7ion classés. Un arrêté du ^^' mars 1873 règle les prix classés en prix nationaux et prix principaux. En '18G1, a été fondé le grand prix de î'aris, donné moitié par la ville de Paris, moitiépar les cinq gi'andes compagnies de chemins de fer, et se composant d'un objet d'art et de 400,000 fr. Il fut couru pour la première fois en 1803. Il est destiaé au meilleur poulain, ou à la meilleure pouliche de 3 ans, sans exclusion de nationalité. Le jour du « Grand Prix » est l'occasion d'une des principales fêtes parisiennes. Le Bois de Boulogne devient le rendez-vous d'une foule élégante, en même temps que de nombreu.x équipages, ainsi que du Paris populaire. Le Président de la République se rend aux tribunes en équipage de gala. Aussi le jour du Grand Prix a-t-il été souvent choisi comme date de manifestations politiques en sens divers. On se rappelle, notamment, que ce fut le jour du Grand Prix que le chapeau de M. Loubet fut bossue d'un coup de canne par un manifestant hostile à son élection et à sa politique. — Le Grand Prix est aussi l'occasion d'une grande exhibition de toilettes d'été qui donnent le ton de la mode. — Après le Grand Prix, il est de bon ton, parmi les mondains et les mondaines de Paris, de quitter la capitale pour les villégiatures et les stations balnéaires, les villes d'eaux, etc. Outre les prix donnés par l'Etat, il en existe un grand nombre d'autres offerts par des sociétés, prix de Lutèce, prix de Longchamp, prix du Cèdre, prix du Cadran, Derby, Saint- Léger, Oak's. — Tout cheval pour courir doit utre qualifié, c'est-à-dire réunir certaines conditions, à défaut desquelles il est disqualifie et la disqualification entraine l'expulsion de tout champ de course. Le cheval admis parcourt la piste (voie tracée pour les chevaux) eu subissant une épreuve (course d'une longueur donnée fournie par les concurrents). U tient la corde, lorsqu'il se trouve plus près que ses concurrents de la corde qui
sépare la piste dcb spectateurs. Si deux clir'vaiix arrivent tête-à-têle, il y a dead-hcat (course nulle). De nos jours, les courses contribuent puiss.unment à l'amélioration de la race chevaline, et les chevaux de course fournissent nos haras. (Voy. H.\n.\s.) — Course, se dit, dans un sens particulier, des actes d'hostilité que l'on fait en courant les mers, ou en entrant dans le pays ennemi : les ennemis firent des courses jusque dans telle province.— Se dit spécialement en parlant des corsaires, des bâtiments armés eu guerre par des particuliers, et autorisés à courir sur les navires marchands ennemis. Les lois admises enire peuples civilisés condamnent toutes les hostilités qui ne sont pas autorisées ; mais un chef d'Etat peut toujou.'-s permettre la course en temps de guerre. Les navires armés en course et dûment autorisés, se nomment corsaires et sont considérés en mer comme le sont les corps de volontaires dans le service de terre. La guerre de; course est souvent la seule défense d'un Etat faible contre une puissance maritime prépondérante ; c'est ainsi que la France, presque toujours vaincue en mer par l'Angleterre, n'a pu tenir tête à son ennemie qu'en cherchant à ruiner son commerce, par ce genre d'hostilité. Nous avons eu, pendant le moyen âge, Eustache Le Moine, pirate plutôt que corsaire ; sous Louis XIV, des hommes devenus illustres, tels que Jean Bart, Forbin, Duguay-Trouin, Cassard ; sous Louis .\V, Thurot, qui mériterait d'être aussi célèbre queles précédents ; pendant la guerre do l'indépendance des Etats-Unis, Paul Jones, moins connu en France qu'en Amérique ; après la Révolution, Surcouf et vingt autres aussi braves. De tout trnips les corsaires malouins, rochellais, (iunki-njuois et dieppois se rendirent redoutables aux ennemis de la France. A la piraterie turque et barbra'esque, les Provençaux opposèrent des corsaires tels que le chevalier Paul ; au despotisme maritime de l'Espagne, les peuples de l'Europe répondirent par la guerre particulière incessante des corsaires de la Rochelle, des gueux de mer et des flibustiers, dont la plupart étaient de véi'itables pirates. — Le corsaire diffère du pirate en ce qu'il a une commission {lettre de marque) et n'attaque que les navires ennemis. Il existe deux catégories de corsaires. A la première appartiennent les citoyens de l'Etat belligérant, quand ils courent sous le pavillon de leur pays ; dans l'autre sont compris les marins d'un Etat neutre quand ils acceptent d'armer un navire pour l'un des belligérants. Le droit, pour les neutres, de faire ce genre de course, est considéré comme peu légitime, et en lui-même il est odieux. 11 y a eu également une troisième espèce de course : celle qui avait lieu entre deux Etats en paix l'un avec l'autre. C'était une guerre privée que les rois autorisaient par des lettres de représailles, lorsque leurâ sujets se plaignaient d'avoir été pillés par les sujets d'un autre prince. Ces lettres de représailles accordaient aux particuliers lésés la permission de faire main-basse sur les propriétés ou les navires appartenant aux sujets de l'autre Etat ju.squ'à concurrence de la valeur qui leur avait été ravie. — Pour prévenir les excès et les abus de la guerre de course, on a établi, dans chaque pays, des restrictions sévères. Le corsaire a droit à une partie de la valeur de ses prises, plus ou moins selon les pays. Le premier règlement de la course date du règne de Charles VI (7 sept. I iOO). Un tribunal lut chargé déjuger de la validité des prises. En 16S1 fut publiée une ordonnance qui fixa d'une manière définitive le droit de course. — En 18-^6, les puissances représentées au congrès de Paris prirent des engagements mutuels pour l'abandon de la course ; néanmoins, les .Rlats-Unis d'Amérique ne voulurent pas consentir à cet abandon, s'il n'était pas convenu, eu même
Icmps, <[ue toute propriété privée serait respectée sur mer, à l'exception, bien entendu, des navires en contrebande. Cetamcndemenl à la loi internationale sur la propriété privée ayant été repoussée par les puissances, les Etats-Unis ne voulurent prendre aucun engagement. En 18G1 seulement, ils offrirent d'accéder à l'abolition de la course ; mais la France et l'Angleterre repoussèrent cette tardive proposition qui avait pour but évident de faire considérer comme pirates les corsaires des Etats révoltés. — Courses s. f. pi. Voyages, excursions : il est toujours en courses.
— Se dit aussi des allées et venues, des sorties que l'on fait dans la journée : je commence mes courses dés le matin. — Se dit également du trajet que fait une voiture de place en transportant une ou plusieurs personnes d'un lieu à un autre : ce cocher n'a fait que deux courses dans toute la journée.
COURSEGODLES, ch.-l. de cant., arr. et à 35 kil. N.-E. de Grasse (Alpes-Maritimes), près de la source de la Gagne; 409 hab. Beaux pâturages; importantes glacières.
COURSEULLES-SUR-MER. petit port ^
l'embouchure de la Seule, cant. de Creully (Calvados); I,3a0 hab. Nombreux parcs d'huîtres; pêche; entrepôt de sel. Château féodal ré[iaié sous Louis XIII.
COURSIE s. f. Voy. Coursier.
' COURSIER s. m. Grand et beau cheval propre pour les batailles et pour les tournois; n'est guère usité qu'en poésie et dans le style soutenu : noble, généreux, vaillant coursier.
Que je trouve de charmes A voir tous mes guerriers, Rangés et sous les aimes.
Lancer leurs fiers coursiers / Seninc et PoinsoN. Le Nouveau Pourcetjugnac, se. vu. 1817.
— Mar. anc. Passage do la proue à la poupe, dans une galère, entre les bancs des forçats : se promener sur le coursier. »v On disait aussi COURSIE. — ' Par exl. Canon qui était sous le coursier, et dont la bouche sortait par la proue. — Mar.Canon de chassedes chaloupes canonnières, etc., lequel est placé à l'avant.
— Hydraul. Se dit du passage que l'on donne à l'eau, entre deux rangs, pour la conduire à la roue d'un moulin.
* COURSIVE s. f. Mar. Se dit d'une ou de deux planches établies horizontalement le long du plat-bord, de chaque côté de certains bâtiments non pontés, pour passer de l'avant a l'arrière. — Passage pratiqué entre des soutes, etc., dans le sens de la longueur d'un bâtiment.
' COURSON s. m. Agncult. Branche de vigne taillée et raccourcie à trois ou quatre yeux.
— Se dit aussi d'une branche d'arbre de cinq ou six pouces, que le jardinier conserve lorsqu'il est obligé de couper les autres. — »». Au fém. et adjectiv. : branche coursonne. — Substantiv. : une coursonne.
COURSON, ch.-l. de cant., arr. età 22 kil. S. d'Auxerre (Yonne), sur l'Yonne ;1,1H hab. Pierres de taille. Château servant d'hôtel de vUle.
'COURT, COURTE adj. (lat. curtus). Qui a peu de longueur, ou qui n'a pas la même longueur qu'une autre chose, il est opposé a. LONG : trop court, bien court, fort court. — Qui est en petite quantité, insuffisante : courte pitance; le bouillon est un peu cowt, mettez-y de l'eau. — Prov. A v.\ill.\nt homme courte ÉPÉE, le courage supplée aux armes. — Son ÉPÉK EST TROP couRTK, Se dit d'un homme qui n'a pas assez de crédit ou assez de force pour réussir dans quelque entreprise ; on dit de même : il a les brus trop courts pour atteindre jusque-là, pour atteindre si haut. — F.\iitE l.v COURTE ÉCHELLE, sc dit de plusieurs personnes qui montent les unes sur les autres, pour aider quelqu'un à escalader un mur , à at-
COUR
teindre un pointélevé. — Faire a quelqd'un la COURTE ÉCHELLE, lui faciliter les moyens d'arriver au but qu'il se propose. — Escalader UN MUR A LA COURTE ÉCHELLE, escalader un mur en s'aidant de plusieurs personnes qui font la courte échelle. — Etre court, avoir la taille peliie et épaisse : il est gros et court; cette femme est courte et ramassée. — Savoir le court et le long d'une affaire, en savoir toutes les particularités; dans cette phrase, court est pris substantiv. — Vue courte, vue qui ne porte pas loin, qui ne distingue pas les objets un peu éloignés : cet homme a la vue très courte. Fig. Défaut de prévoyance, de sagacité : sa vue est bien courte, s'il n'aperçoit pas les résultats qu'un tel événement peut amener. On dit aussi : des vues courtes, des vues bornées, étroites. — Eilipliq. Le PLUS court, le chemin le plus court :
allez par là, c'est votre plus court, c'est le plus court. — Fig. Le chemln le plus court, ou simplement, le plus court, moyen de terminer plus promptement quelque chose. — Le chemin le plus long est quelquefois le PLUS COURT : en se détournant de la route directe, quelquefois on trouve moins d'obstacles et on arrive plus tôt à son but. — Fig. Prompt, facile : le plus court expédient ; il eût été plus court de faire ce que je vous avais conseillé. — Se dit encore, fig., des choses qui ne peuvent arriver au point où l'on voudrait qu'elles parvinssent : la science humaine est courte. — Fam. Etre court d'argent, court de finances, avoir peu d'argent. — Etrecourt de mémoire, AVOIR courte mémoire, manquer de mémoire, oublier facilement. Avoir l'esprit court, l'intelligence courte, avoir l'esprit très borné. — Qui ne dure guère : en hiver les jours sont courts. — Courte haleine, essoufflement, respiration difficile et fréquente. Ondit aussi : avoir la respiration courte, l haleine courte. — Fig. Il veut la faire courte et bonne, se dit d'un homme qui mène joyeuse vie, qui mange sa fortune et ruine sa sauté. — Bref, de peu d'étendue; il ne se dit guère, en ce sens, que du discours et des ouvrages d'esprit en général : votre lettre est beaucoup trop courte. — Prov. Courte prière pi'.nètre les ciEUX, ce n'est pas la longueur, c'est la ferveur qui rend les prières eflicaces. — Prov. Revenir, s'en retourner AVEC SA COURTE HONTE, revenir, s'en retourner après avoir essuyé un affront, un refus, ou sans avoir rien fait de ce qu'on s'était promis défaire. — Etrecourt, se dit quelquefois d'un orateur, d'un écrivain, et signilie, ne pas parler longtemps, être succinct : ce prédicateur, cet avocat fut court. — .adverbial. Etre pendu haut et court, cire exécuté à la potence. — Pop. Pour vous le FAIRE COURT, POUR LE FAIRE COURT, se dit quand on veut abréger un di-cours, un récit. — Fig. Se trouver court, se dit d'une personne qui ne peut parvenir à exécuter quelque dessein.
— Demé urer, rester court, tout court, se dit d'une pjrsonue qui vient à manquer de mémoire en recitant un discours appris par cœur, ou qui ne trouve plus ce qu'elle avait à dire, ce qu'elle voulait dire. On le dit aussi quand une personne est si pressée par des objections, ou si convaincue, qu'elle ne sait que répondre ; on l'accabla tellement de raisons, qu'il demeura court, qu'elle l'esta court.
— Tenir quelqu'un de court, lui d^onner peu de liberté. Prendre quelqu'un decourt, le presser sans lui donner assez detemps pour faire ce qu'on exige de lui. — Adv. Brusquement, subitement : il s'arrêta tout court; tourner court. (Voy.TouR."<ER.) — Tout COURT, signifie aus.si, sans rien ajouter de plus : nommer à tout propos la personne à qui l'on parle est une incivilité : on doit dire .Monsieur ou Madame, tout court; il me réijondit un Non tout court. — Fia', et fam. Couper court (Voy. Couper.) — Court (Joseph-Désiréj, peintre franrais (V. S.)
COURT Diî GÈBùLIN (Antoine), écrivain, né à Nimes en 172o, mort à Paris eu l'sl. D'à-
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bord prédicateur proiestant, il s'établit à Paris en 1763, Ibnda un bureau pour la propagation deses idées religieuses et pour l'établissement de la liberté de conscience. Ami de Franklin, il se fit le défenseur de la cause des colonies révoltées. 11 a écrit sur la philolosophie et sur la politique, et a tracé l'histoire intellectuelle et morale du monde dans son célèbre Monde pmmitif (9 vol. 177n-'84), dont la partie la plus estimée, VHistoire 7iaturelle de la parole, a été publiée séparément en
* COURTAGE s. m. Profession d'un courtier ; entremise ou négociation de courtier : faire le courtage des vins; se mêler du courtage. — Droit de courtage, ou simplement, courtage, prime de tant pour cent qu'on donne à ceux qui font le coui'tage : deux pour cent de commission, un quart pour cent de courtage.
* COURTAUD, AUDE s. Celui, celle qui est de taille courte, grosse et ramassée. Fam. Ne se dit, en ce sens, que des personnes : un gros courtaud; une grosse courtaude. — Courtaud DE BOUTIQUE, OU simplement courtaud, garçon de boutique chez un marchand: ne se dit que par mépris. — Se dit encore d'un cheval auquel on a coupé les oreilles et la queue : il était monté sur un courtaud. — Adjectiv. Cheval courtaud. — Adjectiv. Chien courtaud, chien à qui on a coupé la queue et les oreilles. — Prov. Etriller, frotter quelqu'un en chien courtaud, le bien battre. — »v Argot. Courtaud DE boutanche, classe de mendiants voleurs qui voyageaient autrefois à la recherche de travail etqiiin'entrouvaientjaraais; la race n'en est pus éteinte. Au xvw siècle, les courlauds, qu'on ne voyait à Paris que pendant l'hiver, passaient la belle saison à rapiner dans les environs de la capitale.
* COURTAUDER v. a. Couperla queue; ne se dit qu'en parlant du cheval: il a fait courtauder son dicta!.
' COURT-BOUILLON s. m.Manièred'apprèter le poisson, qui consiste à le faire cuire dans de l'eau, avec du vinaigre ou du vin blanc, du sel et du beurre. — Court bouillon au bleu, court-bouillon au vin rouge. - Court-bouillon a la na.n'taise, court-bouillon composé de moitié eau et moitié lait, avec addition d'un peu de sel et de poivre blanc. — Plur. des courts-bouillons.
* COURTE-BOTTE s. m. Petit homme : des
courtes-bidli.>^ ,l"'l'-l-
* COURTEMENT adj. Brièvement : ilraconte bien et l'iui tentent.
COURTENAY, Cortiniacum, ch.-l. de cant., arr. et a -JO kil.N.-E. de Montargis (Loiret); 2,73b hab. Briqueteries; marchés iniporlants. Berceau d'une famille qui a fourni trois empereurs au trône de Constanlinople.
COURTE-FAILLE s. f. Manière de tirer au sort avec des pailles de grandeur inégale. — Plur. Des courtes-pailles.
COURTÉPÉE (Claude), historien, né à Saulieu en 1721, mort à Dijon en 1781. 11 a laissé une belle Description du duché de Bourgogne (Dijon, 1774, 7 vol. in-S°); une Hist. de Jiouryogne {Dijon, 1777, in-12).
* COURTEPOINTE s. f. Couverture de parade, i|u'oii [ilace sur un lit : la courtepointe de ce lit est fort belle.
COURTEPOINTIER s. m. Ouvrier qui fait des
courtcjiointes.
COURTE-QUEUE adj. Se dit d'une cerise à courte queue. — Substantiv. Une courte-queue; des courtes-queues.
COURTES-CORNES s. m. Race de bœufs à cornes courles : un courtes-cornes anglais.
COURTE-SOIE s. f. Variété de coton k brins
courts.
COUR
"COURTIERS. m.Comni. Celui qui, moyennant uiiu prune, s'entremetpourla vente ou l'achat de certaines marchandises, pour l'aire prêter de l'argent sur la place, ou pour les alïrètements, les assurances : courtier de marchandises; courtier maritime; courtier d'assurances. — Courtier marron, celui qui exerce sans brevet. — Par raillerie. Courtier ou COURTIÈRE DE MARIAGE, celui OU Celle qui se mêle de faire des mariages. — Courtier électoral, agent d'élection. — Législ. " Les courtiers d'assurances maritimes sont des officiers ministériels qui rédigent, concurremment avec les notaires, les polices d'assurances concernant les navires et les cargaisons, lorsque l'on veut donner à ces contrats une forme authentique, et qui certifient le taux des primes pour tous les voyages de mer ou de rivière (C.coinm. 79). Ils sont obligés de déposer un cautionnement dont le chilfre varie suivant les places de commerce, et les émoluments auxquels ils ont droit sonUîxés par un tarif officiel. Les courtiers interprètes et conducteurs de navires sont également des officiers ministériels soumis à un cautionnement et à un tarif d'honoraires. Us ont le droit exclusif : de constater le cours légal du fret ou nolis, et, là où ils sont établis, de faire le courtage des all'rètements; de traduire, en cas de contestations portées devant les tribunaux, les déclarations, chartes-parties, connaissements, contrats et actes de commerce dont la traduction est nécessaire; de servir de truchements à tous étrangers, maîtres de navires, marchands, équipages, dans les affaires contentieuses de commerce et pour le service des douanes. Le même individu peut, si l'acte du gouvernement qui l'institue l'y autorise, cumuler les fonctions de courtier-interprète avec celles d'agent de change, de courtier de marchandises et de courtier d'assurances (id. 80, 81). Les courtiers de transport par terre et par eau dont parlent les articles 77 et 8"2 du Code de commerce, n'ont jamais été institués. Les courtiers de marchandises formaient une corporation privilégiée (id. 78) ; mais leur privilège a été supprimé par la loi du 18 juillet '18(i6, qui a déclaré libre le courtage des marchandises. Cependant, il existe, en verlu de cette loi, des courtiers inscrits, c'est-à-dire portés sur une liste par le tribunal de commerce, et auxquels est réservé le privilège de constater le cours officiel des marchandises, de procéder aux ventes publiques et en gros des denrées et de faire certaines prisées. Pour être inscrit sur la liste dont il s'agit, un courtier doit : 1° justifier de sa moralité par un certificat du maire; 2" prouver sa capacité professionnelle par l'attestation de cinq personnes faisant partie des notables commerçants de la place; 3° ne pas être en état de faillite; 4o avoir versé au Trésor un droit d'inscription qui varie de 1,000 à 3,000 fr., suivant les places et qui est alfecté, avec d'autres ressources, au rembourseinrnt des anciens offices de courtiers supprimés; Li" prêter serment devant le tribunal de commerce; 6° se soumettre à la juridiction disciplinaire de la chambre syndicale élue par les courtiers inscrits, laquelle peut prononcer, sauf appel devant le tribunal de commerce, les peines de l'avertissement et de la radiation temporaire ou définitive. Loisque le nombre des courtiers inscrits est insuffisant pour la constitution d'une chambre syndicale, le tribunal de commerce eu remplit les fonctions. Les ventes volonlaires en gros de marchandises peuvent avoir lieu par le ministère de courtiers, sans autorisation du tribunal de commerce ; celles qui sont faites après décès, cessation de commerce, etc., en verlu d'une autorisation du tribunal de cnminerce, ont lieu par le ministère de courtiers, à moins que le tribunal n'ait désigné une autre classe d'ofllciers publies. Le droit d'enregistrement de ces ventes est fixé à tO cent.
COUR
[1,11- 100 fr. [l. 2Smai I8b8; L. :tjuillel, 1801). I.e miiiiriiiim de la valeur dos lois est de 100 fi'., a moins que ce chili're n'ait élé abaissé par le li'ibimal ou le juge cornmissoire (l)écr. Gjuiii 18t)3). Il existe, à Paris, des couv- Ikrs-gouriiiets-piqiteurs de vin, institués par un décret du 12 décembre d813, pour servir d'experts en cas de contestations sur la qualité des vins. Ils doivent fournir un cautionnement el prêter serment devant le tribunal de commerce. — Les courtiers d'assuranceset les courtiers de navires sont assujettis à un droit lixe do patojitc qui varie de .ïO à 300 fr., suivant leur résidence, à une taxe également variable par employé en sus de cinq, et à un droit proporlioiinei du dixième sur la valeur loealive do tous les locaux occupes. Les courtiers en marcliaiulises sont classés dans les tableaux annexés à la loi des patentes du li. juillet ISSO, suivant le genre de commerce dont ils s'occupent. » (Ch. Y.)
COURTIL s. m. [kour-ti] (lut. ckors, chorlis, cour). Pctitjardin.
" COURTILIÉRE s. f. (rad. courtil). l-.utom. Genre d'orlhopLéres sauteurs, comprenant plusieurs espèces d'un aspect bidenx. Les courlilières, apfielécs aussi tiinpcs-grilkiiis (r/ryllo-talpa), vivent sous la terre et causent de f,'rands ravages dans les potagers. Ce sont des grillons niodiliés par une vie souterraine. Leurs pattes antérieures sont élargies, trapues, terminées par des tarses dentelés qui l'essemblent h des mains conformées en pelles comme celles des taupes. Engourdies pendant l'Iiiver, elles sortent de leur torpeur au comjncncement du printemps, creusent des galeries dans toutes les directions pour chercher les larves el les vers dont elles se nourrissent. Sur leur passage, elles coupent avec leurs robustes mâchoires les racines qu'elles rencontrent. Les mâles font entendre pendant la nuit un chant doux et faible. Vers la lin do juin, les femelles déposent de 200 à 400 œufs dans une petite fosse qu'elle creuse à une profondeur de 15 cenlim. Les petits ne subissent aucune métamorphose; ils naissent à l'état parfait; il ne leur manque que les ailes, et celles-ci ne viennent que lorsqu'ils ont atteint l'âge de trois ans.
COURTILLE s. f. Vieux mot signinant petite cour, enclos, jardin champêtre. Il y avait à Paris les courtdles Sainl-.Martin, du Temple, etc. On appela ensuite particulièrement la Courtillc, un village bâti sur une portion de la courtillc du Temple, au haut du faubourg du Temple. Depuis que la Courtille est comprise dans l'enceinte de Paris, elle a cessé d'être le rendez-vous des amaleurs de vin à bon marché.
* COURTINE s. f. (lai. coHina). Rideau de lit : voiirtine de damas (vieux). — Forlific. Mur ordinairement recliligue qui est entre deux bastions, el qui en joint les flancs. Comme c'est l'endroit le mieux flanqué d'une place, on l'attaque et on la mine rarement.
COURTINE (La), ch.-l. de cant., arr. et à 30 Uil. S. d'Aubusson (Creuse); l,033hab.
' COURTISAN s. m. (rad. cour). Celui qui est allaclié à la cour, qui fréquente la cour ; unrusécoiirtisan. — Celui qui courtise quelqu'un, qui cherche à lui plaire, pour en obtenir quelque chose : une coquette aime à se voir entouréi: de nombreux courtismix.
' COURTISANES, f. Femme de mœurs déréglées qui se distingue par une certaine élégance de manières, et qui met à prix ses faveurs : il entretient une courtisnne. — Se dit, particulièrement, dos femmes de cette espèce chez les peuples de l'antiquité et dans les grandes villes d'Italie : la Grèce avait des courtisanes célèbres. — Se dit quelquefois, surtout dans le style soutenu, de toute femme de mauvaise vie qui est un peu au-dessus des prostituées de In basse classe : une vile courtisane.
COUR
COURTISANERIZ s. f. Art de courtiser. — Fig. Bassesse, adulation.
COURTISANESQUE adj. Qui est propre au.x courtisans; qui tient de la courtisanerie.
• COURTISER V. a. Faire la cour à quelqu'un dans l'espérance d'en obtenir quelque chose : courtiser les grands. — CouRïisiîn u.ne FEMME, UNE DEMOISELLE, êlrc assidu auprcs d'elle, chercher à lui plaire : il a épousé cette jeune personne, qu'il courtisait depuis longtemps. — Fig. GoL'nTisEu LES iMiJsios, s'adonner aux lettres, el particulièrement à la poésie.
• COURT- JOINTE. ÉE adj. Manège. Se dit d'un cheval, d'une jumonl dont les articulalions inférieures sont trop courtes : ce cheval est court-jointé.
' COURTOIS, OISE adj. Civil, gracieux dans ses discours et dans ses manières : choiu-lier courtois; courtois aux darnes, envers les ^,ames. — AnMECounToisE, c'était, au moyen âge, une arme dont on se servait dans les tournois, parce que la pointe et le tranchant en étaient émoussés et qu'elle n'était point meurtrière; les armes de guerre étaient appelées : armes émoulues.
COURTOIS (Edme-Bonaventure), conventionnel, né à Arcis-sur-.\ubo en ftiiO, mort en 1810. 11 vota la mort du roi, commit des dilapidations en Belgique, fut rappelé de ce pays, s'acharna à noircir la mémoire de Robespierre, au point de faire disparaître les pièces qui auraient pu plaider on faveur du dictateur, dans l'examen qu'il fut chargé de faire des papiers trouvés chez lui, après sa mort ; car tant qu'il vécut. Courtois n'aurait pas eu le courage de le combattre. Les Papiers trouvés chez Robespierre furent publiés en 179'), in-S°. Plus tard Courtois se lit bonapartiste. La Restauration l'exila comme régicide.
COURTOIS (Jacques). Voy. Borgognone.
* COURTOISEMENT adv. D'une manière courtoise.
' COURTOISIE s. f. Civilité : il l'a traité avec courtoisie. — Bon office : je vous remercie de votre eoui'toisie.
COURTOMER[-nièrrJ,ch.-I. de cant., arr. et à 32kil.N.-E. d'Alençon (Orne); 1,0H hab. Beau château construit peu de temps avant la Révolution.
COURTRAY ou Courtrai, Cortoriacum, flamand, Kortrijk, ville de la Flandre occidentale (Belgique), sur la Lys, à 4.1 kil. S. de Bruges; 32,001 hab. Toiles fines damassées; linge de table renommé dans le monde entier ; dentelles, blondes, etc. Hôtel de ville du xviesiècle; église Saint-Marlinduxiv'siècle. Le 11 juillet 1302, la noblesse de France y fui exterminée par une armée de roturiers flamands. Celte victoire des vilains reçut le nom de (I bataille des Eperons», à cause du grand nombre d'éperonsqui restèrententre les mains des vainqueurs.
COURTS-JOURS (À) loc. adv. A courte échéance : lettre de change à courts-jours.
GOURT-VÉTU, UE adj. Vêtu d'habits courts :
des femmes eourt-vétues.
COURT-VITE s. m. Ornith. Genre d'échassiers prcssirostres, comprenant plusieurs espèces propres aux contrées chaudes de r.\sie el de l'Afrique. Les court-vile, appelés aussi coure-vite, ont à peu près l'aspect des outardes; on vante leur rapidité extraordinaire. Le court-vite isabelle {tachydromus isabellinus), du nord de l'Afrique, vient exceptionnellement en France.
* COURUE, UE part. |:assè do CoLiiiii. — Adjecliv. Recherché : un homme fort couru.
COURVILLE, ch.-l.decant.,arr.età19kil.O. de Chartres (Eure-cl-Lcir); 1,840 liab. Clouterie, tanneries, mJ|.'isicrics. Ancienne sei-
cous
gneurie qui devint marquisat en 16S6. Aux environs, château de VillobMii, où mourut Sully.
• COUSCOUS s. m. [kouss-kouss] (ar. kouskous). iMélan;;c de viandehachée el do farine, réduit en boulettes ti'ès petites qu'on fait frire dans l'huile : le couscous est fort en usage, parmi les indigènes de l'Algérie, de la Gambie et d'une grande partie de l'Afrique centrale.
COUSERANS ou Conserans. partie du pay,-; de Comminges habité priMnlivemenl par lès Consorrani el aujourd'hui compris dans lodép. de l'.Ariège, ch.-l. Saint-Lisicr.
• COUSEUSE s. f. Femme qui coud; se dit parliculiéremenl des femmes qui cousent les livres pour les brocher.
• COUSIN, INE s. [kou-zain] (bas lat. cossofrenus; du lat. consobrinus). Celui qui est issu ou qui descend du frère ou de la sœur d'un autre : cousins germains; cousins issus de germain; cousiiïs au troisième et <iu quatrième degré :
Mais simple, il rpiloiilait
Cris ut clamuiirs de cousin et causiin^. Do ffère cl sœur, et ce qu'à sa moilliî, Avait uni le sang et l'amitié.
VBRGiKn. Fables.
— En France, le roi, dans ses lellres, traitait do Cousin, non seulement les princes d-e son sang, mais encore plusieurs princes étrangers, les cardinaux, les pairs, les ducs, les maréchaux do France, les grands d'Espagne, el quelques seigneurs du royaume. — Prov.
Si telle CHOSE M'.\RniV.\IT, LE noi NE SEIi.ilT
p.\s MON COUSIN, je m'estimerais plus heureux que le roi. On dit de même : Ql.\nd il ,\
TILLE CHOSE, QU.V.ND TELLE CHOSE LUI .\IiIiIVE, LE
iioi n'est PAS SON COUSIN.— Fig. et fam. Se dit de ceux qui sont bons amis," qui vivent en bonne intelligence : si vous faites telle chose, nous ne serons pas cousins.
■ COUSIN s. m. (élymologie inconnuel. Entom. Genre de diplères némocères culicides, dont la piqûre el le bourdonnement sont des plus incommodes. (Voy. Moustique.)— Fam.
cl par un mauvais jeu de mots : Ethe mangé de cousins, avoir toujours des cousins cuez soi, avoir souvent chez soi des parasites qui se disent cousins ou amis.. — Ciiasse-cousin. (Voy. celle expression à son rang alphabétique.)
COUSIN (Jean) peintre, sculpteur, graveur et écrivain français, ne vers IbOO àSaney près de Sens, mort en 1560. D'aucuns prétendent qu'il fonda l'école de peinture française : toujours est-il qu'il publia des traités sur les sciences accessoires du dessin, cl que ses leçons de géométrie et de perspective ont été longtemps :1e guide classique des élèves. Le premier, en France, il peignit à l'huile; sa toile la plus renommée est le Jugement dernier, au Louvre; mais il s'adonna surtout à la peinture sur verre, el traça d'une main habile les vitraux do Saint-Gervais el de Saint- Etienne du Mont à Paris, de la cathédrale et de Saint-Romain à Sens. Il sculpta le mausolée de l'amiral Chabot, aussi bien que l'eiit pu faire Jean Goujon, son ami, et fit le buste de François 1"^' el un Charles-Quinl en bronze. On lui attribue comme graveur la médaille de Catherine de Médicis.
COUSIN (Victor), philosophe, chef de l'éclectisme, ne le 28 nov. 1792 à Paris, mort ù Cannes le 14 janv. 1867. Il fil ses éludes au lycée Charlemagne, remporta en fSlO le prix d'honneur au concours général, entra en 1812 à l'Ecole normale comme répétiteur de littérature grecque el en ISl.ï, succéda à Royer- Collard comme professeur d'histoire de la philosophie à la Sorbonne. Pendant lesCentjours. Cousin s'enrôla dans les volontaires du roi et, en 1817, il fit un voyage scientifique en Allemagne, où l'étude approfondie des théories de Kant, Fichte, Hegel, combinées