CRIM
depuisun demi-siècle. Cette moyenne était de 5,376 affaires pendant la période quinquennale de 1826à1830 ; elle n'estplus que de 3,446 dans la période de 1870 à 1880. Cette diminution est en grande partie imputable à la réforme successive des lois pénales, et aussi à la tendance que lesmagistrats instructeurs ont àcorrectionnaliser (Voy. ce mot). Mais d'un autre côté, on constate que la proportion des récidivistes augmente sans cesse; elle était, en 1830, de 28 p. 100 accusés; en 1881, sur 100 individus condamnés pour crimes, on en comptait 51 ayant déjà subi des condamnations, dont 3 pour crimes et 48 pour délits. (Voy. DÉLIT.)» (Ch. Y.)
CRIMÉE (russe krym; anc. Tauris ou Chersonesus Taui-ica], presqu'île de l'extrémité méridionale de la Russie d'Europe, formant une partie du gouvernement de Tauride; 25,727 kil. carr. ; environ 200,000 hab. Cette presqu'île est reliée au continent par l'isthme de Pérékop, large d'environ 6 kil. AuN.-E. s'étend un bras de mer appelé Sivasli ou mer Putride, qui est séparé de la mer d'Azof par une langue de terre longue de HO kil. et large de I à 2 kil. Lai partie orientale de la Crimée forme une petite péninsule séparée de la province du Caucase par le détroit d'Yénikalé, le Bosphore Cimmérien des anciens. Taudis que la partie septentrionale de la Grimée est une continuation des steppes de Russie, le sud jouit d'un climat presque tropical, ce qui fait que l'on trouve au N. des tribus nomades, tandis que, dans le reste de la péninsule, l'agriculture a été en honneur au temps des Grecs aussi bien que pendant la domination des Génois, celle desTartares et celle des Russes. Les monts de Tauride (Yaila) qui plongent perpendiculairement dans la mer d'Azof, au sud de la presqu'île, présentent une succession de hautes montagnes, de ravines pittoresques, de larges bassins, bien arrosés et couverts d'une riche végétation. Les deux principaux cours d'eau sont le Salghiret son affluent méridional le Karasou. Le sol produit le maïs, le chanvre, le tabac et presque tous les fruits d'Europe et des pays tropicaux. La richesse minérale de la Grimée est insignifiante, à l'exception du sel dont l'iniporlante exploitation est monopolisée par le gouvernement. 11 y a en outre quelques mines de charbon, de porphyre et de beau marbre rouge. Le commerce, presque nul, consiste en exportation de sel, de vin, de miel, de cire, de cuir, de peaux, de laine et de maroquin. La Grimée est divisée en quatre districts : Simféropol, Féodosia, Yalta, et Eupatoria. La capitale est Simféropol ou Akmetchet. La population se compose d'un mélange des nationalités tartare, grecque, italienne et slave. — Lesaboi'igènescimmériens, repoussés par diverses invasions, se retirèrent dans les montagnes et furent connus sous le nom de Tauri. Vers le vi" siècle av J.-C, des colonies grecques de Milet s'établirent dans la Tauride et y fondèrent Théodosia (aujourd'hui Féodosia ou Kaffa), Panticapaeum (aujourd'hui Kertch) etjplusieursaulres villes, qui formaient en 108 av. J.-C. la portion la plus importante des états de Mithridale, roi de Pont. Ce pays resta sous la protection des Romains jusqu'à l'irruption des ,Goths, des Huns, etc., vers le milieu du in° siècle de notre ère; il fit ensuite partie de l'empire byzantin, vit créer, au xiiesiècle, plusieurs établissements commerciaux vénitiens et génois; fut envahi par Genghis Khan vers 1237, devint un brandon de discorde entre les Vénitiens et les Génois, sans cesser d'appartenir aux khans tartares, dont Bakhtchiséraï était la capitale. Les Ottomans qui s'emparèrent de la Crimée en 1475, chassèrent li'S Génois de Kaffa, leur forteresse, et fermèrent la mer Noire aux nations Occidentales; mais ils abandonnèrent aux khans indigènes l'administration du pays. En 1774, l'intervention de l'impératrice Catherine II