CUER
CUEILLAGE s. m., ou Cueille s. f. [Il mil]. Action de cueillir; saison où l'on cueille les
fruits.
CUEILLAISON s. f. Epoque de cueillir; action de cueillir des fruits.
• CUEILLETTE s. f. [keu-iè-le ; // mil.]. Récolte des fruits que donnent certains arbres : la cueillette des olives, des pommes, des poires, des amandes, elc— Mar. marchande. Charger UN navire a la cukillkïte, en cueillette, le charger de marchandises appartenant à dill'érents chargeurs.
• CUEILLIR v. a. [keu-yir; H mil.] (lat. colli^ gère, rassembler). .Je uMi'ille. Je cueillais. Je cueillis. Je cueillerai. Je cueillerais. Que je cueille. Que je cueillisse. Cueillant. Cueilli, ie. Détacher des fruits, des fleurs, des légumes de leurs branches ou de leurs tiges : cueillir des fruits, des fleurs. — Cueillir un bouquet, cueillir des fleurs pour en former un bouquet.
— Fig. Cueillir des palmes, cueillir des lauriers, remporter des victoires.— Fig. Cueillir UN baiser, prendre, donner un baiser à une femme. %» Jargon. Arrêter : des sergots l'ont cueilli au 7noment du vol.
• CUEILLOIR s. m. [Il mil.]. Panier dans lequel on met les fruits que l'on cueille.
CUENCA [kouènn'-ka]. I. Province d'Espagne, iNouvelle-Castille ; 17,418 kil. carr.: 243,000 hab. Territoire extrêmement montagneux. Principaux cours d'eau : Jiicar, Gabriel et Guadiela. Production de bois, de miel, d'huile, de fruits, de chanvre, de lin, de grains et de vin. Exportation de safran et de laine.
— II. Cap. de cette province, l'une des villes
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Cuenca.
les plus pittoresques de l'Espagne, i environ 1,000 m. au-dessus du niveau de la mer, sur l'Huescaret le Jucar,àl33kU.S.-E.de Minliid ; popul. 9,744 hab. Autrefois célèbre comme centre artistique, littéraire et industriel, Cuenca est encore remarquable par son aspect moresque, par sa cathédrale et par sa situation. On y fabrique des lainages et du papier. Les carlistes s'en étant emparés le 14 juillet 1874, traitèrent avec la plus grande cruauté la garnison et les habitants. Le général Lopez Pinto parvint à délivrer les prisonniers, le 19 juillet.
CUENCA ou Rambae, capitale delà province de Cuenca (Ecuador), dansune belle situation, au milieu de la vallée de Cuenca, à 2,581 ni. au-dessus du niveau de la mer et à 105 kil. S.-E. de Guayaquil; environ 40,000 hab. Fabrique de sucre, de cotonnades, de chapeaux, de poterie, de fromages, etc. Commerce de grain et d'écorce de cinchona. Aux enviions se trouvent de remarquables ruines indiennes. Lat. 2° 55' 3" S. Long. 81° 33' 38" 0.
CUERS, [ku-èr]. ch.-l. de cant., arr. et à 21 kil. iN.-E. de Toulon (Var); 3,383 hab.
Commerce d'huile. Ruines d'un château féodal.
CUEVA (Juan delà) [koué-va], poète espagnol, né àSéville vers L550, mort vers 1608. Il a laissé plusieurs drames, une épopée sur la conquête de Sévillepar Ferdinand III, ut une centaine de ballades. Son Egemplur poético, écrit en 1605 et imprimé pour la première fois en 1774, est le plus ancien poème didactique espagnol.
CUGNOT (Nicolas-Joseph), ingénieur, né à Void (Lorraine), en 1725, mort à Paris eu lbU4, inventeur de la 1™ voiture à vapeur.
CUIDER V. a. Croire, penser (vieux).
* CUILLER ou Cuillère s. f. [kui-iè-re ; Il mil.] (lat. cochlciir; de cochlea, coquille). Ustensile de table dont on se sert ordinairement pour manger le potage etd'aulres aliments liquides ou de peu de consistance : cuiller d'élain, d'argent, de vermeil. — Cuiller a potage, cuiller pour servir le potage. On dit par anal. Cuiller a RAGOUT, etc. — Biscuit a la cuiller, biscuit long et mince fort léger. — Ustensile de cuisine servant à dresser le [lotage, et à divers autres usages : cuiller de bois, cuiller à pot. — Ustensile en forme de cuiller, dont les artisans se servent pour les usages particuliers de leur art : faire fondre du plomb, de la poix-résine dans une cuiller de fer. — Bot. Pétales en
CUILLER, feuilles EN CUILLER, etc., pétalCS,
feuilles, etc., qui ont la forme d'une cuiller.
* CUILLERÉE s. f. Ce que contient une cuiller : inir cuillerée dépotage.
' CUILLERON s. m. La partie creuse d'une cuiller. — Entomol. et Bot. (V. S.) ^.^^^„ CUIQaE SUUM Inc.
^jg; -=5,^ lat. (Kui-kue-su-omm j
Mg! ïiLi ^ chacun le sien.
^^ • CUIR s. m. (lat. co- ^1=5 rium ). Peau épaisse de certains animaux : il.
i le cuir dur et rude.
- Peau des animaux, HiKiiid elle est séparée de Ut chair et corroyée :
ruir de vache. — Faire LUI ciiti d'authui large roiRiiOlE, être libérai du bien d'aulrui. — Cuir bouilli, cuir cuit et pré- ;j;iré pour en faire quelque ustensile : bouteille 'h- cuir bouilli. — Cuir \ RASOIR, bande de cuir préparée pour donner le lil aux rasoirs. — Cuni DB LAINE, étolfe do laine, croisée et très forte. — Peau de l'homme ; les sérositts qui s'amassent entre cuir et chair. — Prov. Pester entre cuir ET CHAIR, être mécontent sans ose'r le dire. — Cuir chevelu, portion de la peau humaine qui porte les cheveux. — ■ Encycl. Le cuir est le composé insoluble que forment la gélatine et la librine des peaux d'animaux, quand on les met en contact avec l'acide tannique. On donne aussi, d'une façon générale, le nom de cuir à des peaux qui ont été conservées sans une pareille union de la gélatine avec l'aide de l'acide tannique, ou qui ont été préparées avec un autre agent que cet acide. — Dès la plus haute antiquité, on a fabriqué du cuir. Les Hébreux savaient, en le corroyant, lui donner de brillantes couleurs, et ils l'employaient, d'après le système égyptien, à une foule d'usages, et particuhèrement à faire des vaisseaux pour contenir de l'eau. Les sculptures et les peintures de Thèbes nous font connaître dillérentes méthodes de fabrication du cuir pratiquées par les peuples anciens, et il faut reconnaître que nos méthodes n'ont pas fait beaucoup de progrès. Le nœud gordien était fait de lanières de cuir.
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* CUIR s. m. Pop. Vice de langage qui consiste à mettre, à la fin des mots, des t pour des s, ou bien à faire usage de ces mêmes lettres sans nécessité, pour lier les mois entre eux : il va-t-à Paris est un cuir; ilva-z-à Paris est un velours.
* CUIRASSE s. f. Principale partie de l'armure, qui est ordinairement de cuir ou de fer, et qui couvre le corps par devant et par derrière depuis les épaules jusqu'à la ceinture ; bonne cidmsse. — Le défaut de la cuirasse, l'intervalle qui est entre la cuirasse et les autres pièces de l'armure qui s'y joignent.
— Fig. et t'am. Le défaut delà cuirasse, l'endroit" faible d'une personne, d'un écrit : il a trouvé le défaut de la cuirasse. — Fig. Endosser LA CUIRASSE, prendre le parti des armes,
— Hist. nat. Plaques qui revêtent certains poissons. — Revêtement métallique qui protège les navires contre l'action du boulet. — *». Sorte de corsage en forme de cuirasse, à la mode en IS8I.
* CUIRASSÉ, ÉE part, passé de cuirasser.
— Se dit lig. et fam., au sens moral, d'une personne bten préparée à toute espèce d'attaque, de surprise: il croyait le surprendre, mais il l'a trouvé bien cuirassé. — Qui est endurci aux affronts, ou qui n'est plus capable de sentir les remords : c'est un homme cuirassé.
— N.^vire cuirassé, navire protégé par une cuirasse. — »v Substantiv. Un cuirassé. — Un vermouth cuirassé, un verre de vermouth additionné de curaçao. — Cuirassé est quelquefois svnon. de carabiné, pris dans le sens de violent, de très fort ; ils ont fait une noce cuirassée. — Encycl. On nomme cuirassé un navire que l'on a revêtu d'une armure ou de (ilaques de fer, afin de le rendre impénétrable au feu de l'artillerie. Les Normands du su» siè-cleplaçaientdesbandagesdefer autour de leurs vaisseaux; les croisés protégeaient les leurs ;par un*moyen semblable. En 1782, le chevalier d'Arçon imagina des batteries tlotlantes pour bombarder Gibraltar; en 1814, Fulton construisit pour les Etats-Unis la batterie flottante à vapeur nommée d'abord Hemolo^os, et plus tard le Fulton; on n'en fit jamais usage et elle sauta accidentellement en 1829. Son successeur, Fulton H, steamer à aubes, construit en 1838, était couvert d'épaisses plaques de fer. En 1826, un écrivain anonyme publia à Paris un projet de frégates cuirassées. Le général Paixhans recommanda de fortifier les navires français en les revêtant de plaques de fer; mais son projet fut repoussé en 1841. John Podd Diake émit en Angleterre des opinions semblables vers la même époque. Des expériences faites aux Etats-Unis pour tenir la force de résistance I des navires à la hauteur des progrès accoin plis dans l'artillerie, firent décider la con^ truction d'une batterie, qui fut commencée en 18;)4 seulement et n'a jamais été terminée. En France, on fit une série d'expériences, de 1S4:i à 1844. Dupuy de Lôme publia, en 1841), un mémoire pour demander la construction de frégates revêtues de plaques de fer moins épaisses que celles que l'on croyait nécessaires, d'après les expériences. Deux ans plus tard, Gervaize proposa un modèle de navire à hélice tout en fer, et affirma qu'un bâtiment de ce genre pourrait être emplové comme bélier. Ces dilférentes idées furent négligées jusqu'en 1 8H4, époque où commença la guerre de Crimée. C'est alors que l'empereur des Français autorisa M. Guieysse à faire de nouvelles expériences, dont les résultats furent satisfaisants. On couslruisil
Fig. I. — La DéTaslation.
alors cinq batteries flottantes : la Dévastation (Ilg. 1), la Tonnante, la Lave, la Foudro'jante
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parée et dut rentrer à Norfolk. La victoire da Monitor renversa les idées dominantes et changea les méthodes d'architecture navale. Ce qui distinguait particulièrement le Monitor (Fig. 4), était une tourelle tournante composée de huit plaques de fonte, épaisses d'un en chêne, ép.iisse de 20 cent. Le 17 oct. 18oo, ! pouce et boulonnées ensemble. La tourelle la Lave, la Tonnante et la Dévastation atta- | mesurait 20 pieds de diamètre et 9 pieds de quèrent la forteresse russe de Kinburii, et la ! haut ; elle contenait 2 énormes canons dahl-
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et la Congrève, longues de 53 m. à la ligne de flottaison, larges de 14 m., et hautes de 2 m. Irt au-dessus de l'eau. Chacune d'elles portait 18 canons, dont deux à l'avant. Les plaques métalliques du revêtement, épaisses de 12 cent., étaient soutenues par une carcasi^e
réduisirent au silence après un bombardement de o heures. Les Français, qui, cette j fois avaient été les premiers à profiter de leurs propres expériences, commencèrent à Toulon, le 4 mars IS.^S, la construction de la Gloire (Fig. 2). frégate cuirassée de I" classe, !
Fig. 2. — La Gloire.
à hélice, armée d'éperons, afin d'agir comme bélier. Sa longueur était de 84 m.; sa largeur de 18 m.; elle portait 36 canons. Son armure, qui ne couvrait que la moitié de ses flancs, se composait de plaques épaisses de 12 cent., placées sur une charpente de 65 cent, d'épaisseur. On commença presque aussitôt la Normandie et l'Invincible, sur le même plan, et la Couronne, d'après le plan tracé par M. Audinet. L'Angleterre, distancée par nos travaux sur l'architecture navale, entra avec hésitation dans la voie que suivaient les ingénieurs français. Elle eut bientôt des batteries flottantes, sur le modèle des nôtres, et des frégates cuirassées : le Warrior, le Blach- Prince, la Dcfcnce, la Queen, la Résistance, servîtes imitations de la Gloire française. C'est alors que le gOLivernement français ordonna la construction du Magenta et du Sotférino, admirables vaisseaux de 52 canons, forteresses flottantes dont on a fait beaucoup d'éloges et beaucoup de critiques. L'Autriche et l'Italie commencèrent à construire des navires cuirassés en ISliO; les Etats-Unis en 1861. Le premier bâtiment américain de ce genre fut le Saint-Louis (Fig. 3). Vers le commencement de la guerre de sécession, la frégate en
gren placés côte à côte, tournant avec la tourelle, et lançant des boulets pleins de 166 livres, avec une charge de 15 livres de poudre. La coque du navire, toute en fer, mesurait 127 pieds de long, 36 de large et 12 pieds de profondeur de cale; la longueur totale du navire, au-dessus de l'eau, était de 173 pieds, sa largeur de 40 pieds et demi. Cette énorme masse de fer avait été construite à Greenpoint (Brooklvn) en 100 jours, et avait coûté 275,000 dollars (1,375,000 fr.). Entraîné par son propre poids, le Monitor ne tarda pas à couler. Son triste sort n'effraya point les conslructeurs, et tous les peuples
Fig. 3. — Le Saiat-Louis.
bois le Merrimack, qui avait été coulée dans la rade de Norfolk, l'ut relevée par les confédérés et convertie en bélier cuirassé, appelé la Virginia. Elle était revêtue de deux couches de lames de fer, épaisses de 6 cent., posées sur une carcasse de chêne et inclinée d'environ 45°. Le 8 mars 1802, cette frégate coula le Cumberland et le Congress dans la rade d'Hanipton. Le 9, elle venait d'attaquer la frégate Minnesota, lorsque survint le Monitor (Fig. 4),
Fig. 4. — Le Monitor(élévaiu)ii|.
nouveau cuirassé, construit par John Ericsson, de New-York, et après un copjbal remarquable quoique peu prolongé, elle fut désem-
Fig, 5. — Timby's revolving lurrct.
voulurent avoir des monitors. Le système des tourelles tournantes était loin d'être nouveau; il est dû a l'aniériciin Théodore R. Timby, qui en avait construit un modèle en 1841, breveté en 1843. Noire fig. '6 montre la coupe de son appareil, appelé Timby's revolving turret. Toutes les nations maritimes, prises d'une fièvre subite, se mirent à transformer leurs
bâtiments à vapeur en
bois, en les rasant et en les cuirassant. En 1863, les Anglais mirent sur les chantiers leur fameux ]kllerophon, construit d'après le système cellulaire déjà adopté pour les ponts tu- ' ulaires. Ce mode de doute couverture donne plus 0 force aux parois et otïre lus de sécurité; il présente, de plus, l'avantage
de résister aux torpilles,
r ~ contre l'effet desquelles
- - E.J.Reed,ingénieurenchef
de la marine anglaise, prémunit autant que possible ce nouveau bâtiment, en le divisant en compartiments étanehes. — Les cuirassés offrent deux types bien diflérents : ceux dans lesquels les batteries sont protégées par une armure placée sur la muraille, comme dans le Warrior, l'ilercules et le Betlerophon; et ceux dans lesquels les batteries se trouvent dans des tourelles, comme dans le Monitor, le Thunderer et la. Dévastation. Indépendamment de ces différences, ils sont divisés en plusieurs classes, suivant qu'on les destine à faire des croisières, à défendre les ports, à garder les côtes et à opérer sur les lacs et sur les rivières. Tandis qu'il existe une certaine ressemblance dans tous les navires de chaque classe, il y a plusieurs dilièrences de détail. L'armure d'un cuirassé à batteries destiné à opérer en mer, atteint sa plus grande épaisseur dans i'Uercuks (23ceal.
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