CUL
CULB
Iricité. Il fond à la chaleur rouge (de IjSOO" b. I,4o0» C); lorsqu'on le chatille à blanc, les vapeurs qui l'entourent brûlent avec une flamme verte. Symbole, Cu ; poids équivalent, 31-7. Il cristallise dans les formes du système isomérique. 11 forme, avec l'oxygène, deux composés principaux : le composé noir, ou oxyde cuprique ou cuivrique, appelé souvent protoxyde de cuivre : Cu 0; elle composé rouge ou oxyde cupreux ou cuivreux, nommé aussi siiboxyde ou dinoxyde de cuivre : Cu- 0. L'un et l'autre de ces oxydes se trouvent dans la nature et constituent les minerais de cuivre; on peut aussi les obtenir artificiellement. — Les principaux sels de cuivre sont : le sulfate de cuivre ou vitriol bleu, le nitrate de cuivre, les acétates, contenus dans le vert-de-gris; Vursénite ou vert de Scheele; V acéto-arsinite ou vert de Schweinfurth; l'oa-j^fA/orun' ou vert de Brunswich, et le carbonate artificiel. — Les principaux minerais dans lesquels on trouve ce métal sous une forme oxydée sont : l'oxyde rouge et l'oxyde noir, dont il a été parlé plus haut; les carbonales natifs et les beaux minéraux appelés azurite et malachite. — Le soulîre se combine avec le cuivre en deux proportions qui correspondent aux deux oxydes dont il a été question. La plus abondante de ces combinaisons est le minerai de cuivre jaune ou cuivre pyriteux, ou pyrite de cuivre, qui présente une couleur d'un jaune bronzé ; ce minerai est brillant et, de même que les autres minerais de cuivre sulfuré, assez tendre pour se couper au couteau. Dans sa forme la plus pure, il contient 34-6 p. 100 de cuivre, 34-9 de soufre et 30-;i de fer ; mais il se trouve presque toujours mécaniquement mélanfié avec plus ou moins de pyrite de fer. ■ — Allié au zinc, le cuivre forme l'airain; avec l'étain, il donne le bronze et le métal des cloches; et avec le zinc et le nickel, il produit le métal allemand ouargent allemand. Un alliage de cuivre avec b à 10 p. 1U0 d'aluminium est connu sous le nom de bronze d'aluminium, jolie substance jaune d'or, élastique, dure, peu oxydable et employée dans les arts. — Mi.nér. Le cuivre natif, ainsi que ses minerais, se trouve comme la plupart des autres métaux, disséminé en lits de diverses espèces de roches, ou en veines déposées dans les fissures qui entrecoupent certaines roches. On le rencontre dans les couches dedifférentsâges géologiques; dans les schistes cristallins de l'âge éozoïque du grand système appalachien, de Québec à la Géorgie, et dans les roches crislallines des montagnes Rocheuses, du Chili, des monts Ourals, de Norvège, de Suède, de Cornouailles et du ûevonshire (Angleterre). Le cuivre, qui se trouve dans les veines, s'y rencontre souvent en masses pesant plusieurs tonnes, mais le m('tal disséminé est en masses plus petites et en conglomérats, comme dans la mine de l'Hécla, qui produisit 8,000 tonnes en 1872, c'est-àdire la dixième partie de la production totale du globe. Le Chili est le premier pays pour l'iniiustrie minière du cuivre. Sa production totale est estimée à une moyenne annuelle de 43,000 tonnes. Il existe aussi des mines productives en Australie, en Perse, dans l'Inde, en Cochinchine, au Japon, au Maroc, dans l'Afrique méridionale, en Sibérie et dans les monts Ourals. Le produit moyen de la Russie est d'environ 4,500 tonnes par an. La mine de cuivre suédoise de Fahlun, en Dalécarlie, autrefois très productive et exploitée depuis plus de 1000 ans, n'a plus lamêmeimportance depuis un siècle. L'Allemagne tire le cuivre qu'elle consomme du Taunus, en Westphalie, d'Eifel, des monts Hartz et de la Saxe prussienne. Dans la Prusse seulement, il existe IbO mines de cuivre, occupant, en 1869, 7,000 mineurs et produisant 215,000 tonnes. Les plus importantes mines de l'empire aslrichien se trouvent en Hongrie, et produisirent 2,700 tonnes en 1869. Le produit
du cuivre en Italie est d'environ 1,000 tonnes par an. En France, nous avons des mines de pyrite cuivreuse à Chessy-Ies-Mines qui produisent environ 100 tonnes par an. Ces mines étant insuffisantes pour sa consommation industrielle, la France est forcée de demander à l'étranger les minerais qui lui manquent. L'Espagne est l'un des premiers pays européens pour la production du cuivre; ses mines lui fournissent environ 6,000 tonnes de ce métal; le Portugal en exporte une grande quantité en Angleterre. Ce dernier pays possède les mines, autrefois productives, de Cornouailles et du Devonshire. Il y a aussi des mines dans le Cumberland, dans le pays de Galles et en Irlande. — Mktall. A l'exception du cuivre natif provenant du lac Supérieur et d'une petite quantité du Pérou et do la Bolivie, presque tout le cuivre s'obtient de minerais sulfurés ou oxydés, qui exigent, pour la séparation du métal pur, des opérations longues et coûteuses. Il y a deux procédés, l'un par la voie sèche, l'autre par la voie humide. Pour le premier, l'opération doit avoir lieu dans un fourneau; le second permet de séparer le cuivre sous une forme dissoute dans une solution aqueuse et de le précipiter.
* CUI'VRÉ, ÉE adj. Qui a la couleur du cuivre : teint cuivré. — »* Sonore comme un instrument de cuivre : ce chanteur a des intonations cuivrées.
CUIVRER v, a. Revêtir d'une couche de cuivre ou de feuilles de cuivre. — Se cuivrer V, pr. Prendre une teinte cuivrée : son teint se cuivra au soleil.
CUIVREUX, EUSE adj. Qui a rapport au cuivre, qui ressemble à ce métal : couleur cuivreuse. — Qui a le son du cuivre : l'Oi'o; cuivreuse. — Chim. Se dit de l'oxyde formé par le premier degré d'oxydation du cuivre : oxyde cuivreux. — Se dit des sels de cuivre dans lesquels entre l'acide cuivreux : sel cuivreux.
CUIVRIQUE adj. Chim. Se dit d'un oxyde formé par le deuxième degré d'oxydation du cuivre. — Se dit des sels de cuivre dans lesquels entre l'acide cuivrique,
CUJAS (Jacques) [ku-jass], jurisconsulte français surnommé le Papinien de son siècle, né à Toulouse d'un tondeur de draps, en 1520 ou 1322, mort à Bourges le 4oct. 1590, Sans maître, il apprit le grec et le latin, et étudia le droit sous Arnaud Ferrier, Il se chargea de l'éducation du jeune de Pibrac, fils du président Dufaur, et professa ensuite le droit à Cahors (1534), fut nommé par L'Hôpital à la chaire de Bourges (1555), où il ne put rester à cause de la jalousie d'un de ses collègues. Il se retira alors à Valence, qu'il quitta bientôt par ordre pour revenir à Bourges jusqu'en 1367, époque où il retourna à Valence. En 1570, il fut nommé prote^seur à Avignon, et en 1373, conseiller homaaire au parlement de Grenoble. Puis il alla à Turin, où l'appelait la duchesse de Savoie, revint à Bourges, quitta cette ville pour enseigner le droit à l'Université de Paris, (1o76-'77), revint définitivement à Bourges, Une statue lui a été élevée à Toulouse en 1850, Outre les Institutes et les Pandectes de Justinien, il a publié, et expliqué une partie du Code de Théodose; la Basilique, traduction grecque du droit de Justinien, des commentaires sur les Consuetudines Feudorum, et quelques livres sur les Décrétales. Ses Observations et Corrections sont fort estimées des philologues. La meilleure édition de ses œuvres est celle de Fabrot (10 voL Paris, 1658).
CDJELIER s. m. Nom vulgaire de l'alouette
des bois, appelée aussi hilu.
* CUL s. m. [ku] (lat. culus). Le derrière, cette partie de l'homme qui comprend les fesses et le fondement : il tomba sur son cul, sur le cul. — Avoiii le cll sl'r la selle, être à cheval. — La tète a eupokté le col, se dit en
parlant d'une personne qui est tombée la tête en bas, le cul en haut. — Donner du pieO au CUL a un valht, le chasser de son service. —
Y ALLEU DE CUL ET DE TÊTE COMME UNE CORNEILLE QUI ABAT DES NOIX, OU Simplement Y ALLER DE CCL
ET DE TÊTE, s'employer avec ardeur et sans précaution pour faire réussirquelquechûse, — Pop. Prendre son cul pour ses chausses, se méprendre grossièrement. — Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, le serrer de si près, qu'il ne peut échapper, qu'il ne peut s'empêcher de faire ce qu'on veut. S'occuper dequelqu'un pour examiner et censurer sa conduite, son caractère, — Montrer le cul, se dit, par exagération, d'un homme dont les habits ne valent rien et sont tout déchirés : cet homme montre le cul, on lui voit le cul. On le dit aussi, figurément et bassement d'un homme, qui témoigne de la laiblcsse lorsqu'on attendait beaucoup de son courage, de sa fermeté, — Se trouver, être, demeurer entre deux selles LE CUL A TERRE, sc dit locsque, de deux choses auxquelles on prétendait, on n'en obtient aucune, ou lorsque, ayant deux moyens de réussir dans une ali'aire, on ne réussit par aucun des deux, — .arrêter quelqu'un sur cul, l'arrêter tout court, — Mettre une personne a CUL, la mettre dans l'impossibilité de reculer davantage, d'éluder plus longtemps. — Cul DE PLOMB, se dit d'un homme laborieux et sédentaire : c'est un cul de plomb et une tête de fer. — Cul-de-jatte (Voyez ce mot à son ordre alphabétique),— Jouer A cul levé, jouer les uns après les autres, en prenant la place de celui qui perd, — Se dit aussi en parlant de quelques animaux : le cul d'un singe. — Faire LE CUL DE POULE, faire une espèce de moue, en avançant et pressant les lèvres, — Paille- EN-cuL (Voyez Paille,) — Cul-blanc (Voyez ce mot), — L'anus, par oùsortent les excréments : le ad d'un homme, d'un cheval, d'une vache, d'une poule. — Prov. et bass. On lui boucherait le cul d'un grain de millet, se dit d'une personne qui a grand'peur. — Baiser le cul A quelqu'un, lui témoigner une soumission servile et lâche. — Prov. Péter plus haut que LE CUL, entreprendre des choses au-dessus de ses forces; prendre des airs au-dessus de son état : il ne faut pas péter plus haut que le ctil. — Partie inférieure, fond de certaines choses : le cul d'un verre, d'une bouteille, d'une lampe, d'un baril, d'un tonneau. — Mettre un TONNEAU sur cul, le lever sur son fond; ou, figurément et familièrement, le vider. — Mar. Ce BATIMENT ESTSURCUL, son arrière csttropenfoncé dans l'eau, — Art vétér. L'œil de ce CHEVAL EST CUL DE VERRE, le Cristallin de son œil a une opacité qui annonce une cataracte,
— CuL d'artichaut, partie charnue d'un artichaut, qui en fait le fond. — Col-de-sac, (Voyez ce mot), — Cul-de-lampe (Voyez ce mol).
— Cul de basse-fosse, cachot souterrain creusé dans la basse-fosse même : on le mit dans un cul de basse-fosse. — Le derrière d'une charrette : mettez cela au culde la charrette. — Mettre une charrette a cul, la mettre les limons en haut,
CULARO, plus tard Gratianopolis, en l'honneur de l'empereur Gratien, aujourd'hui Grenoble, ancienne ville ds la Gallia Narbonensis sur risara (Isère).
•CULASSE s. f. Partie de derrière d'un canon : canon renforcé sur la culasse. — Se dit aussi des fusils, des mousquets et des pistolets : démonter la ctdasse d'un fusil.
' CUL-BLANG s, m. Nom vulgaire de la bécassine et de plusieurs autres oiseaux dont la partie postérieure estblanche endessous.
CULBUTABLE adj. Qui peut être culbuté, CULBUTANT s, m. Sorte de pigeon qui fait
des culbutes en volant.
* CULBUTE s. f, (de cul; et buter, se heurter). Certain saut qu'on fait en mettant l^ tôle en bas et les jambes en haut, pour retom-
CULI
ber de l'autre côté. — Chute : en descendant les degrés, il a fait une horrible culbute. — Faire la culbute, tomber tout à coup dans la pauvreté, dans la disgrâce, après avoir joui d'une graade fortune^ d'un grand crédit. — Au BOUT DU FOSSÉ LA CULBUTE, Se dit lorsque, se conduisant avec étourderieouavec audace, on veut entendre que, s'il en résulte pour soi des suites fâcheuses, on ne se plaindra point, on les verra d'un œil indifférent.
* CULBUTER V. a. Renverser cul par-dessus tête, ou simplement, renverser, faire tomber: il l'a poussé rudement, et l'a culbuté. — Fig. et fam. Ruiner quelqu'un, détruire sa fortune : cette compagnie a culbuté toutes les compagnies. — V. n. Tomber en faisant laculbute: il fit un faux pas, et culbuta du haut en bas de l'escalier. — Fig. et fam. Se ruiner, perdre sa fortune : ce banquier a culbuté.
' CULBUTIS s. m. Amas confus de choses culbutées.
CUL-DE-FOUR s. m. Voûte sphérique.
* CUL-BE-JATTE s. m. Personne estropiée qui ne peut faire usage ni de ses jambes ni de ses cuisses pour marcher : il est cul-dejatte.
* CUL-DE-LAMPE s. m. Archit. Certain ornement de lambris ou de voûte, qui est fait comme le dessous d'une lampe d'église. Se dit aussi de certains cabinets saillants en dehors d'une maison, et dont la partie inférieure a cette forme. — Typogr. Sorte de fleuron, aujourd'hui moins employé qu'autrefois, qui se termine ordinairement en pointe, et qui sert à remplir le blanc de la page où finit un livre, un chapitre, etc.
CUL-DE-PLOMB s. m. Jargon. Bureaucrate sans intelligence.
* CUL-DE-SAC s. m. Petite rue qui n'a point d'issue. — Place qui ne conduit point à une meilleure, qui ne présente aucun moyen d'avancement : il a eu grand tort d'accepter cette place, c'est un cul-de-sac. On dit beaucoup mieux Impasse.
* CULEE s. f. Archit. Grosse masse de pierre qui soutient la voûte desdernières arches d'un pont, et toute leur poussée.
* CULER V. n. Mar. Aller en arrière, ou reculer : mettre ou brasser les voiles à culer. — »v Aller à reculons.
CULIACAN [kou-li-a-kânn]. I. Cap. de l'Etat de Sinaloa, sur la rive gauche du Culiacan, à 243 kil. O.-IN.-O. de Durango; 12,000 hab. Dans les environs, riches mines d'or et d'argent. Celte ville fut construite sur les ruines de la cité aztèque de Hucicolhuacan, fameuse dans l'histoire du Mexique. — II. Fleuve du Mexique (Etat de Sinaloa), aftluent du golfe de Californie, cours, 300 kil.
CULICIDE adj. (lat. culex, culius, cousin; gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble au cousin. — s. m. pi. Famille de diptères némocères, ayant pour type le genre cousin.
* CULIER adj. m. N'est usité que dans cette locution : boyau culier, le gros boyau qui se termine à l'anus. On dit plus ordinairement, LE rectum.
* CULIÈRE s. f. Sangle de cuir qu'on attache au di-irière du cheval pour emitèchor le harnais de couler en avant. — Archit. Pierre plate creusée pour recevoir' les eaux d'un tuyau de descente, et les conduire dans le ruisseau.
* CULINAIRE adj. (lat. culina, cuisine). Qui a rapport à la cuisine. — Art culinaire, art de préparer la nourriture, de faire de bonne cuisine. L'art culinaire est aussi ancien que la civilisation, et chaque civilisation a eu ses méthodes de cuisine : « Dis-moi ce que lu manges et je te dirai qui tu es » pourrait devenir une locution populaire. Tandis que les Huns barbares se contentaient d'avaler la
CULL
viande simplement échauffée entre leur selle et leurs cuisses, les Grecs civilisés avaient élevé la coelion et raccommodage des aliments à la hauteur d'une science. Des cuisiniers renommés existaient à Athènes au temps de Périclés; l'invention ou le perfectionnement d'un gâteau populaire ou d'une sauce cxcilanleélail un objet d'érudition et de savantes recherches: déjà depuis longtemps les rudes Spartiates faisaient fi du brouet noir. Un exercice favori des cuisiniers athéniens était d'imiter, quand les poissons de choix faisaient défaut, leur saveur, leur forme et leur goût, en se servant de poissons inférieurs, de telle sorte que le goui'met le plus expert ne pût se douter du subterfuge. Les Grecs excellaient dans l'art ornemental culinaire. La gourmandise, fille de l'Orient, s'introduisit à Rome lors des guerres en Grèce; LucuUus la rendit populaire. De même que les Romains vénéraient toutes les divinités des peuples conquis, de même ils adoptèrent, sans préjugés, leurs meilleures méthodes culinaires. Dans un seul repas, on servait tour à tour les paons de Samos, les poulets de Phrygie, les cabris de Mélos, les grues d'Etolie, les thons de Chalcédoine, les brochets de Pessinus, les huîtres de Tarente et de Bretagne , les moules de Chios, les dattes d'Egypte, etc. La viande la plus recherchée des Romains était le porc, particulièrement celle du cochon de lait; il fallut des lois somptuaires pour en limiter la consommation. — Après l'invasion des peuples barbares, l'art culinaire se retira dans les couvents, ainsi que l'étude et le savoir. Au X* siècle, il rentra peu à peu dans la vie laïque ; il y eut de bons cuisiniers à Gênes, à ■Venise, à Florence, à Milan et dans plusieurs autres villes italiennes. Catherine de Médicis en amena avec elle à la cour de Henri 11, et de la combinaison de leurs théories et des anciennes méthodes de la cuisine normande, qui régnaient en France et en Angleterre, naquit cette cuisine française, aujourd'hui arrivée à son apogée et qui n'a pas de rivales. Rien de plus somptueux que les repas servis aux grands seigneurs du xvii'^ siècle par les émules de Vatel, Plus tard, sous Louis XV, brillèrent des célébrités comme Sabalier, Robert, Laguipierre et vingt autres qui apportèrent de grands perfectionnements à l'art d'accommoder et de présenter les mets. Parmi leurs successeurs les plus illustres, il faut citer : Boucher, Lasnes, Leiter, Delauny, Borel, Véry, Soyer, Carême et Goufl'é. Ces deux derniers ont converti l'art culinaire en une science aussi exacte que la chimie; si bien que pour un artiste instruit, une cuisine est un véritable laboratoire. Les principaux procédés de cuisson des aliments sont l'ébullilion, le rôtissage, la friture, le grillage et la cuisson au four. Le but à atteindre en faisant cuire les mets est de leur conserver le plus possible de leur jus naturel. Aussi, lorsque l'on veut les faire bouillir, doit-on les plonger d'abord dans l'eau bouillante; c'est ce que l'on appelle les blanchir; mais la viande du pot-au-feu doit, au contraire, être mise dans l'eau froide que l'on chaulfe graduellement : de cette façon, elle perd tout son jus, qui passe dans le bouillon. Le rôtissage et le grillage des viandes sont les manières les plus saines de les faire cuire en leur conservant toutes leurs qualités naturelles. La cuisson au four donne aux viandes de la saveur et de la tendreté, mais elle les rend un peu indigestes.
CULINAIREMENT adv. En ce qui a rapport à la cuisine.
CULLERA[koul-iè'-ra], ville d'Espagne, près de remboucliure du Jucar, à 3.S kil. S.-S.-E. de Valence; environ 12,47o hab.
CULLODEN, plaine d'Ecosse, près d'Inverness. Le IG avril '1746, le prince Charles- Edouard y perdit une bataille qui mit fin à l'insurrection de 1740.
CULP
CULM ou Kulm [koulm] (polon. Chelmno), ville de la province de Prusse (Allemagne), près de la Vistule, à 34 kil. S.-O. de Marienwerder; 8,500 hab.. Grand commerce de grains. Cette ville, fondée vers 1230, par les chevaliers de l'ordre Teutonique, forma, avec son territoire, l'une des quatre divisions de la Prusse. Elle appartint à la Pologne de 1446 à 1772.
CULM, en Bohême. Voy. Kulm.
* CULMINANT adj. m. Astron. Ne s'emploie que dans cette locution : point culminant, point du ciel où se trouve un astre quand il atteint sa plus grande hauteur au-dessus de l'horizon. — Point culminant, se dit aussi quelquefois, surtout dans les sciences physiques, de la partie la plus élevée de certaines choses : le point culminant d'une chaine de montagnes. — Fig. Le point culminant de sa fortune, le plus haut degré de sa fortune.
•CULMINATION s. f. Astron. Moment du passage d'un astre par le méridien.
•CULMINER v. n. (lat. culmen, culminis, faite). Astron. Se dit d'un astre lorsqu'il passe au méridien.
CULNA ou Khalana, ville du Bengale (Inde), sur l'Huugly, à 75 kil. N.-O. de Calcutta ; environ 40,000 hab. Riz, grains, soie et coton.
* CULOT s. m. L'oiseau le dernier éclos d'une couvée. — Le dernier né des autres animaux, et, fain., le dernier né d'une famille. — Fig. et fam. Le culot d'une compagnie, le dernier reçu dans une compagnie. — Partie métallique qui reste au fond d'un creuset après la fusion, et qui s'est séparée des scories. — Résidu épais et noirâtre qui se forme et s'amasse dans le foyer d'une pipe, lorsqu'elle sert longtemps : le culot d'une pipe. — Petit plateau cylindrique de terre cuite, sur lequel on pose le creuset dans le fourneau, pour le garantir de l'action trop vive du feu. — Partie inférieure d'une lampe d'église.
CULOTTAGE s. m. Action de culotter, de noircir une pipe; résultat de cette action.
' CULOTTE s. f. Partie du vêtement des hommes qui couvre depuis la ceinture jusqu'aux genoux : cidotte de drap. On dit aussi, une paire de culottes, ou simplement, des culottes. — Est aussi synon. de pantalon. — Fig. et fam. Cette femme porte la culotte, elle est plus maîtresse dans sa maison que son mari. — Culotte de bœuf, le derrière du cimier. — Culotte de pigeon, la partie de derrière d'un pigeon. — La culotte d'un pistolet, le morceau de métal rond et creux qu'on attache au bout de la poignée d'un pistolet. — w Sans-culotte. (Voy. ce mot à son ordre alphabétique.) — Pop. Ripaille, bombance : se flanquer une culotte. — Culotte de peau, vieux militaire qui a conservé des habitudes soldatesques.
* CULOTTER v. a. Mettre une culotte à quelqu'un. — Pop. Culotter une pipe, donner à une |ii])e une couleur foncée en fumant longtemps dedans. — Se culotter v. pr. Mettre sa culotte : il ne peut pas se culotter. — Devenir culotté, en parlant d'une f)ipe ; cette terre se cidotte bien. — w S'aguerrir : nos soldats commencent à se culotter. — Se donner une culotte, faire une bombance, s'enivrer : ils sont tous en Ira'm de se culotter.
CULOTTEUR s. m. Celui qui culotte des pipes : culotteur de pipes.
' CULOTTIER s. m. Celui qui fait, qui vend des culottes de peau, des gants, des guêtres, des pantalons.
CULOTTIÈRE s. f. Ouvrière qui fait des culottes, des pantalons.
CULOTTIN s. m. Enfant nouvellement culotté.
* CULPABILITÉ s. f. (lat. culpabilis, coupable). Etat de celui qui est coupable ou ré-
CULT
CULT
CUMA
puté coupable d'un crime, d'un délit : sa culpabiliti' est prouvée.
' CULTE s. m. (lat. ciillus). L'honneur qu'on rend ii Dieu par des actes de religion : culte divin ; les différents cultes. — Le culte extérieur, les cérémonies religieuses qui se pratiquent hors des temples, dans les rues ou dans les champs. — Le culte domestique, lesprières, les lectures pieuses, etc., qui se font en commun dans l'intérieur de la famille. — Théol. Culte de latrie, culte d'adoration que l'on rend à Dieu seul. Culte dedulie, culte de respect et d'honneur que l'on rend aux saints. Culte d'hyperdulie, culte que l'on rend à la sainte Vierge. — Idolâtrie : le culte des idoles; les Chinois rendent à leurs ancêtres une espèce de culte. — Se vouer au culte des Muses, s'adonner à la poésie, aux lettres. — Religion : changer de culte. — Grande admiration, vénération profonde : modèle de piété filiale, il vouait un culte à sa mère. — LégisL « On nomme cidte, l'ensemble des manifestations extérieures qui accompagnent certaines religions et qui sont pratiquées par associations. La liberté de conscience existe légalement en France depuis un siècle; mais la liberté des cultes est encore à obtenir. Quatre communions seulement sont reconnues par la loi et reçoivent des allocations sur le budget de l'Iitat ; les autres cultes ne peuvent être pratiqués publiquement sans l'autorisation du gouvernement, et il est interdit de former, sans cette autorisation, des associations de plus de vingt personnes, pour s'occuper de religion ou d'autres objets, alors même que ces associations seraient partagées en sestions d'un nombre moindre et qu'elles ne se réuniraient pas tous les jours ou à des jours marqués. L'autorisation donnée est toujours révocable (C. pén., art. 291 ; L. 10 avril 1834). La constitution de 1848 avait reconnu la liberté des cultes, et en outre, aux termes d'un décret du 'i8 juin 1848, les réunions ayant pour objet l'exercice d'un culte ont été atïranchies des formalités légales concernant les autres réunions publiques ; mais ces règles libérales furent bientôt mises en oubli, et le décret du 19 mars 1839 les a entièrement ell'acées. La liberté des cultes avait été donnée par la Convention, et les historiens qui ont exprimé le contraire l'on fait par parti-pris ou par suite de défaut de recherches ; car il ne faut pas confondre l'état légal avec de courtes périodes d'anarchie ou de luttes passionnées. Si la loi du 12 juillet 1790, qui rendait aux fidèles de chaque église le droit de nommer leurs pasteurs, a exigé de la part des prêtres de paroisse le serment civique que le Concordat autorise encore aujourd'hui à réclamer des évêques et des curés; si la commune de Paris a ordonné, le 23 octobre 1793, la fermeture de toutes les églises de la capitale, la Convention a décidé, au contraire, par un décret du 7 mai 1794, que « la liberté des cultes serait maintenue et que ceux qui troubleraient un culte quelconque seraient punis selon la rigueur des lois o. La constitution de l'an III respectait aussi cette liberté, mais en déclarant que « nul ne peut être forcé aux dépenses du culte et que la République n'en salarie aucun ». Dès l'an V, c'est-à-dire longtemps avant la promulgation du Concordat, 32,214 paroisses catholiques avaient leurs églises ouvertes et desservies; ce qui fit dire à l'abbé Grégoire que Bonaparte avait entrepris de faire en 1802 ce qui était fait depuis longtemps. Il est vrai que depuis 1793, il y avait séparation de l'Eglise et de l'Etat, et que c'est seulement de 1801 que date le salariat des cultes, ce qui n'est autre chose que du socialisnae d'Etat; mais, quoi qu'en ait dit alors Portails, la reconnaissance officielle de certaines communions était l'exclusion de toutes les autres et non la reconnaissance de la liberté des cultes. Le Code pénal de 1810 (art. 260 et s.) punit ceux qui apportent des en-
traves à l'exercice de l'un des cultes autorisés, et ceux qui outragent soit les objets de ces cultes dans les lieux servant à leur exercice, soit les ministres du culte dans leurs fonctions. La loi du 18 novembre 1814, qui interdisait le travail le dimanche et les jours fériés, a été enfin abrogée par celle du 12 juillet 1880 ; mais la loi du 7 vendémiaire an IV, qui est toujours en vigueur, défend d'établir aucun signe ou emblème religieux en dehors des édilices consacrés au culte ou des maisons particulières, et elle charge l'autorité municipale ou, à son défaut, l'autorité préfectorale d'enlever les signes de ce genre, en prenant les précautions néce.ssaires pour ne pas exciter de troubles. — La législation concernant lecwWtca^/ioftyMeaaujourd'hui pour bases le Concordat (voy. ce mot) et la première partie de la loi organique du 18 germinal anX; mais ces lois, n'ayant pour sanction que la déclaration d'abus qui peut être formulée par le Conseil d'Etat, ne sont pas fidèlement exécutées. Le Code pénal (art. 201 à 208) se contente de punir les critiques, censures ou provocations dirigées contre l'autorité publique et contenues dans des discours ou écrits émanant des ministres des cultes. Les fonctions ecclésiastiques doivent être gratuites, et le clergé catholique est seulement autoiisé à recevoir, pour l'administration des sacrements, des ablations dont le taux est fixé par des règlements rédigés par les évêques et approuvés par le gouvernement (articles organiques 5 et 69). L'exercice des deux cultes protestants reconnus (le culte calviniste ou réformé et le culte luthérien ou de la confession d'Augsbourg) a été réglé par la seconde partie de la loi du 18 germinal an X, et par le décret-loi du 26 mars 1832. La loi du l^'aoïll 1879 a modifié l'organisation de l'Eglise française de la confession d'Augsbourg, en ce qui concerne les pasteurs, les consistoires et les synodes, et un décret du 12 mars 1880, porte règlement d'administration publique pour l'exécution de celte dernière loi. En ce qui concerne l'Eglise réformée, un décret du 12 avril 1880 a réglementé à nouveau ce qui est relatif à l'élection des conseils presbytéraux et des consistoires de cette Eglise. Le culte Israélite n'a été véritablement reconnu qu'en 1808, et c'est seulement depuis la loi du 3 mai 1831 que l'Etat rétribue les ministres de ce culte, lequel a été réglementé par le décret du 23 mai 1848, par celui du 29 aofit 1862, et par le décret-loi des 11 novembre, 5 décembre 1870. Le culte musulman a eil reconnu qu'en Algérie, où il est l'objet d'allocations budgétaires. Les cultes non reconnus ne peuvent, ainsi qu'il est dit plus haut, donner lieu à des assemblées périodiques ou non, sans une autorisation accordée par décret rendu en Conseil d'Etat, à moins qu'il ne s'agisse d'une réunion accidentelle que le préfet peut autoriser (Dec. 19 mars 1839, art. 3). ou d'une réunion publique, organisée dans les formes prescrites par la loi du 30 juin 1881. Le service des cultes est porté au budget de l'Etat pour une somme de 53 millions, sur lequel chiffre les cultes protestants reconnus reçoivent 1,700,000 fr., le culte Israélite 200,000 fr., le culte musulman 216,000 fr. et le culte catholique le surplus. Mais, en comprenant les dépenses faites aux colonies, les dépenses de construction et d'entretien des édifices religieux, les sommes payées par les communes, les revenus des évêchés et des fabriques, les droits prélevés sur les pompes funèbres, les oblations, etc., on a calculé que le culte catholique coûte à la France plus de quatre cents millions par année. Dans l'état actuel de la législation, la commune est tenue de subvenir aux dépenses du culte, lorsque les revenus de la fabrique sont insullisants; elle doit en outre pourvoir aux grosses réparations des édifices religieux à titre de nu-propriétaire do ces édilices (G. civ. GD6);
mais le projet de loi municipale que la Chambre des députés a adopté en mars 1883, affranchit avec justice les communes de ces obligations qui, en principe, doivent être supportées exclusivement par les fidèles. Cette même loi retire aussi aux fabriques les droits qu'elles sont autorisées à percevoir sur le service extérieur des inhumations, tout ce qui, dans ce service, se fait hors de l'église devant être réservé à la commune. N'est-ce pas là encore une mesure équitable et que la liberté de conscience réclamait depuis longtemps ».
(Ch. Y.)
CULTELLAIRE adj. (lat. cultellus, petit couteau), llist. nat. Qui a la forme d'un petit couteau.
CULTELLATION s. f. [kul-tèl-la-si-on] (lat. cultellus, petit couteau). Géom. Chaînage opéré sur un terrain en pente, de manière à réduire les dislances en les réduisant à un plan horizontal, ce qui s'obtenait autrefois à. l'aide d'un couteau.
* CULTIVABLE adj. Susceptible de culture :
terrain cxdtivable.
' CULTIVATEUR s. m. Celui qui cultive la terre, ou qui exploite une terre, un domaine : ce pays manque de adtioateurs. — Adjectiv. les peuples cultivateurs. — »*■ Au fém. : natioti cultivatrice.
CULTIVATIONs. f. Culture; action do cultiver.
* CULTIVER V. a. (lat. colère, cultum). Faire les travaux nécessaires pour rendre la terre plus fertile, et pour améliorerses productions ; cultiver un champ. — S'emploie fig. en parlant des études auxquelles on s'adonne, des arts dans lesquels on cherche à se perfectionner par l'exercice ; cultiver les sciences. — Fig. Former, développer, perfectionner par l'instruction, par l'exercice : il a cultivé mon enfance. — Se dit encore fig. en parlant des relations, des sentiments qui lient des personnes entres elles, et signifie : conserver, entretenir, augmenter : cultiver la connaissance, i'iimitié, la bienveillance, l'affection de quelqu'un. — C'est un homme qu'il faut cultiver, c'est une connaissance a cultiver, c'est un homme dont il faut ménager, entretenir la bienveillance.
CIÎLTRIROSTRE adj. (lat. culter, cultri, couteau ; rostruni, bec). Ornith. Qui a le bec en forme de lame de couteau. — s. m. Troisième famille des échassiers, caractérisée par un bec gros, long etfort, souvent tranchant et pointu. Cette famille est subdivisée en trois tribus : 1° Grues (ag'ami, grue) ; 2" Hérons (savacou, héron, onoré, aigrette, butor, bihoreau) ; 3° Gigognes (cigogne, jabiru, ombrette, becouvert, dronie, tantale, spatule).
CULTURAL, ALE adj. Qui a rapport à la culture de la terre ; études culturales.
* CULTURE s. f. (lat. cultura). Les travaux qu'on emploie pour rendre la terre plus fertile, et pour améliorer ses productions : la culture des champs. — Grande culture, se disait autrefois de la culture qui se fait avec des chevaux, et se dit aujourd'hui de l'exploitation d'un vaste terrain, à laquelle on emploie de grands capitaux, ordinairement en suivant les procédés jugés les meilleurs par les agronomes. Petite culture, se dit par opposition à l'un et à l'autre sens : pays de petite culture. — Fig. Application qu'on met à perfectionner les sciences, les arts, à développer les facultés de l'esprit : la culture des sciences, des arts.
CUMANÂ [kou-ma-nâ]. I. Etat du N.-E. de laré|jublique de Venezuela, sur la mer des Antilles; 300,597 h. Territoire montagneux renfermant quelques vallées fertiles et bien arrosées; climat chaud, mais sain; production de cacao, de coton, de sucre, de tabac,