DEGO
quer un ou plusieurs dégagements. — Cet BABiT DÉGAGE LA TAILLE, SB dit d'un habit qui fait bien paraître la taille de la personne qui le porte. — Chim. Séparer une substance gazeuse, volatile, etc. de celles auxquelles elle était unie : dégager V acide qu'une substance renferme. — Se dit également d'une substance composée qui donne quelque émanation :
cette substajice dégage une odeur sulfureuse.
— Math. DÉGAGER l'inconnue, faire sortir des relations algébriques, où elle était engagée, la quantité inconnue que l'on cherche pour la solution d'un problème. — v. n. Danse. Détacher un pied ou une jambe de l'autre pied ou de l'autre jambe. — Se dégager v. pr. Dégager soi : se dégager de toute responsabilité. — Etre dégagé : ma tête se dégage un peu.
' DÉGAINE s. f. (rad. gaine). Fam. Tournure gauche : quelle dégaine! — D'une belle dégaine, loc. adverb.eliron. D'une façon, d'une manière ridicule, maussade.
* DÉGAINER V. a. Tirer un instrument perçant ou tranchant de sa gaine, de son fourreau. Fam. Mettre l'épée à la main pour se battre : il faut dégainer. — Subslantiv. Etre BRAVE jusqu'au DÉGAINER, se dit d'uu fanfaron; et, fig., de quiconque promet beaucoup et ne tient pas sa parole quand il est question d'agir.
DÉGALONNER v. a. Oter les galons.
* DÉGANTER v. a. Oter les gants : dégantezmoi — Se déganter V. pr. Oter ses gants -.je ne sauraifi nie déganter.
* DÉGARNIR V. a. Oter ce qui garnit : dégarnir un vaisseau de ses agrès. ■ — Dégarnir le centre, les ailes d'une ARMÉE, diminuer \e nombre des troupes qui les forment. — Dégarnir UNE PLACE, en retirer une partie considérable de la garnison ou des munitions. On dit dans un sens analogue : dégarnir les côtes, les frontières, etc. — Dégarnir un arbre, en ôter les branches inutiles qui viennent mal.
— Oter ce qui forme la garniture d'une chose, les ornements, les accessoires, etc., qu'on y avait fixés, attachés, cousus : dégarnir une chemise, une robe. — «^ Typogr. Enlever, avec le châssis, les diverses parties de plomb et de bois qui séparent les pages, soit pour transposer ces dernières, soit pour exécuter des corrections considérables. — Enlever les lignes de pied, de tête, les titres, les notes, etc., pour préparer la distribution aux paquetiers.
— * Se dégarnir v. pr. Etre décarni : vos pêchers se dégarnissent. — Se vêtir, se couvrir plus légèrement : ï7 s'est enrhumé pour s'être dégarni trop tôt. — Comm. Se dessaisir de son argent comptant.
* DÉGÂT s. m. (rad. gâter). Ruine, ravage, détriment causé par une force majeure, par un accident quelconque, comme tempête, grêle, gens de guerre, etc. : la grêle fit un grand dégât dans les vignes. — Absol. Faire LE uÉG.vr, ravager, dévaster. — Consommation de denrées, de vivres, faite avec désordre et sans économie : on a fait un grand dégûtde bois, de vin dans cette maison.
' DÉGAUCHIR. V. a. Dresser le parement d'une pn'i'ic, d'une pièce de charpente ou de nienuiscrii\ fie — Fig. Corriger la gaucherie.
— Se dégauchir v. pr. Dégauchir soi, être dégauclii.
* DÉGAUCHISSEMENT s. m. Action de dégauchir.
DÉGAZER V. a. Chim. Expulser le gaz.
DÉGAZONNEMENT s. m. Action d'enlever le gazon.
DÉGAZONNER v. a. Enlever le gazon. — Se dégazonner v. pr. Pop. Perdre ses cheveux.
* DÉGEL s. m. Fonte de la glace, de la neige par l'adoucissement de l'air : le dégel est venu inul à coup.
DEGELEE s. f. Pop. Grand nombre de coups
successifs.
* DÉGELER v. a. (rad. geler). Faire qu'une chose qui liait g-elée cesse de l'être : le vent qu'il a fait depuis peu a dégelé la rivière. — v. n. La rivière dégèle. — Impers. : il dégèle.
— Se dégeler v. pr. Etre dégelé : l'eau de celle fontaine commence à se dégeler.
' DÉGÉNÉRATION s. f. État de ce qui dégénère : la dégénération des plantes. — Méd. Altération qui survient dans les solides ou dans les liquides; changement de quelque partie en une substance morbide : dégénération cancéreuse.
* DÉGÉNÉRER v. n. [Ui.degenerare). S'abâtardir. Se dit des hommes, des animaux, des plantes, etc., qui, par l'elfet de la reproduction successive, perdent plus ou moins de leur force, de leur bonté, de leur beauté, ou de quelque autre qualité remarquable : l'espèce humaine a dégénéré. — iN'avoir pas autant de noblesse, de vertu, de mérite que ceux dont on estsorti, ne pas suivre leursbons exemples: cette race a bien dégénéré. Dans cette acception il se construit souvent avec la préposition de: dégénérer de ses ancêtres. — Se dit également d'une personne qui perd de ses qualités, de son mérite, etc. : depuis il a bien dégénéré. — Suivi de la préposition en, se dit des choses qui changent de bien en mal, de mal en pis. ou de mal en moins mal : le gouoernement démocratique dégénère souvent en anarchie. — Se dit particulièrement d'une maladie, lorsqu'elle s'alTaiblit et prend un caractère moins grave, et aussi lorsqu'elle se change en une maladie plus violente : l'apoplexie dégénère quelquefois en paralysie.
* DÉGÉNÉRESCENCE s. f. Méd. Synonyme
do DÉGl'.NÉRATlON.
DE GÉRANDO. Voy. Gérando.
DÉGINGANDAGE s. m. État, aspect d'une personne dégingandée.
* DÉGINGANDÉ, ÉE part, passé de Dégingander. — Ad|. Fam. Se dit d'une personne qui est sans grâce, dont la contenance et la démarche sont mal assurées, comme si elle était toute disloquée : c'est un homme tout dégingandé.
DÉGINGANDEMENTs. m. État, aspect d'une
personne dégingandée.
DÉGINGANDER v. a. (rad. gigue, jambe).
Donner un air disloqué à la taille : pourquoi dégini/andez-vous votre personne ?... — Se dégingander v. pr. Donner à sa taille, à sa marche un air disloqué : se dégingander en marchant.
DÉGLACER v. a. Détruire l'état de glace.
DÉGLANDER v. a. Extirper les glandes.
DÉGLUBER v. a. (lat. deglubare). Écorcer,
ùtcr l'ci-orre.
DÉGLUEMENT s. m. Action de dégluer; résultat de ci'tle action.
* DÉGLUER v. a. (rad. ghi). Oter la glu, débarrasser de la glu : dégluez ce pauvre oiseau.
— Fig. Dégluer les yeux, ôter la chassie qui colle les paupières : déglner les yeux avec de l'eau tiède. — Se dégluer v. pr. Dégluer soi : cet oiseau n'a pu parvenir à se dégluer.
DÉGLUTINER v. a. (rad. glu). Détacher ce qui élait agglutiné.
DÉGLUTIR V. a. (lat. deglutire). Physiol.
Avaler, ingurgiter.
DÉGLUTITEURadj.Anat. Se dit d'un muscle de l'œsophage qui détermine plus directement le phénomène de la déglutition.
* DÉGLUTITION s. f. (rad. déglutir). Méd. Action d'avaler : cela empêche la déglutition.
DÉGOBILLAGE s. m. [Il mil.]. Action de dégobiller.
* DEGOBILLER v. a. [Il mil.]. (ceM. gob, bouche). 'Vomir le vin et les aliments qu'on a pris avec excès : dêgobiller son dîne»' (b'as).
' DÉGOBILLIS s. m. Matières dégobillées,
vomii's : cela sent le dégobillis.
DÉ60ISEMENT s. m. Action de dégoiser; son résultai.
* DÉGOISER v. a. (rad. gosier). Signifiait autrefois, (^i parlant des oiseaux, chanter, gazouiller. — Fig. et fam. Parler plus qu'il ne faut, et avec volubilité : les injures qu'elle lui a dégoisées. — Dire ce qu'on devrait taire. ce qu'on aurait intérêt de cacher; et alors peut s'employer absolument : il a dégoisé tout ce qu'il sait. — v. n. Jaser : cette femme aime bien à dégoiser.
DÉGOMMAGE s. m. Action de dégommer, son n'sultat. — Pop. Perte d'emploi.
DÉGOMMER v. a. Oter la gomme : dégommer une enveloppe pour lire une lettre. — Pop. Retirer un emploi. — ».v Se dégommer v. pr. Pop. Devenir fané, enlaidi.
' DÉGONFLEMENT s. m. Action de dégonfler, de se dégonfler.
* DÉGONFLER v. a. Faire cesser le gonflement : dégonfler un ballon. — Se dégonfler V. pr. Etre dégonflé : îhî ballon qui se dégoajle.
' DÉGORGEMENT s. m. Ecoulement des eaux et des iminoiidices retenues : le dégorgement d'un égout. — Dégorgement des sangsues, action de les faire dégorger. — Débordement, épanchement de la bile et des autres humeurs : le dégorgement des humeurs. — Le dégorgement DES JAMBES, écoulemeot des humeurs qui y surabondent. — Arts et Met. .Action de dépouiller, de nettoyer cerlaiiies choses des matières superflues ou étrangères : le dégorgement des cuirs.
DÉGORGEOIR s. m. Lieu dans lequel les eaux se dégorgent.
* DÉGORGER v. a. Déboucher, débarrasser un passage iibstrué par quelque matière : il faudrait dégorger cet évier. — Rejeter, vomir: // dégorgeait les aliments dont il s'était repu. — Arts et Met. Dépouiller, nettoyer une chose des matières superflues ou étrangères -.dégorger du cuir. — v. n. Si cet égout vient une fois à dégorger. — Se dégorger v. pr. Etre dégorgé : un tuyau qui se dégorge. — Se dit aussi d'un tuyau, d'un canal qui verse, qui épanche ses eaux : ce tuyau va se dégorger dans un bassin. — Se dit en outre du poisson qui se purge dans l'eau claire du goût de la marée ou de la bourbe : le poisson se dégorge quand il est quelque temps dans l'eau claire et courante. — Le pronom est quelquefois sous-entendu : il faut faire dégorger cette carpe. — Faire dégorger l'NE sangsue, lui faire rendre le sang quelle a sucé. — Faire dégorger des laines, DES soies, etc., les laver pour les dégorger.
DÉGOTAGE s. m. Pop. Supériorité morale ou
physique.
DÉGOTER V. a. Fam. Déplacer, chasser quelqu'un de son poste, et se mettre à sa place : on l'a dégoté. — Faire tomber, avec une balle ou une pierre, un objet qu'on a visé. — Pop. Découvrir, trouver. — Surpasser. — Dégûter UAL, avoir une mauvaise tournure.
DÉGOULINER v. n. (corrupt. de découler). Pop. Rouler : il dégoulina dans le fossé. — Couler lentement ; une larme dégoulina sur sa joue (pop.).
* DÉGOURDI, I£ part, passé de dégourdir. — Adjectiv. C'est un homme, un gaillard bien dégourdi, il est adroit, avisé, difficile à tromper. Cette femme a l'air bien dégourdie, elle a des manières vives et même un peu libres. — Substantiv. C'est un dégourdi.
DEGR
* DEGOURDIR v. a. (rad. gourd). Redonner du mouvement, de la chaleur à ce qui était engourdi par un long repos, par une position forcée, par le froid, ou par quelque autre cause : dégourdir ses jambi^s. — Fig. et lam. Oter, faire perdre à quelqu'un sa gaucherie et sa timidité, lui faire acquérir de la vivacité, de l'aisance, de la hardiesse : ce jeune homme a besoin que le commerce du monde le dégourdisse. — Se dégourdir v. pr. Dégourdir soi : il commence à se dégourdir. — Etre dégourdi : mes mains se dégourdissent ; l'eau commence à ne dégourdir. — Fi;;. Faire dégourdir de l'eau, faire chaufTer légèrement de l'eau pour lui ùler de sa grande froideur. Dans celte phrase, le pronom est sous-entendu.
* DÉGOURDISSEMENT s. m. Action par laquelle les membres engourdis reprennent du mouvement, de la chaleur, etc. : le dégourdissèment se fait sentir par un picotement dans les nerfs.
DÉGOURMER v. a. Oter la gourmette.
•DÉGOÛT s. m. Manque de goût, d'appétit : il a un si grand dégoût, qu'il ne peut manger de rien. — Répugnance qu'on a pour certains aliments : il lui a pris un dégoût pour la viande.
— Fig. Aversion qu'on prend pour une chose ou pour une personne : il lui a pris un grand dégoût pour cette personne. — Fig. Déplaisir, chagrin, mortification; et, en ce sens, on l'emploie surtout au pluriel : il fut abreuvé de dégoûts.
' DÉGOÛTANT, ANTE adj. Qui donne du dégoût : plaie dégoûtante. — Fig. Qui inspire de l'aversion, de la répugnance : c'est un homme dégoûtant par sa laideur. — Fig. Qui cause du déplaisir, qui rebute, qui décourage : il arrive bien des choses dégoûtantes dans la vie.
* DÉGOÛTÉ, ÉE part, passé de dégoûter. — Subslanliv. Faire le dégoûté, faire le difficile, le délicat. — »* Fam. IS'être pas dégoûté, avoir du goût, apprécier.
* DÉGOÛTER V. a. Oter l'appétit : si vous lui donnez tant à manger, vous le dégoûterez. — Inspirer de la répugnance pour quelque aliment : ils m'ont dégoûté du poisson. — Fig. Danner, inspirer de l'éloignenieiit, de l'aversion pour une personne, pour une chose; faire qu'on cesse de trouver une personne, une chose à son gré : ('/ aimait fort cette femme, mais on l'en a dégoûté ; cela est bien fait pour dégoûter du métier, ou absol. piour dégoûter.— Se dégoûter V. pr. Etre dégoûté, prendre du dégoût ; je ne tarderai pas à me dégoûter de ce mets.
* DÉGOUTTANT, ANTE ailj. Qui dégoutte : ce linge est encore tout dégouttant ; sa chemise était toute dégouttante de sueur.
DÉGOUTTEMENT s. m. Action de dégoutter, de tomber goutte à goutte.
* DÉGOUTTER V. n. Couler goutte à goutte : la sueur lui dégouttait du front; cette cave est si humide, que l'eau y dégoutte toujours, ou impers, qu'il y dégoutte toujours. — Se dit aussi des choses d'où l'eau ou quelque autre liqueur dégoutte : les toits dégouttent encore.
— Pruv. et fig. A la cour, auprès des gra.nds, s'il n'y pleut, il y dégoutte, si on n'y tait pas toujours grande fortune, au moins on y obtient quelque grâce, quelque avantage. S'il pleut SUR MOI, IL dégouttera SUR VOUS, s'il m'arrive «[iicique chose de bien ou de mal, vous en aurez votre part. On dit aussi, dans le même sens, quand il pleut sua le curé, il dégoutte