DE.ÎE
' DÉITÉ s. f. (lat. deltas). Divinité, dieu ou déesse de la Fable : les déités terrestres, une aimable déité. N'est guère usité qu'en poésie.
DÉIVIRIT, ITE adj. (lat. deus, dei, Dieu; virilis, humain). Théol. Qui est en même temps divin et humain.
* DÉJÀ adv. de temps, (de dès et jà). Dès l'heure présente, dès à présent : est-il déjà quatre heures?— Dès lors, dès le temps, dès le moment dont je parle, et s'applique tant au passé qu'à l'avenir : déjà le soleil était sur l'horizon. — Auparavant : je vous ai déjà dit ce que je pensais.
DÉJANIRE, fille d'Althée et d'un père que les uns disent être Knée, d'autres Bacchus; elle était sœur de Méléagre. Achéloiis et Hercule en tombèrent amoureux et se battirent pour sa possession. Hercule, victorieux, l'épousa : union funeste, car Déjanire causa involonlairemenl la mort du héros en lui présentant la robe empoisonnée que le centaure Nessus lui avait donnée. Désespérée, elle mit fin à sa vie. Voy. Hercule.
DÉ JAZET (Pauline Virginie), célèbre actrice des théâtres du Vaudeville, du Gymnase et des Variétés, née à Paris le 30 aoiit 1797, morte en novembre 187^. A l'âge de cinq ans, elle débuta AansFanchon toute t^eule, au théâtre des Capucines, et en novembre 187.3, c'est-àdire à l'âge de 76 ans, elle donna encore, aux Italiens, une représ nlation à son bénéfice.
I^lle avait excellé dans les soubrettes; mais son véritable succès fut dans les rôles d'homme. Elle se lit applaudir dans Bonaparte à Bricinic, Vert-Vert, les Premières armes de Richelieu, Gentil Bernard, etc. Le théâtre des Folies-Nouvelles, qu'elle acheta en 1859, a conservé le nom de théâtre Déjazet.
DÉJAZET (Eugène), compositeur, fils de la précédente, ne a i^yon vers 1820, mort le li octobre 1871. Il donna d'abord pour sa mère quelques airs populaires : la Gardeuse de dindons. Gentil Rernard, etc., dirigea à Bruxelles le théâtre du Vaudeville et revint à Paris pour diriger le théâtre Déjazet, oii il fit représenter ses œuvres : Fanchette, Monsieur de BcHe-Isle, etc.
. DEJEAN (Pierre-François-Marie-Auguste,
comte), entomologiste l'iani;ais, né à Amiens, le 10 a(jûtl780, morten 18io. Fils d'un général, il entra dans la carrière militaire et devint f;énéral de division en 1813. 11 se distingua à Waterloo, comme aide de camp de Napoléon. U reprit du service en 1830. il ne cessa de cultiver l'entomologie, réunit la collection la plus complète des coléoptères et donna le Catalogue de cette collection (1821 et 1823). Il collabora à l'Iconographie des coléoptères de Boisduval et Aube (1829) et à l'Iconographie des coléoptères de Latreille (1822).
* DÉJECTION s. f. (lat. de, hors ;>ueere, jeter). Méd. Evacuation des excréments par l'anus. — Se dit également, surtout au pi., des matières évacuées : déjections abondantes.
' DÉJETER (SE), v. pr. Se dit proprement du bois, qui, soit par l'elïet de la sécheresse ou de l'humidité, soit parce qu'il a été employé trop vert, se resserre, s'enlle, se courbe, se déjoint, ou se fend : ces ais se déjetlent. — Par exl. Se dit quelquelois de certaines parties du corps, lorsqu'elles se contournent ou
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s'f carient de leur direction naturelle : sa colonne verlébralc s'est un peu déjetée.
DÉJETTEMENT s. m. Action de ce qui se déjelle, et.it lie ce qui est déjeté.
* DÉJEUNER V. n. (rad. jeûner). Faire le repas du matin ; déjeuner d'un pâté ; donnezlui à déjeuner. — Déjeuné, part. pas:^é inv.
* DÉJEUNER ou Déjeuné s. m. Repas du matin; aiirnenls qu'on mange à ce repas : un bon, un mauvais liéjeicner. — Déjeoneh-eiîner, grand déjeuner qui se fait plus tard dans la matinée que les déjeuners ordinaires, et qui tient lieu de diner. — Il n'en a pas pour un DÉJEUNER, se dit d'un prodiffue, d'un dissipateur qui se dépêche de mang-er son bien. On dit aussi, IL n'y en a pas pouh un déjeuner, en parlant d'un bien, d'un patrimoine qui peut être aisément dissipé en peu de temps. Cela se dit également en parlant d'une force, d'une résistance que l'on croit facile à vaincre, à surmon 1er ; cette place est trop faible pour tenir longtemps, il n'y en a pas pour un déjeuner. — C'est un déjeuner de soleil, se dit d'une étoffe dont la couleur passe aisément. — Espèce de petit plateau garni d'une tasse, d'une soucoupe etc. ; un déjeuner de porcelaine.
DÉJOCÉS, premier roi de .Vlédie, après que les .Mèdes eurent renversé la suprématie des Assyriens. Il était fils de Phraurte et il régna de 709 à 6bi) av. J.-C. 11 construisit Ecbatane, dont il lU sa résidence.
* DÉJOINDRE V. a. Faire que ce qui était
joint ne le soit plus. Ne se dit qu'en parlant des ouvrages de menuiserie, de charpenterie et (le maçonnerie : cela est tout déjoint. — Se déjoindre, v. pr. Etre déjoint, cesser d'être joint : les pierres de cette voûte commencent à se déjoindre.
■ DÉJOUER V. a. Faire manquer, faire échouer un projet, un dessein, une intrigue dont on cramt le résultat pour soi ou pour autrui : déjouer un projet, une Intrigue. — Déjouer quelqu'un, empêcher l'eliet nuisible, préjudiciable qu'il se propose par ses discours, par ses actions, par ses démarches. — v. n. Fam. N'être pas à son jeu, jouer plus mal qu'à l'ordinaire.
* DÉJUC s. m. (rad. jucher). Temps du lever des oiseaux (vieux).
* DÉJUCHER v. n. (rad. déjuc). Ne se dit proprement que des poules, quand elles sortent du juchoir : les poules déjuchaient; les poules ont dcjuché, sont déjuchées. — Fig. et fam. Se déplacer d'un lieu haut et élevé : je vous ferai Ij'cn déjucher de là. — v. a. Faire déjucher quelqu'un, faire abandonner une reiiMite, un poste : je vous déjucherai bien de là-haut.
* DÉJUGER iSE) v.réfl. Revenir sur un jugement quDii avait porté, prendre le parti contraire de celui qu'on avait d'abord adopté: la Chambre s'est déjugée.
DE KALB (John, baron) général de l'armée américaine pendant la révolution, né en .\lsace en 1721 , mort en 1780. 11 était général de brigade au service de la France, lorsqu'il partit avec Lafayette, en 1777, pour l'Amérique. Nommé major général par le congrès, il servit dans le New-Jersev et le .Maryland, commanda en second sous le général Gâter, et fut mortellement blessé àCamden.
DEKAY (James-E.), naluralisle américain (i"i9'2-lSol). 11 voyagea en Europe et publia : Sketches in Turkey (1831 -'2); et New-York fauna {'■'> vol., in-4'', 1842- '4).
DEKKER. Voy. Decker.
'DELÀ prép. Plus loin, de l'autre côté de : de là la riviéi-e. — Est quelquefois précédé de l'une des prépositions de et par : il est de delà ks monts, jjar delà le cap de Bonne-Espérance. — S'emploie plus ordinairement avec \u;
mais alors il doit être suivi de |la préposition DE : an delà des mers. — Au delà, et quelquefois par delà, s'emploient, au sens moral pour marquer excès d'une chose sur une autre : au delà de mes espérances; le juste est récompensé par delà ses mérites. — t ig. et absol. Se disent aussi pour encore plu-, encore davantage : je lui ai donné tout ce jue j<'- lui devais, et au delà; je l'ai satisfait, et par delà. — Deçà et delà. De côté et d'autre : il va deçà et delà pour chercher fortune. — Jasibe deçà, jambe DELA, une jambe d'un côté, une jambe de l'autre, à califourchon. — En delà. Plus loin : c'est jilus en delà.
DE LA BECHE (sm Henry-Thomas), géologue anglais (17U0-ISo.')). Il cuninieiiça en 1831 une carte géologique d'Angleterre et publi;i plusieurs ouvrages.
DELABECHEA s. f. (de de la Bêche, géologue anglais). Bot. Genre de sterciiliacées, dont une espèce, Varbre bouteille {delaheahea rupestris), est un arbre australien dont le tronc atteint un développement extraordinaire. Dans les
Delabfichca.
terrains rocailleux, l'expansion disproportionnée se trouve imniédialement au-iiessous des branches comme le montre noire figure; mais dans des sols l'avorabli's. le tronc forme une colonne cylindrique nnilorme, du sommet de laquelle sortent les branches comme du goulot d'une bouteille.
* DÉLABRÉ, ÉE part, passé de délabrer. — Déchire, usé, détérioré, fatigué, qui est en mauvais état : une tapisserie délabrée; un navire délabré ; une terre délabrée; une santé délabrée; des affaires délabrées. — Fam. Etre DÉLABRÉ, avoir des vêtements en lambeaux.
' DÉLABREMENT s. m. Etat d'une chose délabrée : sa maison et ses meubles, tout est dans un grand délabrement ; le délabrement de sa santé.
* DÉLABRER v. a. Déchirer, mettre en lambeaux : (( forée de tendre et de détendre cette tapisserie, on l'a toute délabrée.— Par ext. Se dit de toute chose détériorée, mise en mauvais état par l'effet d'un long usage, de la vétusté, du défaut de soin, ect. : délabrer une machine, des meubles. — Fig. S'emploie dans le même sens ; les fatigues ont délabré cette armée. — Se délabrer v. pv. Etre délabré, devenir en mauvais état : un domaine laissé à l'abandon ne tarde pas à se délabrer.
' DÉLACER V. a. Relâcher ou retirer un lacet qui est passé dans les œillets d'un corset, d'une robe, etc. — Délacer u.ne femme, défaire, lâcher le lacet de son corset, de sa robe. — Se délacer v. pr. Etre délacé : je sens qite mon corset se délace. — Délacer soi, son vêtement : elle ne peut se délacer elle-même.
DELACROIX I (Charles), conventionnel, mort en ISOo ; il fut ministre des affaires extérieures
et ambassadeur en Hollande sous le Directoire; préfet de Marseille et de Bordeaux sous l'Empire. — 11. (Ferdinand- Victor- Eugène), fils du précédent, l'un des plus grands peintres français, né à Charenton-Saint-Maurice le 26 avril 1799, mort à Paris le 13 août 1863. Guérin, dans l'atelier duquel il entra à 18 ans, prédit qu'il ne ferait que des croûtes; mais Géricaull sut mieux l'apprécier. Son premier tableau , Dante et Virgile traversant le lac de Dite ou la Barque de Dante, fut, en quelque sorte, le manifeste de l'école romantique (Salon de 1822). Les classiques trouvèrent beaucoup à critiquer dans celle œuvre fougueuse et passionnée; tandis que leurs adversaires déclarèrent à l'unanimité que c'était un cheld'œuvre; et leur opinion a prévalu. Le Massacre de Scio (Salon de 1824i posa décidément Delacroix comme le chef de l'école nouvelle ; pendant que les uns criaient au scandale, et accusaient le jeune peintre de rechercher l'i gnolile et d'avoir des goûts dépravés, les autres applaudissaient avec enthousiasme cet artiste plein de verve et de chaleur. En 1826, Delà croix, insensible aux clameurs, exposa au profil des Grecs le Doge Marino Faliero et la Grèce sur les ruines de Missolonghi. 11 tut traité par les académiques « d'ambitieux sectaire»; les novateurs, fatigués des poncifs, raccl.imèrent k puissant génie ». La fureur des uns et l'enthousiasme des autres arrivèrent à leui paroxysme en IS27, lors de l'ouverture du S.tlon où Delacroix exposa, entre autres tableaux, sa célèbre Mort de Sardanapale i< œuvre manquée, triviale, exagérée >>, au dire des classiques. Cette toile, qui fit l'admiration de M. Thiers, alors critique d'art, se vendit 6,000 fr. en 184o et atteignit le prix de 96,000 fr. en 1873. L'Apparition de Méphistophélés à Faust (même Salon) fit dire à ses adversaires qu'il y avait quelque chose de salanique dans ses composilions, et le fit surnom mer le Victor Hugo, le Dante du pinceau par ses admirateurs. En 1828, il donna les magnifiques lithographies qui illustrent l'édition in-l'ûl. du Faust de Gœthe, traduit par Slapfer, et en 1843, les illustrations de l'Ham/eÉ de Shakespeare. Après la révolution de 1830, et la victoire du romantisme, Delacroix perdit un peu de sa fougue; l'exécution de ses toiles devint plus sévère et plus serrée. Néanmois plusieurs de ses toiles furent refusées par le jury. En 1831, il fil un voyage au Maroc et en rapporta un recueil de dessins et de costumes qui furent exposés en 1832. Ses Femmes d'Alger (1834) sont considérées comme l'un de ses chefs-d'œuvre. Le gouvernement de 1818, chargea Delacroix de décorer le plafond de la galerie d'Apollon; il y représenta Apollon vainqueur du serpent Python. En iSii.'i, il réunit ses principaux tableaux à l'exposition universelle et y ajouta une Chasse aux lions. Il entra à l'Institut en 1857.
DELAGOA (Baie de), la plus vaste baie du S.-E. de la côte d'Afrique, par 26° lat. S. et 31" long E., formé par l'océan Indien et s'étendant du N. au S., sur une longueur de 80 kil.; elle mesure de 2.S à 30 kil. de large. Elle appartient aux Portugais. (V. S.)
* DÉLAI s. m. (lat. dilatum, retardé). Retardement, remise; temps accordé pour faire une chose, ou à l'expiration duquel on sera tenu de taire une certaine chose : long délai; obtenir un délai; le délai fatal expire dans trois jours. — Législ. «Lede/aî,soil légal, soit conventionnel, soit judiciaire, ne comprend pas le jour du pointdedéparl; en outre ledernierjour du délai appai'tient tout entier à celui auquel il profile. Lorsqu'il s'agit d'ajournements, citations, sommations ou autres actes signifiés à personne ou à domicile, les délais fixés par la loi ioul francs, c'est-a-dire que le jour de la signification el celui de l'échéance ne doivent pas être comptés. De plus, ces délais
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sonl augmentés à raison d'un jour par cinq myriamètres; et )'on ne tient pas compte des fractions de moins de quatre mvriamètres. Lorsque le délai expire un jour férié, il est prorogé au lendemain (C. pr. 1033, mnd. par L. 3 mai 186i). Les tribunaux peuvent accorder un délai de grâce au débiteur malheureux qui le réclame : mais ce terme de grâce n'empêche pas la compensation de s'opérer s'il y a lieu (C. civ. 124+, 1-290, 1900). Ce délai commence à courir du jour du jugement contradictoire ou du jour de la signification du jugementpardél'aut iC.pr. l-23).Ledébiteur ne peut obtenir le délai de grâce, ni jouir de celui qui lui a été accordé, si ses biens sont vendus à la requête d'autres créanciers, s'il est en état de faillite, ou de coutumace, s'il est constitué prisonnier, ou lorsque, par son fait, il a diminué les silrelés qu'il avait données à son créancier par le contrat (id. 124). On donne communément le nom de délai de repentir à l'espace de temps après lequel un officier, sousofficier, caporal ou soldat qui a quille son corps sans autorisation est considéré comme déserteur. Ce délai est ainsi fixé par l'article 231 du Code de justice militaire modifié par la loi du 18 mai IS75 : il est d'un mois pour le soldat qui n'a pas trois mois de service et de six jours seulement pour les autres; il est de quinze jours pour ceux qui voyagent isolément d'un corps à un autre et dont le congé ou la permission est expiré. En temps de guerre, ces délais sont réduits des deux tiers. (Voy. Désertion.) » (Ch. V.)
* DÉLAISSEMENT s. m. Manque de tout secours, de toute assistance : il est dans un grand délaissement. — LégisL » 11 y a plusieurs sortes de délaissemenls. Celui qui est fait par l'assuré à l'assureur maritime, en cas de prise, de naufrage, d'échouement avec bris, etc., est l'objet des articles 369 à 396 du Code de commerce dont quelques-uns ont été modifiés parles lois du 14 juin 1854 et du 3 mai 18GJ. — Le délaissement par hypothèque permet à l'acquéreur d'un immeuble hypothéqué de ne pas acquitter les créances inscrites et d'échapper à la procédure d'expropriation, en abandonnant non ses droits de propriété, mais la possession de l'immeuble. Ce délaissement se fait par une simple déclaration au greffe de la situation de l'immeuble, et cet acte est assujetti seulement à un droit fixe de 5 ir. (C. civ. 21 68 et s.). Le délaissement en cas de réintégrande est ordonné par justice lorsque le propriétaire d'un immeuble a été dépossédé par voies défait (id. 2060, § 2). Le délaissement d'un enfant est puni par les articles 349 à 333 du Code pénal. (Voy. Exposition.) »
(Ch. y.)
' DÉLAISSER V, a. Abandonner, laissersans aucun secours, sans aucune assistance : il est délaissé de tous sesparents; délaisser sa femme. — Jurispr. Quitter une chose dont on était en possession : en conséquence de l'arrêt^ il lui a délaissé cet héritage. — Procéd. Ne pas continuer, renoncer à : délaisser des poursuites.
DÉLAITAGE ou Délaitement s. m. Action de délaiter, résultat de cette action.
DÉLAITERv. a. Débarrasser le beurre du petit lait.
DELALAIN (Auguste-Henri-.lules), éditeur et imprimeur, ne a Paris en 1810, mort le 18 juillet 1877. Il fut, ainsi que son père et son grand-père, éditeur de livres classiques, écrivit quelques ouvrages : Législation de la propriété littéraire et artistique i\H'6t, in-B») et fonda en 1849 l'Annuaire de l instruction publique.
DELALANDE (Pierre-Antoine), naturaliste, né a Veivailles en 17»7, mort en 1822. 11 donna au Muséum d'histoire naturelle une belle collection zoologique qu'il avait rapportée du Cap. On a de lui : Fréeis d'un voyage
entrepris au cap de 1822, in-4").
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Bonne-Espérance (Paris,
DELAMAIN(Paul), peintre orientaliste, mort à Ornans, le 27 mars 1882. Vivant à -l'écart, il ne travailla que pour un certain nombre d'amateurs ou d'amis et ne rechercha pas les distinctions officielles. Ses toiles, d'une grande originalité, ont été prises sur le vif de la nature africaine.
DELAMARCHE (Charles-François), géographe, né à Paris en 1740, mort en 1811. Il a construit des sphères terrestres, des globes célestes et a publié des atlas autrefois très estimés.
DELAMARE (Nicolas) , jurisconsulte, né à Noisv-le-Grand en 1639, mort en 1^23. Son Traité de la police (1716) a été misa contribution par ceux qui se sont occupés de ce genre de législation.
DELAMARRE (Théodore-Casimir), homme politique, né à Aumale (Seiue-et-Marue) en 1796, mort à Paris le 17 février 1870. D'abord banquier, il devint régent de la Banque de France et acheta à bas prix en 1844 la Patrie, journal qui devint très important sous sa direction et qu'il vendit en 1836 plus d'un million et demi.
DELAMBRE (Jean-Baptiste- Joseph), célèbre astronome, né à Amiens en I7iy, mort le 18 août 1822. Lalande, dont il fut l'clèvu et le collaborateur, avait l'habitude de dire : « Mon chef-d'œuvre, c'est Delambre ». En 1807, le maître étant mort, son élève le remplaça comme professeur au Collège de France. Dès 1790, ses tables d'Uranus lui avaient valu le prix de l'ÂL-ademie; elen 1792, celles des sa-
tellites de Jupiter et celles de Salurne lui ouvrirent les portes de cette société. 11 commença en 1792 avec Méchain la mesure exacte d'un arc du méridien, de Dunkerque à Barcelone, pour fixer l'unité de mesure de longueur, qui devait servir de base au système métrique décimal dont la création avait été décrétée par l'Assemblée législative. Delambre entra à l'Institut en 179-5 et en devint le secrétaire perpétuel en 1803. Ses principaux ouvrages sonl : Base du système métrique décimal (Paris, 18U6-'10, 3 vol. in-4''); Astronomie théorique et pratique (Paris, 1814, 3 vol. in-4'') et son excellente Hist. de l'Astronomie (1817-'21,6 vol.).
DELANGLE (Claude-Alphonse), magistral, né a Vaizy (iNièviei, le b avril 1797, murt à Pans le 26 déc. 1869. La proLeclion de Dupiu le fit arriver à l'office de procureur général, et c'est en cette qualité qu'il eut à diriger l'instruction des affaires Teste et Choiseul- Praslin. En 1852, il était au premier rang parmi les avocats choisis pour attaquer eu justice les décrets de confiscation rendus contre la famille d'Orléans; mais il sut si bien manœuvrer qu'il se fit nommer procureur général à la cour de cassation en remplacement de Dupin, qui protestait lui aussi, contre les décrets. Il entra au Sénat et eut la charge de premier président de la cour impériale de Paris en 18bf, fut ensuite ministre de l'intérieur (l858-'y), puis garde dessceaux (183'J-'6:i) et premier vice-président du Sénat. Le parti libéral l'applaudit en plusieurs circonstances, particulièrementlorsqu'il combattit, auSénat, une pétition, appuyée par le cardinal de Bonnechose, demandant, sinon le rétablissement complet de l'inquisition, tout au moins des lois vigoureuses contre les écrits non or liu- 1 doxes : « La loi ne permet pas de poursuivre les hérésies », répondit Delangle.
* DÉLARDEMENT s. m. Archil. Charpent.
Action lie d^iarder, ou résultat de cette action.
* DÉLARDER V. a. Archil. Enlever une parlie du lit d'une pierre; couper obliquement le dessous d'une marche d'escalier. — Charpent. Aiatti e les arêtes d'une pièce de bois.
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DELAROCHE (Paul, abréviation familière d'Hit'i'iiLYTE, son vrai prénom), peintre d'histoire, né et mort à Paris (17 juillet 1797-4 nov. 1856). Fils d'un expert en tableaux, neveu d'un conservateur du Cabinet des estampes, frère d'un peintre d'un certain talent, il passa son enfance dans un milieu bien fait pour élever son intelligence vers l'amour de I l'art. 11 pratiqua d'abord le paysage et y obtint peu de succès. Abandonnant ce genre, il entra dans l'atelier de Gros et aborda les sujets historiques Sa première toile, Joas sauvé par Josabelh, qu'il exposa au Salon de 1822, lui valut des éloges firesque sans restriction. L'ambition de Delaroche était de créer une école à égale distance des routines académiques et des violences romantiques; il y réussit et devint le chef des éclectiques. Sa Jeanne-d'Arc, exposée au Salon de 1824, obtint des éloges excessifs, ainsi que sa Mort d'Elisabeth (1827), Cromwell contemplant le corps de Charles 1°' (1831); Mazarin mourant ; Richelieu remontant le Rhône (1831). 11 se montra vraiment supérieur comme metteur en scène scrupuleux et dramatique dans son Assassinat du duc de Guise, que l'on peut considérer comme son chef-d'œuvre (Salon de 183.5); mais on lui reprocha de rechercher les scènes de mélodrame dans son Strafford conduit au supplice et son Charles I"', insulté par les soldats de CromweU{mème Salon). De 1837 à 1841 , Delaroche consacra presque entièrement son temps à l'immense frise qui décore l'hémicycle du palaisdes Beaux-Arts. Il y représenta, avec une grande vérité archéologique et une admirable élégance, V Assemblée des artistes les plus célèbres, magnifique composition qui ne renferme pas moins de 74 figures de grandeur naturelle. Sa réputation atteignit dès lors à son apogée ; il devint en quelque sorte, le portraitiste ordinaire des princes et des grands personnages de son époque. Le Sacre de Pépin le Bre) , Marie- Antoinette après sa condamnation à mort, Napoléon au mont Saint- Bernard, Napoléon à Fontainebleau, les Girondins et plusieurs autres de ses toiles reproduites par la gravure sonl devenues extrêmement populaires.
DELARUE (Gervais), historien, né à Cacn en 1751, mort en 1835. Ses Essais sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands (1834, 3 vol. in-S") sont très estimés.
DÉLASSANT, ANTE adj. Qui délasse : exercice délasaant.
' DÉLASSEMENT s. m. Repos, relâche qu'on prend pour se délasser de quelque travail : après tant de travaux, il faut du délassement; l'esprit a besoin de délassement. — Exercice
réable qui repose de travaux sérieux : le
délassement de la chasse, de la pèche.
• DÉLASSER v. a. Oter la lassitude, faire qu'on nr soit plus las : le sommeil m'a délasse. — Se délasser v. pr. Délasser soi, son corps, son esprit : se délasser d'une longue fatigue, d'une longue application.
' DÉLATEUR, TRICE s. Celui, celle qui accuse, qui dénonce, qui fait métier de dénoncer : tes délateurs sont odieux. {Voy.Accvs\-n:u\\].
■ DÉLATION s. f. Accusation , dénuiiciation ; habitude de dénoncer : les délations se multifiUèrent.
• DÉLATTER. v. a. Oter les laites de dessus un Idil : ou a délatté ce toit.
DELAUNAY (Charles-Eugène), astronome, né à Lusigiiy (Aube) en l»Li, mort le 6 août |l872. D abord ingénieur des mines, il entra ensuite dans l'enseignement, resta 2.') ans il l'Ecole polytechnique et succéda en 1870 à Leverrier comme directeur de l'Observatoire. 11 se noya dans la rade de Chciliourg, pendant une partie de plaisir qu'il laisait avec son beau-lière. Sa Théorie du mouvement de la lune {'i vol., 1866-'7) renfermant des obser-
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Talions bien diflérentes de celles d'Hansen et de Leverrier, a servi de base à de nouvelles tables. 11 a laissé aussi un cours éli'menlaire de mécanique, un cours élémentaire d'astronomie et un Traité de mécanique rationnelle. •DÉLAVAGE s. m. Dess. Action de délaver.
* DÉLAVÉ. ÉE part, passé do délaver. — CoL'LicuR Tuop UKLAVÉE, couleup faible et blafarde. — Foin délavé, foin qui a été expose à la pluie ou à dos rosées abondantes pendant la ienaison. — Joaill. Pierre délavée, pierre dont la couleur est faible.
* DÉLAVER V. a. Enlever ou affaiblir avec de IVau une couleur étendue sur du papier. — Lnhiber d'eau : les neirjes qui séjournent hni/temps sur les terres en pénètrent et délavent les parties les moins solides.
DELA VIGNE(Jean-François-Casiinir), célèbre poète, né au Havre le 4 avril I7!):j, mort à Lyon le 11 déc. 184:i. Élève du lycée Napoléon, à Paris, il montra pour la poésie une précoce vocation, et fil sur la naissance du roi de Rome, en ISI4, un dilliyrainbe qui obtint les iluges d'Andrieux et des hommes de go'U. Son ptTe, négociant au Havre, ayant été ruiné par la guerre, force fut au jeune poète de se créer des ressources. Heureusement que le comte Français, directeurgéuéral des droits réunis et admirateur de son style correct et élégant, se lit son Mécène et lui donna une sinécure dans l'administralion qui lui était confiée, à la condition que Delavipne ne se présenteraildansses bureaux qu'une seule fuis par mois, pour toucher ses appointements. Profilant des loisirs que lui laissait une position si indépendante, Delavigne envoya aux concours |iut'liques de l'Académie plusieurs pièces épiques ou didactiques qui }■ obtiiirenl des mentions honorables; telles sont : Chartes Xll à yarva, la Découverte de la vaccine, etc., œuvres sérieuses, châtiées, correctes, mais sans originalité. La chute de la France en 1815 lit de lui un grand poète, en élevant son esprit des régions calmes où il était resté, jusqu'à des sommets que la fureur poétique peut seule atteindre. Indipné de la joie des étrangers el des classes oflieielles, il se fil le chantre des soullrances de la patrie, dans les admirables élégies, qu'il répandit manuscriles sous le titre ingénieux de ilesséniennes. La première, intitulée Baiaille de W<iterloo, excita, d'un bout à l'autre de la France des transports d'enthousiasme (juillet 181o); la seconde (Dévastation du musée) lui valut le titre de poêle national, litre qu'il partagea sans ambition avec Béraiiger, aussi correct, aussi populaire, mais moins élevé el surtout moins moral. La troisième Messénienne {Du besoin de s'unir après le départ des étrantjers), appel patriotique à une conciliation que la seule présence des Bombons rendait impossible, valut à son auteur une sinécure à la bibliothèque de la Chancellerie. Les Mcsséniennes, imprimées en 1818, étaient conçues dans un ordre d'idées tellement élevées, tellement en dehors de toute passion politique, que les classes officielles trouvèrent de bon goûl d'en faire l'éloge, le roi Louis XVIll en ayant parlé en termes favo'-ables. Uelavigne, devenu le poète à la mode, donna en 1819 la Vie de Jeanne d'Arc el la Mort de Jeanne d'Aix, Messéniennes qui sont peut-être suiiérieures aux précédentes sous le rapport de l'élan patriotique. Le triomphe complet de ces pièces de vers lui inspira l'ambition de tenter la gloire plus difficile du théâtre. En 1819, il présenta à la Comédie- Française une tragédie {les \ êpres Siciliennes), qui fut repoussée par le comité de lecture. Découragé, il allait abandonner le genre dramatique, lorsqu'une circonstance fortuite lui oUrit l'occasion de faire représenter sa pièce. L'Odéon venait de brûler. Delavigne s'empressa d'aller prodiguer les consolations d'un ami sincère, à Picaid, directeur de ce tlitiâlre, à qui il avait été présenté par An-
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drieux. Louis XVUI ordonna la reconstruction de rOdéon, cl chargea Picard d'en surveiller l'exécution. Celui-ci, voulantpour sa.première, avoir une nouvelle pièce, s'adressaà Delavigne, qui après hien des hésitations, lui confia ses Vêpres Siciliennes; celles-ci lurent représentées le 23 octobre 1819, au milieu des acclamations d'une foule enlhonsissmée. Mais Delavigne avait gardé do son échec à la Comédie- Française une sourde irritation; aussi donnat-il, peu après, les Comédiens, pièce dans laquelle il mettait à nu tous les ridicules de ses premiers juges. En 1821, un nouveau triomphe, le Paria (dédié an duc d'Orléans), affermit sa réputation. La Comédie-Française, reconnaissant ses torts, lui demanda une tragédie : il lut aux sociétaires une comédie qu'il venait de terminer, l Ecole des Vieillards, dont Talma el M"° Mars créèrent les principaux rôles (1823) el qui n'eut pas moins de succès que ses autres pièces. L'Académie française ouvrit en iaî'.i ses portes au poète, qui avait déjà inutilement posé deux lois sa candidature. Dès 1822, il avait perdu sa sinécure pour avoir écrit quelques nouvelles Messéniennes aiissi patriotiques, maisplussatiriques que les premières {le .Icune Diacre, Parthénope et l'iilranyère, etc). Epuisé par le travail, il dut faire un voyage d'une année en Italie (1826); à son retour, son talent s'était modifié et le goût changeant du public n'était plus le même : le romantisme prenait le dessus, le genre classique, dont Delavigne était, en quelque sorte, la personnification, entrait décidément dans une période de décadence dont rien ne pouvait le relever. La Princesse Amélie (comédie en ;> actes), n'oblint qu'un médiocre succès au Théâtre-Français en 1S28. Mais Marino Fu/iero (drame, Porte Samt-.Marlin, Ln2U) fut beaucoup plus heureux, paire que l'auteur y sacrifia ses convictions au goût du public. Devenu romantique presijue malgré lui, Delavigne donna successivement : Louis XI (1832), et en 1833 les Enfants d'Edouard, pièce d'abord suspendue par ordre de M. Thiers, mais qui put cependant être représentée grâce à l'autorisation de Louis-Plulippe, moins intolérant que son ministre. La ])ièce terminée, le roi adressa lui-même à l'auteur une lettre de félicitations. Don Juan d'Autriche {liii'6), une Fanàlle au lenips de Luthei (1836), la Pupulurité (1838), la l'iUc du Ciel (1839), parurent ensuite. Casimir, dont la santé était ruinée, eut encore la force d'écrire une charmante bouffonnerie en prose, la Conseiller rapporteur el le libretlo de Charles VI qu'il fil en collaboration avec son Irére Germain. Puis il se di'cida, sur les instances de ses amis, à quitter Paris pour aller demander au ciel du Midi un adoucissement à ses soullrances, mais il mourut en arrivant à Lyon. Parmi les nombreuses pièces de vers que nous n'avons pu citer dans celte trop courte biographie, il en est une que nous ne pouvons nous dispenser de rappeler, quand ce ne serait qu'à titre de souvenir politique: c'est lu Parisienne, composée après la révolution de Juillet el qui resta un chant populaire, pour ne pas dire un chant national, pendant t.iut le règne de Louis-Philippe . — Les éditions les plus complètes des œuvres de Casimir Delavigne sont celles de 1846, 6 vol. in-S", et de 18o4, 4 vol. gr. in-24. La ville du Havre, lière d'avoir vu naître ce grand poète, lui a élevé une statue en 1852. DELAVIGNE (Germain), vaudevilliste, frère du précédent, né à Civerny (Eure) en 1790, morl en 1868. Condisciple de Scribe, il lit presque toutes ses pièces en collaboration avec ce dernier, li fut, sous Louis-Philippe, garde du mobilier de la couronne, emploi qu'il conserva jusqu'en 1848. Parmi ses ouvrages les plus connus sont : VAuberge des Pyrénées (iS\i), le Bachelier de Salamanque (ISLS), la. Somnambule (1821), [nMuettede Portici (1828), Robert le Diable (1831), el Charles VJ (1844) eu collaboiatioQ avec soa frère.
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DELAWARE [del'-é-ouère] (de Delawares, nom de peuple). I. Rivière de l'Amérique du Nord, qui naildans les monts Catskill (Etals- Unis), sépare l'élat de Pennsylvanie de ceux de New-York el deNew-Jersey etse jette dans l'Atlantique par la baie de Deiaware, après un cours de .'iOO kil. A environ 200 kil. de sa source, la Deiaware traverse un défilé formé par des rochers perpendiculaires qui s'élèvent à plus de 300 m. au-dessus de son lit. Elle arrose Trenton (où elle devient navigable pour les bateaux à vapeur), et la grande ville de Philadelphie. Ses principaux tributaires sont le Lehig et le Schuylkill. — 11. (Baie de), bras de mer qui sépare les états de New-Jersey et de la Deiaware et qui est terminé du côte de l'Atlantique par les caps May et Henlopen. Longeur : 100 kil.; plus grande largeur : de 40 à nOkil. — III. L'un des treize États primitifs de l'Union américaine, entre 38° "28' et 39° ;iO' lat. N., et entre 77° et 78» 6' long. 0.; 5,310 kil. i^irr. La population, qui était de 59,1100 hab. en 1790, s'est élevée depuis à 168,493 h. en y coniprenant 25 OiiO noirs. Cap. Dover; ville princ. Wilmington. Territoire généralement uni. Climat doux el tavorahle a l'agriculture. Production de mais, de Iromenl, de seigle, d'avoine, de pommes déterre el de foin. iJÙO kil. de chemins de ter. — L'assemblée générale se compose d'un sénat de
Sceau de l'état de Deiaware.
9 membres, choisis pour4ansct d'une chambre de 21 représentants élus pour 2 ans. Le gouverneur, élu pour 4 ans, n'est pas rééligible. Les juges sont nommés par le gouverneur el conservent leur office tant que l'on ne peut rien leur reprocher. Les prêtres ne peuvent remplir aucun emploi public. La peine de l'exposition sur le pilori et celle du louet existent encore dans les lois. Revenus 200,000 dollars; dépenses 195,000 dollars; dette 1 .300,000 dollars. Nombreuses écoles; 24 journaux ; 475 bibliothèques; 250 édifices religieux. Principales dénominations : méthodistes, presbytériens, épiscopaliens, triends, catholiques romains et baptistes. — La baie de Deiaware fut découverte par Hudson, en 1609. Elle doit son nom a lord de la Ware ou Delawarr, gouverneur de Virginie, qui la vi.-ita l'année suivante. Une colonie de Suédois et de Finnois s'y établit en 1627 ; mais les Hollandais, qui avaient des prétentions sur ce pays, l'envahirent en 1655 et renvoyèrent en Europe ceux des colons qui refusèrent de reconnaître leur domination. En 1664, les Anglais chassèrent les Hollandais; el en 1776 les habitants se déclarèrent indépendants de la Pennsylvanie, dont leur pays faisait partie.
DELAWARES, tribude la famille des Algonquins (Indiens de l'Amérique du Nord), établis, quand les blancs les visitèrent pour la première fois, dans le bassin do la Deiaware. Ils se donnaient le nom de Renappi (hommes), que l'on écrit quelquefois Lénapes ou Lenno- Lénapes, Les Hollandais eurent avec eux des relations commerciales dès 1616. Penn les ayant dépossédés de leur pays, ils se retirèrent sur la Susquehanna, el d'une tribu pacifique qu'ils formaient auparavant, ils
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devinrent un peuple énergique et guerrier. Une guerre heureuse avec les Cherokees leur donna les rives de l'Ohio, dont ils restèrent maîtres jusqu'en 1773. Us y firent alliance avec les Français contre les Anglais. C'est à leur assistance que nous dûmes noire victoire sur l'armée du général Braddock. Depuis cette époque, ils ont presque disparu par suite de guerres et d'émigrations forcées. Ceux qui ont survécu ont été convertis au christianisme et se sont faits cultivateurs, après avoir été dispersés. Quelques-uns forment encore un petit corps de nation dans le Kansas.
DÉLAYABLE adj. Qui peut être délayé.
DÉLAYAGES, m. Action de délayer; résultat de cette action.
• DÉLAYANT s. m. Méd. Remède auquel on attribue la propriété de rendre les humeurs plus fluides. Les délayants se composent ordinairement de boissons faites avec de l'eau tenant en dissolution une petite proportion de principes gélatineux ou mucilagineux; tels sont : les bouillons de poulet, de veau, de grenouilles, le petit-lait, les décoctions de racine de mauve et de guimauve, les boissons acidulées, etc. Les fomentations, les lavements et les bains sont aussi considérés comme des délayants. — Adj. : Remèdes délayants. — Boissons dél.wantes, nom que l'on donne aux solutions de sirops, à l'eau de gruau, à l'eau panée, à la limonade gazeuze, à la limonade cuite et aux décoctions d'orge, de chiendent et de réglisse.
• DÉLAYEMENT s. m. Action de délayer; résultat de cette action.
'DÉLAYER v. a. [dé-lè-ié]. Se conjugue comme Payer. Détremper dans un liquide : délayer de la farine. — Fig. Exprimer trop longuement et avec diffusion : il a délayé sa pensée. — Deldoun. (V. S.)
• DELEATUR s. m. [dé-lé-a-tur] (lai. qu'il soit détruit). — Typogr. Signe par lequel un indique, dans la correction des épreuves, les lettres, les mots, les lignes à retrancher : faire des deleatur. (Pour la forme de ce signe, voy. notre article Correction.)
DÉLÉBILE adj. Qui peut être effacé facilelenient.
'DÉLECTABLE adj. (lat. delectabilis). Qui plait beaucoup, très agréable : lieu délectable, vin délectable.
DÉLECTABLEMENT adv. D'une façon délectable.
• DÉLECTATION s. f. Plaisir qu'on savoure, qu'on goùle avec sensuahlé : grande délectation.
' DÉLECTER v. a. (lat. defec«iire). Charmer, réjouu- ; ijuand on veut se mortifier, il faut éviter tout ce qui délecte les sens. N'est guère usité que dans le style ascétique. — Se délecter V. pr. Délecter soi, prendre beaucoup de [jlaisir à quelque chose : se délecter à l'étude, aux beaux-arts.
• DÉLÉGATION s. f. Commission donnée à quelqu un pour agir au nom d'un autre :par délér/ation du tribunal; agir en vertu d'une délégation. — DÉLÉGATION DE POUVOIR, etC, actc
par lequel on délègue son pouvoir, etc. — Acte par lequel on autorise une personne à recevoir d'une autre une certaine somme, ou par lequel on transporte une dette à quelqu'un ; faire une délégation sur son banquier; accepter une délégation. — Hist. Délégation du gouveh-
NKMKNT DE LA DÉFENSE. (Voy. OéfCnSe.) —
Législ. « La délégation de fondions est un mandat temporaire par lequel un fonctionnaire charge un autre fonctionnaire d'exercer ses pouvoirs en tout ou en partie. Ainsi le procureur général, même présent aux audiences, peut déléguer ses fonctions à l'un de ses substituts (C. Tusl. crim. 2ûu). Il existe un grand
nombre d'autres cas où la délégation de fonctions judiciaires est autorisée par la loi (id. 266, 2>!3, 43 1 , 484, 488, etc.). Il en est de même dans l'ordre administratif; et il arrive très fréquemment qu'un préfet, pour cause d'absence ou d'empêchement, délègue une partie de ses pouvoirs au secrétaire général de la préfecture ou à un conseiller de préfecture (Ord. 29 mars 1821). La délégation de créance est un acte par lequel un débiteur donne .H son créancier un autre débiteur qui s'oblige envers lui. Cette délégation n'opère point de novation, si le créancier ne décharge pas expressément le débiteur primitif (C. civ. 1275). La simple indication de débiteur n'est pas une délégation; celle-ci n'est parfaite que par le concours de trois personnes, le délégant, le débiteur délégué et le créancier délégalaire. La délégation est aussi quelquefois une sorte d'attribution de droits. L'héritier bénéficiaire qui avait vendu les immeubles de la succession était tenu autrefois d'en déléguer le prix aux créanciers hypothécaires qui s'étaient fait connaître. Cette disposition de l'ancien droit, reproduite par l'article SOG du Gode civil ne peut plus avoir d'application, depuis l'organisation du régime hypothécaire créé par le titre 18« du livre III du même code, et elle est formellement contredite par l'article 991 du Code de procédure civile. —Hist. On donne le nom de délégation à uue assemblée politique instituée en 1874, à Strasbourg et qui participe au gouvernement de l'Alsace-Lorraine ; ce comité provincial est composé de .•iS membres, ainsi qu'il a déjà été dit plus haut. (Voy. Alsace.) Le président de cette assemblée est le gouverneur général; 33 membres sont élus par les conseils généraux des trois départements qui composent le pays d'Empire; 20 sont délégués par les cercles et sont élus au moyen d'un système compliqué de suffrage à deux dégrés; les autres sont nommés par les conseils municipaux des quatre grandes villes (Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Metz); mais en fait, Strasbourg étant privé d'un conseil municipal n'est pas représenté depuis 1874. La loi votée par le parlement allemand, en mai 1881, a établi la publicité des séances de la Délégation à partir de 1883; mais cette loi ayant rendu la langue allemande obligatoire dans les délibérations, les hommes les plus populaires ont dû refuser d'être délégués et plusieurs sièges sont restés vacants. Bien que l'Alsace-Lorraine soit soumise en principe aux lois imposées par l'Allemagne, la Délégation vote certaines loislocalesainsique le budgetde la province. Lesmembres de la délégation d'.\lsace-Lorraine reçoivent une indemnité de 20 marks (25 fr.) par jour de session et une indemnité de route ». (Ch. V.)
* DÉLÉGUÉ, ÉE part, passé de déléguer. — Subst. Celui qui a reçu une délégation, qui a commission de quelqu'un. — Législ. (V. S.)
* DÉLÉGUER v. a. (lat. delegare). Députer, commettre, envoyer quelqu'un avec pouvoir d'agir, d'examiner, déjuger, etc. : le tribunal a délégué un des juges pour faire cette vérification. — Déléguer so.n autorité, son pouvoir, SES POUVOIRS, etc., investir quelqu'un de son autorité, lui donner les pouvoirs nécessaires pour remplir une mission, pour traiter une affaire, etc. — Se dit aussi en pariant des fonds qu'on assigne pour un payement, pour l'acquittement d'une di-tto : déléguer une somme. — Déléguer un fermier, donner une délégation sur un fermier. Cette locution a vieiUi. Déléguer une dette, charger quelqu'un de la payer. — Législ. « Les délégués cantonaux soai des personnes choisies par le conseil départemental, parmi les résidants du canton et chargées chacune de la surveillance des écoles primaires d'une ou de plusieurs communes. Ces délégués sont nommés pour trois ans; ils sont rééligibles et révocables. Le délégué cantonal doit visiter, au moins une
fois par mois, les écoles publiques et les écoles libres de la circonscription qui lui est assignée. Il adresse des rapports au conseil départemental et communique à l'inspecteur primaire les renseignements qu'il juge utile de lui faire connaître. Les délégués d'un même canton se réunissent tous les trois mois, au cheflieu dudit canton, pour convenir des avis à transmettre au conseil départemental. Chacun d'eu.x peut assister aux séances de ce conseil, avecvoixconsullativepourles affaires desa circonscription. Dans les communes de 2, 000 âmes et au-dessus, un ou plusieurs délégués communaux, nommés par le conseil départemental, sont chargés, concurremment avec le maire, de la surveillance de l'enseignement primaire. Aucun professeur dans une école primaire ne peut être nommé délégué (L. 15 mars 1850, art. 42 et 44. Décret régi. 29 juillet, 28 août 1850, art. 44 et s.). (Ch. Y.)
DELENDA CARTHAGO [dé-lan-da-car-ta-go] Loc. lat. qui signifie : Carthage doit être détruite. Elle s'emploie pour faire allusion à une idée fixe dont on poursuit la réalisation avec persistance.
DELESCLUZE (Louis-Charles) [de-lé-klu-ze], journaliste, né à Dreux en 1809, tué à Paris le 2.5 mai 1871. Actif agitateur républicain, il passa la plus grande partie de sa vie en prison ou en exil. Combattant des journées de 1830, il ne voulut point accepter le gouvernement d'un roi et s'aflilia aux sociétés secrètes (Amis du peuple et Droits de l'homme), fit le coup de feu les 5 et 6 juin 1832, fut arrêté en avril 1834 et s'enfuit en 1836. Réfugié en Belgique, il y dirigea jusqu'en 1840, le Journal Je Charleroi. Il se fixa ensuite à Valenciennes comme rédacteur de Vlmpartialdu Nord, journal qui devint un organe rt-publicain des plus importants. Après la révolution de Février, Ledru-llollin le nomma commissaire de la République pour le Pas-de-Calais et le Nord; mais il donna sa démission dès qu'il comprit que la République allait être organisée contre les républicains et vint à Paris, où il fonda en octobre 1848 la Révolution démocratique et sociale. Ses articles contre la dictature de Cavaignac le firent condamner à un an de prison, puis à trois ans de la même peine. Après la journée du 13 juin, dont il avait été l'un des acteurs, il se sauva en Angleterre, pendant que la haute cour de Versailles le condamnait par contumace à la déportation. Revenu secrètement à Paris en 1853, il y fut livré par un traître, le 15 oct., et condamné à quatre ans de prison, comme impliqué dans l'affaire secrète dite de la Marianne. Il subit sa peine à Belle-Ile et à Corte; lorsque sou temps lut terminé, on l'enferma pendant six mois avec les galériens de Toulon, puis au bagne de Brest ; et ensuite, sans aucune forme de procès, on l'expédia à Cayenne avec un convoi de forçats. Il rentra en France après l'amnistie de 1859. Il occupa divers emplois chez des négociants et des industriels et publia en 1866 le Panthéon de l'industrie et des arts. En 1868, dès qu'une nouvelle loi sur la presse lui permit de fonder, sans autorisation, un journal politique, il fil paraître le Réveil, première feuille radicale que l'on vît en France, sous l'Empire. L'allaire Baudin, qui fil la furluiic politique de Gambella, rapporta six mois de prison â Delescluze, qui en avait pris l'initiative dans son journal. L'affaire Megy valut dix-huit autres mois de prison à cet infatigable révolutionnaire, qui s'enfuit à Bruxelles. Après lo 4 Septembre, il reparut, ainsi que le Réveil, combattit vivement le gouvernement de Trochu, tut porté à l'HÔtel-de-Ville le 31 octobre 1870, puis jeté à Mazas. Mis en liberté à la fin de décembre, il reçut le titre de maire du XIX" arrondissement, et essaya de renverser le gouvernement de la Défense. Vinoy le fit arrêter; mais les Parisiens lui ayant donné plus de 155,000