‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 232 sur 568 · DELF · texte numérisé non relu

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voix lors des élections à l'Assemblrc m.iI/ionale, on le relâcha. Le spectacle que Uii donna l'Assembléo ne l'invitant pas à y rester, il donna sa démission et prit parti pour la Coniniune. Il fut noninié délégué à la mairie du XI" arrondissement, puis délégué à la guerre. Lorsque les troupes se furent emparées de la plus grande partie de Paris, il quitta la mairie du Xi° où il avait passé la matinée à écrire, il s'achemina lentement et avec calme vers la barricade du Chàteau-d'Eau, sur laquelle il monta, malgré les observations de (|ueU[ues otiit-iers fédérés. Son écharpe rouge de men)bre de la Commune devint aussilôt le point de mire dessohiats et il no larda pas à tomber foudroyé. On a de Delescluze : de Paris à C'-iyennc, journal d'un déporté (18C9).

DELESSERT [de-lé-sèrr], l. (Etienne), industriel et ban([uier, né à Lyon en ■lî.i.;, mort à I'ari.s en ISIG. Il contribua au dev(d()ppemenl de l'industrie des tissus de gaze; fonda en 17. Si la première compagnie d'assurances contre l'incendie et la pi'emiére banque d'osconqile; fut emprisonné poinl.int la Terreur, et inlroduisit plus lard en l'runce un troiqio.-iu de 6,000 nmulons mérinos venus d'Kspagne.

— (Benjamin), naturaliste et philanlliru|ie, nis du pi'ecedent, né à Lyon en 1773, mort en Angleterre en 1S47. 11 fit en qualité de capitaine d'artillerie les campagnes de la Bépublique en Belgique, et fut ensuite nommé régent de la Banque de France, l'onclion qu'il occupa pendant .'iO ans, c'est-à-dire jusqu'à sa mort. En 1801, il fonda à Passy notre première filature de coton; et en 1812 notre première usine pour la fabrication du sucre de betterave; le titre de baron fut la récompense de ces travaux. — Un herbier, que J.-J. Rousseau avait commencé pour la sœur de Delessert, fut agrandi au point de renfermer SU, 000 espèces, dont plus de 3,000 étaient entièrement nouvelles. La description de cette vaste collection botanique fut publiée avec la collaboration do de Gandolle : Icônes selectw iilantanim. etc. (Paris, 1820-'4G; 5 vol. 111-4° avec !iOO planches). Delessert fond.t aussi un riche musée de conchyliologie, qui fut décrit par le D"' Chenu (1847). Parmi les ouvrages de Delessert, on cite le Guide du bonheur (Paris, 1840). Ce philanthrope favorisa le développement des salles d'asiles et mérita le surnom de j'ière des ouvriers. Député pendant la Bestauralion, il proposa l'abulilion de la peine de iriorl et lit abolir la loterie et les maisons de jeu.

•DÉLESTAGE s. m. iMar. et Aérost. Action de délester, aéchargement du lest d'un bâtiment, d'un ballon.

•DÉLESTER v. a. Mar. et Aérost. Oter le lest d'un liâLunent, d'un ballon.

* DÉLESTEUR s. m. Mar. Celui qui, dans un port, est iliargé de faire délester les bâtiments.

• DÉLÉTÈRE adj. (gr. dékin, détruire). Qui attaque la santé, qui |ieut causer la mort : fiantes, émanations délétères. — Fig. M.vxisiics DÉLÉTÈRES, maximes pernicieuses, capables de corromju'e.

DELEUZE (J.-B. -François), naturaliste, adepte du magnétisme animal, né à Sisteron en l7o3, mort en 183-). Il traduisit d'abord les Amours des plantes de Darwin et les Saisons de Thompson, puis abandonna la littérature pour se livrer à la science. On a de lui : Histoire critùjue du maijnélisine (fS13-'19); Instructions pratiques sur le magnétisme animal (lSHl-'30) et Défense du magnétisme (1819).

DELFT (Delp. liatavorum), ville de Hollande, province de la Hollande méridionale, sur la Schie, à 12 lui. iN.-O. de Botlerdam ; -23,037 hab. Elle est entrecoupée de canaux que traversent environ 70 ponts, et elle renferme un célèbre hôtel ie ville et un palais qui sert aujourd'hui de caserne. Les mausolées de la famille

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d'Orange et de Grotius se trouvent dans la nouvelle église; le monument di; Tromp est dans la vieille église qui compreiul une tour penchée. Arsenal de l'Etat, ave-, un collège pour les ingénieurs. La poterii' do Délit a cessé d'être recherchée, mais les instruments de mathématiques que l'on fabiique dans cette ville jouissent toujours d'une grande réputation.

DELFTHAVEN, ville do Hollande, sur la rive droite de la Maas (Meuse), à 3 kil. de Rotterdam ; 11,894 hab. Elle sert de port à la ville de Delft.

DELHI, Dehli ou Dilhi [angl. dél'-i], ville de l'Inde anglaise, ch.-l. d'un commissariat et d'un district du Punjaiili, autrefois capiLalc de l'empire Mogol, située non loin do la Jumna, à 00 kil. S.-O. de MceruL et a 1,300 kil. N.-O. de Calcutta; 193,4UU liahilants. — Delhi est presque entièrement entourée d'une muraille de pierres, haute de 10 m. Sa population se coiiqiose surtout d'indoiis it de musulmans. Elle est dominée par le niagnilique palais impérial du Sliuh Jean, œuvre architecturale d'une incomparable magnilicence, que les anciens souverains entretinrent avec luxe, mais que les Anglais paraissent négliger. Ce palais se compose de plusieurs édilices particuliers,

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parvinrent à s'y établir ca maîtres; après avoir égorgé les Anglais, ils y proclamèrent roi un vieillard de 90 ans, descendant du grand raogol. Les troupes britanniques assiégèrent la ville pondant longtemps et finirent par la reprendre le 20 sept. 18.H7. Le vieux roi indigène mourut' en captivité; ses enfants faits prisonniers en même temps que lui, furent passés par les armes. C'est à Delhi que la reine Victoria fut proclamée impératrice de l'Inde le l^'janv. 1877.

DÉLIAQUE adj. De Délos, qui appartient à Défis 011 à ses habitants.

DELIBATION

tion de iioùli'r.

f. (lat. delihure, goûter). At-

• DELIBERANT, ANTE adj. Qui délibère. Se dit surtout des assemblées politiques : corps délibérant, assemblée délibérante.

•DÉLIBÉRATIF, IVE .idj. Khét. Se dit de

ce genr(! île di^cdiirs par leiinel l'orateur se priqiose de taire adopter ou rejeter une résolution, dans une alfaire publique mise en délibérat,ion : cet orateur excelle eans le genre délibératif. — Voix DÉLiBÉn.\TivR, se dit, par opposition à voixeonsullative, du droit de suffrage dans les délibérations d'une assemblée, d'un tribunal, etc.

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dont une mosquée royale, de vastes jardins, etc., le tout enviriiniié d'une muraille haute de 15 m. et longue d'un kil. en circuit. Prés du palais se trouve la chambre du conseil, en marbre blanc et à huit coupoles. La hiinna musjid ou principale mosquée, longue de 87 m., est surmontée de trois dômes. La ville contient plus de quarante autres mosquées, plusieurs temples iudous et les tombes des empereurs et d'un grand nombre de saints musulmans. Le collèirc du gouvernement, dont les cours sont suivis pardes élèves indigènes, est divise en quatre sections : section anglaise, section arabe, section persane et section sanscrite. Delhi renlei'me, en outre, plus de de 300 écoles. L'industrie de cette ville porte sur la manufacture des cotonnades, de l'indigo et des châles. 11 se fait un commerce actif de soieries et de joaillerie. — D'après Aboul FazI, sept villes ont occupé l'emplacement de la Delhi contemporaine; les rajahs indous y eurent leur l'.tpitale dès la hii du x<^ siècle. En 1a26, elle tomba au pouvoir de B.iber, fondateur de la dynastie mogole. Akbar porta le siège de l'empire à Agra. Le shah Jean construisit, en 1031, la ville actuelle qui devint la résidence royale. En 1739, Delhi fut prise et saccagée par Nadir Shah, usurpateur persan. Les .Viiglais s'en emparèrent en 1803. Le 12 mai 1857, les cipayes révoltés

' DELIBERATION s. f. Discussion entre plusieurs personnes sur une résolution à prendre, sur une question à résoud''e : mettre une affaire en délibération. — Examen que l'on fait en soi-même : un. homme prudent n'agit qu'aprés mûre délibération. — liésolution, décision : par tléUUération du conseil.

DÉLIBERATIVEMENT adv. D'une façon dé-

libérative.

DÉLIBÉRATOIRE adj. Prat. Qui a rapport à la delilier.ilioii : forme délibératoire.

* DÉLIBÈRE, ÉE [lart. passé de DÉLiniimcn. — C'est une chose uélibérée, c'est une chose arrêtée, conclue. — De propos délibéré, à dessein, exprès, après y avoir bien pensé- On le dit presque toujours en mauvaise part : il lui a rendu ce mauvais office de propos délibéré. — Adj. Aisé, libre, déterminé : marcher d'un pus délibéré. — s. m. Proc. Toute discussion ou délibération qui a lieu à huis clos entre les juges d'un tribunal : on a ordonné un délibéré. — Jugement qui ordonne un délibéré : rapport sur délibéré. — Terme juridique. Débat qui s'établit entre les juges d'un tribunal ou d'une cour, avant la prononciation du jugement. Ce mot s'emploie surtout dans le sens de remise du jugement définitii' à une audience ultérieure, après le rapport qui doit être fait par un juge que désigne lo

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jugement ordonnant le délibéré. (Code de proe. civ. art. 93). (Ch. Y.)

•DÉLIBÉRÉMENT adv. Hardiment, d'une manière délibérée -.marcher délibérément.

* DÉLIBÉRER v. n. (lat. deliberare). Examiner, consulter en soi-m6me ou avec les autres : 0710 longtemps délibéi'é sur cette affaire. — Prendre une délibération, se détermmer : on délibéra d'aller à l'ennemi.

' DÉLICAT, ATE adj. (lat. delicatus, part, passé de deli/:are, anc. forme de deliquare, fondre, amollir). Fin, délié : peau délicate, contours délicats. — Fait, travaillé, façonné avec adresse et légèreté, avec un soin extrême et une attention minutieuse : travail délicat.

— Par ext. Se dit des choses par lesquelles ou à l'aide desquelles on exécute des ouvrages ; délicats : exécution délicate. — Fig. Se dit des pensées, des sentiments peu communs, lors- [ qu'ils ont quelque chose de pur, de naïf, de touchant, etc. : pensée délicate. — Fait ou exprimé d'une manière ingénieuse et détournée, par ménagement, par retenue, par rao- ' destie, par fierté, etc. : avoir pour quelqu'iin i des attentions délicates. — Subtile : la différence est tellement délicate, quelle peut échapper à bien des esprits. — Faible, qui peut recevoir aisément quelque altération : tempérament délicat; avoir la vue délicate. — Agréable au goût, se dit surtout des aliments choisis et recherchés : mets délicat; il tient une table très délicate. — Fig. Plaisir délicat, jouissante DÉLICATE, etc., plaisir, jouissance honnête, où l'âme, où l'esprit a plus de part que les sens. — Avoir le sommeil délicat, se dit d'une personne que le moindre bruit éveille.

— Frêle ou qui pas-se aisément : ces dentelles sont fort délicates; voilà une couleur bien délicate. — Fig. Difficile, embarrassant, dangereux, périlleux : c'est une opération fort délicate; situation délicate. — Fig. Sensible, qui juge finement de ce qui regarde les sens ou l'esprit : des sens délicats; esprit délicat. — Difficile à contenter : il est fort délicat sur le manger. Prov. et fig. Il est délicat et blond. On l'emploie aussi, dans ce sens, comme substantif : faire le délicat, les délicats aperçoivent les défauts de cet ouvrage. — Susceptible, facile à choquer, à offenser : cet homme est très délicat sur le point d'honneur. — Ahsol. Scrupuleux sur ce qui concerne la probité, la morale, ou les simples bienséances : c'est un homme extrêmement délicat; la pilus délicate probité. — Ce qui est conforme à la probité, à la morale, aux bienséances : ce procédé me semble peu délicat.

' DÉLICATEMENT adv. Avec délicatesse, d'une manière délicate : être élevé délicatement : juger délicatement de tout.

' DÉLICATER v. a. Traiter avec délicatesse, accoutumer à la mollesse : on gâte les enfants à force de les délicater. — Se délicater v. pr. Délicater soi, se laisser aller à la mollesse : vous vous délicatez trop (vieux).

* DÉLICATESSE s. f. Qualité de ce qui est délicat, fin, délié : la délicatesse delapeau. — Par ext. Adresse, légèreté, soin : il ne faut manier cela qu'avec beaucoup de délicatesse. — Fig. Habileté, ménagement, circonspection : c'est une affaire qui veut être traitée avec beaucoup de délicatesse. — Qualité de ce qui est agréable au poilt : la délicatesse du vin. — Les délicatesses de la table, les mets délicats. — Fig. Ce qui est senti, pensé, fait ou exprimé d'une manière délicate : la délicatesse d'une pensée, d'un sentiment. — Les délicatesses do LANG.AGE, DU STYLE, les fincsscs du langage, du style. — Faiblesse, débilité : délicatesse de tempérament; délicatesse de teint. — Mollesse : cet enfant est élevé avec trop de délicatesse. — Fig. Sensibilité, aptitude à ju!.'er finement de ce qui reaarde les sens ou l'esprit : délicatesse degoiU, de tact, d'oreille, de jugement, d'esprit. — Susceptibilit'"', facilité à s'oH'enscr, à se cho-

quer : avoir une extrême délicatesse sur le point d'honneur; fausse délicatesse. — '>i'nipule sur ce qui louihe à la probité, à la murale, aux bienséances : avoir une grajide délicatesse de conscience; un homme plein de délicatesse. On l'applique souvent aux choses que la délicatesse fait dire ou faire : j'apprécie toute la délicatesse de ce procédé, de cette conduite.

•DÉLICES s. f. pi. (lat. delicia). Plaisir, volupté : les délices des sens, de l'esprit; ce sont ses délices. — Un lieu de délices, un lieu où l'on se plait beaucoup. — Fig. Les délices DE Capoue, délices où l'on s'oublie, où l'on s'amollit. Se dit par allusion aux quartiers d'hiver qu'Annibal prit à Capoue, après la bataille de Cannes, et qui passent pour avoir amolli son armée. — Sing. Alors il est masculin : c'est un délice.

' DÉLICIEUSEMENT adv. Avec délices, d'une manière délicieuse ; vivre délicieusement.

- DÉLICIEUX, EUSE adj. Extrêmement

agréable : vin délicieux; conversation délicieuse.

DÉLICOTBR V. a. Défaire le licou à : délicoter un cheval. — * Se délicoter v. pr. Etre délicoté. Se dit d'un cheval qui se défait de son licou ; ce cheval est sujet à se délicoter, il faut lui mettre une sous-gorge.

DÉLICTIF, IVE adj. Qui tient du délit, qui constitue un délit.

* DÉLICTUEUX, EUSE adj .Dr. Qui aie caractère d'un délit : fait délictueux.

* DÉLIÉ, ÉE part, passé de délier. — Adj. Menu, grêle, mince : un trait déplume fort délié; taille déliée. — Fig. Etre délié, avoir l'esprit délié, avoir beaucoup de finesse, d'esprit, d'habileté, de pénétration, d'adresse: c'est un homme fin et délié. Se prend quelquefois en mauvaise part. — Calligr. s. m. Partie fine et déliée d'une lettre : la lettre 0 a deux pleins et deux déliés.

DELIEMENT s. m. Action de délier, résultat de cette action.

DÉLIEN, lENNE s. et adj. De Délos, qui appartient a Délos ou à ses habitants.

* DÉLIER V. a. Détacher, défaire ce qui lie quelque chose : délier une gerbe. — Dénouer : délier des rubans. — Fig. Délier la langue, permettre de parler : celte circonstance lui délia enpi la langue et lui pennit de s'expliquer. — Fig. et fam. Il n'est pas digne de délier LES cordons de SES SOULIERS, il lui est extrêmement inférieur. — Fig, Dégager d'une obligation, d'un serment, etc : on l'a délié de toute obligation. — Théol. Absoudre; s'emploie presque toujours absol. ; l'Église n le pouvoir de lier et de délier. — »v Se délier v. pr. Défaire ses liens : on lui avait attaché les pieds, il s'est délié. — Délier soi, se dégager : )■; s'c-it délié de son serment. — Etre délié : ce fagot, ce cordon se délie.

DÉLIES s. f. pi. Fêtes que l'on célébrait à Délos, en l'honneur d'Apollon.

DÉLIGATION s. f. (lat. deligare, lier). Chir. Apfilicatiun des bandages, des appareils et dos médicaments externes. — Art de faire cette application.

DÉLIGATOIRE adj. Chir. Qui appartient à la déligation.

DELILLE (L'abbé Jacques), célèbre poète, né a Aigueperse (Auverffiie), en 1738, mort à Paris, le 1"=' mai 1813. Enfant naturel, il fut élevé par charité au collège de Lisieux à Paris. Sesétudes terminées, il .se fil professeur. Sa traduction en vers des Géurgiques de Virgile (176!)), considérée comme égale à son modèle, lui valut la protection de Voltaire, qui lui ouvrit, malgré sa jeunesse, les portes de r.\cadémie française. Delille publia ensuite le poème des Jardins (1780), œuvre originale, élé;.'.inte, mais sans nalnn;!. Ayant suivi à Constantinople l'ambassadeur français Clioi-

seul-Gouffier, il conçut, en face des magnifiques paysages orientaux, l'idée de son popine de l'Imagination, où l'on trouva beaucoup d'esprit et peu de sentiment, selon le goût du jour. Delilie resta jusqu'à la Révolution le poète à la mode. Arrêté pendant la Terreur, il fut protégé par Chaumette et sauva sa tête en composant une hymne pour la fête de l'Être suprême; puis il se réfugia en Suisse, où il acheva l'Homme des champs (1800) et les Trois régnes de la nature, poème descriptif plein de beaux vers et dépourvu de beaux morceaux. Il était en Allemagne en 1803, lorsqu'il composa son poème de la Pitié, en faveur des émigrés. Il séjourna ensuite deux années en Angleterre et y donna une traduction du Paradis perdu de Milton (I80.'i). L'empereur lui rendit sa chaire de poésie au Collège de France ; peu de temps après, il devint aveugle. Ses œuvres complètes ont été publiées par Michaud (1824, 6 vol. in-S») et par Lefèvre (1833, 1 vol. gr. in-S").

* DÉLIMITATION s. f. Action de délimiter, ou résultat de cette action: la délimitation des frontières.

' DÉLIMITER V. a. Marquer, fixer, tracer des limites : les commissaires chargés de délimiter la frontière des deux États.

' DÉLINÉATION s. f. (lat. delineare, tracer une ligne). Action de tracer le contour d'un objet au simple trait; figure qui en résulte : la simple délinéation fait voir l'étendue de cette place.

DELINIERS (Jacques- Antoine-Marie), viceroi de Buenos-Âyres, né à Niort en 1756, mort en 1810. Etant capitaine dans la marine espagnole, il prit Montevideo aux Anglais (I80(J), à la tête d'un corps de volontaires, et fut nommé vice-roi de Buenos-Ayres. Il força les Anglais à abandonner Montevideo, qu'ils avaient repris. Il fut, pour avoir embrassé la cause royale, chassé de Buenos-Ayres par le parti de l'indépendance, et il" venait de recouvrer son pouvoir, lorsque un nouveau vice-roi fut envoyé d'Espagne pour le remplacer. Sa destitution produisit une révolution et lorsqu'il voulut rétablir l'autorité royale, il fut pris par les révolutionnaires et fusillé.

* DÉLINQUANT, ANTE s. Jurispr. Celui, celle qui a commis un délit. S'emploie surtout au masc : punir un délinquant.

' DÉLINQUER v. n. [dé-lin-ké] (lat. delinquere). Jurispr. N'est guère usité qu'au prétérit. Faillir, contrevenir à la loi : on punira ceux qui ont délinqué (vieux).

•DÉLIQUESCENCE s. f. [dé-li-kuès-sance; (lat. deliquescere , fondre). Chiin. Propriétt qu'ont certains corps d'attirer l'humidité de l'air et de s'humecter, de se résoudre en liqueur; état d'un corps ainsi pénétré par l'humidité : nn sel qui tombe en déliquescence,

' DÉLIQUESCENT, ENTE adj. Chiin. Qvl tombe ou ]ieul tomber en déliquescence : sei déliquescent; la potasse est déliquescente.

DELIQUIUM s. m. [dé-Ii-kui-omm] (motlat). Chim. Déliquescence. Ne s'emploie que dans cette phrase : tomber en deliquium.

' DÉLIRANT, ANTE adj. Qui est en délire, N'est guère d'usage qu'au figuré: imagination^ joie délirante. — »v Fam. Charmant. — *Méd, Substantiv. : il est dangereux de laisser librei les délirants.

'DÉLIRE s. m. (lat. de, hors; lii-a, sillon, chemin). Egarement d'esprit causé par maladie : avoir le délire. — Fig. Agitation extrême trouble qu'excitent dans l'âme les pa.ssions les émotions violentes : le délire de l'amour, de la joie, de la douleur; le délire de l'esprit, dt l'imagination. — Méd. La folie est le délire à l'état chronique; mais on donne particulièrernent li' nom de délire à un désordre passager (les facultés intcijc.'tiifiles. l'ausé soit

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pnr une maladie du cerveau (méningite, encéphalite), soit par la fièvre, dans les cas de lièvre typhoïde, de typhus, de peste, de fièvre jaune, de maladies iiillammaloires, de mala- .lies aiguës, soit par une névrose cérébrale, par une grande émotion, par une douleur physique, par l'insulfisance du sang, par l'inalition, par la cachexie. 11 peut aussi être le ■ésultatd'un empoisonnement, d'excès alcooiq\\e?,{de/irhim tremeiis],rAc. Celui qui accomlagno les fièvres, les maladies inllammatoires ;l les maladies aiguës est pies([ue toujours in symptôme grave. Dans les alfections chroliiiues, il annonce ordinairement une mort Prochaine. — ■ Délire nerveux, délire sans lèvre auquel sont sujettes les personnes très lerveuses et pusillanimes, ou qui survient à la iuite d'opérations chirurgicales. On conseille 1(! donner aux personnes qui ont un semblable délire, des quails de lavements addiionnés de S à 10 gouttes de laudanum.

' DELIRER V. n. Avoir le délire, être en lélire : il commençnil à dclirer.

• DELIRIUM TREMENS [dé-li-riomm-trénainss] s. m. Méd. Délire accompagné d'agialion, d'hallucinations, d'insomnie et de reinblenient îles membres et des lèvres, pariculierauxiudividus qui fontabusdeliqueurs ;piritueuses. Le delirium Iremens peut faire ;oii apparition après une simple débauche ; nais il est ordinairement le résultat de l'inempérance longtemps continuée. Il peut être nortel, surtout quaud la constitution du maade a été brisée par les excès. Le delirium remens ou délire des ivrognes cède à l'opium i la haute dose de 10 à 20 centigr. par jour, nais c'est un remède dangereux dont on doit ;esser l'emploi dès que le sommeil survient. )n ]ieut aussi combattre ce genre de délire ■n ilonnaiit chaque jour de 10 à 40 gouttes le chloroforme en potion et de la à 20 gouttes rammoniaque dans un verre d'eau. De nos ours, on a essayé l'usage de l'hydrate de ;hloral, pour mettre fin à l'agitation du paient, pendant que l'on le fortifie par une louiriture appropriée. On a aussi recours aux itimulants alcooliques.

DELISLE, Voy. Lisle.

DËLISSAGE s .m. Triage et classement des euilles de papier, après leur fabrication. — )pération qui consiste à découdre et à couper es chiffons en petits morceaux.

DÉLISSER V. a. Défaire ce qui était lisse : ictiascr ses cheveux. — Se délisser v. pr. Etre lélissé : ses handeaux se délissent.

DÈLISSEUR, EUSE s. Ouvrier, ouvrière qui fait le délissage des chiffons.

* DELIT s. m. (lat. delicliurù. Jurispr. 'Vioati(jii plus ou moins grave de la loi ; délit pnlicique. — Délit correctionnel, infraction que ,a loi punit de peines correctionnelles : les :ri)iu's, les délits et les contraventions. — Délit :0MMUN, tout crime commis par un ecclésias- :ique, dont la connaissance appartenait au juge ecclésiastique. — Le corps du délit, le MRi'S DE DÉLIT, ce qul prouve l'existence d'un crime, d'un délit, comme le cadavre d'une personne assassinée, l'efl'raction d'une porte, etc. : avant de eondamner un accusé, il faut que le cor/i'i du délit soit constant, il faut qu'on soit assuré que le crime dont il s'agit a été comniis- — Prendre, surprendre iji^elqu'un en i''LAr.RANT DÉLIT, le prendre sur le fait. — Législ. « Un délit est, dans le sens étroit du droit pénal, une infraction que les lois punissent des peines correctionnelles (C. pén. art. l"') : lesquelles peines sont : l'emprisonnenient à temps dans un lieu de correction, 1 interdiction à temps de certains droits civiques, civils ou de famille, l'amende (id. 6), et accessoirement la surveillance de la haute l'olice. Les tentatives de délits ne sont pas considérées comme délits, si ce n'est dans un

petit nombre de cas déterminés par une disposition spéciale de la loi (id. 3). Les délits sont constatés par les otRciers de police et par les autres agents réguli" rement investis de ce droit, et ils sont defénsaux tribunaux correctionnels. Le prévenu doit comparaître on personne et il ne peut se faire représenter Ijar un avoué, à moins que le délit commis n'entraîne pas la peine de l'emprisonnement (tl.inst. crim.179 et s.). L'appel des jugements était autrefois porté devant un autre tribunal, sauf pour ceux rendus dans le département oii siégeait une cour d'appel ; ils sont aujourd'hui tous jugés par la cnur du ressort (L. 13 juin 1856). Les coupables condamnés à un emprisonnement de plus d'une année, sont, en cas de nouveau délit, condamnés au maximum de la peine portée par la loi, et cette peine peut être portée au double; ils sont en outre placés sous la surveillance de la haute police pendant cin(] ans au moins et dix ans au plus. (C. pén. ;i8). Mais cette sévérité est reconnue insutlisantc, car le nombre des récidivistes s'accroît sans cesse : il s'est élevé, pourles prévenus de délits, de 20 p. 100 en 18aO, à 43 p. 100 en ISiSI ; et il est urgent que le législateur prenne des mesures afin d'arrêter cet accroissement. (Voy. Ukcidive.) Le nombre moyen par ann(''C des délits communs jugés par les tribunaux correctionnels a été de 124,160 pendant la période quinquennale de 1870 à 1880, et l'on aconstaté, par comparaison avec les époques précédentes, à la fois une augmentation des délits contre la chose publique ainsi que des délits contre les mœurs, et une diminution des délits contre les personnes et envers les enfants. Les délits forestiers sont constatés par les agents de l'administration des forêts et la poursuite est exercée au nom de cette administration (C. for. 159 et s.). Les délits militaires sont l'objet de dispositions spéciales (C. pén. 5) que l'on trouve dans les codes de j ustice des armées de terre et de mer; les délits de grande voirie sont de la compétence des conseils de préfecture (Décr. 16 déc. ISll,art. U4);et les délits commis sur les navires de commerce sont jugés par les tribunaux maritimes commerciaux (Décr.loi24 mars lSy2,art. y ets.), Onnomme flafirant délit,le délit ou le crime qui se commet actuellement ou vient de se commettre. Sont aussi réputés llagrants délits : le cas où le prévenu est poursuivi par la clameur publique (voy. Cl.-vmeur) , et celui où il est trouvé saisi d'objets faisant présumer qu'il est auteur ou complice du fait (C. inst. crim. 41). Tout dépositaire de la force publique et même toute personne doit saisir le coupable surpris en flagrant délit, et le conduire devant le procureur de la République, si le fait commis emporte peine alllictive ou infamante [id. 100) et ce sous peine, pour les perso unes qui refuseraient deprèterleconcours ibuitelles seraient requises, d'une amende de ti à 10 fr. (G, pém. 475, § 12). L'inculpé, arrêté en flagrant délit, pourun fait punissable de peines correctionnelles, est interrogé immédiatement par le procureur de la République ; il est traduit à l'audience du tribunal sur-le-champ ou au plus tard le lendemain; et au besoin, le tribunal est spécialement convo(iué. Si l'inculpé le demande, le tribunal lui accorde un délai de trois jours pour préparer sa défense. Il peut être mis en liberté provisoire sous caution ou sans caution (L. 20 mai 1863). On donne le nom dequasi-délits àiles actesvolontaires et illicites, commis sans intention coupable, ou à des omissions, m^ligences. etc., qui causent un dommage à .autrui. Ces faits n'entraînent pas une répressiun pénale, mais obligent leur auteur à la réparation du dommage causé ; et l'on doit répondre non seulement des faits que l'on a commis, mais aussi de ceux qui ont été conirriis par les enfants, domestiques, etc.. dont on a la surveillance (C. civ. 1382 ets.). » (Cu. Y.)

* DÉLIT s. m. (rad. /('O.Maconn. Côté d'une pierre opposé au lit qu'elle avait dans la carrière. Se dit par rapport à la manière dont on pose les pierres dans une construction ; poser une pierre en délit.

DÉLITAGE s. m. .\ction de déliter des vers à soie.

* DÉLITER v. a. Maçonn. Poser une pierre en délit, c'est-à-dire sur un côté opposé au lit qu'elle avait danslacarrière : /m pjcJTftî.sc fendent, se dégradent quand elles sont délitées. — »* DÉLITER DES VERSA SOIE, Ics ôterde dessus la litière formée par les débris des feuilles et par leurs excréments. — * Se déliter v.pr. Se dit de pierres qui se lèvent par écailles, par lits,

* DÉLITESCENCE s. f. [dé-li-tè-san-se] (lat. detitescenlia). Méd. Disparition subito d'une tumeur, ou, plus généralement, des phénomènes inllamniatoires. — %•«. Chim. Action d'un corps qui se désagrège en absorbant l'eau.

DELITZSCH [dé-litsch], ville* de la Saxe prussienne, à 18 kiloni. N.-O, de Leipzig; 0,000 hab.

DELIUM, bourg de la Crèce ancienne, dans la Béotie, célèbre par une victoire des Béotiens sur les Athéniens, en 424 av.-J.-C. Pendant le combat, Socrate sauva la vie à son élève Xénophon. Delium renfermait un fameux temple d'Apollon.

* DÉLI'VRANCE s. f. Action par laquelle on délivre, ou état de ce qui est diHivré : heureuse, entière délivrance. — Lorsqu'il s'agit d'un accouchement, sortie de l'arrière-fai.'C : la délivrance s'opère par le même mécanisme que la sortie du fœtus. — Accouchement : celte femme n en une heureuse délivrance. — Action par laquelle on livre, on remet quelque chose entre les mains d'une personne : quand la délivrance des marchandises lui aura été faite. — Législ. (1 La délivrance est la mise en possession d'un droit acquis sur un objet. Tout légataire universel est tenu de demander aux héritiers à réserve la délivrance des biens du testateur. Lorsqu'il n'y a pas d'héritiers à réserve, le légataire est saisi de plein droit; mais, il doit, si le testament est olographe ou mystique, se faire envoyer en possession par ordonnance du président du tribunal. Les légataires à titre universel et les légataires particuliers sont tenus de demander la délivrance de leurs legs aux héritiers à réserve ; à défaut de ceu.v-ci, au légataire universel; et à défaut de ce dernier aux héritiers appelés dans l'ordre des successions. Les frais de la demande en délivrance sont à la charge de la succession. Cette demande fait courir les intt';rêts ou produits de la chose léguée, au profit du légataire (C. civ. 1004 et s.) iVoy. Legs.) Le droit d'enregistrement des délivrances de legs était autrefois un simple droit fixe; il est aujourd'hui calculé sur le montant des sommes ou sur la valeur des objets légués, et il est ainsi fixé, pour chaque legs, y compris les décimes : jusqu'à 5,000 fr., 9 fr. 375; de 5,000 à 10,000 fr., 18 fr. 75; de 10,000 à 20,000 fr., 37 fr. 50 ; et par 20,000 fr. ou fraction en sus, 37 fr. 50 (L. 28 février 1872). En matière de vente, la délivrance est le transport de la chose vendue eu la possession de l'acheteur. Cette délivrance s'opère, dit le Code civil, savoir : pour les immeubles et pour les droits incorporels, tels que les créances, par la remise des titres; s'il s'agit d'un bâtiment, par la remise des clefs ; pour les meubles, soit par la tradition réelle, soit par la remise des clefs des bâtiments qui les contiennent, soit par le seul consentement, lorsque le transport ne peut se faire au moment de la vente ou que l'acheteur a déjà l'objet vendu en sa possession à un autre titre. Les frais de la délivrance d'une chose vendue sont à la charge du vendeur, et ceux de l'enlè-

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vement à la charge de l'acheteur, à moins de slipulalion contraire (C. eiv. 160i et s., I6S0). (Voy. Vente.) Les usagers qui ont droit a des livraisons de bois dans les forêts de l'Etat, des établissements piililics ou des particuliers, ne peuvent prendre ces bois qu'après que la délivrance leur en a été faite par les agents fori'stiers ou préposés, et ce sous les peines portées ]iarla loi.(C. for. 79, 120) ".

(Ch. y.).

DÉLIVRANDE ;La\ villaee de France, cant. et à Ikii. N.-E. de Douvres (Calvados); 600 liab. Célèbre chapelle contenant la statue miraculeuse de Notre-Dame de la Délivraiide, objel de la dévotion des marins.

* DÉLIVRE s. m. Arrièrc-fai.x, enveloppe du fœlus : le délivre d'une femme.

•DÉLIVRER v. a. (lat. deliberare). Mettre en liberté; affranchir de quelque mal, de quelque chose d'incommode : il délivra son pays des tyrans, du joug des barbares; on m'a délivré d'une grande inquiétude, d'un grand fardeau; cet homme est fort incommode, je voudrais bien en être délivré.

Qui nous délivrera des Grecs cl des Komains?

Clémlnt. Epîtres, xvm« siècle.

— Accoucher : la sage-femme l'a délivrée. — Cette femme est accouchée, ma!s elle n'est pas ENTiknEMENT DÉLIVRÉE, l'arrière-faix n'est pas encore sorti. — Livrer, mettre, remettre entre les mains : délivrer de la marchandise.

Monsieur Loyal, délivrez-moi quittance.

BÉHAKGEn.

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