DÉMO
* DÉMONSTRATIF, IVE adj. Qui démontre, qui sert k démontrer. Ne se dit que des preuves par lesquelles on démontre quelque chose : argument démonstratif. — Rliél. Se dit de celui des trois penresd'éloquence qui a pour objet la louange ou le blâme. Substantiv. : cela est bon dans le démonstratif. — Fam. Qui donne des signes extérieurs d'affection, de bienveillance, d'intérêt, de zèle, etc : cet homme n'est pas démonstratif. — Gramm. Se dit des adjectifs et des pronoms qui servent à indiquer. Les adjectifs démonstratifs sont : ci;, cet, celte, ces. Les pronoms démonstratifs sont : ce, celui, celle, celui-ci, celle-ci, ce'ui-là, celle-là, ceci, cela, ceux, celles, ceux-ci,ccl'es-ci, ceux-là, celles-là.
* DÉMONSTRATION s. f. Raisonnement qui prouve dune manière évidente et convaincante : il a trouvé la démonstration de ce problème. — Tout ce qui sert de preuve k quelque chose : ces fails sont la meilleure démonsiralion que l'on puisse donner de... — Marque, témoii,'nage, toute parole, tout acte par lequel on manifeste ses dispositions, ses inti'ntiuns, etc. : il lui donne tous les jours de (/randes démonstrations d'amitié. — Art milit. Mouvement exécuté devant l'ennemi et particulièrement manœuvre que fait un général pour donner le change sur ses desseins. — Leçon que donne un professeur lorsqu'il met sous les yeux de ses élèves les objets mêmes dont il leur parle : faire une démonstration d'anatomic sur xin cadavre.
* DÉMONSTRATIVEMENT adv. Dune manière démonstrative, convaincante : prouver quelque chose démonstrativement.
DEMONTAGE s. m. Action de démonter : le démonlaijc d'un fusil.
* DÉMONTER v. a. Séparer quelqu'un de sa monture, ou ôter à quelqu'un sa monture.
— Démonter son c.walier, se dit d'un cheval qui jette son cavalier par terre. — Démonter DE L.\ CAVALERIE, lui taire faire le service à pied dans quelque occasion extraordinaire. —
DÉMONTER UN CAPITAINE DE VAISSEAU, lui Ôter le
commandement de son vaisseau, du vaisseau qu'il montait. — Désassembler les pièces dont une chose est composée, la défaire avec soin : démonter une machine. - Démonter une
HORLOGE, UNE MONTRE, UN TOURNEBKOCHE, etC,
faire que les ressorts n'en soient plus bandés, les contre-poids haussés, etc., de manière % les faire aller. — Démonter des pierreries, DES DIAMANTS, les séparer de leur chaton, de la garniture dans laquelle ils sont sertis — Démonter un canon, l'ôter de dessus son aifùt.
— Démonter des canons, une batterie, les mettre à coups de canon hors d'état de tirer, de servir. — Fig. Mettre en désordre, déconcerter, mettre hors d'état d'agir, de répondre: cette objection le démonta toutàfait. — wFig. Mettre en colère . ses taquineries me démontent. — ' Se démonter v. pr. Etre démonté.
— Cela se démonte, se dit d'une chose laite de manière a pouvoir être démontée. — Fig. et fam. La machine commence a se démonter, se dit de tout ce qui commence à se détraquer, à n'aller plus aussi bien qu'auparavant, et particulièrement d'une personne qui devient sujette à des indispositions et valétudinaire, après avoir joui longtemps d'une bonne santé. — Par exag. Bailler a se démonter la mâchoire, faire de grands bâillements. — Il se démonte
LE visage, il démonte SON VISAGE COMME IL LUI PLAÎT, IL A UN VISAGE QUI SE DÉMONTE, Se dit de
quelqu'un qui est assez maître de son visage pour donner à ses traits l'expression de la joie, de la tristesse, de l'espérance, ou de la crainte, selon qu'il convient à ses intérêts. — Etre hors d'état d'agir, de répondre •■ l'accusé se démonta. — »% Démonter soi, se mettre en colère : je me démonte inutilement, il n'en fait qu'à sa télé.
DEMO
DÉMONTHABIMTÉ s. f. Synon. de Démons-
TRACILITÉ.
* DÉMONTRABLE adj. Didact. Qui peut être démontré : cette proposition est démontrable.
•DÉMONTRER v. a. (lat. demonstrare] . Prouver d'une manière évidente et convaincante, par des conséquences nécessaires d'un principe incontestable : démontrer une véiité, un problème. — Se dit également de ce qui fournit la preuve ou l'indice de quelque chose : ces faits démontrent la nécess'dé d'une réforme.
— Anat. But. Hist. nat. Fairo voir aux yeux la chose dont on parle, comme les parties du corps humain, une plante, un animal, etc.
— *v Se démontrer v. pr. Etre démontré : cette proposition se démontre d'elle-même.
DÉMORALISANT, ANTE adj. Qui démoralise : influences démoralisantes.
•DÉMORALISATEUR, TRICE adj. Qui démoralise.
' DÉMORALISATION s. f. Action de démoraliser; étal d'un peuple, d'un individu démoralisé.
* DÉMORALISER v. a. Corrompre les mœurs : l'excès du luxe démoralise un peuple.
— Oter la force morale, le courage, la confiance : les revers avaient démoralisé cette armée. — %* Se démoraliser v. pr. Perdre son courage.
* DÉMORDRE V. n. Quitter prise après avoir mordu. Se dit particulièrement des chiens, des loups etc. : les dogues d'Angleterre ne démordent jamais. — Fig. et fam. Se départir de quelque entreprise, de quelque dessein, abandonner une opinion, un avis qu'on soutenait avec chaleur : il n'a point voulu démordre de cette poursuite; c'est un entêté, il ne démord jamais.
DÉMORFILLAGE s. m. Jargon. Action d'enlever aux cartes les signes quelconques que des joueurs peu consciencieux ont pu faire pour les reconnaître.
DÉMORFILLER v. a. Jargon. Enlever les marques i[u'on peut avoir fait aux cartes.
DÉMORGANER v. n. Argot. Ecouter les obîcrvations, perdre sa morgue.
DEMOSTHÉNE, général athénienquis'illustra pendant la guerre du Péloponèse. En 426 av. J.-C, il défit les Ambra ciotes et les Spai'tiates aux batailles d'Olpa et d'Idomène, et en 42b, captura une armée Spartiate qui l'avait assiégé dans un port, à Pylos (Messénie). Lorsque Nicias, à la tête des Athéniens, se fit battre à Syracuse (413), Démosthène conseilla la retraite : il y eut un retard et Démosthène, fait prisonnier, fut mis à mort, avec Nicias.
DÉMOSTHÈNE, homme d'Etat et orateur athénien, né, croit-on, en 3.s;j av. J.-C, mort en .322. Son père lui légua une très belle fortune, qui fut presque entièrement dissipée par ses deux tuteurs. Son éducation, cependant, ne fut pas négligée et il reçut une instruction en rapport avec son rang et sa fortune. Tout jeune encore (366) il plaida contre ses tuteurs pour les forcer à lui restituer sa fortune, gagna son procès deux ans plus tard, après de longs débats ; ses plaidoyers, qui nous sont parvenus, sont des modèles d'argumentation. En 3a.i, il fut nommé membre du sénat. Il prit, à cette époque, une part actire aux débats publics sur des questions de politique extérieure. Il pénétra les desseins ambitieux de Philippe, roi de Macédoine ; aussi lui fit-il une violente opposition par ses Philippiquei : la première fut prononcée en 352. 'Pendant la guerre Olynthienne, Démosthène fit pour la défense des Olynthiens trois magnifiques discours appelés Olynthiaques (349), et Philippe repoussa l'idée de contracter une alliance avec .\thènes. Une ambassade, composée de Philocrate, d'Eschine et de Démosthène fut chargée d'entamer des négo-
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cialions avec le roi, mais Philippe semble avoir éludé leur demande en ce qui concernait la Phocide, alliée des Athéniens et que ceux-ci voulaient faire comprendre dans le traité. Une deuxième ambassade, dont Eschine et Démosthène faisaient partie, fut envoyée i Philippe; après plusieurs relards, les Phocéens furent définitivement exclus du traité et Philippe s'empara de la Phocide. Démosthène accusa ses collègues de s'être laissé corrompre par le roj. Depuis eette époque, il devint le chef du parti anlimacédonien et upe lutte politique acharnée s'engagea entre lui et Eschine. Philippe envoya une députation à. Athènes dont il accusait les habitants 4e favoriser les desseins des Spartiates contj'ef }fi;5 Péloponésjens. En discutantla réponse qu'on devait faire à cette ambassade, Démosthène prononça (344) une nouvelle Philippique. Vers 341 , il débita son Discours sur les aliaires de ("hersonèse et une autre Philippique, plu.s violente et plus hardie encore que les précédentes. En 340, les Athéniens, conseillés par Démosthène, relevèrent Byzanae, que le roi Philippe assiégeait. Les partisans de Philippe réussirent, en 339, ^ le faire nommer chef des forces amphictyoniques ; ce roi marcha de suite contre la Grèce. Athènes, subissant l'influence de Démosthène, s'allia à Thèbes, mais la grande défaite de Chéronée tenversa, les espérances du parti patriotique. Ses ennemis saisirent alors toutes les occasions de l'attaquer. En témoignage de l'estime que le peuple athénien portait à Démosthène, Ct6siphon, un de ses amis politiques, proposa de décerner à cet orateur une couronne d'or, en récompense des services qu'il avait rendus à son pays. Er attendant que celte proposition devint une loi, tout citoyen pouvait en poursuivre l'auteur sous l'inculpation d'avoir fait une proposition illégale. Eschine, attaqua donc Ctésiphon. Le jugement n'eut lieu qu'en 330, après 8 ans d'atermoiements. Démosthène se porta comme conseil de Ctésiphon, mais en réalité il plaida une cause qui lui était personnelle. Ses discours et ceux d'Eschinesonl considérés comme leurs chefs-d'œuvre ; Démosthène eut le dessus. Son rival, exposé aux peines que les lois édictaientcontreles dénonciateurs calomnieux, s'enfuit d'Athènes et n'y revint jamais. L'assassinat de Philippe eti 336 poussa Démosthène à renouveler se? efforts pour unir les Etats grecs contre la Macédoine, mais la vigueur inattendue d'Alexandre, mit fin à ses espérances. En 325, Démosthène fut, avec les autres chefs populaires, déclaré coupable d'avoir donné Thospilalité à Harpalus, agent d'Alexandre, qui s'était sauvé de Babylone avec les trésors confiés à ses soins; il fut en conséquence jeté en prison, maisil put s'échapper et s'expatria. Dès que la nouvelle de la mort d'Alexandre (323) fut connue, les Grecs firent un nouvel efToiit pour secouer le joug des Macédoniens ; Oéinosthène fut ramené d'Egine sur un vaisseau de l'Etat, et reçu en triomphe à son arrivée : Ce fut, dil-il, le plus beau jour de sa vie. La défaite de Cranon (322) et l'abandon de la cause commune par les Etats confédérés les uns après les autres, firent que la ville d'Athènes eut à lutter seule contre .Aniipater, qui marchait sur elle. Démosthène et ses amis s'enfuirent ; une sentence de mort fut rendue contre eux. Le temple de Neptune, à Calaurie, lui servit de refuge, mais il y fut poursuivi par les agents d'Antipater. Se voyant sur le point d'être pris, il s'empoisonna. Il avait reçu de la nature une constitution délicate, qu'une grande tempérance dans le boire et le manger fortifia dans la suite. Il était affligé d'un bégaiemen', son haleine était courte, mais il sut corriger tous ces défauts. 11 remédia à' l'imperlection de sa prononciation en parlant avec un caillou dans la bouche et, pour s'habituer au tumulte des assemblées populaires, il déclamait sur le rocher de Phalère afin-da
DENA