DISE
soit parce qu'il n'existe aucun rapport entre les mois de la lig-nrc :
Prends la fondre, L'juis, et va comme un lion.
iMALUBnBB.
Il y a disconvenance entre foudre et lion.
Et les jouiu-s zi^pliii-s, par Iinirs chaudes haleines, Ont fondu L'ccorce des eaux.
Rousseau. Odez.
On ne peut fondre de l'écorce; et d'ailleurs les eaux n'ont pas d'écorce.
•DISCONVENIR v. n. Ne pas convenir, ne pas demeurer d'accord d'une chose : peut-nn disconvenir d'une chose si évidente?
DISCOPHORE adj. (gr. diskos, disque ;p/»er(), je porte). Qui porte un disque.
* DISCORD s. m. [diss-kor] (lat. discors). Discorde : éli'e endiscord (vieux).
* DISCORD adj. m. Mus. Qui n'est point d'accord : yiiauo discord. — w Inconséquent : esprit disciird.
■ DISCORDANCE s. f. 'Vice de ce qui est discordant. Se dil au sens physique et au sens moral : discordnnee des sons, des couleurs, des pai-ties d'un édifice ; discordance des esprits, des caractères,
* DISCORDANT, ANTE adj. Mus. Qui n'est point d'accord, ou qu'on ne peulqiic difficilement accorder : voix discordante ; instrument discordant. On dit dans un sens anal. : chant discordant. — Par cxl. Se dil des choses qui ne vont pas hien en>oml)le : couleurs ili^cordantes; les diverses parties de ce bâtiment sont un peu discûi'dantes. — S'emploie également au sens moral : opinions discordantes.
' DISCORDE s. f. (lat. discordia). Dissension, division crilre deux ou plusieurs personnes : semer ta discorde. — Nom de la divinité fahuleuse qui est censée causer rt eiilretonir les dissensions : tes /lambeaux de la Discorde.
La Discorde, à l'aspect d'un calme qui l'olTense, Fait siffler ses serpents, s'excite h la vengc;iiice. BoiLUiu. Le Lutrin.
— Fig. PoMMK DE DISCORDE, sujol de division entre des personnes qui étaient hien ensemhle. — Ji 11 de l'ho !ihre. Réunion des quatre rois.
* DISCORDER V. n Mus. Etre discordant. — »x Etre tn discorde. — N'avoir pas de convenance réciproque.
* DISCOUREUR, EUSE s. Fam. Grand parleur, grande parleuse. Se dit surtout d'une personne qui parle longuement de choses vaines, ou qui promet ce qu'elle ne tiendra pas : quel ennuyeiuc discoureur ! — C'i^ST un
BEAU DISC0UI1EU11,UN AGRÉAIiLK DlSCOUtlEUR, c'est
un homme qui parle assez agréablement, mais sans beaucoup de solidité. — Faire le DE.\u DISCOUREUR, all'ecter de bien parler, ou se phtire k parler longtemps.
* DISCOURIR v. n. (lat. discurrerc). Se conjugue comme Courir. Parler sur une malière avec quelque étendue : Soa'ute passa le dernier jour de sa vie à discourir de l'immortalité de l'âme. — Absol.NE faire que discourir, ne dire que des choses frivoles et inutiles. — %v Tenir de longs propos : agissons sans discourir.
* DISCOURS s. m. (lat. discursus). Suite, assemblage de mots, de phrases qu'on emploie pour exprimer sa pensée, pour exposer ses idées : le discours familier, oratoire, soutenu, fleuri, etc. — Se dit particulièrement, et souvent au pluriel, des propos de la conversation, des choses que l'on dit dans le commerce habituel delà vie : discours sensé; vain discours.
Oh I vous, qui nous tenez de fi^rl graves discours Sur l'art et les moyens de filer d heureux jours.
Bercuoux. La Gastronomie, chant IV.
— Fam. Discours fi'ivole, discours en l'air : vous me promettei monts et merveilles : discours que tout cela, ce n'est que discours. — Fam. C'kst un autre niscour'.s, il no s'agit pas de cela. — Ckla est uon rouft Le discours, ce
sont de ces choses que l'on dit dans la conversation, mais que l'on n'exécute pas. — — Harangue, oraison, pièce ou composition sur quelque sujet, soit en prose, soit en vers : composer un discour.-i. — Dans les écoles. Exercice de rhétorique : prix de discours français, de discours latin.
• DISCOURTOIS, OISE adj. Qui n'est pas courtois, qui est impoli : chevalier discourtois; luni/nijc diScoaitoi.'i.
DISCOURTOISEMENT adv. D'une manière
discourloisc.
' DISCOURTOISIE s. f. Manque de courtoisie, de politesse (vieux).
DISCRASE s. f. [di-skra-ze] (préf. dis; gr. krasis, mélange). Miner. Anlimoniure d'argent naturel : Ag- Sb.
• DISCRÉDIT s. m. Diminution, perte de crédit. Sa dil des personnes et des choses : te discrédit des billets de Law, des assignats, a ruiné beaucoup de ijens. — Fig. Manque de considération : le discrédit où tombe un système, une opinion.
• DISCRÉDITER v. a. Faire tomber en discrédit : discréditer une marchandise, un papiermonnaie. — Fig. Faire perdre la considération : cette maucuise action acheva de le discréditer. — Se discréditer v. pr. Pr. et fig. Diminuer ou perdre sou crédit : il se discrédita pur sa folle conduite ; il se discrédite auprès de ses fournisseurs.
• DISCRET, ETE adj. (lat. discretus, séparé). Avisé, prudent, judicieux, retenu dans ses paroles et dans ses actions, qui sait se taire et ne parler qu'à propos : il est extrêmement discret; en satje et discrète personne, elle s'abstint de... Cet,\.e dernière phrase ne s'emploie que dans le langage familier. — Se dit quelquefois, dans un sens analogue, des actions, de la conduite : il en a usé d'une manière tout à fait discrète. — Qui sait garder un secret : homme discret; femme discrète. — Faire le discret, allecter de gard.jr le silence. — Père DISCRET, MERE DISCRÈTE, religieux OU religieuse nui entre dans le conseil du super.eur ou de la ipérieure. ^ 'Vénérable et discrète personne, titre d'honneur qu'on donnait jadis aux prêtres et aux docteurs. — Mathém.
Quantité discrète, e dit, par opposition à quantité conti.nue, de l'assemblage de plusieurs choses distinctes les unes des autres, comme les nombres, les grains d'un tas de blé : l'arithmétique a pour objet ta qiumlité discrète. — Méd. Variole discrète, celle dont les boutons ne se touchent point.
' DISCRETEMENT adv. D'une manière discrète, réservre : parler discrètement.
• DISCRÉTION s. f. [diss-krè-si-on] (lat. discretio, discernement, choix). Réserve, retenue, circonspection dans les actions et dans les paroles : il a beaucoup de discrétion. — Se
REilETTRE A LA DISCRÉTION DE QUELQU'UN DANS
UNE AFFAIRE, s'cu l'apporter à son jugement pour une alfaire, dans la conliance qu'on a en sa justice et en sa sagesse. On dil dans un sens analogue, laisser quelque chose a la discrétion DE quelqu'un. — Se mettre a la discrétion DE quelqu'un, se livrer entièrement à la volonté de quelqu'un. — Qualité de garder un secret : parlez devant lui en toute assurance, on peut compter sur sa discrétioyi. — Ce qu'on gage ou ce qu'on joue, sans le déterminer précisément, et qu'on laisse à la volonté de celui qui perdra : gagner, perdre une discrétion. — A discrétion loc. adv. Se dit en parlant des choses dont on a autant que l'on veul:o;î letir donna du vin à discrétion. — ■Vivre a discrétion quelque part, se dit des soldats qui ont été envoyés dans un village, dans une ville, pour se faire traiter à leur gré par les habitants. — Se rendre a discrétion, se melfre h la merci du vainqueur.
• DISCRÉTiUNNAIRE adj . Palais. Ne s'emploie
guère que dans cette locution, pouvoir discrétionnaire, faculté donnée à un juge, et partictdièrement au président d'une cour d'assises, d'agir, en certains cas, selon sa volonté particulière, mais avec sagesse et modération : en vertu de son pouvoir discrétionnaire, le président fit assigner tel témoin. — Par ext. Se dit de tout pouvoir illimité.
* DISCRÉTOIRE s. m. Lieu où se tiennent les assemblées des supérieurs ou supérieures de certaines communautés. — «.» Conseil tenu avec le concours des pères discrets ou
des mères discrètes.
DISCULPATION s. f. [diss-kul-pa-si-on].
.\ction de disculper, de se disculper.
* DISCULPER v. a. (préf. dis; culpa, faute). Justifier d'une faute imputée . cette dernière action l'a pleinement disculpé dans le public.
— Se disculper v. pr. Disculper soi, se justifier : je veux me disculper à ses yeux.
•DISCURSIF, IVE adj. (lat. discurrere, dirfio'.sum, courir çà et là). Log. Qui tire une pro- [losition d'une autre par le raisonnement: l'twmme a la faculté discursive.
DISCUSSIF, IVE adj. (lat. discutere, résoudre). Méd. Se disait autrefois des médicaments qu'on appliquait à l'extérieur pour dissiper des engorgements. — s. m. : les dis'Ussifs ne sont autre chose que des topiques résolutifs.
' DISCUSSION s. f. (lat. discussio). Action de dis.cuter, de débattre; examen, débat : il n'est jamais embarrassé dans la discus-iion; cela est sujet à discussion. — Jurispr. Discussion de lUENS, recherche des biens d'un débiteur pour les faire vendre en justice. Bénéfici: de discussion, exception par laquelle la caution, assignée en paiement par le créancier, requiert la discussion préalable des biens du débiteur principal (Voy. Bénéfice). — Prat. Sans division NI DISCUSSION, solidairement l'un pour l'autre, et un seul pour le tout. — Dispute, contestation : il a eu une discussion au jeu.
"DISCUTABLE adj. Qui peutse discuter; qui est susceptible d'être discuté : c'est un sujet discutable.
'DISCUTER V. a. (lat. discutere. secouer). Examiner, débattre une question, une affaire avec soin, avec exactitude, et en bien considérer le pour elle contre : discuter un point de dî'oi'i. S'emploie quelquefois absol. : discutons, et ne disputon.'i pas. — Jurispr. Discuter les biens d'un DÉBITEUR, les rechercher et les faire vendre en justice. On dit aussi, discuter un
DÉBITEUR EN SES BIENS, DANS SES BIENS, OU simpl.
DISCUTER UN DÉBITEUR, discuter les biens d'un débiteur : il faut discuter le principal obligé avant que d'attaquer la caution.
DISCUTEUR. EUSE s. Personne qui discute, qui recherche la discussion.
* DISERT, ERTE adj. [di-zèrr](lat.d('ieWus). Qui parle aisément, et avec quelque élégance : il est plutôt disert qu'il n'esf cloquent. — Qui est facile, élégant : un discours disert.
- DISERTEMENT adv. D'une manière diserte.
•DISETTES, f. [di-zè-te] (lat. desitus; de desinere, cesser). Manque de quelque chose nécessaire. Se dit proprement en parlant des choses essentielles à la vie : disette de vivi'cs.
— Par ext .Manque de certaines autres choses utiles : on public beaucoup de romans, de brochures, mais nous sommes dans la disette de bons ouvrages.
•DISETTEUX. EUSE adj. Qui manque des choses nécessaires (vieux).
" DISEUR, EUSE s. Celui, celle qui dit : diseur de bons mots; disettse de bonne aventure. Ne s'emploie guère que dans ces locutions et autres semblables. — Fam. Un beau diseur, iiii homme qui afïecte de bien parleV. — Prov. L'entente est au diseur, celui qui parle en-
DISP
tend bien ce qu'il veut dire, ou ses paroles ont un sens caché que lui seul entend.
* DISGRÂCE s. f. [diss-grâ-se]. Perte, privation des bonnes grâces d'une personne puissante : tomber en disgrâce. — Infortune, malheur : il lui est arrivé une disgrâce. — Mauvaise grâce dans le maintien, la démarche, la mamière de parler : cette actrice est pleine de disgrâce. — Se dit également des actions morales : cet homme met de la disgrâce jusque dans le bien qu'il fait.
* DISGRACIÉ, ÉE part, passé de Disgracier : ministre disgradé. — Etre disgracié de la nature, ou simpl. ÊTRE DISGRACIÉ, avoir quelque chose de défiguré, de difforme en sa personne. — Substantiv. : les disgraciés occupent souvent les autres du récit de leurs disgrâces.
* DISGRACIER V. a. Cesser de favoriser quelqu'un, le priver de ses bonnes grâces : son imprudence le fit disgracier.
* DISGRACIEUSEMENT adv. D'une manière disgracieuse.
' DISGRACIEUX, EUSE adj. Qui est désagréable, fâcheux : homme disgracieux; aventure disgracieuse.
' DISJOINDRE v. a. (lat. disjungere). Séparer des choses qui étaient jointes : la sécheresse a disjoint les jantes de cette roue. Dans ce sens, on dit aussi, déjoindre. — Procéd. Séparer deux ou plusieurs causes ou instances, afin de les juger chacune à part : les deux instances furent disjointes. — Se disjoindre V. pr. Etre disjoint : ces ais commencent â se disjoindre.
* DISJOINT, OINTE part, passé de Disjoindre.
— Mus. Degré disjoint, intervalle d'une note à une autre qui ne la suit pas immédiatement dans la gamme, comme de ut à mi.
•DISJONCTIF, IVE adj. Gramm. Se dit de
toutecuiijoncLion qui, en unissant les membres de la phrase ou de la période, sépareles choses dont on parle, c'est-à-dire qui unit les expressions et sépare les idées : ou, soit, ni, sont des mots disjonctifs, des conjonctions disjonctives.
— s. f. Conjonction disjonctive : la disjonclive ou.
* DISJONCTION s. f. Procéd. Séparation : la disjonction de deux instances.
•DISLOCATION s. f. (lat. préf. dis; locus, lieui. Déboitement, luxation d'un os. — Art niilit. La dislocation d'une armée, la séparation des dillérents corps d'une armée, lorsqu'on les répartit dans plusieurs cantonnements ou garnisons. — v* Se dit des pièces d'une machine ou d'un assemblage qui se séparent, qui cessent d'être ajustées : la dislocation de la machine a fait suspendre les travaux.
— Démembrement : dislocation d'un empire.
' DISLOQUÉ, ÉE part, passé de Disloquer.
— Fam. Etre disloqué, TOUT DISLOQUÉ, être infirme d'un OU de plusieurs membres, par suite de quelque dislocation. • — »v Qui semble désarticulé, dont les membres semblent ne pas se tenir ensemble : ce clown est tout disloqué. — Substantiv. Personne disloquée : couple de disloqués.
DISLOQUEMENT s. m. Etat de ce qui est disloqué: aitiun de se disloquer.
* DISLOQUER V. a. [di-slo-ké] (préf. dis; lat. locus, place, endroit). Démettre, déboiter. Se dit en parlant des pièces d'une machine, ou des os que l'on fait sortir de leur place ; disloquer une machine; disloquer les os. — Disloquer LE BRAS, LE pouce, LE POIGNET, etc, disloquer les os du bras, du pouce, etc. — ».* Démembrer : disloquer un pays, une armée. ■ — ' Se disloquer v. pr. Etre disloqué : la machine s'est distoquée; des os qui se disloquent — w Disloquer soi, ses membres : cet acrobate se disloque avec facilité.
' DISPARAÎTRE v. n. Cesser de paraître,
DTSP
d'être visible, d'être aperçu : ce météore a dispai-u; je les vis disparaître dans l'épaisseur de la forêt. — Fig. Se dit quelquefois au sens moral, de ce qui cesse d'être, d'exister : les anciennes mœurs avaient alors totalement disparu. — Par exag. Toute autre gloire dispahaît DEVANT LA SIENNE, est éclipséc OU atfaiiilic par la sienne. - S en aller de quelque endroit et ne plus s'y montrer, n'y plus revenir; se retirer promptenient, se cacher : «îi ie/ a fait banqueroute, et a disparu. — Fig. Disparaître du MONDE, DE LA TERRE, etc, mourir,cesser d'être. Disparaître DE la scène du monde, se confiner dans la retraite, après avoir joué un rôle dans le monde. — Fig. Se dit d'une chose qu'on avait, et qui tout d'un coup ne se trouve plus : j'avais des gants, ils ont disparu.
' DISPARATE s, f. (lat. dispar). Défaut très sensible de rapport, de conformité, de parité; elfel ordinairement désagréable, qui en résulte : ses actions et ses discours forment une étrange disparate. — adj. Se dit des choses qui font disparate : voila des choses bien disparates, des ornements bien disparates.
' DISPARITÉ s. f. (lat. dispar, inégal). Inégalité, dillérence qui se rencontre entre des choses qui se peuvent comparer -.il y a bien de la disparité, trop de disparité entre ces choses; la disparité est grande entre ces -personnes.
* DISPARITION s. f. [di-spa-ri-si-on]. Action de disparaître : la disparition d'une contèle ; la disparition subite de cette personne alarma sa famille Disparition des espèces. (V. S.)
* DISPARU, UE part, passé de Disparaître, — adjecl. Qui n'est piusvisible : le jour est disparu. — Qui n'existe plus ; races disparues; lie disparue.
DISPENDIEUSEMENT adv. D'une façon dispendieuse.
* DISPENDIEUX, EUSE adj. (lat. dispendiosus, doniiuageablej. Qui exigé beaucoup de dépense : entreprise dispendieuse.
' DISPENSAIRE s. m. (lat. dispensare, distribuer;. Aled. Codex, livre qui traite de la manière de préparer les remèdes. — Etablissement de chanté oil l'on distribue gratuitement des remèdes aux pauvres : il y a dans Faris plusieurs dispejisaires. — Adm. « Le nom de dispensaire est donné quelquefois au formulaire pharmaceutique d'un établissement hospitalier. On indique aussi par ce mot le lieu de la visite médico-administrative des lilles publiques. Mais la véritable acception signifie un établissement de secours médicaux gratuits, ouvert par un bureau de bienlaissance ou par la cliarité privée. Ces dispensaires apportent de grands soulagements à la population indigente des villes; ils suppléent souvent l'hôpital et pernieltenl de traiter à domicile un grand nombre de malades. 11 est de l'intérêt des administrations hospitalières de seconder les bureaux de bienfaisance dans l'organisation et l'entretien des dispensaires, et de développer le plus largement possible ce mode d'assistance. Enjoignant aux consultations médicales la délivrance gratuite des médicaments, des pansements et appareils, des bains simples et médicamenteux, du vaccin, etc; en y ajoutant la visite et le soin des malades à domiiule, et la distribution de secours en nature, on peut arriver bien souvent avec une dépense restreinte, à soulager et a guérir les malades sans rompre les liens de la famille. C'est dans ce sens que doit progresser l'assistance publique, plutôt qu'en multipliant les lits d'hôpital; et nous citerons comme exemple le dispensaire qui a été fondé au liavre,en iST.ï, par M. le D' Gibert, pour les enfants malades, et qui a été indiqué aux administrations hospitalières, comme un modèle a suivre, par une circulaire du ministre de l'intérieur du '2.-; janvier 1881. La Société philanthro|)ique a établi à Paris plusieurs dispensaires qui rcn-
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dent de grands services à la population inditrente. D'un autre côté, les associations mutuelles fondent presque toutes des dispensaires pour leurs associés, et là se trouve le secours fraternel que tout homme peut accepter sans honte. » (Ch. Y.)
* DISPENSATEUR, TRICE s. Celui, celle qui distribue : bonne dispensatrice. — Fig. La justice divine est la dispensatrice des peines et des récompenses.
* DISPENSATION s. f. Distribution : dispensation des récompenses.
* DISPENSE s. f. [di-span-se]. Exemption, acte par lequel on dispense une personne de quelque chose : dispense de tutelle. — Permission : dispense de manger de la viande; dispense d'épouser une parente. — Législ. « Dans le langage juridique, on appelle dispense la suppression d'un délai, d'une formalité ou d'un empêchement établi par la loi pour certains actes. Il ne faut pas confondre l'exemption d'un devoirlégal, laquelle résulte de certaines conditions déterminées par la loi, avec la dispense qui est individuelle et est accordée à la personne par l'autorité compétente. Le chef de l'Etat peut, pour des motifs graves, accorder des dispenses d'âge pour le mariage (C. civ. '143); il peut aussi lever les prohibitions portées par le Code civil aux mai'iages entre beaux-frères et belles-sœurs, entre l'oncle et la nièce et entre la tante et le neveu (id. 164); il peut, ainsi que son délégué, le procureur de la République, dispenser de la seconde des deux publications qui doivent avoir lieu à la porte de la mairie avant le mariage {C. civ. 169j. Les demandes de dispense d'âge, de parenté ou d'alliance faites en vue de mariage sont adressées au ministre de la justice ; mais le procureur de la Képublique doit donner son avis au pied de la pétition. Le décret qui confère la dispense doit être enregistré au grelfe du tribunal civil de l'arrondissement, et une expédition en est jointe à l'acte de célébration du mariage (Arr. du gouv. 20 prairial an XI). Il est perçu, au profit du Trésor, un droit de sceau qui est de 175 fr. 23 pour les dispenses d'âj,'e et de 300 fr. 23 pour celles de parenté ou d'alliance. En cas d'indigence, la dispense des droits de sceau peut être accordée. Le président de la République confère en outre d'autres dispenses de parenté ou d'alliance, afin de permettre à des magistrats, parents entre eux jusqu'au degré d'oncle et de neveu inclusivement, de siéger dans une même cour ou un même tribunal. (L. 20 avril 1810, art. 63). Les ministres peuvent délivrer des dispenses d'âge pour certains examens ou certains emplois. Les dispenses de la tutelle, accordées par la loi à des catégories de personnes (C. civ. 427 et s.) sont des exemptions plutôt que des dispenses; il en est de même des dispenses du service du jury, etc. Mais il y a une distinction établie par la loi du 27 juillet 1872 (art. 16 et 17) entre les jeunes gens exemptés du service militaire à cause de leurs infirmités et ceux qui sont seulement dispensés du service d'activilé en temps de paix à cause de leur situation de famille (Voy. Recrutement). »
(Ch. Y.)
•DISPENSÉ, ÉE part, passé de Dispenser.— adjectiv. (Jui a reçu dispense de : soldat dispensé de service. — w s. m. Personne ayant reçu une dispense : les dispensés au point de vue militaire et juridique.
* DISPENSER V. a. [di-span-sé] (lat. dispensare). Exempter de la règle ordinaire, laire une exception en faveur de quelqu'un; ou simpl. exempter de quelque chose une personne : être dispensé de quelque formalité. — Fig. Se prend quelquefois avec un nom de chose pour sujet : croit-il que son rang le dispense de celte obligation'] — Dispensez-moi de FAIRE telle cnosE. SB dit pour s'excuser poli-
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raent de faire une cliose. — Je vods en dispense, se dit quelquefois pour prier quelqu'un de ne pas l'aire une chose, ou même pour lui défendre de la faire : je vous dispense d'en dire davantage. — Départir, distrilàuer: dispenser des bienfaits ; le soleil dispense à tous sa lumière. Eu ce sens, on l'emploie surtout dans le style soutenu. — Se dispenser v. pr. S'exempter soi-même de qucUiuo chose: se dvipenser de ses devoirs; se dispenser de faire une chose.
Et voilà donc comment les hcurenx de la terre Savent se rfi.s/jefwer aujourd'hui de bien faire. PItilvUe de Molière, acte II, se. iv.
DISPERME adj. (préf. dis; gr. sperma, i;raiue!. bol. Qui contient deu.'J graines.
' DISPERSER V. a. (lat. dispergere). Répandre, jeler çà et là : disperser de l'argent, des pitves de monnaie. — Séparer des personnes ou des choses qui formaient un assenihlage, et les mettre, les envoyer, les porter en divers lieu.\ : disperser des troupes ; sa bibliothèque va être liispersèe. — Forcer à s'enfuir de dilférenls côtés, mettre en désordre, dissiper : disperser une multitude; disperser un troupeau. — Se disperser v. pr. Aller chacun de son côté : Jiuas nous sommes dispersés pour trouver à nous loger; à leur aspect, les ennemis prirent la fuite et se dispersèrent. — litre répandu çà et la ; être dispersé : la boite tomba, et les objets qu'elle contenait se dispersèrent de tous côtés; les nuages se dispersent.
DISPERSIF, ÏTE adj. Phys. Qui produit le phrooiiiene de dispersion.
' DISPERSION s. f. Action de disperser, de se disjier.Mjr, résultat de celte action : la dispersion des matériaux d'un édifice; la dispersion des Juifs. — "■ Phénomène qui se produit lorsqu'un faisceau de lumière tomho sur un prisme, et qu'il se décompose en rayons de plusieurs couleurs, dont chacun sort du prisme avec une direcLion particulière. CVoy. Lumière). — Dispersion des /liantes. (V. S.)
DISPONDÉE s. m. Versifie, gr. et lat. Double
sponili e. (Voy. SpoNDiit:).
•DISPONIBILITÉ s. f. Etat des fonctionnaires et des agents de toute sorte, mais en particulier des militaires, qui ne sont point ou ne sont plus en activité de service, et restent pourtant toujours à la disposition de leurs chefs : officier en disponibilité; préfet en disponibilité.
' DISPONIBLE adj. (lat. disponere, disposer). Que l'on a à sa disposition, tiont on peut disposer, qui est en disponibihté : les fonds disponibles ; la moitié des officiers disponibles viennent d'être appelés sous les drapeaux. — Jurispr. Se dit particulièrement, de la portion ou quotité de biens dont la loi permet de disposer par donation ou par testament: portion, quotité disponible.
•DISPOS adj. m. [di-spo] (lat. dispositus). Léger, agile, bien portant. Ne se dit proprement que des hommes : on ne peut pas être plus dispos à son dge.
DISPOSANT, ANTE adj. et s. Qui fait par testament des dispositions relatives au partage dos biens.
* DISPOSÉ, ÉE part, passé de Disposer —
— EîKE Disi'osÉ.\ QUELQUE CHOSE, y être porté.
— Etre bien disposé, mal disposé pour quelqu'un, être bien intentionné, mal intentionné a son égard.
* DISPOSER v. a. (lat. disponere). Arranger, mettre dans un certain ordre : Dieu a disposé dans un ordre merveilleux toutes les parties de l'univers. — Approprier, préparer pour une circonstance : on a disposé cette salle pour le bal.
— DisrosER LES AFFAIRES, los mettre dans un certain état, pour une certaine fin -.j'ai disposé les affaires de telle sorte, que toutes les intrigues
échoueront. — Préparer à quelque chose; et, dans une acception particulière, engager quelqu'un à faire ce qu'on souhaite de lui : disposer quelqti'un à la mort; disposer faimrablement les esprits. — Disposer quelqu'un pour le bain, POUR la purgation, pour ou a une opération, a prendre les eaux, etc., le préparer pour des remèdes, par un régime, à prendre des bains, à se purger, à subir quelque opération, etc. — S'emploie absolument: une nomriture insuffisante et une habitation humide disposent à la phtisie. — Faire de quelque cliose ou de quelqu'un ce que l'on veut : (/ dispose de tout dans cette maison. — Dieu a disposé de lui, se dit pour faire entendre que celui dont on parle est mort. — Régler, prescrire, décider: la loi ne dispose que pour l'avenir. — Prov. L'houui-; PROPOSE ET Dieu dispose. (Voy. Dieu). — Aliéner, soit par vente, soit par donation, ou autrement: tes mineurs ne piewcenl disposer de leur bien. — Se disposer v. pr. Prendre ses dispositions : l'ennemi approcliait; nous nous disposâmes à le bien recevoir. — «.v Etre arrangé, préparé : tout se dispose pour la fête.
* DISPOSITIF, IVE adj. (lat. dispositus, disposé). Méd. Qui prépaie, qui dispose à quelque chose : remède dispositif.
' DISPOSITIF s. m. Droit. Partie d'une loi, d'un édit, d'une ordonnance, d'un arrêté, d'un jugement, d'un arrèl, elc, qui en contient les dispositions, par opposition au préambule, aux motifs, elc. : te préambule de cet arrêté ne s'accorde guère avec le dispositif. Le dispositif proprement dit ne contient que ce qui est ordonné par le jugement ou l'arrêt (G. pr. 141); maison comprend souvent aussi, sous ce nom, les motifs, c'est-à-dire toute la partie du jugement qui suit les qualités.
* DISPOSITION s. f. [di-spo-zi-si-on]. ArrangemeuL. situation : la disposittjn des différentes parties d'un jardin, d'un tableau, d'un édifice, ou simpl., la disposition d'un jardin, d'un tableau, etc. — Stratégie. Faire une belle
disposition, de belles DISPOSITIONS, DES DISPO- SITIONS SAVANTES, etc., disposer habilemimt son armée pour combattre. — Rhét. j^ri angement des parties dont un discours est composé : la rhétorique a trois parties: l'invention, la disposition et l'élocution. — Au pi. Préparatifs : /aire ses dispositions pour partir. — Tendance, achemiiiciiieut à quelque chose de plus ou de moins prochain, a quelque modification ou altération : on appelle diathèse, en médecine, la disposition du corps à contracter telle ou telle maladie. — Etat du tempérament ou de la santé : le climat influe beaucoup sur la disposition habituelle du corps. On dit fam. en ce sens : être en bonne disposition, se porter bien ; et, être en mauvaise disposition, se porter mal. — Philos, scolast. Disposition prochaine, état prochain où est une chose pour recevoir une nouvelle qualité, une nouvelle forme. Opposé a disposition éloignée. — Inclination, aptitude : naturellement on n'a que trop de diS2yosition au mal. .\bsol. Se prend toujours en bonne part : cultiver les dispositions d'un élève. — Au pi. Sentiment où l'on est à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose : il a de bonnes dispositions pour vous; sonder les dispositions de quelqu'un. — Dessein, intention que l'on a de faire quelque chose; état où l'on est par rapport à quelque chose : c'est la une disposition très louable; il se mettait en disposition de travailler. — Action de régler quelque chose, d'en disposer; résultat de cette action : il a laissé la disposition de ses affaires à un tel; par une disposition particulière de la Providence.— Pouvoir, faculté de disposer de quelqu'un ou de quelque chose. Dans ce sens, il ne prend jamais le pluriel, et on l'emploie surtout avec les prépositions a et en : tout est en la disposition de Dieu; il a des gens à sa dis- 2)osition. — Jurispr. Action de disposer de son bien, ainsi que tout acte par lequel on en dispose; et, dans ce sens, s'emploie très sou-
vent au pluriel : par la disposition qu'il a faite de son bien, ou simpl., par la disposition de son bien; faire ses dispositions testamentaires, ses dernières dispositions. — Chacun des points que règle ou que décide une loi, une ordonnance, un arrêté, un jugement, un arrêt, etc. : tes juges ne peuvent prononcer par voie de disposition générale et réglementaire. — Absol. La DISPOSITION DE LA LOI, Ce que la loi ordonne, prescrit; et par opposition, la disposition de l'homme, ce qu'une personne peut prescrire par acte entre vifs ou à cause de mort : c'est une maxime, que la dvipo.iilion de l'homme fait cesser la disposition de la loi. — »•» Adm. milit. Hommes A la disposition, ceux qui sont dispensés du service actif en temps de paix, ceux qui sont classés dans les services auxiliaires, ceux qui ont obtenu un sursis quelconque. — Législ. « Le droit de disposer des choses semble être synonyme du droit de propriété (G. civ, o41); mais il comporte en outre la capacité civile (id. 9ii2, l.'i'.l-i) et l'absence de restrictions légales, telles que la réserve des enfants légitimes (id. 913). On ne peut disposer de ses biens à titre gratuit que par donation entre vifs ou par testament, et en suivant les formes rigoureusement déterminées parla loi (id. 893 et s.); tandis que, pour en disposera titre onéreux, c'est-à-dire pour les vendre, il suffit du simple consentement (id. 1583). Le mot disposition est presque toujours mis dans la loi pour donation ou legs: ainsi les (dispositions eri(»'e époux sont des donations réciproques faites dans le centrât de mariage, ou des donations faites séparément après le mariage (id. 1091 et s.). Le mari ne peut disposer à litre gratuit des iinmeuldes de la communauté, ni de l'universalité ou d'une quotité du mobilier, si ce n'est pour l'établissement des enfants communs (id. 142"2). Les dispositions testamentaires peuvent être universelles, à titre universel ou j^articulières. Parmi ces dernières, il peut y avoir des dispositions rémunératoires, c'est-à-dire laites eu récompense de services rendus (id.909). » (Ch. Y.)
* DISPROPORTION s. f. Inégalité, disconvenaiice, manque de proportion entre difl'érenles choses, ou entre les parties d'une même choses : il y a une grande disproportion entre ces deux choses-là; il y a entre eux une grande disproportion de taille, d'dge, de mérite, de fortune.
DISPROPORTIONNÉ, ÉE part, passé de Dis- PROPORTiùNNER. — * adj. Qui manque de proportion : partages disproportionnés. — Qui manque de convenance, qui n'est pas en rapport : mariage disproportionné.
DISPROPORTIONNEL, ELLE adj. Qui n'est pas pi oporlioiinel.
DISPROPORTIONNELLEMENTadv.D'unema-
nière disproporlioimelle.
DISPROPORTIONNÉMENT adv. D'une manière disproportionnée.
DISPROPORTIONNER v. a. Détruire les proportions; mal proportionner.
* DISPUTABLE adj. Qui peut être disputé : question disputable.
DISPUTAILLER v. a. [H mil.]. Fam. Disputer longtemps sur des choses peu importantes.
DISPUTAILLERIE s. f. Fam. Dispute longue
et vaine.
DISPUTAILLEUR, EUSE s. Personne qui se
plait aux disputailleries.
* DISPUTE s. f. Débat, contestation : la chaleur de la dispute; les disputes de religion. — Par est. Querelle : il cherche dispute à ses voisins. — Au pi. Actes, ou discussions publiques, qui se font dans les écoles pour débattre des questions de théologie, de philosophie, etc. : les disputes de l'école.
* DISPUTER v. n. (lat. disputare). Etre en
DISR
DISS
DISS
débat, avoir constestation : il ne faut pas disputer des goûts. — Raisonner, argumenter pour ou contre sur un sujet donné : ce bacUclier a disputé en Sorbonne. — Disputer sun la pointe d'lne aiguille, élever une contestation sur un très léger sujet, sur des choses sans iraporlanee. — Disputer de la chape a l'évèque, disputer à qui appartiendra une chose qui n'est et ne peut être à aucun de ceux qui veulent l'avoir. — Rivaliser : il dispute de luxe avec les plus riches. — Fig. S'emploie avec la préposition DE, pour exprimer que les choses ou les personnes dont il s'agit paraissent avoir des qualités si égales, que l'on ne sait laquelle l'emporte : Néron et Domitien disputaient de cruauté. — v. a. Contester pour obtenir ou pour conserver quelque chose : disputer un prix, une chaire de professeur; disputer son bien, sa vie, son honneur. — S'emploie souvent avec le pronom personnel complément indirect : les deux armées se disputèrent longtemps lu victoire. On le dit quelquefois, fig. des choses : niille objets divers se disjmtaient nos regards, notre attention. — Disputer le terrain, se défendre pied à pied. — Fig. Soutenir avec force son opinion, ses intérêts, ou ceux d'autrui, dans quelque contestation que ce soit: son adversaire lui a bien disputé le terrain. — Se construit quelquefois avec un régime direct sous-entendu et représenté par le pronom indéterminé le. Le dispctek a quelqu'un, prétendre l'égaler en quelque chose : le disputer à quelqu'un en valeur, en érudition, en l'ichesse, etc. On le dit, également des choses : Tyr pouvait le disputer aux cités les plus opulentes. — »v Se disputer v. pr. Avoir une dispute.
•DISPUTEDR s. m. Celui qui aime à disputer, à contredire : ardent disputenr. — Adjecliv. : cet homme est très disputeur.
'DISQUE s. m. (gr. diskos). Palet très pesant en pierre ou plus ordinairement en fer, que les anciens, dans leurs jeux et dans leui's exercices, jetaient au loin, pour faire paraître leur force et leur adresse : lancer le disque. — Par anal. Ce qui ressemble à un disque, et surtout surface visible des grands astres, qui, à nos yeux, paraissent ronds et plats : le disque du soleil, de la lune. — Bot. Partie des fleurs radiées qui en occupent le centre, ou partie élargie et membraneuse d'une feuille -. le disque d'une fleur; le disque d'une feuille est ordinairement traversé dans sa longueur par la nervure principale. — Chem. de fei'. Sorte de plaque tournante, rouge d'un côté ol blanche de l'autre, qui indique par sa couleur que la voie est libre ou ne l'est pas.
* DISQUISITION s. f. [di-skui-zi-si-on] (iat. disquisttio,. Didact. Examen, recherche exacte de quelque vérité dans les sciences ; se livrer à des disquisitions philosophiques, mathématiques, etc. Dans le langage ordinaire, on dit Recherche, et quelquefois Investigation.
DISRAELI [diz-ré'-li] I. (Isaac). Ecrivain anglais, d'origine Israélite, né en 17G6, mort en 1848. Son père se rendit en Angleterre (n48), après avoir quitté Venise où ses ancêtres s'étaient réfugiés au xv siècle, pour fuir les persécutions de l'inquisition en Espagne. C'est à ■Venise que ces Israélites prirent le nom de Disraeli, qui s'écrivit d'abord d'Israeli. En 4789, Isaac publia une satire : On the Abuse of Satire, et en l79l-'3 ses Curiosities of Literature {iyo\., auxquels il ajouta plus tard.) vol). Parmi ses autres œuvres, les meilleures sont Amenities of Litcrature (IS4I) et Reign of Charles I {\8m-'3i). Ces ouvrages sont ainusantsetrcmplis d'anecdotes. — II. {Benjamin), comte de Beaconsficld, homme d'Etat et écrivain anglais, fils aîné d'I-aac Disraeli, né le ï1 dcc. I80.Ï, mort le 19 avril 1881. Au retour d'un voj'age en Allemagne, il publia Vivian tirey (US:'6-'7) et The Voyageof capitain Popn- ;u«a (1828). De 18:0 à IS'îl, il visita l'Italie,
la Grèce. l'Albanie, la Syrie, l'Egypte et la Nubie. Il donna ensuite quelques ouvrages moins populaires que les précédents : The Young Dulie; Contarini Flemming ; essaya par trois fois d'entrer au parlement, lança des pamphlets dans lesquels il changea plusieurs fois de parti, invectivant tantôt les radicaux, et tjinlôt leurs adversaires, selon que l'appui dos uns ou celui des autres lui semblait nécessaire pour son élection. O'Connelle traitad'aposlat. En 1837, il fut élu par le bourg conservateur de Maidstonc. La Chambre ayant refusé d'entendre le premier discours de cet orateur méprisé, il s'écria : « Un temps viendra où vous m'entendrez. » Réélu en 1S41 par le bourg do Schrewsburg, il ne tarda pas à devenir le chef du parti conservateur, après avoir tuur à tour appuyé ou combattu Robert Peel et les idées libre-échangistes. En mars 183"2, il fut nommé chancelier de l'échiquier dans le cabinet Derby; ce ministère dura huit mois à peine. Disrneli redevint chancelier de l'échiquier en 18118 ; mais il tomba rapidement du pouvoir et resta chef de l'opposition pendant le ministère Ru.ssel-Glad>tone. 11 futencore chancelierde l'échiquier en 181)6, puis chef du cabinet lorsque lord Derby se retira des affaires en ISfiS; mais ses mesures conservatrices lui enlevèrent en peu de jours son éphémère popularité. Il donna sa démission en décembre. Les'tories le portèrent de nouveau au pouvoir en février 1874. Chargé de former un cabinet, il devint premier ministre, et se ht élever à la pairie sous le titre de comte de Beaconsficld (lo août 1870). C'est pendant son passage au pouvoir que l'Angleterre acquit l'île de Chypre. Il mourut au ministère, comblé d'honneurs, qu'il avait gagnés par son talent et aussi par son adresse : car on ne donnera pas son histoire comme un exemple d'honnêteté politique. Outre les ouvrages dont nous avons parlé, il en a publié plusieurs autres où l'on trouve beaucoup d'esprit et peu de profondeur. Tels sont : The Wojidrous Taie of Alroy; the Rise of Iskander; Hejiricfta Temple {\ii36; ; Vemtia (1837); Coningshy or the Jieio génération (iH^'t); Sibyl or two nations (184;;); Tancred or the new crusade (1847); Lothair {{810).
DISS s. m. [diss]. Bot. Genre de graminées très communes dans le nord de l'Afrique.
DISSECTEUR s. m. Celui qui dissèque les cadavres.
■ DISSECTION s. f. [diss-sè-ksi-on](lat. dmectio). Action do disséquer un corps organisé ; état d'un corps disséqué : faire une dissection ; dissection anatomique. — »* Fig. Examen attentif et scrupuleux : dissection d'un livre.
' DISSEMBLABLE adj. Qui n'est point semblable, qui est dillérent : ces deux caractères sont fort dissemblables.
DISSEMBLABLEMENT adv. D'une manière
dissemblable.
* DISSEMBLANCE s. f. îtfanque de ressemblance ; dissemblance de forme.
DISSEMBLER v. n. Différer.
• DISSÉMINATION s. f. Action de disséminer; résultat de cette action : la dissémination des graines. — Fig. Diffusion, dispersion : la dissémination des hommes sur la surface de la terre.
' DISSÉMINER V. a. [diss-sé-mi-né] (Iat. disseminare). Semer, éparpiller, répandre çà et là : lèvent dissémine les grainesde certains végétaux; disséminer les erreurs par des énits. — Se disséminer V. pr. Etre disséminé : les graines des végétaux se disséminent naturellement.
■ DISSENSION s. f. (Iat. dissensio). Discorde, querelle causée par l'opposition, par la diversité des sentiments ou des intérêts : dissension domi'sliquc ; dissensions civiles.
DISSENTIEUX, EUSE adj. [diss-san-si-eû].
Discordant.
* DISSENTIMENT s. m. [diss san-ti-maii] (Iat. disaensus}. Différence de sentiments, d'opinions : cette explication a fait cesser fout dissentiment.
' DISSÉQUER V. a.[diss-sé-ké](lat. dissccare; do dis, jiaitic. disjonctive, et secarc, couper). Chir. Diviser et ouvrir les dilFérentes parties d'un cadavre, ou quelque partie seulement, soit pour en étudier ou en démontrerla structure, soit pour connaître les causes et le siège d'une maladie '.disséquer un cadavre, un bras, une jambe. On le dit égalementen parlant des animaux : disséquer un chien, un rhevnl. — Se dit dans un sens analogue, en parlant des végétaux : disséquer iine plante, une Jlcur, un fruit. Ce dernier emploi est plus rare. — Disséquer UN ouvrage d'esprit, en faire une analyse minutieuse, et le critiquer dans ses moindres parties.
* DISSÉQUEUR s. m. Celui qui dissèque. Ne
se dit guéri-' qu'avec un adjectif : un habile disséqueur.
* DISSERTATEUR s. m. Celui qui disserte. Ne se prciiil guère qu'en mauvaise part: c'est un ennuyeux dissertate.ur.
DISSERTATIF, IVE adj. Qui tient à la dissertation.
* DISSERTATION s. f. [dis.s-sèr-ta-si-on]. Discours ou écrit dans lequel on examine soigneusement quelque matière, quelque question, quelque ouvrage d'esprit, etc. : faire une dissertation sur quelque point d'Iiistoire, d'érudition. — Composition que font les élèves de philosophie : dissertation française; il remporta le prix de dissertation latine.
- DISSERTER v. n. [diss-sèr-té] (Iat. dissertare). Faire une dissertation : il a. savamment disserté sur ce point de chronologie. — i» Discourir méthodiquement : vous dissertez, au lieu de causer.
•DISSIDENCES, f. [diss-si-dan-so]. Scission, action ou étal de ceux qui s'éloignenl de la doctrine ou de l'opinion du plus grand nombre sur quelque matière : dissidence d'opinions.
' DISSIDENT, ENTE adj. (M. dissidens). Qui professe une doctrine, une opinion différente de celle du plus grand nombre. On l'emploie surtout en matière de religion et de politique : secte, faction dissidente; parti dissident. — S'emploie souvent comme substantif : les ;jrt',s'bytériens, les iiidépendants, les baplistcs, les quakers et les méthodistes sont des dissidents, en Angleterre ; les dissidents de Pologne.
* DISSIMILAIRE adj. [diss-si-mi-lè-re] {dis. privât.; franc, similitude]. Didart. Qui n'est pas de môme genre, de même espèce. Se dit par opposition a S>imLMnE : parties dissimilaires, co)mne les os, les artères, les muscles.
DISSIMILARITÉ s. f. Etat, qualité de ce qui est dissimilaire.
DISSIMILITUDE s. f. [diss-si-mi-li-tu-de] {/lis, partie, pviv.; ei similitude). Défaut de similitude, de ressemblance. — Hliél. Figure qui consiste à mettre en regard deux ou plusieurs objets dans leur étal actuel, ou bien l'état présent et l'état passé d'un seul objet, pour en faire ressortir la différence, la disproportion.
•DISSIMULATEUR s. m. Celui quidissimule:
ces hommes vieillis dans les cours, sont de profonds dissimulateurs. — v* Au féin. dissimulatrice.
* DISSIMULATION s. f [diss-si-mii-la-si-on]. Action de dissimuler, conduite de celui qui dissimule : la feinte est encore pire que la dissiinulation. — Caracière de celui qui est dissimulé: (■/ est d'une dissimulation profonde.
•DISSIMULÉ, ÉE part, passé de Dissimuler. adj. Couvert, artificieux, qui ne laisse pas apercevoirses sentiments, ses desseins' homme
DISS
DISS
DISS
dissimiih' ; esprit dissimiilt'.— Est quelquefois sul)sUintif : c'est un dissimulé, une dissimulée. — tv Caché, qui ne se laisse pas apercevoir : colère dissimulée.
•DISSIMULER V. a. [diss-si-mu-lé] (lat. dissimulare). Cacher ses sentiments, ses desseins ou, par une conduite réservée, artificieuse, ne pas les laisserapercevoir: dissimuler sa haine, son amour, sa douleur. — Se prend aussi absolument : la prudence veut qu'on dissimule quelquefois. — Faire semblant de ne pas remarquer, de ne pas ressentir quelque chose : dissimuler une injure, un affront, etc. Sf, dissi-
MILER QUKLQUE CHOSE A SOI-MÊME, ne pas SB l'a-
vouer, ou ne pas le reconnaître. — Rendre moins apparent : dissimuler par quelque urtificc les défauts d'un ouvrage. — »» Se dissimuler V. pr. Etre dissimulé : sa joie n'a pu se dissimuler. — Se retirer sans bruit, sans se faire voir : il se dissinnila dtins la foule.
- DISSIPATEUR, TRICE s. Dépensier, prodigue, qui dépense beaucoup : c'est un dissipateur, une dissipatrice. — adjecliv. -.gouvernement dissipateur.
* DISSIPATION s. f. [diss-si-pa-si-on] Evaporalion. dé|icidiliun. Dans ce sens, ne se dit guérequ'en parlant de cequ'oii appelait espi-its animaux .• ces docteurs dissertèrent sur la dissipation des esprits animaux. — Action par laquelle une chose est dissipée ou se dissipe; action de consumer un bien par de grandes dépenses; ces dépenses mêmes : dissipation d'un patrimoine; dissipation des finances ; il s'est ruiné par ses dissipations. — Etat d'une personne dissipée, d'une personne qui vit au milieu des plaisirs : la dissipation ne sied guère à unmagistral. — Distraction, récréation : il vous faut de la dissipation.
* DISSIPÉ, ÉE part, passé de Dissiper. — adj. Avoiii l'esprit DISSIPÉ, ÊTRE DISSIPÉ, ii'avoir point d'attention à ce qu'on fait, à ce qu'on entend, ou à ce qu'on dit soi-même. — Etre DISSIPÉ, être trop répandu dans le monde, et plus occupé de ses plaisirs que de ses devoirs. On dit de même, vie dissipée.
* DISSIPER v. a. [diss-si-pé] (lat. dissipare). Disperser, écarter, défaire, détruire : dissiper une armée ; le soleil dissipe les nnaj/cs, les brouillards, les ténèbres . — Fig. Ilisaijier de faux bruits. — Consumer par des dépenses e.tcessives, par des profusions ; dissiper son bien. — Fig. S'emploie quelquefois dans un sens analogue ; dissiper son temps en de frivoles occupations. — Distraire, procurer de la récréation : ce jeu dissipe l'esprit. Absul., la promenade dissipe. — Se dissiper v. pr. Se imcuier de la récréation ; j'ai trauaillé toute la semaine, j'ai besoin de me dissiper. — Etre dissipé : leur armée se dissipa; le brouillard se dissipe; mes craintes, mes illusions se dissipèrent.
DISSOCIABLE adj. Qu'on ne peut associer.
DISSOCIAL, ALE, AUX adj. Quis'oppofe à la sociabilité.
DISSOCIATION s. f. [diss-so-si-a-si-on]. Chim. org. Séparation des molécules d'un corps composé sous l'inlluence de la chaleu]-. Le mol dissociation fut créé, il y a deux siècles, par Huygens dans son lissai sur la lumière; mais les phénomènes de dissociation ont été récemment démontrés d'une manière plus évidente par Henri Sainte-Glaire Deville qui, en nov. 1857, lut a l'Académie des sciences un mémoire Sur la dissociation ou décomposition spontanée des corps sous l'influence de la chaleur. Déjà en 1840, Grove avait montré que du platine fondu peut effectuer la décomposition de l'eau; Deville obtint un mélange explosif d'hydrogène et d'oxygène en jetant du platine tondu dans de l'eau. Le fourneau régénérateur à gaz de Siemens effectue la décomposition de la vapeur d'eau, dont il emploie l'oxygène pour la combustion; et la plupart des raéthndes ordinaires pour obtenir
l'oxygène consistent surtout à le séparer de ses composés par la chaleur, en d'autres termes, à le dissocier. C'est l'une des propriélés essentielles de la chaleur, et même sa principale propriété, de séparer les molécules des corps soit élémentaires, soit composés. Les éléments des corps composés peuvent, selon les circonstances, entrer dans de nouvelles combinaisons ou rester désunis.
DISSOCIER V. a. [diss-so-sié] (lat. dissociare). Désassociei- les molécules d'un corps.
' DISSOLU, UE adj. [diss-so-lu] (lat. dissolutus, délié), impudique, débauché : dissolu dans ses mœurs, dans ses paroles. — Se dit aussi des choses, dans un sens analogue : mœurs dissolues; chanson dissolue.
DISSOLUBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est dissoluble.
* DISSOLUBLE adj. Chim. Qui peut être dissous : /(( gomme est une substance dissoluble dans l'eau. On dit pi us ordinairement, Soluble.
— w Jurispr. Qui peut être rompu : mariage dissoluble.
■ DISSOLUMENT adv. D'une manière dissolue : vivre dissotumc7it. Peu usité.
DISSOLUTÉ s. m. Pharm. Synon. de Soluté.
* DISSOLUTIF, IVE adj. Méd. Chim. Synon.
vieilli <iu Dissolvant (voy. ce mol).
* DISSOLUTION s. f. [diss-so-lu-si-on] (lat. dissolulio). Séparation des parties d'un corps naturel qui se dissout: la corruption du corps s'opère par la dissolution des parties. — La
DISSOLUTION DES HUMEURS, DU SANG, la tl'Op
grande fluidité du sang, des humeurs. Cette façon de parler n'est usitée que dans le langage des médecins humoristes. — La dissolution DU COI PS ET de l'ame, la séparation du corps et de l'âme. — Fig. Débauche, dérèglement de mœurs; se dit surtout de ce qui regarde l'incontinence : la dissolution des mœurs.
— Chim. Opération qui consiste à séparer les unes des autres les parties d'un corps solide, au moyen d'un ihnde avec lequel elles se combinent : faire une dissolution. — Bésultat de cette opération ; substance tenue en dissolution dans un Uiiuide. — Fig. Anéantissement, ruine : la corruption des mœurs amène la dissolution de l'ordre social. — La dissolution d'Uin mariage, la rupture du lien conjugal. — Jurispr. Dissolution de communauté, cessation de la communauté de biens entre conjoints. Dissolution de société, cessation d'une société de commerce. — Dissolution de LA Chambre, retrait de pouvoirs des députés.
— Législ. « La dissolidion du mariage ne peut avoir lieu que par la mort de l'un des époux. Avant la loi du 8 mai 1810, elle pouvait résulter du divorce légalement prononcé; et elle pouvait encore, avant la loi du 31 mai 18.'i4, être la conséquence d'une condamnation emportantmort civile pour l'un des époux(C. civ. ■i27). La dissohition de la communauté légale ou conventionnelle a lieu : suit par la dissolution du mariage, soit par la séparalion de corps, soit par la séparation de biens (id. 1441), suit encore par l'ellet d'un jugement prononçant la nullité d'un mariage putatif (id. 201). La dissolution d'une société civile a lieu : 1" par l'expiration du temps fixé pour sa durée; 2° par la perte totale ou la consommation de l'objet de la société; 3° parla mort de l'un des associés; 4° par l'interdiction légale ou la déconliture de l'un d'eux; .j° par la volonté de l'un ou de plusieurs des associés (id. ISti.ï). La dissolution d'une société commerciale est soumise à d'autres règles; et la volonté de l'un ou de plusieurs des associfs ne suffit pas lorsque les statuts de l'association ne l'ont pas exprimé. Ces sociétés sont dissoutes lorsqu'elles sont déclarées en faillite ou que le tribunal de commerce ordonne leur dissolution. Dans les sociétés anonymes, la dissolution doit être proposée aux actionnaires, lorsque le capital
social est perdu aux trois quarts. En oiilic. la dissolution doit être prononcée par jugement, sur la demande de toute partie intéressée, lorsque le nombre des associés est, depuisunan, réduit à moinsdesepl (L. 24 juillet I8G7, art, -'i? et 38). Toute dissolution de mariage, de communauté, ou de société doit être suivie d'une liquidation et d'un partage des droits et obligations (id. Sl.'icts, 1872; C. pr. 966 et s.). La dissolution de la Chambre des députés ne peut être prononcée par le président de la République que sur l'avis conforme du Sénat (Constitution du 2.') février 187,5. art. 5). n (Ch. Y.)
" DISSOLVANT, ANTE. adj. Qui a la vertu de dissoudre : de ces acides, il faut prendre le plus dissolvant. On dit de même : vertu, qualité dissolvante. — s. m. Chim. Liquide employé pour dissoudre. — Synonyme de Mens- TRUE, qui vieillit : l'eau régale est le dissolvant de l'or.
* DISSONANCE s., f. [diss-so-nan-se]. Mus. Faux accord, relation d'un son a un autre avec lequel il n'est pas consonnant : la septième est une dissonance. — Sauver une dissonance, la faire suivre d'un accord convenable qui empêche qu'elle ne blesse l'oreille. On dit dans un sens analogue, préparer une dissonance. — Fig. Dissonance de ton dans lr STYLE, mélange disparate du ton sérieux et du badin, du noble et du trivial.
* DISSONANT, ANTE adj. [diss-so-nan]. Mus. Qui forme dissonance : sons dissonants; notes dissonantes. — Qui n'est point d'accord, qui n'est pas dans le ton : cette voix est dissonante ; cet instrument est dissonant.
■ DISSONERv. n. [diss-so-né] (rad. sonner). Mus. Former dissonance : deux notes qui dissonnent entre elles.
* DISSOUDRE v. a. [diss-sou-dre](lat. dissolvere). Je dissous; nous dissolvons. Je dissolvais. J'ai dissous. Je dissoudrai. Je dissoudrais. Dissous; dissolvez. Que je dissolve. Dissolvant. Dissous, oute. Chim. Se dit d'un liquide qui s'empare des molécules d'un corps solide, liquide ou gazeux : l'élher dissout les corps gras. Se dit, dans le langage ordinaire, d'un liquide qui fait disparaître un corps solide parla désagrégation de ses molécules ; l'eau dissout le sucre. — Méd. Se dit de ce qui fait disparaître une obstruction, un engorgement, de ce qui détruit une concrétion : dissoudre une concrétion. — Fig. Rompre, diviser, faire cesser d'exister : parmi les calholiques, il n'y a que la mort qui jmisse dissoudre le mariage; après la mort d'Alexandre son empire fut dissous. — Se dissoudre v. proii. Se dit non seulement de ce .jui est dissous par un fluide, mais aussi de tùui cor|js dont les parties cessent de rester agrégées, par quelque cause que ce soit : ce sel se dissout promptemcnt ; un cadavre qui se dissout et qui tombe en poussière. Avec ellipse du pronom : faii-e dissoudre dans de l'eau, dans un acide, etc. — Fig. Etre détruit: société de commerce qui se dissout par la retraite de l'un des associés; à les entendre le corps social est prés de se dissoudre.
' DISSOUS, OUTE part. passé de Dissoudre. — adj. Qui a subi une dissolution : c'est maintenant une société dissoute. — Annulé : ■mariage dissous. — Détruit : empire, dissous.
• DISSUADER V. a. [diss-sua-dé] (lat. dissuadere : de dis, priv., et de suadere, persuader). Détourner quelqu'un de l'exécution d'un dessein, le porter à ne pas exécuter une résolution prise : on l'a dissuadé de partir.
DISSUASIF, IVE adj. [diss-sua-zif]. Qui dissuade, propre a dissuader : argument dissuasif; raison dissuasive.
- DISSUASION s. f. [diss-sua-zi-on] (lat. dissuasio). Elfet des discours, des raisons qui dissuadent: l'orateur, dans le genre délibératif, a deux principaux objets, la persuasion et la
DIST
dissuasion. — w Âclioii de dissuader : détourner quelqu'un par dissuasion.
•DISSYLLABE adj. [diss-sil-la-be] (gr. cfo, deux: sidlabé, syllabe). Gramm. Qui est de deux syllabes : mot dissyllabe. — s. m. : vers composé de dissyllabes.
* DISSYLLABIQUE adj. Se dit des vers dont tous les mots sont des dissyllabes, et des vers qui n'ont que deux syllabes.
DISSYMÉTRIE s. f. [diss-si-mé-tri; (préf. dis ; et symétrie). Hist. nat. Défaut de symétrie.
* DISTANCE s. f. (lat. distare, ôtre distant). Espace, intervalle d'un lieu à un autre, d'un objet à un autre : la distance d'une ville à l'autre ; on doit, en écrivant, mettre une certaine distance entre les mots ; les distances que des soldais gardent entre eux lorsqu'ils smit en rang. — Tenir a distance, empèclier d'approcher. Fie. Cela se dit aussi, pour exprimer une certaine réserve d'orjiueil ou de dignité, qui repousse la familiarité : ce prince, quoique affable et bon, sait tenir à distance ceux qui l'approchent. — Par ext. Intervalle de temps: ta distance des temps; du siège de Troie à la naissance de Jksus-Christ, il y a une distance d'environ douze siècles. — Fig. Dilt'érence : / distance qui sépare l'homme civilisé de l'hùmvie sauvage.
' DISTANCER v. a. Dépasser. Ne se dit guère qu'en termes de courses : ce cheval eut hicntôt distancé tous les autres. — Fig. Cet écolier a distancé tous ses camarades.
' DISTANT, ANTE adj. (lat. dwfans, se tenant au delà). Eloit.'né : ces deux villes ne sont distanttsl'uncdel'autrequedehuitlieues. — Se dit aussi en parlant du temps : ces deux époques ne sont pas fort distantes l'une, de l'autre.
DISTÉMONE adj. (gr. dis, deux; stémôn, filament). Bot. Qui a deux étamines.
' DISTENDRE v. a. (lat. distcndere : de dis, priv.; tendcrc, tendre). Méd. Causer une tension
DIST
* DISTILLATION s. f.[dis,s-ti-Ia-si-on].Chim. Phann.. etc. Action, opération parlaquelleon sépare, à l'aide du feu, les principes volatils d'un corps d'avec ses principes fixes, les [iremiers se dégageant sous forme de vapeurs ou de gaz. que l'on condense pour les recueillir et les autres restant au fond du vase : /(( distillation se fait dans des alambics, dans des cornues, ou dans des matras. — Distillation SÈCHE, celle qui s'opère sans addition d'eau. — Ce qui est iiblenu par distillation : voilà de belles dMiltations (vieux). — Encycl. Quand des substances solides, telles que le camphre ouïe soufre, sont volatilisées puis condensées, le procédé, à proprement parler, n'est pas la distillation, parce que l'on ne recueille pas de gouttes de liquide; cette opération porte le nom de sublimation. Dans le laboratoire de
chimie, la distillation s'opère à cornues de verre ou de terre et de
l'aide de récipients
considérable ; son estomac est distendu par les gaz. — Se distendre v. pr. Etre distendu : quand la peau si distend.
' DISTENSION s. f. Méd. Tension considérable, comme est, par exemple, celle de l'estomac et de l'utérus quand des matières plus ou moins abondantes s'y accumulent.
DISTHÈNE s. m. (gr. dis, deux; sthenos, force). .Miner. Silicate d'alumine naiurel. Son nom lui vient de qu'il dégage, par le frottement, de l'électricité tantôt positive, tantôt négative. On le nomme aussi Cyanite.
DISTILLABLE adj. [diss-ti-la-ble]. Qui peut être distillé.
• DISTILLATEUR s. m. [dis-ti-la-teur]. Celui qui fait des distillations; celui dont la profession est de fabriquer par la distillation toutes sortes d'eaux, d'huiles, d'essences, de liqueurs, etc. : habile distillateur. — Législ. « Les distillateurs et bouilleurs de profe.'^^ion qui distillent des grains, des jus de betteraves, des mélasses ou autres substances sucrées, des fruits, des vins, cidres, poirés ou marcs, sont assujettis à la licence et à l'exercice. (Voy. Boisson). La vente en détail leur est interdite et les livraisons en gros par eux faites sont soumises au contrôle de la régie des contributions indirectes. (Voy. DisriLLEUiE). S'ils refusent l'exercice ou contreviennent aux règlements, ils sont passibles d'une amende de oOO fr. à 5,000 fr. (Lois du 2S février et du 2 août 1872|. Les bouilleurs de crû, c'est-àdire les propriétaires récoltants, qui distillent les vins, cidres, marcs ou fruits provenant de leur récolle, ont été dispensés de l'exercice par la loi du 14 décembre iSTA; mais on est obligé de reconnaître que celte faveur, bien que fondée sur des motifs sérieux, donne lieu à des fraudes très nombreuses, et produit un déficit incalculable dans la recette des droits. » (Ch. Y.)
Appareil siraplii de distillation.
disposés comme le montre notre gravure. L'ébullition a lieu dans la cornue et la condensation dans le récipient qui plonge dans de l'eau ou dans de la glace. Quand on opère en grand, il faut avoir recours à des appareils plus compliqués (voy. Alambic), en métal, ordinairement en cuivre et quelquefois en fer. La préparation des liquides alcooliques par la distillation du jus fermenté des fruits ou de l'infusion de certains grains, ne semble pas avoir été connue des anciens ; mais il n'est plus guère de nation au-dessus de la condition des sauvages qui ne sache préparer quelque liqueur alcoolique par la distillation. Nous avons en France la distillation du vin, qui produit de l'eau-de-vie, celle du cidre, qui donne l'eau-de-vie de cidre, que les Normands appellent cakados, etc. En distillant le produit de la fermentation du malt et de l'orge dans de l'eau, les Anglais et les Américains obtiennent le whiskey; celte opération a lieu dans des appareils construits d'après le système de Woulf ou dans des alambics à serpentin. L'alambic de Derosne est une combinaison des deux précédents. — Distillation destructive. Quand des corps organiques sont soumis à la chaleur en vases clos, ils entrent en décomposition et leurs atomes constituants s'arrangent en composés nouveaux. Lorsque le bois", par exemple, est enfermé dans un tube de fer et soumis à la chaleur, la décomposition commence à environ l-'iU" ; entre cette température et celle de la chaleur rouge, il se produit des gaz, des vapeurs, des liquides et des solides. Les produits de la température la plus basse sont ceux qui contiennent le plus d'oxygène, comme l'eau et les acides carbonique et acétique. A mesure que s'élève la température, il se forme des
corps contenant moins d'oygène, comme l'esprit de bois, l'acétone et la créosote. A une température plus élevée parai.ssent les hvdrocarbures, tels que le toluène, le xylène, l'eupionc et la parafline; el à mesure que la température s'approche de la chaleur rouge, l'hydrogène se forme en abondance. — Distillation fractionnelle, séparation de divers constituants qui existent naturellement dans une masse ou qui y ont été produits d'une manière artiliclelle. Cette séparation alieu facilementlorsque les diversconsli tuants s'évaporent à des températures dill'érenles. L'épuration du pétrole est un exemple de distillation fractionnelle.
DIST
* DISTILLATOIRE adj. [diss- li -la-loi-re]. Chira., Pharm., etc. Qui sertà distiller, propre aux distillations : appareil distillatoire.
"DISTILLÉ, ÉE part, passé de Distiller. — adj. Qui a subi la distillation : les chimistes emploient très souvent l'eau distillée dans leurs expériences.
' DISTILLER V. a. [diss-ti-lé] (lat. distillare, tomber goutte à goutte). Chim., Pharm., etc. Faire une distillation, des distillations; soumettre à la distillation : distiller au bain-marie, au bain de sable, à feu nu. — Poéliq. el par ext. Le miel que l'abeille distille, qu'elle extrait du suc des fleurs. — Fig. Epancher, répandre, verser : distiller sa rage; distiller sur quelqu'un le poison, le venin de la calomnie. V. n. Dég'^utter, couler : des gouttes d'eau distillaient de la voûte. — vx Se distiller v. pr. Etre soumis à la distillation : le vin se distille pour en faire de l'eau-de-vic.
•DISTILLERIES, f. [diss-ti-le-rie]. Lieu où l'on fait des distillations en grand. — Législ. « Des règlements d'administration pub,iipie contiennent les mesures concernant l'exercice des distilleries. Le décret du 18 septembre 1879 s'occupe spécialement des distilleries industrielles, et le décrctdu 19 du même mois s'occupe des distilleries agricoles; enlin un décret du Ib avril ISSI, remplaçant les règlements des 18 et 20 juillet 1878, détermine les mesures en vigueur pour assurer la perception de l'impôt dans les distilleries. » (Ch. Y.)
• DISTINCT, INCTE adj. [diss-tain] (lat. distinctui). Ditlërent, séparé d'un autre : il faut que les arlvdes d'un compte soient bien distincts. — Se dit également des objets dont la forme est bien aperçue, ou qui ne paraissent pas confondus avec d'autres : peu à peu les objets devinrent plus distincts. — Prov. et fig. Clair et net : son distinct: idée distincte.
• DISTINCTEMENT adv. [diss-tain-kte-man].
Nettement, clairement, d'une manière distincte : voir distinctement les objets; il piarle distinctement.
DISTINCTIBLE adj. Que l'on distingue aisément.
• DISTINCTIF, IVEadj. Qui distingue: «(/ne distiiictif; marque distinc.tive .■
• DISTINCTION s. f. [diss-tain-ksi-on] (lat. distinctio). Division, séparation : bible imprimée sans distinction de versets. — Explication, indication des divers sens qu'une proposition peut recevoir : il y a ici une distinction importante à faire. — Distinction du bien et du mal, opération de l'esprit par laquelle on distingue ce qui est mauvais. — ■ Action de mettre une dilïérence entre des personnes ou des choses, ou d'avoir égard à la dilïérence qui est entre elles : faire distinction de l'ami et de l'ennemi; faites la distinction de mes droits d'avec les siens. — Ce qui établit ou indique une différence entre des personnes ou des choses; la distinction des rangs; les distinctions sociales. — Prérogative, honneur, marque depréférenoe, d'estime, d'égard : les distinctions plaisent à celui qui les reçoit, et souvent offensent les autres.— Bon ton, élégance, dignité des manières : il a beaucoup de distinction. — De distinction, locution qu'on emploie comme une sorte de qualificatif, en parlant d'une personne qui s'est distinguée dans son étatpar son mérite : officier de ''distinction. Cela se dit également des personnes distinguées par la naissance ou par les dignités : personnage de la plus haute distinction. On le dit aussi quelquefois des choses qui distinguent, qui honorent : cwyj/oi, cliargi: de distinrtion.
DISTINCTIVEMENT adv. D'une manière distinctn !■.
•DISTINGUÉ, ÉE part, passé de Distincl-er:
CCS lumeaux ne peuvent être distingués l'un de l'autre. — adj. Qui a de bonnes manières :
DIST
c'est un homme fort distingué. — Qui n'est pas commun : manières distinguées. — Kminent : Pasteur estiin savant des plus distingués.
• DISTINGUER v. a. (lat. distinguere). Discernoi- parki vue, par l'ouïe, ou par les autres sens : il était si tard, qu'on ne potivnit plus distinguer les objets ; distinguer les uoi.E, les sons, les odeurs. — Discerner par l'upération de l'esprit : distinguer l'ami d'avec te flatteur. — Diviser, séparer, reconnaître la dillérence, ou y avoir égard : distinguer les temps, les qualités, les âges, les lieux. — Distinguer une proposition, ou absol., distinguer, marquer les divers sens qu'une proposition peut recevoir : je vous accorde le principe; mais, avant de tirer les conséquences, distinguons. — Rendre distinct, dill'érenl : lanature a distingué les différents êtres par des caractères particuliers ; c'est la raison qui distingue l'homme des imimaux.
— Elever au-dessus des autres, tirer du commun, rendre remarquable: les talents qui vous distinguent. — Remarquer, préférer; traiter avec distinction : il sut bientôt se faire distinguer; il iiime qu'on le dislingueel qu'on le flatte.
— Se distinguer v. pr. Elre différent des autres : cet éerivain se distingue surtout par la clarté; son style se distingue par l'élégance. — Elre au-dessus des autres : il s'est distingué par sa valeur, par son niérite, par son éloquence, etc.
DISTINGUO [diss-tain-go]. Loc. lat. qui signilie '.je distingue. Scolast. Ancienne formule employée ironiquenicnl par Molière. Les littéralt'uis on font aussi quelquefois usage.
"DISTIQUES, m. (gr. dis, -deux; stichos, vers). Versilicatioii. Réunion de deux vers qui renferment un sens complet :
Levers le mieux rempli, la plus noble pensée, Ne peut plaire à l'cspi'it qiiund l'oreille e^t blessée. BoiLBAU. Art poétique.
— Versification gr. et lat. Succession régulière d'un ho.vamùlre etd'unpeiilainèlre(V.S.)
• DISTORDRE v. a. Se conjugue comme TouuuK. Produire uni; distorsion : une attaque liapoplexie lui avait dislordu la bouche. — Se distordre v. pr. Etre distordu : dans tes convulsions les membres se distordent.
■ DISTORS, ORSE adj. Qui est de travers ou cunlourné.
• DISTORSIONS, f. (lat. distorsio). Etat d'une partie Ju corps qui se tourne d'un seul côté par le relâchement des muscles opposés, ou parla contraction des muscles correspondanls ; distorsion de la bouclée, des yeux. — Torsion, déplacement d'une partie du corps, d'un mrnibre : distorsion d'un bras.
DISTRACTILE adj. (lat. distractilis). Hist. nat. Qui est écarté, séparé d'une autre chose.
• DISTRACTION s. f. Démen.'brement, séparation d une partie d'avec son loul. Dans cette acception, ne s'emploie guère qu'en termes de pratique : faire distraetion d'une somme en faveur de quelqu'un. — Distraction de dépens, action d'adjuger à un avoué les dépens qu'il affirme avoir avancés pour sa partie.
— Distraction de juridiction, action d'ôter à un juge la connaissance d'une affaire, pour l'attribuer à un autre. — Inapplication aux choses dont on devrait s'occuper : faire une chose par distraction. — Effet de cette disposition d'esprit; relâchement d'attention causé par quelque chose d'étranger à ce dont on devrait s'occuper : voilà une distraction un peu forte. — Ce qui amuse, délasse ou distrait l'esprit : vous auriez besoin de distraction.
' DISTRAIRE V. a. (lat. distrahcre). Se conjugue l'.omnie Traiue. Tirer, séparer une partie d'un tout, etc. Dans ce sens, n'est guère usité qu'en termes de pratique : cette terre fut distraite de tel apanage. — Opposition a FIN DE DISTRAIRE, Opposition que l'on forme pour demander qu'un immeuble compris mal
DIST
à propos dans une saisie immobilière, en soit distrait, retire. — Distraire quelqu'un de ses JUGES naturels, l'obliger à Comparaître devant d'autres juges que ceux qui lui sont donnés par la loi : d'après lu charte, nul ne peut être distrait de ses juges nalitrels. — Fig. Détourner de quelque application : la moindre chose le distrait. — Eloigner l'esprit de ce qui le fatigue ou l'obsède; amuser, divertir : il chercha par tontes sortes de moyens à la distraire de sa douleur, à la distraire. --- Détourner d'un dessein, d'une résolution : il est tellement résolu à faire ce voyage, que rien ne l'en peut distraire. Dans ce sens, on dit plus ordinairement et mieux , DÉTOURNER. — Se distraire v. pr. Détourner soi, son esprit ; se distraire de son travail. — Donner à son esprit du délassement, du divertissement : dans sa douleur, il chercha à se distraire.
' DISTRAIT, AITE part, passé de Distraire.
— Qui n'a point d'attention à ce qu'il dit ou à. ce qu'il fait, ou qui n'est point a ce qu'on lui dit : c'est un homme distrait; esprit distrait. — Ce qui dénoie que l'on est distrait : air ilistrail. — s., en parlant des personnes : La Bruyà-e a peint le distrait, dans ses Caractères.
DISTRAITEMENT adv. D'une manière distraitu.
DISTRAYANT, ANTE adj.[diss-trè-ian]. Qui
est pi-o|ir(j a distraire.
DISTRIBUABLE adj. Qui peut être distribué.
* DISTRIBUER v. a. (lat. distnbuere). Départir, répartir, partager : distribuer des aumônes; distribuer des grâces, des récompenses, des emplois, des honneurs. — Palais. Distribuer UN procès, commettre un juge pour examiner les pièces, les écritures d'un procès, et en faire son rapport. — »v Impr. Distriuuer l'encre, l'étaler également sur la table à encre, eu prumeuant à plusieurs reprises un rouleau sur toute sa surface. — * Typogr. Replacer dans leurs oassetins les différentes lelti es, qui ont servi a faire une composition : distribuer de la lettre; forme à distribuer. On remploie souvenl sans régime : ce compositeur distribue fort vite, ne sait pas distribuer.
— Diviser, ou disposer, ranger : cet auteur a distribué avec art toutes les parties de son sujet.
— Distribuer un appartement, l'intérieur d'un édifice, le partager en diverses pièces ali'ectées chacune à un usage particulier. — Se distribuer v. pr. Etre distribué : le sang se distribue du cœur dans les artères.
' DISTRIBUTEUR, TRICE s. Celui, celle qui distribue : distributeur des grâces, des récumpenses. — »» Typogr. Compositeur ou compositrice employé a la distribution. — s. m. Impr. Rouleau distributeur. — adjectiv. Rouleau DISTRIBUTEUR, se dit, daus les inachinesmécaniques, des rouleaux dont la fonction est de distribuer l'encre. — Uislnbuleur aul. (\. S.)
* DISTRIBUTIF, IVE adj. Qui distribue, qui répartit : la justice distributive est celle qui ordonne des peines et des récompenses. — Gramm. et Log.,par opposition à Collectif. Qui s'applique à une seule personne ou à une seule chose : chacun est un pronom distributif, et chaque un adjectif distributif ; tunlùl est quelquefois particule distributive, comme dans cette phrase : tantôt il lit, tantôt il écrit ; les jeunes gens sont inconsidérés, est une pro/josition vraie dans le sens collectif, mais fausse dans le sens distributif, parce qu'elle n'est pus sans exception.
* DISTRIBUTION s. f. Action de distribuer;
résultat de celte action : distribution du travail; distribution du sang dans les artères. — Procéd. Répartition entre créanciers des deniers provenant d'une saisie faite sur leur débiteur commun : pi'ocès-vcrbal de distribution. En matière de saisie immobilière : ordre et distribution. — Rureau de distribution, bu-
DITH
reau établi pour la distribution des lettres. dans certaines communes où il n'y a pas de direction des postes. — Ce que l'on distribue à des chanoines pour leur droit de présence au service divin. — Division, disposition, arranaement, ordonnance. Celte acception est souvent usitée en littérature et dans les arts ; distribution d'une matière par chapitres ; la, distribution des jours et des ombres, de la lu^ miéreetdes ombres, ou sinipl., de la lumière, dansun tableau. — Ârchit. l)ivision intérieure d'un ap|iarteraent, d'un édifice en plusieurs pièces i[ui servent à difTérents usages ; la distribntion de cet appartement est bien entendue.
— Typogr. Action de remettre les lettres dans leurs cassetins respectifs : la distribution exige beaucoup d'habitude et de soin. — »* Lettre même retirée des formes et destinée à être remise en casse. — Législ. Distribution par CONTRIBUTION, répartition au marc le franc, entre les créanciers d'un débiteur, de ses deniers arrêtés ou provenant de ventes faites sur saisies CVoy. Coni'ribution).
* DISTRIBUTIVEMENT adv. Log. Dans un sens distributif.
•DISTRICT s. m. [diss-trik] (lat. distrietus, resserré). Prat. anc. Etendue de juridiction : un jnge ne peut juger hors deson district. — Fig. et fani. Celan'est pas de mon DisTRicT,cela n'est pas de ma compétence, il ne m'appartient pas d'en connaître. — Pendanlla Révolution, chacune des divisions principales d'un département : les districts furent créés en même temps que les départements; Bonaparte en diminua le nombre et leur donna le nom d'arrondissement.
— Toute division territoriale de médiocre étendue.
DISTRICT DE COLOMBIE, petit territoire de Ibrine carrée dans lequel est comprise la capitale des Etats-Unis. Ce territoire, autrefois nommé comté de Washington, est bonn' au S.-O. par le Potomac, qui le sépare de la Virginie, et partout ailleurs par le Maryland. Sa population, qui était de «.OOii hab. en ISilo, s'estélevée depuis à289,483 bab., dont 59,590 noirs. Superficie, tSl kil. carr. H se compose en grande partie des deux villes de Washington (277 ,483 hab.) et Georgetown (1-2,000 hab.).
DISTYLE adj. (gr. dis, deux fois; stulos, colunne). Archit. Qui a deux colonnes.
'DITs.m. (lat. d«fi!(m). Mot, propos, maxime, sentence. iSe s'emploie guère que dans le» locutions suivantes ; un dit notable, remarqiuible, mémorable; les dits et faits; les dits ei gestes des anciens. — Prov. Avoir son dît et SON DÉDIT (Voy. dédît). — Moyen âge. Se disait d'une fable, d'un conte : le dit du Bœuf.
* DIT, DITE part, passé de Dire. — Fam.,
Tout est dit, ou voila qui est dit, c'est une CHOSE dite, n'en parlons plus, c'est une chose convenue, conclue, décidée. — C'est bien dit, s'emploie pour marquer approliation de ce que quelqu'un vient de dire. — C'est bientôt DIT, s'emploie pour faire entendre que la chose dont parle quelqu'un, ou qu'il conseille n'est pas si facile, ne s'exécute pas si aisément qu'il parait le croire : partez : c'est bientôt dit; et qui nie fournira l'argent nécessaire au voyage'^
— Surnommé : Chartes V, dit le Sage. — Se joint aussi avec les articles et les pronoms, et a la force du relatif pour les choses ou pour les personnes dont on a parlé. N'est guère d'usage qu'en style de pratique, de formule : ledit tel; ladite maison: audit lieu; mondit seigneur; sondit procès-verbal. Dans le même sens il se joint également aux adverbes sus, dessus. DEVANT, APRES, etc. : susdit ; ci-dessus dit; cidevant dit, ci-après dit etc. Ces dernières locutions, susdit excepté, ont vieilli.
* DITHYRAMBE s, m. (gr. Dithurambos, surnom de Bacchus). Espèce de poème lyrique qui se distingue de l'ode par un enthousiasme plus impétueux, et par l'irrégularité des me-
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