L. BoUILUBT
DON JUAN, personnage mythique, type du libertinageetdela dissipation, possédanttoutes les grâces qui séduisent le cœur des femmes, et toutes les richesses nécessaires pour triompher de leur vertu. Selon la tradition espagnole, un membre de la famille patricienne Ténorio.de Séville, enlevait la fille du gouverneur ou commandeur de cette ville, lorsqu'il fut surpris par ce dernier; un duel s'ensuivit et le gouverneur fut tué. Une statue ayaut élé élevée au mort dans son caveau de famille, don Juan entra dans le souterrain où elle se trouvait et l'invita à une joyeuse orgie. D'après la légende, l'hôte de pierre accepta et, à la fin du souper, précipita don Juan dans les régions infernales. Gabriel Tellez (Tirso de Moiina) fut le premier qui mil au théâtre cette histoire, au commencement du xviie siècle, sous le litre de El burlador de Sevilla, oel convivado de piedra. Cette pièce a servi de Ihèine à un grand nombre de drames, de ballets et opéras; le plus célèbre est le Don Juan de Mozart, dont la magnifique ouverture fut écrite en quelques heures par l'illustre compositeur. Cet opéra, en 2 actes, fut représenté à Prague le 4 nov. 1787; le libretto fut écrit par da Ponte. Devenu rapidement populaire en Bohême, il fut reçu avec froideur à Vienne (1788), à Berlin (1791), mais honorablement accueilli à Paris (Italiens), le 12 oct. 1811. H a été plusieurs fois retouché et a toujours obtenu du succès en France : arrangement en 3 actes, par Thuring et Baillot, pour l'Académie de musique, 17 sept. 180li; remaniement en 4 actes par Castil-Blaxe,, pourl'Odéon, en 1827, en o actes pour l'Académie de niusique en 1834, etc. — Don Juan ou lk fksti.n de PIERRE, comédie de Molière, en o actes et en prose, jouée pour la premièie fois au Palais- Royal, le 15 févr. IbGo. C'est l'une de nos meilleures comédies à caractère. Celle pièce n'eut que quinze représentations, à cause de la cabale des dévots en général et du prince deConti en particulier; ellc^ne fut pas reprise
DONN
du vivant (îe .Molière, qui avait osé v mettre en scène un tartufe riche et puissant. K. Rochentont publia, avec la permission du lieutenant civil, un all'rcux libelle contre cette comédie et contre son auteur. Thomas Corneille a nus Don Juan en vers.
DON JUANESQUE adj. De don Juan : tentatives do;? juanesques.
' DONNANT. ANTE adj. Fam. Qui aime à donniM-. On 1 emploie surtout avec la négation: la bonne femme n'est pas donnante. — Prov. DoNiN.\NT DONNANT, se dit pour exprimer qu'on ne veut donner une chose qu'en recevant une autre chose. On dit aussi, en donnant donnant.
* DONNE s. f. Action de distribuer les cartes au ji'u : il ne faut pas changer sa donne.
* DONNÉ, ÉE, part, passé de Donner. — Prov. et lig. .A cheval donné on ne regarde point a LA BOUCHE, A LA BRIDE, quand On reçoit un présent, il ne faut pas le déprécier. — C'est un
MARCHÉ DONNÉ, c'eST MARCHÉ DONNÉ, Se dit d'une
chose qui a été vendue à très bas prix. — Dans un temps donné, dans un espace donné, etc., pendant une certaine durée, dans un certain espace, etc., que l'on .fixe, que l'on détermine. — Mathém. Quantités données, ou simpl., DONNÉES, quantités connues, dont on se sert, dans la solution d'un problème, pour trouver les quantités inconnues. — Donnée (Voy. DiJNNÉE s. f.).
• DONNÉE s. f. Point sur lequel on fonde un raisonnement; supposition, notion, probabilité, etc., qui sert de base a une recherche. à un examen quelconque : C7i partant de cette donnée, de ces données. — Par ext. Se dit des circonstances principales, et aussi des sentiments, des passions, des caractères qui servent de base à un poème dramatique ou narratif, à un roman : la donnée de cette tragédie est hnirviise.
DONNEMARIE-EN-MOiXTOIS, ch.-l. de cant., arr. et a 18 kil. S.-U. de Provins (Seine-et- Marne) sur la Vulle ; 972 hab.
• DONNER V. a. (lat. donare). Faire don à quelqu'un de quelque chose, l'en gi'atifier, lui en transmettre gratuitement la propriété ou la jouissance : la libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos.
Donniez à l'indigent, donnez, heureux du monde !
Reboul
Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne; La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne. P. ConNEiLLB. Le Menteur^ acte l, se. ii.
— Jurisp. Donner et retenir ne vaut, celui qui fait une donation ne peut, sous peine de nullité de l'acte, y ajouter une clause qui en détruise l'eifet. Cela a passé en proverbe, pour dire qu'on ne peut retenir ce que l'on donne. — Donner l'aumône, donner de l'argent ou quelqu'autre chose par aumône, par charité. — Par exag. Il donnerait jusqu'à SA CHEMISE, se dit d'un homme extrêmement charitable et libéral. — A donner DONNER, A VENDRE VENDRE, quand OH veiid, il n'est point question d'user de libéralité ; et quand on donne, il ne fauti)ointfaire acheter ce qu'on donne. — Qui donne tôt, donne deux FOIS, c'est ajouter au prix d'une grâce que de l'accorder prumptement. — Prov. La plus bi:llk fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a, on ne saurait prétendre de quelqu'un plus qu'il ne peut donner. — Prov. et
fig. Il n'en DONNERAIT PASSA PART AUX CHIENS,
se dit d'un homme qui se croit bien fondé dansles prétentions qu'il a sur quelque chose.
— Fig. el fam. Donner au diable, el se donner AU DIABLE. (Voy. Diable.) — Donner sa vie, ses jours, son sang, POUR quelqu'un, POUR quelque CHOSE, sacrifier sa vie, répandre son sang par dévouement [lour quelqu'un, pour quelque chose : donner son sang pour la patrie. — Fig.
DONN
Donner un PRÉCEPTEt:H, un gouverneur a un enfant; lui donner un maItre de dessin, de danse, etc. ; donner un chef, un général a des
soldats ; DONNER UN ROI A UNE NATION, CtC. ;
mettre un enfant sous la direction d'un précepteur, d'un gouverneur; lui faire prendre des leçons de dessin, de danse, etc. ; nommer un chef, un général à des soldats; désigner celui qui régnera sur un peuple, etc., ils croyaient n'avoir élu qu'un chef, ils s'étaient donné tin maître, un tyran. On dit de même, donner pour chef, pour maître, pour roi, etc. — Donner une fille en mariage a quelqu'un, la lui accorder pour femme. On dit de même, donner POUR ÉPOUSE, POUR ÉPOUX, etc. — Livrer, mettre entre les mains, remettre, confier : donner un paquet au messager. — Donner une CHOSE a l'essai, A l'épheuve, la donner à quelqu'un pour qu'il l'essaie, pour qu'il l'éprouve avant que de l'acheter. — Donner du fil a retordre, causer bien de la peine à quelqu'un, lui susciter bien des embarras. — Par exag. Je donnerais ma tête a couper que cela est ainsi, se dit pour exprimer une vive persuasion, une grande conviction, pou rassurer fortement.— En donner a garder a quelqu'un, vouloir lui en faire accroire. — Pop. Il lui en a donné d'une, il lui en a donné d'une bonne, il lui en a fait accroire. — En donner a quelqu'un, le tromper et quelquefois, le battre. — Le donner AU PLUS HABILE A MIEUX FAIRE, défier le plus habile de micux faire. — Donner quelque chose a DEVINER, défier de le deviner : je vous le donne à deviner en dix fois, en vingt fois, en dix, en vingt. Donner en dis, en vingt, en cent, etc., a FAIRE UNE CERTAINE chose, défier de la faire une fois sur dix, vingt, etc. — Chasse. Donner LE CERF AUX CHIENS, lanccF le ccrf. Dans le même sens : donner les chiens, la meute.
— Céder, transmettre, donner en échange, en retour de quelque chose, de quelque service: combien donnez-vous à vos gens par mois?
— Par exag. Je n'en donnerais pas une OBOLE, UN FÉTU, etc, je ne fais aucun cas de cela, je n'en donnerais pas le moindre prix.
— Je donnerais tout au monde, je donnerais je ne sais combien, je nesais quoi,etc. pour que
CELA FUT, POUR QUE CELA NE FUT PAS, se dit
quand on veut ex[iriiner que l'un serait disposé à faire de grands sacrifices pour qu'une chose fût ou ne fût pas. On dit de même, que