SCOTIA
• ÉCOSSER V. a. Tirer de la cosse : écosser des pois. — ^v S'écosser v. pr- Sortir de sa cosse.
• ÉCOSSEDR, EUSE s. Celui, celle qui écosse. — V». Argot. Employé qui, dans une administration, est chargé du dépouillement do la correspondance.
ÉCOSSISME s. m. Fr. maç. Système maçonnique originaire de l'Ecosse.
• ÉCOT s. m. [é-kô] (vieux franc, cscot; du bas lat.scotum, contribution). Quote-part que doit chaque personne pour un repas coiiiniun : j'ai payé mon écot, payez k vôtre. — Fig. et fani. Il A BIEN PAYÉ SON ÉCOT, Se dit dc quelqu'un qui, dans un repas, a diverti les convives. S'emploie aussi en d'autres occasions : Il nousa appokïé
D'AGRliABLES NOUVELLES, IL A BIEN PAYÉ SON ÉCOT.
— Totalité de la dépense que f on fait pour un repas chez un traiteur, ou dans une auberge, dans un cabaret : un seul a payf iécot pour tous. — Autref. Compagnie dc gens qui mangeaient ensemble dans une auberge, daiisuu cabaret : ily a trois écots dans le jardin. — Parlez a votre écot, se dit à une personne qui se mêle de parler à des gens qui ne lui adressent point la parole. — Eaux et For. Tronc d'arbre où il reste encore des bouts de branches couiiées d'un tronc d'arbre dont coupées.
ÉCÔTAGE s. m. Action d'écôler : l'écôtage des feuilles de tabac se fait avant de les faire sécher.
ÉCÔTER V. a. (rad. côte). Enlever les côtes : i:i:ôter des feuilles dc tabac. — S'écoter v. pr. Etre écôtc : le fil de fer s'écôte en le faisant passer dans une seconde filière.
ÉCÔTEUR s. m. Ouvrier employé à l'écôtage. ÉCOUAILLES s. f. pi. (rad. vieux franc, coue, queue). Laine du ventre et de la queue des moutons.
ÉCOUANE ou Ecouenne s. f. Espèce de lime plate, à une seule rangée d'entailles, dirigées toutes dans le même sens, au lien d'être croisées comme dans les limes ordinaires.
ÉCOUANER v. a. Limer avec l'écouane : écouani r de:i jàèces de monnaie pour les réduire uu poids Irijal.
ÉCOUANETTE s. f. Petite écouane.
il.l
— *v Blas. Figure les branches sont
ECOUCHE, ch.-l. de cant., arr. et à 9 liU. S.-E. d'Argentan (Orne), dans une plaine entre l'Orne, la Canee et l'Udon; 1,448 hab. Haras particulier; ancienne place forte.
ÉGOUEN, ch.-l. de cant., et à 30 kil l'outoise (Soine-et-Oise), sur une colline boisée; 1.444 hab. Beau château élevé au xvie siècle pour Anne de Montmorency. Napoléon y fonda, en 1808, uiu^ maison d'édu- 1 cation pour 2iiO filles ou nièces des membres do la Légion d'honiieiir, sous la direction de M'"" Campan. Louis .Will réunit (1814) cette i institution à celle de Saint-Denis et rendit le château aux Comle. Mapoléon 111 a rétabli à Ecouen une succursale de la maison d éducation de la Légion d'honneur.
ÉCOUER V. a. (rad. vieux franc, coue, queue). Couper la queue à : écouer un chien.
ECODET s. m. Mar. Gros cordage allant en diininuantd'un bout à l'autre. — £co«/7'e(V.S.)
ÉCOUFLE s. ni. Nom vulgaire du milan royal.
ÉCOUIS, Escovium, comm. du cant. de Fleuiy-sur-Aiidelle (Eure); 802 liab. Ancienne baronnie. Petit séminaire.
* ÉCOULEMENT s. m. Flux, mouvement de ce qui s'écoule : l'écoulement de l'eau, des humeurs. — Fig. Exportation de la vente, du débit des marchandises, des produits de l'agriculture ou des fabri([nes : ouvrir un détiouché qui favorise V écoule ment des produits, des marchandises. — *«■ Med. Nom donné a certaines sécrétions et surtout aux Hux morbides : écoulement des menstrues; écoulement hlennorrhagique.
■ ÉCOULÉ, ÉE part, passé de S'écouleh. — Fig. Le temps est écoulé, le temps préfix est expiré.
* ÉCOULER V. a. Placer, vendre : écoidcr sa marchandise. — S'écouler v. pr. Couler hors de quelque endroit : k vin s'est écoulé du tonneau. — Par anal. Se dit d'une foule qui se retire : la foule, la presse s'écoule. — Fig. Diminuer, passer, se dissiper; s'applique surtout aux richesses et au temps: Vanjents'éeuulevitc.
Lu bonheur des méchants conimi' un torrent s'écoule. Jkan IUcike.
— Fig. En parlant des marchandises, des produits agricoles, etc. Se débiter, se vendre, être exporté : les produits de ce département s'écoulent par plusieurs débouchés. Dans toutes ses acceptions, s'emploie avec ellipse du pronom : laisser écouler l'eau, la foule, etc. ÉCOURGEON s. m. Voy. Escourgeon.
* ÉCOURTÉ, ÉE part, passé de Écourter. — Cet habit est écourié, bien écourté, il est un peu court, trop court.
* ÉCOURTER V. a. (rad. court). Rogner, couper trop court : écourter des cheveux. — Ecourter un chien, un cheval, leur couper la queue et les oreilles. — • Fig. Se dit en parlant des ouvrages d'esprit où l'on ne met ))as ou dont on retranche les développements nécessaires : il fallait abréger cette scène, mais vous l'avez écourtée.
' ÉCOUTANT, ANTE adj. Qui écoute. Ne s'emploie guère que dans cette locution : Avocat Écoutant, avocat qui ne plaide point ; cela ne se dit que par plaisanterie. — s. pi. Auditeurs, surtout dans la poésie badine : ce beau discours ravit les écoutants.
• ÉCOUTE s. f. Lieu où l'on écoute sans être vu. s emploie ordinairement au pluriel : (/ y avait enSorbonncdes écoutes où se tenaient les docteurs pour entendre les disputes publn/ucs. — Etre aux écoutes, être attentif a remarquer, à recueillir ce qui se dit ou ce qui se passe dans une aflaire, afin d'en tirer avantage. — Sœur écoute, religieuse qui accompagne au parloir une autre religieuse, ou une pensionnaire.
* ÉCJOUTE s. f. Mar. Cordage attaché au coin intérieure d'une voile, pour servira la déployer et à la tendre de manière qu'elle reçoive l'impulsion du vent : écoutes de grande
jp ! voile ou grandes écoutes.
' ÉCOUTÉ, ÉE part, passé de Écouter. — Manège. Des mouvements écoutés, des mouvements faits ave(; ju^^tesse et précision.
* ÉCOUTER v. a. (lai. auscultare). Ouir avec attention, prêter l'oreille pour ouïr : ne parlez pas si haut, on nous écoute. — Absol. : je suis venu ici pour écmdcr. — Ecoute, écoutez, à l'impératif, s'emploient souvent pour appeler quelqu'un, ou pour éveiller fortement son attention : écoulez, j'ai quelque chose à vous dire. — Un écoute s'il pleut, se dit d'un moulin qui ne va que par des écluses.
— C'est un écoute s'il pleut, se dit d'un homme faible qui se laisse arrêter par les moindres obstacles. On le dit aussi d'une promesse illusoire, d'une mauvaise défaite, d'une espérance très incertaine. — N'écouter QUE d'une oreille, ne prêter qu'une faible attention aux choses qu'on nous dit. Donner audience à quelqu'un : parlez, je vous écoute.
— Dans un sens anal.. Ecouter la défense,
LES RAISONS, ctC. DE QUELQU'UN. — EcOUTER LA
PRIÈRE, LES VŒUX, etc. DE quelqu'un, les exaucer.
— Donner quelque croyance ou quelque consentement à ce qu'une personne propose, ou prendre plaisir à l'entendre : ce prince écoute les llalleurs. — Obtempérer, obéir à quelqu'un suivre ses avis, s'y conformer : cet enfant ne veut écouter personne. De même : écouter les
conseils, les avis, etc. de quelqu'un.
Fi£
S'emploie dans ce dernier sens, en parlant de choses morales, comme la raison, les sentiments, les passions, l'intérêt : écoutez la voix de la nature. — N'écoutez que vous-même, ne consultez que vos propres inspirations. — »* Argot. Je t'écoute, s'emploie pour marquer une affirmation. — Ecoute s'il pleut, se dit dans les ateliers pour tâcher de faire taire les bavards ennuyeux. — * S'écouter v. pr. S'emploie dans les phrases familières qui suivent : — Il s'écoute parler, ou absol. Il s'écoute, se dit d'un homme qui parle lentement, et qui croit bien dire. — Il s'écoute trop, il s'inquiète trop de sa santé. Dans le même sens. Il écoute trop son mal.
* ÉCOUTEUR s. m. Celui qui a l'habitude d'écouter, par une curiosité indiscrète, ce qu'on ne veut pas lui faire connaître. Ne s'emploie guère que dans cette phrase fam., c'est un écouteur aux portes. — ** Au léiii. Ecouteuse.
* ÉCOUTEUX adj . Manège. Se dit d'un cheval distrait par les objets (jui le frappent.
•ÉCOUTILLE s. f [Il mil.] Mar. Sorte do trap[>e, ouverture carrée pratiquée au pont d'un bâtiment, pour descendre dans l'intérieur : fermer les écoutilles.
' ÉCOUVILLON s. m. [Il mil.] (anc. franc. cscoube, balai; du lat. scopa, seopula, balai). Vieux linge attaché à un long bâton, avec
lequel on nelloie le four, lors(ju'on veut enfourner le pain. — Instrument à peu près semblable, avec lequel on nettoie le canon lorsqu'il a tiré, et qu'on veut le charger ou le rafraîchir : l'écouvillon doid on se sert dans rartillerie se fait maintenant d'une peau dc mouton.
' ÉCOUVILLONNER v. a. Nettoyer avec l'écouvillon : écouvillonner le four, une pièce de canon.
' ÉCRAN s. m. (ail. sehrngen, chose dressée; angl. screen). Sorte de meulde dont on se sert jiour se garantir de l'ardeur du feu: il se mit devant moi pour me servir d'écran. — Cercle de bois couvert d'une tuile, dont les verriers s'entourent la tête pour garantir leurs yeux de l'ardeur du feu. — Toile ou |)apier tendu sur uu châssis, dont les dessinateurs et les gra-
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veurs se servent pour amortir l'éclat du jour. — Opt. Tout tableau, sur lequel on fait projeter l'image d'un objet. — v* Plaque de tôle percée de trous garnis de verre que l'on adapte aux locomotives, pour protéger les mécaniciens contre le vent et les poussières de charbon qui s'échappent de la cheminée.
* ÉCRASANT, ANTE adj. Qui écrase : machine écraSiintc . — Guerre. FoncES éch.\s.\ntes, forces très supérieures. — w Fig. Accablant : travail écrasant. — Extraordinaire : succès écrasant.
' ÉCRASE, ÉE part, passé de Écraseu. — Fig. Trop aplati, trop bas, trop court : il a le nez écrasé. — Taillb écrasée, taille trop courte et engoncée.
ÉCRASEMENT s. m. Action d'écraser; état de ce qui est écrasé. — Cliir. Ecrasement linéaire, opération qui consiste à sectionner les tissus suivants en lesrcsserrant et les écrasant, au lieu du se servir d'un instrument tranchant.
* ÉCRASER V. a. (anc. scandin. krassa, broyer; aiiirl. crash). Aplatir, briser quelque chose par un grand poids, par une foite compression, par un coup violent : ccrascr une araiynce. — Par e.xag. Fatiguer excessivement : ce travail m'écrase. — Fig. Importuner extrêmement : on l'écrase de visites. — Ecraser d'iml'ÔTs, surcharger d'impôts. — Fig. Perdre quelqu'un, détiiiire enlièremcnt ses moyens de fortune, de considération, etc. : des pertes multipliées ont écrasé ce néyociant. — Ecraser quelqu'un dans une discussion, dans un débat, etc., avoir un grand avantage sur lui. — Fig. Détruire, anéantir, réduire à rien • la puissance romaine écrasa toutes les autres. — *«. Argot. Ecraser un grain, boire la goutte. — * S'écraser v. pr. Etre écrasé.
ÉCRASEUR s. m. Tout instrument servant
à écraser.
ÉCRÉMAGE s. m. Action d'écrémer : l'écré-
maye du verre se fait au moment oii on s'apprête a l'employer.
' ÉCRÉMER v. a. Otcr la crème de dessus le lait. — Fig. et fam. Se dit en parlant des choses dont on tire ce qu'il y a de meilleur ; il a écrémé cette bibliothèque. — «-v Ecrémer le verre, enlever les scories que l'ébullitiun a fait monter à la surface du verre fondu.
* ÉCRÉTER V. a. Couper la crête : écréter un coq. — Guerre. Enlever, à coups de canon, la crête, le sommet d'un ouvrage de fortification, tel qu'une muraille, un bastion, une palissade, etc. : le canon a déjà écrété le bastion. ■ — *v Agric. Couper les sommités de : écréter du blé de Turquie.
' ÉCREVISSE s. f. (lat. carabus). Genre de crustacés décapodes dont le corps brun devient rouge par la cuisson. Quelques espèces vivent dans la mer, mais les plus connues se trouvent dans les eaux douces. Les unes et les autres sont très voraces et peuvent vivre plus de vingt ans. On distingue le homard (qui vil dans la mer) et Vécrevisse commune [astacus fluviatitis) qui recherche les eaux douces bien fraîches et courantes. Son estomac renferme, quand elle est sur le point de muer, deux concrétions pierreuses appelées yeux d'écrevisse et dont la médecine a fait usage comme absorbants. C'est principalement sur cette espèce que l'on a constaté la faculté que possèdent les crustacés de régénérer leurs pieds, lorsqu'ils les ont perdus. — La pêche des écrevisses a lieu soit a la main, soit à l'aide de filets nommés percbettes, dans lesquelles on place de la viande. — Avant de faire cuire ces animaux, il faut avoir soin de les vider en tirant doucement à droite et à gauche l'écaillé du milieu du bout de la queue, pour faire détacher un petit boyau noir qui pourrait communiquer un mauvais goût aux écrevisses. La cuisson à lieu dans un court bouillon et ne dure guère plus de
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8 à 10 minutes. Les écrevisses se servent dressées en pyramide, les têtes en haut, sur une serviette, autour d'un buisson de persil. On les emploie aussi pour des garnitures d'entrée et spécialement pour les matelotes et pour les fricassées de poulel; on en tait d'excellents potages appelés bisques. La chair de l'écrevisse e.st nourrissante, mais très indigeste;
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Ecrevisse commune (Astacus Quviatilis).
elle cause quelquefois l'insomnie et des picotements à la peau. — HuissoN d'écrevisses, plat d'écrevisses arrangées en forme de buisson. — Aller a reculons comme les écrevisses, ou simpl. ALLER comme les écrevisses, se dit de quelqu'un dont les affaires reculent au lieu d'avancer. — Etre rouge comme une écrevissE, avoir le visage trop haut en couleurs, ou rougir beaucoup. — Astron. Le signe de l'Ecrevisse, un des signes du zodiaque, don! le commencement répond au solstice, ci qu'on nomme autrement le Cancer : le soleil entre dans le signe de l'Krrevissc vers la fin de juin.
— IV Instrument servant à retirer du fond de l'eau des objets pesants, (rest une sorte de compas d'épaisseur qui porte, vers le milieu des tiges droites, deux fietits bouts de chaînes réunies par un anneau auquel on attache un cordage. C'est en tirant sur ce cordage, lorsque les branches recourbées ont saisi quelqu'objet, que l'on ferme l'écrevisse. Une corde, fixée à l'extérieur de chacune des pinces et passant dans la partie supéiieure des tiges droites, sert à les tenir ouvertes et à diriger l'instrument dans ses recherches. — Argot. EcREVissE de rempart, surnom donné aux soldats de la ligne à cause de leurs pantalons ronges. — Avoir une écrevisse dans la TOURTE, dire, faire des choses extravagantes.
* ÉCRIER (S') V. pr. Faire un grand cri. une exclamation : s'écrier d'ailmirntion, de frayeur.
— Prononcer quelques paroles en criant, en élevant beaucoup la voix : ;e m'écriai que c'éta'it une injustice.
' ÉCRILLE s. f. [Il mil.] {rAd. grille). Clôture de clayonnage qu on pratique à la décharge d'un étang, pour empêcher le poisson d'en sortir.
* ÉCRIN s. m. (lat. scriiiium). Petit coffret où l'on met des bagues, des pierreries. — Joyaux contenus dans un écrin : riche éerin.
' ÉCRIRE v. a. (lat. scribcrc). J'écris, tu écris, il écrit; nous écrivons, vous écrivez, ils écriocnt. J'écrivais. J'ai écrit. J'écrivis. J'écrirai. Ecris. J'écrirais. Que j'écrive. Que j'écrivisse. Ecrivant. Ecrit, ite. Tracer, former, figurer des lettres, des caractères. Dans ce sens on l'emploie toujours absùluinent : les anciens écrivaient sur des tablettes enduites de cire.
Vous n'écrivez que pour écrire.
C'est pour vous un auiusiment;
Moi, qui vous ainie tciitlrL-ment,
Je tx'ecris que pour vous It; dire.
— Représenter, indiquer, noter par le moyen de l'écriture : écrire un discours après qu'il a été improvisé. Dans un sens anal. : écrire, an morceau de musique, un air, etc. — Se faire
ÉCRIRE a la porte DE (JUELQU'UN OU SE FAIRE
ÉCRIRE CHEZ ouELQu'uN, faire mettre son nom sur la liste du portier, pour marquer qu'on est venu voir le maître ou la maîtresse de la maison. — Se dit aussi en parlant de la manière d'orthographier : écrivez votre nom. — Absol. S'engager par écrit : il ne suffit pas de donner des paroles, il faut écrire. — Fig. Composer en écrivant à mesure ce que l'on compose, ou en faisant écrire sous sa dictée : écrire un mémoire.
Et voilà justement comme on écrit l'histoire! YoLTiiBB. Chariot.
— F'am. Ecrire des volumes, écrire beaucoup.
— Ecrire au courant de la plume, écrire rapidement, sans mettre beaucoufi de temps ni de réflexion. — Absol. Ecrire A quelqu'un, lui écrire une lettre, des lettres. — Ecrire queloue CHOSE A quelqu'un, lui faire savoir, lui faire connaître quelque chose par lettre. — Ecrire de bonne encre, dk la Bonne encre a quelqu'un, lui écrire d'un ton ferme et sévère, soit pour lui faire des reproches, soit pour lui intimer un ordre. — Se dit particulièreml^nt de la qualité du style : il est savant, mais il ne sait pas écrire. — Fig. Avancer quelques propositions, enseigner une doctrine par écrit : Aristote a écrit que les animaux...
— Se dit également des compositeurs de musiiiue : Grétry, Paisielto, ont beaucoup écrit.
— Prat. Exposer ses raisons dans une requête, dans un mémoire, etc., pour défendre sa cause : cet avocat a écrit dans telle affaire.
— A MAL exploiter BIEN ÉCRIRE, Se dit lorsc[ii'un homme, ayant manqué à quelque formalité, écrit ensuite la chose, non pas comme il l'a faite, mais comme il devait la faire. Cette phrase vieillit. — S'écrire v. pr. Etre écrit : comment s'écrit votre nom ? — Inscrire son nom : il s'est écrit chez soti ami. — v. récipr. Correspondre mutuellement par lettre : quand vous serez à la eampagne, nous nous écrirons.
' ÉCRIT, ITE part, passé de Ecrire. — Prov. Ce qui est écrit est écrit, il ne sera rien changé à ce qui a été écrit, à ce qui a été décidé ou convenu par écrit. — Fig. Cela était écrit au ciel, dans le livre du uestin, la Providence avait résolu que cela serait. De même. La destinée des hommes est écrite au ciel. Absol. et impers., dans le même sens. Il est ÉCRIT QUE..., surtout en parlant de quidque contrariété ou de quelque guignon constant : il est écrit que je ne yaynerai pas. — Se dit aussi d'un papier, d'un parchemin, etc., sur lequel on a écrit : pai>ier écrit des deux cotés.
— Fig. Marqué : cet homme porte le malheur écrit sur son visaye.
* ÉCRIT s. m. (lat. scriptum). Ce qui est écrit surdu papier, sur du parchemin, etc. ■.iltiraiin écrit de sapoche. — Un mot d'écrit, une lettre très courte, une note. — Acte, mémoire portant promesse, convention : vous ne pouvez pias le le nier, j'en ai votre écrit. — Mettre par écrit, rédiger par écrit, exposer par écrit, etc., écrire quelque chose, ou le consigner, l'exposer dans un écrit, dans un mémoire, etc. De même, pop. Coucher par écrit. — Procéd. Instruction par écrit, instruction danslaquelle les parties exposent leurs moyens seulement par écrit; après quoi, il est fait rapport à l'audience par un des juges du tribunal. Dans le même sens. Procès par écrit, et dans un sens anal., instruire une affaire par écrit. — Jurispr. Preuve par écrit, preuve qui résulte d'un écrit, par opposition îi preuve testimoniale. — Mettre une chose en écrit, par écrit, POUR s'en ressouvenir, en prendre note, l'écrire sur ses tablettes, sur quelque morceau de papier. — Ouvrage d'esprit de peu d'étendue : c'est un écrit plein de goût. — Se dit aussi, mais seulement au plur., des ouvrages d'esprit quelconques : ses écrits ne seront imprimée qit'après sa mort.
' ÉCRITEAU s. m. Certaine inscription en
ECRI
ECRO
ECRU
grosses lettres, qu'on met sur un papier, sur du bois, etc. pour faire coniiaitre quelque chose au public : il a mis i/n l'critetni sur su porte pour annoncer que sa maison est à louer.
* ÉCRITOIRE s. f. Petit meuble qui contient ou renferme les choses nécessaires pour écrire, encre, papier, plume, canif, etc. : l'criliire liicn garnie. — Abusiv. Vase ou l'on met de l'encre, et qu'on appelle plus ordinaiiement Encrier.
* ÉCRITURE s. f. (lai. scriptiira; de scribere, écrire). Art d'écrire, de figurer la parole ou les idées par des signes convenus.
.^rt ingénieux De peindre la p;irolc et de parler aux yeux, Et par des tr;iits diver.s de figures tracées, Donuer de la couleur et du corps aux pensées.
BltÉBEUF.
— Caractères écrits : écriture difficile à lire.
— Manière de former les caractères : il a une belle écriture. — Au pi. Palais. Ecrits qu'on fait il l'occasion d'un procès, d'une affaire litigieuse : ces écritures ne passe point en taxe.
— Tenir les écritures, tenir les livres, les registres d'un négociant, d'un banquier, etc. Cette façon de parler a vieilli : on dit, Tenir LES LIVRES. — Adm. Commis aux écritures, expéditionnaire, commis employé à écrire, à copier. — L'Ecriture Sainte, ou simpl., l'Ecriture et LES Saintes Ecritures, ou simpl., les Ecritures, l'Ancien Testament et le Nouveau.
— Prov. et fig. Concilier les Écritures, accorder les choses qui paraissent contraires. — EiNXYCL. L'écriture est idéographique ou phonétique. L'écriture idéographique est dite picturale, quand elle représente les objets en imitant leurs formes, et symbolique, lorsqu'elle indique leur nature oulcurs proportions. L'écriture plionétique est syllabique, quand chaque caractère représente une syllabe, et alphabétique, lorsque chacun d'eux représente une simple lettre. — Les divers systèmes d'écritures ont probablement trois origines au moins : le système égyptien, le système assyrien et le système chinois, qui furent originairement hiéroglyphiques. Les Egytiens pratiquèrent quatre genres distincts d'écriture : l'hiéroglyphique, l'hiératique, la déniotique ou enchoriale et la copte (Voy. Egypte et Copte). Il y a troisclasses de caractères cunéiformes : l'assyrien ou babylonien, le scythe ou mède et le persan (Voy. Cunéiforme). Pour le système graphique des Chinois, voy. Chine. De ces trois systèmes originaires, le plus important est sans contredit l'égyptien, car de ses symboles hiératiques dérivèrent probablement l'alphabet phénicien, ancêtre de presque tous les systèmes graphiques du monde. Les Phéniciens adoptèrent seulement les symboles phonétiques, ce qui fut l'origine du premier système purement alphabétique.
,M. François Lenormand distingue cinq grandes branches de l'alphabet phénicien, savoir : à" le sémitique (voy. Alphabet et Sémitique); 2" le central ou grec; 3° ïoccidental, comprenant les systèmes d'écritures qui naquirent des invasions des Phéniciens en Espagne; i" le septentrional ou runique (voy. Rune); .'jo Vindo-homérite (Himyarite). C'est à la branche centrale qu'appartient la subdivision italienne, ancêtre des styles graphiques lombard, visigoth, anglo-saxon, gallique, mérovingien etgeimain, qui furent en usage avant Charlemagne; la même subdivision italienne donna également naissance aux styles qui suivirent Charlemagne, tels que le carolin, le capétien et le gothique moderne, dont l'alphabet actuel des Allemands est une modilicalion. Les lettres romaines furent employées en Italie jusque dans la seconde moitié du vp siècle, époque où fut introduit le style lombard. L'écriture normande régna en Angleterre avec Guillaume le Conquérant; avant lui, on s'était servi de l'alphabet saxon. L'alphabet russe est une forme modifiée du cyrillique. Pierre
le Crand le réduisit à 30 caractères (Voy. GlaooLiFiQUK et Russie). Pour l'écriture picturale mexicaine et les hiéroglyphes de l'Amérique centrale, voy. Hiéroglyphe. Le système graphique japonais est traité à notre article Japon. — Les signes, employés aujourd'hui par presque tous les peuples européens, sont des lettres romaines que l'on peut ramener à deux types : 1" la BATARDE, dont la cursive et Vanglaise sont des variétés; et la ronde, à laquelle se rapporte la coulée. — L'écriture abréviative est nommée sténographie. L'écriture secrète se nomme cryptographie. L'art de bien former les caractères de l'écriture est la calligraphie. — En général, les races sémitiques écrivent de droite à gauche et les races aryennes de gauche à droite. Les inscriptions cunéiformes vont toujours de gauche à droite. Les Chinois et les Japonais écrivent en colonnes, qui commencent au sommet et qui passent de droite à gauche. L'écriture picturale mexicaine était également en colonnes, mais on la lisait en commençant de la partie inférieure. Pour la distinction entre les capitales, les onciales et les cursives, voy. Manuscrit; et pour les manières de ponctuer, voy. Ponctuation. — Sir William Jones fut le priîmier qui s'occupa de réduire les différents systèmes graphiques à un système uniforme en caractères romains; mais rien de bien satifaisant ne fut obtenu avant que le jirofesseur Lepsius, de Berlin, eut publié en 1853 son alphabet modèle. Dans cet alphabet, il reconnaît seulement trois voyelles primaires : a, i, ti, prononcées comme dans les langues allemande et italienne ; entre celles-ci, il range les autres sons des diverses langues, ce qui forme environ 30 voyelles en tout. Les consonnes sont au nombre de 48, ce qui fait un total de 78 sons vocaux et consonnants. Pour représenter ces 78 sons, il emploie les lettres romaines distinguées par diverses marques diacritiques; dans deux cas, les aspirations dures des Arabes et des Grecs ont dû être représentées par des caractères, l'un arabe et l'autre grec; et dans sept autres cas, il a fallu employer des caractères grecs.
" ÉCRIVAILLER v. a. [Il mil.]. Ecrire sans soin, sans goi'it. — m. Composer des choses sans valeur.
* ÉCRIVAILLEUR s. m. Mauvais auteur qui écrit beaucoup. On dit quelquefois, EcRivAssiisR.
— V». Au fém. Ecrivailleuse.
* ÉCRIVAIN s. m. (bas lat. scrihaints). Celui dont la profession, dont l'occupation habituelle est d'écrire ou de montrer à écrire : il y avait autrefois des écrivains jurés. On l'emploie rarement en ce sens. — Autref. sur les vaisseaux de l'Etat. Agent comptable chargé de tenir les registres en ordre, de veiller aux consommations, et de les porter sur les livres.
— Auj. Commis embarqué sur les grands bâtiments de commerce par les armateurs, pour y remplir des fonctions analogues : l'écrivain a qualité pour recevoir les testaments faits sur mer. — Ecrivain public, celui qui écrit pour le public deslettres, des mémoires, des pétitions,
j etc. — Homme qui compose des livres: c'est un excellent écrivain.
Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent, QuV'criuam du commun et poète vulgaire.
BolLEjiU.
— Absol. Un écrivain, un auteur distingué par les qualités de son style : il faut de solides études pour former un écrivain. — »%■ Hist. nat. Nom vulgaire d'une espèce de poisson du genre crémilabre et d'un insecte nuisible :'i la vigne, I'Eumolpe de la vigne.
* ÉCRIVASSIER s. m. Terme de mépris pour désigner un auteur qui écrit beaucoup et très mal. On dit plus ordinairement, Ecrivaillkur. — vv Au féni. Echivassière.
ÉCROSVILLE ( Saint-Aubin d'), comm. du cant. du Neuh'jurg (i'jirej; o:;7 Uali. Patrie du
docteur Âuzoux, qui y a fondé une industrie unique en son genre : la fabrication des sujets anatomiques classiques. Les produits de cette industrie se répandent dans le monde enlier. L'établissement de Saint-Aubin-d'Escroville a produit des élèves dignes de propager, dans les contrées étrangères, les utiles leçons du docteur Auzoux (Voy. Auzoux).
* ÉCROU s. m. (lat. scrobs, trou). Pièce de bois, de fer ou de toute autre matière solide, percée en spirale, et dans laquelle entre la vis en tournant : cette vis n'est pas assez grosse pour l'écrou.
' ÉCROU s. m. (lat. scriptura, écriture). Article du registre des emprisonnements, indiquant le jour où une personne a été mise en prison, la cause pour laquelle elle a été arrêtée, et par l'ordre de qui s'est faite l'arrestation : dresser un écrou.
* ÉCROUELLES s. f. pi. (lat. scrofulse). Maladie clironique dans laquelle le système lymphatique est particulièrement affecté: elle se manifeste par la dégénérescence tuberculeuse des glandes superficielles, et spécialement des glandes du cou. Les médecins disent plus ordinairement Scrofules : le roi de France touchait les éerouelles en certaines occasions, d'après l'opinion populaire qu'en les touchant il les guérissait.
ÉCROUELLEUX, EUSE adj. Qui a rapport
aux éerouelles : affiction écrouelleuse. — Substantiv. Personne atteinte des éerouelles : une écrouelleuse.
' ÉCROUER V. a. Ecrire sur le registre des emprisonnements le jour où une personne est mise en prison, la cause pour laquelle elle a été arrêtée, et par l'ordre de qui s'est faite l'arrestation : il a été arrêté et écroué. — *v Par ext. Emprisonner.
' ÉCROUES s. f. pi. Autref. Etats ou rôles de la dépense de bouche de la maison du roi : les écroues n'étaient pas encore signées et arrêtées.
* ÉCROUIR V. a. (lat. crudus, dur). Techn. Rapprocher les molécules d'un métal d'une manière permanente, de manière aie rendre plus dense, plus dur et à lui donner plus d'élasticité : c'est en écrouissant leurs armes de bronze avec un marteau que les anciens leur donnaient l:i dureté nécessaire.
ÉCROUISSAGE s. m. Techn. Action d'écrouir un métal : l'écrouissage se fait non seulement à l'aide du marteau et du balancier, mais encore au moyen du laminoir et de la filière.
' ÉCROUISSEMENT s. m. Action d'écrouir;
résultat île cetle action.
* ÉCROULEMENT s. m. Chute, éboulement en tout ou en partie, de terres, de murailles, d'édifices mal soutenus, etc. ; l'écroulement d'une partie de la muraille.
* ÉCROULER (S') V. pr. Tomber en s'affaissant : La maison s'écroula. Avec ellipse du pr. : vous ferez écrouler la maison. — Fig. Périr, s'anéantir : cet empire s'écroulait de toutes parts.
ÉCROÛTAGE s. m. Agric. Action d'enlever la surfai'c d'un terrain inculte.
* ÉCROÛTER V. a. Oler la croûte : il faut éeroùtcr le pain pour eeiix qui n'ont pas de dents. — »v Agi'ic. Labourer superficiellement. — S'écroûter V. pr. Etre écroulé : ce pain, cette Irrrc s'éeroûte bien.
*ÉCRU, UEadj. (lat. crudus, cru). Manuf. Mot (jui s'emploie principalement dans ces locutions : SOIE ÉcRiiE, celle qui n'a point été mise 11 l'eau bouillante; fil écru, celui qui n'a point été lavé; toile ÉCRUE, celle cjui n'a point été blanchie.
ÉCRUES s. f. pi. Agric. Jeunes pousses de bdis ipii croissent dans les terres labourées.