‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 352 sur 568 · IÎ'.T · texte numérisé non relu

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Les papyrus hiéroglyphiques, en rouleaux largesde '2.t centim. et souventlongs de .'50 m., présentent un texte continu de lignes verticales sans aucune séparation en pages. Les hiéroglyphes des sculptures étaient ordinairement embellis de couleurs et creusés à une profondeur de 1 à 2 centim. Les polychromes imitent la couleur des objets qu'ils représentent, selon les idées admises chez les Egyptiens : le bleu était le symbole des objets célestes, de l'eau, des liquides, de quelques métaux et des édifices; le vert était celui des arbres, des substances végétales et du bronze; le rouge celui de la chair humaine, des objets en terre et du soleil; le jaune celui de la lumière, du bois et de plusieurs animaux ; le noir celui des cheveux et d'un grand nombre d'animaux. La langue égyptienne conserve toujours sans changement la racine verbale d'un nom, les nombres étant formés par des suffixes et les cas par des préfixes. Le singulier n'a qu'une racine. On exprime le duel on répétant la racine si c'est un idéographe, ou en doublant le signe initial si c'est un phonétique; et le pluriel se marque en repétant trois fois l'idéographe, le syllabique ou le phonétique, ou en ajoutant trois lignes verticales à un nom masculin et un derai-oerclc et trois lignes à un féminin. Le mode phonétique de former le pluriel consistait à ajouter (zi) et ordinairement trois barres. L'article indéfini ua n'est pas toujours employé et l'article défini ne l'est qu'occasionnellement. Au singulier, l'article masculin est pa ou pui, le féminin est ta; le pluriel masculin ou féminin, na, nain ou nn précédé du nom. 11 n'y a que deux genres, le masculin et le féminin. La racine verbale reçut un t et plus tard un ts, quand elle était au féminin. Les noms phonétiques des numéraux sont : ud, un; sen, deux; khcmt, trois; f'ttiu, ft, quatre; seh, cinq; ses, six; sefth, sept; scsemiu, huit; put, neuf; kh'a, mille; dch, plusieurs, beaucoup. Les nombres ordinaux se forment en ajoutant meh ou n aux cardinaux. Les pronoms isolés ou préfixes sont -.aymk, atmk, yiiik, je; )i(i'/,', net, tu; ntef, su, ntes, son, sa, ses; nen, anen, moi ; nteten, vous ; ntesen, natsen,

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sen, ils, elles, eux. Les prônons affixes sont : a, mon: k, masc, t, fera, tu; /, m, su, masr., s, st, fém., il, lui, elle, sa; n, nu, nous, notre; ten, vous, votre; u, su, st. ils, elles, eux, leur, leurs. Les démonstratifs sont : pen, ten, ceci, celui-ci; apen, apui, ceux-ci; na, un, réuni à 7ieb, tout, sisninaiit chacun ; tennu, chaque ; ari, un autre; akh, qui ou lequel inlerrogatif; ma, qui ou lequel relatif. Le verbe se con- •ugue à l'aide de suifixes, de préfixes et de 'i'auxiliaire. La forme passive est moins fréquemment employée que la forme active; on en fait usape surtout au part, passé. Les modes sont l'indicatif, le subjonctif, l'optatif, l'impératif et l'infinitif. Les temps sont les mêmes que dans le français. Le temps présent se forme en plaçant après la racine verbale le nom ou le pronom au cas nominatif; ex. : mer-a, j'aime (raasc); mer-t, j'aime (fém.) ; mer-k, lu aimes (masc.) ; mer-t, lu aimes (fem.) : mer-f, il aime , mer-s, elle aime; mernen, nous aimons; mer-ien, vous aimez ; mersen ou su, ils, elles aiment. Nous donnons cidessous une parlie del'inscriplionquise trouve dans la tombe d'Amenis in beni-Hassan,

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Philé, lequel portait une inscription égyptienne, avec une dédicace en hébreu et en grec à un Ptolémée et à sa sœur Cléopâtre.

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Fig. 1.

Cléopàtrc.

Plolémée.

tombe qui date de

la xii= dynastie :

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L'ordre des colonnes et des hiéroglyphes va de gauche à droite. Voici comment il faut lire et traduire celle inscription :

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fut exécuté

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— Les premiers travaux, que l'on fit sur les Egyptiens et sur leur langue, étaient entachés des plus grossières erreurs: aussi les savants modernes, qui tournèrent leur attention vers l'écrilure égyptienne (Kircher, de Guignes, Koch, Zoëga, etc.), firenl-ils fausse route. En 1799, un officier français du génie, M. Broussard, en faisant des travaux de terrassement k Rosette (Reschidj, découvrit une grande plaque de pierre noire, un peu mutilée et portant une inscription en écriture hiéroglyphique, en déiuolique, et en grec. Quelque temps après, la victoire des Anglais fil tomber celle pierre entre les mains de l'ambassadeur sir William Hamilton, qui la déposa au British Muséum. La version grecque établissail que c'était une application des honneurs div.ns à l'un des Ptolémées, et que les versions hiéroglyphique et démotique étaient des transcriptions du texte grec. Un observa que, vers la place, correspondant au nom de Ptolémée de la version grecque, il y avait, dans l'inscription hiéroglyphique, un filet ovale enveloppant un groupe de caractères, et l'on pensa que le filet était le signe du nom propre. La grande découverte que le caractère est mixte (contenant partiellement la peinture ou le dessin des objets et parliefement le signe du son), fut publiée par Chanipullion dans unmanujci-it lu àGrenobleen 1810. .M. Bankes acquit un petit obélisque, trouvé dans l'ile de

Cette inscription fut copiée par Cailliaud, en 1816, et commentée par Letronne et par ChanipoUion, en 182*2. Les fig. 1 et i sont les hiéroglyphes pour Cléopâtre et pour Ptolémée. Il V a autour de ces noms propres un filet identique à celui qui enveloppe le nom de Ptolémée dans la pierre de Rosette. Par une heureuse coïncidence, plusieurs lettres sont communes à ces deux noms. Après de longs tâtonnenienls et de palienles déductions, Champolliun finit par posséder M signes phonétiques de l'ancienne langue égyptienne. A l'aide de ces découvertes, il commença dedéchillrer les inscriptions, qui se trouvent sur des monuments semblant dater de l'époque romaine ; il trouva une liste presque complèle des empereurs romains, chacun avec son lilre d'empereur. D'autres recherches prouvèrent que d'anciens rois bien connus, tels que Psainmelicus, Schischak et Ranisès avaient également leurs noms écrits en caractères phonétiques. Ces découvertes certifièrent que les inscriptions hiéroglyphiques ne peuvent se lire que lorsque l'on connaît les sous de l'ancienne langue égyptienne. ChanipoUion étudia à fond la langue copte et s'assura qu'elle conserve plus ou moin^ fidèlement les anciens noms d'un grand nombre d'objets. Envoyé en Egypte, par le gouvernement français, pour explorer en personne les ruines de ce pays, il compléta facilement son alphabet, à l'aide de mots lus partiellemenl et s'accordanl par le sens avec des mots déjà connus; et c'esl ainsi que ce savant paracheva son œuvre de découvertes, les sons lui suggérant l'idée des signes, et les signes ceux des sons, chaque nouveau pas en avant le mettant à même de vérifier et de corriger ses déductions précédentes et lui permettant d'en faire de nouvelles. L'opposition, qu'il rencontra chez quelques savants, ne fit que le stimuler. Parmi les plus éminents égyptulogties, qui ont lait faire des progrès à l'art de déchillrer les inscriplions égyptiennes, nous citerons Sylvestre de Sacy, Miebuhr, Huinbuldl, Lepsius, Bunsen, Rossellini, Leemans, Wilkinson, Hincks, Brugsch, Birch, de Bougé, Chabas. Le Page Renouf, Lauth, Diimichen, (ioodwin, Czermak, Devéria, Lisenlohr, Ebers, Manette et Maspero. Les recherches sur l'écriture hiératique étaient naturellement liées à l'étude des hiéroglyphes. Le déchiliremeiil de l'écriture démotique fut particulièrenieiil étudié par de Sacy, Akerblad, Young, Champollion, Tallain, Salvolini, Lepsius, de Saulcy, Leemans et Maspero. Brugsch a publié un dictionnaire hiéroglyphique démotique. — Littérature. Les contes ou les ouvrages d'amiisemenl prédominèrent à la grande époque de Ramsès, comme les récits historiques >ur l'Egypte au temps des Ptolémées et comme les honiélies et les rituels pendant la période copte. Les sujets religieux furent traités dès la plus haute antiquité. A première vue, la littérature religieuse semble représenter les anciens Égyptiens comme les plus polythéistes des hrinimes; mais uii examen plus attcnlif conduit à la supposition que les dill'érents dieux n'avaient été imaginés que pour mettre en évidence, par des symboles et des allégories, les diverses qualités el les maiiifc^Lations d'un Etre suprême, incréé, éternel et

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tout-puissant. Le principal traité de théologie est le Livre de la Mort, appelé aussi le Rituel funèbre, publié par Lepsius en 1842, par de Rougé en 1861-'6;i et traduit par Bierch en 1867. La plus ancienne copie connue de ce rituel est en écriture hiératique du type primitif que l'on employait plus de 3000 ans av. J.-C. Des copies postérieures contiennent des additions considérables. Ce livre donne un récit mystique de^ aventures de l'âme après la mort. Il renferme des conseils sur la conduite à tenir pour que l'âme puisse atteindre le palais d'Osiris. C'était dans ce palais qu'elle était jugée par Osiris et par ses 42 assesseurs, qui prenaient connaissance chacun de l'un des 42 péchés mortels. La préparation de ces livres de la mort parait avoir été une industrie régulière des prêtres. On les écrivait et on les illustrait de diverses manières, selon le rang du décédé, et on les plaçait dans son cercueil avec lui. On a trouvé dans les tombes de prêtres et de prêtresses des traités décrivant les métamorphoses des dieux et donnant les lamentations disis. A la même classe appartiennent les traités de dévotion, consistant principalement en hymnes, dont quelquesuns sont adressés au soleil ou au dieu de l'Egypte, considéré comme le soleil, el qui abondent en sentiments purs et élevés. Les traités d'éthique, dont quelques-uns datent d'une époque extrêmement reculée, se présentent sous les formes d'essais, de discours, de proverbes, de lettres ou de dialogues. La philosophie morale de l'un des papyrus de Leyde parle en paraboles et explique ses vérités à l'aide de métaphores. Les papyrus Sallier, qui se trouvent au British Muséum, fournissent les meilleurs exemples des traités épistolaires. La littérature magique nous est parvenue par plusieurs spécimens. Les principes adoptés dans les cérémonies magiques étaient uniformes. On mentionnait d'abord un événement, ayant presque toujours rapport à la lutte d'Osiris contre Set ou du bien contre le mal dans la nature. Ensuite le conjuraleur s'identifiait avec la divinité, dont il s'appropriait les pouvoirs el les attributs à l'aide d'incantations; enfin il faisait des injonctions et des menaces aux objets à conjurer. — Le plus remarquable des papyrus, traitant de médecine, se trouve à Berlin : il expose qu'il a été découvert, roulé dans une caisse, sous les pieds d'un Anubis, dans la ville de Sekhem, au temps de Tel (ou Thoth), après la mort duquel il fut transmis à King-Sent el replacé aux pieds de la statue. King-Sent appartenait à la 'J." dynastie. Le contenu de ce papyrus donne une sorte d'anatomiedu corps humain, el un grand nombre de remèdes, ordinairement pour l'usage interne, d'après un traite ment rationnel, sans charlatanisme ni emploi de charmes. — Les traités scientifiques prouvent que les Egytiens connaissaient le véritable mouvement des planètes et celui de la terre. — Parmi les papyrus Khingd du British Muséum, on en trouve un, appelé le papyrus géométrique, qui traite de l'arpentage des champs et de l'évaluation des pyramides. Les surfaces à mesurer sont divisées en parallélogrammes ou en triangles isocèles. — La correspondance épislaire forme, avec les hymnes au soleil, l'une des principales branches de la littérature

égyptienne. La collection la plus importante est celle des papyrus Sallier el Anostasi au British Muséum; elle comprend 58 lettres. — Le genre des fictions est représenté par deux reliques d'un grand prix el assez bien conservées : l'Histoire des deux Frères et le Roman de Sctna. On possède aussi des récits épiques ou biographiques, parmi lesquels, le Pentaur, sur les exploits de Ramsès II, pendant la guerre contre les Khitas. Le récit biographique de Mohar nous fait connaître son voyage en Syrie el en Palestine. Des écrits satiriques el des fables d'animaux ridiculisent

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les faiblesses de toutes les classes; il y en a d'illustrés de peintures satiriques, représentant les Pharaons et leurs courtisans. — Monnaies. On compte par piastres. La piastre vaut 0 fr. 2562 et se divise en 40 paras. oOO piastres l'ont une bourse (kiss). Les monnaies européennes sont acceptées partout et l'on recherche de préférence les pièces françaises de 20 fr. et les souverains anglais. — Poids et Mksubes. Par décret du 1"'' auùt 1875, le système métrique français devait être exclusivement employé dans toutes les transactions publiques et administralives. L'unité des poids égyptiens est la drachme = 3 gr. 0884. Un rottolo vaut 12 drachmes. Unité de mesures linéaires r pick = 0 m. 6807. Mesure do capacité pour le blé : le rébéké = i;i7 litres 10; pour le riz, l'ardob = 2 hectol. 71. Mesure de superficie : le fedan = 58 ares 9824. — Bi- BLioGK. E. de i\égny-Bey, Statistique de l'Egypte, le Caire, 1881. F. Amici, Essai de statistique générale de l'Egypte, le Caire, 1879, in-8°. M. Barnard, Notice géographique et historique de l'Egypte, Pans, l«G8, in-8°. A. Billard, Les Mœurs et le (joiwernement d'Egypte, Milan, 1868, in-8°. Paul Borde, l'hthme de Suez, Pans, 1871, in-8°. Henri Bruf.'sch-Bey, Histoire d'Egypte, 2« éd., I87b, Leipzig, in-8". Eugène Cadion-Danglar, Lettres sur l'Egypte contemporaine de 186o à 187.Î), Paris, 1876, in-8". Ferdinand de Lesseps, Le Canal de Suez, Paris, 187o, in-S". Baron de Malortie, Egypt : native rulers and foivign interférence, London, 1882. — Pour la description des monuments égyptiens, nous recommandons les trois magniliques ouvrages suivants : Description de l'Egypte (l809-'22), par les savants qui accompagnèrent Bonaparte en Egypte; Monumenti dell' Egitto (lS32-'44), par l'Italien Hossellini; et Denlimxlcr aus jEgypten (1848'-b6), par le Prussien Lepsius. — Voy. aussi : Monuments de l'Egypte, parChampollion (183o-4o, o vol.), et les ouvrages de Brugsch, de Mariette, etc. — HisT. L'histoire d'Egypte se divise en sis grandes périodes, caractérisées chacune par la race des souverains ; 1° celle des Pharaons ou des rois indigènes ; 2° celle des Perses; 3" celle des Ptolemées (princes grecs) ; 4» celle des Romains; '6" celle des Arabes; 6° celle des Turcs. — Les principales sources de l'histoire de l'Egypte au temps des Pharaons sont la Bible, les écrivains grecs Hérodote, Diodore, Eratosthène, des fragments des œuvres de Manéthun et les inscriptions des iiionuinents. D'après la chronologie d'Usker, la date du voyage d'Abraham en Egypte serait l'an 1920 av. J.-C. ; mais, d'après l'Exode, elle serait l'an 1491. Les égyptologues modernes sont généralement d'accord que la sortie d'Egypie eut lieu vers l'an 1300 av. J.-C. Hérodote, qui visita l'Egypte au V^ siècle av. J.-C., se laissa dire que Menés avait été le premier roi d'Egypte. Uiodore, qui habita ie même pays vers l'an 20 av. J.-C, commence aussi la ligne des ruis par Menés, lequel, dit-il, eut pour successeurs u2 monarques, dont les règnes durèrent l'espace de 1400 ans. 11 évalue le nombre total des souverains indigènes à 470 rois et 3 reines et la durée de leur monarchie a 470U ans. D'après Manéthon, il y eut 31 dyi^asties successives, qui ont fourni 300 rois, .(ssquels ont régné, depuis Menés jusquà iNec- ■ ambo II (vers 330 av. J.-C), dernier roi de la 30" dynastie, pendant un espace de3,i)b5ans. Menés commença de régner eu l'an 3643, selon Bunsen; en 3892, selon Lepsius; en 443o, selon Brugsch; en 5004 selon Mariette. Il ne reste aucun monument de la première dynastie fondée par Menés. La seconde dynastie comprit 9 rois, dont le second, Kekeu, bâtit la pyramide de Sakkara, qui est le plus ancien muiiument d'Egypte. (Vuy. Pyh.^mide.) Les peintures, trouvées dans les tombes de la 3" dynastie, montrent que la civilisation égyptienne comme aussi complètement organisée qu'elle le fut 4000 ans plus tard (d'après Ma-

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necte, dont nous suivons la chronologie dans ce récit). La 4" dynastie régna à Memphis, ainsi que la 3''; les trois grandes pyramides furent construites par trois de ses rois : Khoufou (Chéops), Khafra et Mcnkara ; c'est aussi pendant le règne de cette dynastie que fut élevé le grand sphin.x de Gizeh. La 5° dynastie se composa de 9 rois; elle fut remplacée par une nouvelle famille d'origine memphienne, qui forma la .ï" dynastie. La dernière souveraine de la 6= dynastie fut la célèbre reine Neit-Aker ou Milocris. Après elle, l'E'Jfypte entra dans une période de convulsioiis et de faiblesses, qui dura 43i> ans et pendant laquelle régnèrent 4 dynasties peu connues. La 10° dynastie se termina environ 2,000 ans après Menés. Ces 20 siècles forment la période de l'ancien empire, selon les égyptologues modernes. Le moyen empire commence en 3064, à l'accession de la 11° dynastie, dont la capitale fut Thèbes. La 12" dynastie, également thébaine, était probablement parente de la U"; elle régna aune époque de prospérité, de paix intérieure et de gloire extérieure. Osortasen l" lit de vastes acquisitions en Arabie et en Nubie; le récit de ses exploits en Arabie est gravé sur les rochers du Sinai. Osortasen lU, qui fut également un grand conquérant, subjugua l'Ethiopie. C'est pendant le règne de cette dynastie que furent creuses le Labyrinthe et le lac de Mœris, l'art de la sculpture fut porté a un degré de perfection qui ne lut pas surpassé. L'histoire de la \i<' dynastie (2381-2398) est celle d'une série de troubles intérieurs et extérieurs; ses rois, au nombre de 16, se nommèrent presque tous Sevek-Hotep ou Nofre-Hotep.

Vers l'an 2400, une dynastie rivale s'établit dans le Delta, où elle régna 184 ans : c'est la 14" dynastie. Les Hyksos ou rois bergers, qui envahirent le pays vers l'an 2214, le gouvernèrent pendant 4 siècles. D'après Mariette et plusieurs autres égyptologues, ces Hyksos étaient un mélange de hordes nomades d'Arabie et de iiyrie ; leur principale tribu, celle qui conduisait les autres, formait les Hittites de la Bible et les Khitas ou Khetas des monuments égyptiens. Ces barbares traitaient les indigènes avec une grande cruauté et manilestèrent leur haine en dégradant les monuments et en détruisant les temples. Leurs rois établirent la capitale de l'empire à Avaris, sur la frontière septentrionale; ils s'y maintinrent a l'aide de formidables garnisons et formèrent les io", 16° et 17'' dynasties. Le dernier roi de la 17" dynastie, Apepi, régna 61 ans; plusieurs le considèrent comme le Pharaon qui eut Joseph pour ministre. Les Egyptiens, qui s'étaient sauvés en grand nombre dans l'Ethiopie, ne cessèrent de lutter contre les étrangers et parvinrent à fonder un royaume indigène a ïhèbes; peu à peu ils chassèrent les bergers et réunirent le pays. Ahinès, l'un de ces rois de Thèbes, est considère comme le fondateur de la 18" dynastie, qui fut la plus puissante et la plus glorieuse de toutes (1703- 1462; ou, d'après Hawlison 1325-1324). C'est avec cette dynastie que s'ouvre la 3" période historique, connue sous ie nom de Nouvel Empire. L'Egypte resta pendant plusieurs siècles, l'une des plus grandes nations de l'univers et son influence lut vivement ressentie par les peuples ses voisins; ses armées portèrent la guerre au sud et au nord-est. Ahmès conquit le pays de Canaan; son successeur Aineii- Hotep subjugua une grande partie de l'Arabie; le roi suivant, Thutbmès I", traversa l'Euphrate et soumit la Mésopotamie, que les Egyptiens appelaient Naharaina. Thothmèsl"'' rt-gna 21 ans et fut remplacé par son fils Thothmés IL Sous Tholhmès 111, l'Egypte atteignit l'apogée de sa gloire et de sa puissance; elle étendait sa domination sur la •Nubie, l'Abyssiiue, l'Arabie, la Syrie, la Mésopotamie, le Kurdistan et l'Arménie. Une

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flotte puissante aida à soumettre Chypre, la Crète, les îles de l'Archipel, les côtes méridionales de la Grèce, probablement l'Italie méridionale et toute l'Afrique septentrionale jusqu'à la Numidie. Amen-Hotep III construisit le temple de Luxor, fit des additions à celui do Karnak et érigea la statue colossale de Memnon à Thèbes. Son fils et successeur, Amen-Hotep IV, abandonna Thèbes et fixa sa capitale au lieu nommé aujourd'hui Tell el- Amarna. Le premier Pharaon de la 19' dynastie (1462-1288) fut Ramsès !'='; il eut pour successeur Séti I", le Séthos des écrivains grecs, l'un des plus puissants Pharaons, distingué non seulement comme conquérant, mais aussi commebâtisseur;son fils Ramsès II, qui régna de 66 à 67 ans, a fait construire les deux temples souterrains d'Ipsamboul, le Ramesseum de Thèbes, une grande partie des temples de Karnak et de Luxor et le petit temple d'Abydos; il fit plusieurs campagnes contre les tribus du Nil supérieur, contre les Khitas ou Hittites et contre plusieurs autres peuples d'Asie, qu'il subjugua après de longues guerres. Ce sont ses expéditions et celles de ses prédécesseurs, Séti et Thothmés, qui ont fait naître, chez les Grecs, la légende de Sésostris, prince imaginaire qui aurait conquis la Médie, la Perse, la Bactriane et l'Inde. A la fin du règne de Ramsès II, les arts déclinèrent, particulièrement l'art de la sculpture; la décadence militaire devint manifeste. L'Egypte fut envahie par des hommes venus du nord, appartenant sans doute à la race pélasgieniie, et qui saisirent la partie occidentale du Delta ; lorsque Ramsès mourut, une portion considérable de son empire leur appartenait. Son fils Ménerptah établit sa capitale a Memphis et battit dans le Delta les nouveaux envahisseurs. C'est peu de temps après cette lutte que parait avoir eu lieu la fuite des Israélites (Exode). Ramsès III, de la 19= dynastie, releva la gloire des Pharaons; mais après sa mort, l'Egypte futencore envahie. Une dynastie rivale, la 21', s'éleva à Tanis, dans la basse Egypte et parvint à établir son autorité sur tout le pays. Elle régna 130 ans et fut remplacée par la 22" dynastie, qui eut sa capitale a Bubaste et dont les souverains portent presque tous des noms assyriens. Le premier Scheschonk, le Chichac de la Bible, saccagea Jérusalem vers 970. Cette dynastie régna 170 ans. La '23° dynastie la remplaça en 810 et fixa la capitale à Tanis. La 24' ne comprit qu'un souverain, Bokenranf (Bocchoris), qui régna 6 ans à Sais. La 23° eut pour fondateur l'Ethiopien Chabaca, le Sabaco des Grecs, le So de la Bible, qui s'empara de l'Egypte vers l'an 725. Sa dynastie, composée de 3 rois, régna pendant 30 ans. Psammetik (Psammetichus) finit par chasser ces étrangers et se rendit maître de toute l'Egypte. 11 fonda la 26'= dynastie, dont la capitale était Sais, et qui eut une durée deJ38 ans. Le pays fut continuellement assailli par les Babyloniens ; vers l'an 5:;o, Cambyse l'envahit et en lit une province de l'empire perse. Le peuple se souleva plusieurs fois, mais fut toujours soumis ; mais vers405,ilparvintà chasser les étrangers et, avec l'aide des auxiliaires grecs, il maintint son indépendance sous une suite de monarques indigènes, dont le dernier, Nectanéboll, futdétrônéparOchusou Artaxercèslll, en 346. L'Egypte resta soumise aux Perses jusqu'à l'invasion d'Alexandre (33 2). — D'après le témoignage des monuments et des papyrus, il est évident que, dès une époque tort reculée, les Egyptiens furent un peuple très civilisé, riche, industrieux, habile dans l'architecture, dans la peinture, dans la sculpture, dans le tissage, dans la teinturerie, dans l'embaumement, dans le travail des métaux, et dans une foule d'arts et d'industries. Il n'est peutêtre pas de peuple qui puisse leur être comparé sous le rapport de l'architecture ; ils tirent faire à l'astronomie de tels progrès que

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nous ne les avons surpassés que depuis quelques siècles à peine. Nous savons peu de chose relativement à leur système religieux. Dès le début, ils ne reconnurent qu'un Dieu, qui n'avait pas eu de commencement et qui n'avait pas de fin, créateur de toute chose et qui n'avait pas été créé. Plus tard, les prêtres entraînèrent la multitude à l'idolâtrie et au polythéisme, et il finit par y avoir une divinité tutélaire pour chaque ville et pour chaque district. Les principaux dieux étaient Osiris et Isis, que l'on adorait dans toute l'étendue du territoire. Les autres divmités les plus fameuses étaient Amen ou Ammon, Num ou Knuphis, Sale, Ptah, Neith, Khem, Pasht, Maout, Ra ou Phra, Thoth, .\thor et Savak. On adorait aussi une frrande variété de principes abstraits, des animaux (parmi lesquels le bœuf Apis) et même desplantes. Un animal parait avoir été consacré à chaque divinité, dont il était probablement considéré comme la représentation symbolique. — Le gouvernement de l'ancienne Egypte était une monarchie, limitée par l'influence de puissantes castes néréditaires et privilégiées de prêtres et de soldats. Les prêtres formaient la classe dirigeante. Les lois étaient sages, équitables et rigoureusement appliquées. On traitait les femmes avec respect, leur condition était meilleure que chez n'importe quel autre peuple de l'antiquité. La force militaire se composait d'une espèce de milice héréditaire, qui formait l'une des classes dirigeantes, et en temps de paix cultivait le territoire dont elle possédait une grande partie. Les anciens Egyptiensappartenaientàla race caucasienne mélangée avec la race nègre. L'Egypte contenait des villes grandes et populeuses, dont les principales étaient nommées par les Grecs : Thèbes, Latopolis, ApoUinopolis et Syène, dans la haute Egypte; Meniphis, Héracléopolis, Crocodilopolis (plus tard Arsinoé) dans l'Egypte moyenne; Héliopolis, Bubaste, Léontopôlis, Sais, Busiris . Naucratis, Mendès, Tanis et Pélusium, dans la basse Egypte. — La conquête de l'Egypte par Alexandre le Grand fut facilitée par la haine que les indigènes portaient à leurs maîtres, les Perses. Alexandre sut se concilier les prêtres, en faisant des visites plus politiques que religieuses à leurs temples (particulièrement au temple d'Ammon); il ordonna à ses officiers de respecter les coutumes du pays et s'attacha définitivement les Egyptiens par la fondation d'Alexandrie, qui devint en quelques années le principal centre de la civilisation grecque. A la mort de ce conquérant {'32^ av. J.-C), l'Egypte échutàPtolémée Soter,qui, après un règne glorieux du 38 ans, abdiqua en faveur de son fils Ptolémée Philadelphe. Les possessionsde celui-ci (is5-2i7) comprenaient, outre l'Egypte, une partie considérable del'Ethiopie, la Palestine, la Cœlé-Syrie, la Cilicie, laPamphylie, la Lycie, la Carie, Chypre et les Gvclades. Son armée se composait de 200,000 lântassins, 20,000 cavaliers, 2,000 chars et 400 éléphants ; sa flotte était formée de 1,500 vaisseaux de guerre et 1,000 vaisseaux de transport. Le commerce, les arts, les sciences, la littérature lurent portés à un point desplendeurqui rappelait le temps des anciens Pharaons. Philadelphe eut pour successeui son fils Evergèle, qui régna pendant 23 ans. Sous l'administration tyran nique de son fils débauché, Ptolémée Philopalor, la nation tomba de nouveau dans la décadence et, après un siècle et demi de trouble, l'Egypte fut réduite à l'état de province romaine par Auguste (30 av. J.-C). Sa dernière reine avait été Cléopâtre. Pendant trois siècles, l'histoire d'Egypte présente une suite de révoltes infructueuses et de sauvages persécutions contrôles républicains. Vers 330, les chrétiens d'Egypte triomphèrent des païens; ensuite, pendant trois siècles, le pays ne fut plus troublé que par des disseulions théologiques. La principale

de ces querelles fut celle qui s'éleva entre Arius, prêtre de l'Eglise d'Alexandrie, et l'archevêque orthodoxe Athanase. Au V siècle, ces controverses eurent pour résultat le schisme de l'Eglise copte ou égyptienne. En 316, le pays fut envahi par le roi persan, Chosroës 11. En SiO, il fut conquis par les Arabes, sous les ordres d'Amrou, général du calife Omar. L'Egypte resta pendant plus de deux siècles une province du calitat. En S68, le vice-roi Ahmed établit un royaume indépendant qui dura 37 ans. En 070, Moez, 4' calife fatimite, conquit l'Egypte, bâtit la ville du Caire et y fixa le siège de son gouvernement. La dynastie fatimite régna pendant deux siècles. Adhed, le dernier prince de cette dynastie, mourut en 1171 et tut remplacé par son vizir, Saladin, le grand adversaire des croisés. Le gouvernement des sultans mamelouks fut établi en 1230 et subsista jusque vers la fin du xiV siècle; après quoi, l'Egypte tomba dans l'anarchie. En 1,t17, le sultan ottoman Sélini la réduisit à l'état de province turque ; mais au XYiii" siècle, les Mamelouks regagnèrent peu à peu leur ancienne puissance et, en 1768, leur chef Ali-Bey secoua complètement le joug de la Turquie. L'autorité dusullan fut nominalement rétablie plus tard, mais le pays resta plongé dans le désordre et dans la guerre civile jusqu'au moment où les Français, commandés par Bonaparte, renversèrent la puissance des Mamelouks. Après avoir reconnu combien cette expédition était folle, Bonaparte déserta ses troupes, qui capitulèrent à Alexandrie (1801). La guerre civile renaquit aussitôtetse termina, en 1806, par l'élévation d'un aventurier albanais, Méhémet-Ali, au poste de pach;i,. Méhémet soumit les Wahabites et la Nubie. En 1831 -'33, il fit une guerre heureuse à son suzerain, le sultan des Turcs. Ses armées, sous les ordres de son fils Ibrahim, s'emparèrent de la Syrie et d'une grande partie de l'Asie Mineure; elles seraient même entrées à Constantinople sans l'intervention des puissances européennes. La guerre recommença en 1839: cette fois, l'Angleterre, l'Aulnche, la Russie et la Prusse se déclarèrent contre Méhémet- Ali, qui perdit la Syrie, mais fut nommé viceroi d'Egypte ; l'hérédité de son titre fut assurée a son fils (1b juillet 1S4I). En 1848, Méhémet-Ab étant devenu fou, Iljrahim tut nommé vice-roi ; mais il mourut au bout de deux mois et fut remplacé par son neveu Abbas. Celui-ci détestait les Européens, qu'il priva de leurs emplois et qu'il essaya même de chasser d'Egypte; il mourut tout à coup en 18^4 ; on pense qu'il fut assassiné. Son successeur, Saîd-Pacha, quatrième fils de Méhémet-.\li, introduisit beaucoup de réformes, mais cribla l'Egypte de dettes. Ou lui doit la construction de l'isthme de Suez. Il mourut en 1803 et fut remplacé par son neveu Ismail- Pacha, prince qui aspira visiblement à se rendre tout à fait indépendant de l'empire turc; une intervention des puissances étrangères put seule prévenir la guerre entre le vassal et son suzerain. Le 27 mai 1866, le titre de vice-roi, donné aux chefs égyptiens, fut remplacé par le titre de khédive (persanarabe, kidiv-el-Misr', roi d'Egypte) ; en même tempsil futconvenu qu'il paierailà la Turquie un tribut annuel de 10 à iO raillions à la liste civile du sultan. Prince dépensier, Ismaïl ruina l'Etat, et accabla d'impôts les paysans ou fellahs, réduits à la plus extrême misère. 11 traita toujours magnifiquement les Européens, au détriment de la bourse de ses sujets. 11 visita l'Europe, lors de l'exposition universelle de 1867, et entretint àses frais 10,000 personnes de tous pays, lors de l'inaui'uration du canal de Suez (nov. 1809). Il avait des idées grandioses: il rêvait de conquérir l'Afrique centrale jusqu'à Gondokoro et au lac .Mbert N'yanza, et de transformer ces régions en un district agricole, dont les produits auraient

un facile écoulement au moyen de la navi-. gatiop sur le Nil et à l'aide de chemins de ier, dont il commença la construction. En 1875, le sultan lui céda le port de Zeilah, sur la mer Rouge, line expédition en Abyssinie (lS7b-'77), à laquelle prirent part l'explorateur Samuel Baker et le général Gordon, fut infructueuse. Tant de travaux gigantesques avaient épuisé les ressources très limitées du pays. Les iellahs, réduits à la plus grande misère, accusaient les Européens de causer leur malheur, en poussant le khédive dans la voie des dépenses exagérées. Pour se procurer de l'argent, Ismaïl vendit au gouvernement anglais, en nov. 1875, ses 176,602 actions du canal de Suez, moyennant la somme de 3,976,582 livres sterling. Mais par une conven-. tion de 1869, il avait aliéné tous les dividendes de ces actions jusqu'en 1894. L'état désespéré des finances, ayant mis en danger les droits des créanciers européens, la France et l'Angleterre intervinrent en I879,etflrent déposer îsmaïl, qui fut remplacé par son fils Mohamed Tewfik (8 août 1879). L'administration fut placée sous la surveillance de deux contrôleurs généraux, l'un Français, l'autre -anglais. Ces contrôleurs, dont les pouvoirs étaient fort étendus, avaient rang de ministres et préparaient le budget. Les événements ne tardèrent pas à donner aux Anglais l'occasion désirée d'envahir l'Egypte et de faire cesser le condominium avec la France. A la suite de la révocation de plusieurs officiers supérieurs, les troupes se mirent en insurrection, sous la direction d'Arabi-Bey (8 sept. 1881) et voulurent forcer le khédive à suivre une politique plus nationale, en se débarrassant des influences étrangères si désastreuses pour l'Egypte. L'Angleterre, qui agissait pour son compte personnel , et la France qui faisait inconsciemment le jeu de son alliée, envoyèrent, le 8 janv. 1882, une note collective à Mohamed Tewfik, pour lui donner l'assurance qu'elles sauraient le maintenir sur le trône. Un ministère, formé selon les vues d'Arabi, déclara, le 10 mai, que les Européens ne couraient aucun danger, mais qu'une intervention dans les alfaires d'Egypte serait repoussée par la force. Le 20 mai, les escadres française et anglaise parurent devant Alexandrie. Arabi prit aussitôt des mesures pour mettre en état de défense les forts de la côte. Le khédive, ne pouvant plus maîtriser l'insurrection, s'enfuit de sa capitale. Des troubles éclatèrent à Alexandrie, le 11 mai; beaucoup d'Européens furent tués; d'autres se réfugièrent à bord des navires. L'Angleterre envoya aussitôt une armée et une flotte en Egypte. Alexandrie fut cruellement bombardée. Arabi, trahi par les siens, fut arrêté, au Caire, par le préfet de police, et livré aux Anglais. Ceux-ci, qui avaient employé les moyens les moins avouables pour arriver à la victoire, et qui avaient violé la neutralité du canal de Suez, malgré les protestations et la noble attitude de M. de Lesseps, trouvèrent moyen d'évincer complètement la France, dontl'influence leur portait ombrage. Le 18 janv. 1883, le khédive signa un décret, abolissant le double contrôle et chargeant l'Angleterre seule de réorganiser l'administration de l'Egypte. (V. S.)

ÉCiYPTIAC s. m. [é-ji-psi-ak]. Pharm. Sorte d'onguent que l'on dit avoir été inventé par les Egyptiens, et qui est composé d'un mélange de miel, de vinaigre et de vert-de-gris.

— Ailjectiv. : onguent i'rjyptiac.

' ÉG'ÏTTIEN, lENNE s. Sorte de vagabonds qu'on appelle aussi Bohémiens. (Voy. Bohème.)

— »t s. et adj. D'Egypte; qui appartient à co pays ou à ses habitants. — s. f. Typogr. Sorte de'caractères gras, qu'on emploie fréquemment pour taire ressortir certains mots. Dans notre dictionnaire, nous avons adopte l'égyptienne (grandes capitales) pour les mots qui so trouvent en tête de chaque article et (bas de

EIDE

casse) pour les prénoms, dans nos articles de biographie, etc. — Jargon de théâtre. Mauvais acteur ou mauvaise actrice; allusion à la troupo du khédive.

ÉGYPTOLOGIE s. f. (gr. Aiguptos, Egypte ; logos, discours). Science des égyptologues.

ÉGYPTOLOGUE s. m. Savant qui s'occupe de l'histoire de l'ancienne Egypte.

EGYPTUS , prince mythique qui aurait donné son nom à l'Egypte. Fils de Neptune et de Libye (l'Afrique), il eut, de différentes femmes, 50 fils, qui épousèrent les 50 filles de son frère Danaiis. (Voy. ce nom.)

* EH interj. d'admiration, de surprise : eh! qui aurait pic croire cela? — »* Sert à interpeller, à attirer l'attention : eh! là-bas, fai à vous parler.

Eh! bonjour, Monsieur du Corbeau.

La FoNTJiiNB.

— A interroger : eh ? qu'y a-t-il ? — * Eh bien, s'emploie souvent de même, et quelquefois aussi pour donner plus de force à ce qu'on dit : eh bien, que faites-vous donc? — w Ea quoi! s'emploie pour marquer la surprise, l'indignation ou l'interrogation: ek quoi! fallait-il me laisser insulter sans rien dire'!

•ÉHANCHÉ, ÉE adj. Voy. Déhanché.

* ÉHERBER V. a. (rad. herbe). Jard. Voy. Sarclkr.

* ÉHONTÉ, ÉE adj. Qui est sang honte, sans pudeur ; c'est un homme éhonté, une femme éhontée. On dit aussi, Déhonté.

* ÉHOUPER V. a. (rad. houppe). Eaux et For. Couper la cime d'un arbre.

EHRENBERG (Christian-Gottfried) [é'-rènnbèrg], naturaliste allemand (1795-1870). Il visita l'Egypte, la Nubie, l'Arabie (l820-'26), accompagna Humboldt dans l'Oural et dans l'Asie centrale (I.S29) et laissa de bons ouvrages snr les infusoires : Die infusions thierchen. etc. (I8081, MiJirogeologie (1854) et sur les plantes microscopiques.

EHRENBREITSTEIN [é'-rènn-braïl-stainn], ville de Prusse, sur )c Rhin, en face de CoblenU; 5,800 hab. dont 2,000 hommes de garnison. Sur un rouher qui domine la ville se trouve uns forteresse qui pourrait contenir 100,000 hommes, mais que 5,000 hommes peuvent défendre. Cette forteresse fut probablement fondée sous l'empereur Julien; l'archevêque Herman de Trêves la rebâtit au xii" siècle; Boufllers et Vauban l'assiégèrent inutilement en 1 609, mais les républicains s'en emparèrent eu 1 799, après uii siège de 14 mois.

EHRET (Georges-Denis), peintre de plantes, né dans le pays de Bade en 1710, mort en 1770. Il a illustré plusieurs ouvrages.

EHRÉTIE s. f. (de Ehrct, n. pr.). Bot. Genre de borraginées comprenant plusieurs espèces d'arbres et d'arbrisseaux qui habitent les régions tropicales des deux hémisphères.

EHRÉTIACÉ, ÉE adj. Bot.Quiressembleouse rapporte au i;enre ehrétie. On dit aussi Euhétié. ■ — s. pi. Tribu des plantes de la famille des borraginées, ayant pour type le genre erhétie.

EIBENSTOCK [aï'-bènn-stok], ville de Saxe, près de la Mulde, à 30 kil. S.-E, de Zwickau; 7,400 hab. Mousseline , dentelle , .produits zbiiniques, tabac. Mines d'étain aux environs.

EICHST.a!DT [a'i'-bstèlt], ville de Bavière, sur l'Altmûhl, à 90 kil. n!-N.-0. de Munich; 1,850 hab. Lainages, cotonnades, fer, bière. Belle cathédrale gothique.

EIDER [a'i'-der], fleuve de l'Allemagne du N. L'Eider nait près de Kiel, sépare un instant le Schleswig du Holstein et se jette dans la mer du Nord près de Tœnning, après un cours de 100 kil. dont MO navigables.

* EIDER s. m. [é-i-dèr]. Ornith. Type de la troisième section du sous-genre canard pro-

EISE

prement dit dans la classification de Cuvier. Les eiders sont célèbres à cause de la finesse et de la douceur de leur duvet, appelé édredon (scandin. cider, dim, duvet d'eider). Ce sont de jolis canards, au plumage brillant; ils habitent le nord des deux hémisphères. Ils volent avec force et rapidité, ordinairement près de l'eau, rarement à plus de deux kil. du rivage. Excellents plongeurs, ils restent

EKRO

Eidcr commun (Somaterîa mollissîrau), Mâle et femelle.

quelquefois très longtemps à plusieurs mètres sons l'eau. Ils se nourrissent de crustacés, de mollusques et d'œufs de poisson. On ne les trouve jamais dans l'intérieur des terres, à moins qu'il n'y aient été poussés par la tempête. Très déliants, ils savent éviter le chasseur, qui parvient difficilement à les tuer. La

Eîder à tête grise [Som:itori:i speclabilis).

chair des jeunes et des femelles passe pour être assez savoureuse : mais celle des mâles est coriace et sent le poisson. Les deux espèces principales : eider commun (somaleria mollissiina) et eider à tête grise [somateria spectabilis) habitent les plus hautes régions de notre hémisphère.— Eifel (V), Eilfel (Tour). (V. S.)

EILENBURG [ai'-Iènn-bourg], ville de la Saxe prussienne, à 21kil. N.-E. de Leipzig, sur une ile formée par la Muldo; l-'i,50U hab. Cotonnades, toiles de lin, produits chimiques et tabac.

EIMBECK ou Einbeck [aim'-, a'in-bèk], ville de Hanovre, sur l'Unie, à 32 kil. N.-N.-O. de Gœttingen; 8,300 hab. Lainages et toiles de lin. Gymnase fondé par Luther.

EINSIEDELN ou Notre- Dame- des-Ermites

[aïii'-si-dclnj, village de Suisse, canton de Scliwytz, sur la Sihl, à 80 kil. S.-E. de Zurich; 8,510 hab. Fameuse abbaye de Bénédictins, fondée vers 900 et plusieurs foisrecons; truite. Sa chapelle de marbre renferme un portrait de la Vierge, qui y attire chaque année plus de 15,000 pèlerins suisses, allemands et ilalions.

EISENACH [aï'-ze-naoh], ville de Saxe- ■Weiiuar, jadis capitale de Saxe-Eisenach, à

65 kil. 0. de Weimar; 26,000 hab. Château qui fut la résidence des princes d'Eiscnaeh. Lainages, colonnades, céruse. Sur une colline de ses environs se dresse l'ancien château de 'VV'arlbourg. (Voy. Wautbouhg.)

EISENBERG [a'i'-zènn-bèrg], ville de Saxe-Altenbourg, à 60 kil. S.-O. de Leipzig; 7,750 hab. Lycée protestant, observatoire, château ducal. Comm. de bois.

EISENLOHR (Wilhelm-Friedrich; [ai'-zènnlOi'j, physicien allemand (1799-1872). Sou ouvrage principal est intitulé : Lehrbuch der Physik.

ÈlSENSTADT[ai"-zènn-stâl](hongr.Kw-Marton), ville de Hongrie, sur le sommet des collines de la Leitha, à 18 kil. N.-O. d'Oedenburg; 6,000 hab. Magnifique palais de la famille Esterhazy.

EISLEBEN [aiss-lé-bènn], ville de la Saxe prussienne, à 30 kil. N.-O. de Halle; 24,000 hab. Château; patrie de Luther.

EISTEDDFODS s. m. pi. [aïss-tèd-fodssj (celt. eistcdd, siéger). Réunions de bardes, dans le pays de Galles, après le règne d'Elisabeth. (Voy. Bardes.)

* ÉJACULATEUR adj. m. Anat.Qui sert, qui contribue a l'éjaculation : conduits ou canaux rjacutateurs. — *v Au féin. Ejaculatrice.

* ÉJACULATION s. f. Physiol. Émission du sperme avec une certaine force. — Hist. nat. Action par laquelle certains animaux font jaillir de leur corps une matière liquide. — Fig. en langue mystique. Prière fervente, et qui part du cœur.

ÉJACULATOIRE adj. Relatif à l'éjaculation.

* ÉJACULER v. a. (lat.eyacwfari). Physiol. et Hist. nat. Laui'er avec force hors de soi : certains reptiles éjaculent une humeur caustique sur les personnes ou les animaux qui veulent les saisir.

ÉJECTION s. f. (lat. ejectio). Méd. et Géol. Est quelquefois synon. de Déjection.

ÉJ0INTA6E s. m. (rad. joint.) Opération qui consistait autrefois à briser le fouet de l'aile d'un oiseau de basse-cour, susceptible de s'envoler, et qui consiste aujourd'hui à enlever complètement celte partie, pour détruire l'équilibre de locomotion aérienne en privant l'oiseau de l'usage de l'une de ses ailes, sans le déparer ni le rendre disgracieux. Pour cela, on coupe la main de l'oiseau (excepté le pouce) à 1 centini. de l'articulation (Voy. Aile). On cautérise aussitôt la plaie avec le nitrate d'argent.

ÉJOINTER V. a. Opérer l'éjoiutage.

ÉJOUIR 'S') V. pr. Se réjouir : il s't'jouissait en pensant a ta bombance qu'il allait faire (Vieux, mais s'emploie daus le style badin).

EJUSDEM FARIN.a; [é-juss-dèm-fa-ri-nè].

Loc. lat. qui signilic : de la même farine. Se prend toujours en mauvaise part pour désigner des gens de même espèce, ayant les mêmes défauts, les mômes vices.

EKATERINBURG, EKATERINODAR, EKATE- RINOGRAD. EKATERINOSLAR, voy. Yeeate- Ri.N'uoURG, Yekaterinoijar, etc. (V. s.)

EKHMIN ou Achmin (anc. égypl. Khcmmin ; gr. Chenimis et Panoplis), ville de la haute Egypte, sur la rive droite du Nil, a 90 kil. audessus de Siout et à 115 kil. au-dessous de Kenneh; 10,000 hab. Belle église copte. Ruines de temples et de tombeaux. L'ancienne KAemmin, capitale d'un nomede laThébaide, était consacrée à Khem, que les Grecs identifiaient avec Pan.

EKRON, la plus septentrionale des cinq villes des Philistins; elle fut assignée à Juda. Sur son emplacement se trouve aujourd'hui Akir, àlo kil. de la Méditerranée, à 2.ï kil. S.-E. de Jalia et à 40 kil. N.-O. de Jérusalem.

ELAG

EL-ABIOD-SIDI-CHEIKH. village où se trouve la Koubi (tombeau) du marabout Sidi-Cheikh, fondateur de la puissante famille des Ouled Sidi-Cbeikh (Algérie). C'était le lieu de pèlerinage le plus fréquenté du sud de la province d'Oran. En août 1881, pendant les opérations contre Bou-Aniena, le colonel Négrier, parti de Gérvville pour explorer la région sud de son commandement, fît démolir la Kouba, parce que, sous prétexte de pèlerinages, des exaltés y allumaient le fanatisme des indigènes. Les ossements du marabout furent recueillis et transportés à Géryville, où on les a déposés dans la mosquée.

* ÉLABORATION s. m. Physiol. Action d'élaborer, de s'élaborer; modifications et transformations que font subir certains organes vivants aux substances soumises à leur action: l'élaboration de la sève dans les végétaux. — ■ Fig. Préparation qui exige un long travail : l'élaboration d'un système.

'ÉLABORER v. a. (lat. elaborare; de labor. travail). Pbvsiol. Produire l'élaboration : te foie élabore la bile. — Fig. dans le langage ordinaire. Préparer par un long travail : il élabore péniblement ses idées. — S'élaborer V. pr. Etre élaboré ; la sève liquide, absorbée par les racines des plantes, s'élaboi'e dans leurs pai'ties foliacées.

ÉLACATE s. m. (gr. élakaté, grenouille). Icht. Genre de poissons acanthoptérygiens scombéroïdes, comprenant des espèces de l'Inde et des mers de l'Amérique.

ÉL.a:AGNÉ, ÉEou Éléagné, éeadj. Bot. Qui ressemble ou se rapporte au genre élaeagnus. On dit aussi Eléagnoïde. — s. f. pi. Famille de plantes, ayant pour type le genre élœagnus.

ÉL^AGNUSouÉléagnus[.gnmll.](gr.e/ew, olivier; agjio^, pur;. Bot. Genre type delà famille des élaeagnées, comprenant une vingtaine d'espèces d'arbres ou d arbrisseaux qui croissent dans les régions centrales et tempérées de l'Europe et de l'Asie. On l'appelle vulg. Chalef (arabe, hhaléf, saule).

ÉLAÈNE s. m. Voy. Oléène.

ÉL.S;OCARPEouEléocarpe s. m. (gr. elaion, bulle : karpos. fruit). Bol. Genre d'élseocarpées, comprenant une douzaine d'espèces de l'Asie tropicale.

ÉL.ffiOCARPÉ, ÉE ou Eléocarpé, ée Bot. Qui ressemble ou se rapporte au genre élœocarpe. — s. f. pi. Famille de plantes, ayant pour type le genre élœocarpe. Plusieurs botanistes regardent les élœocarpées comme une simple tribu des tilliacées.

ÉL^OCOCCAs. m. Voy. Éléococca.

ÉL.ff;ODENDRÉ, ÉE ou Éléodendré, ée adj. Bot. Qui ressemble ou se rap|ioite au genre élœodendron. — s. f. pi. Tribu de la famille des célastrinées, ayant pour type le genre ékeodendron.

ÉLjEODENDRON ou Éléodendron s. m. (gr.

eleia, olivier; dendron, arbre). Bot. Gerïre d'éléodendrées comprenant plusieurs espèces d'arbrisseaux qui habitent les Indes orientales.

EL-AFROUN, ville de l'arrond. de Blidah (Algérif), au milieu d'un riche territoire bien arrosé; pierre - meulière , gypse, céréales, mûrier, tabac, bétail. 3,210 liab.

ÉLA6ABALE. Voy. Héliogabale.

' ÉLAGAGE s. m. Arbor. Action d'élaguer : l'éla'jurje de ce bosquet s'est fait trop tard, les arbres en souffriront. L'élagage est une opération qui a pour but de retrancher à un arbre les brani'hes qui pourraient nuire au développement du tronc, quand on veut en faire du bois de construction, ou à l'accroissement des rameaux fructifères, quand on les dirige

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