ELBE
ELATINE s. f. Chim. Résine molle et verte que l'on trouve dans les fruits de l'élatérion. — Bot. Genre de petites plantes qui habitent les marais des environs de Paris.
ÉLATINÉ. ÉE Bol. Qui ressemble ou se rapporte au genre élatine. — s. f. pi. Famille de plantes dicotvlédones, dial3'pétales périgynes, ayant pour type le genre élatine.
*ÉLAVÉ, ÉEadj. Vén. Se dit du poil des chiens et de la bête quand il est mollasse et blafard.
ELAVER fAllier). plus tard Elaris nu Elauris, rivière a'Aquitame, tributaire de la Liger (Loire).
ELBE (gr. Mthalia; lat. Ilva; ital. Elba), île de la Mé'diterranée, appartenant à la province italienne de Leghorn, et séparée du continent par le détroit de Piombino ; 232 kil. carr. ; 21,800 bab. Territoire montagneux ayant des sommets qui atteignent 1,000 m.; côtes profondément découpées. Fruits, vins blancs, sel marin, thon, sardines, anchois; fer. Villes principales : Porto-Ferrajo, Porlo- Longone, Rio et Maiciana. Après avoir été gouvernée par différentes familles italiennes ou étrangères, l'ile d'Elbe fut cédée à la France, en 1797, réunie au royaume d"Etrurie, en 1801 et érigée en souveraineté pour Na- ■ poléon, en 1814. La villa de San-Martino, près de Porto-Ferrajo, occupée par l'Eiiipereur, a été convertie en musée de Napoléon. L'ile fut donnée à la Toscane, en 1815, et annexée au royaume d'Italie en 1860.
ELBE (bohém. lahe; anc. Alhis) , fleuve d'Allemagne. Il naît en Bohême, sur le sommet du Schneekoppe, près de la frontière de la Silésie prussienne, etse jette dans la mer du Nord, au-dessous de Glûckstadt en Holstein, après un cours de 1,100 kil. Il devient navigable en recevant la Moldau. Ses principaux affluents sont : sur la rive droite, l'Iser, l'Elster iNoir et le Havel; à gauche, la Moldau, TEger, la Mulde, la Saale, la Jetze, l'ilmenau et rOsl. Les grandes villes qu'il arrose sont : Josephsladt, Kôniggrâtz, Dresde, Meissen,Wittenberg, Magdebourg, Hambourg et Alloua.
A l'aide de nombreux canaux, qui débouchent dans son lit, il met en communication avec la mer les ports du centre de l'Allemagne et ceux du N.-O.
ELBÉE (GiGOT d'), généralissime des 'Vendéens, né à Dresde en 17ij2, mort à Noirmoutiers en 1794. Lorsque la Révolution éclata, il vivaildans sa terre de Beaupréau, en Anjou. Après avoir émigré, il revint en France et se mil à la tête des paysans de Beaupréau, qui s'étaient révoltés. Sa dévotion lui donna bien vite une grande influence. Général en chef des troupes vendéennes, après la mort de Cathelineau, il échoua devant Luçon et fut vaincu et grièvement blessé à Cholet. S'étant retiré dans l'Ile de Noirmoutiers, il y l'ut arrêté, condamné à mort et fusillé sur la place publique.
ELBERFELD [él-bèr-fèlt]. ville de la Prusse rhénane, sur la Wupper, à 30 kil. E.-N.-E. de Diisseldorf; 139,108 h. Ses manufactures de coton emploient environ 6,000 métiers.
Soieries, rubans, tapis, fameuses teintureries. — Cette ville fut colonisée, en lu27, par des réfugiés hollandais; elle est devenue, avec Barraen, qui lui est contigué, l'un des plus grands centres de l'industrie alleuiande.
• ELBEUFs. m. Drap qui se fabrique àElbeuf : coda un Ion eibeuf.
ELBEUF, Elbovium, ch.-l. de cant., arr. et à 22 kil. S. de Rouen (Seine-Inféricurej, et à 133 kil. de Paris, sur la rive gauche de la Seinij ; 20,542 bab. Importantes manufactures de draps, qui n'ont d'égales en France que celles de Louviers et de Sedan. Erigée en comté (1338), en marquisat (lo'Ji), puis en duché-pairie (1>;82), Eibeuf souffrit beaucoup
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de la révocation de l'édit de Nantes. La valeur de ses produits annuels surpasse aujourd'hui 60,000,000 de francs. Elle occupe dans ses usines plus de 20,000 ouvriers, qui habitent des villages adjacents.
ELBEUVIEN, lENNE adj. et s. Qui est d'EIbeul': qui a rapport à cette ville ou à ses habitants.
ELBING. villedePrusse, provincede Prusse, a 34 kil. E.-S.-E. de Dantzig ; 45,841 hab., en y comprenant la population de plusieurs fauliourgs. Construction de navires; sucre, vitriol, cuir, lainages. Les marchandises sont expédiées par le canal de Krafl'ohl, qui mène à la Nogal, branche de la Vistule.
ELBOURZ. Elbrouz ou Albourdj, haute chaîne de montagnes, qui couvre le N. de la Perse cl qui se réunit à l'E. avec les monts Parop.imisens et à l'O. avec le Caucase. Son point culminant, le mont Demavend, mesure 6,500 m. de haut. — On donne le nom de mont El- BOUHZ ou Elbrouz au point culminant du Caucase (.5,639 m.).
ELCHE [èl-tché], anc. Ilici, ville d'Espagne, sur la Tarafa, à 1b kil. de la Méditerranée et à 25 kil. S.-O. d'Alicante; 19,596 hab. On l'a surnommée la ville des palmes, à cause du grand nombre de palmiers, qui lui forment une ceinture. Elle produit une grande quantité de dattes.
ELCHINGEN, Ober- et Unter- [èl'-'hign-ènn], nom de deux villages de Bavière, sur les flancs d'une montagne escarpée qui domine le Danube, à 'i kil. l'un delaulreel à 11 kil. d'Ulm. C'est à Ober-Elchingen que se livra, le 14 ocl. 1803, l'une des plus grandes batailles de la campagne d'Austerlitz. Le maréchal Ney remporta sur les Autrichiens une brillante victoire qui lui valut le titre de duc d'Elchingen. Dans la partie supérieure du village, se trouve une célèbre abbaye de bénédictins fondée en 1128. — El-Djouff. (V. S.)
"ELDORADO s. m. (esp. el, le ;dorodo, doré). Nom d'un pays qu'on prétendait exister dans l'.^mérique du Sud el où l'on trouvait, disaiton, en quantité immense l'or el les plus précieux produits delà terre(svi« el xvii" siècles). — Fig. Pays imaginaire où chacun vit au sein de l'abondance et des richesses : c'est un véritable eldorado. — vv Nom que porte à Paris un des cafés-concerts en renom. — Plusieurs autres villes ont aussi des cafés-concerts qui ont pris le litre d'Eldorado.
ÉLÉA. Voy. ÉLIS.
* ELÉATIQUE adj. Qui concerne l'école de philosùiihie, fondée à Elée par Xénophane, d'après laquelle toutes les connaissances qui nous viennent par les sens sont incertaines; les connaissances certaines sont dues à la raison seule : doetrines éléatiques. — Substantiv. Les éléatiques, les philosophes éléatiques. On dit aussi Eléates. On donne le nom à'éléatiques à un groupe de philosophes grecs, dont le plus ancien fut Xénophane de Colophon (dernière partie du vi° siècle avant J.-C). Ses principaux disciples furent Parménide et Zenon d'Elée, dans la Grande Grèce et Mélisse de Samos. Leur système consistait à rapporter toute la science aux idées pures et absolues de la raison. Le résultat de ce système est un panthéisme qui, chez Xénophane, ressemble k la doctrine de Spinoza et, chez Parménide, à celle de Fichle.
ÉLÉAZAR (héb. Dieu est un secours), nom de plusieurs anciens Hébreux, dont les plus importants furent le troisième (ils cl le successeur d'Aaron, el un guerrier juif, qui fui l'un des trois hommes les plus forts de l'armée de David contre les Philistins.
ÉLÉCAMPANE s. m. Synon. d'AuNÉE.
• ÉLECTEUR s. m. (lat. elector). Celui qui élit, qui a le droit de concourir à une élection.
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Se dit principalement des citoyens qui concourent à la nomination des députés des départements : les ronditiùns requises pour être électeur. — Autref. Se disait plus particulièrement des princes d'Allemagne qui avaient le droit d'élire l'Empereur : l'électeur de Bavière. — Au fém. Electrice, femme d'un électeur de l'Empire : madame l'électrice.
* ÉLECTIF, IVE adj. Qui est nommé par
élection : le pape est électif. — La Chambre ÉLECTIVE, la Chambre des députés. — Qui se donne par élection : emploi électif.
* ÉLECTION s. f (lat. electio). Action d'élire, choix fait en assemblée par la voie des sulîrages : il donna sa voix pour l'élection d'un tel. — Absol. et au plur. Nomination des députés: l'époque des élections. — Jurispr. Faire ÉLECTION DE DOMICILE, assigner un lieu certain et connu, où tous les actes de justice puissent être signifiés. — Chir. Temps d'élection, lieu d'élection, etc., temps, lieu, etc., qu'on choisit pour taire une opération. — Autre!'. Tribunal établi pour juger les différends qui concernaient les tailles, les aides et les gabelles : Sentence de l'élection.— Toute l'étendue de pays qui était du ressort de ce tribunal : cette élection était composée de tant de paroisses. — Pays d'élection, par opposition aux Pays d'ét.4ts, se disait des provinces dont toute l'administration était soumise à l'intendant, et où il y avait des généralités et des élections établies. — Encvcl. a Rome, les curies assemblées élisaient non seulement leurs tribuns et leurs consuls, mais encore la presque totalité des magistrats. Le pouvoir impérial luimême ne tut, ostensiblement du moins, que le fruit de l'élection, puisque les légions nommaient le chef du gouvernement. — L'Eglise dut sa constitution primitive au principe électif qui, pendant 10 siècles, éleva et soutint l'édiîice clérical. Evêques el pasteurs, depuis le pape jusqu'aux simples desservants de village, furent élus par l'assemblée des fidèles; et c'est pendant cette période que l'Eglise brilla de son plus vif éclat et produisit cette multitude de docteurs et d'hommes pieux qui l'ont illustrée. — Le principe de l'élection ni la prospérité el la grandeur des cités italiennes et flamandes, si renommées dans l'histoire des arts, du commerce et de la navigation. En Espagne, les cortès donnèrent le premier exemple d'un corps législatif élu par des bourgs el par des villes; el la monarchie espagnole resta puissante aussi longtemps qu'elle respecta les prérogatives de cette assemblée. Les chambres anglaises, élues par les bourgs et par les villes, n'ont pas été sans influence sur l'accroissement de l'Angleterre en puissance et en richesses. • — Chez nous, on trouve une vague et imparfaite ébauche du système électif dans la convocation des anciens états généraux, inaugurés en 1302, sous le règne de Philippe le Bel, assemblée où l'élément représentatif apparaît pour la première fois dans les députés des villes ou du tiers-état. Mais les rois surent éloutfer la liberté de la nation et ilfaul arrivera la Révolution pourtrouverchez nous une application du système électif. Résumonsen quelques lignes lesprincipaleifluctuationssubies par ce droit po[iulaire. - En 1789, les états généraux se composaient des trois oi'dres traditionnels : noblesse, clergé et tiers-état. Voici comment ce dernier était recruté : les assemblées primaires des villes désignaient un certain nombre d'électeurs; ceux-ci se réunissaient au chef-lieu du bailliage el procédaient à l'élection des députés de la circonscription. De plus, ils étaient chargés de dépouiller et de raccorder ensemble les cahiers des différentes assemblées primaires. Ces cahiers, contenant les projets d'amélioration et de réformes, étaient remis aux députés el formaient les termes de leur mandat. — En 1791, l'Assemblée consLituanle
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adopte l'élection à deux degrés; mais elle divise la population en deux classes : les citoyens actifs (payant une contribution équivalente à trois journées de travail) ; et les citoyens passifs, qui, ne payant pas une contribulion équivalente à trois journées de travail, étaient exclus de toute participation au scrutin. Il y avait une classe supérieure, les citoyens acii/s au serond degré, ceux qui payaient une contribution de 200 jours de travail dans les villes d'au moins 00,000 ànies, et le quart seulement dans les autres centres de population. En 1792. l'Assemblée lécislative fit disparaître ces distinctions ; mais elle conserva l'élection à deux degrés. Tout citoyen âiré de 21 ans, non passible de condamnation devint électeur de droit, les domestiques à gages exceptés. — La constitution du 24 juin [19i, qui ne fut jamais mise en vigueur, fit disparaître l'exclusion des domestiques à gages. En outre, elle ouvrit la porte des assemblées à tout étranger qui aurait adopté un enfant, nourri un vieillard ou mérité, par un acte quelconque, le titre de citoyen français. — Après de violents débats, la constitution de l'an 111 consei'va la plupart de ces dispositions. — D'un coup de plume, le héros de Brumaire détruisit l'œuvre si péniblement ' ébauchée par la Itôvolution. SousleConsulat,
■ les citoyens réunis en assemblées cantonales,
■ choisissaient, parmi les 000 contribuables les pi us imposés du départe ment, de simples camiidats électeurs. Cescandidatsélecteursse réunissaient à leur tour en assemblées départementales, pour éVire des candidats députés, parmi lesquels le premier consul désignait lui-même deux personnages qu'il appelait effrontément les mandataires de la nation. Quelques années plus tard, Bonaparte, devenu .Napoléon 1", fit disparaître ces derniers vestiges, ces derniers souvenirs de la Révolution et de la liberté nationale. Il n'y eut plus ni électeurs ni élus : il nomma lui-même les députés. En 1814, la Restauration, désireuse de faire disparaître le despotisme impérial, rétablit le système électif tel qu'il avait été créé au commencement de la Révolution. Mais, en revenant au cens électoral, elle l'aggrava ; elle éleva à 300 fr. la contribution directe à payer pour être électeur et à 1,000 fr. celle des éligibles. Dans ces limites, la France ne comptait que 70,000 électeurs. Vint ensuite la loi du 0 février 1817, qui ne diffère de la précédente que par la concentration des électeurs sous la main des préfets, au chef-lieu du département. La loi du double vote, qui date du 20 mai 1820, investit les électeurs les plus imposés (le quart sur l'ensemble) du droit de voter tout à la fois dans les collèges d'arrondissement et dans les collèges de département. Par un phénomène singulier, cette loi, aristocratique par excellence, enfanta la majo-
i. rite des 221 qui devait voter la déchéance de Charles X. — Arrivons à Louis-Philippe. Ce roi, prétendu populaire, établit la plus impopulaire des lois électorales, la fameuse loi d'avril 1831. Il maintint le cens électoral à ÏOO fr. de contributions directes. Néanmoins, les membres de l'Institut et les officiers de terre et de mer étaient reçus à 100 fr. seulement. H arriva ce fait étrange que, dans une fai;ulté des lettres de province, les professeurs restèrent tous, faute de cens, rejelés hors de l'enceinte légale, tandis que le portier, qui payait les 200 fr., fut reconnu apte à représenter l'établissement. — La Révolution de 1848 rétablit le suffrage universel ; mais l'Assemblée de 1849 le mutila, et le coup d'Etat du deux décembre dut, en partie, son absolution au rétablissement de ce mode de sull'rage, qui est aujourd'hui passé dans les mœurs politiques du pays. Ce fut en vain que l'Assemblée « élue en un jour de malheur » essaya de le mutiler de nouveau. — Législ. « Le droit d'élection et le droit d'éligibilité résultent des lois constitutionnelles.
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lorsqu'il s'agit de fonctions politiques. Pour les autres fonctions électives, ces droits sont établis par diverses lois. Il en est parlé au mot qui dénomme chacune desdites fonctions. Nous avons donc seulement àrésumer ici les règles concernant la confection des listes électorales. Dans chaque commune, et même dans chaque section, lorsque la commune est divisée en plusieurs cantons ou en sections de commune, une commission, composée du maire, d'un délégué du préfet et d'un délégué du conseil municipal, dresse la liste des électeurs municipaux, en suivant l'ordre alphabétique. Cette liste, qui sert non seulement pour l'élection des conseillers municipaux, mais pour celles des conseillers d'arrondissement et des conseillers généraux, comprend tous les citoyens âgés de 21 ans, jouissant de leurs droits civils et politiques, n'étant dans aucun des cas d'incapacité prévus par la loi, et ayant leur domicile dans la commune. Ce domicile appartient de droit à tout individu, né dans la commune et qui y a toujours conservé sa résidence; à celui dont les parents étaient domiciliés dans la commune au moment où il est devenu majeur, et à tout fonctionnaire public assujetti à une résidence obligatoire. (Voy. Domicile.) En outre, le domicile électoral s'acquiert, savoir : par six mois de résidence, pour ceux qui, étant nés dans la commune et y ayant satisfait à la loi du recrutement, avaient ensuite pris une autre résidence et sont revenus habiter au lieu natal ; par un délai d'une année, pour ceux qui, n'étant pas nés dans la commune, y sont inscrits au rôle de l'une des contributions directes, et qui, s'ils n'y résident pas, ont déclaré vouloir exercer leurs droits électoraux dans ladite commune; par la résidence pendant la même durée d'un an, pour ceux qui se sont mariés dans la commune; enfin par une résidence de deux années consécutives pour tous autres (L. 7 juillet 1874). La liste des électeurs politiques, servant à l'élection des députés, n'est autre que celle des électeurs municipaux, à laquelle s'ajoute une liste complémentaire, comprenant tous les électeurs non inscrits sur l'autre liste et qui habitent la commune depuis six mois au moins (L. 30 novembi'el875). Nul ne peut être électeur à la fois dans deux communes; mais celui qui paie des contributions dans plusieurs a le droit d'opter, en faisant une déclaration écrite, et il peut voter dans une commune où il ne réside pas(Arr. Cass. 10 mai 1877). Celui qui cesse de résider dans la commune où il est inscrit conserve le droit de voler dans cette commune comme électeur politique, tan.t qu'il n'apas acquis une nouvelle résidence de six mois, qui permette son inscription sur la liste politique d'une autre commune (id. 22 et 29 mai 1878); mais il ne peut plus figurer sur la liste municipale de la commune qu'il a quittée, à moins qu'il ne soit porté au rôle des contributions directes ou des prestations en nature (id. 7 mai 1877). Tout militaire ou assimilé est porté sur la liste de la commune dans laquelle il était domicilié avant son départ; mais il ne peut voter que lorsque, au moment de l'élection, il est en disponibilité, en non activité, en congé régulier ou en résidence libre (id. art. 2). Chaque année, du l^"" au 10 janvier, laliste électorale est révisée par la commission spéciale, dont il est parlé plus haut et il laquelle sont adjoints deux autres déléguésdu conseil municipal. Le tableau des additions etretrancheraents opérés est déposé, au plus tard, le lo janvier, au secrétariat de la commune, où tout requérant est admis à en prendre connaissance. Ce dépôt est annoncé par affiches. Pendant vingt jours, à dater de cette publication, le citoyen omis sur la liste peut réclamer son inscription, et tout électeur peut réclamer des inscriptions ou des radiations (Dec. 2 février 18o2). La commission de révision statue sur les réclamations, et ses décisions sont, dans le délai de trois jours,
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notifiées par le maire ans parties intéressées. Celles-ci peuvent, dans les cinq jours de la notification, interjeter appel devant le juge de paix du cinton, par une simple. déclaralion au grelfe; et le juire statue, dans les dix
jours, sans autre forme de procédure qu'un avertissement donné trois joursà l'avance aux parties intéressées. La décision rendue est en dernier ressort; mais il peut y avoir lieu à pourvoi en cassation, dans le délai de dix jours à compter de la notification do la décision. Tous les actesjudiciaires faitsen matière électorale sont dispensés de timbre et enregisli-és gratis. Les listes électorales ainsi revisées sont closes, chaque année, le 31 mars' et les élections sont faites sur ces listes jusqu'au 31 mars de l'année suivante. D'aprésun projet de loi déjà adopté par la Chambre des députés (juillet 1883), la lisle des électeurs municipaux devra être la même que celle des électeurs politiques et il n'y aura plus à l'avenir qu'une seule liste. Les 'électeurs sont convoqués pararrêtés préfectoraux, pour les élections municipales, et par décrets, pour les autres; mais c'est la mairie qui fixe le lieu et l'heure de l'assemblée. Le bureau, constitué à l'ouverture de la séance, se compose du maire président et de quatre scrutateurs qui sont les deux plus âgés et les deux plus jeunes des électeurs présents, sachant lire et écrire. Le bureau nomme ensuite son secrétaire. La tenue des assemblées électorales est encore réglementée par la loi du.T mai KS.'io. Nul n'est élu au premier tour de scrutin, s'il n'a réuni la majorité absolue des suffrages exprimés, et un nombre de suB'rages égal au quart de celui des électeurs inscrits. Au deuxième tour, l'élection a lieu à la majorité relative, quel que soit le nombre des votants. Ce deuxième tour peut avoir lieu le même jour, s'il a été ainsi annoncé; sinon, il a lieu, de droit, le dimanche suivant. Lorsque plusieurs candidats ont obtenu le même nombre de suffrages, le filus âgé est élu. Lesréclamationsconcernant l'élcctiun des députés (voy. Député) sont jugées par la Chambre des députés elle-mên'ie; celles concernant l'élection des conseillers généraux sont du ressort du Conseil d'Etat, et celles relatives aux élections des conseillers d'arrondissement et des conseillers municipaux sontjugeespar les conseils de préfecture, saut recours au Conseil d'Etat. CVoy. Conseil.) Userait trop long d'exposer ici d'une manière complète les dilféients modes d'élections adoptés chez les anciens et chez les peuples modernes. En France, le peuple élisait autrefois ses chefs etsesmagistrats, dans les champs de Mars et dans les champs de Mai ; mais le régime féodal substitua le principe de l'hérédité à celui de l'élection. Les états généraux eurent, depuis 1302 jusqu'à 1789, plusieurs modes d'élection ; les derniers furent nommés par un vote à deux degrés, et la constitution de 1791 admit aussi ce système. L'élection directe, établie par la constitution de l'an 111, fut appliquée ensuite avec le régime censitaire. La constitution de 1848 adopta, pour bases des élections, le suffrage uuHrersel direct, le vote secret, et, pour les députas, le scrutin de liste par département. Les conditions rigoureuses de domicile, apportées par la loi du 31 mai 18oÛ, servirent de prétexte au coup d'Etat du 2 décembre 1851, et le décret du 2 février 1832 remit en vigueur les dispositions inscrites dans la constitution de 1848. En Angleterre, le vieux régime électoral des cités et des bourgs a été réformé ea 1832 et 1867; mais il n'est pas encore absolument détruit. Pour être électeur dans l'empire d'Allemagne, il sulfit d'être âgé de 2.ï ans, de jouir de ses droits et de ne pas vivre d'aumône; le suffrage est universel et direct, tandis qu'en Prusse il esta deux degrés, et, que les électeurs sont divisés, suivant le chill're de leurs impositions, en trois classes, dont chacune paie un tiers du total des contributions
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directes de la circonscription. Les électeurs secondaires de chaque classe nomment, à bulletin ouvert, un tiers des députés. En Belgique le droit électoral est établi sur le cens. mais le minimum d'impôt varie, selon qu'il s'aait d'élections communales, provinciales ou générales. Enlin en Italie, pour être électeur, il faut être âgé de 2-5 ans, savoir lire et écrire et paver au nioins 40 fr. d'impôts directs. » V. le mot DÉPUTK, au Supplément.
ÉLECTI'VITÉ s. f. Qualité d'un magistrat électif.
* ÉLECTORAL, ALE adj. Qui est relatif au droit d'élire, ou aux élections. Se dit surtout en parlant de l'élection des députés : loi électorale. — Ce qui appartenait, ce qui était propre à un électeur de l'Empire : on, traitait l électcur d'Allesse électorale. — Collège élec- TOR.^L. (VoY. Collège.) — Pbince électoral, titre que l'on donnait au fils aine d'un électeur de l'Empire.
ÉLECTORAT s. m. Dignité d'électeurs de l'Empire : l'électorat était, danit l'Empire, la plus haute dignité après celle de l'Empereur et du roi des Romains. — L'étendue de pays à laquelle était attaché un titre d'électoral : dans tout l'étfctorat de Trêves.
ELECTRE, fille d'Agamemnon et de ClytemnP5ln\ d'après la lésende grecque. Les crimes de .-^a mère et d'Egisthe affligèrent sa jeunesse. Lorsque son frère Oreste fut devenu grand, elle le poussa à venger leur père, et elle fut sa complice dans le meurtre de Clytemneslre. Elle épousa Pvlade. — Les dramatiques circonstances de" sa vie ont fait le sujet de plusieurs tragédies : l'une de Sophocle, une autre d'Euripide et une de Crébilion.
ÉLECTRICIEN s. m. Physicien qui s'occupe particulii-renient de l'élude de l'électricité.
* ÉLECTRICITÉ s. f. (gr. électron, succin ou ambre jaune, parce que l'électricité a été
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contact entre eux, d'attirer d'abord et de repousser ensuite les corps légers, de lancer des étincelles et des aigrettes lumineuses, d'opérer certaines décompositions, et de faire éprouver des commotions plus ou moins fortes an système nerveux. On le dit également des fluides invisibles et impondérables que l'on suppose exister combinés dans tous les corps, et y devenir la cause ou plutôt les causes de ces'eft'ets, quand on parvient à les désunir -.la combinaison des deux électricités produit une explosion ; l'éclair et l'explosion de la foudre sont des phénomènes de l'électricité. — Enxycl. La science de l'électricité traite des phénonif>nes particuliers d'attraction et de répulsion produits par le frcittement ou par d'autres forces mécaniques appliquées aux corps; elle s'occupe en outre de certains eti'ets qui accompagnenlla décomposition chimique ou d'autres changements dans l'état- physique de la matière, ainsi que des phénomènes qui naissent du magnétisme. — L'électricité est un agent encore inconnu, qui ne se manifeste que par des phénomènes; nous ne savons pas quelle est sa nalure et l'on en est réduit à des hypothèses sur l'explication des faits déj.'i si nombreux que l'on a observés jusqu'à ce jour. On sait qu'elle peutexister à deux états distincts: 1" à l'état d'équilibre ou de repos; elle est alorsnommée électricité statiqite ou de tension; 2" à l'état de mouvement et elle prend le nom d\:lectricité dynamique ou voltaique. — Véhctricité atmosphérique est celle dont l'atmosphère est chargée. L'application de l'électricité au traitement des maladies se nomme étectrothrrapie. — 11 v a un siècle et demi tout au plus que la science de l'électricité statique a été créée par du Fav, c'est à peine si l'électricité dviiamique a bcgayé ses premiers mots, et déjà les électriciens ont fait produire des effets merveilleux à un fluide dont ils ne connaissent même pas encore exactemeni la nature. On a expliqué la cause de la foudre et l'on
Vue dune salle de l'Eipos.lioi.
d'abord reconnue dans cette substance). Phys. Propriété ({u'ont certains corps, lorsqu ils sont frottés, chauffés, ou seulement mis en
:'.ridté de 1881 (Palais de rindustrie, à Paris).
a découvert le moven d'en atténuer le danger. L'éclair éblouissant a été ali'aibli, adoun, rendu permanent ; il s'est plié, comme se
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plieront toutes les forces do la nature, à la volonté de la science; il illumine aujourd'hui nos monuments, nos places, nos grands ateliers. La foudre, assujettie à suivre un lil métallique, prête sa stupéfiante rapidité à la communication des idées, dans les télégraphes électriques (voy. Télégraphe); elle est même devenue le véhicule de la parole dans le téléphone (voy. ce mot). Si elle n'a pas encore mis complètement à notre service sa force incommensurable, dans nos machines électromotrices, c'est uniquement parce que nos moyens trop bornés ne nous ont pas permis de la soumettre entièrement et de la dompter d'une manière absolue. Les applications de l'électricité sont déjà très nombreuses : sonneries, boussoles, galvanomètres, horlogers électriques, ffalvanoplastie, électrothéra|diie, et une foule d'autres que l'on a pu admirer à l'exposition d'électricité de Paris, en 1881.
Électricité statique.
L'électricité statique est ordinairement développée par le frottement, quand on se propose de faire des expériences. Les autres sources de cette électricité sont très nombreuses : compression, percussion, cristallisation des corps, variation de température, réaclionschimiques,etc. Six siècles avant J.-C. Thaïes de Milet observa que l'ambre (gr. électron) acquiert la propriété d'attirer des corps légers, quand on le frotte avec de la soie. On s'aperçut plus tard que d'autres substances peuvent acquérir la même propriété ; mais l'on n'accorda que peu d'attention à ces phénomènes, peu importants en apparence. 'Vers la fin du xvi= siècle, le D' Gilbert, de Colchester (.Angleterre), fit à ce sujet les premières expériences que l'on puisse considérer comme scientifiques. En 1647, Otto de Guericke découvrit que les corps électrisés par frottement n'attirent pas seulement les corps légers, mais qu'ils peuvent aussi les repousser, lorsque par le contact, ils leur ont tr.insmis leur propriété I Icctrique. En 1742, Uesaguliers classa les corps en corps électriques(conducteursi et non-électrinon conducteurs), la science de l'éle( tiicité ne naquit pas icellementavant que l'aadémicien français du 1 ly (voy. DU Fay) eût lait connaître la théorie admise aujourd'hui de l'électricité (17.'H3); c'est à ce savant, bien moins connu que ceux qui vinrent après lui, que nous devons en réalité la plus grande partie de ce que nous savons sur l'électricité statique. — Théorie. Les corps se divisent en corps conducteurs 'et corps non-conducteurs de l'électricité; ou en corps électriques et corps nonélectriques. Les cerps mauvais conducteurs sont électriques (ou idioélectriques) , parce que l'électricité développée en l'un de leurs points par le frotlement, ne peut les quitter qu'avec lenteur et difficulté, ce qui permet de constater sa présence; tandis que les corps bons conducteurs sont non-éleetriques (ou anélectriquesj , parcs (jue si on les frotte, ils semblent ne pas s'élec- Iriser, l'électricité que l'on développe en eux
ques nidis
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les quittant instantanément et s'écbappant dans le sol ou dans Je corps de l'opératour. 11 suffit de les isoler au moyen d'un corps nonconducteur pour les voir s'électriser comme les premiers. Les mauvais conducteurs sont dits isolants. Les meilleurs conducteurs sont le? métaux, l'eau, la vapeur d'eau, le corps humain, le bois (surtout humide), le fil de lin, la paille. Les plus mauvais conducteurs sont le spath d'Irlande, la topaze blanche, le quartz, le verre, les résines solides, le soufre et la soie. Si nous suspendons une petite balle de moelle de sureau à un fil de soie, et si nous approchons de celte b.ille une baguette de verre, excitée par le frottement avec un morceau de soie ou une peau de chat, aussitôt la balle sera attirée vers la baguette de verre; mais dès qu'elle l'aura touchée, elle sera repoussée, et cette répulsion continuera aussi longtemps que la balle conservera sa charge de l'électricité transmise par la tige de verre. Mais si, avant qu'elle ail perdu cette charge, nous approchons de la balle, un bâton de cire à cacheter que nous avons excité, cette balle sera attirée ; et dés qu'elle aura touché le bâton de cire, elle sera repoussée. Pour exphquer ce phénomène, on a proposé différentes théorie^, dont la principale est celle de du Fay : ce savant imagina la théorie du double Uuide, l'un vitreux produit par le frottement du verre, l'autre, rcswioïx produit par le frottement de l'ambre, de la résine, etc. ; il découvrit que deux corps chargés d'électricité de même nom se repoussent, tandis qu'ils s'attirent quand l'électricité est coiitraire. Les |iartisansde la théorie du fluide unique de Fi'anklin ont change les noms de chacun des tliiides. H n'y a, selon eux, qu'un fluide; quand ce fluide reste à la surface d'un corps, ce\u\-c\ est e\c\lé positivement ; quand il passe à un autre corps, le premier est excité négativement ; d'où les termes électricité positive et électricité négative, employés à la place des expressions électricité vitreuse et électricité résineuse. Mais aujourd'hui, on esta peu près d'accord que du Fay avait raison, et si • l'on a conservé les fermes de la nomenclature
■ de Franklin, c'est bien pour désigner deux fluides distincts et non deux quantités, l'une positive et l'autre négative. Bien que la chose ne *it pas démontrée, on admet aujourd'hui l'existence de deux fluides qui, dans l'état de repos de la matière, sont supposés rester combinés et se neutraliser. L'électricité, qui peut être développée sur un corps, ne dépend pas
■ seulement de ce corps lui-même, mais aussi de la substance avec laquelle on le frotte; ainsi, le verre, qui donne presque toujours de l'électricité positive (vitreuse) par le frottement, s'électrise, au contraire, négativement quand on le frotte avec une peau de chat. Le genre d'électricité peut aussi dépendre de la
t surface et de la couleur du corps : si l'on i ' frotte l'un contre l'autre deux morceaux de 1 soie, l'une blaïu'he, l'autre noire, le premier r s'électrise positivement, le second négatif '■ vemenl. Quand deux corps sont frottés l'un ■■■ ■ contre l'autre, celui dont les particules sont ' ■ le moins dérangées est le plus disposé à recueillir l'électricité positive. Si un corps élec- ' trisé est porté près d'un corps non électrisô
■ isolé, celui-ci deviendra excité, et cela en deux conditions opposées. Si le premier de ces deux corps est électrisé positivement, l'électricité négative du second se portera du côté
■ où se trouve le corps excitant; son électricité positive se portera à l'extrémité opposée et il existera, dans la partie moyenne, une condition neutre; on dit alors que le second corps est électrisé par induction. On a donné plusieurs explications au sujet de l'induction; Faraday, qui s'est occupé de ce sujet en IS32,
■ est d'accord que l'action inductive a lieu à distance; il pense que les molécules du milieu non conducteur (milieu appelé diélectri' que, parce que l'action électrique se propage
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par lui) sont électrisées alternativement d'une manière positive et d'une manière négative. En résumé, tous les corps, solides, liquides ou gazeux sont chargés d'électricité. Tant qu'ils sont en repos, cette électricité reste neutre, c'est-à-dire qu'elle ne se manifeste par aucun phénomène; mais au moindre mouvement, frottement, chaleur, etc., les deux fluides, qui sont censés former l'électricité neutre et qui ont l'un pour l'autre um: grande répulsion, se séparent pour se porter chacun vers l'une des extrémités du corps. Si celui-ci est bon conducteur, comme les nuages, le corps humain, cette séparation est rapide et plus ou moins complète, et les fluides de nom contraire s'ao cumulent aux extrémités ou se perdent dans les corps voisins ; dès que le mouvement cesse, l'équilibre se rétablit instantanément, par la réunion des deux fluides. Dans 1rs corps mauvais conducteurs, au contraire, la séparation se fait difficilement; mais lorsque l'un des fluides a été développé en excès, le corps est électrisé pour quelque temps, pari:e que l'équilibre est lent à se rétablir. L'électricité en mou\'ement constitue ce que l'on appelle un courant électrique. — Déperdition DE l'électricité. Un corps électrisé perd peu à peu son électricité, bien que l'on ait eu soin de l'isoler (soit en le plaçant sur un tabouret à pieds de verre, soit par tout autre moyen), parce que l'air et l'isolant ne sont que );i((!(rn?s conducteurs et n'opposent pas une résistance absolue à la cii'culation de l'électricité dans leur masse. La déperdition est d'autant moins rapide que l'air est plus sec et que l'isolant est plus long ou plus épais. Un corps terminé en poinle ne peut garder l'électricité, parce que l'effort, que fait celle-ci pour rompre l'obstacle que l'air oppose à son expansion, croit en raison du degré de courbure des surfaces électrisées. L'électricilé fuit donc par les pointes; et ce phénomène explique l'action des paratonnerres. - Décharges ÉLECTRIQUES. Quaud uu corps électrisé est mis en présence d'un autre corps bon conducteur, l'influence du Uuide qui le charge attire vers lui l'électricité de nom contraire contenue dans le second corps. Cette électricité s'accumule au point le plus rapproché du corps électrisé. Quelquefois la résistance de l'air est vaincue et les deux électricités de nom contraire se réunissent, en produisant une détonation plus ou moins forte et en émettant la vive lumière nommée étincelle. Les décharges de l'électricité atmospliérique reçoivent le nom particulier de foudre; leur détonation est le tonnerre; leur lumière est l'éclair. — L'air sec s'oppose au passage du Uuide électrique; il y résiste d'autant moins qu'il est plus raréfié; mais dans le vide il n'y a plus de décharges. — La couleur de l'étincelle dépend du milieu qu'elle traverse. La durée de l'étincelle fut évaluée par Wheatstone, en 183.'i, à iTJs de seconde. — La rapidité de l'électricité dépend naturellement de la nature du corps conducteur. D'après Wheatstone, elle peut atteindre, sous des circonstances favorables, 443,000 kil. par seconde; elle est donc plus grande que celle de la lumière. Fizeau et Gounelle ont trouvé qu'elle est de 93,000 kil. par seconde le long d'un fil de fer et de 170,000 kil. le long d'un fil de cuivre. — Machines électriques, machines servantà produire de l'électricité statique. Vers 1647, Otto de Guericke obtint des étincelles en frottant une boule de soufre; quelques années plus tard, les physiciens (Newton, Boyle et autres) se servaient d'un morceau de verre. Leur appareil, d'une grande simplicité, ne fut pas perfectionné avant 1709, époque où Hawksbee employa un cylindre de verre. La main servait alors de frotteur. En 1741, Winkler imagina le coussin froUeur en crin de cheval rcvi. lu de soie. Vers la même époque, un autre philosophe allemand, Buze, inventa le conducttur (le conducteur de Boze était un cylindre
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d'étain;)! était isolé par un pied de verre). Ce fut en 1760 seulement que la machine électrique prit la forme que nous lui vovons aujourd'hui, parce que Kamsden remplaça le cylindre de verre par un plateau circulaire de la même substance. La machine de Ramsden (fig. 1) se compose de deux supports entre lesquels tourne verticalement le plateau, au moyen d'une manivelle flxée en son centre ;
Machine électrique de Ramsdoii
près des extrémités supérieure et inférieure de chacun de ces montants se trouvent les frotteurs, formés de diverses manières. Ce «îont ordinairement des coussins de crin ou de flanelle recouverts d'une peau flexible; la surface extérieure de celle-ci est garnie d'une légère couche de suif, saupoudrée d'or mussif finement pulvérisé. On peut aussi enduire la surface des coussins avec du bisulfure d'étain ou un amalgame mêlé de graisse; l'amalgame de Kienmier, qui est le plus employé, se compose d'une partie de zinc, d'une partie d'étain et de deux parties de mercure. Ces coussins pressent doucement la surface du plateau; ils sont en communication avec le sol au moyen d'une chaîne de métal qui s'attache au bas des supports et qui se prolonge par une barre métalliquejusqu'aux frotteurs. En avant de la roue de verre, et sur la table à laquelle sont fixés les supports, s'élèvent quatre pieds de verre enduits de gomme laque, sur lesquels reposent deux cylindres de cuivre creux : ces cylindres, isolés par les pieds de verre, constituent les conducteurs et en même temps les réservoirs de l'électricité positive. Ils sont munis, à chacune de leurs extrémités, de boules creuses en cuivre. Les deux boules, qui se trouvent du côté de la roue de verre, portent chacune une tige de cuivre recourbée en fer à cheval^ embrassant le filaleau et garnies intérieurement de pointes mélalliques dirigées vers la surface du verre : ce sont les mâchoires du conducteur. Les deux autres extrémités des conducteurs sont reliées entre elles par une tige de cuivre en forme de T. Quand on tourne le plateau, le frottement des coussins détruit l'équilibre des deux fluides : l'électricité positive s'accumule à la surface du verre, l'électricité négative passe par les coussins et se rend dans le sol par la chaîne de métal. L'électricité positive du plateau repousse l'électricité d* même nom et attire l'électricité négative des conducteurs : celle-ci s'écoule par les pointes, neutralise le plateauetlui permet de reprendre une nouvelle charge en repassant entre les coussins. L'électrieitépositive s'accumule donc continuellement a l'extrémité du conducteur opposée au plaleau. La petite tige métallique qui surmonte la lige en T donne une étincelle, dès qu'on approche de la petite boule, qui la surmonte, un corps contenant de l'électricité négative. 11 existe plusieurs autres types de machines électriques. La machine de Psairne permet de recueillir les deux électricités, ainsi que celle de Van Marum (1785).
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obtient aussi de l'électricité au moyen de l'électrophore. La machine hydro-électrique d'Armstronir (IS40! et la machine à induction de Hollz (ISe'i) sont considérées comme supérieures il toules les autres; la dernière fournil les deux électricités à la fois et en très grande quantité. ^Condensation de l'électricité. Pour accumuler l'électricité en quantité très considérable, un physicien de Leyde, nommé Kleist, imagina, en 1745, la bouteille dite de Leyde. Celte bouteille se compose d'un flacon de verre à parois minces dont la surface extérieure est recouverte, jusqu'à une certaine distance du col, d'une' feuille d'étain nommée armature externe. L'intérieur est empli de feuilles de clinquant froissées et légèrement tassées : c'est l'armature interne. Le flacon est fermé par un bouchon de liège que traverse une lise de cuivre. Celte tige plonge dans du clinquant et forme la continualion de l'ai mature interne: à l'extérieur du flacon, elle se courbe en crochet et se termine par une boule de cuivre. Pour charger la bouteille, on met le ci-ochet en contact avec le conducteur d'une machine électrique et on fait communiquer l'armature extérieure avec le sol (ordinairement en la tenant à la main). Les deux
it'^. . IVicuiiicnt d iiiio culte au luujcn d'une bouteille de Leyde.
électricités, séparées par le verre, ne peuvent se réunir; mais elles s'attirent par influence à travers ce corps non-conducteur; et l'armature interne se charge d'une quantité beaucoup plus grande qu'elle ne le ferait si elle était seule. On peut alors oblenir des étincelles d'une grande puissance. Prenons, par exemple, une carte ou un morceau de carton; plaçons cet objet entre deux pointes, comme le nionlre notre figure 2. La pointe inférieure est en communication avec l'armature extérieure, au moyen d'une chaîne métallique. Portons la boule, qui termine la tige de la bouteille de Leyde, près delà boule qui termine la pointe supérieure. Aussitôt, les deux électricités (positive et négative) se réunissant instantanément entre les deux pointes, perceront le carton ou la carte. Les effets physiologiques de l'étincelle électrique sont
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toujours sous forme de courants. Le développement du magnétisme par les courants électriques reçoit le nom d' électro-magnétisme: celui des courants électriques par le magnétisme se nomme magnéto-électricité ; et celui de l'électricité par la chaleur est appelé thermo-électricité. Nous ne nous occuperons ici que de l'induction raagnéto-éleclrique : on trouvera les articles d'éleclro-magnélisme et de thermo-électricité à leur place alphabétique. — Des courants. L'électricité qui circule dans un conducteur forme un courant. Les courants atmosphériques, qui s'établissent surtout au momentdes orages, sont naturels: on obtient artiflciellement (les courants électriques au moyen des piles de Yolta, de Daniel, de Bunsen, etc. A notre article Galva- NisMK, nous nous occuperons de ces piles. — La nature des courants électriques n'est pas mieux connue que celle de l'électricité; les elfets qu'ils produisent se manifestent par une foule de phénomènes : chaleur (voy. Electrothermie), lumière (voy. plus bas, notre paragraphe sur la lumière électrique), altraclion. répulsion, etïets chimiques (Electrochiiiie); elfets physiologiques (Electrotiiérapie); les courants électriques le Ion;; d'un fil de métal sont employés dans la télégraphie (Voy. Télé-
GRAPUE électrique). — De l'iNDUCTION. C'cst
(Ersted qui, le premier, en 4819. jeta le fondement delà science électro-magnétique que l'illustre Ampère devait développer; mais c'est à Faratlay que l'on doit les premières études au sujet du magnétisme sur les courants électriques (magnéto-électricité). En 1831, Faraday s'aperçut qu'un fil, parcouru par un courant électrique et approché brusquement d'un autre fit à l'état naturel, développe dans ce dernier un courant d'électricité instantané, appelé courant induit et révélé par un galvanomètre ou simplement par une boussole ordinaire. — Théorie. Une grande puissance magnétique est développée en faisant passer un courant électrique autour d'une barre de fer doux; et puisque, dans tous les cas, une action mécanique est accompagnée d'une réaction égale, il est raisonnable de penser qu'il faut que l'électricité soit développée par le magnétisme. En 1831, Faraday réussit à produire des courants d'électricité dans un fil de fer au moyen d'une réaction magnétique. D'après la théorie d'Ampère, toutes les propriétés mécaniques d'un aimant ordinaire peuvent être produites par des courants d'électricité, transmis à travers des conducteurs en spirales. Dans le but de présenter les phénomènes de cette classe sous la forme la plus simple, nous commencerons par établir les faits fondamentaux de ce qui est appelé induction électro-dynamique ou électricité induite par un courant galvanique. ■ — l" Etendons horizontalenirnt en ligne droite un til de cuivre, dont nous mettons les deux extrémités en relation avec un galvanomèlie, de façon à former un circuit dans lequel on peut produire un courant. Ayons maintenant un autre fil qui soit en communication avec une batterie galvanique; plaçons-le parallèlement au premier et faisons passer dans ce fil un courant électrique. Si le fll transmettant le
courant de la batterie est porté soudain près
Sonc semblables à ceux de la foudre. La dé- * J" ''^^l"' est en relation avec le galvome rc,
un courant de 1 électricité naturelle de ce dernier fil passera à travers le galvomètre dans une direction inverse au sens du courant inducteur. — 2° Le courant induit continue
charge d'une petite bouteille de Leyde détermine sur l'homme une commotion qui se fait sentir jusque dans le bras. — La réunion de plusieurs bouteilles de Leyde foi me ce que l'on appelle une batterie électrique. (Voy. Batterie.) La décharge d'une batterie est très puissante et peut produire la mort comme le ferait la foudre.
Électricité dynamique.
L'électricité dynamique peut être développée
fiar une action chimique, parla chaleur, par e magnétisme ou par d'autres forces. Quelle que soit la cause qui la produit, elle circule
seulement pendant le mouvement du courant inducteur. Quand celui-ci s'arrête, le courant induit cesse; et quand le courant de la batterie reste stationnaire et continue d'être le même, tant pour la quantité que pour l'intensité, il ne se produit aucun ellet appréciable dans le fil contigu. — 3" Quand le courant inducteur est subitement éloigné du premier fil, on observe qu'un courant passe à travers le galvanomètre dans une direction,
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opposée à celle du premier courant induit ou dans la même direction que le courant de la batterie. — 4° Plaçons parallèlement ell 'un près de l'autre les deux fils, pendant que le circuit du courant de la batterie est interrompu. Si, dans ces conditions, le courant de la batterie est établi tout à coup à travers le conducteur inducteur, un courant induit passera à travers le galvanomètre, dans une direction inverse de celle du courant do la batterie; ou, en d'autres termes, l'eflét sera le même que celui qui est produit en approchant le courant de la batterie du fil inducteur, comme il a été dit dans le premiercas.— -ïo Pendant la continuation du courant de la batterie, courant d'une force et d'une intensité non altérée, on ne perçoit aucun trouble de l'électricité naturelle du fil contigu; mais au moment où le courant de la batterie s'arrête par une rupture du circuit, un courant passe à travers le galvanomètre dans la même direction que celle du courant de la batterie. Tous ces phénomènes sont d'accord avec les hypothèses : que pendant la transmission d'un courant d'électricité dans un fil, il y a de tous côtés dans l'espace une action induclive qui diminue selon la distance et qui trouble l'électricité naturelle de toute matière conductrice soumise à son influence; que tant que le conducteur reste sous cette influence, il existe un équilibre irrégulier; et que, lorsque le conducteur est soustrait à cette influence, l'équilibre se rétablit par un mouvement opposé. — D'après la théorie d'Ampère, le magnétisme consiste en courants d'électricité qui tournent à angles droits dans le sens de la longueur de la barre magnétisée; des résultats analogues doivent être produits par le magnétisme, et pour le prouver, au lieu d'un courant de batterie, on emploierait une barre magnétisée formant angle droit avec le fil uni au galvanomètre. — d . Si la barre est tout à coup abaissée sur le fil, perpendiculairementasa longueur, legalvanométreindiquera un courant en sens opposé à la direction du courant hypothétique du côté inférieur de l'aimant. Si le fil est dans la direction E. et 0. tt si l'aimant qui le traverse a son pôle N. dirigé vers le nord, le courant, dans le côté inférieur de l'aimant, irade l'E. à l'O , tandis que le courant induit sera dans une direction opposée, c'est-à-dire de l'O. à l'E. — 2. Quand le mouvement de l'aimant vers le fil est arrêté, le courant induit cesse et il n'y a plus aucun signe d'électricité tant que l'aimant reste en repos. — 3. Quand l'aimant est brusquement enlevé de sa proximité avec le fil, le galvanomètre indique un courant dans la direction opposée à celle du premier, c'està-dire dans la même direction que le courant dans le côté inférieur de l'aimant. — 4. Quand une barre de fer doux est placée à angles droits entravers du fll et quand on la magnétise soudain, soit par un courant galvanique, soit en taisant toucher ses extrémités aux pôles d'un aimant en fer à cheval, un courant momentané se produit dans le fil, dans une direction opposée à celle des courants hypothétiques du côté le plus rapproché de l'aimant. — 5. Aussi longtemps que la barre de fer doux reste en repos et que son magnétisme ne supporte aucun changement, le galvanomètre n'indique pas de courant; mais aussitôt que la barre cesse d'être magnétisée, un courant inverse s'établit. — Les deux séries de résultais dont il vient d'être question, sont absolument analogues; les seconds ne liiliérant des premiers qu'en ce que les courants hypothétiques de l'aimant sont substitués au courant réel de la batterie. — Courants DE différents ORDRES. Un coufau t iuduit peut, par l'action d'un troisième conducteur, Ijroduire un autre courant, celui-ci un autre, et ainsi de suite. Si nous nommons le courant de la batterie un courant du premier ordre, le premier courant induit sera un courant du
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second ordre, et ainsi de suite. La découverte de ce principe est due au prof. Henry, qui a fait de grandes recherches sur les propriétés des courants de diU'érents ordres. Pour obtenir des courants des divers ordres plus élevés, il emploie un nombre de bobines aplaties, à travers l'une desijuelles, placée horizontalement sur une table, le courant est transmis par la batterie. Immédiatement au-dessus de cette bobine et séparée d'elle par un espace libre ou par une lame de verre, se trouve une seconde bobine plate; lesextrémités de celleci sont en relation avec une 3"' bobine, placée à une distance qui la mot entièrement hors de l'influence du courant de la batterie. Plaçant une i' bobine sur la 3= (en ayant soin de les séparer comme précédemment par une lame de verre), et en joignant les extrémités de cette 4" bobine avec celles d'une D°, etc., on produit une série de courants successifs. — Courants induits provenant de DÉcuARGEs d'électricitiî onDiNAiRb;. Quaud une décharge d'une bouteille de Leyde est transmise à deux conducteurs en spirale, séparés par une plaque de verre, il se produit, avec une grande intensité, des courants induits analogues à ceux dont il a déjà été question, et, sous des circonstances favorables, les etl'ets de ces courants se manifestent à de grandes distances. Le prof. Henry réussit à magnétiser des aiguilles avec des courants induits, à la distance de plusieurs centaines de mètres, en étendant deux longs fils parallèles et en faisant transmettre à l'un d'eux une décharge d'une bouteille de Leyde. Il obtint aussi des eÛ'ets inductifs de la même espèce des décharges d'un nuage chargé d'électricité, à une distance de plusieurs kil. — Bobines d'induction. Tousles effets que nous avons décrits sont produits avec beaucoup plus d'intensité quand, au lieu d'employer des fils étendus parallèlement les uns aux autres, on a des tils enroulés en spiralesplates ou cylindriques. Une importante série d'investigations a été faite par le prof. Henry, de Princeton (Etats- Unis), aujourd'hui secrétaire de l'inslituliun smithsonicnne à Washington. Il découvrit qu'au commencement et à la fin d'un courant galvanique, dans un lil très long, il se produit un courant induit par une action que l'on ap|ielle l'inducLion d'un courant sur luimême. Pour expliquer cette action, fermons le circuit d'une petite batterie d'un seul élément par un UÎ d'environ 3o centim., plongeant dans une coupe de mercure. Quand le circuit est interrompu, on n'observe aucune étincelle, ou l'on n'aperçoit que de faibles étincelles; mais si à la place de ce fil de fer, nous en employons un autre long de 35 m. et d'une grande éjuiisseur, nous apercevons, dès que le circuit sera interrompu, une étincelle éclatante. Pour obtenir ce résultat d'une manière plus frappante, on doit employer un ruban de cuivre ayant au moins 3 centim. de large et 3a m. de long, bien couvert de deux épaisseurs de soie et roulé en spirale aplatie. Mais pour produire l'appareil inductif le plus puissant, on prend un faisceau de fils de fer vernis, longs d'environ 40 centim. et ayant ensemble un diamètre d'environ 2 centim. et demi. On enroule autour ■ de ce faisceau un épais fil de cuivre bien couvert de soie et long de 1U0 à iib m. Autour de ce (il, mais séparé de lui par un cylindre de verre ou de carton que l'on a trempé dans de la laque en écailles, est enroulé un fil de cuivre très menu, long de 6 ou 7 kil. formant des spires bien isolées les unes des autres. Quand un courant de galvanisme provenant d'une batterie (même d'un simple élément) est transmis par l'épais lil de cuivre qui entoure le faisceau intérieur de fils de fer, ce faisceau devient magnélique; et au moment où la rupture est faite dans le courant de la batterie, une cessation soudaine du magnéti&me, aussi bleu que du courant lui-même,
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induit un courant d'une grande intensité, quoique en petite quantité, dans le fil de 1er extérieur. Le D' Page fut le premier qui mventa un appareil do ce genre, appareil par lequel la rupture du courant de la batterie était rendue automatique. Sa machine fut plus tard agrandie et perfectionnée par Ruhmkorif, de Paris, et ensuite par E.-S. Ritchie, de Boston. Aujourd'hui ces machines, d'une grande puissance, sont mues au moyen de la vapeur et capables de remplacer les plus puissantes batteries électriques : on les emploie pour l'i!clairage électrique, pour la galvanoplastie, etc. — Dans les premières bobines d'induction, on enroulait les fils autour d'un cylindredebois, maison fortifie grandemenlle courant induit en pl.içant dans ce cylindre de bois une série de liges do fer doux. Sous f'influence du courant inducteur, le fer doux s'aimante et ajoute son action. à ce Ile du courant luimême. — Lclildanslequel le courant est lancé reçoit le nom de/l/ inducteur; celui dans lequel on recueille les courants produits est le;îh'H(i!(ii. — En 1832, la machine magnéto-électrique, imaginée par Faraday, fut construite pour fa première fois par Pixii à Paris et en 1833 par Saxton à Londres. — Bodink dk Ruhmkorff. En 1831 , un ouvrier mécanicien, devenu constructeur d'appareils, M. Ruliinkorlf, imagina sa première bobine, qu'il développa et agrandit dans la suite et qui obtint, en 18oo, un prix de 50,000 fr. institué pour récompenser le savant ayant trouvé la machine électrique la plus puissante et la plus utile. Sa bobine, dont nous avons donné une succincte description à notre article Bobine, est une simple bobine d'induction munie d'un condensateur F izeaic, formé do deux lames d'ôlain collées sur les deux faces d'une feuille de taffetas, de telle sorte que les métaux ne se touchent pas entre eux; chacune de ces lames communique avec l'une des extrémités du fil inducteur; celte disposition augmente considérablement les efi'ets de la machine. Les courants induits ne pouvant être obtenus que par une interruption des courants inducteurs, la bobine est munie d'une pièce particulière, nommée interrupteur et analogue à la sonnerie tremblante en usage dans la télégraphie. Foucault a augmenté la puissance de cet appareil, en imaginant un interrupteur à mercure qui interrompt très brusquement le courant. On altèle ordinairement à la bobine une pile de 15 à âO éléments de liunsen, et le courant fourni par cette pile est inducteur. — Les effets produits par cet appareil sont d'une puissance extraordinaire. Avec un fil induit de 100 kil., on obtient des étincelles longues de 50 centim. dans l'air et de 10 m. dans des tubes à gaz raréfié. Ces étincelles ont l'énergie de la foudre; elles sont bruyantes et lumineuses; elles dégagent une odeur sulfureuse ; c'est l'éclair et le tonnerre. Avec une bobine, on charge rapidement une bouteille de Leyde; cet appareil a été employé surtout dans les fourneaux de mine. — Macuinb de l'Alliance. Les machines maguéto-élecliiques de Pixii (f832)etde Glarke, ayant produit des efi'ets relativement considérabies, on pensa à fes employer comme générateurs économiques de l'électricité, en agrandissant leurs dimensions et en leur appliquant un moteur à vapeur, pour arriver par ces moyens à réduire la dépense coûteuse de l'électricité et à obtenir des courants plus constants. En 1849, M. Nollet, se basant sur ces données, construisit une machine de Clarke sur une grande échelle, machine qui prit le nom de maehine de l'Alliance. H mourut malheureusement peu après; mais son œuvre fut continuée par une compagnie qui, sous le nom de l'Alliance, installa (1855), à côté de l'hôtel des Invalides, les premières grandes machines niagnélo-électriques connues en Europe. En IS.jô, la compagnie liquida : elle fut, quelque temps après, réorganisée sous la direeliou de M. Berlioi el
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de nombreux perfectionnements furent apportés au matériel. M. Van Malderen arriva à faire servir ces machines à l'éclairage des phares et à l'illaininalion de la marche des navires. La marhine de l'Alliance se compose de 1(i bobines rangées sur une roue en bronze sur laquelle elles sont maintenues par ^ des colliers q^ui les assujettissent fortement. Le tout, qui se nomme disque ou rouleau, tourne entre deux rangées d'aimants en fer à cheval : chaque rangée contient 8 aimants présentant 16 pôles.. Il y a par conséquent autant de pôles que de bobines, et quand l'une d'elles se trouve en face d'un pôle, les quinze autres doivent être dans la même position. — Machine de Wilde. En 1865, M. 'Wilde pensa que, comme le fer doux, en raison de sa grande conduclibililé magnétique, était susceptible d'une aimantation maxima beaucoup plus considérable que l'acier trempé, on pourrait avoir avantage à se servir pour organes inducteurs des électro-aimants au lieu d'aimaiils, et qu'on pourrait employer pourles aimanter une petite machine magnéto-électrique, fonctionnant sous la même influence que fa machine d'induction. Il fui ainsi conduit à inventer la machine qui porle son nom et qui fut le point de départ de toutes celles qui, depuis, ont été appelées dynamoélectriques. — Machine de Ladd. Dans la machine imaginée par Ladd, en 1867, on a appliqué un principe établi, peu de temps auparavant, par Siemens et Wheatstone. Deux bobines plaies horizontales BR' représentent l'inducteur elles bobines induites sont disposées
aux deux extrémitées, en a a', entre deux bâtis de fer, composés de deux parties formant les appendices polaires des noyaux magnétiques BU'. L'une de ces bobines, a', plus petite que l'autre, est destinée à alimenter l'électro-aimanl inducteur, et l'autre fournit le courant de lumière. Ces courants sont d'ailleurs recueillis au moyen de trotteurs que l'on voit sur la figure eu avant des bâtis. L'armature a' (appelée armature Siemens) réunit fes courants et élève le magnétisme originel des bobines à un haut degré d'intensité. — La machine de Gramme, qui est actuellement la plus répandue de toutes les machines dynamo-électriques, a subi de si nombreuses transformations qu'il est impossible dans un résumé de décrire tous les modèles que l'on emploie aujourd'hui. iNous parlerons seulement de l'appareil le plus généralement employé. Cet appareil se compose d'un anneau de fer autour duquel ou enroule transversalement une hélice qui se divise en sections différentes. Ces sections se combinent comme les éléments d'une pile et l'on peut faire réagir sur l'anneau les deux pôles d'un inducteur électro-magnétique puissant. Cette combinaison permet d'éviter les inversions et le commutateur. Plus tard, M. Gramme imagina un système de machine pour fournir des courants alternativement renversés et permettre de diviser l'action entre plusieurs circuits distincts. C'est ce dispositit qui a servi pour actionner les bougies Jablochkoti de l'avenue de l'Opéra. — Machine de Siemens. Elle est fondée à peu près sur le même
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principe que celle de Gramme. Une bobine cylindrique, destinée à recevoir l'induction, est constituée par un cylindre de cuivre, sur lequel sont enroulés quatre hélices juxtaposées. M. Siemens a de plu-; imaginé une machine magnéto-électrique, munie de faisceaux de barreaux aimantés et d'un conimutaleur à quatre frotteurs.
Lumière électrique.
Eclair. On donne le nom particulier d'éclair à la lumière instantanée, qui est produite par la décharge de l'électricité atmosphérique, soit entre deux nuages, soit entre un nuage et la terre, et qui est ordinairement accompagnée par le bruit appelé tonnerre. Les éclairs affectent plusieurs formes ; ils sont fourchus, en zigzag, en boule ou en nappe. L'éclair en zigzag est produit par la décharge d'une grande quantité d'électricité, ayant à traverser un milieu résistant et se dirigeant dans les sens divers où elle est moins comprimée. Des expériences ont démontré que plus l'air est raréfié, toutes choses restant égales, mieux il livre passage au courant électrique, excepté quand le vide est complet ou presque complet; plus l'air est comprimé, plus il offre de résistance au courant; ce qui donne bien la cause des éclairs en zigzag. — L'éclair en boule se forme au moment d'une décharge extrêmement intense. M. Boutigny (d'Evreux) propose de rayer ce météore du nombre des éclairs, parce que les boules de feu ressemblent à une agglomération de substances pondérables, fortement imprégnées de la matière de la foudre; ce sont, selon lui, des foudres sphéroidales. — L'éclair eu nappe a l'apparence d'une lueur difluse, éclairant quelquefois le bord et souvent toute la surface des nuages. 11 est ordinairement l'eû'el d'un éclair en zigzag très éloigné, qui nous envoie sa lumière à travers une grande épaisseur de nuages, ce qui lui donne son aspect diffus. Cet éclair peut aussi résulter de la dispersion de l'éleclricilé, comme on en a un exemple, lorsqu'on décharge une machine électrique sur la surface mouillée d'un morceau de verre.
— Les anciens ignoraient complètement la nature des éclairs; les premiers électriciens ne soupçonnaient même pas l'identité de l'éclairetde l'électricité. En 1746, l'abbé Nollet fut frappé de la ressemblance qui existe entre les eflels produits par un coup de tonnerre et ceux provenant de la décharge d'une machine électrique : Franklin démontra cette ressemblance d'une manière encore plus évidente, en conduisant l'éclair à la terre, dans son expérience bien connue du cerf-volant électrique, à Philadelphie. En France, Dalibard, agissant d'après les instructions de Franckliu, obtint dans le jardin de Marly, le 10 mai 17b2, des étincelles électriques d'une tige de métal haute de lo m. et chargea des bouteilles de Leyde en tirant l'électricité de la môme source. L'année suivante, le professeur Richman, de Saint-Pétersbourg, fut tué en faisant des e,xpériences du même genre. La condition électrique de l'atmosphèi'e, au moment d'un orage mêlé de tonnerre, ayant été établie, les onservalions de Cavallo, de Read, de de Saussure el de plusieurs autres, montrèrent que l'almosplière est presque toujours chargée d'eleclncilé positive en rapport avec la surface de la terre el que plus les couches d'air sont élevées, plus leur condition électrique est incontestablement positivi;. L'électricité atmosphérique e;l développée par l'évaporalion et par des courants de vent passant l'un sur l'autre ou se heurtant à des obstacles. La descente des gouttes de
Flujc développe de i'électncite négative dans air; ou observe le mèuie ellcl dans le voisinage des chutes d eau, l'air, a plus de 30 m. àla ronde, étant chargé d'éleclriciti négative.
— KCLAIBAGE tLECTIHyLlî. Oll CÙl baUS duule
étonné Franklin en lui prédisant que, moins d'un siècle après ses expériences, les savants trouveraient moyen de fixer l'éclair, de le rendre durable et d'en modérer l'intensité lumineuse, au point de le faire devenir inoffensif pour les yeux des hommes. — En 1807, le chimiste anglais Humphry Davy découvrit que si l'on se sert de pointes de charbon de bois comme pôles terminaux d'une pile voltaïque en activité, on obtient une puissante lumière, par suite de la résistance que le charbon oppose au passage du courant. Il donna à celte lumière le nom d'itrc voltaïque. Celte expérience resta à l'état de curiosité scientifique jusqu'au jour où Léon Foucault eut indiqué, en 184i, un corps plus résistantque le chai'bon de bois, qui, étant essenliellement combustible, donne une lumière de quelques instants à peine. Le corps employé par Foucault est le charbon que l'on retire des cornues ayant longtemps servi à distiller la houille pour la préparation du gaz d'éclairage. En faisant usage de la pile de Bunsen récemment inventée, Foucault disposa d'une source constante et puissante d'électricité. Le charbon de cornue de gaz brûlant à l'air, quoique dans une petite proportion, il était forcé de rapprocher avec la main, les deux pointes de charbon à mesure qu'elles s'usaient par la combustion. Cet appareil primitif fut appliqué, en décembre ISii, à l'illuraination de la place de la Concorde; il était actionné par lui) éléments de Bunsen; l'expérience fut concluante : l'éclairage électrique était découvert; il n'y avait plus qu'à perfectionner la machine de Foucault. Cet inventeur imagina, eu 1848, un régulateur qui, au moyen d'un ressort, rapprochait les deux pointes de charbon, à mesure qu'elles s'usaient. (Voy. plus loin la description de cet appareil.) Pour rendre plus pratique l'applicalion de cette découverte, les diflicullés pouvaient sembler insurmontables, à cause de l'usure (et surtout de l'usure inégale) des charbons : l'électrode positif brûlant plus vile que l'électrode négatif. 11 se forme sur chacun des charbons, des globules liquides incandescents, qui passent d'un électrode à l'autre et détruisent la lixilé el la constance du point lumineux. Pour combattre ces inconvénients, on imagina dilférents systèmes dont nous donnons plus loin la description. Mais, en réalité, les applications industrielles de l'éclairage électrique, ne sont devenus économiques que depuis 1 invention de la machine Gramme. — Voici quelques-unes des dates principales qui fout époque dans l'histoire de l'éclairage par l'élecUieilé. En 18.^8, les travaux du nouveau pont de Westminster furent illuminés par la lumière électrique de Watsou. — En \Siii, M. Serrin, de Paris, exposa sa iaïupe électrique perfectionnée. — En 1858-'», la lumière magiiélo-éleotrique (la plus brillante lumière arliticielle qui eût été produite), inventée par le professeur Holmes, fut appliquée avec succès au phare de Soulh Foreland (Douvres). — EnavriH86l, le gouvernement français ordonna que huit phares seraient éclairés par la lumière électrique. — Tout le monde se rappelle avec quel succès les Français enfermés dans Paris se servirent de la lumière électrique pendant le siège de 1»7U-'71, pour éclairer les travaux nocturnes des Allemands. En octobre 187U, PaulJablochkoli inventa la bougie électrique (un courant électrique passant entre deux charbons cûle à cOle avec une couche de kaolin entre eux, produit une lumière constante, douce el calme; les charbons brûlent comme la cire), celle invention fut présentée a l'Académie des sciences de Paris par .M. Deuayrouze. — Au magasin du Louvre, huit lumières électriques remplacent 100 becs de gaz, depuis le lojuiu t877.Aucomraeiicemenl de l'année suivante, l'Upera, le Fiyaro, les magasins du Pont-.Ncui. la gare du chemin de fer de Lyon inaugurèrent ce nouveau
genre d'éclairage qui fut, quelques mois plus tard, adopté pour le théâtre de la Gaîlé el pour l'exposition universelle. En juillet 1878, les lumières de Serrin et de Jabloi'hkoff furent perfectionnées par le Russe Rapielî. — La lumière électrique est produite avec le concours de plusieurs organes : 1° générateurs d'électricité, piles ou machines magnéto et dynamo-électriques; 2» conducteurs reliant ces appareils aux brûleurs (lampes ou bougies); 3° charbons remplacés, dans quelques cas spéciaux par des fils de platine. — La lumière électrique peut servir à V éclairage permanent, comme un voit sur la place publique, dans les ateliers, dans les magasins, etc. : elle peut fournir un éclairage intermittent, comme dans les phares, sur les théâtres, pour la télégraphie optique. Sa valeur, principalement quand il s'agit de phares, dépend non seulement de la puissance développée par les machines électriques, mais aussi des projecteurs paraboliques ou lenticulaires qui accompagnent les brûleurs. — Le seul reproche réel quel'on puisse adresser à la lumière électrique est d'être trop vive et de fatiguer les organes de la vision. Pour combattre ce grave inconvénient, on a tour à tour essayé des verres dépolis ou légèrement colorés, de la dilîusion de la lumière, reçue par de grands réflecteurs qui la renvoient ensuite plus ou moins atténuée, etc. Mais tous ces modes de faire présentent le grave inconvénienlde diminuer, dans une assez large proportion, la quantité de lumière produite. On a dû songer à d'autres moyens, et l'on est parvenu, à l'aide de substances d'une légèreté et d'une ténuité excessives, à tempérer, sans une trop grande déperdition de lumière, ce vif éclat si fatigant pour l'œil. La substance que l'on a mise en usage est le fil de verre (Voy. Verre). On interpose celte substance entre le foyer électrique et le globe de verre non dépoli, et le fll tamise le trop vif éclat de la lumière produite. La déperdition n'est que de 23 p. '100, carie fil de verre, après s'être laissé traverser par la lumière, l'absorbe, s'illumine par elle, puîslînalenienl, la restitue en grande partie. — On peut diviser les appareils éclairants en deux grands groupes. A. Appareils a ARC voLTAÏyuE, ccux qui possèdent deux charbons entre lesquels jaillit une flamme légèrement convexe et éblouissante; ce senties seuls que l'on ail employés dans l'industrie. On les subdivise en deux sections : les lampes ou >•«'gulateurs, qui ont leurs charbons superposés, et les bougies, dans lesquelles ces charbons soni parallèles. — Lorsqu'un seul appareil est interposé dans un circuit, le régulateur est monophote, et alors ses charbons peuvent être mus par des ressorts, comme dans les appareils de Foucault el Duboscq; ou bien le charbon positif pcutservir de moleur par son propre poids, et le réglage a généralement lieu par un électro-aimant, comme dans les lampes Burgin, Cance, Carré, Chertemps, Cromplon, Jaspar, .Maxin, Siemens, Serrin. — Lorsque deux ou plusieurs appareils peuvent être interposés dans un même circuit le régulateur est dit à division ou polyphote. 11 y a : les régulateurs différentiels, comme les lam[)e3 Bruschel, Weslon, Crompton, Gravier et lierjot, Shuckert, Siemens (lampe dilférentielle). Tchikololl, etc.; les régulateurs à dérivation, tels que ceux de Gérard, de Lonlin, el de Mersanne, qu'alimentent des macliiiies à courants alternatifs, el ceux de Gramme et Cromplon, qui utilisent des appareils à courants continus; enfin les régulateurs à écart fixe, comme la lampe Brokie. — Les bougies présentent peu de différence entre efles. Elles sont presque foules alimentées par des machines a courants alternatifs qui produisent l'usure régulière des charbons, ceux-ci devenant allernativeœenl el régulièrement électrodes positifs el électrodes négatifs. iNeannioins, cites peuvent constituer des appareils à arc voltaïque ^lorsque les charbons ne sont
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séparés par aucun corps étranger, comme dans les bougies Drlu'uii, Jamin ou Wilde. Dans la hnii£rie JahliiclikotT, le colombin en pUUre et sulfate (le baiyto, qui sépare les crayons, roiilribue pour sa part à l'éclat de la lumière. De tous ces appareils à arc voltaïque, ceux qui divisent le plus le courant des machines sont les bougies. M. Jamin est arrivé à placer soixante foyers sur une machine Gramme auto-excitatrice, combinée pour actionner huit bougies. En général, la lumière produite par les bougies est chaneeanle et impropre à un éclairage où la fixité est nécessaire. — A côté des régulateurs polyphotes, se placent les litmpes soleil, constituées par deux charbons obliques qui traversent un bloc de chaux, porté k l'incandescence parle passage du courant. La lumière de ces lampes est jaunâtre et très éclairante. — RÉGULATEUR FoUCAULT ET DUDOSCQ.
Dans le modèle primitif (1 844) de la lampe à arc voltaïque, M. Léon Foucault était obligé de rapprocher les deux charbons avec la main, au fur
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Dubûscq.
et à mesure qu'ils s'usaient. Il fallait donc obtenir ce rapprochement d'une manière automatique ; c'est ainsi qu'il fut amené à construire son régulateur qui est encore aujourd'hui d'un usage assez fréquent. Imaginé en 184S, il fut perfectionné et simplifié par M. Jules Duboscq, opticien, à qui M. Foucault en avait confié la construction. Après de nouveaux perfectionnements, il prit la forme représentée dans la figure ci-contre. Un mouvement d'horlogerie, contenu dans une boîte métallique, met en mouvement une double roue, cachée par le bouton que l'on voit dans le haut de la partie gauche de la boite. Cette rouel est disposée de telle façon que la crémaillère qui porte le charbon inférieur parcoure un chemin double de celle qui porte le charbon supérieur ; cette disposition remédie
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à l'usure inégale des deux crayons. L'éleclroaimant a pour but d'agir sur le mécanisme d'horlogerie, pour régulariser l'intensité du courant. Un ressort anlasoniste paralyse l'action attractive de l'éleotro-aimant ; une vis de rappel règle elle-même l'action du ressort. Lorsque les charbons se trouvent à la distance voulue, l'armature de l'électro-aimant se trouve équilibrée de façon à ce qu'il ne se produise aucun mouvement soit de recul, soit d'approche. Si le courant est trop fort, il y a recul ; s'il est trop faible, il y a rapprochement. Le mouvement d'oscillation se communique au levier fixé à l'armature de l'électro-aimant ; ce levier, au moyen d'un échappement à ancre adapté à sa partie supérieure, embraye ou débraye le mouvement d'horlogerie, qui éloigne ou rapproche les deux charbons. Dans le nouveau modèle, une disposition spéciale permet d'obtenir un mouvement égal des deux charbons, dans le cas où l'on emploie une machine magnéto-électrique. On peut aussi indlU'éremment mettre le pôle positif en communication avec le charbon supérieur ou le charbon inférieur. — Système Jablochkoff. Voulant supprimer toute espèce de régulateur, pour que l'are voltaïque brûlât à la manière d'une bougie, M. Jablochkotr eut la merveilleuse idée de mettre parallèlement deux charbons, de les isoler par une matière fusible et conductrice de l'éleclricité à la chaleur rouge, et de faire jaillir l'étincelle électrique entre leurs extrémités. Mais comme le charbon du pôle positif brflle deux fois plus vite que l'autre, M. Jablochkoff eut recours à la machine magnétoélectrique de i'Alliance, qui donne des courants alternatifs. De celte façon, les charbons, recevant tour à tour l'électricité positive et l'électricité négative, s'usent également, sans que le courant soit jamais interrompu. — L'invention de la bougie Jablochkoff fut l'objet d'un rapport (oct. 1876) de M. Denayrouse à l'Académie des sciences à Paris. La bougie Jablochkoff se compose de deux baguettes de charbon, placées parallèlement l'une à côté de l'autre, à une distance dépendant de la force de la source électrique ; elles sont isolées par une lamelle de kaolin ou de plâtre, dont l'extrémité supérieure porte une couche plombaginée, servant de sillon conducteur pour l'allumage de la bougie. La partie supérieure des deux charbons est seule visible et taillée en pointe. Ilsportentchacun à la partie inférieure une sorte de tubulure en cuivre, qui les met en rapport avec le courant lorsque la bougie est pîaci'e entre les pinces des •porte-charbons. Un anneau fait avec une pâle à base de silicate de potasse, enveloppe le haut des deux tubulures et empêche en même temps les charbons de se séparer de la matière isolante. Si l'on vient à mettre la bougie en communication avec la source électrique, l'arc voltaïque jaillit et, à mesure que les charbons brûlent, le kaolin ou le plâtre, soumis à une température excessivement élevée, fond, se volatilise, et laisse continuellement à nu la même longueur des deux charbons. Une bougie Jablochkoff a ordinairement 23 centim. de long et 4 raill. de large et dure habituellement \ h. '1/2. La couleur de la lumière électrique dépend de la substance isolante : elle est blanche avec le kaolin, et plus ou moins rosée avec le plâtre. Chaque lampe (voy. notre figure) se compose d'une armature métallique, à laquelle sont fixés un certain nombre de portecharbons (le plus souvent 4 à .t, quelquefois 12, comme dans celles de la place de l'Opéra). Ces porte-charbons consistent en deux supports en laiton, dont l'un est rigide et l'autre articulé à la partie inférieure et à la partie supérieure ; cette dernière articulation s'applique, au moyen d'un ressort, contre la bougie, qu'elle tient fortement serrée. Les deux supports sont munis de rainures cylindriques, dans lesquelles viennent s'engager les deux
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tubulures métalliques de la bougie; comme les charbons sont électriquement isolés, ils reçoivent chacun un courant contraire. L'armature des porte-charbons est surmontée d'un globe en verre dépoli ou opale, afin d'atténuer le trop vif éclat de la lumière électrique. Bien que la lampe porte plusieurs
Lampe Jablochltoff munie de son globe. — Armattire aTeo ses porte-charbons. — Bougie électrique.
bougies, une seule ou deux tout au plus brûlent à la fois; il faut donc trouver le moyen de remplacer les bougies au fur et à mesure qu'elles s'usent, et cela sans qu'il y ait discontinuité de lumière. Primitivement, un surveillant faisait tourner le disque, sur lequel sont fixés les porte-charbons, et mettait, par ce mouvement, une nouvelle bougie en communication avec le courant électrique. Ce disque était donc lui-même le commutateur. Plus tard, M. Jablochkoff a imaginé un petit levier coudé, qui s'appuie sur la partie la plus inférieure de chaque bougie. Lorsque les charbons ont été usés jusqu'en ce point, le levier, n'étantplus soutenu, bascule et vient s'appuyer contre la bougie voisine, dans laquelle il fait passer le courant. — B. Appaueils A INCANDESCENCE. Bcaucoup iiioins nombreux que les précédents, ils se réduisent à deux types : les brûleurs à incandescence par combustion et les brûleurs à incandescence pure. Dans ces appareils, on produit la lumière en faisant traverser par un courant un corps conducteur court et mince, en ayant soin que ce courant ne soit pas assez énergique pour brûler ou volatiliser instantanément le conducteur. La première lampe de ce genre, imaginée par M. Moleyns en 1841, était constituée par un fil de platine. Plus tard, M. Starr en fabriqua uneautreavecuncharbontrès mince, qui brûlait dans le vide sans se consumer. En 1873, M. Lodyguine perfectionna ces petits appareils. — Les brûleurs à incandescence par combustion fonctionnent dans l'air et sont
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consUtués par une longue baguette mince de charbon, qui s'appli(^ue contre un disque ou un gros charbon, voire même une rondelle en métal. Les appareils les plus connus sont oeus de Jael et Tomma^l, de Reynier et de AVerdermann. — Les brûleurs à incandescence pure fournissent une kiniière jaune, douce et agréable. Ils sont constitués par une ampoule en verre dans laquelle se trouve un petit filament de charbon, ordinairement recourbé en fer à cheval. Ils peuvent marcher inditl'éremment avec des courants alternatifs ou avec des courants continus. Les plus célèbres sont ceux d'Edison, de Laiie Foy, de Maxim et de Swan. — Lampe de Werdermann. Elle se compose d'une baguette de charbon qui, par l'effet d'un contre-poids, vient buti'r contre un disque de cuivre. Ce charbon 'A monte le Ion? d'un tube de mêlai B. qui lui sert de guide et le met en communication avec le courant. Le contre-poids G est soutenu par un cordon dont les extrémités passent sur deux poulies fixées sur le lube B, et viennent s'attacher de chaque côté à deux petits taquets, qui sortent d'une rainure et sont reliés à la base d'une sorte de gaîne, dans laquelle s'engage la partie inférieure de labaeuette de charbon. La vis d'un ressort F règle l'action du contrepoids en appuyant plus ou moins sur le tube dans lequel glisse la gaîne. Le disque de cuivre E est maintenu dans une position fixe par une tige recourbée D, supportée par une sorte d'entonnoir, qui reçoit les cendres de charbon et à la-
Lampe Werdermann.
quelle on adapte un globe de verre. Dans ce système, le courant est continu : le charbon, qui reçoit l'électricité positive par l'intermédiaire du tube extérieur, se trouve toujours en contact avec le disque de cuivre, qui reçoit l'électricité négative. Sous l'influence du courant, le charbon, porté au rouge bbinc. produit une très vive incandescence. La lamjie Werdermann, importée en France en 1879, n'est, en principe, qu'une modification decelleinvenléeenl878 par un Français, M. Reynier.
—Lampe Edison. Cette lampe à incandescence se compose d'une petite lamelle de bambou carbonisé, ayant la forme d'un U allongé, et la grosseur d'un crin de cheval: les deux bouts aoal fixés à deux fils de platiue servant de
Liïfiipt' Edison sur ïon socle.
Lampe Edison.
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conducteurs. Un bouchon de plâtre assujettit les fils de platine et ferme hermétiquement une ampoule de verre, à la base de laquelle ils sont scellés. Cette ampoule est terminée à son sommet par un petit tube ouvert, qui permet d'y faire le vide. Pendant que la machine pneumatique agit, on fait passer un courant électrique à travers le charbon, qui rougit, et qui, sous l'influence de la chaleur, se débarrasse de ses gaz; ceux-ci disparaissent avec l'air. Lorsque l'air, ainsi que les gaz ont disparu d'une façon aussi parfaite que possible, on ferme l'ampoule au chalumeau et la lampe est prêle. - {V. S.)