‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 356 sur 568 · ÉLECTRICITÉ ANIMALE · texte numérisé non relu

ÉLECTRICITÉ ANIMALE

L'électricité produite dans le corps des animaux fut signalée pour la première fois en 17S6 parGalvani,qui la découvrit pendant le cours de ses expériences, avec une machine électrique, sur une cuisse de grenouille. Les muscles de cet animal se contractaient quand une extrémité d'un arc métallique, composé de cuivre et de fer, était mis en contact avec les nerfs, l'autre extrémité étant en contact avec les muscles. Galvani attribua ce phénomène à l'électricité des tissus animaux. Volta combattit celte opinion et soutint que l'éleclricilé était développée par le contact des deux métaux différents; sur quoi, Galvani produisit les mêmes contractions en n'employant qu'un seul métal. Voila répliqua que ce métal, n'étant pas pur, agissait comme deux métaux. Alors Galvani produisit les contractions sans faire usage d'aucun métal; il se contenta d'appliquer le nerf de la jambe sur les muscles, ou d'établir entre eux une communication à l'aide d'un morceau de tissu animal humide. Après la mort de Galvani (1798), Voila découvrit la pile qui porte son nom (1799), et il affirma de nouveau que la grenouille n'était qu'un conducteur électrique, agissant simplement comme les chiffons mouillés qu'il plaçait entre les plaques de sa pile. Son opinion réduisit au silence, pendant près de trente ans, les partisans de la théorie de l'électricité animale. Mais en 1823, Nobili démontra, au moyen d'un galvanomètre extrêmement sensible, qu'il existe un courant électrique pendant les contractions musculairesdescuisses de grenouille; mais il supposa que ce courant était dû à une différence de température entre les nerfs et les muscles. Plus tard, Malleucci prouva la production de courants galvaniques dans les muscles sans condition de variation dans la température ; ensuite Dubois - Keymond , Brown-Séquardel plusieurs autres ont démontré que l'électricité se produit constamment dans les animaux vivants. Donne trouva qu'il existe un courant entre la peau et la plu[)arL des membranes internes ; Malteucci décrivit différents états électriques dans le foie et dans l'estomac. Le courant galvanique des muscles diminue graduellement a])rès la mort des animaux ou après que l'on a séparé les muscles du corps vivant auquel ils apparlienneiil. Brown-Séquard a démontré que le courant musculaire, avant complètement disparu après la mort, peut être produit de nouveau en injectant du sang oxygéné dans les parties sur lesquelles on fait des expériences; il démontra également que, plus il y a d'oxygène

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dans le sang injecté, plus le courant musculaire se rétablit promplement, ce qui indique que ce coui'anl di'pend de la nutrition des muscles. Dubois-Reymond a découvert que la moindre portion d'un muscle agit absolument de la même manière que le muscle entier, et que le total, produit dans les gros muscles, est très considérable. Mais, comme chaque faisceau élémentaire des fibres d'un muscle semble agir comme un couple dans une batterie galvanique, il est impossible défaire une agrégation de tous les courants élémentaires existant dans un muscle, et l'on n'a pu obtenir aucune mesure exacte de la quantité totale qui se produit. Malleucci découvrit que lorsqu'un muscle se contracte, si on place sur lui un nerf conduisant à un autre muscle, ce dernier se contracte également. L'électricité animale est de deux sortes : 1" dynamique (celle dont nous venons déparier); 'i" statique. On pense que le sy.-lème nerveux ordinaire des animaux est capable de produire de l'électricité statique (Voy. Gyunote électaique, etc).

' ÉLECTRIQUE adj. Phys. Qui a rapport à l'électricité, quiia produit", ou qui en provient : phénomènes électriques; courant électrique; commotion électrique. — Se dit également de ce qui sert à électriser ou à faire des expériences sur l'électricité : batterie électrique. —

TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE (Voy. TÉLÉGRAPHE). —

Lumière électrique, lumière très intense et très puissante qu'on obtient au moyen de l'électricité elqui, danscerlainescirconstances,sert pour l'éclairage. — Autref. Se disait fort souvent pour désigner spécialement les corps dans lesquelsles propriétés électriques peuvent être développées par le frottement : le verre et la résine sont des corps électriques. Cette dénomination, fondée sur une hypothèse particulière relative à la nature de l'éleclricilé, n'est plus usitée parmi les savants.

ÉLECTRISABLE adj. Qui peut acquérir les propriétés électriques. - Fig. Qui est susceptible de s'enlbousiasmer.

ÉLECTRISANT, ANTE adj. Qui électrise. — Fig. Qui donne de l'enthousiasme : paroles électrisantes.

" ÉLECTRISATION s. f. Phys. Action d'électriser, ou état de ce qui est électrise.

* ÉLECTRISER v. a. Phys. Développer dans un corps la vertu électrique, ou la lui communiquer : électriser un corps positivement, iiégatioement; électriser une personne. —Fig., dans le langage ordinaire. Faire une impression vive et profonde, enffammer : le discours de leur chef les électrisa tellement, qu'à la première attaque tous les retranchements furent emportés. — S'électriser v. pr. Etre électrise; s'emploie surtout au propre : il y a des corps qui s'électrisent par eux-mêmes. — Fig. S'enthousiasmer : en entendant ces paroles, ils s'éleclrisèrcnt.

ÉLECTRISEUR s. m. Celui qui électrise.

ÉLECTRO. Préfixe employé dans un certain nombre de mots pour indiquer la présence de l'éleclricilé ou des propriétés électriques : électro-aimant; électro-magnétisme.

' ÉLECTRO-AIMANT s. m. Phys. Fer doux transformé en aimant au moyen d'un courant électrique : on emploie les électro-aimants 'pour construire les télégraphes électriques (Voy. Electro-magnétisme).

ÉLECTRO-CAUSTIQUE adj. Synon. peu usité de Galvanocaustique.

* ÉLECTRO-CHIMIE s. f. Phys. Théorie dans laquelle les phénomi-nes chimiques sont expliqués par les lois de l'électricité. — fcv Science qui .s'occupe des applications de l'électricité à la chimie. Au moyen de l'électricité développée par une pile, on détermine la décomposition des corps bons conducteurs. La substance soumise à l'expérience est appelée Ékc-

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trolyte et l'action de la décomposer se nomme élcctrolyse. Carlisleet Nicholson constatèrent, le 30 avril 1800, qu'un courant électrique décompose l'eau ; l'oxygène se portant au pôle positif de la pile dé Volta et l'hydrogène au pôle négatif. Un courant d'étincelles électriques décompose lo gaz ammoniac, le gaz hydrogène carlioné et le gaz acide sulfhydrique. Dans d'autres circonstances, l'étincelle favorise la combinaison des corps ; ainsi, une étincelle transforme en eau un volume de gaz oxygène et deux volumes de gaz hydrogène. 11 est donc évident que l'électricité joue dans la nalure un rôle actif, chaque fois qu'il y a combinaison de molécules ou décomposition d'un corps. Faraday a démontré que, lorsque plusieurs composés binaires sont décomposés en même temps dans un circuit, le poids des métaux, déposés dans chacun des vases à décomposition, sont entre eux comme leurs équivalents chimiques; et que le poids du métal déposé dans chacun des vases est proportionnel a la quanlilé d'électricité qui passe. — L'action chimique de l'électricité sur la matière donna à Berzélius l'idée de ranger les corps simples en coiys élcclro-positifs (qui se portent au pôle négatif) et en corps électro-négatifs (qui se porLimt au pôle positif). D'après ses expériences, l'oxygène est le corps le plus électro-négatif; ensuite viennent le soufre, le sélénium, Tazote, le fluor, le cblore, le brome, l'iode, le phosphore, l'arsenic, etc.

ÉLECTRO-CHIMIQUE adj. Phys. Qui a rapport à l'électro-chimie : phénomènes électrochimiques. — Electroculion. CV. S.)

ÉLECTRODE s. m. Phys. Mot que l'on emploie comme synonyme de Pôle. Quelques physiciens font ce mol féminin.

ÉLECTRO-DYNAMIE s. f. Phys. Force d'un courant d'une pile.

* ÉLECTRO-DYNAMIQUE s. f. (gr. électron; dimamis, force). Phys. Partie de la physique qui traite de l'action réciproque des courants électriques les uns sur les autres et de l'action des courants sur les aimants. — ».v Adjectiv. Qui a la propriété de développer un courant éleclrique.

ÉLECTRO-GALVANISME s. m. Phys. Théorie des ellels produits par les piles voUa'iques.

ÉLEGTROGÉNE adj. (préf. élcctro: gr. genndo, j'engendre). Pliys. Qui produit l'éleeti-icité. — Appareil klectrogène, nom donné par Béraud et Ch. Robin à l'appareil particulier au moyen duquel certains poissons peuvent produire un dégagement plus ou moins considérable de tluide électrique. Les poissons électriques sont la torpille, la raie, la gymnote, les mormyres et les malaptérures. L'appareil électrogène se compose d'un tissu particulier formé de prismes qui se composent de disques séparés entre eux par des cloisons du tissu cellulaire dans lesquelles arrivent les vaisseaux et les nerfs. Tout l'appareil est enveloppé d'une couche de tissu lamineux.

ÉLECTROGÉNÈSE ou Électrogénie s . f .

Phys. Production de l'électricité par les tissus vivants.

ÉLECTROGRAPHIE s. f. Branche de la galvanoplastie qui a pour objet de pioduire des planches gravées en creux ou en relief par l'action directe d'un courant éleclrique.

ÉLECTROLYSE s. f. (préf. électro; gr. luein, dissoudre). Phys. etChim. Décomposition par un courant éleclrique.

ÉLECTROLYSER v. a. Décomposer par l'électricité.

ÉLECTROLYTE s. m. (préf. électro; gr. luô, je dissous). Phys. Corps soumis à l'action d'une pile pour être décomposé.

ÉLECTROLYTIQUE adj. Qui a rapport à l'é-

leclrolyse.

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ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE adj. Phys. Qui a rapport ùu([ui appartient a l'éleclro-magnétisme.

* ÉLECTRO-MAGNÉTISME s. m. Phys. Partie de la phyjique qui traite de l'action des courants sur les aimants. — On donne le nom d'électro-magnétisme au magnétisme induit par l'action de l'électricité galvanique; et l'on appelle magnéto - électricité réleclricitc développée par le magnétisme. Ces deux parties de la physique sont aujourd'hui bien distinctes. — L'électro-mavnétisme naquit en 1819, lorsque Œrsled, professeur à Copenhague, découvrit l'action du courant électrique sur une aiguille aimantée. Un fil métallique, posé sur une aiguille aimantée el parallèlement à elle, imprime à cette aiguille, quand on fait passer dans le fil un courant qui va du sud au nord, une déviation qui fait tourner le pôle austral vers la gauche de l'observateur (en supposant que celui-ci regarde le nord). Mais si le courant passe au-dessous de l'aiguille (toujours du sud au nord), le pôle austral, dévie à l'est, c'està-dire à droite de l'observateur. Quand le courant passe au-dessus de l'aiguille dans la direction du nord au sud, le pôle austral se dirige vers l'est; s'il pa,■^se au-dessous de l'aicuille, toujours du nord au sud, la déviation a lieu vers l'ouest. Si, au lieu d'être en ligne droite, le fil forme une spirale autour de l'aiguille, le courant tendra à faire tourner l'aiguille dans sa propre direction, que le fil soil placé au-dessus ou au-dessous de celte aiguille. Tels sont les faits établis p.ir l'expérience, mais lîon expliqués, qui ont donné l'idée de construire le galvanomètre. — En 1820, Arago magnétisa une aiguille par un courant électrique. — Ampère ne tarda pas à développer la théorie de l'éleclro-magnétisme, en découvrant que deux fils parallèles, traversés par des courants qui vont dans la même direction, s'attirent l'un l'autre, tandis qu'ils se repoussent, quand les courants vont en sensinverse. Sur ce fait, el sur l'hypothèse que toute action magnétique consiste dans l'attraction et dans la répulsion de courants électriques, repose sa théorie de l'électro-magnélisme : il suppose que le magnétisme d'un barreau d'acier consiste en courants d'électricité, roulant autour de chaque particule du métal et formant des angles droits avec lalongueur de la barre; la résiillanle de ces courants serait un courant circulant autour de la circonférence du barreau. Celle hypothèse est confirmée parce fait que si un fil couvert de soie est enroulé en spirale, si ses deux extrémités traversent d'un bout à l'autre le cylindre formé et en sortent en formant un angle droit avec l'axe de la spirale, cet appareil, posé horizontalement sur un axe vertical, tournera sur cet axe comme une aiguille aimantée, dès qu'on fera traverser les fils par un courant électrique. Si on renverse le courant , les pôles de l'aimant en spirale seront aussitôt renversés. Plaçons maintenant un morceau de fer doux dans une spirale conduisant un courant galvanique, ce morceau de fer deviendra un aimant et changera de pôles suivant la direction du courant éleclrique. L'appareil ainsi formé reçoit le nom d'éleclro-aimant. Substituons une tige d'acier à la tige de fer doux, celle lige s'aimantera elle aussi, mais son magnétisme sera beaucoup moins sensible au renversement des pôles, parce que l'acier, possédant au plus haut degré la force coercilive (voy. AmANTAiioN permanente), devient un aimant permanent el non un éleclro-airaant. Ce qui distingue ce aernier, c'estqu'iljouit de propriétés magnétiques tant que dure le courant électrique et qu'il perd ses propriétés aussitôt que cesse le courant, — Un electro-aimant de fer doux, courbé en forme de fera cheval, commele montre notre gravure, est un appareil d'un emploi très fréquent dans les machines électro-magnétiques, dans la construction des télégraphes

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Eiectro-aimunt en fer à cheval.

électriques, etc. Il possède une grande puissance attractive. Si ion approche de ses deux extrémités une armature de fer, elle y reste suspendue et l'on peut y accrocher des objets d'un grand poids. Le premier électroaimant fut construit en 1825 et perfectionné par Sturgeon en 1837.

— En 1831, Faraday découvrit la force rotative électro -magnétique développée dans l'aimant par l'électricité voltaique, puis, en 1834-'-ï, il fit des expériences sur l'induction des courants volta'iques. (Voy. Télégraphe

ÉLECTRIQI'E.)

ÉLECTRO -MÉTALLURGIE s. f. Travail des métaux au moyen de l'électricité; on dit ordinairement Electrotypie.

* ÉLECTROMÉTREs. m. (gr. électron ;metron, mesure). Phys. Instrument qui sert à mesurer la force répulsive de l'électricité rendue libre à la surface d'un corps. L'é/ecfroscope el Yélectrométre sont, comme le signifient leurs noms, des appareils destinés à constater la présence et la quanlilé de fluide électrique. Les boules de moelle furent employées de diverses manières, comme électroscopes par Canton, Gilbert et autres. En 1783, le docteur Milner inventa un éleclromèlre, semblable à celui de Peltier. L'électromètre à feuilles d'or fut inventé (1789) par le rév. A. Bennel, et perfectionné par Singer, vers 1810. L'électromètre déchargeant de Laiie date de 1767, celui d'Henley de 1772; l'électroscope de Bohmenberger de 1820 et l'électromètre à induction de Peltier de 1848. (Voy. Electroscope.)

ÉLECTROMÉTRIE s. f. Partie delà physique qui a pour objet la mesure de l'électricité. — ■ Unités électriques. Avant les travaux de Y Association brilayinique {Bristish Association), les unités électriques étaient oblenues par des procédés élémentaires, souvent grossiers et absolument arbitraires. La commission de l'Association britannique fut nommée, en 1863, pour établir un système coordonné de mesures électriques, et ce n'est qu'après huit ans de recherches et d'expériences qu'elle créa son système. Les trois unités adoptées étaient le mètre, le gramme, et la seconde sexagésimale. En 1873, sur la proposition de William Thomson, on remplaça le mètre parle centimètre, pour faire concorder avec l'unité de longueur l'unité de masse, qui est le gramme ou un centimètre cube d'eau distillée à-f-t°, 1. .\insi modifié, le système prit le nom de centimétre-yranime-seconde System of itnits ou, par abréviation, C. G. S. System. En pratique, on a adopté non pas les unités elle-mêmes, mais des multiples et sous-multiples, appelés ohm, volt, ampère ou loeber. Comme ces unités ne se prêtaient pas elles-mêmes à certains calculs, sans l'emploi d'un grand nombre de chillres ou de décimales, on y a joint des préfixes qui indiquent des multiples ou sousmultiples. Ainsi le mot micro ou micr sert à marquer le millionième de l'unité, milli, le millième; le préfixe kilo ou kil indique mille unités, méya ou mèg, un million. On dira, par exemple, kilampére pour mille ampères et microvoU pour le millionième d'un volt. Un congrès nommé en France, pendant l'exposition d'électricité de Paris, en 1881, pour l'étude des questions relatives à l'électricité, a repris l'examen des unités électriques et a adopté celles de r.\ssociation britannique. L'électricité magnétique étant la plus employée dans toutes les applications de l'électricité, il a paru rationnel au congrès de prendre comme unités pratiques les unités

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électro-magnétiques, qui étaient déjà en usage dans plusieurs pays. La thèse des unités électro-slatiquès, qui jusqu'alors a été préférée en Alleniat;ne, avait été soutenue, dans la discussion, par deux membres allemands, mais elle n'a pas triomphé. — Unité de résistance. L'unité, adoptée en France et établie par Brésuet, s'appelait kilomètre de résistance; elle était représentée par un fil de fer télégraphique de 4°"" de diamètre et de 1,000 mètres de long. En Allemagne, on a conservé l'unité Siemens, qui vaut 0,9.^36 ohm. C'est la résistance élastique d'une colonne de mercure de 1" de long sur l"" carré de section. L'unité de résistance s'appelle aujourd'hui. ohm et est représenté par le symbole R. La reproduction matérielle de celte" unité, c'est-à-dire l'étalon type, est conservée à Londres. — Unité de force électro-motrice. Elle prend le nom de volt et est représentée par le symbole E. 11 n y a pas d'étalon matériel du voit, mais plusieurs piles, dont on a mesuré très exactement la force électro-motrice peuvent en tenir lieu. Ainsi une pile Daniell, lorsque le cuivre plonge dans une solution saturée de sulfate de cuivnj et le zinc dans une solution saturée de sulfate de zinc, donne une force électro-motrice de ■1,079 volts. La pile construite par M. Latimer Clarke donne 1,4.S7 volts; celle de Bunsen 1,7 à 1,9, suivant que l'acide azotique et l'eau acidulée sont concentrés; la pile au bichromate dépasse 2 volts et la pile secondaire de M. Planté 2,.t volts; mais ces deux dernières ne donnent ce résultat qu'au commencement de la décharge. En pratique, on se sert de galvanomètres pour mesurer la force électroiniotrice, et les indications sont d'autant plus exactes que l'appareil offre une résistance plus grande. — Unité d'intensité. Elle prend le nom de weber, selon les uns, de ampère, selon les autres. C'est l'intensité d'un courant, qui traverse un circuit de 1 ohm de résistance, avec une force électro-motrice de I volt. Connaissant la valeur de l'ohm et celle du volt, il est facile d'en déduire l'ampère, d'après la formule de Ohm :

la

Cette unité est surtout employée dans les applications industrielles de l'électricité ; mais on se sert souvent comme unité du milliampére, ou même, comme dans les courants téléphoniques du micrampére. On donne aussi quelquefois à la force électro-motrice le nom àe 2J0tentiel. — Dans le système C. G. S., l'u Dite de quantité s'appelle coulomb: c'est li quantité d'électricité que donne un ampère dans une seconde; l'unité de capacité prend le nom de farad (abréviation de Faraday) : c'est la capacité électrique dans laquelle un coulomb donne un volt.

ÉLECTROMOTEDR, TRICE adj. Phys. Qui développe ou produit l'électricité. — Force ÉLECiROMOTRicE, causc par laquelle un courant électrique se développe. — s. m. Appareil électromoteur : un puissant électroinoteur (Voy. Moteur électrioue).

ÉLECTRO-MOTOGRAPHE s. m. Sorte de thélégraphe inventé par Edison et qui fonctionne sans électro-aimant, au moyen d'une combinaison cljiniiquc.

• ÉLECTRO-NÉGATIF, IVE adj. Phys. Se dit des corps qui se portent au pôle positif de la pile.

ÉLECTROPHONE s. m. Instrument, inventé par le b' .Strelhill Wright, pour produire le son à l'aide de courants électriques de haute tension; l'un fut essayé, en présence delà Société Royale Ecossaise des arts, le ?3 avril

* ÉLECTROPHORE s. m. (gr. électron; phcrô, je poney, l'hys. Instrument sur lequel l'électricité développée reste adhérente, de manière qu'il la porte partout où on veut la

faire agir. — En 1773, l'éleclrophore, dont on

se sort souvent pour obtenir l'électricité statique, fut inventé par Volta et perfectionné en 'I7S2. Cet appareil se compose : 1° d'un gâteau do résine, épais de 2 ou 3 centini., et coulé dans un plateau de bois, circulairt! et à rebord; 2° d'un disque de bois recouvert sur ses deux faces de feuilles d'élain et muni, en son centre, d'un manche en verre perpendiculaire à son plan; le diainèlre de cedisquc doit être moindre que celui du gâteau de résine. On excite négativement le gâteau en le frottant avec une peau de chat. On place le disque sur la surface de la résine; son électricité positive se porte près de la résine; son électricité négative se précipite à la surface supérieure. Si on touche ce disque avec le doigt, ce qui le met en communication avec le sol, le fluide négatif s'éloigne et le disque s'électrise positivement; en le soulevant par son manche isolant, on le trouve assez fortement chargé pour qu'on puisse en tirer une étincelle.

ÉLECTRO PHYSIOLOGIE s. f. Parlie de la physiologie qui s'occupe des phénomènes particuliers de sensibilité et de conlracLilité, excités et constatés par l'électricité dynamique.

* ÉLECTRO-POSITIF, IVE adj. Phys. Se dit des corps cjui se portent au pôle négatif de la pile.

ÉLECTRO-PUNCTURE s. f. (gr. électron; lat. punctura, piqûre). Phys. et Méd. Procédé thérapeutique qui consiste a administrer l'électricité au moyen d'aiguilles implantées dans les tissus. C'est une modification de l'acupunclure.

* ÉLECTROSCOPE s. m. (préf. éleclro; gr. scopein, voir). Phys. Instrument propre à faire reconnaître l'espèce d'électricité qui se trouve dans un corps (Voy. Electromètre). L'éleclroscope de Coulomb, appelé aussi balance de torsion (voy. Torsion), lui servit à démontrer les deux lois suivantes : 1» la force d'attraction et de répulsion entre deux corps éleclrisés est en raison inverse du carré de leurs distances ; "2o la distance reslanlla même, la force d'attraction et de répulsion entre deux corps éleclrisés est directement comme le produit des quantités d'électricité dont ces corps sont chargés.

ÉLECTRO- STATIQUE adj. Qui a rapport à l'électricité statique.

ÉLECTRO-THÉRAPIE s. f. Phys. et Méd.

TrailemeiiL thérapeutique par l'électricité (Vuy. Galvanisme).

ÉLECTRO -THÉRAPIQUE adj. Qui a rapport à l'eleclro-lhérapie.

ÉLECTROTHERMIE s. f. (franc, électricité; gr. tka-mê, chaleur). Méd. Synon. de Galva-

NOCAUSTIB.

ÉLECTRO-TRIEUSE s. f. Machine inventée par Claude Chenot pour ramener, à l'aide d'aimants, les minerais bruis k leur maximum de pureté et de richesse.

ÉLECTROTYPIE s. f. (gr. électron; liipos, empreinte) Phys. Reproduction, par la «alv;iiioplastie des caractères d'imprimerie, planches gravées, clichés et gravures sur buis. On dit aussi Galvanotypie. (Voy. ce mot.)

ÉLECTRUM s. m. (gr. électron). Antiq. iNom que l'on dounait à l'ambre jaune ou succin, ainsi qu'a un alliage d'or et d'argent. — Au moyen âge, ce nom s'appliquait aux imitations de pierreries que l'on faisait avec du verre émaillé.

* ÉLECTUAIRE s. m. (lat. electuarium).lh'éparatiuu pharmaceutique d'une consistance un peu supérieure à celle du miel, qui porte lu nuiu d'OpiAT quand il y entre uneccrlume quantité d'opium, et qui ne diffère point d'ailleurs dos confections: l'orviétan étaitune espèce d'électuaire.

ELEM

ÉLÉE. Voy. Elis.

* ÉLÉGAMMENT adv. Avec élégance : to-ire,

parler ib ijammcnt.

* ÉLÉGANCE s. f. (lat. elegantia). Certaine grâce dans les formes des productions de la nature et de l'art : il y a dans sa parure plus d'élégance que de richesse. — Art du dessin. Se dit des formes svelLes et délicates : l'élégance du dessin plait plus que la régularité. — Choix de mots et de tours, d'où résulte la grâce et la facilité du langage : l'élégance résulte de la justesse et de l'agrément. — Mathém. Simplicité et facilité, netteté : l'élégance d'une solution.

* ÉLÉGANT, ANTE adj. Qui a de l'élégance. Se dit dans tous les sens d'ELÉGANCE : cet animal a des formes très élégantes; façon de parler élégante. — Substantiv. Personne recherchée dans son ton, ses manières et sa parure : c'est un de nos élégants, une de nos élégantes.

* ÉLÉGIAQUE adj . Qui appartient à l'élégie : genre élégiaque. — Poète, auteur élégiaqub, poète, auteur qui a composé des élégies : Tibulle, Ovide et Properce sont les plus connus des anciens poètes élégiaques. — Substantiv. Les élégiaques, les auteurs élégiaques.

* ÉLÉGIE s. f. (gr. elegos, plainte). Espèce de poésie dont le sujet est triste et tendre : élégie amoureuse. Boileau donne cette définition de l'élégie :

La pliiintive élégie, en longs habits de deuil, Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil :

nie peint des amants la joie et la tristesse; Flatte, menace, irrite, apaise une maîtresse.

Il dit encore ailleurs :

11 faut que le cœur seul parle dans l'élégie. Art poétique.

' ÉLÉMENT s. m. (lat. elementum). Dans l'anc. phys., ce mot était employé pour désigner principalement quatre substances, l'air, le feu, la terre et l'eau, que l'on croyait simples, parce qu'on ne savait pas les décomposer, et que l'on supposait être les principes constituants do tous les corps : les cartésiens n'admettaient que trois éléments. On dit souvent encore, par allusion à ce sons, surtout dans le style poétique : la mer est un élément infidèle; le feu est un élément destructeur, etc. — Au plur. Se dit des diverses conditions de sol, de climat, de saison : l'armée dans sa marche eid à combattre les éléments. - Phys. et Chim. modernes. Elément, corps simple ou substance qui ne peut pas se décomposer (Voy. Equivale.nt). — Eléments d'un corps, substances, composées ou simples, qui constituent ce corps, en se combinant les unes avec les autres sans se décomposer : te soufre et l'oxygène sont les éléments de l'acide sulfurique. — Phys. Les ÉLÉMENTS DE LA PILE, los couplcs dcplaquesdc zinc et de cuivre, dont on se sert pour construire les piles voltaiques dites à auges. — Par ext. Toute chose qui entre dans la composition d'une autre, qui contribue a la former : il y a là tous les éléments d'un bon ouvrage.— Milieu dans lequel vit et se meut un animal : l'élément du poisson est l'eau. — Fig. Etre DANS SON ÉLÉMENT, être dans un lieu, dansune société où l'on se plait, qui convient aux goûts, au caractère que l'on a. Etre uors de SON élément, se dit dans le sens contraire. — Fig. C'est son élément, se dit d'une occupation il laquelle une personne s'adonne et se plait le plus. — Au plur. Principes d'un art ou d'une science : apprendre les éléments d'une science. — N'avoir p.\s les premiers éléments d'une science, n'en avoir aucune notion, y être exlrêmement ignorant.

* ÉLÉMENTAIRE adj. Qui appartient à un élément, ([ui constitue l'élément : les anciens chimislcs admettaient des corps élémentaires. — Corps, substance élémentaire, signille plus ortlinairnment aujourd'hui, substance indécomposable, dans i'état actuel de la science. —

ÉLEO

Qui concerneles éléments de quelque science, ou qui les contient, les expose, les enseigne : la gi'omHrie élémentaire. Dans un sens anal. : classe élémentaire.

ÉLÉMI s. m. Comm. Substance gommorésineuse, produite par des arbrisseaux du genre balsamier et qui était jadis très employée en pharmacie, mais qui no sert plus guère qu'à la fabrication des vernis. — Adjectiv. : résine élémi.

ÉLÉOGRAPHIE s. f. (gr. elaia, olivier; graphe, j'écris). Bot. Monographie de l'olivier.

ÉLÉOLÉs. m. (gr. elaion, huile). Pharm. Médicament qui a une huile pour excipient.

ÉLÉONORE (Sainte), martyre irlandaise, que

l'Eglise honore le 29 nov.

ÉLÉONORE D'ESTE , princesse italienne (lb37-'81). Elle habita Ferrare, à la cour de son frère Alphonse II, dont elle faisait l'ornement, avec sa sœur Lucrezia. Elle inspira une ardente passion au Tasse, qui lui adressa quelques-unes de ses poésies. Elle ne se maria jamais.

ÉLÉONORE ou Aliéner de Guyenne, successivement reine de France et d'Angleterre, fille aînée de tiuillaume IX, dernier duc d'Aquitaine, née en 1 122, morte en 120.3. Elle épousa, en H37,àBordeaux, lefils aîné du roi Louis le Gros, qui succéda à son père, le !""■ août 1127, sous le nom de Louis VII; elle lui apporta comme dot la Gascogne, le Poitou, la Saintonce et la Guyenne. En H47, elle suivit le roi à la 2" croisade et y mena une vie tellement désordonnée, qu'à son retour, Louis VII fut forcé de faire prononcer son divorce par un concile, rassemblé à Beaugency le ISmars 11.j2. En MjS, la reine répudiée épousa Henri Plaiitagenet, comte d'Anjou et duc de Normandie, qui, deux ans plus tard, monta sur le trône d'Angleterre, sous le nom d'Henri II. A peine en Angleterre, Eléonore lit assassiner Hosemonde, dame du palais dont elle était jalouse, excita ses flls Geoffroy et Richard à se révolter contre leur père, et fut enfermée pendant seize ans (1173-1 IS9), au château de Woodstock, d'où elle sortit à la mort d'Henri II, pour être nommée régente. Elle profita de cette position pour délivrer son (ils, Richard Cœur de Lion, qui était prisonnier en Allemagne, et, au retour de ce prince, elle entra à l'abbaye de Fontevrault, ou elle mourut.

ÉLÉONORE D'AUTRICHE, sœur de Charles- Quint, née a Louvain en 1498, morte à Talavera en IbaS. Elle épousa en lul9, Jean le Fortuné, roi de Portugal, puis, en 1330, François I*'' de France. A la mort de ce dernier (1547), elle se retira dans les Pays-Bas, et plus tard en Espagne, où elle mourut.

ÉLÉONORE DE CASTILLE, reine de Navarre, par son mariage (1371)) avec Charles 111, roi de Navarre. Ses légèretés ayant causé une brouille entre elle et son mari, elle se retira auprè.s d'Henri III, son neveu, contre lequel aliène tarda pas à tomen ter plusieurs séditions. Henri la renvoya au rui de Navarre, auprès duquel elle se décida enfin à vivre tranquille. Elle mourut en 1116.

ÉLÉONORE DE GUZMAN, dame espagnole, veuve de don Juan de Velasco. Elle eut d'Alphonse XI, roi de Castille, deux fils dont l'un, Henri de transtamare, fut plus tard roi. A la mort d'Alphonse (13b0), elle fut étranglée à Séville, par les ordres de Constance, veuve de ce prince.

ÉLÉONORE DE PROVENCE (Sainte) épousa Henri III, roi d'Angleterre. Devenue veuve (li7-ii, elle se retira à l'abbaye d'Arabresbury,oùelle mourut (1292). Fête le I'"'juillet.

ÉLÉONORE TELLEZ, reine de Portugal. Elle était l'épouse de don Juan da Cunha, lorsque Ferdinand 1", roi de Portugal, s'éprit d'elle,

ÉLEP

fit casser son union, et l'épousa d'abord secrètement, puis plus tard publiquement et la fit proclamer reine. Reconnue régente, après la mort du roi (13S3), elle fut peu après enferlûée, par les ordres de don Juan de Castille, son gendre, dans le monastère de Tordésillas, où elle mourut (1403).

* ÉLÉPHANT s. m. (j,'r. elephas, elephantos). Mamm. Genre de pachyderme à trompe, comprenant les seules espèces vivantes des pachydermes proboscidions, le mammouth ouélépbant fossile, ayant vécu aune époque géologique précédente. — Faire d'une mouche un

ELEP

Éléphant d'Asie.

ÉLÉPHANT, exagérer extrêmement une petite chose. — Encycl. L'éléphant est le plus grand

Éléphant d'Afrique.

elle plus lourd des quadrupèdes. De temps immémorial, il est célèbre par son intelligence et sa sagacité, par les services qu'il rend à l'homme , dans les pays orientaux, par son aspect imposant, par sa force immense, accompagnée d'une grande douceur el d'une docilité à toute épreuve, et par les actions étonnantes qu'ilest capable d'accomplir au moyen de sa trompe. Sa nourriture est entièrement végétale , aussi lui en faut-il une grande quantili' et sou appareil digestif est- il largement développé. La cervelle do cet animal parait bien petite, relativement chez un individu haut de 2 m.

cet organe pesait à peine 4 kilog. et demi. Les dents de l'éléphant consistent en deux longues défenses (une dans chaque os interma.xillaire) et en deux grandes molaires à chaque mâchoire. Les défenses, qui sont de monstrueuses incisives, sont faites d'ivoire et d'une couche superficielle d'émail; elles mesurent jusqu'à trois mètres de longueur et pèsent plus de bO kilog. chacune. La trompe est un nez démesurément allongé, qui est devenu un organe du toucher, sans cesser d'être celui de l'odorat. Elle forme une masse conique, longue de 1 m. 30 à 1 m. 60, qui va eu diminuant graduellement vers le bout; elle est munie d'un appendice semblable à un pouce, celui-ci, très sensible au toucher, est tellement fiexible et tellement adroit qu'il peut saisir une aiguille. Cette trompe constitue une arme formidable, au moyen de laquelle l'animal brise les plus grosses branches d'arbres, quand il cherche sa nourriture, accomplit les tâches les plus pénibles pour soq maître quand il est en esclavage, et se défend de ses ennemis. C'est à l'aide de sa trompe que l'éléphant introduit sa nourriture solide et liquide dans sa bouche, qui ne peut descendre jusqu'à terre, à cause du peu de longueur de son cou. Au moyen de l'aspiration, il emplit d'eau sa trompe et celle-ci verse le liquide dans la bouche, ou le jette en pluie rafraîchissante sur son dos. Les sens de l'éléphant sont très délicats. Son ouie surtout est d'une grande finesse. — Les éléphants habitent les forêts tropicales de l'Asie et de l'Afrique, où ils vivent en troupes; ils détruisent les arbres et surtout les plantes saccharines ; ils sont inoffensifs quand on ne les attaque pas. On les a domestiqués, dès la plus haute antiquité, pour en faire des animaux de charge ou des animaux de guerre et on leur fait encore la chasse pour s'emparer de leurs défenses (Voy. Ivoire). On a décrit deux espèces d'éléphants seulement. L'éléphant d'Asie {elelihas Indiens, Cuv.) se trouve dans les Indes orientales; sa hauteur ordinaire varie entre 2 m. 30 et 3 m. 30; les femelles mesurent toujours 40 ou nO centim. de moins. L'éléphant d'Afrique {elephas Africanus, Cuv.) habite les régions comprises entre la Cafrerie et le Niger; le mâle atteint jusqu'à 3 m. de haut.

ELEPHANTA ou Garapori, petite île de l'Inde anglaise, sur la côte E. de la baie de Bombay, à environ S kil. du continent; par 1S° o7' lat. N. et 71° long. E.; 8 kil. de circonférence. Les habitants, au nombre de 100, se livrent à l'élevage des moutons et de la volaille. Dans cette île, existe un remarquable temple souterrain, dont l'antiquité est inconnue, et qui a 44 mètres de long sur 41 de large; on y voit de nombreuses sculptures, des colonnes

à sa gross haut de 2

énorme ; et demi

Elcphanta.

et des compartiments taillés dans le roc vif. Vis-à-vis l'entrée principale, se trouve un

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