‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 364 sur 568 · EL PA · texte numérisé non relu

EL PA

un payement. — S'éloigner v. pr. Eloigner soi : ne vous éloignez pas, on aura besoin de vous; cette compagnie ne niti convenait pas, je m'en suis éloigné. — Etre éloigné ; l'orage commence à s'éloigner. — Fig. : s'éloigner des principes établis, des usages reçus. — S'éloigner de son devoir, s'éloigner du respect qu'on doit a quelqu'un, etc., manquer k son devoir, manquer au respect qu'on doitàquelqu'un, etc. Dans un sens anal. S'éloigner des

VUES, DES INTENTIONS, CtC, DE QUELQU'UN. —

S'Éloigner de quelque chose, avoir de la répugnance pour quelque chose, n'y être pas disposé. — S'éloigner de, avec un nom de chose pour sujet, signifie, dill'érer de : cette^ opinio7ine s' éloigne pas beaucoup de la mienne.

ÉLONGATION s. f. (rad. élonger). Chir.

Allungenienl d'un membre par suite de la distension des ligaments. — Astron. Distance apparente, c'esl-à-ilire angulaire d'une planète au soleil, telle qu'elle apparaît de la terre.

ÉLONGER V. a. (lat. e/&)i3(irc,allonger).Mar. Etendre dans le sens de la longueur.

ÉLONGÉS s. 111. Mar. Pièce de bois destinée à supporterla huneou les barres de perroquet.

ÉLOPE s. m. (gr. ellops, nom d'un poisson inconnu). Icht. Genre de malacoplérigiens abdominaux, famille des clupes. Les élopes ressemblent au hareng par la forme générale et par la disposition des nageoires; une épine plate arme les bords supérieur et inférieur de la nageoire caudale ; ils sont d'un gris argenté; on leur compte 30 rayons et plus à la membrane desouïes; laboucheestpeufendue; les bords des mâchoires, exaclement constituées comme celle des harengs proprement dits, et les os palatins sont garnis de dents en velours; on trouve l'élope dans les deux océans. L'élope lézard {elops saurus) a la tête longue et sans écailles, le corps nuancé de bleu et d'argent, les nageoires teintées de rouge et la tête comme dorée. Il se trouve dans les mers de la Caroline.

* ÉLOQUEMMENT adv. [-ka-man]. Avec élo • quence.

' ÉLOQUENCE s. f. [-kan-se](lat. eloquentia). Art, talent de bien dire, d'émouvoir, de persuader : discours plein d'éloquence. — Parext. Qualité de ce qui produit ou peut produire sur l'auditeur ou le spectateur, les mêmes effets, les mêmes impressions que l'éloquence: il y avait, dans le ton de sa voix, daris son regard, je ne sais quelle éloquence, plus forte que ses paroles mêmes.

* ÉLOQUENT, ENTE adj. [-kan]. Qui a do l'éloquence : Démoslhènc, Cicéron, sontlesiibis éloquents orateurs de l'antiquité. — Se dit aussi des discours et des ouvrages d'esprit, ainsi que du style : ilprononçaun panégyrique fort éloquent. — En parlant des termes dont on se sert pour s'exprimer. Noble, persuasif, choisi, etc. : s'exprimer en termes éloquents. — Fig. La colère est éloquente, elle rend quelquefois éloquent. — Par est. Se dit souvent de tout ce qui est capable de faire la même impression, de produire les mêmes eUets qu'un discours éloquent : larmes éloquentes.

ELORIO, station minérale de Biscaye (Espagne), à M kil. de Durango, 38 de Bilbau et 38 de Vittoria ; 1,.300 hab. Eaux sulfureuses, froides, à 12° R., employées en boisson contre les aliections cutanées rebelles.

EL PASO ou El Paso del Norte, ville de l'intérieur du .Mexique, à l'angle iS.-E. de l'état de Chihuahua, sur le Rio Grande, près de la frontière du Nouveau-Mexique ; environ 6,000 hab. Elle fut d'abord établie comme poste militaire, destiné à arrêter les incursions des tribus sauvages, mais le fort a été transporté à El Paso dcl Rio Grande, sur la route de Chihuahua à Santa-Fé.

ELUC

ELPIS, nom sous lequel les Grecs honoraient

l'Espéiimce.

ELPHINSTONi James),, srammairien écossais, néon 17'^i. moit en ISO'J. 11 ouvrit une école à Kcnsinglon ('"'il), voulut chant'er l'ortlioprapho anglaise et publia ii ce sujet plusieurs ouvrages quile eouvi'irentderidicule.Ses principales œuvres sont : French (ind Eriglish Langiingcs : Educatio)i, a Pirm cl Fifty Ycars Corrcsiiiviilcnce {H vol., I7i)i).

ELPHINSTONE (Mountstuart) , homme d'Kt.il anglais, né en 1779, mort en 1859. En 179:i, il entra dans la- (Compagnie des Indes orionlalcs et fut gouverneur de Bombay (181 !)-'27). Il pubi la un Arcount nf the Kingdom of Ciilbul et une History of Indiu, thc Hindoo und Malioinctaii Pcriods (2 vol.).

ELSENEURfdan. Udslngœr), ville maritime

Clidteau dti Kronborg, à Eiscneur,

du Danemark, dans File do Seeland.à 38 kil. N.-E. (le Copenhague; lO.OiJO h. Située sur la partie la plus étroite du Sund (qui, à cet endroit, ne mesure que ."1 Uil. de large), vis-àvis de la ville suédoise d'Helsingborg, Elseneur commande le principal passage entre te Categal et la Baltique, cl fait un grand commerce avecTétranger. Le château de Kronborg, élevé par Frédéric II (1580), sur une langue de terre, sert de prison. — lilsinériti'. [\. S.)

ELTON, lac salé du gouvernement d'As- Iraklian (Russie), à 110 Uil. E. du Volga, ItiO kil. earr. d'étendue. 11 produitdo grandes quantités de sel.

* ÉLU, UE part, passé de Elire : domicile fin. Dans le style de l'Ecriture : beaucoup d'nppetcs et peu d'iilus. — s. m. Celui qui est nommé par la voie des sull'rages : les élus du peuple. — Se disait autref. des officiers d'une élection, dont la principale fonction était de juger en première instance des contestations sur le fait des tailles, aides et autres impositions : les élus de telle ville. Au fém. Femme d'un élu : mudanif l'élue. — Se dit des prédestinés à la vie éternelle : le bonheur, la ijlijire des élus.

' ÉLUCIDATION s. f. Didact. Action d'élucider ; éclaircissement : l'élucidation d'un texte obscur.

* ÉLUCIDER V. a. {\a.l. elur.idare; de lucidus, claii). Didact. Rendre lucide, éclaircir : il élucida beaucoup de passages des auteurs anciens.

* ÉLUCUBRATION s. f. Ouvrage composé à force de veilles et de travail. Ne s'emploie guérequ'auplur. et pour désignerdes ouvrages d'érudition : il va bientôt publier ses doctes élucubrations. — Veilles, travaux mêmes qu'un ouvrage a coûté : mettre au jour le fruit deses élucubrations. Dans l'un et dans l'autre sens, mais surtout dans le second, s'emploie soutentpar plaisanterie et par dénigrement.

ELYM

ÉLUCUBRER v. a. (lat. eluciérare). Composer à forces de veilles : il a fini par élucubrer son ouvrage. S'emploie le plus souvent par ironie.

* ÉLUDER v. a. (lat. eludere). Eviter avec adresse : au lieu de répond.rr nettement, il a éludé la difficulté. — »\ S'éluder v. pr. Etre éludé : cet artifiee s'élude facilement.

ELUSA, auj. £au:c, v. princ. des Elusates. Lieu de naissance di: Uullnus, ministre d Arcadius.

ELUSATES, l'çuplc de l'intérieur de l'Aquitaine ; v. princ. Elusa,.

EL VAS. ville frontière d'Alemtejo (Portugal), prés de la (inadiana, à -Mij kil. E. de Lisbonne et 16 kil. do Badajoz (Espagne); 19,318 habitants. C'est une importante place de guerre, et le fort de Lippe, qui se dresse sur une colline des environs, est considéré 't^ comme imprenable.

ELVEN, ch.-l. de ^ cant., arr. et à 10 kil.

-- ..^^tf N.-E. de Vannes (Mor- ^ -JS-^-^ hiban), près de la rive droite de l'Arz; 3,43i hab. Monuments druidiques.

^: ELY fl'-li], ville du

V. ,.. Cambridgeshirc (Angleterre), sur une colline prés de l'Ûuse, à^^li kil.

: N.-N.-E. deCambriilge; environ 8,017 hab. L'évèché d'Ely fut fondé : en M07. La cathédrale, I lovée de 1174 à l.')34, > présente un bizarre mélange des styles saxon, normand et anglais primitif. Un fameux monastère, bâti en 670, devint plus tard le siège d'une école de grammaire, instituée par Henri VIII. Ely est la capitale de la partie du

ELZE

* ELYSÉE s. m. [é-li-zé]. Myth. Séjour des héros et des hommes vertueux, après leur mort : entrer dans l'Elysée. On dit dans le même sens, /fs champs Elysées; et alors ce mot est adjectif (Voy. Champs ELYsiiEs). — Fig. C'kst un Élysee, se dit d'un lieu agréable arrosé par des eaux limpides et planté de beaux arbres.

ELYSÉE (Palais del'), l'un des plus beaux ■ hôtels de Paris, entre la rue Saint-llonoré et les Champs-Elysées. Bâti (1728) par l'architecte iMolet, aux frais du comte d'Evreux, il fut acheté par M"" de Pompadour, passa ensuite aux mains du financier Beaujon (1773), de laduchesse de Bourbon (1790), devintpropriété nationale, et fut compris (IS04) dans la liste civile de Napoléon, qui le donna à .Murât. Le duc et la duchesse Je Berry l'habitèrent ensuite (1816-1830); le prince Napoléon y séjourna quelque temps (1858). Pendant l'exposition de 1867, les souverains étrangers y résidèrent. L'Elysée est aujourd'hui habité [lar leprésideut de laRépnblique.

•ÉLYSÉEN, ENNE adj. [é-li-zé-ain]. (Jui apparlient a l'Elysée, aux champs Elysiens : ombres élyséennes. On dit aussi : champs Elyséens

' ELYSIENS adj. m. pi. Myth. Ne s'emploie guèi'e que dans celte locution, les cu.vmps ÊLYSiENs, les champs Elysées.

' ÉLYTRE s. m. Quelques-uns le font fém. (gr. elutron, enveloppe). Entom. Nom que l'on donne aux ailes supérieures des insectes à quatre ailes, lui'squ'elles sont coriaces, peu llexibles, et qu'elles protègent les ailes intérieures, comme une espèce de gaine ou d'étui : les ébjlrcs d'un scarabée.

ELZEVIR ou Elzevier, nom d'une famille d'imprimeurs hollandais des xvi= et xvn= siècles. Louis (Ib40-16l7) établit à Leyde une industrie qui fut continuée et augmentée par cincj de ses fils, savoir : Mathieu, que remplacèrent ses fils Aliraliam et Boiiaveniure; Louis (11), qui, en 1390, fonda une imprimerie

Calhédiale dlily.

Cambridgeshirc appelée Isk of Ely et qui est comprise dans la plaine de Bedford.

ELYMAÏS, province de l'antique Elam, entre le fleuve Eulée et le golfe Persique. Les livres des Macchabées et de Tobie nomment ainsi une ville de Perse, qu'assiégea AntiochusEpiphane. Elymaïs est souvent employé pour Elam. |\oy. ce mot.)

* ÉLYME s. m. Bot. Genre de plantes graminées qui croissent de préférence dans les endroits sablonneux.

k la llave (mort en 16-21); Gilles, qui travailla à la Haye et à Leyde; Joost à L'trech; et Bonaveniui-e (1383-16.32). Ce dernier s'associa (1626) à Abraham, fils de Mathieu; de leurs presses sortirent ces nombreuses et exquises éditions de classiques, ainsi que ces ouvrages d'histoire et de politique (62 vol. in- 16) appelés en France : Les petites républiques, etauxquels le nom d'Elzevirs est aujourd'hui familièrement donné. Louis (IH), fils de Louis -IP, né en 1617, mort en 1670, fonda l'imprimerio elzévirienne d'Amsterdam et s'unit à son

liMAI

EMAN

EMBA

cousin Daniel en 16ai. De lG6i à ICSO, Daniel dirigea seul le travail. Ce fut le dernier de cette famille qui excellât dans riniprinicrie. Toutes ses œuvres de choix atteignent aujourd'hui un prix très élevé. Le nom li'Etzévir donné à un livre est devenu synonyme de correction et d'élégance typographique.

'ELZEVIR s. m. Ce nom sert à désigner les ouvrages sortis des presses de la famille des célèbres imprimeurs qui portail ce nom ; la collection des elzt'virs.

•ELZÉVIRIEN. ENNE adj. Qui appartient, qui a rapiKni aux elzévirs : Mkion elzévirienne.

ÉMACIATION s. f. (lat. emaciare, amaigrir). MéJ. Etat général de maigreur, surtout lorsqu'il provient d'un amaigrissement progressif plus ou moins lent. Si on l'applique à la maigreur partielle d'un membre, il est préférable d'employer le mot Atrophie.

* ÉMACIÉ, ÉE adj. Méd. Qui est très amaigri : sa fiijure était pâle, émaciée.

* EMAIL s. m. [l mil.] (bas lat. smaltum). Matière vitrifiée et plus ou moins opaque, qui peut recevoir différentes couleurs, et qu'on applique, à l'aide du feu, sur certains ouvrages d'or, d'argent, de cuivre, etc., pour les orner : les couleurs de l'émail sont inaltérables. — Email USÉ, celui qu'on a usé pour le ren'dre égal et

poli. Opposé à ÉMAIL EN RELIEF. — L'ÉMAIL DE

LA PORCELAINE, l'cnduit vilreux dont on la couvre, et qui est souvent orné de diverses couleurs. Dans un sens anal. L'émail de la faïence. — Par anal. L'émail des dents, la superficie ordinairement blanche et luisante qui couvre la partie osseuse des dents. — Se prend quelquefois pour l'ouvrage émaillé; et,encesens, on l'emploie surtout au pluriel: ce peintre ne réussit pas également bien dans les différents émaux. — Fig. et poétiq. Variété, diversité des fleurs : l'émail d'un parterre, d'^inc prairie. — Au plur. Couleurs et métaux dans les armoiries : les pièces de ces deux écus sont les mêmes, mais les émaux en sont différents.

ÉMAILLAGE s. m. Action d'émailler; art d'api'liquer une couche vitreuse sur une surface de verre ou de métal et de l'y faire adhérer par la fusion. La facilité, avec laquelle les couleurs peuvent être introduites dans les composés vitreux ou peuvent y être appliquées et y être fixées par la fusion ou la cuisson, a rendu cet art très populaire dès la plus haute antiquité. L'émaillage atteignit au moyenâge un rang plus élevé que celui qu'il iient aujourd'hui dans les beaux-arts. Les anciens Perses et les Arabes paraissent l'avoir pratiqué sur la fa'ience et sur la porcelaine. On trouve de la poterie émaillée dans les ruines égyptiennes. L'art de faire de la faïence commune ou émadlée fut porté à un haut degré de perfection pendant le xvi" siècle, à Caslel-Durante et a Florence, par les frères d'Urbino. Faenza était également célèbre par ses artistes. Bernard dePalissyintroduisitcetarten France, après avoii', pendant 'iii ans, essayé de produire une coupe semblable à une autre qu'on lui avait montrée. — L'émaillage des lames d'or et de cuivre ne devint pas un art apprécié avant le xvn' siècle. Jean Tou tin, orfèvre a Châteaudun, parait avoir été le premier qui fit des émaux de belles couleurs opaques et qui les appliqua aux portraits et aux sujets historiques (vers t630). Voici quel est le procédé le plus ordinaire : la lame de métal est revêtue des deux c6tés d'une couche d'émail blanc ; et sur celui-ci, on trace légèrement le dessin au moyen d'un crayon. Les couleurs, finement écrasées et mélangées avec de l'huile de lavande, sont ensuite étendues sur l'émail, comme on lait pour la peinture en miniature. On évapore l'huile à une douce chaleur et on chaulle la plaque au rouge pour incorporer les couleurs dans 1 émail. On peut retoucher la peinture, brûler de nouveau les couleurs et répéter plusieurs fois cette opération. Il y a

d'autres sortes d'émaillage. L'une a pour but d'émailler des ardoises pour en faire des manteaux de cheminée; une autre est employée sur la fonte pour l'intérieur de la batterie de cuisine, etc.

* ÉMAILLER v. a. Orner, embellir avec de l'émail, appliquer de l'émail sur quelque chose émaiUer une bague. — Emailler de la porcelaine, la recouvrir d'un enduitvilreux. — Fig. et poétiq. Orner, embellir, et se dit surtout des fleurs : le printemps a émaillé ces prairies d'une admirable variété de fleurs.

L'astre par qui les fleuis èmaillaient les campagnes, Par qui le serpolet pad'uniait les montagnes.

lUcAH. Bergeries.

ÉMAILLERIEs. f. Art de lémailleur.

* ÉMAILLEUR s. m. Ouvrier qui travaille en émail : lampe d'émaillcur.

' ÉMAILLUREs. f. Art. d'émailler: il excelle dans l'emuillure. — Ouvrage de l'émailleur : cette émaillurc s'est écaillée.

* ÉMANATIONS, f. Action d'émaner : l'émanation des corpuscules odorants. — Chose qui émane : les odeurs sont des émanations de certains corps; l'autoiité de ce corps est une émanation de la puissance souveraine. — i* Philos. Doctrine d'après laquelle le principe premier. Dieu, a fait sortir, couler de lui-même, par voie de dégagement successif, tous les êtres de l'univers, sensibles et insensibles, corps et âme. Tous les êtres vivants sont donc émanés et émanent éternellement de Dieu, sans le diminuer, ni l'épuiser, de même que la lumière émane du soleil.

ÉMANCIPATEUR, TRICE s. Celui, celle qui émançi|ie.

* ÉMANCIPATION s. f. Jurispr. Action d'émanciprr lui mineur; état du mineur qui est émancipé : récoquerune émancipation. — Fig. Se dit quelquefois dans le langage ordinaire : l'émancipation des colonies. — Législ. L'émancipation a lieu de plein droit par le mariage (C.civ.476), quelle que soit la jeunesse des conjoints A lors même que l'union aurait été contractée avant l'âge légal avec des dispenses : le bénéfice de l'émancipation ne cesse pas quand bien même le mineur deviendrait veuf avant sa majorité. Le mineur, même non marié, peut être émancipé par son père ou, à défaut de celui-ci, par sa mère, dès l'âge de lo ans révolus. Cette émancipation s'opère sur la seule déclaration de l'un ou l'autre de ces deux parents, reçue par le juge de paix assisté de son greffier (C. civ. 477). Le mineur, resté sans père ni mère, peut être émancipé à 18 ans sur l'autorisation de son conseil de famille. Un miiiuur ne peut, dans aucun cas, demander luimême son émancipation. L'émancipalion met lin à la tutelle et le tuteur est remplacé par un curateur. (Voy. Curatelle.)

* ÉMANCIPER v. a. (lat. cmancipare). Jurispr. Mettre un fils ou une tille hors de la puissance paternelle; ou mettre un mineur en état de jouir de ses revenus, à l'âge et suivant les formes déterminées par la loi : un mineur est éinancipé de plein droit par le mariage. — Fig, Alfrancbir ; avant d'émanciper cette multitu-Je, il eut fallu l'instruire. — »v Par anal. Emanci- PKii UN sEiiF, UN esclave; lui rendre la liberté, lui laisser la libre possession de sa personne. — Emanciper UN pays, ratlranchir d'une domination qui lui pèse. — Emanciper une colonie, lui prrmettic de se gouverner elle-même, la rendre indépendante. — * S'émanciper v. pr. Se donner tro]i de licence, sortir des bornes du devoir, de la bienséance; ne pas garder la mesure nécessaire ou convenable : vous vous émancipa beaucoup pour un homme qui relève de malad'ie. — »* Fig'. Conquérir son indépendance : les colonies américaines se sont émancipées.

ÉMANDIBULÉ.ÉEadj. {épnv.,e\. mandibule).

Zool. Qui est dépourvu de mâchoires ou de mandibules. S'applique surtout aux insectes.

* ÉMANER V. n. (lat. e, hors de ; mannre, couler). Provenir, sortir, découler de: le'Verbe émane du Père éternel, et le Saint-Esprit émane du Père et du Fils; il y a des corpuscules qui émanent des corps odorants, et qui produisent des odeurs.

* ÉMARGEMENTS, m. Action d'émarger; ce qui est porté en marge d'un compte, d'un mémoire, etc.: l'émargement des sommes énoncées.

'ÉMARGER V. a. (rad. marge). Signer, écrire en marge d'un compte, d'un inventaire, d'un étal, etc. : émarger les différentes sommes d'une imposition. — »\ Absol. Toucher ses appointements : il émarge au ministère de la guerre.

— Couper, diminuer la marge : émarger une estampe.

ÉMARGINÉ, ÉE adj. Hist. nat. Se dit des organes qui présentent une échancrure arrondie et peu profonde.

ÉMARGINULE s. f. Moll. Genre de gastéropodes scutibranches. La coquille est blanche et diaphane, striée et cûtelée; fendue, ainsi que le manteau, à son bord antérieur, qui pénètre même dans la cavité branchiale ; les bords du manteau enveloppent et couvrent en grande partie ceux de la coquille; la tête est épaisse et prolongée en trompe, garnie de deux tentacules coniques, qui portent les yeux sur un pédicule de leur base extérieure; le pied est épais, ovalaire et garni sur ses bords d'une rangée de filets. Généralement de petite taille (O" OH à 0" 06), les émarginules vivent dans des fissures de rochers, à une profondeur peu considérable; on en connaît plusieurs espèces vivantes qui se rencontrent à peu près dans toutes les mers. — Les espèces fossiles se trouvent dans les terrains tertiaires et même secondaires depuis l'époque salifère.

EMASCULATION s. f. Action d'émasculer ; tlal d'un iHimnie ou d'un animal émasculé.

ÉMASCULER v. a. (^ priv.; masndus, mâle). Enlever a un homme ou à un animal les organes nécessaires à la reproduction.

* EMBABOUINERv. a. (rad. babouin). Engager quelqu'un par des caresses, par des paloles tlaltcuses, à faire ce qu'on souhaite de lui : cette femme l'aembabouiné. Très familier.

— « S'embabouiner v. pr. Se laisser attraper par des cajoleries.

EMBÂCLE s. m. (de en et bâcle). Amoncellemeiil de glaçons qui barre un cours d'eau.

— Par exl. Barrage produit par des matières quelconques.

'EMBALLAGE s. m. Action de celui qui emballe ; choses qui servent i emballer : il s'est chargé de l'emballage de ces marchandises.

— Toile d'emballage, sorte de toile grossière qui sert à emballer.

* EMBALLER v. a. Empaqueter, mettre dans une balle : emballer des hardes, des livres, des meubles, etc. — Fig. et par plaisanterie. Emballer quelqu'un dans vue voiture, le faire partir en voiture, ou le voir monter en voiture pour quelque voyage. — *v Argot. Terminer vivement : Emballer son ouvrage.

— Arrêter, mettie en prison. — S'emballer, v. pr. Se dit d'un cheval qui prend le mors aux dents. — Argot. S'emporter.

* EMBALLEUR s. m. Celui dont la profession est d'eiiiballer des marchandises, etc. — Fig. et pop. Hâbleur, homme qui en veut faire accroire : ne vous fiez pas à ses promesses, c'est un emballeur. Ce sens est peu usité. — %iv Argot. Agent de police. — Emballeur de refroidis, employé des pompes funèbres qui mel les décédés en bière.

EMBARBOUILLER v. a. Fam. Faire perdre le fil des idées. — S'embarbouiller v. pr.

EMBA

EMBA

EMBA

Perdre le fil de ses idées, ne pas savoir ce qu'on dit.

* EMBARCADÈRE s. m. Mar. Espèce de cale, do jetée qui, «lu rivage, s'avance un peu dans la mer, et qu'on nomme aussi DÉBAncADÈRE, parce qu'elle sert au débarquement comme à l'embarquement. — *»■ Lieu où l'on prend le chemin de fer.

* EMBARCATION s. f. Mar. Dénomination générique sous laquelle on comprend tous les bateaux à rames, tels que chaloupes, canots, yoles, etc., et quelquefois même les petites barques à un ou à deux mâts : nous ne trouvâmes qu'une mauvaise embarcation.

EMBARDÉE s. f. Mar. Mouvement alternatif de droite à j^auche et de gauche à droite, qui écarte la proue d'un navire de sa direction normale et qui résulte le plus souvent de l'action du vent ou d'un courant.

EMBARDERv. n. Mar. Faire une embardée.

— V. a. Engager sous l'arche d'un pont.

'EMBARGO s. m. (esp. séquestre). Mar. Défense faite aux navires marchands qui sont dans un port ou sur une rade, d'en soi-lir sans permission : mellrcun embargo. — Législ. Quand un navire est frappé d'embargo, l'armateur assuré doit en faire la signification à l'assureur dans les trois jours de la réception de la nouvelle. Il doit de plus, pendant les délais pour le délaissement, faire toutes les diligences possibles pour obtenir la mainlevée de l'embargo.

EMBARILLAGE s. m. Action d'cmbariller :

l'embaritlnqe de la poudre est une opiration très délicate.

EMBARILLER v. a. Mettre en baril : embarilUr des harcitr/s saurs.

' EMBARQUEMENT s. m. Action de s'embarcpier, ou d'oiiiharquer quelque chose : depuis notre embarquement, nous avons été un mois sur mer. — Frais qu'il en coûte pour embarquer des marchandises : cet embarquement à coûté six cents francs.

* EMBARQUER v. a. (rad . barque). Mettre dans une liar(iue, dans un navire, dans un vaisseau. Se dit en parlant des hommes, des armes, des vivres, des marchandises, etc. : embarquer en grenier du sel, du blé, du charbon de terre, etc. — Engager à quelque chose, ou dans quelque alfaire ; et alors se dit ordinairement en mauvaise part : on l'a embarqué dans une méchante affaire . — S'embarquer v. pr. Entrer dans un vaisseau ou dans quelqu'autre bâtiment pour taire roule ; nous nous imbarqudmes à Toulon. — Prov. et fig. S'EiisARQUEn SANS BISCUIT, entreprendre un voyage sans être pourvu de ce qui est nécessaire; et plus lig. s'engager dans une entreprise sans avoir les moyens nécessaires pour la faire réussir, ou sans s'être prémuni contre les obstacles qu'elle pourrait éprouver. — Fig. et ordinairement en mauvaise part. S'engager à ou dans : s'embarquer dans une fausse démarche.

•EMBARRAS s. m. (rad. taire). Obstacle qu'on rencontre dans un chemin, dans un passage; encombrement : il y a toujours de l'ernbaîTas dans cette rue. — Fig. et fani. Faire de l'embarras, se donner de grands airs, ou alficher de grandes prétentions. — Causer de l'embarras a quelqu'un, être de trop chez lui, faire qu'il soit obligé de se mettre à l'étroit pour vous recevoir. — Fig. Confusion de plusieurs choses difficiles à débrouiller : il y a de l'embarras dans ce procès. — Peine que donne une multitude d'affaires qui surviennent toutes à la fois : je me trouée dans un embarras d'affaires le plus qrand du monde. — Irrésolution dans laquelle on se trouve lorsqu'on ne sait quel parti prendre, ni par quelle voie se tirer de quelque pas difUcile ; je me suis vu

dans un étrange embarras. — Gêne, malaise que cause la néi'essité d'agir ou de parler, lorsqu'on ne sait que faire ni que dire : Une pouvait cacher son embarras. — Embarras d'esphit, peine d'esprit, irrésolution d'esprit. - Méd. Commencement d'obstruction, et surtout accumulation de matières dans l'eslomac ou dans les intestins. — Embarras gastrique, all'ection produite par un amas plus ou moins considérable de saburres dans l'estomac ; on dit aussi fièvre saburrale ou fièvre gastrique. Cette affection s'annonce par un malaise général avec perte d'appélit et dégoût pour les aliments ; la bouche est amère et pâteuse ; la langue, qui devient limoneuse, se couvre d'un enduit jaunâtre ou blanchâtre ; le malade ressent des douleurs de tête, au-dessus des sourcils ; il a des nausées et parfois un peu de fièvre. L'embarras gastriquecomplique souvent des maladies aiguës, telles que l'angine, la bronchite, les érésipèles, les pneumonies. Il cède assez facilement à. un traitement convenable. On commence par prendre un émétho-catharliquc(5 centigr. détartre stibié et 1.5 gr. de sel de magnésie, dans un verre d'eau sucrée, en deux fois à un quart d'heure d'intervalle); le lendemain, 2 cuillerées d'huile de ricin. Pendant ce temps, on reste au repos et l'on prend des boissons tempérantes (limonades, orangeades) (Voy.

Dyspepsie). — Embarras intestinal, allection produite par une accu mu la lion de saburres dans les intestins et acconipagnée de tension de l'abdomen, de borborygmes, de vents, de lassitude, d'abattement et parfois de coliques. L'embarras intestinal se traite comme 1 embarras gastrique; on prend, en outre, de la lisane de café et de la poudre de charbon. — LégisL Quiconque cause un embarras sur la voie publique, en y déposant des objets qui nuisent â la liberté de la circulation, encourt une amende de 1 à5 fr. et en cas de récidive un emprisonnement do 1 à 3 jours (C. peu. 471 et 474). Mais ces arlicles du Code pénal ne peuvent êlre ajipliqués que lorsqu'il existe des règlements municipaux rendus en exécution de la loi des l(i-24 août 1790 (lit. XI, arl. :î et 4) et de celle des I9--J2 juillet 1791 (til. 1", art. 4(i.) (Voy. Balayage.)

* EMBARRASSANT, ANTE adj. Qui cause de l'eniliai ras, ijui est iiicoininode, gênant : les bagages sont embarrassants dans une marche. — Se dit aussi des personnes : cet enfant est embarrassant.

* EMBARRASSÉ, ÉE part, passé de Embarrasser. - Aie embarrassé, contenance embarrassée, air, contenance d'une personne qui éprouve de l'embarras. — Prononciation embarrassée, prononciation lente et mal articulée. — Un homme embarrassé de sa personne, un homme qui ne sait quelle contenance avoir.

* EMBARRASSER v. a. Causer de l'embarras, eneomliror,- obstruer : cette charrette embarrasse le chemin. — Empêcher la liberté du mouvement : otez votre manteau, il ne fait que vous embarrasser. — Fig. Embarrasser une affaire, embarrasser une question, etc., la rendre obscure et pleine de difficultés, la rendre malaisée à démêler, à éclaircir. — Fig. Mettre en peine, donner de l'irrésolution, causer du trouble d'esprit : on l'a fort embarrassé, il ne sait quelparti prendre. — « Gêner, déranger : si cet enfant vous embarrasse, donnez-lemoi. — Surcharger, faligaer : ce <)'(iU(ii'/ m't'mbarrasse l'esprit. — " S'embarrasser v. pr. "S'emploie surtout au figuré. Il s'embarrasse DE tout, les moindres choses lui font de la peine. C'est un uomme qui ne s'embarrasse de rien, rien ne lui fait de la peine, ne lui donne de l'inquiétude. S'embarrasser dans ses discours, perdre la suite de ses discours, et ne savoir plus par où en sortir. Ne vous embarrassez POINT DANS cette affaire-la, ne vous en mêlez pas, car vous vous y trouveriez embar-

rassé. Ne vous EMBARRASSEZ POINT DE CETTE AF- FAIRE-LA, ne vous en inquiétez pas. — Sv langue s'embarrasse, se dit en parlant d'une personneque la maladie, la crainte ou quelque autre cause empêche d'articuler distinctement. — Sa TÊTE s'embarrasse, se dit en parlant d'une personne malade, lorsque le transport au cerveau commence à se déclarer ou lorsqu'on appréhende qu'il ne se déclare. — Sa POITRINE s'embarrasse, sa poitrine commence à s'emplir, et il ressent de l'oppression.

— Fam. S'embarrasser de quelqu'un, so charger de lui.

EMBARRER V. a. Enfermer entre desbarres.

— S'embarrer v. pr. Se dit d'un cheval qui, après avoir passé la jambe au delà d'une des barres, qui le séparent des autres chevaux, ne peut plus se dégager.

EMBARRURE s. f. Méd. Accident qui survient, dans les fractures des os plats, surtout lorsque les esquilles restent enfoncées ou retenues par leurs extrémités sous l'os fracturé. — Art vétér. Excoriation, blessure que se fait un cheval contre les barres mobiles de sa stalle.

EMBASE s. f. (rad. base). Techn. Pièce de métal ou de bois qui repose sur une autre

pièce.

* EMBASEMENT s. m. Archit. Espèce de piédestal continu sous la masse d'un bâtiment.

EMBASTILLEMENT s. m. Action d'embastiller.

EMBASTILLER v. a. (rad. Bastille). Mettre à la Bastille ou dans une prison. — Embastiller une ville, l'entourer de bastilles, de l'orls.

* EMBATAGE s. m. (rad. battre). Charronn. Action d'appliquer des bandes de fer sur une roue.

* EMBÂTER V. a. (rad. bât). Faire un bât pour une bêle de somme ; cet ouvrier est fort adroit a bien embdtcr les mulets. — Fig. et fam. Charger quelqu'un d'une chose qui l'incommode : on l'a embdlé d'une affaire bien désagréable. Se dit aussi en parlant des personnes : qui est-re ijui m'a embdté d'un pareil imbécile? — \\, S'embàter v. pr. Etre embàté : voici comment un une s'embdte. — Fig. Se charger d'une chose ou d'une personne incommodante : je me suis embdté d'un procès qui n'en finit pas.

* EMBÀTONNER V. a. (rad. bdton). Armer d'un Ijàtoii. Famil. et peu usité. — »v S'embâtonner v. p. Embâtonner soi.

■ EMBATRE v. a. Charronn. Couvrir une roue avec des bandes de fer. — »* S'embatre

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