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V. pr. Etre embatu : les roues s'embatent a chaud

' EMBAUCHAGE s. m. Action d'embaucher.

Se dit surtout dans le sens d'cntrainement à la désertion : le crime d'embauchage est puni de mort. — Législ. Tout individu, qui embauche des ouvriers ou employés de manufactures françaises pour nuire à l'industrie de la France, en emmenant cesdits ouvriers porter leur industrie en pays étranger, est passible d'une amende de 50 à 300 fr. et d'un emprisuiuiement de 0 mois à 2 ans (G. peu. 417).

— Embauchage militaire. Ce crime est puni lorsqu'il fournil des forces à une rébellion intérieure et aussi lorsqu'il fait passer des soldats sous un drapeau ennemi. Est puni de mort celui qui, par argent ou par des liqueurs enivrantes, cherche a éloigner les défenseurs de la patrie pour les faire passer aux rebelles (C. milit. 20S).

* EMBAUCHER v. a. Engager un jeune garçon pour un métier dans une boutique; et plus ordinairement, faire entrer, admettre

EMBE

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un ouvrier dans un atelier : ce eompagnon est embauché depuis huit jours. — Sous l'ancien régime miliLaire. Enrôler par adresse : il l'a embauché fort udroUcment. Ce sens et le précédent sont familiers. — Eloigner ou chercher à éloiiiner des soldats de leurs drapeaux, pour les faire passer à l'ennemi, ou dans un parti de rebelles : on l'accuse d'avoir embauché plusieurs soldats, — *»■ S'embaucher v. pr. Se faire admettre dans un atelier.

* EMBAUCHEUR s. m. Celui qui embauche.

Fam. et peu usité. Se disait surtout sous l'ancien régime militaire d'un homme qui embauchait des soldais.

* EMBAUCHOIR s. m. Techn. Instrument de bois en forme de jambe, dont on se sert pour élargir les bottes ou pour empêcher qu'elles ne se rétrécissent : il est composé de deux pièces entre lesquelles on chasse un coin.

* EMBAUMEMENT s. m. Action d'embaumer un corps mort : les embaumements se font avec des baumes liquides et des plantes aromatiques.— Les embaumements consistaient jadis à préserver les corps de la corruption en introduisant des substances antiseptiques dans les vides que l'on formait en enlevant les parlies intérieures : cœur, intestins, foie, poumons, etc. Cet art était pratiqué chez les anciens Egyptiens, dont les momies se sont conservées pendant plus de 3000 ans. I.e procédé, décrit par Hérodote et par Diodore de Sicile, consistait à vider le corps, à remplir l'estomac et l'abdomen avec de la myrrhe et des épices, et à couvrir le corps de nation pendant 70 jours. On employait aussi deux autres méthodes moins coûteuses; mais, suivant le D'' Coi-mack, de Londres, la partie essentielle du procédé était l'application de la chaleur aux corps, après les avoir emplis d'une espèce de bitume. Cette méthode n'a jamais été divulguée, tandis que les autres opérations avaient pour but de la dissimuler aussi bien que de donner de la dignité à l'art d'embaumer. —Aujourd'hui, on n'embaume jilus de la même façon. Depuis que J.-iN. Cannai a découvert le procédé qui consiste à injecter dans les veines une solution concentrée de sulfate d'alumine. — Le procédé Brunetti consiste : \° à laver le système circulatoire avec de l'eau, par le moyen de l'injection ; 2° à injecter de très fort alcool, pour chasser l'eau; 3» à injecter de l'éther pour enlever la graisse, 4° a injecter une forte solution de tannin; b° à soumettre le corps à un courant dair chaud, que l'on a séché en le faisant passer sur du chlorure de calcium où il s'est débarrassé de toute humidité. — Avant l'embaumement d'un mort, il faut faire une déclaration, à Paris, au maire de l'arrondissement ou au commissaire de police du quartier, et dans les départements, au maire de la comiiiune de la personne décédée. — L'autorisation une fois obtenue, on ne peut procéder à l'enibaumement que 24 heures après la déclaration du décès, à moins do circonstances exceptionnelles, comme décomposition avancée, etc.

' EMBAUMER v. a. Remplir un cadavre de substances balsamiques, de drogues odorantes et dessiccatives, pour empocher qu'il ne se corrompe. — l'aitumer, emplir de bonne odeur : ces fleurs ont embaumé ma chambre. — Cette liqukur esib.\ume l.\ douche, elle a une saveur exquise. Absol. Ce vin eubaume. — *v S'embaumer v. pr. ttre embaumé : les corps s'embaument par divers procédés. — Devenir parfumé : la chambre s'embaume du parfum de ce bouquet. — Parfumer soi, ses vêtements.

* EMBAUMEUR s. m. Celui qui embaume les caiiavies : un habile embaumeur.

•EMBÉGUINER v. a. {rad. béguin).Coiiïer d'un béguin, l'eu usité en ce sens. — Envelopper la lôte de linge ou d'autre chose, on lorme de béguin : qui vous a si plaisamment

embéguinéî — Fig. Entêter de quelque chose, 1 infatucr :on l'a cmbéguiné de cette femme. Son plus grand usage est au passif, ou avec le pronom personnel. — S'embéguiner v. pr. Fig. Embéguiner soi : il s'est embéguiné d'une étrange opinion. Dans ce sens, on le prend toujours en mauvaise part. Ce mot est familier dans ses trois acceptions.

* EMBELLIE s. f. Mar. Moment de ralentissement dans l'agitation de la mer ou dans la violence du vent : profiler d'une embellie pour passer tine barre.

* EMBELLIR v. a. Rendre beau, orner : les plaisirs qui embellissent notre existence.

Et toujours la nature Embellit la beauté.

Marie. Mus. d'HBnoLo.

— Absol. La parure embellit; la mauvaise humeur n'embellit pas. — Embellir un conte, embellir i NE HISTOIRE, les Orner aux dépens de la vérité, ou les rendre plus agréables pai des détails intéressants- — v. n. Devenir beau : cette jeune fille embellit de jour en jour. — Prov. Ne f.\ire Qi'E CROÎTRE ET EUHELLIR, so dit d'une jeune personne qui devient tous les jours plus grande et plus belle. Se dit, par plaisanterie, des choses qui augmentent, soit en bien, soit en mal : il se débauche tous les jours de jdus en plus, cela ne fait que croître et embellir. — S'embellir v. pr. Devenir beau : cette ville s'embellit lie jour en jour ; dans le bonheur, tout s'emijellii à nos yeux.

' EMBELLISSEMENT s. m. Action par laquelle on cmliellit rcct homme travaille beaucoup à l'einbbllissement de sa maison. — Chose même ipii sert A embellir : ce jardin est un grand einbcllissement à votre maison.

EMBERLIFICOTER v. a. Jargon. Embarrasser, entortiller. - S'emberlificoter v. pr. Perdre le fil de ses idées, d'un raisonnement.

* EMBERLUCOQUER (S'), v. pron. Se coid'er d'une opinion, s'en préoccuper telleinent, qu'on en juge aussi mal que si on avait la berlue (Très fam.).

"EMBESOGNÉ, ÉEpart. passé du verbe inusité Embesogner (rad. besogne). Occupé à quelque besogne, à quelque alFaire : homme embcsoijné. Fam. et ne se dit que par plaisanterie.

EMBÊTANT, ANTE adj. Pop. Qui cause de renibèlcinent.

EMBÊTEMENT s. m. Pop. Action d'embêter, de benibêler; ennui, importunité.

EMBÊTER V. a. (rad. bête). Pop. Rendre bête; ennuyer, importuner. — S'embêter V. pr. S'ennuyer profondément.

* EMBLAVAGE s. m. Agric. Action d'emblaver, d'ensemencer le blé.

* EMBLA'VERv. a. (lat. btavum, blé). Agric. Semer une terre en blé.

de

EMBLA'VURE s. f. Agric. Terre ensemencée

* EMBLE s. m. Voy. Amble.

* EMBLÉE (D') loc. adv. (du v. inus, eîni/er, enlever avec violence ou par surprise). Du premier elfort, du premier coup, de plein saut. Ne s'emploie que dans ces phrases : prendre, emporter une ville d'emblée; il a été élu, nommé d'emblée. — Fig. et fam. Emporter

UiNE AFF.ilIlE, QUELQUE CHOSE d'EMBLÉE, en VCUir

à bout jiromptement et sans difticulté.

* EMBLÉMATIQUE adj. Qui tient de l'emblème : figure emblématique.

' EMBLÈME s. m. (gr. embléma, ornement en rcliet). Espèce de ligure symbolique, qui est d'ordinaire accompagnée de quelques paroles en forme de sentence : les emblèmes d'Alciut. — Symbole : un serpent qui se mord la queue était chez les Egyptiens l'emblème de l'élernilé; le coq est l'emblétne de la vigilance.

— Attribut : les imblèmes de la force, de la prudence. — Législ. n L'exposition, la distribution et la vente d'emblèmes séditieux ou d'emblèmes obscènes ont été interdites en dernier lieu par les lois du 29 juillet 1881 et du 2 août 1882 Les emblèmes religieuxne peuvent être exhibés dans aucun lieu public (L. 3 ventôse an II). La loi du 7 vendémiaire an IV (29 septembre 1795), qui est toujours en vigueur etqui a été rappelée àla tribune delaChambre des députés par le ministre de l'intérieur, dans la séance du i" juillet 18S2, est très explicite à l'égard des emblèmes religieux. L'article 13 de cette loi est ainsi conçu : « Aucun signe particulier à un culte ne peut « être élevé, fixé et attaché, en quelque lieu « que ce soit, de manière à être exposé aux <> yeux des citoyens, si ce n'est dans l'enceinte « destinée aux exercices de ce même culte, ou « dans l'intérieur des maisons des particuliers, « dans les ateliers ou magasins des artistes, « ou marchands, ou dans les édifices publics « destinés à recueillir les monuments des « arts 11. L'article 14 de ladite loi porte que ces signes doivent être enlevés de tout autre lieu, par les soins de l'autorité municipale, ou, à son détaut, de l'autorité départementale ; mais on doit en avertir à l'avance les habitants et procéder de manière à prévenir les troubles qui pourraient être suscités à cette occasion. L'article l.ï punit les contrevenants d'une amende de 100 à 500 fr. et d'un emprisonnement de dix jours à six mois. On peut ajouter, en ce qui concerne les écoles publiques, que la suppression de tout emblème religieux dans ces écoles est une conséquence indiscutable de la loi du*2ïi mars 1S82 sur l'enseignement. » (Ch. Y.)

* EMBOIRE V. a. Imbiber, humecter. —

Sculpt. EmBOIRE d'huile ou DE CIRE UN MOULE

DE l'L.vTRE, le frotter d'huile ou de cire fondue, pour empêcher la matière qu'on y coulera de s'y attacher. — S'emboire v. pr. Peint. Se dit d'un tableau dont les couleurs elles diU'érentes touches deviennent ternes, mates, et se confondent.

EMBOISER V. a. (v. fr. boise, tromperie). Engager ijuelqu'un par de petites Uatteries, par des cajoleries et par des promesses, à faire ce qu'on souhaite de lui : il ne voulait pas faire cela, mais ils l'emboisèrent. Pop. et vieux.

EMBOISEUR, EUSE s. Celui, celle qui emboise : c'est un emboiseur, une emboiseuse. Pop. et vieux.

' EMBOÎTEMENT s. m. Etat, position d'une chose qui s emboîte dans une autre, de deux choses qui s'emboitent l'une dans l'autre : l'emboitement des os. — w Physiol. Système d'après lequel la génération est expliquée par des germes vivants, qui s'emboîteraient en quelque sorte les uns dans les autres et se sépareraient pour former de nouveaux êtres.

* EMBOÎTER V. a. (rad. boite). Enchâsser une chose dans une autre : c'est une merveille de voir comme la nature emboîte les os les uns dans les autres. — Se dit aussi en parlant des assemblages de menuiserie, et d'autres ouvrages de buis ou de métal : ces ais sont bien emboîtés l'un dans l'autre. — E.\iBoiTKR des TUY.\ux, faire entrer le bout d'un tuyau dans un autre tuyau. — Emboîter le pas, se dit, dans les exercices de l'infanterie, lorsque les soldats, marchant les uns derrière les autres, se rapprochent tellement, que le pied de chaque homme vient se poser à la place où était celui de l'homme qui le précède. — S'emboîter. V. pr. Etre emboîté ; la tête de cet vs s'emboite dans la cavité de tel autre.— y. récip. Ces deux os s'emboitent l'un dans l'autre.

' EMBOÎTURE s. f. Endroit où les choses iCAnïioilfiil: l'emboiture des os. — Insertion d'une chose dans une autre : emboîture bien juste. — Les emboItures d'une porte, d'un VOLET, etc., les deux ais de travers en haut et

EMBO

en bas, dans lesquels les autres ais sont emboités.

* EMBOLIE s. f. (gr. embolon, coin). Méd. Obstruction d'un vuisseau sanguin par un caillot formé dans un vaisseau plus gi-and. Ces coagulations, venant fermer une artère, peuvent causer de graves accidents. L'embolie piilnionaiie cnlraine une mort subite.

* EMBOLISME s. m. ( gr. emhoUsmos).

Chronol. Inlercalation d'un mois, que les Grecs faisaient à certaines années, pour faire concorder l'année lunaire avec l'année solaire.

* EMBOLISMIQUE. Chronol. Intercalaire. So dit des mois sui'.i joules dans certaines années par les clironologisles, pour former le cycle iunaiie de dix-neuf ans : année emboKsmlquc.

EMBOLON s. m. (sr. embolon, coin). Ant gr. Di-posilion dos troupes en forme de coin ou en ordre cnnve.\e du cûté de l'ennemi.

EMBONNEMENT s. m. Désigne, dans les asiles d'alieni's, l'action de maintenir un malade agité en lui jetant sur la ligure une serviette mouillée dont on ramène vivement les deux bouts par derrière. L'agité, surpris, suffoqué et privé de lumière, est maîtrisé.

EMBONNER v. a. Maintenir un malade par l'eiulionnenient.

•EMBONPOINT s. m. Bon état ou bonne habitude du corps. Se dit surlout des personnes un peu grasses : il a beaucoup perdu de son embonpoint. .S'emploie aussi quelquefois en parlant des animaux : ces ehcvaux ont repris leur embonpoint.

EMBOQUER v. a. (lat. bucca, bouche ; v. fr. boijUe). Econ. rur. Introduire de force le manger dans la bouche des animaux pour les engraisser.

* EMBORDURER v. a. Mettre une bordure à un tableau, à une estampe : il a fait embordurer richement ce tableau. Peu usité.

•EMBOSSAGE s. m. Mar. Action d'embosser, de s'embosser; état d'un vaisseau embossé.

* EMBOSSER v. a. (rad. bosse). Mar. Amarrer un vaisseau de l'avant et de l'arrière, pour le fixer contre le vent ou le courant. Se dit surtout en parlant d'un ou de plusieurs vaisseaux qu'on amarre ainsi, pour qu'ils présentent le travers et puissent faire usage de leur artillerie : emhosser une frégate sous un fort que l'on veut eanonncr. — S'embosser V. pr. Etre embossé.

EMBOSSURE s. f. Mar. Câble ou grelin pour emliosscr.

EMBOTTELER v. a. Agric. Mettre en bottes.

EMBOUCHE s. m. Agric. Mode particulier d'eiigraissci- les espèces bovines au pâturage.

— Parext. Prairie dans laquelle se pratique l'embouche.

* EMBOUCHÉ, ÉE part, passé de Emboucher.

— Fig. et pop. Etre m.\l embouché, avoir l'habitude de parler impertinemment, de dire ou des injures ou des paroles indécentes. — Se dit aussi d'un bateau, d'un train de bois qui commence à passer dans quelque endroit resserré : ce train de bois, ce liateau est embouché dans le pertuis, dans la troisième arche du pont. — v-v Blas. Se dit d'une trompe, d'un cor, dont l'embouchoir est d'un émail différent de celui de l'instrument.

' EMBOUCHER v. a. (rad. bouche). Mettre à sa bouche un instrument à vent, afin d'eu tirer des sons. — Fig. Emboucher l.\ trompette, prendre le Ion élevé, sublime. Ne se dit guère que des poètes. — Manège Emboucher UN cheval, lui faire un mors convenable à sa bouche. — Fig. et fam. Emboucher quelqu'un, le bien instruire de ce qu'il a à dire. — S'emboucher v. pr. Se dit d'une rivière qui so jette dans une autre, ou qui se

EMiîR

décharge dans la mer : la Marne s'embouche dans ta Seine, d deux lieues au-dessus de Paris.

* EMBOUCHOIR s. m. Bout d'une trompette oud'un cor, qui se sépare de l'instrument, et qu'on y adapte lorsqu'on veut en tirer des sons. — Se dit quelquefois pour Embauchoir (Voyez ce mot).

" EMBOUCHURE s. f. Entrée d'un fleuve dans la mer, d'une rivière dans un tleuve ou dans une autre rivière : l'embouchure de la Saône dans le lihone est à Lijon. — Partie du mors qui entre dans la bouche du cheval : avoir diverses embouchures pour toutes sortes de chevaux. — Manière dont on embouche certains instruments à vont : une des grandes difficultés de la flûte traversiére, c'est l'embouchure. — EmBOICHURE de TROMPETTE, DE FLUTE,

DE FLAGEOLET, partie de ces instruments que l'on met dans la bouche pour en jouer.

* EMBOUER v. a. (rad. boue). Pop. Couvrir,

salii' de boue.

* EMBOUQUEMENT s. m. Mar. Entrée d'une passe étroite, d'un canal entre des terres, entre des iles.

* EMBOUQUER v. n. Mar. Entrer dans une pa>se étroite, dans un canal qui est entre des terres, entre des iles. Opposé à Débouqueu.

* EMBOURBE, EE part, passé de Embourber.

— Uui est enfonce dans la bourbe : chccal embourbé. — Prov. Jurer comme un charretier embourbé, jurer beaucoup, avec eniportenient.

* EMBOURBER v. a. (rad. bourbe). Mettre dans un boui hier : ce cocher nous a embourbés.

— Fig. et fani. Embourber quelqu'un dans UNE MAUVAISE AFFAIRE, l'y engager si avant, qu'il lie peut s'en tirer que difficilement.

— S'embourber v. pr. Etre embourbé : la voilure s'est embourbée . — Ce cocher , ce CHARRETIER s'est EMBOURBE, il a embourbé sa voiture. — Fig. et fam. S'embourber dans une MÉCHANTE affaire, s'y engager si avant qu'on ne peut s'en tirer que difficilement

•EMBOURBER V. a. (rad. bourre). Garnir de bourre, de crin, de laine : embourrer un fauteuil. On dit plus communément, Rembourrer.

•EMBOURSERv. a. (rad. bourse). Mettre en bourse : ce que nous jetions est pour les pauvres, et non pour embourser.

EMBOUT s. m. Bout de fer ou de matière dure, ijue l'on met au bout d'une canne, d'un parapluie.

EMBOUTER v. a. Garnir d'un embout.

* EMBOUTIR V. a. Archit. Revêtir de plomb

étamé une corniche ou tout autre ornement de bois, pour les préserver de la pourriture.

— V» Techii. Donner à un métal ou autre matière une forme bombée. — S'emboutir V. pr. Etre embouti : ce métal s'emboutit facilement.

EMBOUTISSAGE s. m. Techn. Opération mécanique qui a pour objet de donner à une masse une forme nouvelle, de manière que sa surface extérieure prenne une extension plus considérable.

* EMBRANCHEMENT s. m. Position d'un

tuyau qui se joint a un autre, comme une branche d'arbre se joint au tronc : embranchement de tuyaux. — Se dit aussi du point de rencontre de deux ou de plusieurs chemins: il y a une auberge à l'embranchement de ces deux routes. — Voie de chemin de fer secondaire qui se lie à une voie principale. — i* Hist. uat. Groupe principal de chacun des règnes de la nature.

* EMBRANCHER v.a. (rad. ôrancAs). Joindre des tuyaux, réunir des chemins. >'e s'emploie guère qu'avec le pronom personnel. — S'embrancher V. pr. Former un embranchement :

ÈMBR

ce chemin de fer s'embranche avec Celtii de l'Ouest.

' EMBRASÉ. ÉE part, passé de Embraser. — Par exag. Air embrasé, atmosphère embrasée, air, atmosphère dont la chaleur est excessive et brûlante.

• EMBRASEMENT s. m. Action ou effet d'un feu Violent qui consume en jetant des flammes : une légère étincelle pciâ causer un grand embrasement. — Fig. Combustion, désordre, grand trouble dans un Etat: cet embrasement allait gagner les provinces, on parvint à l'arrêter.

• EMBRASER v. a. Mettre en feu : embraser une maison, une ville. — Fig. Exciter passionnément, en parlant de la guerre, de l'amour, de l'enthousiasme, etc. : la guerre embrasa l'Iùirope; ce discours avait embrasé les esprits. — S'embraser v. pr. Prendre feu : celle matière s'embrase facilement.

D'un air plein d'amoureuse fl;inimc Aux accents de ta douce voil, Je vois ics fleurs lI les bois S'embraser eouinie a fait mon âme.

Théophile.

• EMBRASSADE s. f. Fam. Action de deux personnes qui s'embrassent : ils se firent mille emb)-assades.

EMBRASSANT, ANTE adj. Qui aime à embra^si'r.

EMBRASSE s. f. Bande d'étoffe ou torsade de lame, de soie, etc., qui est attachée à une patère et qui sert à relever les rideaux.

• EMBRASSEMENT s. m. Action d'embrasser, ou de s'embrasser : leur contestation finit par des embi\issements. — (Conjonction de l'homme et do la femme; et, en ce sens, il ne se dit qu'au pluriel : Achille naquit des embrassements de TliéUs et de Pétée.

•EMBRASSER v. a. (rad. bras). Serrer, élreindre avec les deux bras : cet arbre est si gros, que deux personnes ne sauraient l'embrasser. — Serrer quelqu'un avec les deux bras, et lui donner un baiser, des baisers ; souvent même il n'exprime que cette dernière action : embrasser un enfant.

La miire timbrasse en paix le fils qui lui sourit. Victor Hugo.

On termine souvent par ces mots les lettres écrites à un ami : je vous embrasse; je vous embrasse de tout mon cœur, etc. — Manège, Lmbrasser bien son cheval, le serrer avec les cuisses, pour être plus ferme. — Fig. Environner, ceindre : la mer embrasse la terre. — Fig. Contenir, renfermer, comprendre : c'est un génie, un esprit capable d'embrasser toutes sortes de sciences. — Fig. Entreprendre quelque chose, s'en charger i n'embrassez pas tant de choses il la fois. — Prov. et fig. Qui trop EMBRASSE MAL ÉTHEINT, qui entreprend trop de choses à la fois, ne réussit rien. — Fig. Choisir, préférer quelque chose et s'y attacher : embrasser la profession des aimes. — m*> Fig. Saisir, contenir par la vue : de ce point on embrasse un immense paysage. — ' S'embrasser v. récipr. S'embrasser l'un l'autre : on les réconcilia, et ils s'embrassèrent. — iv Etre embrassé : cet arbre ne peut s'embrasser, il est trop gros. — Etre saisi par l'œil ou par la pensée : toutes les parties d'un systètr.e ne peuvent s'embrasser à la fois; les détail de ce paysage ne s'embrassent pas à première vue.

• EMBRASURE s. f. Ouverture qu'on pratique dans les batteries, dans les bastions, ou sur les murailles des places fortes, pour tii-er le canon. — Ouverture pratiquée dans l'épaisseur des murs d'une maison, d'un appartement, pour y placer les portes etiesfenêtres : il m'a parlé dans l'embrasure de la fenêtre. — Biais qu'on donne à l'épaisseur des murs à l'endroit des fenêtres : les cotés de cette fenêtre n'ont pas assez d'embrasure.

• EMBRENER v. a. (rad. bran). Bas. Salir

EMBR

de bran, de matière fécale. — S'embrener V. pr. Embrener soi.— Fifi. et bas. S'embkener DANS QUELQUE AFFAIRE, s'engagsr mal à propos dans une vilaine alTaire.

' EMBRIGADEMENT s. m. Action de réunir des agents de l'autorité de manière à en former un corps, une brigade : l'embrigademeyit des gardes champêtres.

' EMBRIGADER v. a. Réunir deux régiments pour en former une brigade. —Réunir en un corps des agents de l'autorité qui jusque-là avaient agi isolément.

* EMBROGATION s.f. (gr. embroché, lotion). Chir. Fomentation faite, sur une partie malade, avec un liquide gras, huileux.

EMBROCHAGE s. m. Action d'embrocher, de s'embrocher; résultat de cette action.

* EMBROCHER v. a. (rad. broche). Mettre en broche ou à la broche. — Fig et pop. Embrocher quelqu'un, lui donner un coup d'épée au travers du corps. — »» S'embrocher v. pr. Embrocher soi : il s'est embroché c?! tombant. — T. récip. S'embrocher mutuellement : en se battant en duel, ils se sont embrochés.

* EMBROUILLEMENT s. m. Embarras, confusion : l'embrouillement des idées.

' EMBROUILLER v. a. (rad. brouille). Mettre de la confusion, de l'obscurité : il a embrouillé l'affaire. — S'embrouiller v. pr. Devenir obscur : l'affaire s'embrouille. — Perdre le fil de ses idées, de son discours: il s'embrouille aisément. On dit de même :son es2:ir;t s'einbrouille ; SCS idées s'embrouillent. — *v Se couvrir de nuage : le temps s'embrouille.

'EMBRUMÉ, ÉE adj. Qui est chargé de brouillard, de brume. S'emploie surtout en termes de marine : horizon embrumé.

EMBRUMER v. a. (rad. brume). Charger de brouillards .■ le voisinage des mers embrume le ciel. — S'embrumer v. pr. Devenir brumeux : l'horizon commence à s'embrumer.

EMBRUN (anc. Eburodunum). ville forlifiée, ch.-l. d'arr., à 41 kil. N.-E. de Gap (lluules- Alpes), sur un rocher près de la" Duiance, par 43° 3'3' 45" lat. N. et 4° 9' 30" long. E., au clocher; 3,430 hab. Sa cathédrale possède une très belle tour romane. Près de la caserne, autrefois palais archiépiscopal, est une touroriginale de maçonnerie, appelée la tour brune. Manufactures de toiles de lin et d'étoffes de laine. Saccagée par les Vandales, les Huns, les Saxons, les Maures, prise par les Huguenots et dévastée par le duc de Savoie en 1(i92, cette ville a un aspect triste qui rappelle le souvenir de toutes ces vicissitudes. Evêcbé au iV siècle, elle fut archevêché du ij." à la fin du xvni' siècle.

EMBRUNOIS, OISE s. et adj. D'Embrun; qui appartient à ce pays ou à ses habitants.

EMBRUNOIS ou Erobrunais. Eifn-odi/ncnsis jmgus, ancien pays du Uauphiné, aujourd'hui compris dans le dép. des Hautes-Alpes. Cap., Embrun; v. princ ^ '" ■ ■ ■' ■ -^ phin.

EMBRYOLOGIE s. f

Guillestre et Mont-Dau-

fgr. embruon, fœtus:

OtuI grossi d'un mainmirére. a. membrane vitcllinc. — h, vittUus. — c. Vésicule germinative. — d, tache germinative. — Dauâ la figure de gauche, nous montroni, un œuf ouvert par la rupture de la membrane vitelline; le vitellus s'échappe en partie.

logos, discours). Physiol. Science qui a pour objet l'étude delà formation et du développement des germes des êtres vivants dans l'or-

EMBR

gane qui les contient. — La distinction entre les animaux ovipares et les vivipares avait été imapiiiée par les anciens, pour indiquer une diliérence fondamenlale dans le mode de génération. En 16ol, William Harvey, dans son livre sur la génération, fut le premier qui émit cette opinion que « tous les animaux, même les vivipares, sansen excepterl'homme, sont produits par un œuf». En 1672, Regneer de Graaf montra que les ovaires de la femme et des femelles des quadrupèdes sont emplis de vésicules globuleuses, visibles à l'œil, et d'une apparence semblable à celle des œufs d'oiseau ou de poisson. Il donna à ces vésicules le nom d'œufs et aux organes dans lesquels ils se trouvent celui d'ovaires. Un siècle et demi plus tard (1827), Karl Ernst von Baer découvrit, à l'aide du microscope, le véritable œuf de la femme et des animaux vivipares : cet œuf est contenu dans l'intérieur des vésicules de de Graaf. Pour compléter nos connaissances, il restait à faire une importante découverte : celle de la maturation spontanée et de l'émission ou écoulement des œuls chez la femme et chez les femelles de quadrupèdes. Négrier (1840), Pouchet (1842), et Bischoff (1843) démontrèrent que ces œufs, originellement produits dans les ovaires, mûrissent et s'écoulent, indépendamment de tout rapport sexuel, à certaines périodes régulières; et que la fécondation de ces œufs par le sperme du mâle est un acte subséquent. L'œuf, au moment où il s'écoule de l'ovaire, consiste en un vitellus globuleux ou jaune d œuf, entouré d'une membrane appelée membrane vitelline et contenant une vésicule sphérique nommée vésicule germinative ; celle dernière est marquée d une tache germinative. Le premier changement, après la fécondation de l'œuf, est une division spontanée du vitellus, successivement en portions de plus en plu^ petites, de manière à produire à la lin une multitude de corps aplatis minuscules, qui sont attachés bord à bord et forment une membrane continue, appelée membrane blastodermique. Dans les œufs qui ont des jaunes très gros (œufs d'oiseaux, de lézards et de tortues), la formation de la membrane blastodermique commence par une tache particulière, la cicatricule, qui se forme à la surface du vitellus et qui s'étend dans chaque direction, de manière à envelopper graduellementtout le reste du jaune. Mais dans les œufs qui ont un jaune très peu volumineux, comme chez l'homme et les quadrupèdes, tout le vitellus est converti en membrane blastodermique et celle-ci, après sa formation, enveloppe seulement une petite cavité emplie d'un fluide aqueux, transparent. Ensuite la membrane blastodermique s'altère et se développe dans diverses parties, de manière à former les divers organes et les tissus de l'embryon. Une ligne se montre dans la partie la plus épaisse et la plus condensée; elle indique la future situation de la colonne vertébrale; les dilîérentes portions des vertèbres forment graduellement, le long de cette ligne, une chaîne d'anneaux cartilagineux, avec des apophyses transverses et obliques; la ligne est enveloppée et convertie en un canal, large et arrondi a l'extrémité antérieure ou tête, mais étroit et pointu a l'extrémité inférieure. Dans ce canal, le cerveau et le cordon spinal complètent leur développement, tandis que le reste de la membrane blastodermique se condense pour former le tégument et les muscles de lu poitrine et de l'abdomen. A la fin, ces portions s'unissent en avant, formant à leur point de jonction une cicatrice longitudinale ou arrondie, appelée ombilic. Le passage de l'état d'embryon a celui de fœtus est accompagné de la formation de plusieurs sacs membraneux, tels que l'amnios, lechorion,rallantoideetenliii le placenta. Dans les différentes classes d'animaux, le développement de l'embryon se fait par la formation et la disparition successives de di-

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vers organes adaptés à différents modes d'existence. Quand ces changements ont lieu après que le jeune animal a quitté son œuf, comme c'est le cas pour la grenouille, ces altérations de la forme extérieure du corps sont nommées transformations ou métamorphoses. Il arrive souvent que le jeune animal subit plusieurs transformations successives qui font varier son mode d'existence : il change alors son habitation; c'est pourquoi les naturalistes, trouvant le même animal dans diverses localités avec une autre organisation, ont pris le même embryon à différents âges pour des espèces d'animaux tout à fait distinctes. Ces changements d'habitation s'appellent migrations.

* EMBRYOGÉNIE s. f. (gr. embruon, fœtus; genea, production). Physiol. Formation et développement de l'embryon.

EMBRYOGÉNIQUE adj. Qui a rapport à l'embryogénie.

* EMBRYON s. m. (gr. embruon; de bruein, croître). Anat. Fœtus qui commence à se former dans le ventre de la mère. — Fig. et par mépris. Ce n'est qu'un embryon, se dit d'un fort petit homme. — Par anal. Bot. Se dit des plantes qui ne sont pas encore développées, qui sont en germe ou en bouton.

* EMBRYONNAIRE adj. Qui a rapport à

l'embryon, qui est à l'état d'embryon : période embryonnaire. — Bot. Sac EUEnvoNNAinE, petite cavité qui, suspendueau micropyle,se développe au sommet de la uueelle, quelque temps avant la fécondation; elle est remplie d'un mucilage qui se transforme en tissu cellulaire. C'est dans ce sac que se forme et se développe l'embryon. — Bot. Vésicule embryon- NAiRE, sorte d'utricule renflée, globuleuse, qui pend à l'extrémité libre du suspenseur, au milieu du mucilage du sac embryonnaire. Elle est remplie d'une substance granuleuse, qui formera plus tard un tissu de fines cellules. Cette vésicule est la première forme de l'embryon.

EMBRYOTOMIE s. f. (gr. embruon; tom', section). Chir. Opération qui consiste à diviser le fœtus dans le sein de lanière, pour le faire sortir par morceaux, lorsque l'accouchement ne peut se faire autrement.

■ EMBÛCHE s. f. (dee/i et hosc, qui asignifié bois). Entreprise secrèle pour surprendre quelqu'un, pour lui nuire. Plus usité au plur. qu'au sing. : il s'est sauvé des embûches qu'on lui avait dressées. — v* Piège caché.

EMBÙCHER (S') v. pr. Se dit des bêtes qui se réfugient dans un bois, lorsqu'elles sont poursuivies. — Se mettre en embuscade.

* EMBUSCADE s. f. Troupe de gens armés cachés dans un bois, dans un ravin, ou dans quelque autre lieu couvert, pour surprendre les ennemis : tomber dans une embuscade. — Se mettre, se tenir, être en embuscade, se cacher, se tenir caché, de manière à pouvoir surprendre quelqu'un au passage. Peut se dire d'une seule personne comme de plusieurs : j'étais en embuscade au coin de la rue, prêt à le saisir des qu'il paraîtrait.

' EMBUSQUER v. a. (rad. bosc, qui a signifié bois). Meltreen embuscade : il embusqua une partie de sa troupe. S'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel. — S'embusquer V. pr. Embusquer soi : ils s'étaient embusqués dans un ravin.

EMDEN ou Embden, ville maritime du Hanovre (l'russe), prè< de l'embouchure de l'Ems, dans le Dollart, a 75 kil. N.-U. d'Oldenbourg; 14,270 hab. C'est une des villes commerciales les plus importantes du Hanovre. Près de 400 vaisseaux entrent annuellement dans son port ou en sortent. Construction de navires.

EMECHE, EE adj.

Argot. Se dit de celui

EMER

celle chez qui se îSânifesterit les premiers symptômes de l'ivresse.

* ÉMENDER V. a. (lat. emeiulare). Palais. Con-is'cr, n-former ; la cour, émendant, ordonne...

• ÉMERAUDE s. f. fpr. smararjdos). Pierre précieuse el dia[)hane de couleur verte : émeraude d'Orinit oii orientulc. — Encycl. L'émeraude est un silicate d'alumine et de glucine; elle contienten outre de la chaux, de l'oxyde de tantale, de l'oxyde de fer el de l'oxyde" de chrome en petites proportions : sa couleur verte vient de ce dernier oxyde qui existe dans la relation de 1 p. 100. Son poids spécificjue est de '2,7. Elle est un des plus lins cristaux de l'espèce béryl. On la trouve dans les roches métamorphiques, les pranits et les micaschistes. Les plus beaux spécimens viennent des environs de Muzo au N.-N.-O. de Boïota (Amérique du Sud). Le duc de Devonshire possède, dans son cabinet, une émeraude parfaitenictit hexagonale, de o cent, de long, pesant S onces et dont les diamètres ont 3, 4 et ;i centim. Les émeraudes péruviennes it mexicaines, que nous connaissons depuis la conquête, étaient travaillées par les artistes indigènes aussi bien qu'elles le sont aujourd'hui par les plus habiles lapidaires modernes. Les anciens auteurs parlent d'énieraudes extraordinaii-es, qui devaient être des pierres fausses. — L'émeraude orientale n'est pas, comme la véritable émeraude, un silicate d'aluniino et de glucine, mais une variété transparente du corindon (Voy.

' ÉMERGENCE s. f. Phys. N'est guère usité que dans celte locution : Poi.m d'éuergexce, point par lequel un rayon lumineux sort d'un milifU après l'avoir traversé.

* ÉMERGENT, ENTE adj. Phys. N'est guère usité que dans cette locution : Les rayons ÉMEnGENTS, Ics rayons de lumière qui sorte d'un milieu après l'avoir traversé.

' ÉMERGER V. n. (lat. cmergcre). Passer d'un milieu intérieur à un milieu supérieur, et surtout sortir d'un milieu obscur pour entrer dans un milieu lumineux. — \\ Sortir de l'eau : ces rochers émcnjent.

■ ÉMERI s. m. (gr. smuris, smiris; esp. esmeril). Miner. Variété granulaire et impure de corindon, intimement mélangé avec de l'hématite ou avec du minerai de 1er magnétique. L'émeri oll're l'aspect d'un minerai de fer a grain très lin; et cette ressemblance l'a fait prendre pendant longtemps pour ce minerai. Son extrême dureté, qu'il doit au corindon, et la facilité avec laciuelli' on peut se le procurer en grande quantité, ont contribué à répandre son emploi dans les arts, pour user et pour polir, quand on l'a réduit en poudre, des métaux, des pierres tines el des cristaux. On le tirait autrefois de l'Asie-Mineure et de l'archipel Grec, particulièrement de l'ile de Naxos. Aujourd'hui on exploite des mines d'émeri dans les Indes orientales, à Jersey, à Sniyrne, à Chester et aux Etats-Unis. — w Fl.\con bouché a l'émeri, Udcon de verre dont le bouchon également de verre a été usé dans le goulot même au moyen de l'émeri, pour obtenir un bouchage plus hermétique. — On dit aussi Corindo.n émeui et on écrit quelquefois Emkkil.

• ÉMERILLON s. m. [Il mil.] (bas lat. mirlus). Espèce de faucon, qui est des plus petits et des plus vifs : on chassait autrefois aux alouettes acec l'éinerillon.

* ÉMERILLON s. m. Mar. Sorte de croc tournant sur un bout de chaîne, dont ou fait principalement usage, en pleine mer, pour pêcher les requins.

• ÉMERILLONNÉ, ÉE adj. Fam. Gai, vif, éveille comme un émeriUon : je vous trouve bien émcrillunné aujourd'hui.

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ÉMÉRITAT s. m. (lat. emeritum). Antiq.

Sorie lie retraite accordée aux soldats romains émériles. — Autref. Qualité d'un professeur émérite.

* EMERITE adj. (lat. emeritus, qui a mérité). Ane. université. Se disait de celui qui, ayant exercé un emploi pendant un certain temps, le quittait pour jouir des honneurs et de la récompense dus à ses services : professeur émérite. — w Se dit d'une personne qui a acquis une grande habileté parla pratique, et s'emploie aussi par plaisanterie : buveur émérite. — Antiq. Se disait des soldats romains qui, après avoir accompli leurs années de services, avaient mérité un congé juste et honorable (justa et honesta mi.'^sio), par opposition au congé honteux et infamant (turpis et ir/nominiosa missio). Ceux ijui n'avaient pu finir leur temps, par suite d'inlirmitésconlractées pendant leur service, recevaient une autre sorte de congé (causnria missio), qui leur donnait les mêmes droits que le premier.

" ÉMERSION s. f. (lat. emersio). Aslron. Se dit en parlant des planètes, lorsque, après avoir été cachées par l'ombre ou par l'intci'position d'une autre planète, elles commencent à reparaître : l'émcrsion des satellites de Jupiter. — v\ Action d'émerger; mouvement, état d'un corps quelconque qui sort d'un tluide dans lequel il était plongé, ou qui montre, en dehors de ce fluide, une partie de sa masse.

* ÉMÉRUS s. m. [russ]. Bot. Séné bâtard.

Voy. SÉ.NÉ.

' ÉMERVEILLER v. a. (rad. merveille). Donner de l'adiuiralion, étonner : cela a émerveillé tout le monde. S'emploie plus ordinairement au passif :/e)!4((is/o(iJ émerveillé. — S'émerveiller V. pr. Avoir de l'admiration, s'éloiiiier : ('/ n'y a pas de quoi s' émerveiller . Eain. dans les deux sens.

ÉMÉTINE s. f. Chim. Alcali végétal extrait

de l'ipecacuaiia.

■ ÉMÉTIOUE s. m. (gr. emetikos, qui fait vomir; de i-inrni, vomir). Vomitif dans la composition duquel il entre de l'antimoine. — Toute autre substance propre i faire vomir : l'ipécaeuana, le tartre stibié et le sulfate de zinc sont des émétiques. — Les éniétiques peuvent être divisés en deux classes : les émétiques spécifiques et les émétiques irritants. Les premiers agissent sur le système nerveux et produisent des vomissements précédés de nausées; les seconds, comme >c sulfate de zinc et la moutarde, produisent le vomissement par leur action directe sur la membrane qui forme l'estomac; leur eli'et, qui est immédiat, n'est jamais précédé de symptômes précurseurs. — Adjectiv. Se dit des uiedicaments qui contiennent de l'emétique : poudre émétiijue.

' ÉMÉTISER V. a. Mêler de l'emétique dans quelque boisson : émétiser une tisane. — »v Ûoniier de reinéti([ue à : émétiser un malade.

ÉMÉTO-CATHARTIQUE adj. (gr. emelos, vomissement; cathartikos, purgatif). Méd. Qui est en même temps vomitif et purgatif ; potion éméto-cathartique. — s. m. Médicament ayant pour but de provoquer à la fois le vomissement el des selles. L'émélo-cathartique le plus employé se compose de o centigr. de tartre stibié avec 20 gr. de sel de magnésie dans un verre d'eau ou de bouillon.

* ÉMETTRE V. a. (lat. emittere). Mettre en circulation : le gouvernement émit du papiermonnaie. — Se. Lancer hors de soi : les rayons qu'émet le soleil. — Fig. Produire, manifester: émettre son opinion.

ÉMEU s. m. Voy. Éiiou.

* ÉMEUTE s. f. (lat. emotio, agitation). Tuinulle séditieux, soulèvement dans le peuple: apaiser une émeute. — Législ. Tout citoyen doit éviter de se trouver dans une émeute et

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de participer aux actes qu'elle peut faire corameltie. Le port d'armes apparentes ou cachées, flans une émeute, est puni de la détention ; le port simultané d'armes et de costumes est puni de la déportation. La peine de la détention est aussi portée contre le locataire ou le propriétaire, qui, connaissant le but d'une émeute, ont, sans contrainte, procuré aux émeutiers l'entrée de leur maison habitée ou non habitée (L. 24 mai 1834). (Voy. Attroupements.)

• ÉMEUTIER s. m. Celui qui e.xcite un tumulte public, qui prend part à une sédition : c'était un dangereux émeutier. — »v Au fém. Emeutière. — adj. Qui prend part ou se rapporte à une émeute : conspiration émeutière.

' EMIER V. a. (rad. mie). Froisser un corps entre les doigts, de manière à le mettre en petites [lartics : émier du pain.

ÉMIETTEMENT s. m. Action d'émietter, de

s'émietier; état de ce qui est émietté.

• ÉMIETTER V. a. (rad. miette). Réduire du pain en petits morceaux, en miettes. — w

j S'émietterv. pr. Tomber en petits morceaux, ! en miel tes : ce sel s'émiette SOUS les doigts.

j • ÉMIGRANT s. m. Celui qui sort do son pays pour aller s'établir ailleurs : le grand nombre des émigrants annonce la misère l'un pays. — Est aussi adj. ; et alors il a pour lém. EuiGRANTE : troupe émigrante.

' ÉMIGRATION s. f. Action de sortir de son

pays pour aller s'établir ailleurs ; et quelquefois état qui résulte de cette action : les émigrations se multiplièrent, malgré les défenses de l'autorité. — Se dit, particulièrement, en parlant d'un nombre plus ou moins considérable de personnes qui émigrent, qui ont émigré en même temps par suite de quelque événement politique : l'émigration qui suivit la révocation de l'édit de Nantes. — «.v Hist. Sortie de France des ennemis de la Révolution : l'émigration des nobles et des prêtres livra la France aux révolutionnaires. — Collectiv. Les émigrés : l'émigration rentra sous le Consulat. — Encyl. Un mouvement remarquable porle, depuis la plus haute antiquilé, les peuples à quitter leur pays natal, pour se diriger ordinairement du nord au sud et de l'est à l'ouest. D'après la tradition, les Phéniciens, conduits parCadmus, et les Egyptiens, dirigés par Danaiis et par Cécrops, "émigrèrenl en Grèce; les Tyrrhéniens quittèrent la Grèce pour se créer une nouvelle patrie en llalie. Les peuples nomades ont émigré en masse : nous avons eu, dans l'antiquité, l'exemple des Juifs, fuyant l'Egypte et se mettant à la recherche de la Terre promise; de nos jours, le peuple entier des Mormons abandonna le territoire des Etats-Unis, traversa presque toute l'Amérique du Nord, et se réfugia dans l'Utah, alors au Mexique; les Boers ont lui, par une émigration non moins générale, la domination de r.\ngleterre. La Gaule fut probablement peuplée par une nation d'origine ouralo-altaïque, que des émigrations do Celtes repous^èrent dans les Pyrénées, où elle se maintint sous le nom de Basques. Chez les peuples civilisés, l'émigration prend ordinairement le caractère de la colonisation. (Voy. Colonie.) Les grandes migrations des peuples germaniques inondèrent l'empire romain , dans leur mouvement du nord au sud et de l'est a l'ouest. Charlemagne changea la direction de ce courant : il poussa du sud à l'est et au nord les nations germaniques sur les peuples slaves. "Depuis cette époque, l'Europe a dû résister aux émigrations militaires de plusieurs nations asiatiques : Maggyares, Tartares, Arabes, Turcs. Un courant d'émigration des peuples Scandinaves (Northmen) amena de grands changements dans la constitution des peuples occidentaux. La révocation de l'édit de Nantes poussa sur l'Europe un Ilot de

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