EN RE
en parlanid'un dépit, d'un déplaisir s,ensible : il enrage de voir son ennemi dans ce poste. — Etiie enragé contre quelqu'un, êti'e d^ins une grande colère contre lui. — Il k'eniuge pas POUR MENTIR, il est dans l'habitude démentir.
* ENRAYEMENT ou Enraiement s. m. Action d'enrayer : t'enraycnu nt ne put se faire aiSiz vite.
- ENRAYER v. a. (rad. rais). Se conjugue comme Payer. Garnir une roue de rais. — Arrêter une roue par les rais, ou au moyen d'un sabot, etc., en sorle qu'elle ne tourne point, et qu'elle ne fasse que glisser : larotie (/ii'on avait enrayée se rompit. En ce sens, est plus ordinairement employé sans régime : cette descente est trop rapide, il faut enrayer. — V. n. Fig. etfam. S'arrêter : vous faites trop de dépense, je vous eonseille d'enrayer. — Agric. Tracer le premier sillon dans un champ qu'on veut labourer.
* ENRAYURE s. f. Ce qui sert à enrayer une roue : i'enrayure cassa au milieu de la descente.
' ENRÉGIMENTER V. a. (rad. régiment). F ovmer un roginuMiL do plusieurs hommes ou de plusieurs compagnies séparées : on a enrégimenté tous ces soldats. — Fig. et fam. Faire entrer dans un jiarli, dans une coterie : tous les partis ont la prétention d'enrégimenter les électeurs. — *v S'enrégimenter v. pr. Entrer dans un régiment, s'enrôler. — Fig. Embrasser un par[\:il s'enré'jim'nta dans le élan bonapartiste.
ENREGISTRABLE o', Enregi trahie adj. Qui peut, qui iliiit èln- enregistre.
* ENREGISTREMENT ou Enregîtrement s. m. [an-re-jiss- ou ji-tre-man]. Action d'enregistrer. Se dit particulièrement de la transcription ou de la simple menliou d'un acte, d'un écrit quelconque, dans les registres publics : l'enregistrement des actes publics. — Administration de l'enregistrement : ce jeune homme se destine à l'enregistrement. — Autref. Enregistrement d'une ordonnance, d'unk déclaration DU ROI, etc., acte par lequel une cour souveraine, après avoir examiné une ordonnance, une déclaration, etc., qui lui était envoyée parle roi, la faisait transcrire sur ses registres. — Ce qu'on écrit sur un contrat, sur un acte, etc., pour faire foi qu'ils ont été enregistrés : l'eni-egistremeut île ce privilège, de cet exploit porte telle date. — Législ. « Chez les anciens Romains, il e.xislait un impôt sur les ventes; on le percevait en Italie et dans les provinces, et l'on nommait cet impôt centesima rerum venatium, parce qu'il était fixé au centième du prix de toute marchandise vendue. Sur les ventes d'esclaves, le droit s'élevait à 4 p. 100 et se nommait en conséquence quinta et vicesima venalium mancipiorum. L'impôt des successions ou vicesima hered'datium ne fut établi que sous Auguste ( Voy. Journal des Savaiits, septembre I SS2). Les droits d'enregistrement, qui pèsent aujourd'hui à outrance sur la propriété, étaient représentés, sous l'ancien régime, par le contrôle des actes notariés, lequel date de do81. Les actes sous seings privés devaient aussi être contrôlés avant que l'on put en faire usage (édit d'octobre 170u); les exploits et les actes judiciaires étaient également assujettis au contrôle, à peine de nullité et d'amende. Un dro'il d'insinualwn, établi en liil'J sur les donations, fut ensuite appliqué à d'autres actes déjà soumis au contrôle, puis généralisé en 1703. On percevait aussi le eenlième denier sur les niutalions d'immeubles; et il faut ajouter à ces imjiôts les droits de marque ou timbre, les droits de scel, ceux degrell'e, d'hypothèque, etc. La percepliou de quelquesuns de ces droits était laissée à des oflicieis publics; les autres étaient aliermés à des compagnies financières. Ils furent presque tous abolis par la loi des ."j-lO décembre 17'J0, qui créa la régie ou administration de l'enre-
ENRI
gistrement. Les droits actuellement perçus sur les actes judiciaires, extra-judiciaires ou civils et sur certains actes administratifs, sont fi,xes ou fixes-gradués ou proportionnels. Les droits lixes varient depuis 1 fr. jusqu'à 22 fr. iiO; les droits gradués, qui ont été substitués à certains droits lixes par la loi du 28 février 1872, varient selon les sommes ou valeurs et selon l'échelle suivante de ces sommes: S,000 fr., 10,000 ifr., 20,000 fr. et au delà, par somme ou fraction de 20,000fr. Les droits proportionnels sont calculés au prorata des sommes ou valeurs; mais en comptant pour 20 fr. chaque fraction de vak'ur inférieure à ce chiiïre. Ces droits proimrtionnels varient de 0 fr. 10 c. a 9 fr. par 100 fr. du montant des sommes ou valeurs. La pliqiart des droits d'enregistrement sont majorés de deux décimes et demi, soit d'un quart du droit principal. (Voy. Décime.) Quelques actes sont enregistrés gratis; d'autres sont enregistrés en débet, c'est-à-dire sans que les droits dus soient versés, mais sauf recouvrement ultérieur; enfin certains actes sont exempts des droits et de la formalité de l'enregistremeut. La perception des droits est faite par des receveurs d'enregistrement et il existe un bureau au moins au chef-lieu de chaque canton. La loi lixe des délais pour l'enregistrement des différentes espèces d'actes; et, en cas d'omission ou de retard, on ajoute au droit dû, des amendes et mêmes des droits en sus. La prescription est acquise après trente ans, pour le paiement des droits ; et, après lieux ans, pour les amendes et les suppléments de droits. Il y a dans chaque département, un directeur "de l'enregistrement, <lu timbre et des domaines (voy. Domaine), un inspecteur, des sous-inspecteurs et des vérilicateurs. Les conservateurs des hypothèques forment une classe à part, parmi les receveurs del'enregistremeut (Lois ii frimaire an Vil, 28 avril 1810, 2:! aoiit et 16 septembre 1871, 28 février, .'iO mars et 29 juin 1872, :>0 décembre 1873, 21 juin ISl'A, etc., etc.). Nous avons, autant riue possible, dans le cours de ce Dictionniiire, fait connaître le taux des droits d'eiiregislrement applicables aux contrats les plus usuels. )> (Ch. y.)
• ENREGISTRER ou Enregîtrer v. a. [anre-jiss- ou Ji-tré]. .Mettre, écrire quelque chose sur lin registre, ou seulement en prendre note : ce qu'il a fait? je n'en sais rien : je ne suis pas là pour enregistrer toutes ses actions. Cette phrase est figurée et familière.
— Transcrire ou seulement inscrire, mentionner un acte, un écrit dans des registres publics, formalité qui a principalement pour objet d'empêcher les antidates et les faux : une saisie réelle est nulle, si elle n'est enregistrée; les actes sous seing privé n'ont de date certaine que du jour où on les a fait enregistrer. — Ane. Législ. Enregistrer une ordonnance, etc., en taire l'enregistrement. (Voy. Enregistrement.) — »v Consigner par écrit ou même dans sa mémoire pour en conserver le souvenir : il faut au moins enregistrer des faits qui en vaillent la peine. — S'enregistrer v. pr. Etre enregistré : les jugements s'enregistrent niiiiiitrnant sur les iiiiiiules.
ENREGISTREUR ou Enregitreur s. m. Celui qui enregistre. — Adjectiv. Appareil enregistreur, se dit de tout appareil qui donne automatiquement les indications, en vue desquelles il est construit.
' ENRHUMÉ, ÉE part, passé de Enrhumer.
— Sulistaiiliv. l'ersonne atteinte de rhume.
* ENRHUMER v. a. Causer du rhume : le moiirlre changement de temps l'enrhume. — S'enrhumer v. pr. l'rendre un rhume : évitez ihinnidité, ou vous vous enrhumerez.
' ENRICHI, lE pari, passé de Enricuir. — Substantiv., au propre. Personne enrichie : ce sot à toute la morgue d'un, nouvel enrichi.
ENRO
• ENRICHIR V. a. (rad. riche). Rendre riche : le eommcri'i; enrichit les Etats. — Absol. Le travail enrichit. — Orner par quelque chose de riche, do précieux : emiehir de pierreries une montre. — Fig. S'emploie souvent dans l'un et dans l'autre sens : enrichir la science de nouvelles découvertes ; il cnrietiissait ses discours de figures brillantes, d'expres.iions nobles. — Enrichir une langue, la rendre plus abondante, plus riche, par de nouveaux mots, de nouveaux tours, de nouvelles acceptions que l'usage adopte. — Enrichir un compte, un récit, y ajouter plusieurs circonstances inventées, pour l'embellir, pour le rendre plus agréable. — S'enrichir v. pr. Devenir riche : s'enrichir aux déiicns d'ouirui, des déjiouilles d'autrui. — Etre enrichi : le cabinet de ce curieux s'enrichit tous les jotirs de nouvelles raretés. — Etre orné : la mémoire s'enrichit par la lecture. — Prov. Qui s'acquitte, s'enrichit.
* ENRICHISSEMENT s. m. Action de rendre richr, plus riche. Ne se dit guère qu'au figuré : un sage emploi de mots étrangers peut contribuer il l'enriehissemcrd d'une langue. — Pr. et fig. Parure, ornement : les peintures, les dorures sont un enrichissement nécessaire dans îin. palais.
ENRIQUEZ GOMES (Antonio), [ain-ri'-kèssgo'-iness|, littérateur espagnol, dont le vrai nom était Enriquez de Paz, né au commencement du XVII" siècle. Son Siglo làlagùrico est un livre mystique en prose et en vers, satirisant l'ancienne doctrine de la transmigration; il a laissé plusieurs autres ouvrages, dont 22 comédies.
ENROCHEMENTS, m. Hydraul. Grosse maçonnerie de pierres établie au fond de l'eau pour asseoir ou protéger une fondation.
ENROCHER v. a. (rad. roche). Hydraul. Garnir d'un enrochement : enrocher une jetée, un ponl.
' ENRÔLÉ, ÉE part, passé de Enrôler. — »* s. m. Celui qui est engagé pour le service militaire.
•ENRÔLEMENT s. m. Action d'enrôler ou
de ^ eiuôler : les enrôlements forcés sont défenilus. — Acte, feuille où l'enrôlement est écrit : j'ai son enrôlement dans ma poche. — Législ Voy. Recrutement.
• ENRÔLER V. a. (rad. rôle). Mettre, écrire sur le rôle. Se dit particulièrement en parlant de ceux qu'on engage pour servir dans l'armée de terre ou de mer : on l'a enrôlé dans une compagnie d'infanterie. — *v Fig. par ext. Faire entrer dans une société, dans un parti: il cherche ci l'enrôler dans sa compagnie. — ' S'enrôler v. pr. S'engager; se dit surtout en parlant de ceux qui entiiMit dans l'armée : il s'est enrôlé depuis deux jours. — Par ext. et fam. Se dit quelquefois en parlant de toute espèce d'afliliation : .■i'enrôkr dansune confrérie, dans une troupe de comédiens.
ENRÔLEUR s. m. Autref. Celui qui était chargé d'enrôler des hommes pour le service militaire. On dit mieux Kacoi.eur.
• ENROUEMENT ou Enroûment s. m. Etat, incommodité lie celui qui est enroué : avoir un grand enrouement.
■ ENROUÉ, ÉE part, passé de Enrouer. — Advirli.jl, Fain. Parler enroué, parler d'une voix enniuee.
■ ENROUER V. a.(lat.rauc)(s, rauque). Rendre la voix rauque, moins nette et moins libre qu'à l'ordinaire : ses efforts pour se faire entendre de ses auditeurs l'onl enroué. — S'enrouer V. pr. Enrouer soi, sa voix : s'enroiwr à force déparier. — Devenir enroué : à force de crier lu ruix s'enroue.
ENROUILLEMENT s. m. Action d'enrouiller, <:i: .s'ei.r .uiller; ilat de ce qui est enrouillé.
• ETJKOUILLER v. a. (rad. roudle). Rendre
ENSE
ENSE
ENSE
rouillé, eniîendrer de la rouille sur quelque nictal •.l'humidité enrouillck fer. — Se [irend quelquefois ligurément : l'oisivi'lc enfuiillc l'esprit. Ce sens est familier. — S'enrouiller V. pr. Devenir rouillé : le fer s'enrouilk. On dit plus ordinairement Kouiller et Se rouille it.
■ENROULÉ, ÉE part, passé de Enrouler. — !•* S. m. pi. Moll. Nom donné par Lamark à une famille de gastéropodes pectinibranches, voisine des cokimellaires. Il a proposé d'y classer tous les mollusques dont la coquille est presque entièrement enveloppée par le dernier tour de la spire.
* ENROULEMENT s. m. Action d'enrouler, de s'enrouler; résultat de celte action : l'enroulement des feuilles dans le boui'geon. — Archit. et Jard. Ce qui est tourné en spirale : l'enroulement d'un ehapiteau; l'enroulement d'une plate-liande de buis ou de gazon, etc.
' ENROULER v. a. (rad. rouler). Rouler plusieurs fuis une chose autour d'une autre, ou sur elle-même : le simje enroule sa queue autour des branches pour s'y suspendre. Fabr. Enrouler une pièce d'étoffe sur le cylindre. — S'enrouler V. pr. Etre enroulé : les vrilles de cette jiliinlc s'enroulent autour des corps voisins.
* ENRUBANNÉ, ÉE part, passé deENRuiuN- NER. — Adjectiv. Cir.u'EAU enrubanné, chapeau orné de rulj.ins.
ENRUBANNER v. a. Couvrir de rubans, parer a l'excès. — * S'enrubanner v. pr. Enrubanner soi. — Par plaisant. Se dit d'un homme l'bamarri' d'ordres et de cordons.
* ENSABLEMENT s. m. Amas de sable formé par un courant d'eau ou par le vent -. il y a dans cette rivière un ensablement qui gène la niivigatioiK
' ENSABLER v. a. (rad. sable). Faire échouer sur le sable. Ne se dit iruère qu'en parlant des neuves ou des rivières : il n'y avait pas assez d'eau dans la rivière, le batelier nous a ensablés. — »* Remplir, couvrir de sable : ensabler une allée. — »v S'ensabler v. pr. Ensabler soi, son bateau : le balciier s'ensable ii tous moments. — Etre ensable : le bateau s'est ensablé. — Se remplir de sable : ce chenal s'ensable graduellement.
* ENSACHER v. a. (rad. sac). Mettre dans un sac : ensacher des noix, des po7nmes, des grains, etc.
* ENSAISINEMENT s. m. [an-sê-zi-ne-man].
Dr. tuod. .\i-tiou d'ensaisiner, acte par lequel on ensaisinait : ensaisinement d'un contrat.
* ENSAISINER v. a. Dr. féod. Se disait du seigneur censier, lorsque par un acte il reconnaissait un acquéreur pourson nouveau tenancier : ensaisiner unco)itrat.
* ENSANGLANTÉ, ÉE part, passé de Ens.^nglanter. — »v Hisl. nat. Marqué de taches rouL'es semblables à des lâches de sang : tourterelle ensanglantée.
' ENSANGLANTER v. a. (rad. sanglant).
Tacher de sang, snuiiler de sang : la blessure qu'il reçut ensanglanta ses habits. — Fig. Ce prince a ensanglanté son règne, se dit d'un juince qui a été cruel, qui a fait mourir injus- Icmont beaucoup de monde. — Fig. Ensanglanter des jeux, etc., les faire dégénérer en une ri.xe sanglante. — Fig. Ensanglanter la SCÈNE, mettre, dans une pièce de théâtre, un meurtre sous les yeux des spectateurs. — »v S'ensanglanter v. pr. Ensanglanter soi. — Elri' eesaiii-'liinlé.
ENSE ET ARATRO[ain-sé-ètt-a-ra-tro] Loc.
lai. qui signilie : par l'épée et par la charrite. Devise du maréchal Bugeaud.
ENSEIGNANT, ANTE adj. Qui enseigne. - Cours ENSEIGNANT, ensemble des professeurs de l'instruction puiilique.
• ENSEIGNE s. f. [an-sé-nieu; gn mil] (lat. signutn). Marque, indice servant à faire reconnaître quelque chose : donner de fausses enseignes. Dans ce sens, ne s'emploie guère au sin;;., et vieillit. — Donner de bonnes enseignes DE QUELQUE CHOSE, l'indiqueT par des marques faciles à. reconnaître. Cette phrase a vieilli. — A BONNES enseignes, à bon titre, à juste titre, ou avec des Karanlies, avec des sûretés. — A tellss enseignes que, tellement que, la preuve en est que : j'ai été chez vous ; à telles enseignes que tutre portier m'a dit, etc.
— Enseigne de diamants, de pierreries, joyau qui est passé de mode depuis longtemps, et qui élait fait de plusieurs pierres montées ordinairement en forme de rose. — Tableau, figure ou toute autre indication qu'un marchand, un artisan, un aubergiste, etc., met à sa maison, à sa porte, pour faire connaître quelle est sa profession, et pour qu'on trouve facilement sa demeure : auberge où pend pour enseigne le Cheval blanc. — Par dénigr. Ce portrait, CE TABLEAU n'esT BON Qu'a FAIRE UNE EN- SEIGNE A BIÈRE, OU Sinipl., c'est UNE ENSEIGNE
A BIÈRE, se dit d'un portrait, d'un tableau très mal fait, très mal peint. — Nous sommes tous
LES DEUX LOGÉS A LA MÊME ENSEIGNE, j'épTOUVe
le même malheur, la même perte, la même contrariété que vous. — Â bon vin il ne faut POINT d'enseigne, OU plus Ordinairement, a bon VIN POINT d'enseigne, cp (pii est bon n'a pas besoin d'être prôné, vanté. — Drapeau ou signe accoutumé de ralliement. Ne s'emploie plus guère dans cette acception que lorsqu'il s'agit des anciennes armées romaines : les enseignes romaijies étaient des aigles. Se dit aussi dans certaines phrases figurées, comme marcher, combattre sous les enseignes de quelqu'un.
— Dans l'ancienne infanterie française.
Charge de celui qui portait le drapeau : son fils obtint une enseigne. — s. m. Celui qui avait cette charge : un enseigne aux gnnles monta le premier sur la brèche. — S'est dit pareillement de certains officiers de l'ancienne gendarmerie, des gardes du corps et des mousquetaires. — Enseigne de vaisseau, titre d'un grade inférieur des officiers de la marine : ce grade est immédiatement au-dessous de celui de lieutenant de vaisseau. — Un commerçanl, qui demeure dans une cour et n'a pas de fenêtres ni de porte donnant sur la rue, a le droit de mettre son enseigne sur la façade extérieure de sa maison. Les contestations relatives aux enseignes sont portées devant les tribunaux de commerce.
" ENSEIGNEMENT s. m. Instruction, précepte. Si; diL smlout en parlant des choses morales : les malheurs d'autrui noiis doivent servir d'enseignement. — Action ou art d'enseigner : l'enseignement demande des méthodes appropriées à l'intelligence et à la capacité de ceux qu'on veut instruire. — Au plur. autref. Prat. Pièces qui servaient à prouver, à établir un droit, une possession, une qualité, etc. S'employait ordinairement avec le mot Titres : fournir des titres et enseignernents. — Législ. Enseignement agricole. La loi du 3 octobre ISiS avait organisé en France l'enseignement professionnel de l'agriculture, et un institut national agronomique avait été fondé à Versailles. Cet établissement fut supprimé par un décret du 17 septembre 18o2; mais il a été rétabli à Paris en vertu de la loi du 9 août 1876. L'enseignement agricole comprend aujourd'hui : 1° les /'ecwt'S-eco/es, dans lesquelles est donnée une instruction pratique; 2" les trois écoles nationales d'agriculture de Grignon, de Grand-Jouan et de Montpellier, lesquelles reçoivent des élèves internes , des élèves externes et des auditeurs libres, et délivrent des diplômes d'ingénieur agricole ; 3° V Institut nat ionalagronomique i[ui n'admet pas d'élèves internes. Cet Institut comprend des cours professés au Conservatoire des arts et métiers, et une école d'application installée à la ferme de Yinccnncs. On doit aussi ranger
parmi les établissements publics d'enseignement agricole : l'école des bergers, située à Rambouillet; une autre placée à Mondjebeur (Algérie); l'école d'horticulture établie dans le jardin potager de Versailles, l'école nationale forestière de Nancy, l'école des haras du Pin, l'école pratique d'irrigation et de drainage de Lézardeau (Finistère), les écoles vétérinaires d'Alforl, de Lyon et de Toulouse, les chaires d'agriculture établies dans chaque dép.utement, etc. — Enseignement industriel et commercial. Sans parler des écoles supérieures de commerce ou d'industrie fondées, soit par les villes, soit par les chambres de commerce, et dans lesquelles l'Etat entretient des élèves boursiers, nous rappellerons ici qu'il existe plusieurs écoles nationales atfectées aux arts industriels. Nous avons déjà donnéquelques renseignements surcesécoles.
(Voy. Art.) — Enseignement primaire. L'enseignement primaire qui a été enfin rendu obligatoire par la loi du 28 mars 1882, pour tous les enfants de six à treize ans révolue, est ainsi organisé en ce qui concerne les écoles publiques. Les écoles maternelles, que l'on nommait naguère salles d'asile, peuvent recevoir les enfants, dès l'âge de deux ans jusqu'à l'âge de sept ans, et sont dirigées par des femmes pourvues d'un certificat d'aptitude iDécr. 2 aoiit 1881). Les écoles enfantines, là où elles sont établies, servent de transition entre l'école maternelle et l'école primaire; c'est en réalité une classe ou section de l'école maternelle et dans laquelle on place les enfants de cinq à sept ans (Arr. min. 27 juillet 1882). Dans les écoles primaires proprement dites, l'enseignement est divisé en plusieurs cours, savoir : le cours élémentaire, pour les enfants de sept à neuf ans; le cours moyen, pour ceux de neuf à onze ans ; et le cours supérieur, pour ceux de onze à treize ans révolus. A ces trois cours obligatoires, il faut ajouter le cours facultatif et complémentaire d'enseignement primaire supérieur dont la durée est d'uneannée. Les programmes de ces cours sont établis de la manière la plus logique dans les annexes de l'arrêté ministériel ifu 27 judlet1882. La loi du 20 mars 1883 oblige toute commune à établir des maisons d'école non seulement au chef-lieu, mais aussi dans les hameaux qui en sont éloignés de trois kilomètres et qui réunissent un eflectif d'au moins vingt enfants d'âge scolaire. Des écoles de filles doivent êtres fondées dans les communes de plus de 400 habitants; cependant les écoles mixtes peuvent être conservées dans ces communes, si le conseil départemental en accorde l'autorisation. Des cours d'adultes peuvent être professés, dans les écoles primaires, pour les adultes au dessus de 18 ans et pour les apprentis au-dessus de 12 ans (voy. Cours) ; mais ces cours ne peuvent être communs aux deux sexes. Les écoles d'apprentissage, fondées par les communes ou les départements, sont mises au rang des écoles primaires publiques (L. 11 décembre 1882). Les écoles primaires supérieures, créées par la loi du 28 juin 1881 et qui ont pour but de former des instituteurs primaires, ont été réorganisées par les décrets des la janvier et 28 octobre 1881. Une école Jiormale supérieure d'enseignement primaire a été fondée à Saint- Cloud, par décret du 30 décembre 1882, dans le but de former des professeurs pour les écoles normales primaires ; et une école normale supérieure d'institutrices est établie, depuis 1880, à Fontenay-aux-Roses. Enfin l'école Pape-Carpentier, à Sceaux, a été affectée, par décret du 27 juillet 1882, à former des directrices et des professeurs pour les cours normaux d'écoles maternelles. L'enseignement primaire est donné gratuitement dans les écoles publiques; et le prix de pension dans les écoles normales est supprimé (L. 16 juin 1881). L'enseignement primaire est obligatoire, ainsi que nous l'avons dit; il est gratuit.
ENSE
ENSO
ENTA
et il doit être laïque dans les écoles publiques ; c'est-à-dire que rinstruclion religieuse ne peut être donnée qu'en deliors des édifices scolaires (L. -^8 mars 1882, art. 2 et 3). — Enseignement secondaire. Cet enseignement est donné, pour les garçons, dans les lycées et dans les collèges communaux (voy. ces mots), auxquels sont annexés des pensionnats (L. 15 mars 1850, art. 71). Pour les jeunes filles, des établissements d'enseignement secondaire sont fondés par l'Etat avec le concours des départements et des communes et sont soumis au même régime que les collèges communaux (L. il déc. 1880). L'école normale supérieure de Paris forme des professeurs pour les lycées et l'école normale secondaire de Sèvres reçoit les aspirantes au titre de professeur dans les lycées de filles. L'enseignement secondaire spécial, créé par la loi du 21 juin 186.Ï, est annexé aux lycées de garçons, et il prépare aujourd'bui les jeunes gens à un baccalauréat spécial (Décr. iS juillet 1*82). — Enseignement supérieur. On comprend sous ce litre l'instruction publique donnée dans les écoles préparatoires de médecine, dans quelques écoles supérieures et dans les facultés. (Voy. F.\culté.) On doit y comprendre aussi : le collège de France (voy. Collège), l'école des chartes (voy. Charte), le muséum d'histoire naturelle, Yécole des langues orientales, l'école pratique des hautes études, et quelques écoles spéciales, telles que l'école polytechnique, l'école navale, l'école des potits et chaussées, l'école supérieure de télégraphie, les écoles nationales des beaux-arts de Paris, de Lyon et de Dijon, etc. » (V. S.) (Ch. Y.)
' ENSEIGNER V. a. (lat.insjjnare, informer). Instruire : enseigner la jeunesse. — Montrer quelque science, quelque art, etc., eu donner des leçons : enseigner la philosophie ; enseigner la vertu. On dit de même, enseigtier à faire quelque chose. — Indiquer, faire connaître quelque cboseque ce soit : la nature nous enseigne que tous les excès sont pernicieux. — »■* S'enseigner v. pr. Etre enseigné.
* ENSELLÉ, ÉE adj. (rad. selle). Se dit d'un cheval qui a le dos un peu enfoncé, comme le siège d'une selle : je ne veux point de ce cheval-là, il est ensellé, trop ensellé. — Par anal. Se dit, d'un navire dont le milieu est bas, et dont les extrémités sont relevées : vaisseau ensellé.
* ENSEMBLEadv. [an-san-ble](lal.in, dans; Simul, à la fois). L'un avec l'autre, les uns avec les autres : ils sont sortis ensemble. — Il A ACHETÉ TOUT CELA ENSEMBLE, c'est-à-dire à la fois. — Simultanément, eu même temps : il fut convenu que les deux adversaires tireraient ensemble. — Peint. Cette figure, cette tête
EST BIEN ENSEMBLE, n'eST PAS ENSEMBLE, leS dill'é-
rentes parties y sont, n'y sont pas dans leurs justes proportions, dans le rapport convenable. — Le tout ENSEMBLE, le tout pris ensemble, en masse, sans égard aux détails. Ne s'emploie guère que dans des phrases telles que les suivantes : il y a quelques défauts dans ce tableau, mais le tout ensemble ne laisse pas de plaire ; celle femme a des traits irréguliers, mais le tout ensemble pla'it infiniment.
' ENSEMBLE s. m. Ce qui résulte de l'union de diUérentes parties : il y a de belles parties dans cet édifice, mais l'ensemble n'en vaut rien. — Accord, en parlant de plusieurs choses qui concourent à un elfet unique : ces soldats commencent à mettre de l'ensemble dans leurs mouvements ; cet ouvrage présente de beaux détails, mais il n'y a aucun ensemble, il manque d'ensemble. — Mus. Morceau d'ensemble, morceau à diverses parties chanté par plusieurs voix.
' ENSEMBNOEMENT a. m. Action d'ensemencer; '('siiltatde celle action.
' ENSLMENCER v. a. (rad. semence). Jeter de la s»';iiijiice dans une leire, dans un champ
destiné à la recevoir : ce laboureur a ensemencé SCS terres.
* ENSERRER v. a. (rad. serrer). Enfermer, enclore : ce que la tombe enserre; tout ce que le monde cnsc7Te. Dans ce sens, est vieux. — Jardin. Mettre dans la serre : enserrer des orangers.
' ENSEVELIR v. a. (lat. sepelire). Envelopper un corps mort dans un drap, dans un linceul : il est mort si pauvre qu'il n'a pas laissé un drap pour l'ensevelir. — Fig. Cacher profondément : on n'a pas le droit d'ensevelir SCS talents. — Etre enseveli dans l'oubli, être entièrement oublié. — Etre enseveli dans UNE PROFONDE RÊVERIE, rêver profondément. Etre enseveli dans le ch.agrin, avoir un chagrin profond. Etre enseveli dans les livres, lire sans cesse, étudier sans relâche. — Etre
enseveli dans la DÉBAUCHE, DANS LA CRAPULE,
s'y abandonner tout entier. — Etre enseveli DAHs LE SOMMEIL, domiir profondément. — *v Engloutir : les trésors que la mer a ensevelis. — Couvrir de ses décombres : l'éioulcnicnt de ce puits a enseveli phtsierirs mineurs. — * S'ensevelir v. pr. Ensevelir soi. Ne s'emploie qu'au figuré. — S'ensevelir sous les ruines d'unk PLACE, se faire tuer en défendant une place jusqu'à la dernière extrémité. — S'ensevelir DANS LA retraite, d.ans LA SOLITUDE, Se retirer entièrement du monde.
'ENSEVELISSEMENTS, m. .action d'ensevelir : i'eiiseeelissemcnt des morts est au nombre des œjivrcs de miséricorde.
ENSEVELISSEUR, EUSE s. Celui, celle qui ensevelit.
ENSHEIM ou Entzheim, ville du cercle d'Erstfin (Alsace-Lorraine), cédée à l'AUeniagne par le traité de Francfort du tO mai 1871. Victoire do Turenne sur le duc de Lorraine et le comte de Caprara, le i oct. 1074.
ENSIFORME adj. (lat. ensis. épée; forma, forme). Illst. nat. Qui a la forme d'un sabre, d'une épée. S'applique principalement aux feuilles qui sont épaisses au milieu, coinme tranchantes sur les bords et eflilées vers le sonmiet. Les iris, les glaïeuls oflrenl un exemple de cette disposition.— ^nsz/rt.c/e.iV.S.)
ENSISHEIM, ville d'Alsaco-Lorraine,à2bkil.
S. de Coliiiar; 2,710 hab. Ancienne capitale des possessions autrichiennes en Alsace.
ENSOLEILLÉ, ÉE part, passé d'ENsoLEiLLEa. ■ — Adjectiv. Frappé par les rayons du soleil; exposé au soleil : un coteau bien ensoleillé.
ENSOLEILLER v. a. Donner l'éclat du soleil.
* ENSORCELER v. a. (rad. sort). Causer, par de prétendus sortilèges ou maléiices, quelque maladie , quelque trouble extraordinaire de corps ou d'esprit : Urbain Grandier fat accusé d'avoir ensorcelé les religieuses de Loudun. — Fig. Inspirer à quelqu'un une violente passion, un amour qui va jusqu'à la lolie, jusqu'à la fureur : cette femme a ensorcelé ce jeune homme.
* ENSORCELEUR, EUSE s. Celui, celle qui ensorcelle, qui cnchanle.
* ENSORCELLEMENT s. m. .\clion d'ensorceler ; eû'i.t prétendu de cette action : dans certains ^wj/s, les gens de la campagne attribuent quelquefois les maladies à un ensorcellement.— S'emploie aussi lîgurénieut : dans sa passion pour cette femme, il y a de l'ensorcellement.
- ENSOUFRER v. a. (rad. soufre). Enduire de soufre, ou imprégner de la vapeur de soufre. On dit plus ordinairement, Soufrer.
ENSOUTANÉ. ÉE part, passé de I^nsoutaner. — s. 111. Faiii. Tout liuiiime qui porte soutane.
ENSOUTANER v. a. Fam. Faire revêtir une soutane : (/ cnsnutana sa fille /mur la faire
passer inaperçue. — Par ext. Faire prendre l'étal ecclésiastique. — S'ensoutaner v. pr. lirvêtir une soutane : il s'eiisotilami pour fuir à l'clrangcr. — Se faire ecclésiastique.
ENSUIFER v. a. (rad. suif). Enduire de suif: cnsuifer des eidrs. — S'ensuifer. v. pr. Etre ensuite. — Ensuifer soi, sou corps, ses habits.
* ENSUITE adv. Après cela, à la suite de cela : travaille:: d'abord, vous vous amuserez ensuite. — Quand ce mot est suivi de la particule de; il a la qualité de préposition; mais on ne femploie guère alors que dans ces deux phrases : ensuite de cela; ensuite de quoi.
' ENSUIVANT adj. Prat. Suivant. N'est guère usité que dans certaines locutions qui marquent postériorité de temps: le dimanche, le mois ensuivant, etc. Vieux : on dit maintenant Suivant.
ENSUI'VRE V. a. Suivre, observer :
L'héritier va plciii\lnt le mort Pour la vieille coutume ensuivre; Mais si le mort retournait vivre, L'héritier pleurerait plus fort.
Mehhbt.
— * S'ensuivre v. pr. Suivre, être après. Ne se dit qu'à la troisième [lersonne tant du sing. que du plur. : le premier chapitre et tout ce qui s'ensuit. — Dériver, procéder, venir de : un grand bien s'ensuivit de tant de maux. — Se dit particulièrement, de toute conséquence qui découle nécessairement d'un principe : voyez les erreurs qui s'ensuicroient de cette jiroposition. — Est souvent employé conmie impersonnel, dans les deux dernières acceptions : il s'ensuivit de grands maux; de cette prnposition, il s'ensuit que...
•ENTABLEMENT s. m. (rad. table). Arcliit. Dernier rang de pierres qui est au haut d'un bâtiment, et sur lequel pose la charpente ou la couverture : ce bâtiment sera bientôt achevé, on cnest à l'entablement. — Plus spécialement. Partie de certains éddices qui surmonte ordinairement des colonnes ou des pilastres, cl qui comprend l'architrave, la frise et la corniche : l'entablement se compose de trois parties.
* ENTABLER (S*) v. pr. Manège. Se dit d'un cheval dont les hanches devancent les épaules, quand il manie de deux pistes, tant sur les voltes que sur les changements de main.
* ENTACHÉ, ÉE part, passé de Entacher.
— Infecté : famille entachée de lèpre. Ne s'emploie guère qu'au sens moral : être entaché d'avitri'-e ; acte entaché de nullité.
•ENTACHER v. a. (rad. tache). Infecter, gâter. N'est guère d'usage qu'au part, passé, si ce n'est lorsqu'on l'emploie Ogurément. — Barreau. Cet arrêt l'a entaché en son honneur, l'a souillé moralement, l'a ilétri.
ENTADA s. m. [in-la-da]. Bot. Genre de légumineuses niimosées, com|irenant une dizaine d'espèces d'arbrisseaux grimpants, qui croissent dans l'Asie el l'Amérique tropicitles. L'entada passe pour posséder des propriétés purgatives.
* ENTAILLE s. f.(rad. taille). Coupure avec eulèveinenl de parties, faite dans une pierre, dans une pièce de bois, etc., soit poury en emboiter une autre, soil pour quelque autre objet : faire des entailles dans une poutre. — Par ext. Coupure faite dans les chairs ; il a reçu dans le bras un coup de sabre qui lui a fait une grande entaille. — « iMuU. Nom que l'on donne vulgairement à I'Emauginule, à cause de la fente que porte la coquille à son bord antérieur.
' ENTAILLER v. a. Faire une entailli; à (pielque chose : entailler une poutre pour y emliodi r des solives. — " Arg-ut. Tuer avec un insIriniiiMit tranchant. — " S'entailler v. pr. Etre entaillé : i-eltc pierre s'entaille firilcment.
ENTE
ENTE
ENTE
* ENTAILLURE s. f. Entaille : faire une entaillurc. Moins usité que son synonyme.
' ENTAME s. f. Premier morceau qu'on coupe d'un pain. On dit aussi, Entamure.
* ENTAMER v. a. (gr. entemnein, tailler). Faire une pjelite incision, une petite déchirure : on entame t'écovcc de cerlaina arbrespour en tirer de la gomme. — Fig. Entamer la ré-
PUTATIOM DE QUELQU'UN, SON CREDIT, CtC, portCr
quelque atteinte. — Fig. Guerre. Entamer un CORPS DE troupes. Commencer à l'ouvrir, à le rompre : dés que lu caoalarie eut entamé la première ligne, tout le reste prit la fuite. — Oter une petite partie d'une cliosc entière : entamer une pièce de drap. — Fig. Commencer k s'occuper de quelque chose : entamer un procès.
— Fig. et t'am. Entamer quelqu'un, emj)iéter, entreprendre sur ses droits, sur sa charge; ou, dans un autre sens, l'amener à faire ([uelque chose contre son devoir ou contre sa résolution : il a une volonté des plus fermes, et il est difficile de l'entamer. Se dit aussi en ]Kirlaiit d'une personne dont on parvient à couuailre les vues cachées, les sentiments secrets : c'est un homme impénétrable, on ne sait par oit l'entamer. Se dit également en parlant d'une personne sur qui on prend quelque avantage dans une discussion : c'est un rude argumentateur, qu'Un est pas faeile d''-nlamer.
— »v S'entamer v. pr. Entamer soi, sa peau : il commence à s'entamer ptir suite de son long séjour au lit. — Etre entamé : lapeau de certaines personnes s'entame au froid.
■ENTAMURE s. f. Petite déchirure, petite incision : ce coup l'ameurtri, mais il n'y a pas d'entamure. — Premier morceau qu'on coupe d'un pain. — L'entamure d'un pâté, d'un jam- DON, l'ouverture d'un pâté, d'un jambon. — Partie entamée •.coupez unmorceau de ce jambon du voté de l'entamure.
' ENTASSÉ, ÉE part, passé de Entasser. — Fig. et laiii. Etre entassé, avoir la taille épaisse et ramassée.
* ENTASSEMENT s. m. Amas de plusieurs choses entassées les unes sur les autres : il y a un si grand entassement de papiers, de livres et de meubles dans cette chamlire, qu'on n'y peut entrer. — Se dit aussi figurénient : entassement d'idées, de figures, de mots, d'affaires, etc. — Par exag. Grand rassemblement d'hommes et d'animaux dans un heu trop étroit : l'entassement des prisonniers produisit le typhus.
' ENTASSER v. a. (rad. tasser). Mettre en las, mettre un grand nombre de choses les unes sur les autres : il entasse papiers sur jjajiiers. — Fig. et t'am. Entasser sou sur sou, Écu SUR ECU, épargner sur les plus petites choses pour amasser. — Par e.xag. Se dit en parlant de plusieurs personnes extrêmement pressées en quelque endroit : on les avait entassées les uns sur les autres dans un méchant cabas. Ce sens et le suivant sont familiers. — Fig. .accumuler, multiplier : entasser tes citations dans un livre. — Entasser paroles sur PAROLES, parler beaucoup sans rien dire qui mérite d'être dit. — S'entasser v. pr. Fain. Entasser soi : nous nous entassâmes dans une petite barque. — w Etre entassé : le blé s'entasse dans les greniers. — Fig. Les procès s'entassent chez cet avocat.
' ENTE s. f. (lat. insitus, part, passé de insinere, inlioduire). Arbor. Greti'e; scion d'arbre, lorsqu'il est grellé sur un autre arbre. — Arbre même où l'on a fait une ente : il y a beaucoup de jeunes etitcs dans ce jardin.
■ ENTE s. f. Peint. Morceau de bois qui sert de iiKincho à un pinceau.
* ENTÉ, ÉE part, passé de Enter. — Par ext. Canne entée, canne composée de plusieurs pièces emboîtées les unes dans les autres. — Fig. Cette maison, cette famille est entée sur
telle autre, elle y est entrée, et elle en a pris le nom et les armes.— Fig. Se dit d'une personne quijoinl ensemble diverses qualités : c'est un financier enté sur un praticien. — Se dit pareillement dos défauts, des vices joints à de bonnes qualités, à des vertus : il a beaucoup de vices entés sur de bonnes qualités.
ENTÉLÉCHIE s. f. (gr. entelecheia; de entelés, parfait, et echein, avoir). Philos. Force essentielle ou principe actif d'un être. Le mot entéléchie a été créé par .^ristole, qui a omis d'en donner la signilicalion. L'iuterprélalion que l'on en a faite parait être tirée do la définition de l'âme « l'enléléchic de tout corps naturel ayant la vie, la puissance », donnée par ce philosophe. — Leibnitz a essayé de faire revivre ce terme en l'appliquant à ses monades.
ENTELLE s. m. (gr. entellô, je commande). Mamm. Espèce de singe du geni'e semnopithèque, qui habite l'Indoustan.
ENTEMENT s. m. Arbor. Action d'enter; résultat de cette action.
ENTENDANT, ANTE adj. Qui entend, qui jouit de la faculté d'ijuteiidro. S'emploie par opposition à Sourd.
■ENTENDEMENT s. m. Faculté par laquelle l'âme conçoit : l'entendement, la mémoire et la volonté sont trois facultés de l'âme. — Sens, jugement, bon esprit : c'est un homme de petit entendement, de peu d'entendement.
• ENTENDEUR s. m. Celui qui entend et qui conçoit Lien quelque chose. N'est usité que dans ces façons de parler proverbiales : A BON ENTENDEUR SALUT, quc cclui qui entend bien ce que je dis en fasse son prolil. A bon ENTENDEUR PEU DE PAROLES, peu de paroles suffisent pour se faire comprendre d'un homme intelligent.
"ENTENDRE v. a. (lat. intendere). Ouïr, recevoir l'impression des sons par l'organe de l'ouïe : (iM milieu du bruit, il ne put parvenir à faire entendre sa voix, à se faire entendi'e. — Fam. Entendre dur, avoir l'oreille dure, être un peu sourd. Entendre clair, entendre distinctement. — Entendre la messe, les vêpres, LE SERMON, assisler à la messe, aux vêpres, au sermon. — Extendre quelqu'un, l'ouïr, l'entendre discourii-, plaider, professer, déclamer, chanter, jouer d'un instrument, etc. — Ne
PAS VO'ILOIR ENTKNDRE PARLER d'uNE CHOSE, la
rejeter absolument. — Il n'entend que par lui, il suit en tout ses conseils, il est entièrement dirigé par lui. — Prov. Il se fait tant de bruit, qu'on n'entendrait pas Dieu tonner.
— Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un Son, pour prononcer dans une affaire, il faut entendre les deu:; parties. — Prov. Il n'est
PIRE SOURD, IL n'est POINT DE PIRE SOURD QUE
CELUI QUI NE VEUT PAS ENTENDRE, SU dit au propre en parlant d'un homme qui feint de ne pas ouïr, et, figurénient, d'un homme qui fait semblant de ne pas comprendre une proposition, une demande à laquelle il ne veut pus répondre. — Il n'entend pas de cette oreillela, se dit d'un homme à qui l'onfait une proposition qu'il ne veut pas écouter. — Ecouter, prêter volontiers l'oreille, prêter attention à : entendre les avocats des deuj; parties. — Al'entendre, si on l'en croit. — Entendre a quelque CHOSE, y donner son consentement, l'approuver, y acquiescer : il ne veut entendre à aucun arrangement. — Fam. iNe savoir auquel entendre, avoir affaire à plusieurs personnes à la fois, et éprouver quelque embarras a les satisfaire ; vous me questionnez, vous me pressez tous à la fois, je ne sais auquel entendre. — Comprendre, concevoir : cet étranger a beaucoup de peine à se faire entendre ; j'entends fort bien ce que vous voulez dire, ou simpl. .j'entends.
— Entendre ademi-mot, eoinprendre facilement ce qu'un autre veut dire, sans qu'il se soit entièrement expliqué. — Entendre finesse, E.NTENDRE MALICE A QUELQUE CHOSE, don-
ner un sens fin et malin à quelque chose. —
.Ne pas ENTENDRE MALICE A QUELQUE CHOSE, faire
OU dire quelque chose sans mauvaise intention : le discours qu'il vous tenait était offensant, mais il n'y entendait point malice. — Entendre LA PLAISANTERIE, ENTENDRE DIEN LA PLAI- SANTERIE, ENTENDRE PLAISANTERIE, prendre bien les choses dites en plaisantant, ne point s'en offenser. Entendre raillerie, ne pas s'offenser des railleries dont on est l'objet CVoy. plus bas. Entendre la raillerie). — Il n'entend PAS PLAIS.ANTERIE, signifie quelquefois, il est susceptible. — Il n'entend pas raillerie LA-DESSUS, se dit de même en parlant d'un homme sensible et épineux sur une certaine chose. — Il n'entend pas plaisanterie, et il n'entend pas raillerie, signifient encore, il est sévère et il veut qu'on soit exact. — Entendre raison, acquiescera ce qui est juste et raisonnable ; quelque proposition qu'on lui ait faite, il n'a jamais voulu entendre raison. — Il n'entend pas raison la-dessus, se dit d'un homme qui sur quelque point se montre inflexible, sévère, opiniâtre, toujours prêt à se formaliser. — Prov. N'entendre ni rime ni raison, refuser par humeur, par entêtement, etc., de se rendre aux proposstions les plus raisonnables. — Présumer : j'ai toujours entendu que notre arrangement s'exécuterait ainsi. —
UùNNER a entendre, LAISSER ENTENDRE, FAIRE
ENTENDRE, iusinuer, dire quelque chose pour donner â connaître ou seulement pour faire croire : on lui donna à entendre qu'il ferait bien de se retirer; il m'avait laissé entendre que vous vousre fusiez à tout accommodement; il veut faire entendre parla que... — Vouloir dire : quand je dis qu'il écrit bien, j'entends parler de sa prose et non de ses vers. — Qu'entendez-vous, qu'entend-il PAR LA, que voulez-vous dire, que veut-il dire par là, qu'elles sont vos prétentions, ses prétentions? On dit aussi de même,
COMMENT L'eNTENDEZ-VOUS, COMMENT l'eNTEND-IL.
— Exiger : je vous le promets, mais aussi j'entends que vous fassiez telle chose. — Avoirl'intentiou, le dessein, avoir en vue : en faisant cela, j'entendais agir dans votre intérêt autant que dans le mien. — Faites comme vous l'entendrez, faites comme il vous plaira, comme vous le jugerez à propos. Prov. Chacun fait COMME IL l'entend. — Avoir la connaissance et la pratique d'une chose : il entend bien son métier. — Entendre son intérêt, ses intérêts, savoir trèsbien comment on doit agir dans son intérêt. — Entendre la raillerie, ENTENDRE bien la RAILLERIE, avoir la facilité, l'art, le talent de bien railler. Entendre bien LA PLAISANTERIE, so dit quelquefois pour, savoir plaisanter finement, sans oflenser. ("^'oy. ci-dessus le sens que l'on donne plus ordinairement à cette phrase.) — Ne rien entendre A quelque chose, y être fort inhabile. — *v Il a enfin entendu ma prière, il fa enfin exaucée. — Fig. 'Votre cœur entend bien le MIEN, vous comprenez bien mes sentiments.
— Efliptiquem. Vous m'avez parlé d'une personne ET j'entendais UNE AUTRE, jc croyais que vous me pariiez d'une autre. — ' S'entendre V. pr. Etre entendu : la détonation s'entendit de plusieurs lieues. — Cela s'entend de loin, on peut ouïr, entendre cela de loin. — Cela s'entend aisément, cela ne s'entend pas, ceia est facile à comprendre, on ne saurait comprendre cela. — Fam. Cela s'entend, cela s'entend bien, cela se sujipose ainsi, cela doit être ainsi, il faut que cela soit ainsi : l'homme est libre, jusqu'il un certain point s'entend. — Entendre soi : je ne pouvais m'entendre. — Savoir ce qu'on veut dire : il ne s'entend pas lui-même. — S'entendre avec quelqu'un, se concerter avec lui : j'ai besoin de m'entendre avec vous sur celte affaire. Agir de concert avec quelqu'un : ils s'eritendaient pour le perdre. Plus particulièrement. Avoir avec quelqu'un une intelligence secrète : il s'entendait avec les ennemis pour livrer la ville. Sympathiser, vivre en bonne intelligence avec quelqu'un : il est
ENTÉ
d'un commerce agréable, et je m'entends fort bieri avec lui. — S'entendre a une chose, la savoir bien faire, s'y prendre bien : il s'entend à mener une intrigue. — Prov. Il s'y entend