ÉTOU
ment, de l'emharras : ctte nouvelle, cette défaite, ce coup imprévu les a fort étourdis. — Etourdir la grosse faim, la calmer en mangeant quelque peu. - Etourdir une douleur, en parlant d'une douleur physique, l'endormir, empocher qu'elle ne soit aussi sensible : ce remède ne guérit pas, il ne fait qu'étourdir la douleur. En parlant d'une douleur morale, faire que l'esprit en soit moins occupé, en soit distrait : il va à la promenade, il voit le monde pour étourdir sa douleur. — ^v S'étourdir V. pr. Etourdir soi : il s'est étourdi dans sa chute. — ' S'étourdir sur quelque chose, se distraire de quelque chose, s'empêcher d'y penser. — Chercher a s'étourdir, chercher à étourdir sa douleur, à dissiper son chagrin, son inquiétude, etc.
* ÉTOURDISSANT, ANTE adj. Qui étourdit : ces cloches sont étourdissantes. — *v Fig. et fam. Surprenant, extraordinaire : cette actrice a eu un succès étourdissant.
'ÉTOURDISSEMENT s. m. Impression, ébranlement causé par quelque chose qui étourdit : il lui a pris un étourdissement. — Fig. Trouble que cause un malheur, une mauvaise nouvelle : le premier étourdissement passé, on parvint à calmer sa douleur. — Trouble que cause une prospérité excessive : on n'arrive pas à ce comhle de fortune sans un peu d'étourdissement.
' ÉTOURNEAU s. m. (lat. sturnus). Ornith. Genre de passereaux conirostres, voisin des Iroupiales et comprenant des espèces à bec déprimé, surtout vers sa pointe. — C'est un ktourneau, se dit d'un jeune homme léger et inconsidéré. — Cheval qui a le poil gris-jaunâtre. Eu se sens, se prend aussi adjecliveineel : cheval étourneau. — Encvcl. L'espèce
Etourneau commun (Sturnus vuigaiis).
type est V étourneau commun (sturnus vulgaris), appelé aussi sansonnet, et répandu dans tout l'ancien continent. C'est un assez joli oiseau, long d'environ 22 centim., noir, avec des reflets violets et verts, tacheté partout de blanc et de fauve. Le jeune mile est d'un gris brun. La femelle est toujours moins brillante. Les sansonnets se rendent utiles en détruisant une foule d'insectes qui servent à leur nourriture; ils volent en troupes nombreuses et serrées. Pris jeunes, ils s'apprivoisent facilement et apprennent à chanter et même à parler. On les nourrit avec une pâtée faite de chènevis écrasé que l'on pile avec de la viande ; ils peuvent vivre 8 à 10 ans en capti-
Elourneau des prairies (Slurnella magna).
vite. C'est vers le mois de février que leurs bandes arrivent dans nos pays. Vers la fin de
ÉTRA
mars, la femelle dépose au fond d'un trou d'arbre ou de mur, dans un nid grossièrement préparé, '6 ou 6 œufs d'un vert cendré, que le mâle couve alternativement avec elle. En automne les familles se réunissent en grandes troupes et vont passer l'hiver sous des climats moins rudes. Leur chaif n'a rien d'agréable. — L'une des principales espèces de l'Amérique du Nord est Vétourneau des prairies (slurnella magna}, dont la chair est très estimée.
* ÉTRANGE adj. (lat. extraneus). Qui n'est pas dans l'ordre, dans l'usage commun; qui est sinjiulier, extraordinaire, inconcevalile : il y a des coutumes bien étranges dans ce payslà. — »% Autref. Etranges : les nations étranges.
•ÉTRANGEMENT adv. D'une manière étrange, contre l'ordre et l'usage communs, extrêmement, excessivement : il est étrangement bizarre.
•ÉTRANGER, ÈRE adj. (rad. étrange). Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport à une autre nation : les ministres étrangers résidant à Paris. On dit de même : naiion étrangère, peuple étranger. — Ministre DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, ministre qui entretient les relations de l'Etat avec les gouvernements étrangers, et qu'on appelle aussi Ministre des rbl.ations extérieures. Dans un sens analogue. Ministère, département des
AFFAIRES étrangères. — EtRE ÉTRANGER DANS SON
PAYS, ne point en connaître les usages; ignorer ce qui s'y passe, n'y prendre aucun intérêt. N'ÊTRE ÉTRANGER NULLE PART, avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, ou pour être bien vu, bien accueilli partout. — Par exl. Qui ne se mêle point d'une chose, d'une afl'aire, qui n'y a point de part : je suis tout à fait étranger à cela, à cette affaire, à cette intrigue. — Etre étranger a une science, a un ART, etc., n'en avoir aucune notion, aucune connaissance. — Etre étranger a toute humanité, n'avoir aucun sentiment d'humanité. — Etre étranger a une compagnie, a une famille, etc., n'en pas faire partie. — Devenir étranger a une personne, cesser d'avoir des rapports avec elle. — Se dit d'une chose, d'une science, d'un art, que l'on ne connaît pas ou auxquels on est indifférent : ces considérations me sont tout à fait étrangères. — Qui n'a aucun rapport ou aucune conformité avec la chose dont il s'agit : dissertation étrangère au sujet.— Qui n'est pas naturel ou propre à une personne, à une chose : femme qui emprunte des charmes étrangers. Se dit pareillement des choses qui ne sont pas de même nature que le corps auquel elles sont unies, alliées : l'argent combiné avec des substances, des matières étrangères. — Chir. et Méd. Corps étranger, toute chose qui se trouve contre nature dans le corps de l'homme ou de l'animal, soit qu'elle vienne de dehors, comme des morceaux de bois, de plomb, de linge, de drap, soil qu'elle y ail été engendrée ou formée : les vers qui s'engendrent dans les abcès, le sable qui se forme dans les reins, les esquilles d'os, sont des corps étrangers; les pluies se rouvrent quand il y est resté des cojps étrangers. — Substantiv. Personne qui n'est pas du pays où elle se trouve : les étrangers sont bien reçus en France. — Celui, celle qui n'est pas d'une famille, d'une compagnie, etc. : il a donné son bien à un étranger pour Voter à ses parents. — s. m. Absol. Pays étranger ; faii'e passer des marchandises à l'étranger; ouvrages français imprimés à l'étranger. — Passer a l'étranger, s'expatrier. — »v Peuple étranger, armée étrangère : ce pays eut beaucoup à souffrir de l'invasion de l'étranger. — • Jargon de collège. Piquer l'étrangère, penser à des choses étrangères à ce qui doit vous occuper. — Législ. « Les droits civils attribués aux étrangers en France sont presqu'égaux à ceux dont jouissent les nationaux depuis que les droits d'aubaine et de détraction ont été abolis. Cepen-
ÉTRA
dant les étrangers sont obligés à fournir caution pour le paiement des' frais et dommages-intérêts, lorsqu'ils intentent un procès devant les tribunaux civils et que le défendeur réclame celte caution. Ils en sont dispensés s'ils ont été admis à domicile en France. Vov. Domicile. (C. civ. i\ à 16. L. 17 juillet 1819.) Le gouvernement possède à l'égard des étrangers, un droit de police discrétionnaire, et le ministre de l'intérieur peut faire expulser du territoire français tout étranger voyageant ou résidant en France, même lorsqu'il a été admis à domicile. Celui qui, après avoir été expulsé, rentrerait sans autorisation, serait passible d'un emprisonnement d'un mois a six mois. (L. 3-11 déc. 1849, art. 7 et 8). Les étrangers ne peuvent être électeurs, jurés, tuteurs, fonctionnaires publics ou servir dans l'armée s'ils n'ont été naturalisés Français. (Voy. N.wuralisation.) » (V. S.) (Ch. Y.)
ÉTRANGER v. a. Chasser d'un lieu, faire éloigner d'un lieu, désaccoutumer d'y venir : il a tant fait la chasse aux loups, qu'il les a étranges de cepays-là. — Ne se dit en parlant des personnes que dans le langage familier : cet aubergiste est si cher qu'il a étrange toutes ses pratiques. — S'étranger v. pr. S'éloigner: te gibier s'est étrange de cette plaine. Ce verbe a vieilli.
* ÉTRANGETÉ s. f. Caractère de ce qui est étrange ; iétrangeté de sa conduite, de son humeur, de ses manières, de son style.
* ÉTRANGLÉ ÉE part, passé de Etrangler. — Adjectiv. Se dit de ce qui est accidentellement ou naturellement resserré, rétréci dans quelque partie de sa longueur : la tige de cette plante est étranglée de distance en distance. — Se dit aussi de certaines choses qui n'ont pas la largeur qu'elles doiven^avoir : cette allée de jardin est fort étranglée. — Habit étranglé, habit trop étroit, qui u'a pas assez de tour.
•ÉTRANGLEMENT s. m. Action d'étrangler; état de celui qui est étranglé : un os arrêté dans la gorge lui a causé un étranglement qui a failli le faire périr. — Méd. Resserrement, rétrécissement, accidentel ou naturel, dans quelque partie d'une chose plus ou moins allongée : l'étranglement des vaisseaux gêne la circulation du sang; le corps de plusieurs insectes, tels que l'araignée, la guêpe, etc., est divisé en deux par un étranglement.
* ÉTRANGLER v. a. (lat. strangulare). Faire perdre la respiration ou la vie, en pressant le gosier ou en le bouchant : il le tenait à la gorge, et voulait l'étrangler. — Par ext. Serrer fortement le cou : le col de voire chemise vous étrangle. — Fig. Trop resserrer, ne pas donner la largeur, l'étendue nécessaire : il ne fallait pas étrangler ainsi les manches de celte robe. — Se dit également en parlant des endroits d'un discours où l'on ne s'est pas assez étendu : vous avez bien étranglé cet endroit-là. Dans le même sens, étrangler un ouvrage, étrangler un sujet, etc. — Etrangler une affaire, la juger à la hâte, sans l'avoir examinée. — Neutral. Secourez-moi, f étrangle. — Pop. et par exag. Etrangler de soif, avoir grand'soif. — iv Argot. \\SL\er: étrangler un demi-stroe, une verte. — Etrangler la chandelle, renifler avant de cracher — ' S'étrangler v. pr. S'ôter la vie par strangulation : il s'est étranglé de désespoir. — Se faire mal à la gorge : cet enfant s'étrangle à force de crier. — w Etre étrangle : cette hernie commence à s'étrangler. — v. récipr. Se serrer mutuellement la gorge.
ÉTRANGLEDR s. m. Relig. Membre d'une secte brahmanique de l'Inde, qui prétendait avoir mission d'étrangler le plus grand nombre d'individus possible pour exterminer la race humaine et dans le but d'être agréable au dieu Siva. On dit aussi Thug.
" ÉTRANGDILLON s, m. [Il mil.] Sorte de
ÊTRE
maladie qui est pour les chevaux ce que l'es- ' quinancie est pour les hommes. - Poire d'é- TBAKGLiLLON, ospècc de poire fort âpre.
* ÉTRAPEs. f. Agric. Petite faucille qui sert à couper le chaume.
' ÉTRAPER V. a. Âgrlc. Couper avec l'élrape : litniper {in chaume.
* ÉTRAVE s. f. (lat. ^r<i6s, poutre). Mar, Asseniblag'e des pièces de bois courbes qui forment l'avant, la proue d'un bâtiment : '.c mât de beaitpni s'apiniie sur rétrave; la lomjui'ur d'un 7iaiire se mesure de l'étrave à iétumhut.
* ÊTRE V. auxil. que les grammairiens appellent V. substantif (lat. esse). Je suis, tu es, il est; nous sommes, vous êtes, ils sont. J'éluis. Je fus. J'tii été. Je serai. Je serais. Sois, soyei. Que je sois, que tu sois, qu'il soit; que nous soyons, que votis soyez, qu'ils soient. Que je fusse. Que j'aie été. Que j'eusse été. Etant. Ayant été. Absol. Exister ; Dieu dans l'Ei-rilun: sainte s'appelle Celui qui est; vous n'étiez pas encore au monde, ou simpl., vous n'éliez pas encore, lorsque cet événcna-nt arriva. Il n'est PLUS, il est mort. — Prov. On ne pkut pas ÊTRE ET AVOIR ÉTÉ, OU UB peul pas être toujours jeune. — Cela est, cela n'est pas, cela est vrai, cela n'est pas vrai. Cela sera, cela ne sera pas, cela arrivera, cela n'arriveia pas. — Ainsi soit-!L, espèce de vœu par lequel on termine plusieurs prières relifrieuses. Se dit quelquefois, dans le langiig'e ordinaire, par manière de souhait. — Soit, 3' pers. du sing. du subj., s'emploie souvent pour marquer adhésion, consentement. (V'oy. Soit, coiij.)
— Sert, en général, à lier le sujet à l'attribut; s'emploie lorsqu'on attribue à quelqu'un ou à quelque chose une qualité, un étal, une manière d'exister absolue ou relative : entre amis, lout doit être commua.
La vie est un néant... le monde est un désert- L. Ab>ault. Piètre de Porto, acte Y. se. u.
— Prov. Il faut être tout un ou tout autre, il faut avoir une conduite, une manière de penser décidée. — Bien-être. (Voy. Bien-être.)
— Dans l'acception qui précède, s'emploie d'une façon particulière, avec l'adj. déni. Ce, pris pource/uetse rapportant à une personne, à uue chose, à une action déjà terminée : traeuitlez, c'est te moyen de réussir, c'est ainsi que j'ai fait moi-même. — S emploie aussi avec le même mot se rapportant à une personne, a une chose, à une action indiqui-e seulement dans la suite de la phrase ; c'est nous, l'est eux ou ce sont eux qu'il faut récompenser. Un dit de môme:(;'«st là qu'il demeure; c'est devant eux qu'il l'a déclaré; c'est de lui que je parle, eic.
Ce ne sont rien que lys et roses que son teint. Coa>Bit,LB. La Veuve, acte I, se. v.
— S'emploie d'une mauièie analogue avec le pr. Il, c'est-à-dire, impersonnellement : il est bon de savoir à quoi s'en tenir.
Je suis jeune, il est vrai : mais n\ix âmes bien nées La valeur n'attend pas ic nombre des années.
('.OnMilLLB.
— Fam., Voila ce que c'est, voilà en quoi consiste la chose, voila ce qu'on se propose, ce dont il s'ai^it; la chose est faite luaintcnanl comme il convient. — Il est, s'emploie souvent, dans le style soutenu ou jioélique, pour il y a : i< est des liommcs que la résistance anime, il en est d'autres qu'elle découraije. — Il est midi, une hkuuk, deux heures, etc., l'heul-e actuelle est midi, une Heure, etc. Oi\ dit de inërao : Il est l'heure uk partir, Il est TEMPS i>K fimr; il est tard, etc. Il est jolr, il k:st nuit, il fait jour, il fait nuit. — Avec ellipse du pronom. N'était, n'eut été oue je suis le vos AMIS, si je n'étais de vos amis. Cette façon do parler est familière. — Avec les prépositions .\, Dans, et Lu. S'emploie lorsqu'on veut iniliquer la relation au lieu, au temps, ou l'état, la disposition, le genre d'oc-
ETRE
eupation,etc. Avec A ; il est à Rome, à la maison, a l'armée; être au lit, à table. Avec Dans ; être iliins Paris, dans son lit, etc. Avec Kn : élre en prison; être en bonne, en mauvaise santé. — Etre A JEUN, se dit d'une personne qui n'a pris aucun alliment dans la journée. — Etre a QUELQUE CHOSE, s'eu occuper, ou y prêter attention. Fam. Il est toujours a se plaindre, ils
SO.NT toujours A SE QUERELLIiR, A s'eMBRASSE»,
etc., il ne cesse de se plaindre, ils ne cessent lie se quereller, etc. — Il en est encore a s'apercevoir qu'on le trompe, il ne s'est piencore aperçu qu'on le trompait. — Etre ailleurs, ne pas prètersonutlenlion -.répétez^ je vous prie, j'élats ailleurs. — Fam. 'Vous n'y ÊTi;s PAS, .-^e dit à une personne tpii se méprend sur le mot d'une énigme, ou sur la véritable interprétation d'un discours, d'une action, etc., qu'on peutenlendre diversement. Se dit également à une personne qui ne saisit pas, qui ne touche pas le point d'une allaire, ou qui ne s'y prend pas bien pour faire quelque chose. Dans le sens contraire. Vous y êtes, j'y suis, etc. — Etre longte.mps a un ouvrage, mettre beaucoup de temps à le faire. — Fam.
.le SUIS, JE SERAI a vous dans un MOMENT, je
vais me rendre auprès de vous, ou je vais faire ce que vous désirez. — Etrk a plaindre, A BLAMER, etc., être digne de compassion, de blâme. — Impersonnellemenl. Il est a
CROIRE, A présumer, A DÉSIRER QUE... on doit
croire, présumer, désirer que... — Cela esta FAIRE, A REVOIR, A RECOMMENCER, etc, OU devra faire, on devra revoir, recommencer cela. Cela est a vendre, a louer, etc.. On veut vendre, on veut louer cela. On dit aussi : Cette march.\ndIse est a prendre ou A laisser.
— C'esi-.v-dire. (Voy. le verbe Dire.) — Etre dans une affaire pour un quart, pour un DIXIÈME, etc. yavoir Un intérêt d'un quart, d'un dcxièrae. — Il n'est pas en moi de faire telle CHOSE, il n'est pus eu mon pouvoir, ou il n'est pas dans mon i-araclère de la faire. — Suivi de la préposition A. Appartenir : la victoire est à nous. -^ C'e,st a vous de parler, c'est AU JuoE a prononcer, etc, c'e-l à vous qu'il appartient de parler, c'est au juge qu'apiiartienl le droit de prononcer. C Icst a vous a parler, a jouer, etc., voici votre tour de parler, de jouer. - Je suis tout a vous, entiéke- MENT A vous, je suis dans la disposition de vous servir. Cette phrase s'emploie quelquefois en forme do compliment, a la lin d'une, lettre familière. — Il n'est point a lui, il n'est plus A LUI, se dit d'un homme agité d'une violente passion. — Avecla plupart des autres prépositions de lieu. S'em|doie surtout pour indiquer, au propre, la situation relative et au lig., l'état, la condition, la disposition : il est devant vous ; je suis loin de Vous en vouloir. — Avec les adverbes de lieu s'emploie d'une manière analogue : /t?'ais ici, être en haut, en bas. — V être, être chez soi : je n'y suis pour personne. — Etre avec quelqu'un, se trouver quelque part avec lui, ou vivre habituellement avec lui. — Etre bien avec quelqu'un, être bien vu de quelqu'un, être dans ses bonnes grâces. Dans le cas contraire. Etre mal avec qui.lqu'uN. — EtUë sans Fortune, sans amis, .«ANS RESSOURCE, elo., u'avoii' point de fortune, d'amis, manquer de ressources, etc. On dit de même : Etre sans Connaissance, Sans vie; être sans raison,
SANS pitié, sans orgueil, SANS PUDEUR, CtC.
— Cela n'est pas selon la raison, selon là LOI, selon les C0NVENANCH6, otc, cela n'est pas conforme à la raison, à la loi, etc. Ellipliquem. et fam. C'est selon, cela dépend des circonslances. — Avec', la préposition De, précède les mots qui indiquent le lieu d'origine : il est de i'(i)'('.v ; l'auteur d'une chose, d'un ouvrage: ce tableau est du l'oussin; la profession, la KoaiiMon: il est d'Kylise, d'êpée, de robe; la qualité nropro a Un sujet: il est d'un caractère difficile; la matière : cette statue est de marbre ; ruccujiation : je suis de service, de
ÈTËE
garde, etc. Voy. De.) — Il ne m'est de bien, il ne m'est pas parent, il m'est tout à fait étranger. — Je suis d'avis que... mon opinion, mon avis est que... Etre de l'avis, de l'opinion DE quelqu'un, partager son avis, son opinion. — Cela est bien de son caractère, cela EST BIEN DE LUI, Cela Bst coiiforme à son caractère, à sa manière d'agir, de penser. — Il est du devoir d'un homme, il est d'un honnête HOMME DE FAIRE CELA, un bounôte homme doit faire cela. Il est de la justice de faire TELLE CHOSE, la justicc Oblige à faire telle chose. Cela est de toute justice, cela est de
DROIT, cela est d'uSAGE, CELA EST DE BON GOUT,
etc. Cela est conforme à la justice, au bon droit, à l'usage, au bon goùi, etc. — Fam.
Si j'étais que DE vous, SI j'ÉTAlS DE VOUS, SI
j'étais à votre place. Il n'est que de, le mieux est. Il n'est que dk s'entendhk, il ?uf(it de s'entendre. Suivi do la préposition De, Etre compris dans, faire partie de: cet effet est de la succession; cet animal est de telle classe, de tel ordre, de tel genre. On dit quelquefois de même, avec la préposition Dans: être dans telle classe, dans telle calèijorit, etc. — Cela n'est p.\s du JE'i, cela n'est pas selon les règles du jeu, ne se pratique pas à tel jeu. Fig. et fam. Cela n'en est pas, celui-la n'en est PAS, quand une personne fait ou dit quelque chose qui ne doit pas se faire ou se dire, et à quoi on ne s'attend pas : i/ ne s'agit que de ,jcux, les coups n'en sont pas. — Avec la préposition De. Entrer en part, en société, s'intéresser : il y a rtn grand marché à faire, voulez-vous être de moitié ? — Précédé de la particule En. Se dit en parlant du point où l'on est parvenu dans un travail, dans une élude, de l'état ouest une affaire: il en est encore aux déclinaiso7is. — En êtes-vous la? croyez vous cela? êtes-vous donc dans cette résolution, dans cette erreur? - Ou ensomues-nous? se dit quelquelois par indignation, par forme de plainte, quand on voit quelque grand désordre. — Il ne sait ou il en est, se dit d'en homme troublé, embarrassé, qui ne sait ce qu'il fait, qui ne sail par où sortir d'all'aire.
— Précédé de la particule En. Se dit encore, impersonnellement, du résultat, des conséquences d'une chose : it en sera de cette affaire ce qu'il plaira aux juges. Sans la particule : il sera de cette affaire., etc. — Ne croyez pas cette nouvelle, il n'en est rien, elle est fausse.
— En être pour son argent, pour sa peine, se dit d'une personne qui a dépensé de l'argent, qui a pris de la peine inutilement, sans aucun avantage : il en a été pour ses frais.
— Précédé de la particule En. Sert quelquefois à compare!', à maliiuer similitude, conformité : il en est des peintres comme dis poètes, ils peuvent l'ecourir à la fiction. — Suivi de la préposition Pour. Sert à marquer préférence ou prédilection : j'étais pour Ocidi- à quinze ans, je suis pour Horace à trente. Dieu EST POUR NOUS, Dieu nous protège. — Sert aussi à marquer la destination, l'objet : ces objets sont pour monsieur un tel. — Dans les temps où ce verbe prend l'auxiliaire Avoir, se dit quelquefois pour Aller; mais avec cette différence que, dans j'ai été à Rome, par ex. j'ai été fait entendre qu'on y est allé et qu'on en est revenu ; et que, dans il est allé à Rome, le verbe ilcstuUé marque que celui dont on parle n'est pas encore de retour. — S'emploie comme auxiliaire pour former les verbes passifs: l'i sera aimé. — Sert également à former les temps composés de quelques verbes neutres et ceux de tous les verbes qui s'emploient avec le pr. pers. ; il est tombé; ils se sont embrassés. — Sert encore à conjuguer, dans i|iielques-uns de leurs temps, les verbes actifs qu'on emploie impersonnellelnent avec le pr. réU. : it s'est biUi bien des maisons à Paris depids trente ans. — v* C'est a qui..., lout le monde s'empresse de... : c'est à qui l'accablerait dans son malheur. — N'être pas sans..., devoir probablement... : vous n'êtes pas sans
ÊTRE
connaître ?« nouvelle. — Argot. Être a la cascade, être d'humeur joyeuse, — Etbe a l'enterrement, avoir un air triste, morose. — Ktre a la rol'blardise, être fin, rusé. — L'être, être trompé par sa femme. On dit, dan? le même sens, En être, êtue dk la confrérie.
— En être, faire parlie de la police. — Etre avec, vivre maritalement avec, — L'être encure, être vierge.
'ÊTRE s. m. Ce qui est : l'Être des êtres; tons les êtres ont leurs lois. — Personne contre laquelle on est indi;.'iié : voilà un élre bien insupportable. — Etre de raison, par opposition à Etre réel, se dit de ce qui n existe que dans l'esprit, dans l'imagination : une montagne d'or, un palais de diamant, sont des êtres déraison. — Existence : recevoir un notivelétre. — Kéalité, par opposition à Apparence : en tout il préférait l'être au paraitre. ^Au plur. Parties diverses d'une maison (Voy. Etres, à son ordre alphaliétique). ^- »-v Mon être, ma personne, moi-même : tout mon être tressaillit à cette notivelle.
'ÊTRE s. m. Adra. forest. S'emploie dans la locution. A blaNc être, à blanc estoc. (Voy. Estoc.)
• ÉTRÉCIR V. a. (rad. étroit). Rendre étroit, rendi-e plus étroit : il a fait éirécir son habit.
— Mail. Etrécir un cheval, le ramener graduellement sur un terrain moins étendu que celui qu'il parcourait. — S'étrécir v. pr. Devenir plus étroit : le cuir s'étrécit à la pluie, au feu.
' ÉTRÉCISSEMENTs. m. Action par laquelle on étrécil, état de ce qui est étréci : l'étrécissement du lit de la rivière accélère le cours de l'eau.
ÉTRÉCISSURE s. f. Etat de ce qui est étréci.
" ÉTREINDRE v. a. (laf. stringcre). Se conjugue comme Atteindre. Serrer fortement en liant : étreignez celte yerhe, ce fagot. — Embrasser, presser entre ses bras : il l'étreignit si fortement, qu'il lui fit perdre la respiration.
— Etreindre les nœuds, les liens d'une amitié, d'une alliance, les resserrer. — «.» S'étreindre V. récip. Se serrer l'un l'autre.
• ÉTREINTE s. f. Serrement, action par laquelle on éti'eint : ce nœud s'est défait, parce que V étreinte n en était pas assez forte. — Action de presser quelqu'un entre ses bras : étreinte amoureuse.
• ÉTRENNE s. f. (lat. strena). Présent que l'on lait le premier jour de l'année : je vous donne cela pour étrenne. Dans ce sens, s'emploie ordinairement au pluriel. — Premier argent que les marchands reçoivent dans la journée, dans la semaine : je nui rien vcmlu aujourd'hui, voilà mon étrenne. — Premier usage qu'on fait d'une chose : cette vaisselle n'a point encore servi, vous en aurez Vétrenne.
• ÉTRENNER v. a. Donner les élrennes : il l'a étrenne d'une montre, d'un tableau. — Etre le premier qui achète a un marchand, qui donne à un pauvre : élrennez-moi, je vous ferai bon marché. — Faire usage d'une chose pour la première fois : je ne me suis pas encore servi de cette voiture, vous l'étrennerez. — v. n. Se dit en parlant du promier argent qu'un marchand reçoit de sa marchandise dans la journée, dans la semaine : jen'ai rien vendu aujourd'hui, je n'ai pas étrenne. — %■» Argot. Recevoir une réprimande. — Recevoir des coups.
ÉTRÉPAGNY, ch.-l. de canl., arr. et à 18 kil. N.-E. des Andelys (Eure) sur la Bonde; 2,120 hab. Les Saxons y furent battus par le général Briand le 29 novembre) 870.
• ÊTRES s, m. pi. (vieux fr. aitres; du lat. atri!<m, entrée, vestibule). Parties diverses de la distribution d'une maison, c'est-à-dire, l'escalier, les corridors, les chanibres, etc.
ETRI
— S'emploie surtout dans ces phrases : Usait' tous les êtres de cette maison; il connaît les êtres.
•ÉTRÉSILLON s. ra. [-zi-ion; il mil.]. Pièce de bois (|uoii place en travers dans les tranchées d'une fondation, dans les galeries d'une mine, etc., pour empêcher les terres de s'ébouler; ou, dans un bâtiment, pour soutenir, pour étayer les murs (jui déversent ou qu'on reprend sous u'uvre.
* ÉTRÉSILLONNER v. a. Soutenir, étajer avi'c un i^trésillou, avec des étrésillons.
ETRETAT, l'une des plus célèbres stations balnéaires maritimes des côtes normandes, cant. de Criquetot, arr. et a 27 kil. iN,-E. du Havre (Seine-Inférieure), près du cap Anlifer, dans une situation pittoresque, au débouché de deux riantes et profondes vallées que dominent de hautes falaises taillées à [ùc; 1.950 hab. Plage de galets roulés. Casino, Charmantes promenades aux environs. Les romans d'Alphonse Karr ont contribué à mettre à la mode cette station du bains qui était jadis très peu fréquentée.
' ÉTRIER s. m. (bas lat. sti'ivarium). Espèce d'anneau de fer ou d'autre métal, qui pend à droite et à gauche par une courroie à une S'dle de cheval, et qui sert à appuyer les pieds du cavalier : tenir l'étricr à quelqu'un lorsqn'il monte à chevid. — Perdre les étrieus, retirer involontairement les pieds des étriers.
— Vin de l'étrikr, vin que l'on boit au moment du départ. On dit dans le même sens, COUP DE l'étrieu, — Pied de l'étrier, pied gauche de devant du cheval, qu'on appelle aussi PIED DU montûih. — Par ext. Avoir le PIED A l'étrier, être nu nuiinent de partir. — .\voiR LE PIED A l'étrier, commencer Une carrière, une profession ; être ii portée d'avancer, de faire fortune : enfin vous voilà placé, vous avez le pied à l'étricr. Dans un sens analogue.
On lui A MIS LE PIED A l'ÉTRIEH. — AvoiR TOU- JOURS LE PIED A l'étrier, s'ariêter peu dans un même, lieu, faire de fréquents voyages. ^ Courir a franc étrier, courir la poste à cheval. — Etre ferme sur ses étriers, détendre ses sentiments, persister dans ses résolutions avec fermeté, sans se laisser ébranler, — Tenir l'étrier a quelqu'un, l'aider dans quelque entreprise. Faire perdre les étriers a quelqu'un, le déconcerter. — Bas a étrier, bas qui, au lieu de pied, ont seulement une espèce de bande qui passe sous le pied en forme détrier. — Ghir. Bandage dont on se sert pour la saignée du pied. — Anat. Une des petites pièces osscu.^es de l'intérieur de l'oreille, — Arcbit. Pièce de fer en forme d'étrier, qu'on emploie pour soutenir une ])0utré. -^ »v Agric. Etrier américain, sorte de collet en (ev, en forme d'étrier et d'une disposition particulière, qui permet de lixer le contre de la charrue à lâge, sans entailler le bois de ce dernier.
* ÉTRILLES, f. [Il mil] (lat. .itrigil). Instrument de fer avec lecjuel on ôte la crasse, l'ordure qui s'est attachée à la peau et au poil des chevaux, des mulets, etc. : ce cheval n'a pas eu un coup d'élrille d'aujourd'hui. — Prov, et pop. Cela ne vaut pas ln manche d'étrillé, cela n'est d'aucun prix. — Fig. et pop. Cabaret où l'on fait payer trop cher : ne logez pas à ce cabaret, c'est une étrille. Ce sens est maintenant peu usité. — *^ Crust. Nom vulgaire du genre Pohtune; on dit aussi crabe laineux.
' ÉTRILLER v. a. Frotter, nettoyer avec l'étrille : étriller un cheval. — Etriller quelqu'un, le battre, le maltraiter : c'est un critique impitoyable ; il étrille les gens d'une rude manière. — Il a été bien étrillé, se dit au.ssi d'un homme qui a une maladie violente, oU qui a perdu beaucoup au jeu, ou à qui on a tait payer son gîte trop cher.
* ÉTRIPBR v. a, (rad. tripes). Oter les tripes d'un animal : étriper un venu, wn cochon. —
ÉTRU
Aller a étripe-cheval , presser un cheval eicessivement,
• ÉTRIQUÉ, ÉE adj. Fam. Qui n'a pas l'ampleur sulli.^anle : ces rideaux sont bien étri' qués. — Fig. Se dit des ouvrages d'art et des ouvrages d'esprit : voilà un plan bien étriqué, une scène étriquée.
' ÉTRiyUER V. a. (anc. franc. rsMque, rouleau de bois qui sert ii raser les mesures de grain). Ne pas donner l'ampleur suffisante.
• ÉTRIVIÈRE s. i. (lad. étrier). Courroie qui sert à porter les étriers : il s'est fait des élrioières de corde. — Au plur. Coup.' d'étrivière; alors s'emploie presque toujours absolument : donner les étrioières à quelqu'un. — Tout mauvais traitement qui humilie , ou même qui déshonore : ii ne s'en est tiré qu'avec les étriviéres.
•ÉTROIT, OITE adj. (lat. strictus). Qui a peu de largeur : cette étoffe est étroite.— C'est UN CERVEAU ÉTROIT, se dit d'uu homme qui manque de jugement. — C'est un génie étroit, UN ESPRIT étroit, c'est Un homme qui a peu de capacité, dont les vues, les idées ont peu d'étendue, — Des bornes étroites, d'étroites L'MiTES, etc., se dit en parlant de ce qui a peu d'extension, de ce qui est fort limité : dattsle cercle étroit de ses relations hubiluelles. — Etroite ALLIANCE, étroite amitié, étrciite union,
ÉTROITE familiarité, ÉTROITE CORRESPONDANCE,
LIAISON FORT ÉTROITE, alliance, amitié, union intime, etc. — Fig. Qui est selon la rigueur de la loi, de l'ordre, etc., par opposition à RELACUÉ : frères mineurs de l'étroite obserrance. — Prendre quelque chose dans le sens étroit, l'entendre, l'interpréter dans toute la rigueur de la lettre, — Avoir la conscience étroite Comme la manche d'un cordelier, avoirla conscience large, n'être pas scrupuleux. — En termes de l'Ecriture. La voie étroite, le chemin ÉTROIT, la voie, le chemin du salut; par opposition à la voie large, c'est-ii-dire, le chemin de la perdition. — A lélroit loc. adv. Dans un espace étroit : vous êtes logé fort à l'étroit. — Etre a l'étroit, vivre a l'étroit, n'avoir pas les commodités de la vie.
• ÉTROITEMENT adv. A l'étroit : vous êtes logé bien étroitement. — Avec certains verbes. Fortement, intimement : ilsse tenaient étroitement einbrassés. — A la rigueur : s'attacher ctroitcment à une règle. — Il fut arrêté kt étroitement gardé, gardé avec rigueur. — Expressément, sur toutes cbo^es ; on lui a étroitement défendu.
* ÉTROITESSE s. f. Qualité de ce qui est étroit. Ne s'emploie guère qu'au ligure : étroitesse d'esprit.
* ÉTRON s. m. (bas lat. sirwitus). Matière fécale qui a quelque consistance. Se dit des excréments de l'honimo et do quelques animaux. (Bas.)
* ÉTRONÇONNER v. a Jard. Couper entièrement la tète a un arbre.
ÉTRURIE, Etruria ou Tuscia, région de l'ancienne Italie, correspondant A la Toscane actuelle et à quelques territoires adjacents. Ses principaux cours d'eau étaient le Tigre et rÂrno. Parmi ses lacs les plus importanls, on citait le lac Trasimène (lac de Pcrouse). Longtemps avant la fondation de Home, cette région fut habitée par le peuple civilisé appelé Etrusques ou Tusci par les Romains ; Tijrrhéniens ou Tyrsénes par les Grecs, mais dont le nom national était Ras ou, avec uiie terminaison familière, Ras-enne. Les Tusçi se distinguaient des Italiens Latins et Sàbelliens par un langage particulier qui, jusqu'aujourd'hui n'a pu être rapproché d'aucune autre langue. Comme les plus anciennes villes étrusques étaient situées dans l'intérieur des terres, on a conjecturé que les Etrusques étaient venus dans la péninsule par voie' de
ETRU
terre et peut-être par les Alpes Rhéliques, car les Rhétiens parlaient rélnisque dès le commencement des temps historiques, et leur nom offre une certaine ressemblance avec celui des Ras. En contradiction formelle avec cette opinion sont : l'hypothèse que la lanifue étrusque était d'origine sémitique et l'antique tradition d'après laquelle les Etrusques étaient des Lydiens venus d'Asie. Les quelques fragments de littérature étrusque qui nous ont été conservés (inscriptions de médailles ou de tombes) peuvent d'autant moins éclairer la question, que leur interprétation est encore matière à hypothèses. Des affinités celtique, slave, albanaise, sémitique, basque, turanienne, finnoise, etc., ont été établies de la manièrelaplus contradictoire par les écrivains et les savants. On croit que l'alphabet consistaiten 21 lettres, coïncidant à peu près, pour leurforrae, avec les anciennes lettres firecqnes, écrites de droite à{.'auche,maiscorresponilanl comme valeur, à celles des Hébreux. Sous les empereurs romains, les aruspices se servaient des versions latines du rituel étrusque. Il y avait aussi d'anciens chants pastoraux et au- {.'uraux; on mentionne également des tragédies et d'autres livres. — L'Etrurie formait une confédération de 12 cités (avec leurs districts), qu'on suppose être les suivantes : Cseré, Tarquinies, Ruseliœ (aujouid'hui Roselle, remarquable par ses monuments), 'Vétulonie, Volaterrœ (Volterra), Arretium (Arrezzo), Cortone, Pérouse (Perugia), Volsinies (Bolsena), Paieries, Veies et Clusium ((^hiusi), résidence du roi Porsenna. Les Etrusques avaient de florissantes colonies en Corse et à l'ile d'Elbe, ainsi que dans la Campanie, où l'on suppose qu'ils fondèrent (vers 800 av. J.-C.) une confédération semblable à celle de l'Etrurie. Leur marine fut puissante dans la Méditerranée, à une époque très reculée. Ce qui nous reste de leurs monuments permet de supposer, qu'ils étaient habUes danslesarls. Ils avaieni des assemblées religieuses et politiques, qui se réunissaient dans le temple de Voltumnaà Volsinies. Leur religion ressemblait à celles des Grecs et des Latins. Plusieurs de leurs rites religieux, ceux des augures par exemple, furent adoptés parles Romains qui imitèrent aussi leurs jeux, leurs emblèmes et leurs distinctions triomiihales. Leurs prêtres, nommés tucumos, étaient à la fois chefs des familles nobles et rois ou gouverneurs des villes. Ils formaient le sénat de la confédération , laquelle semble avoir consisté en membres indépendants et souverains, librement associés. Des murailles de cités, des égouts, des caveaux, des tombes souterraines et des ponts sont les seuls monuments qui nous restent de l'architecture étrusque. Ce qui nous a été conservé de leur peinture consiste en esquisses archaïques et en i-eprésentations d'objets fantastiques. Les vases peints, ordinairement appelés vases étrusques, étaient sans doute fabriqués par des artisans grecs, importés en Etrurie, ou faits par des ouvriers grecs établis dans cette contrée. Les Etrusques étaient d'une grande habilité dans la fabrication des poteries. Les spécimens de sculpture et de ciselure qui ont été retrouvés n'ont rien d'extraordinaire, mais les statues de bronze de l'Etrurie étaient fameuses et l'on dit que la seule ville de Volsinies en contenait plus de 2,000. La grande renommée de l'art étrusque repose sur les dessins et sur l'exécution d'objets décoratifs, tels que trônes, chars d'apparat, candélabres et boucliers. Cet art est imitatif plus que créateur et il porte à chaque période l'empreinte de l'influence égyptienne, babylonienne et hellénique. — Plusieurs égyptologues trouvent des allusions à une flotte étrusque dans les récits égyptiens des guerres de Ramsés III, au xui» siècle av. J.-C. Vers o40, les Etrusques livrèrent, conjointement avec les Carthaginois, la première riataille navale dont il soit fait mention dans
ETUD
l'histoire de la partie occidentale de la Méditerranée ; cette bataille fut livrée à Alalia contre les Phocéens, qui furent défaits; et les Etrusques y gagnèrent la possession de l'île de Corse. Des traités entre les Etrusques et les Carthaginois, stipulèrent des renonciations réciproques à la piraterie dansleurseaux respectives et défendirent à chacun des deux pays d'établir des colonies sur le territoire de l'autre : ces traités sont mentionnés par Aristotc. La période la plus florissante de l'histoire d'Etrurie comprend plusieurs siècles avant et aiirès la fondation de Rome, jusqu'au tenqis des Tarquins et de Porsenna. La réduction de Véies par les Romains marque le comniencemcnt de la décadence étrusque. La confédération fut bouleversée par les invasions désastreuses des Syracusains, des Samnites et des Gaulois sous Brennus; les deux batailles livrées près du lac Vadimonian par Quintus Fabius ('^10) et Publius Cornélius Uolabella (i83) mirent lin à la puissance étrusque. La sujétion des Etrusques à la répuliliijue romaine commença eniSO av. J.-C; elle fut changée en droit de citoyenneté après la guerre sociale (90), à cause de la fidélité que l'Etrurie avait montrée. Sylla confisqua tout le pays pour le donner à ses vétérans, qui devinrent ensuite les complices de Calilina. Octave, à son tour, établit en Etrurie ses colonies militaires. — L'Etrurie fut formée en royaume (tSOf) par Napoléon, qui la donna à Louis, prince de Parme. Elle fut, après la mort de ce prince, gouvernée par la régente, sa veuve, Marie-Louise d'Espa;:ne; en 1807, elle fut annexée à la France comme simple province. (Voy. Toscane.)
* ÉTRUSQUE s. etadj. (lat. Etntsci). Antiq. D'Eirurie, qui appartient à ce pays ou à ses habitants. — Vases éthusques, poterie rouge, brune et noire, dont on a trouvé, dans le pays des anciens Etrusques , de nombreux échantillons, remarquables par la forme et les dessins. — s. m. Langue des Etrusques.
ETTLINGEN [êtt'-linn-gheun], ville du duché de Bade (Allemagne), à 8kil. S. de Caiisrulie; 7,0(10 hab. Elle est célèbre à cause des antiquités romaines trouvées dans ses environs.
* ÉTUDE s. f. (lat. stiidiiim). Travail, application d'esprit pour apprendre ou approfondir les sciences, les lettres, les beaux-arts: s'iidutimr, s'appliquer, se livrer à l'étude des sciences, des arts libéraux. — Dans les collèges : Salle d'étude, ou simpL, Etude, lieu où l'on réunit lesélèvespourleurfaire étudier les leçons et composer les devoirs donnés par le professeur. Maipre d'étude, celui qui surveille les élèves pendant les heures de travail et de récréation. — Temps que l'on passe à étudier dans la salle d'étude : l'étude du soir est la plus longue. — Faire ses études, passer par les dill'érenls degrés d'instruction qui doivent i'urmer l'esprit de la jeunesse. On dit de même : I''aibe de bonnes, de mauvaises études; commencer, terminer ses études, le cours de ses études; traité des études; la DURÉE DES Études, etc. — Avoir de l'étude, avoir de l'instruction, des connaissances acquises. Dans le sens contraire : N'avoiu point d'étude, nulle étude, être sans étude, se dit de ceux qui n'ont point l'ait les études qu'on a coutume de faire dans la jeunesse. — Tout travail préparatoire : mettre un projet de loi à l'élude. — Peint. etSculpt. Dessin ou morceau de peinture, de sculptuie, qu'un artiste exécute pour bien connaître tel ou tel objet, ot pour s'exercer à le bien représenter : recueil d'études des plus grands maitres. — Tête d'étude, dessin d'une tête, propre à servir de modèle, et fait ordinairement d'après quelque tableau d'un grand maître. — Mus. Composition faite pour exercer au duiglé, au jeu d'un insli'umcnl : étude de Kreutzer pour le violon. — Théâtre. Etude d'un rôle, travail que fait un acteur pour se pénétrer de l'esprit
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d'un rôle qu'il doit jouer. Mettre une pièce a l'étude, en distribuer les rôles. — Titre d'un ouvrage : FAudes de la nature de Bernardin de Saint-Pierre. Dans ce sens, on emploie plus souvent Essai. — Par ext. Soin particulier qu'on apporte pour parvenir à quelque chose que ce soit : il ne songe qu'à faire bonne chère, c'est là son étude. — En mauvaise part. Dissimulation , affectation , recherche : il faut, dans la conversation, éviter l'apprêt et l'étude. — Lieu où un notaire, un avoué travaille ordinairement, et où il fait travailler ses clercs: cet avoué est fort assidu dans son étude. — Dépôt des minutes et des papiers que les notaires ou les avoués conservent chez eux, et de la clientèle qu'ils ont : celte étude vaut cent mille francs.
* ÉTUDIANT s. m. Celui qui suit les cours d'une école publique : il y a tnen des étudiants dans celte université. — »* Au fém. Etudl\nte : quelques étudiantes suivent les cours de médecine. — Jargon. Maîtresse d'un étudiant. — Fille légère qui habite le quartier Latin, à Paris.
* ÉTUDIÉ, ÉE part, passé de Etidier.— Ad-
jectiv. Feint, recherché, alfecté : le jeu de cet acteur n'est pas naturel ; il est trop étudié. — Fait avec soin et application, bien travaillé, bien fini : tableau bien étudié.
' ÉTUDIER V. n. (lat. studere). Appliquer son esprit, travailler pour apprendre les sciences, les lettres ; on ne devient point savant sans étudier. — Etudier ensemble, être élevés dans la même maison d'éducation, dans le même collège : nous avons étudié ensemble, votre père et moi. - Faire étudier, faire faire à un enfant le cours de ses éludes. — Mus. S'exercer sur un instrument de musique : ce pianiste étudie plusieurs heures par jour. — V. a. S'appliquer à apprendre une science, im art, à entendre un auteur, à connaître toutes les circonstances d'une affaire, les causes d'un phénomène, etc. : il étudie sans cesse l'Ecriture sainte. — Tâcher de fixer dans sa mémoire, d'apprendre par cœur : étudier son rôle. — Etudier un discours, un compliment, le méditer, le préparer, le composer avec soin. Dans le même sens. Il fait des contes plaisants, mais IL LES ÉTUDIE. - Peint, et Sculpt. Etudier une draperie, une pose, l'agencement d'un groupe, se bien assurer de leur effet, avant l'exécution délinilive. — Archit. Etudier un projet, un PLAN, vérifier si toutes les parties en sont combinées avec ordre et justesse, et s'il s'accorde bien avec les moyens d'exécution. — Par cxt. Observer avec soin l'humeur, le génie, les façons de faire, les inclinations d'une personne : un btncourtisan étudie lesinclinutionsduprinee. — S étudier v. pr. Apprendre à se connaître soi-même : il faut d'abord s'étudier avant d'étudier les autres. — Suivi de la préposition a, s'appliquer, s'exercer à faire quelque chose, méditer de quelle manièreonpeuts'y prendre : '('/ ne s'étudie qu'à faire du mal. — Etre étudié ; la nature ne s'étudie pas dans les livres.
ÉTUDIOLE s. {. Petit meuble à plusieurs tiroirs, qui se place sur une table, pour y serrer des papiers d'étude, ou autre chose.
* ÉTUI s. m. (ital. stuccio). Sorte de boîte qui sert à mettre, a porter, à conserver quelque chose, et dont la forme et la grandeur varient selon les objets qu'elle est destinéeà contenir : élui de chapeau; étui à aiguilles. — Etui de MATHÉMATIQUE, boîte contenant des instruments de mathématique. — Par ext. Enveloppe coriace et dure qui recouvre et protège les ailes de certains insectes, tels que le hanneton, l'escarbot, etc. C'est ce que les entomologistes nomment les Elytres. — v*Fig. Lieu étroit.— Bol. Etui médullaire, couche de tissu ligneux qui, dans la tige de certains végétaux, entoure iinniédialement la moelle et en constitue l'enveloppe. Ce tissu, dont Hille a parlé le premier, est formé de longs vaisseaux poreux
ETYM
et spiraux, qui s'étendent parallèlement sur toute 1,1 lonfrueur de la tige et qui peuvent se dérouler, mOme lorsque le bois est vieux.
* ETUVE s. f. (lat. xstus, chaleur). Lieu clos dont un échaulie plus ou moins la températare pour faire transpirer : éluvc humkk ou bain de vapcitrs. — Eepèce de four où l'on fait sécher dilïérentes substances : faire sécher des raisi7is dans une étuve. — Par exag. Cette r.HAMBKE EST UNE ÉTUVE, Se dit d'une chambre bien close, qui est très chaude en hiver. — »* Autre f. Etablissement de bains.
* ETUVEE s. f. Cuis. Certaine manière de cuire les viandes ouïe poisson dans des vaisseaux hermétiquement fermes qui empêchent l'évaporation : mettre du veau, une carpe à l'étuvée. — Viande même assaisonnée et cuite de la sorte : faire une étuvée de carpe, ou simpl., faire une étuvée.
' ÉTUVEMENT s. m. Action d'étuver.
* ETUVER V. a. Laver en appuyant doucement. Ne se dit guère qu'en parlant d'une plaie, d'une partie malade : étuver avec de l'eau tiède, avec de l'eau-de-vie, avec du vin. — »v Mettre dans une étuve. — Faire cuire à l'étuvée.
* ÉTU'VISTE s. m. Celui qui lient des bains et des etuves. On dit maintenant. Baigneur.
* ÉTYMOLOGIE s. f. (gr. etumolo<jia: de etumos, vrai, et lijijùs, discours). Origine d'un mot; dérivation d'un niotforméd'uu ou de plusieurs autres : rcchcrclicr l'étyinoloyie d'un mot, en donner réluinologie. — EticycL. L'étymologie est lu science qui fait connaître l'origine des mots et la façon de déterminer les lois d'après lesquelles les mots changent de lornie et de sens dans l'histoire de chaque langage ou dans celle d'un groupe de langues ayant de l'alfinité. Où cette science devient pénilile, c'est lorsqu'elle a laprétention de remonter à l'origine de la langue des premiers hommes pour lui trouver une source unique. — Les langues changent rapidement. Près de 9.00U langues et o,0U0 dialectes sont aujourd'hui connus. Dans toutes les langues, on a construit des mots en réunissant des formes de mots dont on ne se sert plus. Ainsi le niùlirrcvocabilité, vient de l'adjectif i'mioocafc/t.', forméluimênie de révocable, issu de révoquer (lat. revocare), mot qui, comme évoquer, invoquer et provoquer, est uu composé du verbe latin voeare, appeler, dont le radical est vox, voix. Tous les prétixes et tous les suflixes employés dans ia composition de ces mots ont leur sens et leur olTice distincts; et presque tous, sinon tous, ont formé, à une certaine époque, des mots indépendants. Lorsque l'éléiiienl linal d'un mot, comme ïûj;(5ancr. vali) a été trouvé, ce qui est le cas dès que l'on est parvenu à une combinaison indécomposable de lettres, on dit alors que la racine de ce mot est obtenue. Ainsi le chinois, qui possède actuellement environ 40,OUO mots, n'a guère que 4;jO racines; l'hébreu et le sanscrit en ont uOO, et il n'existe probablemenl pas de langue quien ait davantage. En dehors de ces racines simples et rares, on n'a pas formé seulement les mots d'une langue, mais ceux de plusieurs langues, .\insi, de la racine sanscrite ar, viennent le latin arare, le grec «ooùv, l'irlandais ((/■, le lithuanien arti, le russe oraty, le goth urjan, l'anglo-saxon ejyu?!, l'anglais t'ur, etc. En dehors des langages indo-européens, il est impossible de rien établir de bien exact ; et il serait imprudent de nier l'existence d'une langue mère unique et commune à toute l'humanité. Plusieurs savants tiennent que les groupes indo-européen, sémitique et touraiiien sont probablemenl dérivés d'une forme primitive de langage. Dès qu'un élymologiste abandonne le domaine de la certitude pour entrer dans celui de l'hypothèse, il s'expose à commettre les erreurs les plus graves et à
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tomber dans le ridicule. Le même écueil attend les gens i systèmes absolus qui recherchent l'origine d'une langue en remontant exclusivement à une seule source ; les uns, comme Budé, Henri Estienne et Morin n'admettent pour le français d'autres langues mères que le grec et le latin; les autres, comme Etienne tiuichard et Pierre Le Loyer, remontent invariablement à l'hébreu. Court de Gébelin. Le Brigantet La Tour d'Auvergne voient presque partout dus origines celtiques ; Raynouard ne va pas plus loin que la langue romane; Ménage etdu Cangeontcréél école éclectique, en admettant tous les systèmes. Les recherches de Bopp, de Burnouf et de Max Mûller ont fait faire de grands progrès a l'étymologie, qui est devenue une science véritable sous le nom de grammaire comparée.
'ÉTYMOLOGIQUE adj. Qui concerne les élymologies : l'.ejitu ation étymologique.
ÉTYMOLOGIQUEMENT adv. D'après l'étymologie ; selon si's règles.
* ÉTYMOLOGISTE s. m. Celui qui s'occupe d'élymologie, qui sait les étymologies : c'est un grand, un savant étymologistc.
EU {Aiiga ou Aucum], ch.-l. de cant., arr. et à ilikil. N. -E.de Dieppe (Seine-Inférieure), sur la Bresle ; 4,818 hab. Eglise gothique avec une chapelle souterraine. Cette ville donne son nom à un château voisin, résidence favorite de Louis-Philippe, détruit par un incendie en 1002. — Manufactures de dentelles, de serge et de savon.
* EU, EUE part, passé de Avoin. — Ne s'emploie guère ([n'en le joignant à quelque autre temps du verbe Avoiit : les choses qu'il a eues. — Eu ÉoARD A, en considération de : eu égard à sa grande jeunesse, on lui a pardonné.
' EUBAGES s. m. pi. iNom d'une classe de druides ou d'anciens prêtres gaulois, dont la principale occupation était l'étude de la physique, de l'astronomie et de la divination.
EUBÉE (lat. Eubxa; ital. Negropontc; turc Egripn), ile de Crèce, la plus grande de l'Archipel, dans la nier Egée; 4,073 kil. earr. Elle est séparée de la terre ferme par le détroit de Trikeri ou Orei; et au S.-O. par un can.ll appelé détroit de Talente dans sa partie septentrionale, détroit d'Egripo dans sa partie méridionale, et détroit d'Euripe dans sa partie la plus étroite (70 m. de large, vis-à-vis de Chalcis). Une chaine de montagnes court à travers toute l'ile : ses points culminants sont le Delphi, presque en son milieu (1,7 43 m.) le mont Kandili sur la côte occidentale et le Saiut-Elie à l'extrémité S.-E. Les principales exportations sont le grain, les vins, l'huile, le miel, le fromage, le coton, la laine et les peaux. — L'Eubée fut d'abord habitée par des Grecs Ioniens. Ses principales villes, Chalcis et Elétrie, furent subjuguées par les Athéniens, formèrent une partie des possessions macédoniennes et furent incorporées a la province romaine d'Achaïe. Lors du déniuinbrement de l'empire bysanlin, l'Eubée tomba entre les mains des Vénitiens, auxquels elle fut arrachée, en 1470, par les Turcs qui la conservèrent jusqu'à 1 insurrection grecque de 1821. Elle forme aujourd'hui, avec quelques autres lies, la nomarchie d'Eu bec ; 4,l'.)ii kil. carr.; 00,000 hab.
EUBULIDE DE MILET, philosophe grec, disciple d'Eucluie de Megare. Il tlorissait vers le milieu du 4'^' siècle av. J.-C. Comme Zenon d'Elée, il attaqua la doctrine péripatéticienne et s'ell'urça de prouver que toutes les notions expérimentales que nous possédons donnent lieu à desdifllcuUés insolubles.
EUCALYPTUS ou Eucalypte s. m. (gr. eu, bien; kaluplos, couvert). Bot. Genre d'arbres de la famille des myrtacées. comprenant environ 200 espèces originaires d'.\usti'alie et de l'archipel Indien. Les eucalyptus, (quel-
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ques-uns écrivent au plur. eucaly/jH) sont de grands arbres, dont quelques-uns atteignent I50m.de haut, et 20 m. de circonférence à la base ; ils forment 99 pour cent de la végétation des forêts australiennes. Les feuilles et lecorce de diverses espèces possèdent des propriétés antiseptiques très puissantes
Eucalyplus macrocarpa.
Tandis que quelques espèces portent des fleurs petites et à peine visibles, Vcucalyptus macrocarpa en produit qui sont larges et rendues très apparentes par le carmin de ses nombreuses étamines. L'eucalyptus preissiana se
Eucalyptus preissiana.
prête, en Europe, à la culture en pot; alors ses dimensions ne dépassent pas celles d'un arbuste. Le gommier bleu de Tnsmanie {eucalyptus globulus) géant des forêts d'.\ustralie, a été découvert et décrit par i.abillardière, en 1792. Dans un mémoire détaille, qui intéresse vivement l'hygiène et qui a été lu devant l'Académie de médecine, M. Guimhert remarque que les fièvres intermittentes disparaissent de tous les lieux où prospère l'eucalyptus gloljulus. Cet arbre croit avec une rapidité incroyable et peut absorber dix fois son poids d'eau en 24 heures. C'est une sorte de pompe aspirante qui prend les eaux empestées, les distille, en quelque sorte, et les rend gazeuses à l'atmosphère, en émanations camphrées des plus salubres. C'est ce qui explique le rôle important qu'il joue dans l'assainissement des contrées miasmatiques. Les Anglais ont fait les premiers essais de plantation assainissante dans la colonie du Cap. En deux ou trois années, ils ont changé les conditions climatériques et l'aspect des régions insalubres de leurs possessions. Quelques années plus tard, les .algériens répandirent l'eucalyptus dans notre colonie africaine et produisirent des résultats analogues. Dans tous les lieux marécageux où régnaient des lièvres paludéennes très redoutables, on piaule des forêts de cet arbre bieufaisant, et
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les fièvres disparaissent. — Bibliograiihie : VEucalyptus et ses dériiés. par l^aul Combes, avec une préface de M. Charles Naudin, de l'Académie des Sciences de Paris.
• EUCHARISTIE s. f. [eu-ka-ri-sUj (gr. euchuristin; Ap eu, bien, et vharis, grha-). \r saint sacrement du corps et du sang de J.-i:.. contenus sous les espaces du pain et du vni.
— Le sacrement de l'euchari.-lie fut instilue par le Christ dans la nuit qui précéda le jour de sa mort. On lui donne le nom de communion parce quon le considère comme le lion des fidèles entre eux ot avec Jésus-Christ: celui de sainte cém\ parce que le Chnsl 1 nistitua dans la dernière cène; et celui de witigue quand il est administré à un niorihond.
— Dès les premiers temps du christianisme, la grande majorité des lidèles célébra 1 eucharistie comme avant été instituée par J.-t.. et ordonnée e.xpressément par les mots .. l .iilicela en mémoire de moi». L'institution tic ce sacrement est meulionnée dans les trois premiers évansiles et dans la première épitre de saint Paul aux Corinthiens (xi, ti- recevoir la comm, 2tV. Le langage des premiers pères a donne | adopte jilus tard naissance à dillérentes interprétations. La principale difficulté a été de délerininer la siirnilication exacte de ces mots prononces par le'"christ : « Ceci est mon corps; ceci est mon sang». Saint Ignace, saint Justin et saint Irenee
donnèrent une grande importance à la relation mystérieuse qui existe entre le Luijos et les espèces. D'autrespères ont parlé des espèces comme étant les symboles du corps et du sang de Jêsus-Cbrist. La première grande controverse sur l'eucharistie fui provoquée par un livre de Pascbasius Hadberlus [De Corjm-e et Sanijtùm Oomini S3l), soutenant que la substance du pain et du vin consacrés dans l'eucharistie deviennent véritablement le corps du Christ, né de la Vierge. Bérenger, archidiacre d'Angers, prétendit qu'il ny avait changement des espèces sacramentelles que dans un sens ligure; Lanfranc, plus tard archevêque de Canterbury, fut le premier qui proposât la doctrine en vertu de laquelle le pain et le vin conservent, après la consécration, leurs accidents ou propriétés perceptibles aux sens, bien que leur substance ou sujet soit devenue la chair et le sang du Chnsl.
Plusieurs synodes successifs condamnèrent les opinions de Bérenger (entre lO.'iO et ItiSO) Les scolastiaues qui vinrent après Lanfranc, maintinrent' cette distinction entre les accidents et la substance ; et le ternie transsubstantiation fut généralement adopté au xii° siècle. Le 4e concile de Lalran (t^i.'l) déclara que la transsubstantiation est un article de foi. — Quand l'Eglise grecque se sépara de l'Egbse latine, elle admettait, elle aussi, une transformation des espèces en corps et en sang du Christ. Au xvi=^ siècle, la Réformalion fit renaître la controverse relative à cette doctrine. Les protestants s'accordèrent à rejeter la messe et la transsubstantiation. Luther maintint que la présence réelle et substantielle de la chair et du sang du Christ a lieu, non par une transmutation desesfjèces externes, mais par une union surnaturelle et incompréhensible {unio sacmmentalisi avec le pain et le vin consacrés. Zwingle considérait le pain et le vin comme des signes de souvenir du corps et du sang du Christ, qui sont au ciel. Calvin s'accordait avec Zwingle i)our considérer le pain et le vin comme de simples signes extérieurs; mais il cro}'ait, avec Luther, à une participation réelle, quoique puixmont spirituelle, du corps et du sang du Christ. La plupart des innombrables sectes protestantes qui se sont formées depuis le commencement du xvi« siècle ont adopté les opinions de Zwingle. — Les espèces employées dans l'eucharistie sont généralement celbs du pain et du vin. L'Eglise grecque fait usage do pain avec levain; tandis que l'Eglise latine n'admet, depuis le viu'- siècle, que le pain sans levain,
EUCR
préparé sous forme d'hostie. Les luthériens emploient également le pain à chanter; mais presque toutes les autres sectes protestantes ont adopté le pain ordinaire; plusieurs ont même réintroduit l'habitude de le briser. La couleur du vin paraii indilférente; néanmoins on préfère le vin blanc. L'addition de l'eau au vin a été farinellement ordonnée par Clément 111, comme un symbole de l'eau qui coula, en même temps que le sang, de la plaie faite au tlanc du Christ sur la croix. Los Eglises protestantes et arménienne emploient du vin sans mélange. Au xiir siècle s'iiilroduisil l'habitude de donner du pain seuleniont aux laïcs, pour éviter le danger de laisser (iiniber du vin à terre. Ce tut vaincnient (pic les 'Vaudois et les Hussites protestèrent contre cette nouvelle manière de procéder; le concile de Trente (Iu63) confirma le décret du pape Clément 111. — Lors de la cène, les disciples reçurent le pain et le calice en se tenant inclinés, selon la mode orientale ; c'est pourquoi, au iv siècle, on s'habitua à s'incliner pour communion; ragcnouillcment tut
, est aujourd'hui admis
dans l'Eglise catholique romaine, dans les Eglises orientales, chez les protestants épiscopaliens et chez les méthodistes. Les autres protestants s'asseyent pour recevoir la communion, parce que, disent-ils, cette position est celle que devaient avoir tes apôtres lorsque le Itédempteur institua l'eucbarislic.
* EUCHARISTIQUE adj. Qui appartient à l'eucharislie : ^ts espèces eucharistiepics.
EUCLASE s. f. (gr. eu, bien; kluein, briser). Miner. Nom donné par Hauy à un minéral peu commun : c'est un silicate double d'alumine et de glucine.
EUCLIDE, le plus célèbre des géomètres de l'antiquité ; il Uorissait à Alexandrie vers 3lKi av. J.-C. 11 réunit en un seul ouvrage toule> les découvertes de ses prédécesseurs et plusieurs des siennes. 11 surpassa tous les géomètres anciens par la clarté de l'exposilion de ses théorèmes et par l'exactitude de l'onlre de ses démonstrations. Les Eléments d'Euclidc ont rapport a la fois a la géométrie et à l'arithmétique Ils consistent en 13livres écrits par Euclide et deux autres probablement composés par Hypsicles. L'ouvraf;e le plus connu d'Euclide, après les Eléments, est intitule bâta {Données). Ce nom désigne certaines (luantilés connues, qui, par le moyeu de l'analyse, conduisent à découvrir des quantités encore inconnues. Une centaine de propositions qui y sont réunies, donnent les plus eurieux exemples d'analyse géuraétri(iue che/î les anciens. Les œuvres complètes d'Euclide ont été publiées par F. Peyrard, en grec, en latin et en français (Pans, 1»14-'1S, 3 vol. iii-4").
EUCLIDE DE MÉGARE, philosophe grec, né vers -i-iu av. J.-C. Son premier mailie fut Pariuénide; il devint plus tard le disciple fervi'nt de Socrate. Après la mort de ce dernier, tous les disciple du philosophe quittèrent Athènes cl sorendirenta.Mégaie, dans la maibon d'Euclide, où ils trouvèrent un asile et un nouveau centre pour leurs études. Platon fut un des compagnons d'Euclide. Ce dernier prétendait que l'essence de Dieu est l'unité, ^i entière qu elle embrasse riminobilité, l'identité et la permanence; que iexislence coiisisle seulement dans l'unitc, l'identité et la permanence : que l'existence et le bien bont ainsi la même chose : que le mal n'est que 1 absence de l'existence ; que l'existence et le bien revêtent eux-mêmes dilléri'utes formes, comme la sagesse, la divinité, etc.
• EUCOLOGE s. m. [eu-ko-lo-je] (gr. euké, prière; loijos, recueil). Nom d'un livre où se iroiive tout I oflice des dimanches et des principales fêles de l'année. ■ EUCRAISIE s. f. Voy. v* Eucrasir.
EUDO
EUCRASIE s. f, [eu-kra-zî] (gr. eu, bien; krasis, conslitution). Méd. Bon tempérament. Le dictionnaire de l'Académie (édition de 1877) porte Eit.raisie; c'est sans doute une faute typographique.
EUDES ou Eudon, due d'Aquitaine (fiGl-73o). 11 enleva aux rois de Neuslrie et d'Auslrasie le Nivernais, le Vivarais et la Provence arlésiciine (687-715), et combattit les musulmans. Menacé dans ses Etats par Charles Martel, il appela à son aide les musulmans ses anciens amis; mais, effrayé dos dévastations commises par eux, il se réconcilia avec Charles et participa k la victoire de Poitiers (732).
EUDES, (hic de France et comte de Paris, fils aine de Robert le Fort, défendit vaillamment Paris contre les Normands (SSo) et fut proclame roi (888) par les seigneurs du N. de la fiaule. 11 vainquit les Normands à Moiitfaucon, et lit trancher la tête du comte Vallguire, qui, à la lêle d'un parti de méconlonts, méconnaissait son autorité. Il mourut en 898.
EUDES DEMONTREUIL. architecte, mort en i:!Ml. 11 iiccomi>a^'na Louis IX en Palestine, et fortitia Saint-Jean -d'Acre. On lui doit à Paris la construction de l'Ilùtel-Diou, des Quiiize- Vingls, et des églises des Blancs-Manteaux, des Mathurins, etc.— /iîirfc.s (Ccnéral). (V. S.)
* EUDIOMÊTRE s. m. (gr. endin, pureté ; uietroii, inesuie). Cliim. Instrument dont on se sert pour mesurer le degré de pureté de l'air atmosphérique, la quantité d'oxygène qu'il contient. — L'eudloinètre inventé par Prieslley détermine la proportion d'oxygène contenue dans l'air.
* EUDIOMÉTRIE s. f. Art de reconnaître par des procèdes chimiques la proportion d'oxygène qui existe dans l'air almospliérique.
* EUDIOMÉTRIQUE adj. Uni a rapport à l'eudiometrie : iustrnntent eudiométriijue.
EUDISTE s. m. Prêtre séculier faisant partie d'une communauté établie a Caon en 1043, par Eudes Mezeray, frère de l'historien, et qui porte le titre de Congréyation de Jésics ci de Marie. Les eudistes ne prononçaient pas de vœux et portaient le costume des prèlres séculiers. Us ont été dispersés, au nombre de 1.Ï3 en 1880.
EUDORE, fils de Mercure et de Polymélé, coinpaguon de Patrocle. 11 conduisit, sous les oidres d'Achille, les Myrmidons au siège de Troie.
EUDOXE DE CNIDE, philosophe naturaliste grec, ne vers 4011 av. J. -()., mort vers 3.'i6. Il fonda une école et construisit un observatoire astronomique à Cnide, vers 3alt. Quoique ses études semblent avoir embrassé le cycle entier des sciences, il excella particulièrement dans la géométrie et dans l'astronomie : Cicéron l'appelle le prince des astronomes. 11 fut le premier à fixer la longueur do l'année, telle qu'elle lut adoptée dans le calendrier Julien (30.Ï jours -J-), et introduisit la théorie des sphères ou globes célestes.
EUDOXE DE CYZIQUE, navigateur grec du 11"^ siècle a\ant J.-C. 11 entreprit courageusement de chercher la roule la plus directe d'Egypte dans l'Inde, fit, dans ce but, deux voyages et en essayant de faire le tour de l'Afrique par l'ouest, s'attira beaucoup doper-
sécill inllS.
EUDOXIE. I. Impératrice romaine, née vers 394 av. J.-C, morte vers 4t)l. Elle vint d'Athènes à Constaiitinoplo pour faire iiniiuler le testament de son père Léonce le Sophiste. PuK'herie, régente et sœur du jeune l'inpereur Théodose 11, fut si charmée de res[u-il et de la beauté d Eudoxie, qu'elli^ amena son frère à épouser cette jeune fille (421), qui reçut, dcuix ans plus tard, le litre (r.\ngustii, (423). Pendant les vingt années qui suivirent .son mariage, Eudoxie traduisit on vers hexamètres
EUGE
une partie de l'Ancien Testament. On lui attribue aussi une vie de Jésus-Christ et d'autres ouvrages en vers. Elle gouverna virtuellement l'empire pendant plusieurs années. Lors de la discussion des Êulychiens, elle adopta les opinions opposées à celles de Pulchérie, et fut finalement exilée à Jérusalem et privée de tous Jes honneurs auxquels son rang lui donnait droit. — H. Impératrice byzantine, épouse des empereurs Constantin XI (Ducas) et Romain IV. Constantin mourut en 1067, et Euiloxie épousa Romain Diogène, habile ofncierqu'ellefit monter sur le trône. Romain fut ensuite jeté en prison et, pendant sa captivité, Jean Uucas, frère de Constantin, exila Eudoxie dans un couvent de la Propontide. On doit à cette princesse un dictionnaire d'histoire et de mythologie.
EUDOXIE, impératrice d'Occident, fille de Tliéuduri! 1[ et d'Eudoxie, née en 422, morte en 4G3. Elle épousa son cousin ValentinionlII, et, quand ce prince eut été assassiné par les émifs.'iiies du sénateur Maxime, elle fut contrainte d'épouser ce dernier. Maxime lui ayant révélé sa participation au meurtre de Valentinicn, Eudoxie, pour se venger, appela en Italie Genséric, roi des Vandales, à l'approche duquel Maxime fut tué. fienséric emmena Eudoxie et ses deux filles on Afrique, et fit épouser par son fils une de ces dernières.
EUFAULA, ville de l'Alabama (Etats-Unis), sur le Clialtahooche (qui y devient navigable), à 120 kil. S.-E. de Montgomery ; 14,500 hab., dont 1,000 de couleur.
* EUFRAISE ou ** Euphraise s. f. (gr. eit- 2)/i)Yi()!o, je charme). Bot. Genre de personnées, comprenant plusieurs espèces qui haliitent les régions tempérées. Vcufraisc officinalu {euphrasia offieinalis), nommée vulgairement casse-luni'ltcs, langeote, luminct, porte des épis do Heurs blanches, veinées de rose et marquées d'une tache jaune qui ressemble à un œil. On lui attribuait jadis des vertus ophtalmiques.
EUGÈNE, nom de quatre papes. — I. (Saint), mort en 6:)7. Vicaire général en 653, il gouverna i'i la place de Martin P'', qui avait été banni. Il fut élu pape en 6")4, et s'efforça en vain de mettre fin à la controverse monothélite. Fête 27 août. — II. Elu en S24, mort en 827. Il réforma l'administration de la justice, corrigea beaucoup d'abus et fut, à cause de sa charité, surnommé le Père du Peuple. — III. (Bernardo Paganelli), né vers IlOO", mort en H!33. Il fut l'ami intime de saint Bernard, devint pape en 1145, organisa la seconde croisade et fit publier le Decretum de Gratien. Son règne fut troublé par des tumultes populaires à Rome, ce qui força deux fois Eugène à quitter cette ville. — IV. (Gabriele Condulmero ou de'Condulmeri), né en 13S3,morten 1447. Il était neveu de Grégoire XII, fut élu pape en 1431, et, immédiatement après, fut entraîné dans la querelle des Colonna et des Orsini. En 1431, il ordonna la dissolution du concile de Bâle, et fit convoquer un concile à. Bologne pour 1433, mais, l'année suivante, il abrogea sa bulle, qui rencontrait partout une vive opposition. Une émeute de la populace romainele força à s'enfuir à Florenceen 1434. Un concile œcuménique , ayant pour mission de réunir les Eglises d'Orient et d'Occident, fut convoqué en 1438 à Ferrare et transféré à Florence; l'empereur grec, Jean Paléologue,y assista. Eugène eut ensuite à combattre Alphonse d'Aragon, pour la possession de Naples dont le pape était suzerain; cette guerre finit par un traité en vertu duquel Eugène céda .Naples à Alphonse, à condition que ce dernier lui donnerait le moyen de rentrer à Rome, qu'il avait quittée depuis neuf ans. Les archevêques de Cologne et de Trêves et les princes électeurs de l'empire furent excommuniés pour avoir pris le parti de l'antipape Amédée de Savoie, élu par les prélats du concile de
EUGE
Bâle. La paix de dix ans entre les Turcs et les chrétiens, conclue par la Hongrie, fut brisée à l'instigation d'Eugène ; mais, àla bataille de Varna (1444), les chrétiens furent complètement mis en déroute. En 1447, le roi de France proposa, pour éteindre le schisme dans l'Eglise, un plan qui réussit. Eugène mourut de la joie que lui causa cette bonne nouvelle. Bien qu'il ne fût pas savant, ce pape fut le protecteur de? études.
EUGÈNE (François-Eugène de Savoie-Cari- GN.\.^, plus connu sous le nom de Prince;, général autrichien, né à Paris en 1663, mort le 21 avril 1736. 11 abandonna la prêtrise, à laquelle le destinait son père. Comme Louis XIV voulait le forcer à conserver la soutane, et comme il ne pouvait protéger sa mère (Olympe Mancini, nièce de Mazarin) contre les persécutions qu'elle subissait, le prince Eugène entra au service de l'Autriche en 1083, et jura de ne jamais rentrer en France que comme ennemi. Ses exploits contre les Turcs ne lardèrent pas à le rendre célèbre. Il fut grièvement blessé au siège de Belgrade (168S), envahit la France avec le duc de Sav()ie(16y2) et devint feld-maréchal. En 1696, il repoussa les offres séduisantes do Louis XIV, comme il avait méprisé les menaces de Louvois, et continua de remporter de nouvelles victoires au service des Hapsbourg, particulièrement l'i Zanlhe (11 sept. 1607), où il vainquit complètement les Turcs ; ce fut la plus grande victoire du siècle. Pendant la guerre de la succession d'Espagne, il battit à plusieurs re|n'ises les Français commandés par Catinat(l701), et chassa Villeroi du territoire de Mantoue ; mais il trouva un antagoniste redoutable dans le duo de Vendôme, auquel il livra la sanglante bataille de Luzzara (15 août 1702). Il se couvrit plus tard de gloire en combattant les armées française et bavaroise, dans l'Allemagne méridionale, et, après avoir opéré sa jonction avec Marlborough, il livra la bataille de lilenheim (13 août 1704). Il se vengea ensuite de sa défaite de Cassano (16 août 170a), en mettant en déroute (7 sept. 1706), avec 30,000 hommes, une année de 80,000 Français, qui assiégeait Turin. Il ne fut pas aussi heui-cux au siège de Toulon (1707); mais, pendant la campagne de Hollande, il gagna, de concert avec Marlborough, la bataille d'Oudenarde (1708) et, après la prise de Lille, celle de Malplaquet(ll sept. 1709). Il arriva à l'apogée de sa gloire en exterminant une armée turque, à la bataille de Petervaradin (3 août 1716) et à Belgrade (16 août 1717), dont il s'empara. 11 avait reçu antérieurement l'investiture du territoire milanais, l'admmistration des Pays-Bas et le titre de vicaire général d'Italie. Aucun homme ne fut plus clairvoyant dans les conseils qu'il donna à la maison d'Autriche ; il comprit la faute que l'on commettait en permettant à la Prusse de devenir un royaume et, avant Kaunitz, il se montra favorable à une alliance avec la France. Il protégea les lettres et les arts; il ne se maria jamais.
EUGÈNE DE BEAUHARNAIS, vice-roi d'Italie, duc de Leuchtenberg et prince d'Eichstœdt, né à Paris le 3 septembre 1781, mort à Leipzig en 1824. 11 était fils d'Alexandre, vicomte de Beauharnais, et de Joséphine Tascher de la Pagerie. Après avoir fait la campagne de Bretagne sous les ordres de Hoche (17"9d), Eugène vint à Paris et se présenta au général Bonaparte, alors commandant de Paris, pour lui demander l'épée du vicomte de Beauharnais, qui availvaillamment combattu pour la cause de l'indépendance américaine, et à la tête de l'armée du Rhin pour celle de la liberté française. Bonaparte, frappé des sentiments généreux de cet enfant, alla féliciter M™" de Beauharnais dont il s'éprit et qu'il épousa. Il envoya ensuite Eugène r'ii mission à Corfou. A son retour, le jeune Beauharnais suivit son beau-père en Egypte où il se dislin-
EULE
gua à Alexandrie, aux Pyramides et à Aboutir. En 1804, il fut nommé prince et grand officier de la Légion d'honneur; en 1803, il devint vice-roi d'Italie, contrée qu'il réorganisa et qu'il rendit prospère; il donna ses soins au rétablissement des finances et, en 18 13, les économies s'élevaient à 92 millions de francs. Pendantlacampagned'Aulriche (1809), il envahit la Bavière, essuya un insuccès à Sacile , remonta en Hongrie, prit une revanche éclatante à Raab (14 juin) et eut une part glorieuse à la victoire de Wagram. Napoléon le chargea ensuite de disposer sa mère au divorce qu'il méditait. En 1812, Eugène prit une part active à la campagne de Russie, et s'illustra à Ostrowno, à Witepsk et à la Moskowa, où il enleva la redoute de Borodino. Après Lutzen, il se rendit en Italie où il leva 40,000 conscrits pour combattre les Autrichiens, et, malgré l'inégalité de ses forces, il fut encore vainqueur au Mincio (8 février 1814) et sous les murs de Parme. Après l'abdication de Napoléon, il se retira à la cour de son beau-père le roi de Bavière; sa fille aînée, Joséphine, épousa Oscar Bernadolte, roi de Suède, et .sa troisième fille, Amélie-Auguste, fut la femme de l'empereur du Brésil don Pedro 1". L'un de ses trois fils, Maximilien, duc de Leuchtenberg, mourut le l''' nov. 18.t2. (Voy. Leuchtenberg.) La correspondance du prince Eugène a été publiée ea 1861, 4 vol. in-S°.
EUGÉNIE s. f. (du nom du prince Eugène de Savoie). Bot. Genre de myrtacées, renfermant des arbres et des ai'brisseaux qui croissent
Eugénic-piiiKiit.
dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique et qui se rapprochent des myrtes. \J Eugénie-piment [Eugenia pimenta), des .intilles, est un bel arbre ornemental dont les baies vertes fournissent le poivre de la Jamaïque.
EUGÉNIE, drame en 5 actes et en prose, de Beaumarcliais, représenté àla Comédie-Française, eu 1767.
EUGÉNIE-LES-BAINS, station minérale du cant. d'Aire (Landes); 588 hab. Eaux sulfureuses thermales. Etablissement fréquenté.
'EUH! interj. Marque l'étonnement, l'impatience, la contrariété : euh! uvait-il fait cela? — Redoublée, sert à exprimer le doute, à se dispenser de répondre à une question embarrassante : comment est-il dans ses affaires ? Euh ! euh !
EULALIE (Sainte), vierge et martyre espagnole, née et morte à Mérida (290-303). Fête le 12 février.
EULER (Leonhard) [oï-leur], mathématicien suisse, né à Bâle en 1707, mort en 1783. Il fut pendant plusieurs années professeur de mathématiques à Saint-Pétersbourg, et, en 1741, fut appelé par Frédéric le Grand à
EUNA
Berlin, où il resta 2o ans. En 1766, il retourna à Sainl-Pétersbourg. Il devint bientôt presque aveugle, et cependant plusieurs de ses meilleurs ouvrages furent faits après qu'il eut perdu la vue. Euler fut un auteur très prolifique dans presque toutes les branches des matûéniatiques, et ne fut jamais surpassé pour la puissance et la clarté d'exposition, ni pour l'attrait desesdéveloppements. Sef Lettres àunepri7tcessc allemande embrassent un grand nombre de sujets dans les sciences naturelles, mécaniques, etc. ; son Introduction o l'Algèbre a souvent été réimprimée.
EULENSPIEGEL (Till). "Voy. Allemagne [littérature).
* EULOGIES s. f. (gr. eulogia, bénédiction). Liturg. Choses bénites.
EULOPHE s. m. {gr. eu, bien; lophos,a\grette). Ornith. Genre de gallinacés, voisin des tragopans, dont il se distingue par des pattes sans ergot et par une tête presque sans nudité. Les eulophes, originaires de l'Inde, sont de magnifiques oiseaux dont on parle de tenter l'acclimatation.
EUMÉNE, général d'Alexandre le Grand, né vers '.iOo av. J.-C., morl en 316. 11 fut secrétaire privé de Philippe et d'Alexandre et devint plus tard commandant de la cavalerie macédonienne. Après la mort d'Alexandre, il réconcilia les partis opposés, et, à la division des satrapies, il obtint le gouvernement de la Cappadoce, de la Paphlagonie et du Pont. Ces provinces n'avaient jamais été conquises, mais Perdiccas les soumitpourluiet le nomma commandant en chef en Asie. Eumène défendit l'Asie Mineure contre Cratèce dans une bataille (321) où ce dernier trouva la mort. Eumène livra ensuite deux batailles rangées à Antigone, sur les confins de Gabiene, mais sans résultat; il fut vendu par ses propres troupes, et assassiné.
EUMÈNE, nom de deux rois de Pergame. — ]. roi en "263, av. J.-C, mort en 261. Il vainquit Antiochus Soter près de Sardes, et mourut d'un excès de boisson. — II, roi en 197, morl en lo9. 11 s'allia aux Romains.
EUMÈNE, FAimenius, rhéteur gaulois, né à Autun, vers 260 de notre ère; fut secrétaire de Constance Chlore, dont il a laissé une apologie hyperbolique plusieurs fois imprimée.
* EUMÉNIDE s. f. (gr. eumenês, doux). Mytli. gr. Voy. FuBiE. — Encycl. Les Euménides étaient aussi appelées Èr-mnyes et, par les Romains, Furies. C'étaient les déesses vengeresses de la mythologie grecque, les filles de la Nuit, les tourmenleurs des méchants aussi bien en ce monde que dans l'autre. Les Grecs craignaient de leur donner un nom approprié à leurs actes et ils les appelaient par euphémisme Euménides ou déesses bienveillantes. .Selon quelques poètes, elles étaient au nombre de trois, Tisiphone, Alecto et Megajra. Eschyle a fait sur elles une tragédie qui porte leur nom.
EUMÉRODES s. m. pi. (gr. eu, bien; mêros, cuisse). Erpél. Famille de sauriens, établie par Duméril etdontCuvier a l'ail celle des lacerliens, des iguaniens et des geckotiens.
EUMOLPE.S. m. (gr. tumolpos, harmonieux).
,Entom. Genre de coléoptères tétramijcs de
:1a tribu des chrysomèles, comprenant nue dizaine d'espèces, presque toutes américaines. — On donnait autrefois ce nom aux espèces indigènes qui dévorent les bourgeons, lis
'Ueurs et les fruits de la vigne, de la Iuzimih;
'.:t de plusieurs autres plantes; ces coléoptères cycliques s'appellent aujourd'hui yril-'iuris.
EUNAPE, Eunapius, sophiste grec, né à Sardes en 347 après J.-C, mort vers 420. Il était adversaire du cluislianisme et admir.tteurde l'empereur Julien. Il nous reste de lui
EUPA
nne Vie des sophistes et des philosophes (Amsterdam 1822; 2 vol. in-S").
EUNEGTEs. m.(gr.êM,bien; néctés, nageur).
Erpét. Genre de boas, caractérisé par des plaques labiales planes. La principale espèce de ce genre est Vanacondo.
EUNOME, Eunomitis , hérésiarque du w' siècle, nommé évècjue de Cysique vers 360. Ses opinions étaient une exagération logique de l'arianisme. 11 fut bientôt déposé de son évêché, fut plusieurs fois banni et mourut à un âge avancé dans le village où il était né, àDacore, en Cappadoce. Ses disciples portèrent le nom d'Eunomiens et aussi celui d'Anoméens. Nous avons de lui une Confession de foi et des Discours apologétiques.
EUNUCHISME s. m. [-ki-sme]. Etat de celui
qui est eunuque.
* EUNUQUE s. m. (gr. eunouchos, gardien du lit). Celui à qui l'on a coupé les parties nécessaires à la génération. Ne se dit que de l'homme : les princes d'Orient confient la garde de leurs femmes à des eunuques.
Oa nomme bibliothéraire D...., aussi vain qu'i^'norant :
— Dans cet emploi, (|ue peut-il faire ? Demandait partout un plaisant.
— Quoi ! dit eu secouant la nuque, Cei'lain vieillard très étonné;
Eli ! n'est-ce pas par un eunugue Que le sérail est gouverné?
DE SAINT-EoVBnTB.
— V» Fig. Homme sans énergie. — Encycl. Depuis un temps immémorial, les etmuques sont, en Orient, employés à la garde des femmes. Chez les derniers Romains, ils étaient admis dans la maison des empcreui's et souvent ils arrivèrent aux plus hautes charges de la cour,surtoatsousl'('mpireby/.antin. Ils sont encore employés en Orient comme gardiens des harems, quoique les esclaves noirs africains leur soient généralement prél'érés. L'Eglise chrétienne manifesta, dès le début, son aversion pour ces pratiques de mutilation et exclut les eunuques dus ordres sacrés. L'Eglise italienne hérita, des tcm]is du paganisme, de l'habitude de châtrer les enfants pour conserver leur voix ; et, jusqu'à nos jours, beaucoup de ces chanteurs ont été très recherchés dans les théâtres. — Euomphale. (V. S.)
* EUPATOIRE. s. f. (de Milhriaate Eupalor, qui introduisit ces plantes dans la médecine). Bot. Genre de composées, compienant plus de cent espèces, qui croissent, pour la plupart, dans l'Amérique Iropiciile. La .'^iMiIe
Eupaloile (Etipaluiiuln pei C .li.il.wal.
espèce indigène est Veupatoire chanvrin (euputorium cannalnnum), dont les feuilles ressemblent à. celles du chanvre. Sa racine possède des propriétés purgatives; ses feuilles sontapéritives et vulnéraires. Parmi les .autres espèces, on cite \'aya-pana{voy. ce mot) et le lioneset des Ami''rieains (cupalorium jie.rfollalum), plante médicinale des Elals-Unis.
EUPATORIA (autrcf. Kozhv, anc. Pompeio-
;>o/(.s,i, poil maiilimo de la T.-iiiride fnussie),
EUPH
sur la côte occidentale de Crimée, à 6S kil.N. de Sébastopol ; 20,000 liab., principalement lai'tares et juifs kai;iUes. Avant l'occupation de la |ién insuie parles Uusses,épo([ueoùlenom d'Eupatoria fut donné à la ville par Catherine II, celle ville avait une population de 30,000 âmes. Le voisinage d'Odessa lui a fait beaucoup do torl. Commerce considérable de grains; commerce de sel, de cuir, de beurre, de cire, etc.
EUPATORIÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressemble ou se rapporli' à l'eupatoire. — s. f. pi. Tribu de composées, ayant pour type le genre eupatoire.
EUPATRIDE s. m. (pr.eu, bien; patér, père). Antiq. gr. Nom donné aux familles nobles de l'ancienne Athènes.
EUPEN [oï'-pénn] fr. Neaux, ville de Prusse, àl6kil. S. d'Aix-la-Chapcllc; 15,000 hab. C'est une des villes manulaclurières les plus florissantes de la province du Rhin.
* EUPHÉMIQUE auj. Qui appartient à l'euphémisme ; erpression euphémique.
EUPHÉMIQUEMENT adv. Pareuphémisme.
* EUPHÉMISME s. m. (gr. eu, bien; phémi, je parle). Adoucissement d'expre.ssion par lequel on déguise des idées désagréables, ou tristes, ou déshonnêles, sous d'autres plus douces, plus décentes, qLiilaissent deviner les premières. Ainsi, en parlant d'un homme vieux on dit par euphémisme qu'il 7i'cst pias jeune.
EUPHONE s. m. (gr. eu, bien; phôné, voix). Ornilh. Nom que l'on donne au Tangara- BorvnEt'iL.
* EUPHONIE s. f. [eu-fo-ni] (gr. eu, bien ; phùné, son). Jliis. Son agréable d'une seule voix, ou d'un seul instrument. Est opposé à SY.MrHONiE,qui se dit du mélange de plusieurs sons.— Gramm. Ce qui rend la prononciation plus douce et plus coulante. C'est par cî/p/wnic qu'on dit, si l'on, pour si on ; viendra-l-il, pour vienJra-il; ton amitié, pour ta amitié.
' EUPHONIQUE adj. Gramm. Qui produit l'euphonie : dans viendra-t-il, le t est une lettre euphonique.
EUPHONIQUEMENT adv. D'une manière cu-
phonic[ue : par mplionie.
* EUPHORBE s. f. [eu-for-be] [A'Euphorhe, médecin de Juba, second roi de Mauritanie, parce que cemédecin employa, Icprcmicr, une des espèces). Bot. Genre d'euphorbiacées, qui renferme près do 400 espèces, à suc laiteux, acre et corrosif. L'euphorbe des anciens (euphorbia antiiiuorum) d'Egypte et des Indes orientales produit un suc vénéneux cl la gomme-résine nommée euphoibium. Veuphorbe officinale {enphnrbia offidiarum) <"![,
Euphorbe oflie.uale (Euplioilua oUicinarum).
de môme que la précédente, une piaule cactifonne. Sa lige (!sl dressée, charnue, relevée de côtes loiij^iliidinales épineuses, garnie de
EUPII
mamelons ovo'ules, cannelés, et ainiée d'épines,qui remplacent les feuilles. Cette plante, (iriginaire d'Afrique et de l'Inde, se cultive dans nos jardins. Elle produit, elle aussi, de l'eupliorbium. L'euphorie tête de Méduse {cnphorbia capitt Medussc) du cap de Bonne-Espérance est charnue et sans épines ; sa tige pousse plusieurs jets tortillés comme des serpents. Ùiniphorbe épiirge ou grande éstite {euphorbia Inthijsis] de l'Europe, renferme un suc acre dont les mendiants se servent pour produire sur leur corps des plaies artificielles. On extrait de ses graines une huile purgative que l'on pourrait employer comme succédanée de l'huile de croton. L'euphorbe réceiUe-matin (eu-
Euphorbe ipécacuana (Euphorbia ipecacuanat.
phorbin pcplus), euphorbe herbacée d'Eui'Ojic, doit .son nom populaire à la propriété qur possède son suc de produire une vive démangeaison lorsque, après l'avoir touchée, on vient à se porter la main aux yeux. Parmi les autres espèces herbacées, nous citerons Vcuphorlie iiidcacuana {euphorbia ipccacziana), plante américaine dont les racines éniétiques peuvent remplacer celles de l'ipécacuana.
EUPHORBIACÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressrmble ou se rapporte au genre euphorbe. — "s. (. \\. Famille de plantes ayant pour type le genre euphorbe et comprenant, en outre, les genres mereurialc, manioc, huis, ricin, inancenillier, croton tiijlium, jatropa, siphonie, etc.
EUPHORBIUM s. m. Pharni. Gomme-résine extraite par incision de plusieurs espèces d'euphorbes. C'est un violent purgatif
EUPHRAISE s. f. Voy. Eufraise.
EDPHRASIE ou Euphrosine (Sainte), née à Alexandrie vers 413, morte en 4(37. Elle se réfugia dans un couvent, malgré la volonté de son père. Fête le H févr.
EUPHRATE (turc Frat; anc. Euphrates), le plus gland tleuve du S.-O. de l'Asie. Il naît par deux sources principales dans les monts d'Arménie; l'une de ces sources est à Dumly, à 40 kil. iN.-E. d'Erzeroum, l'autre sur le versant septentrional de l'Ala Dagh, près du mont Ararat. Le premier bras ou Euphrale septentrional porte le nom de Frat dès sa source, mais il est aussi connu sous le nom de Kara-su (rivière Noire) ; l'autre ou Euphrate méridional, quoiqu'il soit le véritable tleuve, porte le nom de Murad Chai. Les deux bras coulentdans une direction généraleO.-S.-O.et se rencontrent à Kieban-Maaden, par 38° SO' lat. N. et 36° 19' long. E., après un cours de 415 kil. à partir de l'une de ses sources, ou de 62.5 kil. si l'on compte depuis sa seconde source. Les deux rivières combinées coulent principalement au S. et au S.-O. traversent la chaîne du mont Taurus, et ensuite courent au 5.-E., jusqu'à ce qu'ils rejoignent le Tigre : le Tigre et l'Eufibratc réunis se jettent dans le golfe Persique sous le nom de Chat-el-Arab. Longueur totale 2,800 kil. Ce est navi-