EXCL
* EXCITATIF, IVE adj. Voy. Excitant.
' EXCITATION s. f. Action d'exciter; état de
ce qui est excité : les excitations de la presse.
— S'emploie surtout en médecine : l'excitation d'un organe. — S'emploie aussi en termes de législ. : excitation à la haine et au mépris du gouvernement; excitation de mineur à la débauche.
' EXCITER V. a. [è-ksi-té] (lat. excitare). Engager, porter à : l'exemple de ses ancêtres l'excite à se distinguer. — Animer, encourager : ce capitaine excitait les soldats par ses discours et par son exemple. Méd. exciter les organes.
— Fig. Provoquer, causer, laire naître :c(; discours excita une grande rumeur dans l'assemblée,
— Se dit aussi en parlant des choses morales : exciter la pitié, la curiosité. — ** Causer, faire naître : exciter l'appétit. — • S'exciter v. pr. Exciter soi; s'emploie quelquefois dans les deux premiers sens du verbe actif ; le lion s'excite au combat, s'excite en se battant les flancs avec sa queue.
EXCLAMATIF, IVE adj. Gramm. Qui exprime, qui marque l'exclamation .• phrase exclamative. — Point exclamatik. (Voy. Exclamation.J
•EXCLAMATION s. f. [èkss-kla-ma-si-on] (lat. cxclamatio). Cri de joie, d'admiration, de surprise, d'indignation, etc. : faire une exclamation, de grandes exclamations. — Rhétor. Figure très employée par la poésie (surtout la poésie lyrique), par l'art oratoire et l'art dramatique, pour exprimer, au moyen d'interjections, tout sentiment vif qui s'empare de l'âme : « 0 nuit désastreuse ! 0 nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle : « Madame « se meurt. Madame est morte! » (Bossuet. Oraison funèbre de la duchesse d'Oi'léans.)
O mon fils I ô ma joie ! ô l'honneur «h; mesjours I 0 d'un Etat penchant l'inespéré secours !
CoHiTBiLLB. Horace, IV, ii.
— Point d'exclamation, point figuré ainsi (!) qui se place ordinairement à la fin d'une phrase ou d'un membre de phrase pour marquer l'exclamation, la surprise, l'étonnenient, le désespoir, la rage, la fureur, enfin tout ce qui exprime une passion vivement sentie : ô mon père! quefaut-il que je devienne? quoi! tu l'ordonnes?... je dois mourir!... ô désespoir affreux !
* EXCLAMER (S') v. pr. S'écrier, faire des éclats de voix, des exclamations : qu'ont-ils donc d s'exclamer f
' EXCLU, UE part, passé de Exclure (lat. exclusus, part, de excludere). On disait autrefois, selon l'étymologie, Exclus, use.
* EXCLURE V. a. (lat. excludere). J'exclus, tu exclus, il exclut; nous excluons. J'excluais, J'exclus. J'exclurai. J'exclurais. Qu'il exclue. Que j'exclusse. Excluant. Renvoyer, retrancher quelqu'un d'une société, d'un corps, etc., où il avait été admis : on l'a exclu de l'assemblée dont il faisait partie. — Repousser, écarter, ne point admettre ; et alors peut s'appliquer aux choses comme aux personnes : on exclut de la tutelle ceux qui ont une inconduite notoire. — Se dit particulièrement des choses qui, par leur nature, sont incompatibles avec d'autres : le genre naïf exclut toute recherche dans le style. — S'exclure v. pr. Etre exclu l'un par l'autre : ces deux principes s'excluent réciprof/tiement. — »* Exclure soi.
* EXCLUSIF, IVE adj. (èksklu-zifl]. Qui a force irexclure : droit exclusif, exclusif de tout autre. — Avuir voix exclusive dans une élection, avoir le droit d'exclure le candidat présenté : il y a des couronnes qui ont voi.v cxelusiee dans l'élection des papes. — En pariant des personnes. Qui exclut, qui repousse tout ce qui blesse ses goûts, ses opinions, ses intérêts : l'esprit de parti rend exclusif. Dans une acception analogue : goùl exclusif.
EXCO
"EXCLUSION s. f. [èks-klu-zi-onj. Action d'exclure, aclu par lecjiiel on exclut : la véritable philosophie ne donne l'exclusion à aucun principe raisonnable. — A. l'exclusion de, loc. préposit. Telle personne ou telle chose étant exclue : on leur accorda défaire le négoce dans ce pays, à l'exclusion de tous les autres peuples.
' EXCLUSIVEMENT adv. En excluant, en exceptant. S'emploie quand on fixe une certaine étendue de temps ou de lieu, dans laquelle on ne veut point comprendre le dernier terme : depuis te mois de mai jusiju'au mois d'octobre exclusioement , c'est-à-dire le mois d'octobre non compris. — Palais. Jusqu'à
SENTENCE DÉFINmVE EXCLUSIVEMENT, SC disait
autref. lorsqu'un juge supérieur renvoyait à un juge inférieur un procès criminel, pour fairel'instruction, sans prononcer la sentence. — A l'exclusion de toute autre chose : il se consacre exclusivement à l'étude des mathématiques.
EXCLUSIVISME s. m. Esprit, caractère exclusif : l'cjxlusivisme des partis.
EXCOGITATION s. f. [èk-sko-ji-ta-si-on].
Effort de réilcxion, de combinaison.
EX COMMODU [èks-komm-mo-do]. Loc. lat.
qui signilio : selon le loisir. — FAinE une CHOSE EX coMMODo, faire une chose à son aise, sans se presser, quand on a le temps.
•EXCOMMUNICATION s. f. [èks-ko-mu-nika-sion] (lat. excommunicare, empocher de communiquer) . Censure ecclésiastique par laquelle on est retranché de la communion de l'Eglise. Excommunication majeure, celle qui retranche entièrement de la communion de l'Eglise et de toute communion avec les fidèles. Excommunication mineure, celle qui interdit seulement l'usage des sacrements. — Encycl. L'excommunication était connue des anciens Grecs et des Romains, ainsi que des Juifs. Il y avait trois espèces d'excommunication chez les Grecs. Parla première, on interdisait au criminel tout rapport avec sa famille; par la seconde, il lui était défendu d'approcher d'aucun temple, ou d'être présent à aucune cérémonie religieuse; par la troisième, il était défendu de l'abriter, de lui donner à boire ou à manger. L'excommunication romaine était à peu près semblable. Les Juifs avaient aussi trois sortes d'excommunication. La plus douce était une exclusion temporaire de tout rapport social ou religieux pendant trente jours; la seconde pendant quatre-vingt-dix jours; la troisième, réservée pour les coupables endurcis, était le renvoi solennel et public de la synagogue, avec de terribles imprécations, prises dans la loi de Moïse. Dans l'Eglise catholique primitive, l'excommunication fut mise en pratique par saint Paul et ordonnée par lui et par saint Jean. Elle devint d'un usage universel, dans les siècles qui ont suivi l'époque des apôtres, et eut trois degrés; le moindre était l'exclusion de l'eucliaristie, le second l'exclusion des offices de l'Eglise, le troisième la privation formelle de la qualité de membre de l'Eglise. Dans l'Eglise latine, depuis l'adoption régulière du droit canon, l'excommunication a existé sous deux formes, excommunication mineure et excommunication majeure. La première consiste dans l'exclusion des sacrements et de certains privilèges ecclésiastiques; la dernière défend au coupable tout rapport social avec les chrétiens. — Principales excommunications DE l'histoire de France. Nous ne citerons que celles du roi Robert (99S), de Lous XII (1510) et de Napoléon III (29 mars 1860). — Excommunication d'animaux. En 1 120, l'évêquo de Laon lance un bref d'excommunication contre les chenilles et les mulots. Le 9 juillet 1.Ï16, Jean Milon, officiai de Troyes renditcetle sentence : n Parties ouïes, faisant droit à la requête des habitants de Villenove, admonestons les chenilles de se retirer dans
EXCR
six jours, et à faute de ce faire, les déclarons niauilites et excommuniées ». Eu l'is;, le grand vicaire do Valence enjoint aux cheiiilli's (le déguerpir du diocèse. M. Benoit- Saiiit-Prix a relevé 80 condamnations à mort ou excommunications prononcées de 1129 à 1741, conlnî toute espèce d'animaux, depuis l'âne jusqu'aux sauterelles.
•EXCOMMUNIÉ, ÉE part, passé de Excommunier. — Suhslaiitiv. Personne ayant encouru l'excommunicalion : il n'était pas permis aux excommuniés d'entrer dans les églises. — Eam. CuT homme a un visage d'excommunié; il est FAIT COMME UN EXCOMMUNIÉ, il a Une inauvalse mine, il est mal hahillé, mal en ordre.
* EXCOMIMUNIER v. a. Retrancher de la communion de l'Eglise : on l'a menacé de l'excommunier.
' EXCORIATIONS, f. [èks-ko-ria-sion]. Chir. Ecorchure, plaie légère de la peau.
* EXCORIER V. a. (lat. excoriare; de ex, hors de, fil eorium, cuir). Ecorchor la peau ou quelque membrane : on lui a excorié la vessie en le sondant.
EXGORTIGATION s. f. [èks-kor-ti-ka-si-on].
Agric. Action d'excortiquer.
EXCORTIQUER v. a. [-ké] (lat. ex, hors de; cortex, icis, écorce). Agric. Enlever l'écorce, la peau des végétaux, des graines.
* EXCRÉMENT s. m. [èks-kré-man](lat. excrcmcnlum; de exccrncre, rejeter au dehors). Toute matière solide ou tluide qui sort du corps de l'homme ou des animaux, par l'effet d'une évacuation naturelle. Se dit particulièrement des matières fécales et do l'urine : excréments d'animaux. Gros excré.vients, matières fécales. — Excukuent oe la terre, excrément de la nature, EXCRÉMENT du GENRE HU- MAIN, se dit d'une [jersjiuiL! vile et méprisable.
•EXCRÉMENTEUX, EUSE, ou Excrémentiel,
ou ExcRÉMENTiTiEL, ELLE adj . [éks-kré-iiian -tcû, eu-ze; -si-èl; -ti-si-èle|.Méd. Quiliont de l'excrément.-tous /t's aliments ont deu.c parlirs, l'une nutritive ou nourricière, et l'autre excrémenleusc ou cxcrémcntiliclle.
EXCRÉTA s. m. [èk-skré-ta] (Mot lat. formé de excrelus, séparé). Physiol. Toute matière excrétée.
EXCRÉTER V. a. (lat. excernere). Physiol. Evacuer par excrétion.
•EXCRÉTEUR adj. m. Physiol. Se dit des vaisseaux et des conduits qui servent aux excrétions. Ou dit aussi Excrétoire.
* EXCRÉTION s. f. [èks-kré-si-on]. Physiol. Action par laquelle les tluides sécrétés sont poussés au dehors, ou portés dans les réservoirs où ils doiventséjouriier : ta transpiration se fait par excrétion. — Encycl. L'excrétion est l'élimination de matières inutiles ou fétides du corps vivant. De nouvelles substances, résultat do la désintégration interne des matières contenues dans le corps, se forment constamment et doivent être rejetées à mesure qu'elles se produisent, sinon l'action physiologique de la santé viendrait à cesser. Les deux principaux organes excréteurs sont les poumons et les reins. Le sang veineux en passant dans le poumon y dépose l'acide carbonique; et le sang artériel qui alimente les capillaires des reins exhale, avec ses parties aqueuses, diîTérents composés azoteux et autres.
•EXCRÉTOIRE adj. m. Voy. Excréteur.
* EXCROISSANCE s. f. [èks-kroi-san-se](lat. excrescere, s'accroître). Espèce de tumeur qui se forme sur quelque partie extérieure du corps de l'homme ou de l'animal : les verrues, les loupes sont des e-xiroissanees. — Par cxt. Se dit en parlant des arbres, des plantes, etc. : le tronc de ce chêne, est couvert d'excroissances.
KXCU
•EXCURSIONS, f. [èks-kur-si-on] (lat. cxcursio).Con\-^o au dehors. Se dit particulièrement d'une irruption sur le pays ennemi : i7s revinrent de leur excursion, emmenant des prisonniers et du butin. Se dit également de ceux qui vont parcourir un pays, un canton : ce minérnlogiste fait souvent des excursions aux environs de Paris. — Fig. Digression : faire une exi:ursion hors de son stijet.
EXCURSIONNISTES. Celui, celle qui fait des
excursions.
* EXCUSABLE adj. [èks-ku-za-ble]. Qui peut être excusé, qui est digne d'excuse, d'indulgence : cette faute n'est pas excusable.
' EXCUSATION s. f. Autref. Jurispr. Raison que quelqu'un alléguait pour être déchargé d'une tutelle, ou de quelque autre charge publiijiie. On se sert plus ordinairement aujourd'hui (lu mot Excusa.
' EXCUSE s. f. [èks-kii-ze]. Raison que l'on apporte pour se disculper, ou pour disculper quelqu'un de ce qu'il a fait ou dit : avoir une excuse toute prête. — Terme de civilité dont on se sert, afin d'engager à l'indulgence pour quelque faute légère. S'emploie surtout avec le verbe faire comme dans ces phrases : faire des excuses à quelqu'un. — Fam. Je vous fais
EXCUSE, JE vous FAIS BIEN EXCUSE, s'cmpIoie
lorsqu'on veut contredire quelqu'un. — Faire des excuses a quelqu'un, dans une acception plus rigoureuse, témoigner à quelqu'un le regret ([u'on éprouve de l'avoir offensé, de s'être mal comporté à son égard. Dans un sens analogue, exiger des excuses. — Législ. « En droit criminel, il y a plusieurs sortes d'excuse, l. Certains crimes ou délits peuvent être excusables, c'est-à-dire que dos circonstances définies par la loi entraînent, lorsqu'elles sont prouvées, une réduction notable de la peine. Ainsi le meurtre, les blessures et les coups sont excusables, s'ils ont été provoqués par des coups, des violences graves, ou bien par l'escalade ou l'effraction des clôtures d'une maison habitée. Lorsque l'escalade ou l'ellraclioii ont lieu pendant le jour, si le meurtre ou les coups avaient eu pour cause une escalade ou une effraction commise pendant la nuit, il n'y aurait ni crime ni délit. En cas de llagrant délit d'adultère, le meurtre commis par l'époux sur l'épouse ou sur son complice dans la maison conjugale est excusable (C. peu. 321 et s.). II. Lorsqu'un accusé contumace est dans l'impossibilité de se rendre à la citation qui lui est faite, ses parents ou amis peuvent présenter son excuse, et il peut être alors sursis au jugement dudit accusé et au séquestre de ses biens (C. inst. crim. 4(JS). III. Les jurés de cours d'assises qui sont dans l'impossibilité de se rendre à leur poste au jour indiqué peuvent être excusés par la cour, et alors ils ne sont pas condamnés à l'amende (id. 391). IV. Le témoin cité devant le juge d'instruction et qui, n'ayant pas comparu, a été condamné à une amende, peut en être déchargé, lorsque, sur une seconde citation, il produit une excuse légitime (id. 81). » (Ch. V.)
* EXCUSER V. a. (lat. excusare; de ex, hors de ; et causa, cause). Donner des raisons pour disculper quelqu'un d'une faute : il s'cU'orçail vainement de l'excuser. — Recevoir, admettre les raisons que quelqu'un allègue pour se disculper : après l'avoir entendu, on ne peut s'empêcher de l'excuser. — Pardonner, supporter, tolérer par quelque considération ; on doit excuser les faules de la jeunesse.
Le secret ne peut point excuser nos erreurs. Et notre premier juge est au fond de nos cœurs. GsBfseT.
— Excuser quelqu'un de faire une chose, Io dispenser de la laire : il m'a invité à souper, je l'ai prié de m'en excuser. — w Argot. Excusez, EXCUSEZ DU PEU, EXCUSO, s'oniploie poiii témoigner son admiralion, mais avec une
EXEC
EXEG
EXEM
pointe d'ironie. — * S'excuser v. pr. Donner des raisons pour se disculper : il s'en sont excusés sur ce qu'il ti'avaient pas d'ordre. — S'ex- CDSER suB UN AUTRE, rejeter )a faute sur un autre. — S'excuser de faire une chose, donner des raisons pour s'en dispenser : on m'a ■prié de solliciter pour lui, je m'en suis excusé.
— ExçusEz-MOi, terme de civilité dont on se sert ordinairement quand on contredit quelqu'un,, ou lorsqu'on veut se dispenser de céder à -quelque demande : vous dites que fat fait telle chose; excusez-moi, je ne l'ai point faite, ou absol., excusez-moi. On dit quelquefois dans le même sens, vous m'excuserez.
* EXEAT f. m. [é-gzé-at] (lat. qu'il sorte). Permission par écrit qu'un évêque donne à un ecclésiastique, son diocésain, pour aller exercer dans un autre diocèse les fondions de son ministère : les prêtres d'un diocèse ne sont point reçus dans un autre, s'ils n'ont 1,'exeat de leur évêque; cet évêque a expédié plusieurs cxeat. — Fam. Donner a quelqu'un SON EXEAT, le congédier. — Au collège. Donner UN EXEAT, donner la permission de sortir.
— Dans les hôpitaux. Billet de sortie.
* EXÉCRABLE adj. [è-gzè-kra-ble] (lat. exscerahilis}. Qu'on doit e.xéci'er, dont on doit avoir liurreur : il a des mmurs et des opinions exécrables. — Par cxag. Extrêmement mauvais : rctte eau a un goût exécrable.
* EXÉCRABLEMENT adv. D'une manière exécrable : // versifie exécrablement.
* EXÉCRATION s. f. [é-gzé-kra-si-on] (lat. cxsccratio). Sentiment d'horreur extrême qu'on a pour quelqu'un ou pour quelque chose : cet homme est digne de l'exécration de tous les gens de bien. — Personne ou chose qui est en exécration, qui est digne d'exécration : cet homme est l'exécration du genre humain. — Imprécation où les choses saintes sont profanées : il fit mille serments, mille exécrations.
•EXÉCRER V. a. [è-gzè-kré] (lat. exccrare). Avoir en exécration : répandre de telles calomnies, c'est le moyen de vous faire exécrer. — i» Par exag. Détester : il exècre la musique. — S'exécrer v. pr. Exécrer soi, avoir horreur de soi-même : il s'exècre à cause de son forfait. — V. récip. Se détester l'un l'autre ; ils ne s'aiment pas et même ils s'exècrent.
' EXÉCUTABLE adj. Qui peut être exécuté, effectué : ci' projet n'est pas exécutable.
' EXÉCUTANT s. m. Mus. Musicien qui exécute sa partie dans un concert : il y avait à ce concert vingt exécutants. — *■*■ Au fém. Exécutants.
* EXECUTER V. a. [è-gzé-ku-té ] (lat. cxsequi, suivre jusqu'à la fin]. EU'ectuer, mettre à ellet : j'exécuterai ce que j'ai promis. - Surtout dans les arts du dessin. Faire un ou- Vragequelconque, d'aprèsuneesquisse,un projet, un plan, etc. : exécuter un tableau, une statue, un bas-relief. Absol. : il conçoit, il imagine bien, mais il exécute mal. —Rendre, expiiracr, jouer, r^jpréscnler, surtout en parlant de musique et de danse : l'orchestre a exécuté celte ouverture avec beaucoup devene et d'ensemble; exécuter un ballet, un opéra. — Exécuter des MOUVEMENTS, faire des mouvements, se mouvoir d'une certaine façon. Exécuter des évolutions, DES MANŒUVRES, faire des évolutions, des manœuvres, etc. — Procéd. Saisir les meubles de quelqu'un par autorité de justice, pour les faire vendre : envoyer un huissier à quelqu'un pour l'exécuter, pour l'exécatrr en ses meubles. — Bourse. Exécuter quelqu'un, faire vendre ou acheter publiquement les valeurs, dont il est acheteur ou vendeur, lorsqu'il no remplit passes engagements. — Faire mourir par autorité de justice : exécuter un criminel. — Guerre. Exécuter militaiiii;mi:nt UN SOLDAT, le punir de mort. Exécuter mili-
TMilEUENT UN bOlRG, UN VILLAGE, etC, y CXCr-
cer des rigueurs mililaircment, pour contraindre les habilanlsàce qu'on CMige d'eux.
— S'exécuter v. pr. Fig. Se dit de celui ipii vend de son fonds ou de ses meubles pour payer ses dettes, sans attendre qu'on lui lasse des frais : il s'est exécuté lui-mcmc, afin de pi'i'venir les poursuites. — Se dit encore de celui qui se détermine à faire, contre ses propres intérêts, ce qu'exige l'équité, l'honneur, la prudence, la raison : vous voyez que je m'exécute de bonne grâee. — Etre exécuté ; il faut que les règlements s'exécutent.
' EXÉCUTEUR, TRICÉ "s. Celui, celle qui exécute : je serai l'exécuteïii- de vos ordres. — Exécuteur, exécutrice testamentaire, celui, celle qu'un testateur charge de l'exécution de son testament. — L'exécuteur de la uaute justice, l'exécuteur des hautes œuvres, ou simpl., l'exécuteur, le bourreau.
* EXÉCUTIF, IVE adj. Se dit du pouvoir, de la puissance de faire exécuter les lois : daris plusieurs Etats, la jmissanee executive est séparée de la puissance législative.
' EXÉCUTION s. f. [é-gzé-ku-si-on] (lat. exsecutio). Action d'exécuter, de mettre à eil'et; il n'est pas bon pour le conseil, mais il est excellent pour l'exécution. — Il est homme d'kxécution, c'est un homme résolu, capable d'exécuter hardiment quelque chose. — Mettre A exécution, exécuter. — Procéd. Saisie-exécution, saisie do meubles faite sur un débiteur au nom de son créancier : toute saisieexécution doitcire précédée d'un commandement.
— Ce titre porte exécution parée, il est en forme oxécntoire.(Voy. Exécutoire.) — Bourse. Vente ou achat forcés des valeurs d'un vendeur ou d'un acheteur, lorsqu'il ne remplit pas ses engagements. — Exécution d'un condamné, action de mettre à mort un condamné : assister à une exécution. — Art milil. Exécution militaire, peine de mort infligée par un tribunal militaire. Dégât que l'on fait militairement dans un pays, pour contraindre les habitants à ce qu'on exige d'eux. — Se dit particulièrement dans un sens analogue à celui d'EXÉcuTER, appliqué aux ouvrages d'art, à la nmsique, à ladânse,etc. : rea;rc!/(iO)? d'un monurnent, d'une symphonie, d'un ballet. — Surtout en Peint, et firav. Manière dont un artiste exécute ses ouvrages: l'exécution de ce peintre, de ce graveur, etc., est facile, agréable, soignée, hardie, brillante, légère, lourde, mesquine, etc. Dans ce sens, se dit aussi des ouvrages littéraires: cette œuvre n'est pas mal conçue, mais l'exécution en est faible.
' EXÉCUTOIRE adj. Jurispr. Qui peut être mis a exécution; qui donne pouvoir de procéder à une exécution judiciaire : les lois sont exécutoires en vertu de la promulgation qui en est faite. — s. ni. Acte qui donne pouvoir de contraindre au paiement des frais et dépens, selon les formes judiciaires : o6fem}' un exécutoire.
EXÉCUTOIREMENT adv. Jurispr. D'une manière exécutoire.
* EXÉGÈSE s. f. [é-gsé-gè-ze] (gr. exâgésis). Didact. Explication, interprétation. Ne se dit guère qu'en parlant d'explications granimalicales ou étymologiiiucs sur le texte d'un ouvrage. — Interpellation grammaticale et historique de la BMc; exégèse de la Bible, ou biblique ou simpl., exégèse.
EXÉGÈTE s. m. [é-gzè-gè-te]. Antiq. Celui qui, chez les Athéniens, servait de guide aux étrangers, qui était chargé de faire voir les monuments de la ville et surtout les temples et d'expliquer les traditions qui s'y rapportaient.— Celui qui se consacre à l'explication des livres saints.
* EXÉGÉTIQUE adj. Qui sert à expliquer, à iiiterpiéler. i\ese dit guère qu'en parlant d'explications grainmaticules ou étymologiques :
comriicnl'iirc r.i:égéli'jue.
EXEGI MONUMENTUM f .-•.■/.é-ji-mo-nuinain-loinin]. Lnc. I.it. qui siu'oifie : ;'fd élevé lin moniiiner:t. Horace (liv. Ill, ode 24) fait allusion par ces mots à ses écrits qui le rendront immortel.
EXELMANS ou Excelmans (Remy- Joseph- Isidore, comte), [ek-sèl-man], général français, né en 1775, mort en 18-52. Cénéral de brigade en 1807, il accompagna l'année suivaiile Murât en Espagne, où il fut fait prisonnier. H s'échappa en 18H, et resta à Naples jusqu'au moment de la brouille entre Napoléon et Murât; il fit plus tard la campagne de lîussie comme général de division. Coupable do s'être rallié à Napoléon en ISIÎi, il fut exilé jusqu'en 1819. Louis-Philippe le nomma pair de France, et Louis Napoléon le fit maréchal et sénateur.
* EXEMPLAIRE adj. [é-gzan-plê-re] (lat.
exemplaris). Qui donne exemple, ([ui peut être proposé pour exemple, qui peut servir d'exemple : vie l'xi'mplaire; châtiment exemplaire.
' EXEMPLAIRE s. m. Modèle, patron : exemplaire de Vertu. — Se dit aussi des livres, des gravures, des médailles et d'autres objets multipliés d'après un type commun : on a imprimé, on a tiré cet ouvrage à deux mille exemplaires ; j'ai un bel exemplaire de cette médaille, de cette estampe. — Se dit encore des divers individus de même espèce, soit animale, soit végétale, soit minérale, que l'on conserve comme échantillons dans les collections d'histoire naturelle : ce voyageur a rapporté de beaux exemplaires de cette coquille, de celte plante.
EXEMPLAIREMENT adv. D'une manière
cxeni|ilaiie : )/ ^c conduit exemplairement.
•EXEMPLE s. m. (lat. cxemplum].C!i qn\ peut servir de niudéle, ce qui peut être imité ;
Vexcmplc (juclquclois est un miroir trompeur. CoRnsiLLB.
Les exemples d'autrni suffiraient pour ni'instruirc. Si, par i'exemptp seul, on pouvait se c niduire; Mais souvent Vuii se perd ou l'autre s'est sauvé, Et par où l'un périt, un autre est conservé.
CORNBILLE.
— Faire un exemple de quelqu'un, le faire servir d'exemple, le punir pour a[iprendre aux autres les peines, auxquelles ils s'exposeraient, s'ils commettaient les mêmes fautes. Dans un sens analogue. Faire des exemples. — Chose (jui est pareille à celle dont il s'agit, et qui sert pour l'autoriser, pour la confirmer, ou seulement pour la faire bien connaître, pour en donner une idée plus exacte : rfuKS «ne grammaire, chaque règle doit être accomiiiignée de nombreux exemples. — En fait d'Ecrit. Patron, modèle sur lequel l'écolier qui apprend à écrire forme ses caractères : bel exemple d'écriture anglaise, de ronde, de coulée, (te. — Se dit aussi des lignes, des caractères que l'écolier forme sur ce modèle : l'exemple quila fait est mal écrit. — Par exemple, loc. adv. dont on se sert lorsqu'on va éclaircir, expliquer ou confirmer, par- un exemple, ce qu'on a dit. Quelquefois on dit simpl. 7îa;cmp/c.
— S'eiii|iloie quelquelois, dans le langage familier, pour exprimer un grand étonnenieni, ou beaucoup d'incrédulité, etc. : par exemple, voila qui Lit fort, voilà qui est bien singulier !
— A lexemple de, loc. préposit. En se conforin.inl a l'exemple donné par : il voulut à leur exemple, se montrer généreux. — »v Sans EXEMPLE, inoui : crime forfait sans exemple.
' EXEMPT, EMPTE adj.[è-gzan;-an-tel (lat. cxcmptus, part, p.issé de ci-i'mtTt, retirer). Qui par droit, par privilège, par nature, n'est point sujet à quelque chose, qui n'est point a^sujr'tti à qiiehiue chose : autrefois les gentilshhmmes étaient exempts de tailles. — Gar;iiili, préservé : cette seule ville a été exempte de la maladie, de la contagion. — Prov. Il est EXEMPT DE rien FAIRE, Se dit, par une espèce d'ironie, d'un homme qui ne fait rien peu-
EXIiR
dant que les autres travaillent. — t« Qui n'éprouve pas : c'est un homme exempt de crainte. — En parlant des choses, s'enip'loie dans la première acception : le mm d'un grand homme est exempt de l'oubli.
* EXEMPT s. m. Aulref. dans certaines compagnies de gardes. Officier qui commandait en l'absence du capitaine et des lieutenants: tes exempts portaient un petit bâton de commandement. — Exkmpts de police, officiers de police. — Ecclésiastique non soumis à la juridiction de l'ordinaire.
•EXEMPTER V. a. [é-gzan-té](lat. eximere). Rendre exempt, affranchir : exempter quelqu'un de tutelle, de curatelle. — IJispenser : on Va exempté de cette corvée. — S'exempter, V. pr. Exempter soi : vous ne pouvez vous exempter d'aller lui faire une visite.
•EXEMPTION s. f. [é-gzan-psi-on] (lot.
exemptio). Droit, grAce, privilège qui exempte: autrefois on accordait, en certains cas, des lettres d'exemption. — Dispense : *'/ obtint une ea;emp«o«.— Dans les Ecoles. Billetdesatisfaclion donné à un élève et qui peut lui servir de dispense en cas de punition.
* EXEQUATUR s. m. [é-gzé-koua-turr] (lat. exsequatui , qu'il poursuive jusqu'au bout). Ordre ou iieimission d'exécuter : siyntr des exequatur. Etait fort usité dans la prali({ue ancienne.— Diplom. Autorisation donnée à un agent étranger pour résider dans le pays et pour y exercer ses fonctions : ce consul a reçu son exequatur.
' EXERCER V. a. [é-gzèr-sé] (lat. excrcere). Dresser, former, instruire à quelque chose par des actes fréquents : exercer des soldats; tes exercer au maniement des armes, à manœuvrer.— Se dit souvent en parlant des animaux : exercer des chiens à la chasse, à chasser. — Faire mouvoir, pour mettre ou pour tenir en état de mieux faire certaines fonctions : il est allé dans la plaine exercer ses chevaux. — Peut s'appliquer aux choses morales : j'exerce ma mémoire en apprenant chaque jour tant de vers, tant de lignes. — Exercer la patience de quelqu'un, mellro sa patience à l'épreuve, en laissant ou en disant des choses capables de l'impatienter. — Dieu
SE PLAIT A EXEIICER LES BONS, LES GENS DE lihiN,
il leur envoie des afllictions, afin d'épi'oiivci' leur patience et de la rendre plus mérituire — Pratiquer : easo'cer u« meiter, w/i art, un. profession, une industrie. On dit de même, exercer la piraterie, le brigandage, etc. — Exeh- CEii DES FONCTIONS, Ics remplir. Exerceii une CHARGE, en faire les fonctions. — Alisol., suit en parlant d'une charge, soit en parlant d'une profession : il était agent de change, mais il n'a exercé que peu de temps. — Exercer son
ÉLOQUENCE, SA PLUME, SES TALENTS, Ctc, faire
usage de son éloquence, de son talent d'écrire, etc. — Exercer sa libéralité, sa cliîmence, sa cuARiTÉ, etc, faire des actes de libéralité, de clémence, de charité. Dans un sens analogue. — Exercer des actes dk libéralité, DE CLÉMENCE, etc. On dit aussi. Exercer l'hospitalité. — Exercer sa cruauté, sa fureur, sa vengeance, etc., s'abandonner à sa cruauté, à sa fureur, etc., en faire éprou ver les elfets à quelqu'un. Dans un sens analogue. Exercer des actes de cruauté , de vengeance, dé rigueur, etc. On dit aussi,
EXERCER des RIGUEURS, DES VIOLENCES, DES IN- JUSTICES, etc. — Exercer son droit, ses droits, UN PRIVILÈGE, etc., en user, les faire valoir. Dans un sens analogue. Exercer l'autorité, le POUVOIR, etc. — Exercer un grand empire, exercer DE l'ascendant, exercer DE l'INFLUENCE,
une grande INFLUENCE, etc, avoir un grand empire, beaucoup d'ascendant, d'influence: l'influence, l'action qu'exercent sur notre corps les variatio)is de la température. — Exercer
UNE grande SURVEILLANCE, UNE SURVEILLANCE
EXiiR
active SDR quelqu'un, SDR QUELQUE CHOSE, Surveiller attentivement quelqu'un ou quelque chose. Dans un sens analogue. Exercer la POLICE. — Absol. Se dit en parlant des visites qui se font chez les contribuables, et principalement chez les matchands de vin et les aubergistes, pour assurer le paiement dcl'im- )->ôt : les employés de la régie vinrent exercer chez lui. — S'exercer, v. pr. Exercer soi : s'exercer à la course à faire des armes, à chanter ; s'exercer à la patience, à toutes les vertus. — Etre exercé : leur critique, leur malice s'exercera sur ce livre'.
* EXERCICE s. m. (lat. exercitium). Action par laquelle on exerc* ou l'on s'exerce : cela ne s'apprend que par un long exercice. — Art milit. Action d'exercer, de s'exercer au maniement des armes et aux évolutions militaires : ces soldats font l'exercice tous les jours. — Mouvement par lequel ou exerce le corps : l'exercice est bon pour la santé. — Fig. et fam. Peine, fatigue, embarras : il donne de l'exercice, bien de l'exercice à ses gens. - Exercice du corps, soumis à certaines règles et qui; l'on apprend à bien exécuter, comme monter à cheval, faire des armes, danser, nager, etc. : tes différents exercices qui font partie de l'éducation. — Au plur. Occupation d'une compagnie, d'une académie : les exercices académiques. — Dans les collèges. Conférence où
EXHA
e.'?traire ou à retrancher du corps humain ce qui est étranger, nuisible ou superflu.
' EXERGUE s. m. [è-gzèr-ghe] (gr. ex, hors de; crjon, travail). Petit espace réservé au bas du type dune médaille pour y niellre une date, uue inscription, une devise-: on met d'ordinaire dans l'exergue la date de l'anfiée où la médaille a été frappée, — »v Inscription môme de l'exergue.
EXERTION s. f. [è-g2èr-si.on] (lat. exerere,
tirer hors). Stimulation.
EXETER, ville du New-Hampshire, snrl'Exeter, affluent, du Piscataqua, à 80 lui. N. de Boston; 4,284 hab.
EXETER, ville du comté de ce nom, capitale du Devonshire (Angleterre), surl'Exe, ,'i 17 Uij. de l'embouchure de ce fleuve, et à Ï40 Ml. O.-S.-O. de Londres; 37,!;80 hab. lieaux squares et, dans les faubourgs, élégantes villas. Sur une éininence au N.-E. de la ville se trouve le château doRougemont, ancienne résidence des rois saxons de l'Ouest. La cathédrale, magnifique construction en forme de croix, fut commencée en 1100. Sa longueur est de 100 mètres : ses deux tours normandes ont 4r) mètres; l'une contient une cloche do 1 2,!;00 livres, l'autre un carillon de 1 1 cloches. L'école libre de grammaire d'Exe'Lcr f:it
Fa;ade «cciilonlalo de la cathédrale d'Eictcr.
les écoliers répondent sur quoique partie des humanités ; soutenir un. exercice. — Pratique : les édifices consacrés à l'exercice du culte. — Exercices spirituels, certaines pratiques de dévotion, qui se font ordinairement dans les communautés religieuses où l'on se met en retraite. — Exercice d'une charge, d'un emploi, action de remplir les fonctions d'une charge, d'un emploi. Dans un sens analogue : être dans l'exercice de ses fonctions. — Se dit eu parlant d'une charge, d'un emploi dont les fonctions sont remplies par deux personnes qui alternent, ou par plusieurs qui se succèdent tour à tour : c'est son année d'exercice. — Action d'user de quelque chose, de le faire valoir : les obstacles qui s'opposaient à l'exercice de son pouvoir, de son autorité. — Absol. Fin. Perception de l'impôt et emploi du revenu public, conformément à la loi des finances votée annuellement par les Chambres législatives : exercice de lS3b à 1836. — Visites qui se font chez les contribuables, et principalement chez les marchands de vin et les aubergistes, pour assurer le payement de l'impôt : plusieurs villes demandèrent la suppression de l'exercice.
" EXÉRÈSE s. f. [ô-?zè-rè-ze] (gr. exairesis, extraction). Chir. Opération qui consiste à
fondée sous le règne de Charles I' ''. Exeter est un marché important de blés. Manufactures d'étolfes ili: laine.
* EXFOLIATION s. f. [èfcs-fo-li-a-çi-nn] (lat. ex, de; folium, feuille). Chir. Séparation des parties mortes qui se détachent d'un os, d'un tendon, d'un cartilage, d'une aponévrose, sous la forme de petites écailles onde lames: V exfoliation s'opère naturellement. — Bol. Séparation de l'écorce qui se détache du trouc sous la forme de minces feuillets.
EXFOLIER v. a. Priver une plante de ses feuilles. — * S'exfolier v. pr. Se dit d'un; corps dont quelques parties se détachent sous la forme de feuillets ou de lames : certains bois s'exfolient quand on les travaille. — Chir. Se dit des os, des tendons, des cartilages, d'^s aponévroses : Vos, le tendon, le cartilage co,:imenée à s'exfolier.
* EXHALAISON s. f. [é-gza-lê-zon] (lat.
exhalatio). Ce qui s'exhale de quelque corps .' le soleil attire les exhalaisons.
* EXHALANT adj. et s. m. Anat. Se dit de vaisseaux très déliés qui servent à l'exhalation : les vaisseaux exhalants; les exhalants.
•EXHALATION s. f. [è-gza-la-si-on] (lat.
EXHU
exhalatio). Action d'exhaler. — Anat. Fonction par laquelle certains liquides sont répandus, sous la forme d'une rosée, à la surface des membranes ou dans les tissus organiques.
— Bot. Action des plantes qui exhalent dans l'air, après leur avoir fait subir une certaine modification, les gaz qu'elles avaient absorbés.
EXBALATOIRE adj. Qui a rapport à l'exhalaisuii.
* EXHALER V. a. (lat. exhalare). Pousser, envoyer hors de soi des vapeurs, des odeurs, des esprits, etc. : au printemps la terre exhale une sorte de parfityn. — Fig. Manifester, exprimer vivement, faire éclater un sentiment, une passion : exhaler sa colère contre quelqu'un; exhaler sa douleur en plaintes. Dans un sens analofjue, exhaler sa bile, sarnauvaisc humeur. — S'exhaler v. pr. Etre exhalé : l'odeur qui s'exhale d'une rose. — Fig. Leur colère a pu s'exhaler libremetit. — Se dissiper par l'évaporation : l'eau de ce marais s' exhale envapeurs tnali;ines.
' EXHAUSSÉ, ÉE part, passé de Exhausser.
— Plafond très exhaussé, trop exhaussé, très haut, trop haut.
* EXHAUSSEMENT s. m. [è-kz6-se-man].
Elévation. Ne se dit qu'en parlant de constructions, d'édilices : les planchers de cette maison n'ont pas assez d'exhaussement.
* EXHAUSSER v. a. Elever plus haut. Ne se dit qu'en parlant de constructions, d'édifices : exhausser un mur, une maison, un plancher.
EXHAUSTION s. f. flat. exhaustio, épuisemciil.i. Ane. géom. Méthode appliquée par Arcbiinède et par Euclide, au nioven de laquelle on cherchait la valeur d'une quantité incommensurable en obtenant des approximations alternatives. Cette méthode facilita ladécûuvertedu calcul différentiel (xvii'' siècle).
* EXHÉRÉDATION s. f . [è-gzé-rè-da-si-on] (iat. eas, hors de; hsereditas, héritage). Jurispr. Action par laquelle on exclut, on prive quelqu'un de l'hérédité, de l'héritage auquel il a droit, selon la loi ou la coutume. N'est guère usité qu'en parlant de l'hérédité paternelle ou maternelle : l'exhi-rédation n'est point admise par le code civil. — Etat de celui qui est exhérédé : l'exhérédation où il était le réduisait à la misère.
* EXHÉRÉDER v. a. Jurispr. Déshériter.
* EXHIBER v. a. (lat. exhibere). Prat. Représenter, montrer, be dit surtout en parlant des actes, des pièces, etc., qu'on produit en justice : on a contraint ce négociant à exhiber ses livres.— S'emploie quelquefois, par plaisanterie, da-iis le langage ordinaire ; il nous exhiba une pancarte chargée d'attestations.
' EXHIBITION s. 1'. [è-gzi-bi-si-on] (lat. exhibitioj. l'rat. Action d'exhiber, de produire un acte, une pièce, etc. : faire une exhibition de pièces. — Dans le langage ordinaire. Exposition d'objets curieux.
EXHILARANT, ANTE adj. [è-gzi-la-ran] (lat. ij:hil<iriins). Qui porte à la gaieté, à l'hilarité.
* EXHORTATION s. f. [è-gzor-ta-si-on] (lat. exhortalio). Discours par lequel on exhorte : il s'efforça de les encourager par ses exhortations.— Discours chrétien et pieux qu'on lait en style familier, pour exciter à la dévotion : celle' exhortation vaut bien un sermon.
* EXHORTER v. a. (lat. exhortari). Exciter par le discours, tûcher de porter à quelque chose de bien : exhorter ses troupes avant le chm bat. — Exhorter quelqu'un a la mort, l'ixliDrterù mourir eu bon chétien. — w S'exhorter V. récip. Se donner réciproquement des exhortations.
* EXHUMATION s. f.[è-g2u-ma-si-on]. Action
EXIS
par laquelle on exhume : l'autorité ordonna l'cxhumatinn du corps.
* EXHUMER V. a. [è-gzu-mé] (lat. ex, hors de; humus, terre). Déterrer un corps mort. Se dit surtout lorsqu'on procède par ordre de la justice, de l'autorité : on ordonna que le corps serait exhumé. — Fig. Se dit quelquefois en parlant de choses qui sont restées longtemps enfouies, oubliées, et qu'on vient à produire, à rappeler, à citer : cet historien a exhumé des noms, des faits oubliés jusqu'à lui.
* EXIGEANT, ANTE adj. Qui est dans l'habitude d'exiger beaucoup ou trop de déférence, d'altentions, de concessions, etc. : se montrer exigeant.
' EXIGENCE s. f. Caractère ou prétention de celui qui exige, qui se montre exigeant : rien 71e peut satisfaire son exigence . — Ce qu'exigent ou requièrent les circonstances; s'emploie surtout dans ces locutions, selon l'exigence du cas, du temps, des affaires.
' EXIGER V. a. [è-gzi-gé] (lat. exigere). Demander quelque chose en vertu d'un droit légitime ou prétendu tel : exiger le paiement d'une dette. — Faire payer, faire fournir quelque chose par force : exiger des conlributions de guerre. — Obliger ou vouloir obliger à quelque chose au delà de ce qui est dû ; il exige des honneurs qui ne lui sont pas dus. — Fig. Obligera de certaines choses, astreindre à de certains devoirs; dans ce sens, se dit ordinairement des choses morales : les devoirs de la société exigent qu'on ménage l'a7nour-}iropre d'autrui. — »v En parlant des choses. Nécessiter, rendre indispensable : cette affaire exige beaucoup de démarches. — S'exiger v. pr. Ktre exigé : les impôts s'exigent.
* EXIGIBILITÉ s. f. Qualité de ce qui est exigible : l'exigibilité d'une dette.
■ EXIGIBLE adj. Qui peut être exigé : cette dette est exigible en tout temps.
* EXIGU, UË adj. [è-gzi-gu] (lat. exigmis'j. Fort petit, modique. IN'est guère usité que dans quelques phrases familières : il n'a qu'un revenu fort exigu.
* EXIGUÏTÉ s. f. [è-gzi-gu-i-té]. Petitesse, modicité : l'exiguité de sa fortune l'oblige à beaucoup d'économie.
* EXIL s. m. [è-gzil] (lat. exiliiim). Etat de celui que l'autorité force àvivrebors du lieu, hors du pays où il habitait ordinairement : le bannissement est infamant et l'exil ne l'esl pas. — Exil volontaire, se dit de l'aclion de quitter le pays où l'on est accoutumé du vivre, soit parce qu'on n'y est pas en sûreté, soi', parce qu'on juge son absence utile au bien public. — Tout séjour dans un lieu qui n'est pas celui où l'on voudrait être, tout éloignemont qui prive de certains agréments qu'on regrette : la ville où, nous sommes c.t pour nous un lieu d'exil.
' EXILÉ, ÉE part, passé de Exiler. — Substantiv. Personne condamnée à l'exil ou qui vit en exil ; c'est surtout aux exilés que la patrie est chère.
Rendons une patrie Au pauvre exilé.
BÉltANOBR.
* EXILER V. a. [è-gzi-lé]. Envoyer on exil. — Reléguer : ce prince l'exila dans telle ville. Exiler quelqu'un ue sa priîsknce, se dit d'une personne qui interdit à quelqu'un de se présenter devant elle. — S'exiler v. pr. S'éloigner, se retirer : il s'est exilé du monde.
•EXISTANT, ANTE adj. [è-gziss-tan]. Qui existe : maintenir les traités existants.
* EXISTENCE s. f. [è-gziss-tan-se] (lat. existentio]. Etat de ce qui existe : tout ee qtii est au monde tient son existence de Dieu. — "vie : mettre un terme à son existence. — Position d'un bominc dans la société : c'est un liumine qui a une belle existence.
EXOI
* EXISTER v. n. [è-gziss-té] (lat. existere). Elre arliiellement, avoirl'ètre :toutes les créatures qui existent. — Etre, se trouver ou avoir lieu actuellement: il s'empara de tous les effetsde la succession qui existaient à cette époque. — Vivre: vous n'existiez pus encore à cette époque.
EXMES, ch.-l. de canl., arr. et à 17 kil. E. d'Argenlan (Orne), sur laDive; o48 hab. Antiquités romaines.
EXMOUTH [èx-meulh], ville et station balnéaire maritime du Devonsliire (Angleterre), sur l'estuaire de l'ICxe, à. 16 l;il. S.-E. d'Exeter; 8,097 hab. Pêcheries importantes. Fabriques de passementeries.
EXMOUTH (Edward-Pellew, vicomte) [èsmeulh], amiral anglais, né en t?.")?, mort en 1S3'3. Il se distingua à la bataille du lac Champlain en 1776, et, en 1793, captura la frégate française la Cléopâtre, la première qui fut prise pendant la guerre contre la France; il bloqua ensuite les côtes de PVance et livra quelques engagements avec succès. En 1802, il fut élu au parlement et, en 1804, promu contre-amiral et commandant en chef dans les Indes orientales. En 1808, il fut fait viceamiral, en 1810, reçut le commandement de la flotte de la Méditerranée, et, en 1814, le titre de baron et le grade d'amiral. Il conclut ensuite des traités avec les Etats barbaresques pour l'abolition de l'esclavage des chrétiens et, en 1816, défit la flotte algérienne dans la baie d'Alger. A son retour, il fut nommé vicomte et il se retira en 1821.
• EXOCETs. m.[è-gzo-sèJ(gr.ea;o/ioi<os).Icht. Genre d'ésoces comprenant plusieurs espèces qui portcntle nom depoissons volants. Les exocets sont remarquables surtout par l'excessive grandeurdeleurs nagcoîrespectorales, ;i l'aide desquelles ils peuvent s'élancer dans l'air et s'y maintenir un instant pour écliapper à la
Exocet commun d'Europe (Exocœtus volitans).
voracité de leurs ennemis. L'exocet conmiiin d'Europe (cicoeœhis volitans) ne fuit le scombre, la dorade ou les coryphènes que pour être saisi jiar la frégate ou le fou qui fondent sur lui dès qu'il parait au-dessus des eaux. Les pêcheurs détruisent aussi beaucoup de ces poissons ù chair délicate.
' EXODE s. m. (gr. exodos, sortie). Nom du second livre du Pentateuque, dans lequel Moise a écrit l'histoire de la sortie des Israélites hors de l'Egypte, L'Exode donne, en outre, l'hi.stoire des Juifs jusqu'à la construction du Tabernacle.
' EXODE s. m. Anliq. Dernière partie d'une tragédie grecque, celle qui renferme la catastro[)he. -^ Petite pièce qui se jouait, chez les Romains, à la fin du spectacle.
EXOGÈNE adj. [è- gzo-jè-ne] (gr. exo, à l'extérieur; geJHiiim, engendrer). Bot. Qui s'aceroît de dedans en dehors. — s. m. pi. Grande classe déplantes, dont la matière ligneuse s'accroit de dedans en dehors.
EXOINE s. f. [è-gzoi-ne] (lat. exonerarè, di:ehargei). Méd. leg. Certifirat d'un médecin, attestant l'incapacité d'une personne Jà faire son service par Mille de nuil.ulie.
EXOR
EXOIHIDE s. f. (gr. exô, dehors ; ômos, épaule). Antiq. Vêtement à l'iisape îles Grecs, qui serrait le corps et laissait les épaules découvertes.
* EXOMPHALE s. f. (gr. exô, dehors ; omphalos, nombril). Chir. Nom générique des différentes hernies de l'ombilic ou nombril.
* EXONÉRATION s. f. Adm. Décharge, dispense : exonération d'impôts.
' EXONÉRER V. a. [è-gzo-né-ré] (lat. exonerare; de ex, hors de, et, onus, oneris, charge). Décharger, dispenser, tenir quitte. — Douanes. Exonérer une marchandise, ne pas lui faire payer les droits auxquels elle est soumise par les tarifs. — S'exonérer v. pr. Palais. Acquitter une dette.
* EXOPHTALMIE s. f. [è-gzo-ftal-mi] (gr. exô, dehors ; Ojihthalmos, œil). Chir. Sortie de l'œil hors de son orbite.
' EXORABLE adj. (lat. exorabilis; de exorare, prier). Qui se laisse fléchir par les prières: montrez-vous exorablc à nos vœux. Peu usité.
* EXORBITAMMENT adv. Excessivement , d'une manière exoibUante : il dépense exorbitammeut.
' EXORBITANT, ANTE adj. (lat. ex, hors de; orbis, cercle). Excessif, qui passe de beaucoup la juste mesure : celte marchandise est d'un prix exorbitant.
' EXORCISER V. a. [è-gzor-si-zé] (lat. exorcisare ; gr. exorkizein). Conj urer, se servirdes paroles et des cérémonies de l'Eglise pour chasser les démons : exorciseï- les démons. — Exorciser un possédé , employer les exorcismes de l'Eglise pour chasser le démon du corps d'un possédé. Exorciser l'eau, le SEL, etc., prononcer les prières de l'Eglise sur le sel, l'eau, etc. — Fig. et par exag. Exhorter quelqu'un, le presser si fortemenl, qu'on le ramène à la raison : ils l'ont tant prêché, tant exorcisé, qu'à la fin il s'est rendu. Ce sens est peu usité.
* EXORCISME s. m. (gr. exorkismos, conjuration). Paroles et cérémonies dont on se sert pour exorciser. L'exorcisme a pour objet de chasser les mauvais esprits et de soustraire à leur intluence les personnes qui y sont soumises. Il fut connu de tous les peuples qui crurent audOmon ou aux esprits mauvais. Chez lesGrecs, l'exorcismeétaitune profession. Les premiers écrivains chrétiens témoignent qu'il était universellement en usage dans les Eglises. Le Christ, lui-même, qui cliassa les démons, transmit son pouvoir a ses disciples et promit de transmettre sa puissance à son Eglise. 11 existe encore dans les églises grecque et catholique une catégorie d'exorcistes. Le rituel prescrit certains exorcismespour les adultes et pour les enfants par le baptême, d'autres pour apaiser les orages, arrêter les ravages d'insectes nuisibles, mettre une fin aux sécheresses, elc. Lors de la Réformation, Calvin et Zwingle repoussèrent l'exorcisme dans le baptême; il fut conservé par les Eglises luthériennes, mais avec le temps il tomba en désuétude.
* EXORCISTE s. m. Celui qui exorcise, qui fait les exorcismes. C'est plus particulièrement le titre de ceux qui, par les fonctions de leur ordre, ont le droit d'exorciser : l'ordre d'exorciste est un des quatre mineurs.
* EXORDE s. m. [è-gzor-de] (lat. exordium). Première partie d'un discours oratoire, laquelle sert ordinairement à se concilier l'attention et la bienveillance de l'auditeur: cet exorde est trop court. Il y a deux sortes d'exordes : l'un, modéré, où l'orateur prépare doucement et par degrés l'esprit des auditeurs aux choses qu'il va leur dire ; l'autre, véhément, où il entre brusquement en matière et où il étonne sou audi-
EXPR
toireen paraissant transporté d'une vive passion (joie, indignation, etc ). Tout le monde connaît l'exorde du discours prononcé par Cicéron contre Catilina ; Quousque tandemabutere, Catilina, patientiâ nostrâ. — Par ext. et fam. Commencement d'un discours quelconque, et même d'une entreprise : voilà un beau début, voyons si la fin répondra à l'exorde.
* EXOSMOSE s. f. [è-gzo-smo-ze] (gr. exô, à l'extérieur; osmo,s, impulsion). Phys. Impulsion de dedans en dehors du double courant, qui s'établit entre deux liquides de densité différente, séparés par une cloison membraneuse, jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement mêlés ensemble (Voy. Endosmose).
'EXOSTOSE s. f. lè-gzos-to-ze] (gr. ex, hors de ; ostcon, os). Chir. Tumeur osseuse qui se forme à la surface ou dans l'intérieur des os. Celte tumeur, circonscrite et sans cavité intérieure, possède la même structure que l'os sur lequel on la trouve. Il y a deux variétés de ces végétations : dans l'une, l'os, comme tous les autres tissus du système, prend un développement morbide, par une hypertrophie excentrique de sa substance, et forme une tumeur bien détinie à sa surface par un simple excès de dépôt osseux ; dans l'autre, la nouvelle matière ossifiée est déposée à la surface, sous ou entre les lames du périoste; séparée d'abord de l'os par un cartilage, elle devient ensuite adhérente par le procédé ordinaire de l'ossification. — Bot. (V. S.)
* EXOTÉRIQUE .idj. [è-gzo-té-ri-ke](gr. exoterikos, du dehors). Extérieur, public. Se dil de la doctrine que les philosophes anciens professaient eu public, par opposition à leur doctrine secrète : doctrine exotérique d'Epicure.
' EXOTIQUE adj. [è-gzo-j ( gr. exàtikos). Etranger, qui n'est pas naturel au pays : plantes, véyétaux exotiques. — Fig. Termes, usages, mœurs exotiques.
* EXPANSIBILITÉ s. f. DiJact. Qualité par laquelle les corps tluides tendent à occuper un plus grand espace.
* EXPANSIBLE adj. Didact. Qui est capable d'expansion : tous les gaz sont expansibles.
' EXPANSIF, IVE adj. Qui a la force de dilater ; qui peut se dilater : il y a dans l'air un principe expansif. — Fig. S'emploie au sens moral , comme dans ces locutions ; Bonté exp.^nsive , bonté qui s'étend à plusieurs objets. Ame expansive, âme qui aime à s'épancher. On dit de même, Avoir une sensibilité kxpansive; être fort expansif; il est compatissant, mais il n'est point expansif.
* EXPANSION s. f. [èks-pan-si-on] (lat. expansio; de expandere, étendre). Action ou étal d'un corps fluide qui se dilate : l'expansion de l'air par la chaleur. — Fig. Avoir de l'expansion, communiquer facilement ses sentiments. — Anat. Prolongement de quelque partie : expansion membraneuse. — Bot. S'emploie dans un sens analogue : des botanistes pensent que la corolle est une expansion du liber.
' EXPATRIATION s. f. Action d'expatrier, de s'expaUier; état de celui qui est expatrié
•EXPATRIERv. a. (lat. ex, hors de; patria, patrie). Obliger quelqu'un dequitter sapatiie, lui faire quitter sa patrie. S'emploie plus communément avec le pronom personnel. — S'expatrier V. pr. Abandonner sa patrie pour s'établir ailleurs : après la révocation de l'éclil de Nayites, le plus yrand nombre des protestants s'expatrièrent.
•EXPECTANT, ANTE adj. [èks-pèk-tan] {la.t. expectare , attendre). Qui a droit d'attendre, d'espérer une place, un emploi; qui a une expectative : médecin expectant a l'Hôtel-Dicu. — MÉDECINE expectante, celle qui laisse (aire beaucoup à la nature, et qui em-
EXPK
ploie des moyens peu actifs; par opposition à MÉDECINE AGISSANTE, Celle qui emploie des remèdes énergiques et plus ou moins nombreux.
•EXPECTATIF, IVS adj. [èks-pèk-ta-tilf] (lat. expectore, attendre). Qui donne droit d'attendre, d'espérer. N'est guère usité que dans la locution, Ghace expectative.
EXPECTATION s.f. (lat. expectare, attendre). Méd. Méthode thérapeutique, qui consiste à surveiller d'un œil vigilant la marche d'une maladie, tout en secondant les elforls de la nature et enrayant tout symptôme alarmant, et à saisir le moment opportun d'intervenir activement, si cela est nécessaire.
; EXPECTATIVE s. f. Espérance, attente fondée sur quelque promesse, sur des probabilités : il n'a encore rien obtenu, mais il est toujours dans l'expectative. On dit quelquefois : triste expectative. Iron. : belle expectative!
— Autref. Espèce de droit de survivance qu'on donnait en certains pays : le roi d'Espagne lui donna l'expectative de la première commanderie vacante. — Lettre, bref du pape, qui donnait, à celui à qui on l'adressait, l'assurance qu'il serait pourvu d'un certain bénéfice, lors de la vacance : les cxpectatices et les réserves sont depuis longtemps abolies. — »v Acte de théologie qu'un étudiant soutenait, lorsqu'un licencié prenait le bonnet de docteur : il fit dis merveilles à son expectative.
* EXPECTORANT, ANTE adj. Méd. Se dit des médicamenls qui facilitent l'expectoration. — s. m. Sulislance expectorante. Les expectorants excitent la m aqueuse pulmonaire et favorisent l'expulsion des mucosités contenues dans les canaux bronchiques. Les principaux médicaments de ce genre sont : le lierre terrestre, le polygala, le baume de Tûlu , l'ipéca , Voxyde blanc d'antimoine et surtout le kermès {h petitesdoses).
* EXPECTORATION s.f. Action d'expectorer :
ce remède facilite, provoque l'expectoration.
' EXPECTORER v. a. [èks-pèk-j (lai. cxpectorare ; de t'a;, hors de, et pectus, oris poitrine). Chasser, expulser parles crachatsles humeurs grossières et et visqueuses attachées aux parois des bronches et des vésicules pulmonaires : expectorer des glaires. — Absol. Cela fait expectorer; il expectore beaucoup.
' EXPÉDIÉ, ÉE part, passé de Expédier. — w s. f. Calligr. Ecriture courante.
* EXPÉDIENT s. m. [ èks-pé-di-an] (lat.
expedicns, part. prés, de expedire, mener à bonne fin). Moyen de résoudre quelque difficulté, de surmonter un obstacle, de réussir dans quelque atlaire : homme fertile en expédients. — Ce n'est qu'un expédient, c'est une ressource passagère qui laissera bientôt retomber dans l'embarras celui qui l'emploie.
— Etre, en être aux expédients, être réduit à des moyens onéreux et extrêmes pour se procurer de l'argent. — Au Palais. Sorte de conciliation dans laquelle les parties se concertaient d'avance sur la décision que lejuge devait prendre : vider, faire juger une cause par expédient. — Adjectiv. Il est expédient, il est à propos, il est nécessaire : il est expédient de faire cela, que vous fassiez cela.
* EXPÉDIER V. a. (lat. expedire). Dépêcher, hâter l'exécution, la conclusion d'une alfaire, d'une chose : expédiez- rnui cela au plus tôt. — Fam. Dépenser, consommer avec une certaine promptitude : il a ixpédié son diner en quelquesminutes. — En parlant des personnes, 'rerminer les affaires qui les regardent : ce ministre a expédié beaucoup d'affaires, beaucoup de monde cematin. — Expédier quelqu'un, finir prompteraent quelque chose de fâcheux pour lui. Faire mourir vite : cette maladie l'aura bientôt expédie. — Envoyer, faire partir quelque chose pour une certaine destination : je vous l'expédierai par telle voie. On dit aussi,
EXPE
EXPI
EXPL
expédier xm courrier, une estafette. -^ Faire la copie littérale d'un acte notarié ou juridique, d'un diplôme, d'un brevet, etc., et la l'evèlir des formes nécessaires pour qu'elle puisse faire foi au besoin : expédier, faire expédier un contrat de mariage, itn arrêt. — v* Aiirot. Tuer, envoyer dans l'autre monde. — Avaler vivement, sans rien laisser. — S'expédier v. pr. Etre expédié ; ce paquet ne peut s expédier par la poste,
* EXPÉDITEUR s. m. Comni. Celui qui fait un envoi do niaichandises : ces frais sont à la charge de l'expéditeur.
* EXPÉDITIF, l'VE adj. (lat. expcditus, expédié). Qui espédie promptementles affaires, la besogne dont il est chargé : on lui a donné un rapporteur fort expédilif. — Se dit aussi des choses : le télégraphe électrique est le plus expéditif des moyens de correspondance.
* EXPÉDITION s. f. (lat. expeditio). Action d'expédier, de hâter ; pour la plus prompte expédition des affaires, on lui adjoignit telle personne. — Diligence : je ne vous demande point de faveur, mais seulement expédition, de l'expédition.— Homme d'expédition, homme actif, nardi, qui vient promptement et habilement à bout de ce qu'il entreprend. — Action d'envoyer, surtout en termes de commerce : iexpédilion de ces rnarchan dises n'aura lieu qu'à la fin du mois. — Expédition militaire, ou simpl., expédition, entreprise de yuerre qui exige un voyage, un trajet plus ou moins long : faire 'de grands préparatifs pour une expédition militaire. — Expédition maritime, ou simpl., expédition, voyage que font ensemble des vaisseaux de guerre ou des navires marchands, pour quelque entreprise, pour des découvertes, ou pour le commerce : les Anglais ont fait plusieurs expéditions pour découvrir un ) assage au nord de l'Amérique. Lorsque l'expédition est dirigée contre un ennemi, on dit pi us ordinairement. Expédition MAVALE. — Iron. Chose faite mal à propos, inconsidérément : vous êtes allé à cette assemblée ; vous '.roc: fait là une belle expédition. — Copie littérale d'un acle, délivrée en bonne forme par l'officier public, dépositaire de l'original : on appelle grosses les expéditions délivrées in forme exécutoire. — Au plur. Dépêches, lettres qu'on expédie, soit missives particulières, soit ordres, mémoires, actes, etc. : ce courrier attend ses expéditions.
' EXP£DITIO?iNAIRE adj. et s. m. Comm.
Celui qui est chargé par un autre de faire un envoi de marchandises; celui qui fait haijituellemenl des envois de marchandises pour le compte d'autrui : la responsabilité de l'expéditionnaire. — Commis aux écritures chargé de l'aire les expéditions : il est commis expéditionnaire au greffe de telle cour. — Se dit quelquefois d'une armée envoyée en expédition : ce général fut chargé de ramener le corps expéditionnaire. — Autref. Officier établi, en France, pour solliciter et faire obtenir en cour de Rome les rescrits, bulles, provisions, dispenses, etc. : notaire, banquier expéditionnaire; l'expéditionnaire en cour de Rome.
EXPENDE ANNIBALEM... [èks-pain-dé-annni-ba-léinnij. Loc lat. qui signifie : pèse Anhibal. Commencement du vers de Juvéual (sat. z) :
Expénde Annibalcm, quoi Itbras ia duce sammo Inveoies?...
Pèse Annibal combien de livres (de cendres) trouveras-tu dans ce grand chef. Réflexion, qui correspond au V.anitas vanitatlm, de l'Eiclésiaste.etau Sic transit GLORIA mundi, àei'Imitation de Jésus-Christ, et qui fait allusion à l'inanité des grandeurs humaines.
•EXPÉRIENCES. f.[èks-pé-ri-an-se] (lat. eajperieniia). Epreuve qui se fait à dessein, ou par hasard : l'expérience est la maîtresse des arts. ,— Counaissauce des choses, acquise par un
long usage: les affaires demandent une grande expérience.
• EXPÉRIMENTAL, ALE, AUX adj. (lat. experimentum, efiieuve). Qui est fondé sur l'expérience : phj/aiquc expérimentale.
' EXPÉRIMENTATEUR s. m. Celui qui fait des expériences. — w Au fém. Expérimentatrice.
EXPÉRIMENTATION s. f. Action d'expérimenler.
•EXPÉRIMENTÉ, ÉE pari, passé de Expérimenteh : les remèdes les plus expérimentés sont les plus sûrs. — .\dject. Instruit par l'expérience : s'en rapporter aux gens expérimentés.
' EXPÉRIMENTER v. n. (lat. eœperiri, éprouver). Yéritier par des expériences, éprouver par expérience : j'ai cent fois expérimenté que la pietir ne donne que de mauvais conseils. — Absol. Faire des expériences : c'est en expérimentant beaucoup qu'on avance dans une science.
' EXPERT, ERTEadj. [èks-pèr] (lat. expertus). Fort versé en quelque art qui s'apprend par expérience : il ti'est pas fort expert dans cet art. — s. m. Se dit des gens nommés par autorité de justice, ou choisis par les parties intéressées, pour examiner, pour estimer certaines choses, et en faire leur rapport : la chose sera réglée à dire d'experts.
• EXPERTISE s. f. Jurispr. Visite et opération des experts ; ce qui a lieu dans un différent, lorsque le juge ouïes arbitres, nommés par les parties, n'ayant pas une entière connaissance de l'objet de la contestation, ont recours aux lumières des gens de l'ait, pour en faire l'examen, l'estimation ou l'appréciation : on a nommé des architectes pour faire l'expertise des réparations de ce bâtiment. — Procès-verbal , rapport des experts : après quatre vacations, ils ont clos, ils ont remis leur expei'tise.
' EXPERTISER v. a. Faire une expertise : expertiser le degût.
EXPERTO CREDE [èks-pér-to-cré-dé] Loc.
lat. qui signifie : crois celui qui en a fait l'expérience.
EXPIABLE adj. Qui peut être expié.
EXPIATEUR, TRICE adj. Qui expie, qui est fait pour expier: offrande expiatrice.
• EXPIATION s. L [èks-pi-a-si-on] (lat. ea;piiitio). Action par laquelle on expie un crime, une faute: expiation de ses fautes. Sous l'ancienne loi, les Juifs avaient une fêle qu'ils appelaient la fête des expiations. — Cérémonies que les anciens faisaient pour expier un crime, ou pour apai.ser la colère du ciel, manifestée par des prodiges : quand il était arrivé quelque prodige, quand la foudre était tombée quelque part, tes Romains ordonnaient des expinlions; il y avait des expiations annuelles, pour purifier les villes.
• EXPIATOIRE adj . Qui expie: la messe est
un saerifii'e expiatoire.
' EXPIER V. a. (lat. expiare). Réparer un crime, une faute: ex]ner ses fautes par un long exil. — »■» S'expier v. pr. Etre expié.
EXPILLY (Jean-Joseph, aube), voyageur et géographe, né a Saint-Remi (Provence), en 4719, mort en 1793.11 fut secrétaire d'ambassade du roi de Sicile, chanoine-trésorier de Tarascon et voyagea, tant pour ses devoirs que pour son plaisir. On a de lui plusieurs ouvrages, dont le plus estimé est un Dictionnaire géogruphiqite, historique et politique des Gaules et de la France (6 vol. in-fol. 17(52-70), qui ne va que jusqu'à la lettre S.
• EXPIRANT, ANTE adj. Qui expire, qui est près d'expirer : nous la troiLvâmes expirante. — Se dit quelquefois ligurément : flamme , lueur expirante. On dit aussi ; voix expirante
* EXPIRATEUR adj. m. Anat. Se dit des
muscles ipii contribuent à l'expiration, en resserrant les parois de la poitrine.
* EXPIRATION s. f. Echéance d'un terme, dont ou est convenu de part et d'autre : )/ n'a plus que six mois jusqu'à l'expiration de son bail. — Fin d'un certain temps marqué ; à l'expiration de l'année , du trimestre. — Physiol. Action par laquelle les poumons rendent l'air qu'ils ont aspiré: la vie 7ie peut se soiitinir sans l'itispiration et l'expiration.
' EXPIRER V. n. (lat. expirarc, souffler dehors!. Mourir, rendre l'âme, rendre le dernier soupir : il expira entre les b7'as de ses amis. — Fig. Se dit de certaines choses qui s'évanouissent, qui cessent, telles que la lumière, la flamme, le son : cette lueur expira par degrés, et une obscurité profonde la remplaça. — Se dit également de certaines choses morales : la liberté de la république romaine expira sous Tibère. — Fig. Prendre fin, être au terme de sa durée : ce temps expiré, aucune réclamation ne pourra être admise. — v. a. Rendre l'air qu'on avait aspiré : expirer l'air.
•EXPLÉTIF, IVE adj. (lat. expletivus ; de explerc, remplir). Gramm. Se dit de certains mots qui entrent dans une phrase, sans être nécessaires au sens, mais qui servent très souvent à exprimer avec plus de force le sentiment dont on est aflecté : prenez-mo'i ce flambeau; je vous le traiterai comme il le mérile. Dans ces phrases, moi et vous sont des mots explétifs. Dans les exemples suivants, les membres de phrase en italiques sont explétifs:
C'est à vous à sortir, vous qui parlez.
Molière. Tartufe.
Je l'ai vu. dis-je, vu. de mes propres yeux utt,
Ce qu'on appelle vu
iMoLmnii, Tartufe, acte 'V, se. lu.
Et je ne puis du tout me mettre d.ins l'esprit, Qu'il ait osé tenter les ciioses que l'on dit. /d. ii.
Ah ! mon Dieu, je vous prie.
Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir.
Molière, Tartufe. Faites-les mni les plus laids que l'on puisse ; Pochez cet œil, fessez -moi cette cuisse. Marot.
EXPLÉTIVEMENT adv. D'une manière explétive.
* EXPLICABLE adj. Qui peut être expliqué : ce passage est explicable, n'est pas explicable. S'emploie le plus ordinairement avec la négation.
•EXPLICATEUR s. m. Celui qui fait aux spectateurs l'explication d'une chose exposée à la curiosité publique : l'explicateur d'une ménagerie, d'un panorama.
- EXPLICATIF, IVE adj. Qui explique le sens di' quelque chose : notes explicatives.
' EXPLICATION s. f. (lat. explicatio). Discours par lequel on explique ce qui est obscur, difficile à comprendre, extraordinaire ou singulier : cet article n'est pus clair, il peut souffrir, recevoir deux explications diflérentfs.
— Ce qui aide à trouver la cause, le motif d'une chose difficile à concevoir : cela me donne l'explication d'un fait dont je n'avais pu encore me rendre compte. — Simple démonstration, ou énumération de détails : explication anatomique. — Simple traiiuction orale d'un auteur : il s'est fort bien tiré de son explication. — Avoir l'Ne explication avec quelqu'un, le faire expliquer sur quelque chose d'équivoque. S'expliquer soi-même avec quelqu'un : je ne me refuse pas à une explication.
— Demander a quelqu'un l'explication d'une INJURE, lui demander d'expliquer un propos qu'il a tenu, et qui peut être considéré comme offensant, injurieux.
* EXPLICITE adj. Didact. Qui est clair, formel, distinct, manifeste : clause explicite.
' EXPLIGIT£ME?JT adv. Di-laot. En ternn s
EXPL
clairs et formels : cela n'est pas explicitement
énonct; tiai)-: l'acte.
' EXPLIQUER V. a.iM.explicare). Eclaire!!' un sens olisciu-, rendre un discours intelligible, ou faire coiinnitre la cause , le motif d'une chose qui paraît extraordinaire, bizarre, inconcevable : comment expliquez-vous ce passage de Platon ? — Se dit quelquefois de ce qui aide à trouver la cause, le motif d'une chose difficile à concevoir : ceciexplique powijuoi il n'est pas venu. — Enseigner, démontrer : ce professeur explique la géor/raphie. — Interprétei' un auteur, le traduire de vive voix : cet écolier commence déjà à expliquer les auteurs latins. — Déclarer, développer, faire entendre nettement sa pensée : les rois expliquent leurs volontés par la bouche de leurs ambassadeurs. — S'expliquer v. pr. Expliquer sa pensée : /e m'explique pourtant de manière à ce que vous compreniez.
En vain à l'esprit on s'expfiqite, Quand on np pai-le pas aucœur.
Système déplaisir, Chans. choisies, 1783.
Avec ellipse du pronom : il faut faire expliquer cet homme. On peut dire aussi, /e /e ferai s'expliquer. — S'expliql-eu avec quelqu'un, avoir un éclaircissement avec lui. — Etre expliqué ; s'emploie dans les deux premières acceptions du verbe actif: cela iKut s'expliquer de deux façons ; sa conduite s'explique d'elle-même. — v. récip. Etre expliqué l'un par l'autre : ces deux passages s'expliquent l'un par l'autre.
"^EXPLOIT s. m. (lat. explctum; de explere, exéculei'i. .\ction de guerre signalée et mémorable: il s'est signalé par ses exploits. — Fig. et par ironie. Voil.\ un bel exploit, vous AVEZ FAIT LA UN BEL EXPLOIT, Se dit d'uuc personne qui a fait quelque chose mal à propos.
— Hrat. Acte que fait un huissierpour assigner, ajourner, saisir, etc. : exploit d'assignation, d'ajournement, ou simpl., exploit. — Souffler UN EXPLOIT, se dit d'un huissier qui ne remet pas la copie d'un exploit, quoique l'original porto qu'elle a été remise.
* EXPLOITABLE adj. Qui peut être saisi et vendu par justice : garnir un appartement, une maison de meubles exploitables. — Qui est en état de pouvoir être façonné et débité : ces bois-là ne sont pas encore exploitables. — Qui peut être cultivé, exploite avec avantage : celle ferme n'est pas exploitable.
' EXPLOITANT adj. m. Prat. Qui fait des exploits : huissier exploitant par tout le ressort de la cour. — «.v Celui qui exploite une terre, une entreprise. Dans ce sens, au fém. Exploitante.
* EXPLOITATION s. f. Action d'exploiter des biens, des terres, des bois, etc. : l'exploitation d'une mine, d'un chemin de fer. — iv Lieu où l'on exploite. — Chose même que l'on exploite.
— Action de spéculer sur quelqu'un.
* EXPLOITER V. n. Faire quelque exploit. Dans cette acception, qui a vieilli, ne se dit que par plaisanterie : vraiment vous avez bien exploité. — Faire et donner des exploits en qi lité d'huissier : les sergents du Châtelet avaient le pouvoir d'exploiter par tout le royaume.— A mal exploiter bien écrire, se dit lorsqu'un homme, ayant manqué à quelque formalité, écrit ensuite la chose, non pas comme il l'a faite, mais comme il devait la faire. — v. a. Faire valoir une chose, en tirer le produit : exploiter une ferme, un brevet. — Exploiter des bois, abattre, façonner et débiter les bois dans la forêt : sitôt qu'il eut acheté ces bois, il Ls fit exploiter. — Exploiter une mine, en tirer le minéral. — En mauvaise part. Exploiter une place, un emploi, eu tirer des produits illicites — Exploiter la curiosité PUBLIQUE, LA CRÉDULITÉ DE QUELQU'UN,
etc., spéculer sur la curiosité publique, profiter de la crédulité de quelqu'un pour en tirer de l'argent, etc. — Exploiter quelqu'un,
EXPO
tirer un parti illégitime du travail de quelqu'un.
EXPLOITEUR, EDSE s. Celui, celle qui fait une exploitation. — En mauvaise part. Celui, celle qui tire des profits illicites de sa position, qui exploite le travail des autres.
* EXPLORATEUR s. m Celui qui va, qu'on envoie a la découverte dans un pays, pour en connaître l'étendue, ;a siluation. — *v Celui qui se livre à des recherches scientifiques ou littéraires, à des travaux d'érudition. — Au
fém. EXPLORATRICE.
* EXPLORATION s. f. Action d'explorer : leurs explorations n'ont pas été jioussées plus loin. — vv Méd. Action de rechercher les symptômes d'une maladie. — Action d'examiner attentivement l'état d'une partie malade
* EXPLORER V. a. (lat. ftrpiorare). Examiner, visiter. Me se dit guère qu'en parlant d'un pays, où l'on va à la découverte : les mers que ce 7iavigateur a explorées. — Fig. Explorer de vieux documents, les étudier, y faire des recherches. — Méd. Examiner attentivement, vérifier.
EXPLOSIBILITÉ s. f. Propriété que possèdent
certains corps de faire explosion.
•EXPLOSIBLE adj. Qui est susceptible de faire explosion; qui est préparé de manière à faire explosion : mélanges explosibles ; balle explosihle. On dit aussi Explosif, ive.
* EXPLOSIF, IVE Voy. le mot précédent.
•EXPLOSION s. f. féks-plo-zi-on] (lat.
e.xplosio; de explodere, chasser avec violence). Eclat, bruit, mouvement subit et impétueux, que produisent les volcans, la poudre à canon, l'or fulminant, et les mélanges de salpêtre et de soufre, lorsqu'ils s'entlamment. — Action d'éclater, produite par l'excès de tension de la vapeur ; l'explosion d'une machine à vapeur. — Fig. Se dit en parlant des passions violentes, des complots, etc., qui viennent à éclater : il y eut contre lui une explosion de murmures, d'invectives, etc. — Phys. Une explosion peut êlre occasionnée par le déplacement subit de ce qui résiste à une force d'expansion , comme cela a lieu pour les chaudières à vapeur; mais elle est plus ordinairement le résultat d'une soudaine production de force par des réactions chimiques. Plusieurs explosions de ce genre sont produites par une rapide combustion ; et pour distinguer une substance explosible d'une substance simplement inflammable, on peut la définir comme contenant en elle-même les éléments de combustion ou les éléments de tout autre changement chimique dégageant une force mécanique. Ainsi le grisou des mines à charbon est inflammable quand il est pur; mais, si on le mélange avec une certaine proportion d'oxygène atmosphérique, il forme un composé explosif. Les explosions des composés de cette espèce sont ordinairement produites par le contact direct d'un corps chauffé ou par la pression (percussion) et quelquefois par un changement moléculaire ou par l'introduction d'une nouvelle substance. Les principaux explosifs sont : la poudre à canon, la pyroxyline, la nitro-glycérine et l'acide picrique (Voy. ces mots).
EXPONENTIEL, ELLE adj. [èks-po-nan-sièl] (lat. exponens, exposant). Algèbre. Qui a un exposant variable , indéterminé ou inconnu.
* EXPORTATEUR s. m. Comm. et Douanes.
Celui qui exporte des marchandises nationales en pays étranger.
'EXPORTATIONS, f. Comm. et Douanes.
Action d'exporter : comparer les txportations avec les importations. — •* Marchandises exportées.
EXPO
• EXPORTER v. a. (lat. expoHare). Comm. et Douanes. Transporter hors d'un Etat des produits du sol ou de l'industrie : exporter des firains, des eaux-de-vie, des étoffes, etc. — tv S'exporter v. pr. Etre exporté.
• EXPOSANT, ANTE s. Jurispr. et Adm. Celui, celle qui expose un fait, qui expose ses droits, ses prétentions dans une requête ou dans quelque autre acte semblable Wes preuves et les titres de l'exposant. — Celui, celle qui expose des ouvrages d'art, des produits agricoles, industriels, des objets de trafic, pour les soumettre au jugement du public. — Arilhm. Nombre qui exprime le rapport de deux autres : trois est l'exposant du rapport de douze à quatre. — Nombre qui exprime le degré d'une puissance. Les exposants se marquent par de petites lettres ou de petits chilfres placés à la droite et en dessus du nombre, dont ils indiquent la puissance; ainsi 4 X i s'écrit 4-; 4X4X4 s'écrit 4'; 4 X i X 4 X 4 s'écrit 4* : et ainsi de suite; 2 est donc l'exposant du carré, :) celui du cube, etc.
' EXPOSE s. m. Récit d'un ou de plusieurs faits et des circonstances qui les ont accompagnés : dansce mémoire l'exposé des faits n'est pas exact. — Ce qui est déduit dans une requête présentée au juge : on l'aurait cotuiamné sur l'exposé de sa requête. — Compte rendu, explication, développement : cetivre contient l'exposé de leur doctrine.
'EXPOSER v. a. (lat. eaiponere). Mettre en vue: autrefois on exposait sur la roue le corps des voleurs de grands chemins. — Absol. l'iendre part à une exposition : ce peintre n'a point encore exposé. — Exposer le saint sacrement, l'exposer dans une église à la vénération des fidèles. On dilde même. Exposer des reliques.
— Exposer en vente, exposer à la vue du public ce que l'on veut vendre. — Fig. Etre exposé a la vue du public, être exposé aux regards, AUX YEUX de tous, clc, être dans une siluation qui attire l'attention publique. Dans un sens analogue. Cette place, cette dignité
EXPOSE a la vue de TOUTE LA TERRE, AUX YEUX
de tout le monde, etc. — Placer, tourner d'un certain côté : exposer du linge au soleil pour le faire sécher. — Déduire, expliquer, faire connaître : exposer dans une requête les motifs et les raisons que l'on a de demander une chose. — Mettre en péril, mettre au hasard : il a exposé sa vie pour le salut de son pays. Dans cette acception, est souvent emplové au passif : ce pays est fort exposé aux inondations.
— Soumettre à l'action de ; exposer au froid. Dans un sens analogue : les païens exposaient les martyrs aux bêtes féroces. — Exposer un ENFANT, abandonner un enfant nouveau-né, dans un lieu désert ou dans un lieu fuihlic, pour le détruire ou pour se décharger du soin de le nourrir : les anciens Grecs faisaient quelquefois exposer leurs enfants. — S'exposer V. pr. Exposer soi, sa personne : c'est s'exposer à la mort que de tenter une pareille entreprise. — S'exposer, être exposé aux coups, au FEU DES ennemis; s'exposer, être exposé a l'ardeur DU soleil, a la pluie, etc., se placer, être dans un lieu où les coups peuvent aisément porter, où donne le soleil, où tombe la pluie, etc. — Absol. Se mettre en dnngcr, courir des risques: ce jeune homme s'ex/.osc beaucoup en acceptant le cartel d'un pareil sp<idassin .
■ EXPOSITION s. f. [èks-po-zi-si-on]. Action par laquelle une chose est expos'e, mise eu vue ; état de la chose ainsi exposée : on fit, dans cette salle l'exposition de plusieurs tableaux; exposition de peinture, ou simpL, exposition. — Exposition universelle, exposition dans laquelle figure les produits de l'industrie et des arts de tous les pays. L'initiative de la première exposition universelle fut prise par le prince Albert. Cette immense exhibition fut installée dans le palais de cristal et fut visitée
EXPR
EXPU
(du 1" mai au H ocl. 1851) par plus de six iirili.-ii,? lie poi-soiines, quipavèi-eiit, pour Icuv droit d'eiUree, une somme de \i millions de francs. Il v eut ensuite les expositions universelles àé' Paris (palais de l'Industrie), du îo mai au 15 nov. 1855; quatre millions et demi de visiteurs: trois millions de rfoettcs; de Londres (1862); dePai'is (Champ dcMarssen 1867 ; de Vienne (1873) : de PhUadcliihie (iS ,0) ; de Paris (Champ de Mars et Trooadero), en 1878; dépenses 56 millions de fr.; recettes, 24 miUionsde fr.; déficit 32 millions. (V. S.) — Exposition des Beaux-Auts {\oy. Salon). — Se disai!, particulièrement, en parlant des condamnés qu'on exposait sur un echafaud dressé en place publique : la peine de l exposition a été abolie en 1848. - Situation, par rapport aux vues, et aux divers aspecls du soleil : rexposilion de cette ynatson n est pas gfiitie — Ci; tableau est dans une bonne ex- ■ POSITION, il est bien en vue, bien place par rapport au iour. — iSarralion, récit, déduction d'un fait : il a fait l'exposition de cette affaire fort nettement. — L'exposition d'une pièce de théâtre, partie du drame où 1 auteur expose les faits principaux qui ont précède et préparé l'action : l'exposition ne sauratt avoir trop de clarté. Ou dit aussi, Exposition DU sujet, dans un poème.— Exphcation, développement : l'Exposition de la foi, par Bossuel. — Interprétation : exposition littérale. — Se dit aussi en parlant des enfants abandonnes par les parents, qui ne peuvent ou ne veulent pas les nourrir : l'exposition des enfants est un crimt
* EXPRÈS, ESSE adj. [èlvs-prè] (lat. expressus). Qui est énoncé d'une manière si formelle, si positive, qu'il ne reste aucun lieu de douter: cela est en termes exprès dans le contrat. — Subslantiv. Personne qu'on envoie pour porter ou pour recevoir des lettres, des nouvelles, des ordres, etc. ; on a envoyé un exprés pour cette affiiire, pour l'en informer.
' EXPRES adv. A certaine fin; à dessein, avec intention : il a fait bâtir cet appartement exprés pour recevoir ses omis. — Il semble FAIT EXPRÈS poun CELA, SB dit d'un homme qui a beaucoup de disposition naturelle pour certaines choses.
• EXPRESSadj. m.[èks-prèss](angl.ea;preM, courneij.Ch. de fer. Train qui va plusvite que les trains ordinaires et qui ne s'arrête qu a un petit nombre de stations : le train express arriva en retard. — Substantiv. Tram express: nous sommes arrivés par un express.
• EXPRESSÉMENT adv. En termes exprès :
je iui avais commandé, défendu expressément de faire telle chose.
' EXPRESSIF, IVE adj. (lat. expressus, exprime,. Qui exprime bien ce qu'on veut dire, ce qu'on veut faire entendre : geste expressif. — Qui a beaucoup d'expression : son regard est expressif.
• EXPRESSION s. f. [èks-prè-si-on] (lat. expressio). Ai-tion par laquelle on exprime le suc, le jus de quelque chose : le suc des herbes s'obtient de troia manières: jmr expression, par infusion, par décoction. — Ce qui exprime, ce qui manifeste le sentiment, la pensée, les passions : il y a beaucoup d'expression dans celle musique. — Peint, et Sculpt. Représentation vive et naturelle des passions : il y a dans la tête de cette statue beaucoup d'expression. — Se dit encore des termes et des tours qu'on emploie pour exprimer ce qu'on veut dire : un bon orateur doit savoir faire le choix de ses expressions.
Selon que notre idée est pins ou moins obscure, Vexpression la suit ou moins nclle ou plus pure. Boacii'. Art. poét.
— Mathém. Forme sous laquelle on représente une valeur : expression algébrique. — KÈbuiRE A SA PLUS SIMPLE EXPRESSION, ramener Ici termes d'une fraction, d'une formule,
d'une équation au moindre nombre possible.
— RÉDUIRE UNE CHOSE A SA PLUS SIMPLE EXPRES- SION, l'abréger, la diminuer le plus possible. EXPRESSIVEMENT adv. D'une manière expi'essive.
* EXPRIMABLE adj. Qui peut être exprimé : cette pensée n'est pas exprimable en vers. Ne s'emploie guère qu'avec la négation.
* EXPRIMER v. a. (lat. exprimere). Tirer le suc, le JUS dune chose en la pressant ■.exprimer l'eau d'un linge- mouillé. — Manifester, représenter la pensée, le sentiment, les passions : exprimer ses sentiments par des gestes énergiques. — Cette passion est bien exprimée