‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 474 sur 568 · FAISANDAGE. (V. S · texte numérisé non relu

FAISANDAGE. (V. S

' FAISANDEAU s. m. Jeune faisan.

' FAISANDÉ, ÉE part, passé de se Faisander. — s. m. Uduur, goût de viande avancée . celte viande sent le faisandé. S'emploie ordinairement en mauvaise part.

FAISANDER v. a. (rad. faisan). Garder assez longtemps du gibier, comme cela se pratique ordinairement pour les faisans, ulin qu'il se mortifie et qu'il acquière certain fumet dûà un commencement de déconi|iiisition : fiisander un cuissot de chevreud. — 'Se faisander v. pr. Se mortifier, acquérir du fumet : di:s perdrix qui se faisandent trop. Avec ellipse du pronom. Vous avez trop laissé faisander ce lapin.

' FAISANDERIE s. f. Lieu où l'on élève des

faisans.

î • FAISANDIER î

élève des faisans.

■ FAISANE s. f. Voy . Faisan.

FAISANS (Ile des) ou Ile de la Conférence, petite ile formée par la Bidassoa, près de i l'embouchure de cette rivière, à 22 kil. S.-E. de Saint-Sébastien. Celte île, située sur les limites delà France et de l'Espagne, doit son nom d'ile de la Conférence aux entrevues qui y ont eu lieu à diverses époques : I 1463. Entrevue de Louis XI et de Henri IV I (d'Espagne).

' 1659. — de Mazarin et de don Luis de Haro.

Id. — de Philippe IV (d'Espagne)

et de Louis XIV.

* FAISCEAU s. m. [fè-sôj (lat. fascis). Assemblage de certaines choses liées ensemble : faisceau de verges. Anat. : faisceau de muscles, de nerfs musculaires, aponcvi-otique, etc. — Au pluriel, ubsol. Faisceaux de verges avec une iiache au milieu, qui étaient, chez les anciens Romains, le symbole de la puissance des magistrats; on portait douze faisceaux devant les consuls, et vingt-quatre devant le dictateur; les 2>roconsuls et les préteurs n'avaient que six

m. Celui qui nourrit et

FAIT

FAIT

FAIT

faisceaux. — Prendre les PAiscEAnx, être élevé à la dignité consulaire. Déposer, rendre les FAISCEAUX, se démettre de l'autorité consulaire.

— Par ext., en termes milit. Assemblage de fusils qu'on forme en engageant les baïonnettes les unes dans les autres, de manière que les fusils se souliennent mutuellement et forment une espèce de pyramide : former, rompre les faisceaux. — Espèce de piquet autour duquel on range des fusils : allez mettre vos armes au faisceau. — Opt. Faisceau de RAYONS LUMINEUX, côiie de rayous lumineux qui partent d'un même point, et que l'on isole par la pensée de tous les autres rayons, pour les soumettre à des considérations particulières. — Phys. Faisceau aimanté ou magnétique, réunion d'aimants naturels ou artificiels.

* FAISEUR, EUSE s. [fe-zeur]. Celui, celle

qui fait quelque chose, qui fait habituellement certains ouvrages. Ne se ditguèredes artisans dont la profession, l'art, le métier a un nom particulier, comme Serrurier, Cordonnier, Tailleur, etc. : faiseur d'instruments ; cela est du bon faiseur, de la bonne faiseuse. Cette dernière phrase peut s'appliquer familièrement à toute personne habile dans l'art qu'elle cultive. — Les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs, ceux qui se vantent le plus, qui prometlentle plus, sont ordinairement ceux qui font le moins. — Personne qui compose des œuvres littéraires : c'est un faiseur, une faiseuse de vers, de tragédies, etc. Dans ce sens, est presque toujours fara. et défavorable. C'est un faiseur de phrases, ce n'est qu'un faiseur de phrases, se dit en parlant de celui dont le langage ou le style est grave ou pompeux, mais dépourvu d'idées.

— Par dénigr. Celui qui fait ou qui dit souvent certaines choses.

Non. je ne hais riemtant que les contorsions De tous CCS gianjs'/aùeiir-s de prolostations.

MOLIÈRR.

— Faiseur de collections, celui qui se plaît à réunir divers objets. — Faiseur de tours, escamoteur. — Faiseur d'emdarras, homme qui se donne de grands airs, qui affiche de grandes prétentions. — Absol. Celui qui travaille habituellement pour un autre, ou qui fait le travail d'un aulre: le théâtre, ce libraire a ses faiseurs attitrés. — Fam. C'est un faiseur, c'est un homme qui entreprend toute sorte d'all'aires. qui se mêle de tout. — w Jarj^on Faiseuse d'anges, femme dont la spécialité est de pratiquer des avortements.

FAISSELLE s. f. (lat. fiscelta, corbeille). Sorte de petit panier en osier ou de vase en terre, perce de trous, pour donner la forme aux fromages et les faire égoutter. — Sorte de paillasson sur lequel on dépose les frornages pour leur faire perdre toute leur humidité. — iNom que l'on donne, en Normandie, à la table sur laquelle on dépose le marc de pommes pour en extraire le jus.

* FAIT, AITE part, passé de Faiiie. — Aussitôt dit, aussitôt fait, se dit pour exprimer une grande promptitude dans l'exécution de quelque chose. — Cela vaut fait, regardez la chose comme faite, soyez sûr qu'elle se fera. On dit dans le même sens: Tenez cela pour fait; je tiens cela pour fait. — Est-cb fait? se dit communément pour demander si une besogne, si une alî'aire est achevée. C'est fait, se dit pour avertir que la chose est faite. On dit aussi. C'est une affaire faite, surlout lorsqu'on veut faire entendre qu'il n'y a plus à revenir sur la chose dont il s'agit. — Voila , QUI est fait, la chose est décidée. — Fam. C'est bien fait, vous l'avez bien mérité. — C'est fait de moi, de lui, de nous, etc., je suis peiju, il est perdu, nous sommes perdus. C'en EST fait, se dit en parlant d'une alfaire qui vient d'être conclue, d'être terminée, ou en parlant d'une personne qui vient de mourir. — Fam. et par dépit. Cela est fait pour

MOI, SEMBLE FAIT POUR MOI, n'EST PAIT QUE POUR,

moi, ce n'est qu'à moi que de tels malheurs, que de tels désagréments arrivent. On dit quelquefois de même, C'est un fait exprès, c'est comme un fait exprès. — Ce qui est fait n'est pas a faire, quand on peut faire une chose, il ne faut pus dill'érer à un autre temps.

— Ce qui est fait est fait, se dit pour engager à ne plus parler d'un malheur, d'une faute qu'il est impossible de réparer. — Etre fait pour, être propre à, être capable de. Se dit des personnes et des choses, et tant en bonne qu'en mauvaise part. — Comme le voila fait! se dit de quelqu'un qui est plus mal vêtu, plus négligé qu'à l'ordinaire, ou qui n'a pas si bon visage qu'il a accoutumé d'avoir. Fig. et fam., dans le premier sens. Etre fait comme un voleur. — ■ Etre fait comme il plaIt a Dieu, se dit d'une personne mal vêtue et de mauvais air. — Etre bien fait, et fig. être fait au tour, être Ijeau, de belle taille et de bonne mine. Dans le sens contraire. Etre mal FAIT, être laid, mal formé. On dit de même, Etre BIEN fait DE SA personne. Dans un sens analogue. Avoir la taille bien, mal faite. — Esprit bien fait, esprit sain et droit. — Fig. Avoir la tète mal faite, l'esprit mal fait, être bizarre, déraisonnable, sans jugement.

— Prov. et par ironie. Cela lui rend la jambe bien faite, se dit en pai'lant d'une chose dont quelqu'un tire vanité, et qui ne lui est d'aucun avantage. — Etre fait a, être habitué à ; il n'est pas encore fait à ce métier. — Homme FAIT, homme qui est dans un âge mûr. C'est déjà un homme fait, se dit en parlant d'un jeune garçon qui commence à devenir grand, à devenir sage. — Ce fromage est fait, n'est PAS fait, il est temps, il n'est pas temps de le manger. — Viande trop faite, viande avancée, faisandée. — Phrase faite, façon de parler particulière qui est consacrée par l'usage, et a laquelle il n'est pas permisde rien changer : avoir à cœur, est une phrase faite. — Mar. Vent fait, vent qui ne varie plus, et qui paraît devoir durer. On dit de même. Temps fait.

' FAIT s. m. (lat. factum). Action, chose faite, ce qu'on fait, ce qu'on a fait : chacun répond de son fait. — Convenir de ses faits, s'entendre d'avance avec quelqu'un sur ce qu'on fera. — Cela est du fait d'un tel, c'est un tel qui en est l'auteur. — Hauts faits, beaux faits d'armes, exploits militaires. — Fam. et par plaisanterie. Les faits et gestes d'une personne, la vie et les actions d'une personne. — Jurispr. Voies de fait, actes de violence, mauvais traitements, coups donnés à quelqu'un : )'/ est défendu d'itscr de voies de fait. — Voie de fait, au sing., tout acte par lequel on s'empare violemment d'une chose sur laquelle on n'a point de droit reconnu. — En venir au fait, en venir à l'exécution. — Fam. Au fait et au prendre, au moment de l'exécution, quand il est question d'agir, de parler, etc. : on le dirait plein d'intelligence; mais, au fait et au prendre, il n'est bon à rien. — Prendre quelqu'un SUR le fait, le surprendre dans le temps même où il l'ait une action qu'il voulait cacher. — Prendre la nature sur le fait, découvrir par un signe quelconque le caractère, le penchant, la passion de quelqu'un. — Fam.

Il Y A UN PEU DE MALICE, d'oPINIATRETÉ, DE FOLIE,

etc. DANS son fait, se dit en parlant d'une personne qui fait paraître quelque malice, qui met de l'opiniâtreté à quelque chose, etc.

— Palais. Prendre le fait de quelqu'un, ou PRENDRE fait ET CAUSE POUR QUELQU'UN, intervenir en cause pour lui. Dans le langage ordinaire. Se déclarer pour quelqu'un, prendre son parti, le défendre. — Evénement, toute chose qui arrive, qui a lieu, ou récit qui en est fait : cette histoire est pleine de faits curieux.

— Fait accompli , chose que l'on regarde comme décidée par l'événement, sur laquelle il semble qu'il n'y a plus à revenir. Se dit surtout en politique. — Doctrine des faits accomplis, doctrine d'après laquelle il convieut

d'accepter les faits accomplis. — Evénement, cas, espèc? dont il s'agit; s'emploie surtout dans les discussions, les contestations, les plaidoiries, etc. : il parla pendant une heure, sans dire itn mot du fait; venez au fait, ou elliptiq., au fait. On dit : question, point de fait, par opposition à : question, point de droit. — Par ext. Aller au fait, venir au fait, en venir à l'essentiel, au principal, à l'intéressant.

Je suais sang et eau. pour voir si du Japon Il viendrait â bon port au fait de son chapon; Et vous l'interrompez par un discours frivole. JEAX RicinB.

Ellifiliq. : Au fait, que voulez-vous de moi? — .Vu FAIT , signifie quelquefois tout bien considéré : au fait, que risqué-je? — Procéd. Faits et articles, faits sur lesquels, en matière civile, l'une des parties fait interroger sa partie adverse. Faits admissibles et pertinents, ceux dont la preuve peut être admise, parcequ'ils a|)[iarlicnnent au fond de la causj. Faits nouveaux, ceux qui n'ont pas encore été allégués au procès, et dont une partie demande à faire la preuve. En matière crim. Faits justificatifs, ceux qu'un accusé allègue pour prouver son innocence. — C'est un fait

CELA EST DE FAIT, IL EST DE FAIT QUE.., SO dit CH

parlant de choses constantes et avérées, qii ui ne peut nier. — Mettre, poser en fait, avancer une proposition qu'on soutient être véritable. — ^ C'est un fatt a part, un autre fait, c'est une aulre chose, une autre alfaire. — Le fait est que... la vérité est que. — Pour la rareté du fait, à cause de la singularité de la chose. — Etre sur de son fait, être sûr de ce qu'on dit, de ce qu'on avance, ou du succès de ce qu'on a entrepris. — Fam. Entendre bien son fait, être habile dans sa profession. — Etre au fait, être bien instruit. Mettre au fait, instruire. Se mettre au fait, s'instruire : quand vous srrez au fait ; quand on vous aura mis au fait (le toutes les circonstances, vous ne serez plus étonnée ; vous VOUS mettrez aisément au fait de cette araire. Ces locutions s'em|doient également en parlant de l'habitude, derhabilelé nécessaire pour faire certaines choses : cette jeune fille est bien au fait du ménage; il se fut mis bientôt au fait de son nouvel emploi — Jurispr. Se dit par opposition à Droii : possession défait; possession de droit. - Goc. .,;- NEMENT DE FAIT, gouvernement qui n'existe en vertu d'aucun droit antérieur. — Tant au sens physique qu'au sens moral. Toute chose dont on a reconnu, vérifié, constaté l'e.xislence; alors s'emploie surtout en parlant de systèmes, de théories, d'hypothèses, etc. : aucun raisonnement ne saurait détrtiire un fitil. — Ce qui est propre et convenable à quelqu'un : cette maison, cet emploi serait Un le fait d'un tel. — Part qui revient, qui appartient à quelqu'un dans un total : on apartvié cette succession, chacun a eu son fait. Ce se.is est familier. — Donner a quelqu'un son fait, se venger de lui, ou par quelque discours, ou par quelque violence. — Avoir son fait, subir quelque revers, recevoir un châtiment mérité. — Fam. Dire a quelqu'un son fait, lui parler vertement, avec force, lui dire ses vérités. — Dans le fait, par le fait loc. adv. Réellement, effectivement, au fond, quelles que soient les apparences . malgré son air patelin, c'est, dans le fait, un homme très dangereux. — De fait loc adv. En réalité, véritablement. Se dit par opposition à ce qui n'est que fictif, apparent, etc. : il n'était roi que de nom, un autre l'était de fait. — Effectivement : on annonça qu'il viendrait bientôt; et, de fait, un qiuirt d'heure après il arriva. Ce sens est familier. — En fait de loc. préposit. En matière de. — Si fait loc. adv. et pop. Au contraire; s'emploie quand on veut a'Jirmer ce qu'un autre nie ou met en doute : vous ne me connaisse/, pns? si fait, je vous connais bien. — Tout à fait, adv. Entièrement : l'ouvrage est tout à fait terminé.

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