FOIR
diaphragme, d'une surface inég^ale à la parlie postérieure, situé principalement dans l'hypocondre droit sous les fausses côtes, mais s'étendant aussi dans la région épigastriquo, où il recouvre une parlie de l'estomac : le foie est l'organe sécréteur de la bile. — Chaleur DE FOIE, s'est dit de certaines rougeurs qui viennent au visage, et qui étaient autrefois regardées comme indiquant unu affection du foie. S'est dit aussi, fîg. et fam., des mouvements de colère prompts et passagers. — Viscère analogue au foie de l'homme, qu'on trouve dans les quadrupèdes, dans les oiseaux, dans les poissons, dans les reptiles, etc. : les insectes, les vers n'ont point de foie. — Ane. Chim. Se disait de certaines combinaisons qui ont une couleur analogue à celle du foie : foie de soufre, d'arsenic. — Encycl. Le foie est un organe caractérisé par la présence de cellules qui sécrètent la bile. Ces cellules
Foie vu de dc=s lu? - u, \ciiic cive; û, vciim porte ; c canal cystique ; d, artère hépatique ; /, véàicule biliaire.
peuvent être répandues dans le canal intestinal, renfermées dans ses follicules, contenues dans des tubes allongés et ramifiés ou cœcum, ou rassemblées en masses lobulaires peu serrées, comme chez les invertébrés; elles peuvent être massées ensemble en lobules et consolidées en un organe ferme et compact, comme chez l'homme et les autres vertébrés. Le foie de l'homme occupe les régions de l'hypocondre droit et de l'épigastre, et s'étend en partie dans l'hypocondre gauche, au-dessous du diaphragme; il est un peu audessus de l'estomac, du duodénum, de l'arc du côlon, de la vésicule biliaire et du rein droit, vis-à-vis de l'aorte et de la veine cave inférieure. Son poids normal est de3 à 4 livres; il a une forme irrégulière, allongée transversalement, aplatie de haut en bas; il est très épais en arrière et mince en avant ; son tissu est dense et d'un rouge brun. Sa surface supérieure est convexe, en contact avec le diaphragme; dirigée vers le haut et en avant, tandis que sa surface inférieure est irrégulièrement concave et se dirige vers le bas et en arrière. Le foie est divisé en cinq lobes qui sont : le grand lobe, ou lobe droit, le lobe moyen ou lobe gauche, le lobus quadratus ou lobe carré, le lobus Spigelii ou lobe de Spigel et le lobus caudatus ou lobe à queue. Les lobes droit et gauche se distinguent seuls quand ou regarde la surface supérieure du foie, mais tous les cinq sont bien visibles quand on regarde sa surface inférieure. Le foie est en grande partie recouvert d'une enveloppe luisante et séreuse qu'il reçoit du péritoine ; un revêtement du tissu aréolaire s'étend aussi sur l'organe et dans son intérieur, en formant aux vaisseaux et aux canaux une gaîne mince, mais compacte, nommée capsule de Glisson. Les vaisseaux sanguins du foie sont : l'artère et les veines héfiatiques et la veine porte; les vaisseaux lymphatiques sont nombreux. Le tissu propre du foie est composé d'un grand nombre de masses polygonales, appelées lobules ou aeini. Entre ces lobules se trouvent des espaces que l'on nomme espaces inlerlobulaires, et qui renferment les branches de la veine porte, de l'artère hépalique et du canal biliaire. La veine porte, qui reçoit le sang veineux des organes digestifs, se divise çl se subdivise dans le foie comme une artère
jusqu'à ce qu'elle ait atteint les espaces interlohulaires, où les petits vaisseaux entrent dans les lobules et deviennent veines lobulaires; leurs branches terminales finissent dans la veino hépatique ou intralobulaire. Les lobules sont composés d'un grand nombre de cellules microscopiques glandulaires. Le sang venant du canal alimentaire par la veine porte, n'atteint la veine hépalique qu'après avoir passé à travers la circulation capillaire du foie et y avoir subi des changements importants. Il y a une perte de fibrine et une formation d'une espèce de sucre animal qui ne provient cependant pas immédiatement des éléments albumineux des tissus du foie, mais qui est produit par la transfoimation catalytique d'une substance particulière nommée glycogène, également produite dans cet organe. On y trouve aussi certains éléments de la bile, tels que la cholestérine, et les différents sels minéraux qui existent dans le sang, et qui en sont sépares par l'action du foie, et exsudés avec les parties aqueuses de la sécrétion dans les canaux biliaires, où ils contribuent à la formation de la bile. D'autres éléments de la bile, et des plus importants, tels que le laurocholate et le glycocholate de soude, qui ne préexistent pas dans le sang, sont formés par le foie même. La bile est amassée par un grand nombre de canaux biliaires microscopiques qui convergent vers des branches plus étendues. Deux de ces principales branches, l'une venant du lobe droit, l'autre du lobe gauche du foie, s'unissent pour former un seul canal, connu sous le nom de canal hépatique, qui descend d'environ .S centimètres du côté du petit intestin où il est rejoint, à angle aigu, par le canal cystique qui vient de la vésicule biliaire. Ils forment ensemble le canal cholédoque qui afflue dans le duodénum à environ 10 centimètres audessous de l'extrémité de l'estomac, du côté du pylore. — Mal.\diesdu foie. Les principales maladies du foie sont ïhépatitc, les calculs biliaires, Victére, la cirrhose (voy. ces mots) et dillérentes affections chroniques, généralement rebelles et plus ou moins obscures, que l'on nomme l'hypertrophie, l'atrophie, la dégénérescence du foie et la syphilis du foie, el que l'on combat par l'usage des eaux de 'Vichy ou de Vais en bains et en boissons; on a recours aussi à l'iodure de potassium, aux révulsifs (cautères volants) et au calomel. — Foie gras, foie d'une volaille engraissée et particulièrement d'une oie. (Voy. Engraissement.) Le foie d'une oie bien engraissée pèse jusqu'à 2 kilog. C'est à Strasbourg, à Toulouse et dans le S.-O. de la France que l'on prépare les meilleurs pâtés de foie gras.
" FOIN s. m. [fouain] (lat. fœnum). Herbe fauchée et séchée qui sert principalement à la nourriture des chevaux et des bestiaux : meule de foin. — Se dit aussi de l'herbe avant qu'elle soit fauchée : pièce de foin. Dans ce sens, s'emploie plus ordinairement au plur. : la saison des foins. — Mettre du foin dans ses bottes, amasser beaucoup d'argent dans un emploi, y faire bien ses affaires. Se dit ordinairement en parlant d'un gain illicite. — C'est chercher une aiguille dans une botte de foin, se dit en parlant d'une chose que l'on cherche parmi beaucoup d'autres, et qui est très diflicile à trouver, à cause de sa petitesse. — Foin d'artichaut, amas de barbes soyeuses qui garnit le fond d'un artichaut. — w Argot. Faire du foin, faire du tapage.
■ FOIN. Sorte d'interjection qui marque le dépit, la colère, la haine, le mépris : foin! voilà un habit tout gâté; foin de lui! Ce mot populaire a vieilli.
■ FOIRE s. f. (lat. forum; ou mieux feria, fête). Grand marché public où l'on vend toutes sortes de marchandises, et qui se tient régulièrement en certains temps, une ou plusieurs
fois l'année : cette foire attire beaucoup de marchands étrangers. — Le champ de foire, le lieu où se tient la foire. — Ils s'entendent COMME larrons EN FOIRE, SB dit de gens qui sont d'intelligence pour faire quelque chose de blâmable. — Il a bien hanté, bien couru LES foires, c'est un vieux routier, un homme qui a une grande expérience. — La foire n'est pas SDR LE PONT, il n'cst pas nécessaire de tant se presser. — La foire sera bonne, LES MARCHANDS s'assemblf,nt, Se dit quand on voit arriver plusieurs personnes dans une compagnie. — Thiîatre de la foire, petit théâtre du genre boulTon, qui se tenait tantôt à la foire Saint-Germain, tantôt à la foire Saint-Laurent: Le Sage, Piron, Favart ont travaillé pour le Théâtre de la foire. — Présent qu'on fait au temps de la foire : que me donnerez-vous pour ma foire? — m Argot. Acheter a la foire d'empoigne, voler. — Revenir delà foire d'empoigne, revenir avec des objets volés. — Encycl. Les anciens Grecs et les Romains ouvraient des foires aux époques où se tenaient les assemblées politiques. Dans le v* siècle des foires furent établies dans plusieurs villes de France et d'Italie. Alfred le Grand les introduisit en Angleterre en 886, et en 960 elles étaient établies en Flandre. Beaucoup de foires étaient associées à des cérémonies religieuses, et c'était même l'habitude en Angleterre et en Allemagne de les tenir dans les églises et dans les cimetières. Henri I°'accorda en H33 au prieuré de Saint-Barthélémy, à Londres, le privilège de tenir une foire de trois jours à partir de la fête de la Saint-Barthélémy. En France, la foire de Saint-Denis, à la fois commerciale et religieuse, fut fondée en 6'29, et se continua jusqu'en 1789. A Paris, les foires de Saint-Lazare, de Siint- Laurent, de Saint-Germain et de Saint-Ovide furent également supprimées en 1789. Dans les départements, la foire la plus importante est celle de Beaucaire qui a lieu du 22 au 28 juillet, elle rivalise avec les grandes foires d'Allemagne et de Russie. Souvent on y voit jusqu'à 200,000 marchands. Les transactions commerciales s'y élèvent à un chilïre de 28 à 30 millions. La foire de Guibray, près de Falaise, est également d'une grande importance. Il existe des foires annuelles à Amsterdam, à Rotterdam, et dans d autres villes de la Hollande. La principale foire de l'Italie, spécialement pour la vente de la soie, est celle de Sainte-Marie-Madeleine à Sinigaglia (juillet et août). Il y a des foires dans d'autres parties de l'Italie, en Espagne et en Portugal. La plus célèbre foire de Madrid se tient le 1 H mai, à l'hermitage de Saint- Isidro delCampo. Les grandes foires de la Hongrie se tiennent principalement à Pesth, en mars, mai, août et novembre. Les foires deDebreczin sont à peu près aussi importantes. En Allemagne, les foires les plus remarquables sont celles de Leipzig, de Francfort-sur-le- Mein, de Franclort-sur-l'Oder et de Brunswick. Les foires de Leipzig remontent au xii" siècle et sont les plus fréquentées; elles ont lieu à Pâques, à la Saint-Michel et au nouvel an. Les plus célèbres foires de Russie se tiennent à Nijni-Novgorod en janvier et juillet, et pendant les mois d'août et de septembre. A cette dernière, qui a lieu pour marchandises de toute nature, on voit souvent 200,000 négociants; les transactions s'élèvent à près de 500 millions de fr. La foire de Kiakhla, sur la frontière russo-chinoise, était autrefois d'une haute importance; elle a complètement dégénéré. Les principales foires de la Turquie sont celles de Yenidje- Vardar, de Seres, d'Okhrida, de Vuriia, de Filibe, d'Eski-Sagra, de Vatar Bazaii et de Tchaltadeh. Une foire immense a lieu à la Mecque pendant les pèlerinages annuels. Le nombre des négociants est d'environ 100,000. La plus grande foire de l'Inde a lieu à l'équinoxe du printemps, à Hiirdwar, sur le