FOUL
se prrdrr, disiuirailiv ddiis la foule. — Par ext. Hi'and nombre, grande quantité, niulliplicitù; alors s'emploie môme en parlant des choses : je connais une foule de personnes qui ont éprouvé le même aeeident; la foule des affaires l'accable. — Fii,"-. Vulgaire, commun des hommes, grand nombre des personnes ou des choses ordinaires dans leur g-enrc : se mettre, par ses talents, au-dessus de la foule.
— Action de fouler des draps, des chapeaux, etc. : la foule des draps, des chapeaux, etc. — ChapcU. Atelier où l'on foule. — En foule loc. adv. En se pressant; en grande quantité, en grande multitude : ils entrèrent, ils accoururent en foule ; les idées se présentaient en fuule à mon esprit.
* FOULÉ, ÉE part, passé de Fouler.— Cette BÈTic .\ LKS j.\MBKs FOULÉES, SB dit d'une bête de somme ou de trait qui a les jambes usées par uii long et violent travail.
* FOULÉE s. f. Manège. Temps pondant lequel, dans la marche, le pied du cheval pose sur le sol; ce qu'on nomme autrement Appul
— Chasse. Traces légères que la bête laisse de son pied, en passant sur l'herbe ou sur les feuilles : on les nomme aussi Foulures, en pai'Iant du cerf. Les marques du pied sur terre nette se nomment Voie pour les bfites fauves et le lièvre. Piste pour le loup et le renard, et Trace pour la bête noire.
FOULEMENT s. m. Action de fouler.
* FOULER V. a. (rad. foule). Presser quelque chose cpii l'ède, qui ne résiste pas beaucoup : fouler des raisins pour en faire sortir le jus. Arts et métiers : les corroyeurs, les honyroycurs foulent le cuir auec les pieds pour l'amollir. — Fouler aux pieds, marcher sur quelqu'un, sur quelque chose presque toujours avec un sentiment de mépris : le duc de Guise foula atix pieds le curps de l'amiral Coligny.
Et nous foulant aux pieds jusques au fond des eaux, La Fontaine.
— Fouler aux pieds, traiter avec mépris : un vrai chrétien foule aux pieds les vanités du monde. — Surtout en poésie et dans le style élevé. Marcher sur : ils foulent avec indifférence la cendre des Itéras gui furent leurs ancêtres. — Fig. Opprimer par des exactions, surcharger d'impôts : fouler le peuple. — Blesser en foulant, en pressant fortement; se dit des chevaux et des bêtes de voiture ou de somme : les selles neuves foulent d'ordinaire les chevaux. — Se dit également des personnes, en parlant d'une entorse, d'un tiraillement violent de quelque partie : je me suis foulé le pied, le poignet. — Vén. Faire battre on parcourir un terrain par le limier ou par la meute. — Impr. Se dit de l'action de la presse sur les feuilles qui reçoivent l'impression : cette presse foule bien; elle foule également, régulièrement. — Se fouler v. pr. Etre foulé : dans cette chute, mon poignet s'est foulé.
— Pop. Il ne se foule pas la rate, il ne se donne pas de peine. — i» Argot. Ne pas se LA fouler, ne pas se donner de peine. Le mol rate est sous-entendu.
* FOULERIE s. f. Atelier où l'on foule les draps, les cuirs, etc. : porter les draps, les cuirs à la foulcrie.
FOULEUR s. m. Celui qui foule le raisin dans la cuve.
FOULLON (Joseph-François), contrôleur général des finances, né à Sauniur en 171.^, mort en 1789. Iljfut successivement commissaire des guerres, intendant de l'armée, conseiller d'Etat et contrôleur des finances (12 juillet 1789) lors de la retraite de Neckcr. Ses exactions et le mépris qu'il professait pour le peuple, dont il disait : « Si cette canaille n'a pas de pain, elle mangera du foin », le rendirent odieux; il chercha à s'enfuir, mais il fut pris et égorgé, le 22 juillet, par la populace.
FOUQ
* FOULOIR s. m. Arts et métiers. Instrument aver lequel on foule. — v* Lieu où
s'exécuti- le foulage.
FOULOIRE s, f. Table sur la(iuelle les chapeliers foulent les chapeaux.
* FOULON s. m. (lat. fallo). Artisan qui foule, qui apprête les draps et autres étoiles de laine : envoyer les draps au foulon. - Moulin A FOULON, moulin qui sert à fouler les draps. Terre a foulon, sorte de terre qui sert à dégraisser les draps. Chaudo.n a foulon, plante dont les tètes, armées de petits crochets, servent à carder les étoiles de laine, à rendre le poil des draps plus lisse et plus uni.
FOULONNIER s. m. Même sens que Foulon.
FOULPOINTE (Voulouilou ou Voidu-Voulu, en madiT.iSM'), village de l'ile de Madagascar sur la côte E.,;i .'j-ikil. ,\'.-.\.-E. deTamatave. La France y avait autrefois son principal élahlisscmeiit.
* FOULQUE s. f. (lat. fuliea). Ornith. Genre d'échassiers macrodactjles, voisin des poules d'eau, comprriuuit des oiseaux à bec court, à plaque fronlab! considérable, à doigts élargis par une liordun; festonnée, ce qui en fait d'excellents nageurs. Nous n'avons en Europe que la morelle d'Europe {fuliea atra], coniniunc partout où il y a des étangs.
FOULQUES, curé de Neuilly-sur-Marne, mort eu tiOl. Il fut, en 1198, autorisé par le pape Innocent III à prêcher la 4" croisade.
FOULQUES, nom d'une famille d'.Vnjou, dont les piincipaux membres sont : Foulques III, dit le JSoir ou Nerru, mort en lUiU. Il luinliattit et tua Conan l,duc de Bretagne, et fut battu par Eudes II, comte de Hlois. Il alla trois fois en terre sainte. — Foulques IV, dit le Héchin (le Querelleur), né à Cbàleau- Landon en 104:i, mort en 1 109, a écrit une hrstoire des comtes d'Anjou. — Foulques 'V, mort en 1144. Il fit la guerre à Louis le Gros, épousa la lille de Baudoin II, auquel il succéda sur le trône de Jérusalem, et transmit sa couronne à ses lils.
FOULTITUDE
quantité.
* FOULURE s. f. Contusion, blessure d'une partie loiilee : remède pour la foulure des nerfs. — En parlant du foulon et du corroyeur. Action de fouler les étoiles de laine, les cuirs, etc. — Au plur. Chasse. Marques légères que le pied du cerf laisse sur l'herbe ou sur les feuilles.
FOUQUET ^Nicolas), marquis de Belle-Isle, surinlendanl des linances, né à Paris en lOlo, mort au château de Pignerol vers 1680. Fils d'un conseiller d'Etat, il fut nommé maître des reipiètes à l'âge de 20 ans et acheta en Hy.'M la charge de procureur général au parlement de Paris. Pendant les troubles de la Fronde, il rendit de grands services à la reine-mère, qui lui en fut reconnaissante, et au cardinal Mazarin qui, subissant plus tard l'intluetico de Golbert, se brouilla avec lui. Nommé surintendant des finances en Ibii'i, il lit d'abord face aux dépenses; mais ensuite, il sembla n'avoir plus d'autre but que de s'enrichir au milieu de la détresse financière de l'Etat. Son luxe insultant, sa prodigalité, son ambition démesurée, sa hauteur, le relâchement de ses mœurs, lui tirent plus d'ennemis que ne pouvaient lui faire d'amis sa générosité naturelle et l'appui qu'il donnait aux poètes, aux écrivains et aux artistes. Riche a pouvoir pensionner toute la cour, ayant dans ses intérêts la reine-mère, les généraux et les ministres, il se croyait sûr de remplacer Mazarin. Mais Colbert, secrétaire de Louis XIV, n'eut pas de peine à montrer à ce prince çnmbien les comptes de Fouquet étaient mensongers. Le surintendant, se seu-
FOUQ
s. f. Argot. Foule, grande
tant surveillé, eut, iieiiiC-'o-on, l'idée de résister si on essayait de l'arrêter. H fortifia son château de Belle-lsie, pour s'y réfugier en temps opportun, et rédiffea, pour les siens, en cas d'alerte, un plan de conduite, qui, trouvé dans ses papiers, servit ensuite à le faire condamner. .Mais, tranquillisé par les marques d'amitié de Colbert, il vendit sa idiarge de procureur général au parlement, pour offrir au roi le prix qu'il en obtint. Dès qu'il cessa d'être protégé p.ir cette charge, Colbert leva le masque. Le snrifitendant en eù(, sans doute, été quitte pour la perle de son portefeuille, s'il n'eût mortellement offensé l'amour-propre de Louis .XIV en souftlant à ce roi les plus belles filles de la cour et en essayant même de partager avec lui les faveurs de IVI"" de La Vallicre. 11 avait dépensé plus de 18 millions à orner ses châteaux de plaisance; il dimna, dans celui de Vaux, une fête princière pendant laquelle le roi remarqua avei' amertume, que la magnificence de son surintendant surpassait celle de la cour (■JO août 1661). Fouquet fut arrêté le u sept, au milieu de la cour, qui se trouvait alors à Nantes. On le conduisit à la Bastille. Parmi les pièces saisies dans ses divers domiciles, on trouva à Saint-Mandé une cassette pleine de lettres de presque toutes les femmes de la cour, qui avaient sacrifié à ce veau d'or. Le procès de Fouquet dura trois ans. La commission chargée de son affaire avait été formée exprès pour cet objet; elle se composait de juges dont on connaissait la haine pour le surintendant. L'avocat général Talon conclut â la peine capitale poui' crime de pél'ulat et de lèse-majesté. Neuf juges volèrent cette mort que Colbert réclamait; mais la majorité (13 juges) opina pour le bannissement; le roi aggrava cette peine en la commuant en prison perpétuelle. Pendant 16 ans, l'an.-icn surintendant vécut dans le château de Pignerol. Tant que dura son procès, les rares amis que sa détresse n'avait pas éloignés de lui s'employèrent courageusement en sa faveur. Parmi les personnes qui s'honorèrent en agissant ainsi, nous citerons : La Fontaine, Saint-Evremond, Loret, Pellisson, Gourvilii', iM""'' de Sèvigné, etc.
FOUQUIER-TINVILLË ( Antoine - Quentin ), accusatenr public du lril)unal révolutionnaire, né de jiauvies cultivateurs, au village d'Hérouel, près de Saint-Quentin, en 1747 ; guillotiné le 24 avril 1795. Il acheta avec ses économies une charge de procureur au Châtelet et occupa ses loisirs à rimer de méchants vers, dont on trouve des spécimens dans les recueils du temps. Ruiné par des dépenses exagérées, il vendit sa charge, remplit un emploi dans les bureaux de la police, et fut même, dit-on, agent de police. Violent révolutionnaire, il se fit remarquer au 14 juillet et au 10 août, fut élu membre de la Commune, et dut à la protection de Danton, de Desmoulins et de Robespierre d'être nommé accusateur public au tribunal révolutionnaire. Actif, exact dans son travail, il mit son ambition à faire condamner tous les accuses, quels qu'Us fussent. Il n'eut pas plus de tendresse pour SCS anciens collègues de la Commune, que pour la reine ou les Girondins. Type du procureur implacable, il demanda imperturbablement la tête de ses anciens prolecteurs, Danton, Robespierre, etc. On évalue à 2,000 le nombre des personnes qui eurent le malheur de l'entendre requérir leur mort. Après la chute des terroristes, dont il demanda froidement l'exécution, il fut attaqué par Fréron, qui s'écria à la tribune de la Convention : " Que Fouquier-Tinville aille cuver dans les enfers le sang qu'il a versé ». Arrêté le 14 thermidor an II, le terrible procureur resta emprisonné pendant 10 mois et comparul devant le nouveau tribunal révolutionnaire. Il se défendit avec énergie et habileté, rejetant sur la Convention elle-même
FOUR
l'odieux de sa conduite : v Je n'ai été que la hache de la Convention, dit-il avec raison; punil-on une hache? » Il marcha avec calme au supplice et ne répondit aux huées de la foule que par des paroles de mépris. Il ne laissait aucune fortune.
'FOUR s. m. (lat. furniis). Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture par devant, et dans lequel on fait cuire le pain, la pâtisserie, etc. : faire sécher 'les fruits au four. Four de campagne, espèce de four portatif, fait ordinairement de cuivre rouge. — Pièce de four, gâteau ou autre pièce de pâtisserie qui se cuit au four. — Petits FOURS, sorte de pâtisserie légère pour desserts, pour soirée. — Donner le four trop cuaud a DU PAIN, A DE LA PATISSERIE, mettre cuire le pain ou des pâtisseries dans un four qui a été trop chautié. — Il y fait chaud comme DANS UN FOUR, se dit d'un lieu où il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un FOUR, se dit d'un lieu très ohscur. — Ce n'est
PAS POUR vous QUE LE FOUR CHAUFFE, Ce n'cst
pas pour vous que telle chose est préparée. —
Vous VIENDREZ CUIRE A MON FOUR, VOUS aureZ
quelque jour besoin de moi, et je trouverai l'occasion de me venger. — Lieu où est le four, et où se rendent ceux quiveulent cuire.
— Lieu voùlé et ouvert par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc. — Lieu où l'on cachait ceux que l'on enrôlait par force : il a été deux jours dans un four, et il s'est sauvé. — Fam. Faire FOUR, se disait autref. descomédieus, lorsque, au lieu de jouer, ils renvoyaient les spectateurs , parce qu'ils n'avaient pas assez de monde pour couvrir leurs frais. Se dit aujourd'hui d'un comédien ou d'une autre personne qui ne réussit pas; d'une pièce de théâtre, d'un livre qui n'obtient aucun succès; d'une entreprise qui échoue. — «Jargon. Gosier. — Chauffer le four, boire. — Galerie la plus élevée d'un théâtre ; allusion à la chaleur qui y règne. — Four banal, omnibus. - LègisL « Les fours doivent être construits à une certaine distance des murs mitoyens (C. civ. (i74) ; et, à défaut de limite fixée dans les règlementsde police locaux, cette distance est indiquée par l'usage. En général elle est de 0 m. 16, et le contre-mur du four doit avoir 0 m. 3.3 d'épaisseur. Sous l'ancien régime, le four banal était l'un des nombreux privilèges attribués au seigneur de fief. Nul habitant ne pouvait se soustraire à l'obligation de faire cuire son pain, moyennant redevance, parle fournier du four banal. »
* FOURBE s. f. (ital. furbo, coquin). Tromperie basse et odieuse : découvrir une fourbe.
Un petit bout d'oreille, échappé par malheur, Découvrit la fourbe et l'erreur.
La Fontaine.
— Habitude de tromper, disposition à tromper, à fourber : la fourbe sera démusquée.
* FOURBE adj. (ital. furbo). Qui emploie, pour tromper, des ruses odieuses, une adresse maligne et perfide : c'est le plus fourbe de tous les hommes. — Subslantiv. Personne fourbe: c'est un grand fourbe.
Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
La Fontainb.
* FOURBER V. a. Tromper d'une manière basse et odieuse : *'/ fourbe tout le monde.
Ci-git l'ennemi de la Fronde, Celui qui fourbu tout le monde.
11 fuurfia jui^ques au tombeau ; 11 fûurba même le bourreau, Evitant une mort inTâme.
11 fourba le diable en ee point Qu'il pensait emporter son âme; .Mais le fourbe n'en avait point.
NiNo.v itn L'i-;>ci.os. EpitapUe de Mazarin.
'FOURBERIE s. f. Tromperie coupable, et qui tient de la fourbe: faire une fourberie, des fourberies. — Disposition à faire des fourberies : /'( fourberie est bien connue. — Les Fourberies de Scapin, comédie de Molière,
en trois actes et en prose, représentée sur le théâtre du Palnis-Royal, le 24 mai ItiTl.l'.llc est imitée du Pliornicon de Térence et de la Sœur deRolrou. Molière y remplissait le rôle de Scapin, ce qui fit dire à Boileau :
Dans ce sac ridirule où Scapin s'enveloppe. Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope.
FOURBI ou Fourbis s. m. Argot. Fourberie ; friponnerie. ^ Métier. — Connaître le FOURBI, connaître les ficelles du métier.
* FOURBIR V. a. (anc. haut. ail. furban, polir). Nettoyer, polir, rendre clair en frottant. Ne se dit qu'en parlant de certains ouvrages de fer, de cuivre, etc., tels que les armes et les ustensiles de cuisine : fourbir avec du sable, (/ucc du grés pilé.
FOURBISSAGE s. m. Action de fourbir; résultat de celle action.
* FOURBISSEUR s. m. Artisan qui fourbit, et qui monte des sabres, des épées, etc.: acheter une épée chez un fourbisseur. — Prov. ■ l fig. Se battre de l'épée qui est chez le FOURBISSEUR, disputep d'une chose qui n'est ni à l'un ni à l'autre de ceux qui contestent.
* FOURBISSURE s. f. Nettoiement, polissure : la fiiiirbissure d'une lame.
•FOURBU. UE adj. Art vétér. Se dit des chevaux, des mulets, etc., qui perdent tout à coup l'usage de leurs jambes, soit pour avoir trop travaillé, soit pour avoir bu trop tôt après avoir eu chaud : dessoler un cheval fourbu.
* FOURBURE s. f. Art vétér. Maladie d'un cheval ou de quelque autre animal fourbu : dessoler un cheval pour la fourbure.
FOURCHAMBAULT, ville du cant. et à 6 kil. de Pougues. ;irr. et a 7 kil. N.-O. de Nevers (Nièvre), sur la rive droite de la Loire; 6,021 bab. Forges et hauts fourneaux.
* FOURCHE s. f. {\sil.furca). Instrument qui consiste en un long manche de bois tenniiié par deux tm trois branches ou pointes de bois, de fer, qui vont en s'écartant : la fourche est d'un grand usage dans les travaux de l'agriculture. — Faire une chose a la fourche, la faire négligemment ou grossièrement.
Etre TRAITÉ .\ LA fourche, être traité durement ou d'une manière humiliante. (Jes phrases vieillissent. — Prendre une fourche, chas^el■ quelqu'un sans ménagement : s'il ose revenir, prenez une fourche. — Fourches patibulaires, gibet à plusieurs piliers, élevé dans la campagne ; les fourches patibulaires étaient une marque de haute justice. — Fourches Cau- DiNES, passage étroit et dangereux de laCampanie, près de l'ancienne Caudium, célèbre par l'alfront que les Samnites y firent éprouver aux Romains, en les obligeant à passer sous le joug, l'an de Rome433. Cette expression s'applique fig. à un général qui est obligé de faire une capitulation peu honorable, à un souverain qui fait un traité humiliant: il a rencontré là ses Fourches Caudines. — Faire la fourche, une fourche, se dit d'une chose qui se divise en deux ou trois par l'extrémité, et principalement d'un chemin qui aboutit à deux ou a trois autres. — " Argot. Fourche a faner, soldat de civalerie, allusion à l'écartement des jambes, causé par l'habitude de monter à cheval.
FOURCHE (La), hameau de la commune de Sainl-Symplionen (Sarthe) ; 50 hab. Ce hameau tilt le théâtre, les 5 et 6 janvier 1871, d'un engagementassez vif entre lesAllemaiids et une division du corps deChanzy, commandée peu- le général Rousseau ; ce dernier fut forcé, devant des forces très supérieures, de se replier sur .Nogent.
* FOURCHÉ, ÉE part, passé de Fourcher. — Pieu fourché, droit d'entrée levé autrefois, dans ccrt.iincs villes, sur les bêtes f|ni ont le pied fendu, comme bœufs, moutons, co-
chons, etc. — Blas. Croix fourchée, celle dont les branches sont terminées par trois pointes qui font deux angles rentrants.
FOURCHÉE s. f. Quantité de matière qu'on enlève d'un seul coup de fourche.
FOURCHEMENT s. m. Division d'un objet en deux lu anches.
* FOURCHER v. n. Se partager, se diviser en deux ou trois par l'extrémité, en manière de fourche : si on coupe la tète de ces arbres, ils fourcheront. — Cette race, cette famille n'a point fourché, elle n'a formé qu'une seule branche. — La langue lui a fourché, se dit en parlant d'une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable. — Se fourcher v. pr. S'emploie dans le même sens que le verbe neutre, ses cheveux se fourchent, commencent à se fourcher.
' FOURCHE! s. m. Art. vétér. Infiammation entre les onglons, chez les bêtes ovines.
FOURCHETÉE s. f. Ce qu'on prend en une seule fois avec une fourchette.
* FOURCHETTE s. f. (dimin. de fourche). Ustensile de taljle, qui a deux, trois ou quatre pointes ou dents par le bout, et dont on se sert pour prendre les viandes. - Déjeuner a LA fourchette, manger à son déjeuner de la viande, des mets solides. — Fig. et fam. C'est UNE BELLE FOURCHETTE, c'est uu beau maugeuf.
— Instrument de même forme, mais plus long et plus gros, dont on se sert pour tirer la viande des grandes marmites. — Instrument en forme d'Y dont les soldats se servaient autrefois pour appuyer leur mousquet en tirant : mousquet à fourchette. — Techn. Instrument de même forme, qui sert à assujettir des cisailles. — Long morceau de bois à deux pointes de fer, qui est attaché à la flèche d'un carrosse, et que l'on baisse pour empêcher que le carrosse ne vienne à reculer, quand il est sur une pente : abattre la fourchette. — Petit os divisé en deux branches, qui est entre les deux ailes d'une volaille. — Pop. La fourchette de l'estomac, le bréchet.
— Art vétér. Endroit du pied du cheval, qui est plus élevé que le dedans du pied, et qui finit au talon : cheval blessé à la fourchette.
— Ling. Partie de la manchette qui garnit l'ouverture de la manche d'une chemise d'homme. — v» Argot. Voleur à la tire. — Volera la fourchette, voler en introduisant les doigts dans les poches. — Baïonnette. — Fourchette du père Adam, doigts : manger (iwj la fourchette du père Adam. — Jambe : jouer des fourchettes. — Avaler sa fourche'ite, mourir. On dit plus souvent : avaler sa gaffe.
— Marquer a la fourchette, marquer sur une note plus que le client n'a dépensé. Encycl. Les fourchettes de table ne paraissent pas avoir été connues dans l'antiquité, quoique des archéologues aient trouvé parmi les débris de la voie .\ppienne et dans les ruines romaines d'une ville de la Champagne des objets qu'ils considèrent comme ayant été des ustensiles de ce genre. Les Juifs et les Etrusques ne s'en servaient pas à table, bien i]u'ils eussent des fourchettes employées à d'autres usages. Les anciens Egyptiens se sei valent d'une large fourchette pour remuer le l'eu ou l'eau de leur cuisine, et les Grecs employaient des instruments semblables pour retirer la viande du pot, mais ils ne s'en servaient pas à table. L'usage des fourchettes ne devint général en Italie qu'à la fin du xV siècle; à la fin du xvr siècle elles étaient encore un objet de curiosité, en France, même à la cour. En Angleterre, l'usage des fourchettes fut tourné en ridicule dans plusieurs pièces de Beauraont et Flctcher et par Ben Jonson. Au lieu de foiirchctte, les Chinois se servent de deux petits bâtons d'ivoire que l'on tient entre les doigts.
FOUR
*FOURCHON s. m. ! ne des pointes de la fourche ou de hi fou, ehette : fotiirhelte à quatre fourchons. — Endroit d'où sortent les branches d'un .irbrc.
•FOURCHU, UE ;idj. Qui se fourche, fourché : arbre fourchu. — Faire l'arbre fourchu, mettre la tête en bas et les pieds en haut écartés l'un de l'autre. — Menton fourchu, menton qui est marqué, à son milieu, d'un léger sillon ou renloncement : elle a le menton fourchu. — Pii;u fourchu, pied fendu des animaux ruminants. Dans cette expression, Fourchu est synonyme -de Fourché. — Myth. Se dit du pied de certaines divinités champêtres. — Chez les modernes. Se dit du pied du diable. — Défiez-vous de cet homme, il a LE pied fourchu, 11 est im'xhant, dangereux.
— «1. Arpot. Bœuf; allusion aux cornes qui fourchent.
FOURCHURE s. f. Endroit où une chose commence à se fourcher : fourchure d'un chemin, d'un arbre.
FOURCROY lAntoine- François, comte de) [l'our-krouaj, chimiste, ne u Caris en l7o5, mort en 1809. En t78i, il fut désigné par Buli'on pour occuper la chaire de chimie au Jardin du roi. 11 fut l'un des auteurs de la Méthode de nomcnrhdure chimique, qui parut en 1787, et créa une ère nouvelle dans le progrès de la chimie. En 1792, il fut élu député-suppléant à la Convention et l'ut employé dix-huit mois à préparer du salpêtre pour fabriquer de la poudre à canon. Il sauva Desault, Chaptal et Darcot de la guillotine, mais ne put faire épargner son ancien associé Lavoisier. Après le il thermidor, il organisa, en qualité de membre du comité de salut public, l'Ecole polytechnique et établit trois écoles de médecine. Bonaparte le nomma directeur général de l'instruction; il ouvrit et fit prospérer les écoles, créa 300 collèges ou lycées et imagina la nouvelle université. Ses nombreuses publications comprennent ses cours : Système des connaissances chimiques et de Icitr application aux phénomènes de la nature et de l'art (0 vol. in-i" ou 1 1 vul. in-8", 1801).
FOURGY iHenri de), prévôt des marchands de Paris au xvii'- siècle.
FOURGATURE s. f. Argot. Objet volé que l'on vend a un receleur.
* FOURGON s. m. Espèce de charrette couverte dont on se sert ordinairement dans les armées et dans les voyages : les fourgons sont ordinairement à quatre roues.
' FOURGON s. m. Longue perche de bois garnie de fer par le bout, et servant à remuer, à arranger le bois et la braise dans le four.
— L,v PELLE SE MOQUE DU FocRGo.N, se dit lorsqu'une personne se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle.
' FOURGONNER v. n. Remuer avec le fourgon du four. — Kemuer le feu sans besoin avec les pincettes, et le déranger en le voulant accommoder: ne fourgonnez pas tant dans ce feu. — Fig. Fouiller maladroitement en brouillant et en mettant tout sens dessus dessous : ne fourgonna point dans ce coffre. Est familier dans les deux derniers sens.
FOURGONNIER, 1ÈRE s. Argot. Celui, celle qui ticnl la caiitine d'un bagne.
FOURGUE s. (abrév. de fourgat, fourgasse). Argol. Ucceleur, receleuse.
FOURGUER v. a. Argot. Vendre à un receleur. — Fouriclion. (V. S.)
FOURIER [François -Marie-Charles), socialiste, crcaleui' du t'ouriirisnw, né a Besançon en 1772, mort le 10 octobre 1837. Fils d'un marchand de draps, il entra dans le commerce et voyagea. En n93, il' réalisa son patrimoine (100,000 fr. environ) et acheta un magasin d'épiceiies à Lyon. Ruiné par le siège de
Lyon, puis emprisonné et incorporé (1701) au 8' régiment de chasseurs il cheval, dans lequel il servit deux ans, et enfin libéré à cause de sa mauvaise santé, il ne put relever sa maison de commerce et, voyant les maux que causait le monopole, il se mit à la rechiM'che de moyens de le détruire. En 1799, il s'imagina avoir découvert les lois U7iiversellrs d'attraction et la destinée essentielle de l'humanité sur la terre. 11 passa plusieurs années à élaborer ces théories et publia son premier ouvrage en 1808 : Théorie des quatre mouvrments et des destinées générales (Lyon, in-S"). Il ne tu pas un seul adi'jite jusqu'en LSIi, .époque à laquelle une copie de son ouvrage tomba entre les mains de .\iuiron, de Besançon, qui l'aida ensuite à [iréparer et à publier ses œuvres. En \Siî, Fourier se fixa à Besançon et publia, les deux premiers volumes de son principal ouvrage ; Traité de l'association domestique agricole, qui parut ensuite, revu et corrigé, sous le titre de : Traité de l'unité universelle. En 1831, quand les sainl-simoniens commencèrent ii faire du bruit en France, Fourier, qui habitait alors Paris, écrivit contre eux et contre Robert Oweii. Cela le fit connaître, et plusieurs des disciples de Saint-Simon, trouvant plus précis et plus scientifique le socialisme de Fourier, abandonnèrent leur ancien maître pour venir se ranger sous la bannière du nouveau professeur. En juin 18)2, parut un journal le Phalanstère, destiné à profiager les doctrines de Fourier. On forma une société, on réunit des fonds et on acheta une propriété; mais
I affaire ne réussit pas, et la communauté se dispersa. En 1835, Fourier publia un autre ouvrage qui ne contenait rien de nouveau.
II était sur le point d'en donner une nouvelle partie, quand il mourut. Le l'halanslére n'avait eu qu'une courte existence; ses amis le reinplacèrent par \a Phalange. Un nouveaujournal, La Démocratie pacifique, publié par Victor Considérant, continua la propagande jusqu'à ce qu'il dut cesser de paraître, lors de la réaction de 181-8. (Voy. Fouriérisme.)
FOURIER (Jean -Baptiste -Joseph, baron), géomètre, né à .\iixrire en 1,08, mort en 1830. Il fut d'abord professeur à l'Ecole polytechnique et, en 1798, devint membre de la commission scientifique d'Egypte. Nommé à son retour par Napoléon, préfet du département de l'Isère, il fit dessécher les marais de Bourgoin et préserva ainsi des fièvres plus de 40 comnmnes. Il fut ensuite, avec Cuvier, secrétaire perpétuel de l'.^cadémie des sciences. On a de lui : Théorie analytique de la chaleur (18-22, in-i") et Analyse des équations déterminées (1831, in-i").
FOURIER (Pierre), aussi nommé Piebre de .Mataincourt, rel'orinateur religieux, né à Mii-ccourl (Lorraine), en 1.56.-;, mort eu 1640. Pasteur de la paroisse de M.-ilaincourl, il établit des écoles libres dans plusieurs localités populeuses et fonda la congrégation de Notre-Dame pour l'éducation d''s jeunes filles, congrégation qui s'étendit bientôt dans toute la France et dans le Canada. Plus tard (^1623), il fonda la congrégation du Saint- Sauveur pour l'éducation de la jeunesse chrétienne. En peu d'années, cet ordre arriva à posséder neuf maisons, dont Fourier l'ut élu supérieur général. Il lut béatifié en 1730. Son oidre fui supprimé lors de la Révolution.
FOURIÉRISME s. m. Système philosophique et économique de Fourier. — Le fouriérisme a obtenu une grande vogue en France, et un succès aussi vif qu'éphémère en .\iigleteiTe et aux Etats-Unis. En voici les principes fondamentaux : 1° toutes les harmonies de l'univers passent par un ordre unil'ormeet régulier que Fourier appelle loi des séries; 2» tous les èlres sont placés et niaintenus dans leur véritable sphère, non par une force extérieure, mais par une attraction externe;
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3" l'univers, étant partout le même doit se répéter dans chaque sphère ou être partout analogue. Ces principes étaient d'une application générale, mais Fourier les consacra principalement à la science sociale. Son anaivse de la nature humaine contenait une triple division : 1° nature phvsique de l'honime; •2° nature morale de l'homme; .3» nature intellectuelle de l'homme. L'objet ordinaire de tous les désirs physiques de l'homme est le plaisir sensuel; crlui de ses désirs moraux est l'allection mutuelle; celui deson intelligence, l'ordre et l'association. Dans une fausse condition de société, ces désirs essentiels deviennent autant d'appétits irrésistibles et dangereux; tandis que, dans une société bien constituée, ils s'harmoniseraient et l'onverrails'atféniier les aspérités des caractères. C'est pourquoi il faut constituer la société selon l'ordre de la nature universelle, c'est-à-dire d'après la loi des groupes et des séries. L'association des trois principaux agents de production — capital, science et travail — prépareraitla fondation d'une bonne société. Unci'ommunaiité (ph-al austère) d'environ 400 familles ou 1,800 personnes devait être l'unité d'association; mais le phalanstère créé par les disciples de Fourier à Condé-sur-Vesgre ne produisit pas les résultats espérés.
FOURIÉRISTE s. Partisan du fouriérisme.
Adjerliv. ; système fouriéristc.
FOUR IN HAND s. m. [fôr-inn-hénnd](angl. quatre en main). Grande voiture à quatre chevaux, que l'on emploie surtout pour se rendre sur les champs de course.
FOURLINEs. m. Argot. Voleur adroit. On
dit aussi FoURLl.NEUR.
FOURLINER v. a. Argot. Voler adroitement.
FOURLINEUR s. m. Argot. Voy. Fourli.ne.
FOURLOURD. OURDE s. Argot." Malade. s. f. Inlirnierie d'un bagne.
FOURLOURER v. a. Argot. Assassiner.
FOURLOUREUR s. m. Argot. Assassin.
' FOURMI s. f. (lat. formiia). Entom. Genre d'hyménoptères, type de la grande famille des formicides (ou formicariées, Latreille), qui comprend un grand nombre d'autres genres etplusieurscentainesd'cspèces. Lesdiiférentes espèces defourmisontles caractères communs suivants : elles forment des communautés composées de centaines et même de milliers d'individus comprenant trois sortes d'insectes: 1" les fourmis fcm< lies, qui sonl les plus grosses 2» les fourmis nulles, un peu moins grandes; 3° les femelles stériles, communément'appelées ouvrières et Improprement neutres, «jui sont les plus petites. Dans lesfourmilières de quelques espèces, on remarque que les l'ouiinis neutres ne sont pas toute- de la même taille; les unes, exclusivement guerrières, ne s'occupent à aucun travail ; elles veillent à la séi-urité de la communauté et vont, par troupes nombreuses, a ttaquerlesfûuimiliéres voisines, pour y chercher des œufs et des larves : les autres, pluspetitesetarmécs moiiisfortcnient, sont de véritables esclaves que les guerrières ont capturées pendant leurs expédit'ions. Les unes et les autres dili'èreiit des femelles cl les mâles par l'absence d'ailes et d'ovaires développés. Los fourmilières sont formées de galeries et de chambres dans lesquelles les ouvrières montent ou descendent les œuls à mesure que la température s'élève ou baisse. Dès l'arrivée des beaux jours, on voit se promener, sur l'éminence formée par la fourmilière, les mâles et les femelles, au milieu d'une multitude de neutres, qui les accompagnent, les surveillent et ne leur permeltont pas de s'éloigner des limites de la colonie. Les femelles surtout sont soumises à une étroite surveillance; dès que l'une d'elles cherche à déserter, deux ou trois neutres se précipitent à sa poursuite, la saisissent par les
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Pallcs et la ranu'ii'iit ilaiieenieiit. Néanmoins, l'accoiiplemenl n'a paslieu siirla fourmilièn>; elle s'accomplit à peu de distance aux environs, sous la surveillance des neutres, qui râinèncnl ensuite la femelle fécondée. Quelquefois, mâles et femelles, utilisant leurs ailes, vont se marier loin de tout regard indiscret ; mais il est rare qu'une femelle écliappi>e revienne d'elle-même au logis; les neutres qui la rencontrent en courant le pays cherchent à la ramener; si elles ne peuvent y parvenir. à cause de l'éloignement do la fourmilière, elles creusent une gal''rie dans le sol, y font entrer la femelle et y forment avec elle et avec ses œufs le noyau d'une nouvelle colonie. Lorsque les femelles sont fécondées, on permet au.\ mâles de s'enfuir; ils ne lardent pas à mourir, après avoir pris leurs ébats au soleil. Pondanttoute la bellesaison, lesouvrières vont dans la campagne chercher la nourriture do la communauté ou les matériaux nécessaires à la consti'uction de la fourmilière; d'autres forment des chemins, desrues autour de l'habitation; d'autres encore creusent des galeries dans la fourmilière, réparent les chambres, ouvrent ou ferment les entrées, suivant la position du soleil et l'état de la température, minent le sol, maçonnent ou charpentent, avec un ordre, une exactitude, une habileté qui ont quelque chose de merveilleux et qui dénotent, chez ces insectes, des facultés et des sens dépassant les limites de notre compréhension. On voit quelquefois les neutres de certaines espèces guerrières quitter en masse leur habitation, pendant les plus chaudes journées de l'éjé : c'est qu'elles entreprennent une expédition ayantpour luit de se procurer des esclaves en allant piller une colonie voisine, pendantque les ouvrières en sont presque toutes sorties et vaquent à leurs occupations. Celles qui restent à la garde de la fourmilière résistent d'abord avecénergie; mais, quand toute résistance est devenue inutile, elles ne songent plus qu'à sauver quelques œut's ou quelques larves, en les emportant dans la campagne, tandis que les assaillantes victorieuses s'en retournent avec leur butin. — La nourriture des fourmis est très variée; elles recherchent surtout les matières sucrées et le miel sous ses différentes modifications. Elles ont uneprédilection marquée pour le miel de certains pucerons et pour le miellot que produit la piqûre de ces apides. Aussi, quand on voit des pucerons sur les feuilles d'une plante, peut-on être certain que les fourmis ne sont pas loin. Quelques espèces de fourmis emportent même dans leurs fourmilière^ diliérentes espèces de pucerons qu'elles nourrissent avec sollicitude. Pendant l'hiver, les fourmis restent engourdies dans le fond de leur habitation. — En août 18SI, un naturaliste, fiui s'occupe spécialement de l'étude des fourmis, sir John Lubbock, a fait connaître à la Société linneenne de Londres le résultat d'une série d'expériences ayant pour but de rechercher si ces insectes possèdent la faculté de distinguer les couleurs. Il a constaté que s'il exposait à la lumière la plus grande partie d'un nid, l'autre partie restant dans l'obscurité, les œufs sont aussitôt transportés dans la partie obscure. Exposant ensuite le nid à des verres de difl'érentes couleurs, il observa que les insectes enlevaient leurs larves de la partie éclairée par le verre violet foncé et les portaient sous celle que le verre jaune pale éclairait; d'où il conclut ijue les rayons du spectre agissent sur les fourmis d'une manière autre que sur nous.Lalumirre jaune, fort transparente pour nos yeux, l'est moins pour ceux de la fourmi. Les rayons ultra-violets, qui, pour nous, sont invisibles, lorjnentpour cesinsectesune couleur distincte et séparée, dont nos sens ne peuvent nous donner aucune idée. Depuis l'année 1874, le savant naturaliste possédait des fourmis sur lesquelles il a entrepris ses premières obser-
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valions. Ces hyménoptères, dgi's de plus de v(;p<(»is, étaient encore pleins dosante on fSSI . C'est la plus grande longévité que l'on ait enregistrée pour des insectes. — 'Voy. les travaux de Bar(ni,de Geer, de Iluber le jeune, etc. — QElks dk fourmi ou ue i-oL'RMis, larvcs et nymphes de la fourmi fauve, dont on nourrit les perdreaux, les jeunes faisans. — Se faike
PLUS PETIT qu'une FOURMI DEVANT QUELQU'UN, Se
tenir dans un grand respect, dans une grande soumission devant lui. — Avoir des fourmis
D.4NS QUELQUE PARTIE DU CORPS, y épi'OUVer dcS
picotements. — Avoir des œufs de fourmis SOUS LES PIEDS, se dit d'une personne qui ne peut resler en place, qui piétine sans cesse.
'FOURMILIER s. m. Mamm. Genre d'édentés sans mâcliiiii'es, comprenant plusieurs espèces d'animaux velus, à museau long, terminépar une bouche | élite et sans dents, contenant une langue liliformo extensible et visqueuse. Les pieds antérieurs des fourmiliers sont armés d'énormes grilles, recourbées en dedans vers la plante du pied, de sorte que les pointes ne se brisent jamais et sont d'excellents instruments pour fouir unefourniilière. Leijrand fourmilier ou ours de la fourrrà {myrmecophaga
Grand fourmilier (Myrmecophaga jubata).
jubata), le tamanoir des Portugais, mesure 1 m. .30 de long; sa queue touffue n'a pas moins de QOcentim., et sa tête a plus de 33 centim. de long. Gros et très fort, il est tellement stupide qu'il se laisse battre par le moindre ennemi. Il est entièrement terrestre, incapable de grimper aux arbres, ne construit aucun terrier, et se couvre de sa queuequand ilse repose. Sa nourriture se compose exclusivement de fourmis, qu'il obtient en ouvrant des fourmilières et en passant sa langue sur les insectes. Le tamandua [myrmecophaga Tomanduu), quoique beaucoup plus petit que le précédent, lui ressemble; mais il habite les forêts et n'a pas de poil en dessous de la queue : celle-ci possède un singulier pouvoir de préhension. — Ornith. Genre de passereaux dentirostres, qui se distinguent des merles par ieurs jambes hautes et leur queue courte et qui se nourrissent particulièrement de fourmis. Les fourmiliers se trouvent dans les forêts etdans les lieux déserts des pays chauds, dans les deux continents. Leur chant est sonore et leur chair très estimée.
* FOURMILIÈRE s. f. Lieu où se retirent, où habilcut les lonimis, et où elles pratiquent ordinairement des espèces de loges, de galeries et d'étages : recueillir les œufs contenus da)is une fourmilière. — Toutes les fourmis tjui habitent la même fourmilière: la fourmilière fut, bientôt en mouvement. — Grande quantité do certains autres insectes ou animaux, et même grand nombre de personnes : il y a une fourmilière de paimres dans ce quartier.
* FOURMI LION OUI* Fourmilion s. m. (lai. forimca-li:o). Enlom. (ienre de névroptères, type de la famille des myrméléonides, comprenant plusieurs espèces d'insectes dont la larve se nourrit de fourmis et d'autres petits insectes si-mblaldcs qui t(jnibent dans un trou en Ibrmc d'entonnoir, qu'elle a prati()ue illoinème dans le sable, et où elle se tient bloltie. A l'état parhiit, le fourmi-lion rcssiuiiblc à
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une petite libellule. Le fourmi-lion ordinaire [myrmcleon formicarium, Linn.) se trouve dans les endroits sablonneuxdes parties chaudesde
Fuurmi-lion (Myrmeleon formicariuiii .
l'Europe. Sa larve, dont l'abdomen est volumineux et lourd, ne saurait atteindre sa proie ;\ la course; mais elle la surprend par la ruse, en se cachant au fond d'un trou qu'elle creuse dans le sable, comme le montre notre gravure.
FOURMILLANTE s. f. Argot. Foule.
• FOURMILLEMENT s. m. Picotement, comme si l'on sentait des fourmis courir sur la peau : sentir un fourmillement par tout le corps. — 4\ Action de fourmiller.
• FOURMILLER v. n. Abonder. Ne se dit guère au propre que de ce qui a vie et mouvement : cette garenne fourmille de lapins. On lui donne quelquefois pour sujet le nom des personnes ou des animaux qui sont en grand nombre : les solliciteurs fourmillent; les vers fourmillent dans ce fromage. —Par ext. Se dit de certaines choses qui sont réunies en très grande quantité : cet ouvrage fourmille de fautes ; les erreurs, les fautes fourmillent dans cet ouvrage; ccttctruduction fourmille de contresens. Ne s'emploie guère que dans ces sortes de phrases. — Se dit aussi d'un picotement entre cuir et chair qu'on sent quelquefois à la peau, et principalement aux pieds et aux mains: toute la main me fourmille. — »v Argot. .Mai'cher vile. — Marcher dans la foule.
FOURMILLON s. m. Argot. Marché.— Four-
MiLLON A GAYETS, A CABOTS, marché aux chevaux, aux chiens. — Fourmillon au beurre, marché à l'argent, Ilourse.
FOURMONT (Etienne), sinologue, né à Herbelay, près de Saint-Denis en Iti83, mort en 174,-i.ll connaissait une vingtaine de langues. On a de lui Linguse sinarum inandarieinx hieroijlyphiex grammatica duplex (I742J; Medilationes ninicx (1737, in-foL).
'FOURNAGEs. m. Ce quel'on paye au fournier pour la cuisson du pain.
• FOURNAISE s. f. [four-nè-ze] flat. fornnx). Sorte de grand four : les trois enfants qui furent jetés dans la fournaise. — Par ext. Feu très ardent : comment pouvez-vous tenir à cette fotirnuise ? — Cette chambre est une vraie FOURNAISE, elle est extrêmement chaude. — Creuset. Dans cette phrase figurée, et dans quelques phrases semblables : la vertu s'éprouve et se perfectionne dans l'af/lietion, dans l adversité, comme l'or, comme le métal dans la fournaise.
FOURNALISTE s. m. Ouvrier confiseur qui
travaille au fourneau.
• FOURNEAU s. m. (lat. fornax]. Petite construction de maçonnerie ou de brique, soit portative, soit à demeure, et ;i plusieurs cavités, dans lesquelles on met du charbon, de la braise, pour cuire ou chaulfcr les mets. Ustensile, ordinairiMiient de terre ou de; fer, qui sert au même usage, dansles petites cuisines : faire bouillir une marmite sur un fourneau.— Vaisseau; construction de maçon-
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nerie ou de brique, qui sert, dans les ails, à soumet Irn diverses substances à l'aelioii du feu : fmtrtuau de pharmncii'n ; /'ounicau de forge. — Giand four où l'on fond le verre : le fourneau d'une verrerie. — Focrneau dk mine, ou sinipl., FouuNEAU, cTeux fait en terre, et ehargé de poudre, pour faire sauter un roclier, une muraille, on quel((UB ouvrage de fortilicalion : mettre le feu â un fourneau. — Le FOunNi;.\u d'une pipe, cette partie évasée d'une pipe, dans laquelle on fait brûler le tabac. — Haet fourneac, fourneau destiné à fondre le minerai de fer à une haute température; usine où sont établis un ou plusieurs appareils île ce crenre. — Fourneau a révernÈKE, celui qui est muni d'un dôme destiné i rabattre le calorique et a accroître ainsi la chaleur. — Fourneau d'appel, celui que l'on place prés de l'ouverture d'un endroit clos pour en appeler l'air et le renouveler.
* FOURNÉE s, f. Quantité depain qu'on fait cuire uu ipi'on peut faire cuire à la fois dans un four : ee boulanger fait idusiieurti fournées par jour. — Se dit aussi en parlant d'autres choses que l'on expose à l'action de la chaleur dans les fours : fournée de faïence, de ehaux, du tuiles. — Prendre un pain sur la fournée, se dit d'un homme qui, sur la foi du inariagi^ a commerce avec la femme qu'il doit épouser. — Fig. et fain. Certain nombre de personnes qui sont nommées à la l'ois aux mêmes fonctions, etc. : 0(1 annonee une nouvelle fournée pour le mois proctiuin. Dans ce sens, ne s'eiiiploie guère que par plaisanterie. — Certain nombre de personnes qui sont jugées ou exécutées ensemble . .les suspects passaient en jugement par fournées.
FOURNELS, ch.-l. de cant., arr. et a 30 Uil. N.-O. lie Marvejols (LozèreJ, sur un aitluent du Ués; n;!! hab.
* FOURNI, lE part, passé de Fournir. — I.ANCE FOURNIE, s'est dit d'un homme (l'armes ayant tout son accompagnement, qui consistait en un certain nombre de soldats, de valets et de chevaux. — Adjectiv. Qui est épais, toullii : hiirbe, ehevelure bien fournie.
FOURNEYRON iBenoît) [four-né-ron], ingénieur, né à Sainl-Ktienne (Loire), en 1802, mort en 1S67. Il fut ingénieur des mines du Creuzot et inventa la turbine pour hupielle il reçut, en IS'.U, le prix de G,OÛU francs décerne par l'académie des sciences. Il pulUia un ouvrage sur la turbine et ses usages.
* FOURNIER, 1ÈRE s. Celui, celle qui tient un four public, et qui y fait cuire le pain : le fuurnier du viUivje. — Billard. Celui qui faisait passer sa bille sous l'archet ou la passe, par le cûté du but : vous êtes fourniir, il faut repasser.
FOURNIER s. m. Ornith. Genre de passereaux iiuuirostres, type de la sous-faniille des l'urnarinés, et comprenant cinq ou six espèces qui habitent les .\utilles et les parties
Founiicr commun (Fui iKirius rufus).
chaudes de rAmériqne du <'<d. Le fournier commun {fu)narius rufus, Vieill.) mesure environ IG cent, de long ; il est rouacàtre en
dessus et blanc en dessous; on le rencontre ordinairement par paires dansie? broussailles, dans les lieux découverts et près des habitations, courant rapidement et voltigeant de buissons en buissons i la recherche des insectes ; il se nourrit aussi de graines; son cri est sonore et perçant. Son nid (voy. notre figure) est en forme de dôme, avec des parois d'un pouce d'épaisseur ; il s'ouvre sur le côté, ' comme un four de boulanger.
FOURNIER (Edouard), littérateur et critique, né à Orléans en IS19, mort en mai 1880. Ses œuvres comprennent : l'Usprit des autres, l'Esprit dans l'histoire. Le Vieux-neuf (\\c\\\c histoire des inventions et des découvertes modernes) et quelques drames ; Corneille a la hnlte Suiiit-Horh, Guttenberg, etc.
FOURNIER (Pierre-Simon), graveur et fondeur de caractères, né et mort à t'aris (1 7 1 2-'68), se fit d'abord connaître par ses vignettes sur bois, puis grava sur acier de grosses et de moyennes lettres de fonte et perfectionna l'italique. Ses caractères étaient recherchés de tous les imprimeurs de l'Kurope. Il se fit une grande réputation par des ouvrages bildiograjjhiques : Traité hislor. et erit. sur l'origine de l'imprimerie, -1763 ; Manuel typographique, ■1764, 2 vol. in-S"; TraiW histor. et erit. sur l'origine et les progrès des caractères de fonte pour l'impression de la musique, 1765, iu-i".
* FOURNIL s. m. [foiir-ni] (lat. furnus, four). Lieu où est le four et où l'on pétrit la pâte : il est au fournil. — v« Argot. Lit; allusion à l'habitude qu'ont les voleurs de coucher dans les four--- a chaux ou à plâtre.
• FOURNIMENT s. m. Sorte d'étui dont les mousquetaires à pied se servaient, dans le xvii'' siècle, pour mettre leur poudre, et qui était ég-alemenl à l'usage des chasseurs. — Objets d'équipement à l'usage de chaque soldat, et particulièrement la bulflelerie ; 7iettoyer son fourniment.
■ FOURNIR v. a. Pourvoir, approvisionner. On y joint souvent une idée d'habitude : ce marchand avait fourni cette maison de vin, de bois. — Garnir : fournir un magasin de toutes les marchandises nécessaires. — Livrer, donner, procurer, faire avoir : il est juste de lui rendre ce qu'il a fourni pour vous.
Que fercz-vous rie moi ? Je ne saurais fournir .\u plus qu'uoe demi-bouchée.
Lk FONTAINB.
— Fig. S'emploie dans le même sens : fournir lin aliment à la curiosité publique. — Jurispr. Fournir et faire valoir une dette, une rente QUE l'on a transportée A QUELQU'UN, garantir la dette, la rente, et la payer soi-même, au cas que le véritable débiteur devienne insolvable. — Produire, exposer, établir : j'en />««■nirai la preuve quand on le voudra. — Escr. Fournir a quelqu'un un coup D'ÉPÉE,lui donner uu bon coup d'épée. — .Acliever, parfaire : il faut encore soixante francs pour fournir la somme entière (vieux). — .Manège. Fournir la CARRIÈRE, la parcourir tout entière. — Fig. Il a BIEN FOURNI SA CARRIÈRE, il a vécu avec honneur et avec estime jusqu'à la fin. — v. n. S'emploie dans le premier sens du verbe actif ; c'est lui qui fournit dans cette maison. Subvenir, contribuer en tout ou en partie : fournir à l'appointement, aux appointements. Suftire : o)i ne saurait fournir à tout. — i« Argot. Fournir Martin, porter de la fourrure. — ' Se fournir v. pr. Fournir soi : il se fournit d'ordinaire chez ce marchand.
' FOURNISSEMENT s. m. Comm. Fonds que chaque associé doit mettre dans une société : compte de fournissement. — Jurispr. Chose qui, dans un partage, doit être respectivement comptée entre les copartageants, en dépense ou en recelte, en rapports et retours: procéder à la eoinposition des lots et aux fournissements.
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* FOURNISSEUR s. m. Celui qui entreprend de faire la fourniture de quelque marchandise, de quelque denrée : fournisseur général de l'arrnrr.
* FOURNITURE s. f. Provision fournie ou à fournir; action même de fournir, d'approvisionner : il y a encore assez de blé. de vin el d'huile pour ma fourni twe ; il est chargé de cette fourniture. — Comm. Ce qu'on livre, ce qu'on donne : ee banquier a fait depuis peu une grosse fourniture d'argent en Italie. Ce sens vieillit. — Ce q'ue les tailleurs, tapissiers, et autres semblables artisans, ont coutume de fournir en employant l'étoife, la matière principale : le tapissier a pris tant pour façon et fourniture. — Petites herbes dont on accompagne les salades : la foltrniture de cette salade est excellente.
' FOURRAGE s. m. coll. (lat. farrago, mélange (b- plusieurs grains). Paille, foin et toute autre espèce d'herbe qu'on donne pour nourriture aux bestiaux, aux chevaux, etc., lorsqu'on ne les fait point paître : cette plante donne un très bon fourrage; on la cultive comme fourrage, pour le fourrage. — Herbe qu'on coupi; et qu'on amasse, à l'armée, pour la nourriture dos chevaux : trousse de fourrage.
— .Mettre de la cavalerie en quartier de fourrage, l'établir dans un quartier, dans un pays où il y a abondance de fourrage. — Par cxt. Action même de couper le fourrage ; on fit un grand fourrage en présence des ennemis.
— Troupes coiiimaiidées, tant pour faire le fourrage que pour le soutenir : les ennemis attaquèrent le fourrage. — Artill. Foin ou herbe dont on .se sert pour bourrer le canon, etc.
* FOURRAGER v. n. Couper et amasser du fourrage. .Si- dit principalement en termes de Guerre : fourrager dans un champ, dans un village. — C'est un homme qui va fourrageant DANS TOUS LES LIVRES, Se dit d'uu Compilateur, ou d'un plagiaire. — v. a. Ravager : les lapins ont fourragé mon jardin. — Fouhrager des papiers, dans des papiers, les mettre en désordre.
•FOURRAGÈRE adj. f. Agric. Se dit des plantes propres à être employées comme fourrage. — w Au masc. Arbre fourrager, arbre dont les feuilles sont propres à la nourriture du bétail.
' FOURRAGEUR s. m. Celui qui va au fourrage : les iiiuriHis tombèrent sur les fourraijciirs. — >» Marauileiir.
FOURRAGEUX, EUSE adj. Propre à servir de fourrage.
* FOURRÉ s. m. Kndroit d'un bois, d'un bosquet, etc., où il y a un assemblage épais d'arbrisseaux, d'arbustes, de broussailles : entrer, pénétrer dans le fourré d'un bois, ou absol., dans le fourré.
* FOURRÉ. ÉE part, passé de Fourrer. - Langues fourrées, langues de bœut, de cochon, de mouton, recouvertes d'une autre peau que la leur, et avec laquelle on les fait cuire. — MÉDAILLE, PIECE de .monnaie fourrée, médaille, pièce de monnaie dont le dessus est d'or ou d'argent, et le dedans d'un métal inférieur. Dans ce sens on dit maintenant,
.MÉDAILLE PLAQUÉE. — lîOTTE DE PAILLE, BOTTE
DE FOIN FOURRÉE, boltc dans laquelle, parmi de bonne paille ou de bon foin, on a mêlé de la paille ou du foin de moindre qualité. — Escr. Coup fourré, se dit quand chacun des deux adversaires donne un coup et en reçoit un en inéme temps. — Fig. et fam. Mauvais offices que deux personnes se rendent mutuellement et en même temps. — Porter UN c'jui' fourré, rendre en secret un mauvais office a quelqu'un. — Paix fourrée, fausse paix, laite de mauvaise foi par les deux parties, chacune ayant intention de la rompre, lorsqu'elle le croira utile à ses intérêts. —