NEZ PARTOUT. — CHERCHER QUELQUE TROU A SE
FOURRER, se dit de celui qui cherche quelque emploi, quelque condition, et qui a peine à en trouver. — iNe savoir où se fourrer, ne savoir où se cacher, ne savoir comment se dérober à la confusion qu'on éprouve. — Fourrer
quelque chose dans l'esprit, DANS LA TÈTE DE
QUKLQu'uN, parvenir à lui faire comprendre quelque chose : il est si stupide, si hébété, qu'on ne saurait lui rien fourrer dans ta tète, dans l'esprit. — Faire croire une chose à quelqu'un, la lui persuader, la lui mettre dans la léle : on vous a fourré de bien sottes idées dans l'esprit. — Par ext. Donner avec excès et sans rétlexion : cette mère fourre toujours en cachette de l'argent à soyi fils. — Fig. Insérer hor= de propos : il fourre toujours du latin dans ses plaidoyers, des proverbes dans la conversation. — Fig. Introduire quelqu'un dans une maison, dans une société, etc.; le faire entrer, l'engager dans une alfaire. Se prend ordinairement en mauvaise part : je ne sais qui la fourré dans cette maison, dans cette affaire. — Garnir, doubler de peau avec le poil : fourrer une robe de martre. — Se fourrer V. pr. Entrer, se placer : le lieerc s'est fourré dans un trou. — S'introduire, s'engager : il est allé se fourrer dans une société de gens qui le tromperont; il s'est fourré dans cette querelle, dans cette affaire jusqu'au cou, jusqu'aux oreilles. Dans les acceptions qui précèdent, ce verbe est lamilier. — Se vêtir chaudement : il faut ie bien fourrer en hiver.
— Etre fourré : wie idée, une erreur, etc., s'est fourrée dans l'esprit, dans la tète de quelqu'un.
— IX .\rgot. Se fourrer de bons morceaux par LE BEC, faire bombauce. — S'en fourrer jusqu'au CJUDE, Mianger plus que de besoin.
" FOURREUR s. m. Marchand pelletier, artisan qui travaille en pelleterie : boutique d'un fourreur.
' FOURRIER adj. (vieux franc. /■oune,étal)le). Se dit duu bous-ollicier d'une compagnie, qui est principalement chargé de pourvoir au logement des soldats quand ils passent dans ([uelque ville, et de répartir entre les escouades les vivres, les ellels d'équipement, etc. : caporal, sergent fourrier; brigadier, maréchal des logis fourrier. — Oflicier qui était sous un inaiéchal des logis,et dont la fonction
dans une écurie, dans une étable, où ils sont nourris, à tant par jour, aux dépens de celui à qui ils appartiennent, jusqu'à la réparation du dommage, jusqu'au payement de l'amende, ou jusqu'à^ ce qu'on les vende. On dit de même qu'UN cheval, une vache est. en fourrière. — Législ. " Les bestiaux de toute espèce peuvent être saisis par le ■ propriétaire auquel ils ont causé des dommages et conduits, dans les vingt-quatre heures, en fourrière, au lieu indiqué pour cet usage par l'administration municipale Si le dommage n'est pas payé dans la huitaine du jour du délit, ou si les bestiaux ne sont pas réclamés dans ce délai, ceux-ci sont vendus et les dégâts sont pavés sur le prix de la vente (L. 26 sept. -6 ôct. 1791, tit. II, art. 12). Les bestiaux laissés à l'abandon dans les champs et dans les forêts doivent être saisis et mis en fourrière par les officiers de police, gardes ou agents. S'il s'agit de bestiaux saisis dans les forêts et qui n'aient pas été réclamés dans le délai de cinq jours, ils sont vendus au marché le plus voisin, à la diligence du receveur des domaines (C. for. 109). Dans les autres cas, la vente est ordonnée par le juge de paix ou par le président du tribunal civil. Si la mise en fourrière a eu lieu à l'occasion d'un crime ou d'un délit, la main-levée doit être ordonnée avant la vente par le juge d'inslruction. Dans tous les cas, les frais de garde sont prélevés sur le produit de la vente (Décr. ■18 juin 1811, art. 39 et 40). » (Ch. Y.j
* FOURRURE s. f. (rad. fourrer). Peau de certain.^ animaux, précieuse par la couleur, la longueur, l'épaisseur du poil, et dont on se sert pour doubler, garnir ou orner les robes, les habits, etc.; on en fait aussi des manchons, des bonnets, etc. : les belles fourrures viennent du Nord. — Robe fourrée, ou garnie, ou ornée de fourrures : la fourrure d'un président. — Blas. Fond de fourrare qui est ou d'hermine ou de vair ; ort ne met point fourrure sur fourrure. — Encycl. La fourrure non façonnée reçoit ordinairement le nom de pelleterie. Les pi us riches fourrures sont celles qui proviennent d'animaux des pays froids. — Au ii° siècle, les robes fourrées devinrent à la mode dans l'empire romain; au xi" siècle, leur emploi était général dans toute l'Europe; la découverte de l'Amérique donna une nouvelle impulsion au commerce des fourrures. La Compagnie de la Baie d'Hudson, créée par une charte du roi anglais Charles II, en 167t), exploita pour la chasse des bêles sauvages, les pays non réservés par les Français et par les Russes.' Les Français eurent des compagnies dans le Canada et dans la Louisiane. Les fourrures les plus estimées et les plus coûteuses piovieniieiit de la zibeline russe (mustella zibellina), ipii est bruni! en été, et noire en hiver, époque où on lui fait la chasse. Les meilleures peaux de zibeline nous viennent de Yakoust, du Kamtchatka et de la Laponie russe, qui en fournissent environ 25, OUI) chaque année. Ces peuux sont petites, mais elles se vendent 12.T fr. pièce, et quelquefois 1,000 fr. Après la fourrure di; la zibeline russe, celle que l'on
estime le plus provient de la marte d'Amérique, que l'on trouve dan^ l'Amérique du Nord; elle est fine, longue, lustrée, généralement brune, fréquemment teintée, comme celle de la zibeline russe; elle vaut de 40 à 1*20 fr. Celle de la marte d'Europe est ordinairement d'un brun grisâtre ; elle se vend de ri à 10 fr. ; celle de la marte des sables est d'un brun jaunâlre; mais on la teint souvent pour lui faire imiter les fourrures les plus chères. On la nomme zibeline française, l^e vison [putorius vison) se rencontre dans les parties seplentrionales de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique; il fournit une fourrure d'un chàlain foncé qui vaut de lo à 40 fr. On recherche particulièrement celle de Yhermine [putorius erminea), dont la Russie, la Suède et la iNorvège fournissent annuellement 400,000 peaux, valant chacune de b à lo fr. Cette fourrure, nommée aussi petit-gris, a été celle que préféraient les rois elles princes de plusieurs nations européennes; elle garnit les robes des juges et des magistrats, parce que sa couleur, d'un blanc de neige, est considérée comme lemblème de la pureté. — La fourrure line et duveteuse du renard noir est extrêmement rare et d'un prix exorbitant ; il est difficile de s'en procurer une à moins de 400 fr., on la paie quelquefois 1,000 fr. L'animal qui la produit iiese trouve que dans l'Amérique du Nord; et il n'est pas facile de lui faire la chasse; il est d'un beau noir luisant, avec du gris argenté sur le front et aux flancs. Sa fourrure est recherchée par la noblesse russe et par les riches Chinois. Le renard blanc (vulpes lagopus), très abondant dans les régions arctiques, est blanc en hiver et brun-gns ou bleuâtre en été: son poil est long, lin et laineux; sa fourrure se vend de 10 à 2o fr. On f'aitmoins de cas de ladépouiUe des renards bleu, rouge gris, etc. Celle de la marte de l'Amérique du ÎSord est douce, d'un brun sombre ou noirâtre; on la recherche en Allemagne^ en Pologne et en Russie ; elle vaut de bO a 100 fr. — Le phoque est devenu depuis quelque temps le grand fournisseur des fourreurs européens; plus de 100,000 de ces animaux périssent chaque année sous les coups des chasseurs; les iles de Saint-Paul et de Saint-George (a environ bOOkil. de la côte d'Alaska) en voient périr plus de 100,000 par an. Leur couleur naturelle est cannelle sale ; mais on les teint en bronze foncé ou en jais, et leur prix, qui n'élait que de 00 fr. avant la teinture, monte a 100 fr. après cette o|iiratioii ; les spécimens de choix valent 300 fr. C'est la seule fourrure ijui gagne à être teinte.
— La peau de loutre [lutra culgaris] donne une fourrure chaude, d'un brun brillant, qui vaut lie 00 a 80 fr. quand elfe est bien préparée. Celle de la loutre denier [eiihydra marina) est beaucoup plus rare et (dus chère; elle se paie jusqu a 2,000 fr., mais son prix moyeu est de 2d0 fr. Les seigneurs russes la recherchent et les chasseurs s'en approvisionnent principalement sur les côtes des mers seplenirioiiaies, dans le Kamtchatka et dans l'Alaska. Elle est drue, brillante, excessivement ti ne, très longue, noire, teintée de brun en dessus, moins sombre en dessous, quelquefois mêlée de poils d'un gris d'argent. — Celle du chinchilla lanigera, de l'Amérique du Sud est d un gris d'argent et remarquable par sa finesse et sa douceur; 100,OUO de ces fourrures sont envoyées chaque année en France, en Allemagne et en Russie; elles valent l.'i fr. en moyenne.
— Les lynx (felis canudensis el fetis rufa) donnent une fourrure douce, chaude, légère, naturcllemuntgrisâtre, mouchetée de points sombres; mais on la teint généralement en nuir; elle vaut de 1b a 2b fr. — Le putois d Europe [putorius communis) est a peu près aussi esumé que le lynx comme producteur de fourrures.
— Le mouton d'Astracan est couvert d'une toison riche et lusiree, que recoinchent les founeuis. .Vloins coûteuses sont les déiiuuiUes
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