‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 6 sur 568 · II. — Allemagne · texte numérisé non relu

II. — Allemagne

Charles I. Voy. Charlemagne. — Charles II. Voy. Chaules le Chauve (France). — Charles III, le Gros, dernier empereur carluviengieu, petit-lils de Louis le Débonnaire, 3' fils de Louis le Germanique, né vers 832, mort en 888. A la mort de son père, en 876, il obtint en partage la Souabe, la Suisse et l'Alsace. Il succéda à son frère aine, Carloman, en 880, comme empereur d'Allemagne et roi d'Italie; plus tard, son jeune frère, Louis de Saxe, lui laissa ses domaines et, en 884, il hérita de Carloman de France, de sorte qu'il posséda tout l'ancien empire de Charlemagne. Indigne d'un tel héritage, il acheta à prix d'or la paix des pirates normands qui avaient pillé la France et qui assiégeaient Paris. L'assemblée desprinces et des grands de l'empire le déposa en 887 et il mourut dans un cloitre près de Constance. — Charles IV, empereur d'Allemagne de la maison de Luxembourg, né à Prague en 1316, mort le 29 nov. 1378. Il succéda à son père Jean, comme roi de Bohème, en 1346, ayant été 'd'abord margrave de Moravie. Il eut à lutter contre Louis de Bavière, qui prétendait à la couronne impériale et, à la mort de ce prince, en 1347, il se réconcilia avec ses ennemis. Il visita l'Italie en I3.')4, reçut la couronne royale à Milan, fut proclamé empereur à Rome, en 13;);i, ne put gagner l'affection des Guelfes ni celle des Gibelins, se hâta de revenir en Allemagne, pronmlga, en 13-j6, la fameuse « bulle d'or » qui régla les droits et les devoirs des électeurs, des princes de l'empire, des villes, etc. Des désordres, provoqués par sa faiblesse, troublèrent l'Allemagne et l'Italie. Il fonda l'université de Prague, et paya une somme immense pour posséder la Siiésie et la basse Lusace. Il fut remplacé par son fils VVenceslas. — Charles V ou Charles-Qoint, empereur d'Allemagne, et roi d'Espagne sousle nom de Charles l", né à Gand, le 24 févr. IbOO, mort le 21 sept. 1i).')8. Fils aîné de Philippe de Bourgogne, archiduc d'Autriche, et de Jeanne, fille de Ferdinand et d'Isabelle d'Espagne, il devint, en 1506, à la mort de son père, héritier présomptif des possessions de la maison de Hapsbourg en Allemagne et aansles Pays- Bas. Son éducation, qui fut confiée à Guillaume Croy, seigneur de Chièvre, tendit à lui donner le génie allemand plutôt que l'esprit espagnol, et pourtant, il devint, à la mort de Ferdinand, en lol6, le maître de toutes les Espagnes, du royaume de Naples et de l'immense empire d'Amérique. Tant de riches domaines ne suffirent pas à sa vaste ambition : il voulut posséder le trône iznpérial d'Allemagne, devenu vacant parla mort deMaximilien, en 1519, et posa sa candidature en concurrence avec François I'^' de France. Elu le 28 juin lbl9, couronné le 23 oct. laSO, il eut un règne glorieux, si l'on se place exclusive-

ment au point de vue militaire, mais désastreux par ses conséquences despotiques. La Réforme avait fait des progrés en Allemagne; Charles réunit la diète de Worms pour la combattre; Luther vint s'y défendre; mais il fut mis hors la loi. Ce succès étant obtenu, le jeune empereur vint dans ses Etals d'Espagne, en ayant soin de passer par l'Angleterre, avec l'espoir de gagner l'amitié du roi Ibiuri VIII, car il caressait le projetd'amoindrir la France. Son premier soin, en arrivant en Espagne, fut d'y répandre la terreur. Les villes de Castille, dont il détruisit toutes les antiques libertés, se soulevèrent et furent décimées par une sanglante réaction. Lescorlès, corps législatif comme il n'en existait encore nulle part en Europe, se virent enlever leurs prérogatives, respectées par tant de rois; l'Es- |ia,gne, première nation civiliséesdumonde, entra danslavoie de ladécadence. Tranquille de ce côté, Charles ouvrit la lutte avec la France etne fut pas moins heureux. Ses généraux Colonna et Frundsberg remportèrent de brillantes victoires en Italie; le connétable de Bourbon, trahissant sapatrie,fitune diversion; François 1", vaincu à Pavie, le 24 févr. 1;>2.S, ne recouvra sa liberté qu'en signant le traité de Madrid (14 janv. 1526), dont les populations refusèrent d'exécuter la teneur. 11 allait poursuivre le cours de ses succès, lorsque son attention fut forcément attirée du côté de l'Allemagne. Il y domina bientôt par ses soldats espagnols comme il avait dominé en Espagne par ses soldats allemands. 11 avait abandonné l'Autriche à son frère Ferdinand, qui devint roi de Hongrie et de Bohême, à la mort de leur beau-frère, Louis, en 1526. Charles était donc lepluspuissantprincedel'Europe; maisses adversaires n'étaient pasabattus et de nouveaux ennemis allaient se dévoiler. Le pape Clément VII se fit l'àme d'une ligue dans laquelle entrèrent les princes d'Italie et le roi de France. Charles-Quint fut encore victorieux : Rome fut prise et saccagée par les troupes du duc de Bourbon (1527) ; le pape resta pendant sept mois prisonnier de l'empereur qui, tout en le tenant sous les verroux, eut l'hypocrisie de montrer une grande douleur en apprenant sa capture. La France dut signer, le 5 août 1529, la paix de Cambrai qui abandonnait presque toute l'Italie àCharles-Quint; et ce prince victorieux, après avoir été solennellement couronné par le pape, à Bologne, put enfin tourner toute son attention vers l'Allemagne dont l'esprit d'indépendance n'était pas sans lui donner de sérieuses inquiétudes. Pour en finir avec les protestants, il les convoqua à la diète d'Augsbourg en mars 1530; ils y présentèrent leur profession de foi qui fut prohibée. Au moment où Charles se disposait à les écraser, un ennemi sur lequel personne ne comptait se présenta tout à coup: les Turcs parurent à la frontière. Les princes protestants, ligués à Sraalcald, n'eurent qu'à refuser leur concours contre cet adversaire, pour contraindre l'empereur à leur accorder une tolérance provisoire. Les Turcs s'étant retirés, Charles les poursuivit jusque dans leurs repaires de la Méditerranée. En 153.'), il chassa de Tunis Khair-ed-Din Barberouse et délivra 22,000 chrétiens. Puis il reprit ses projets contre la France toujours puissante. La lutte fut suivie de la trêve de Nice(l.'i38), qui permit à l'empereur de réprimer une formidable insurrection que les persécutions politiques et religieuses avaient fait éclater dans les Pays-Bas. Ayant traversé la France au milieu des fêtes, Charles parut tout à coup dans les Flandres. 100,000 de ses compatriotes périrent victimes d'une répression sans précédent; la ville de Gand, où il était né, fut particulièrement victime de sa vengeance. Il assembla ensuite une flotte immense contre Alger dont il voulait s'emparer. Mais cette fois, il fut malheureux. Ses navires, surpris par une tempête, se perdirent près

de la côte africaine et il dut se rembarquer, après d'inutiles prodiges d'habileté et de valeur (1541). 11 se vengea des Turcs en tombant sur leur allié, le roi de France. 11 envahit la Champagne, tandis que Henri VIII, d'Angleterre, attaquait la Picardie; mais de ce côté, son peu de succès le força d'accorder la paix de Crépy (1544). Il réussit mieux contre la ligue de Smalcad. Jean-Frédéric, électeur de Saxe, fut battu et fait prisonnier il Miilberg sur l'Elbe, le 24 avr. I.ï47, etson électorat passa à son cousin Maurice de Saxe, allié de l'empereur. La cause du protestantisme semblait perdue , lorsque Maurice, trahissant Charles-Quint, l'attaqua tout à coup et fut sur le point de le faire prisonnier àinnspruck (1552), tandis que les Français envahissaient la Lorraine, et saisissaient une partie de ce pays. Forcé d'accéder, par le traité de Passau (2 août 15oâ), aux demandes des protestants, incapable de reprendre le pays conquis par les P'rançais, haï de ses sujets et afl'aibli par la goutte, Charles, qui s'était vainement épuisé pour dompter les Flamands, réduire les Allemands, conquérir la France, détruire l'islamisme et rétablir l'empire d'Occident, fit l'abandon de toutes ses couronnes, après avoir réussi seulement à détruire la liberté en Espagne. A son fils, Philippe, il donna les trônes d'Espagne, des Indes, de Naples et des Pays-Bas. Ferdinand lui succéda comme empereur (loo5-'6). Retiré, jeune encore, dans le monastère de Yuste, près de Plasencia (Espagne), il y vécut deux ans à peine, et mourut avec le regret de n'avoir pu accomplir l'œuvre qu'il considérait comme providentielle. L'histoire de son règne, a été écrite par Robertson (1769, 3 vol. in-4") et par Ainédée Pichot (18'i4). Le caractère de cet empereur a été tracé d'une main vigoureuse par Mignet {Charles-Quinl, son abdication, etc., 1854, un vol. in-8"). — Charles VI, empereur d'Allemagne, second fils de Léopold I" et dernier prince de la ligne masculine des Hapsbourg proprement dits, né le 1" oct. 1685, mort le 20 oct. 1740. Il espérait hériter du trône d'Espagne; mais trompé dans son attente par un testament du roi espagnol Charles II, qui légua la couronne au duc d'Anjou, petit-llls de Louis XIV, il entreprit de saisir par la force un royaume sur lequel il se croyait des droits. Toutes les puissances de l'Europe, effrayées de la puissance de Louis XIV, lui donnèrent le titre de roi d'Espagne. L'Angleterre, la Hollande et l'Autriche formèrent même la Triple Alliance, le 7 sept. 1701, pour lui assurer le trône; la Prusse, l'empire d'Allemagne elle Portugaise joignirent en 1702, à cette coalition contre les Bourbons, et Charles, proclamé à Vienne, sous le nom de Charles III, vint, en Angleterre, prendre le commandement d'une armée de 12,000 hommes, à la tête desquels il essaya d'envahir l'Espagne du côté du Portugal (1703). Repoussé par Berwick, il tourna ses efforts vers l'est et, avec l'aide de Peterborough, il entra à Valence (1705), prit Barcelone et fut proclamé roi à Madrid, où les Anglais, sous les ordres de Galway, venaient de s'introduire (juin 1706). Mais il n'eut même pas le temps d'entrer dans sa capitale, où les Français reparurent presque aussitôt. Il resta néanmoins en Espagne jusqu'en 1711, époque où la mort de son frère le rappela en Allemagne. Il lui succéda et fut couronné empereur en décembre. Ses alliés le trouvant assez puissant, l'abandonnèrent et signèrent la paix d'Utrecht (1713). Charles voulut continuer la guerre ; mais on lui offrit les possessions espagnoles dans les Pays-Bas et en Italie; il signa alors la paix à Rastadt, en 1714. L'année suivante, il entreprit une guerre contre les Turcs et fut heureux, grâce à l'habileté du prince Eugène, qui ajouta, lors de la paix de Passarowitz, 1718, Belgrade, la Serbie septentrionale, et des portions de la Slavonie, de la Bosnie et de la Valachie à ses

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vastes Etats. Les menées du ministre espa^rnol | Albernni provoquèrent, entre l'empereur, j l'Angleterre, la France et la Hollande, une alliance qui fit échouer les projets des Espa- j gnols. Charles, qui avait perdu son fils unique, publia en 1713 sa Pragmatique sanction, autorisant la transmission des pouvoirs de sa famille à la ligne féminine, et nommant pour lui succéder sa fille Marie-Thérèse. Voulant assurer la reconnaissance de cet acte par les différentes puissances, il dut consentir à d'immenses sacrifices. 11 gagna l'Espagne en 172.Ï. Mais l'Angleterre, la France, le Danemark et la Hollande formèrent une coalition hostile. La Prusse et la Russie s'allièrent avec lui. Enfin, en 1731, intervint, à Vienne, un arrangement en vertu duquel la Pragmatique Sanction fut reconnue. Le consentement de l'Espagne fut acheté par la cession de la Toscane, de Parme et de Plaisance ; on promit la Lorraine à la France ; les autres puissances eurent également leur part. En s'engageant à soutenir le fils d'Auguste 11, Charles fui entraîné dans la guerre de succession en Pologne. Les Espagnols le chassèrent de Naples et de la Sicile ; mais ils abandonnèrent Parme et Plaisance. Une nouvelle guerre avec les Turcs se termina, le 18 sept. 1739, par la paix de Belgrade, qui lui coûta presque toutes ses anciennes conquête^.-. — Charles VII (Karl-Albuecht), empereur d'Allemagne, fiis de Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière, né en 1697, mort le 20 jauv. ni.S. Ayant épousé une fille de l'empereur Joseph I", en 1722, son premier soin, lorsqu'il succéda à son père, en 1726, fut de protester contre la Pragmatique Sanction de Charles VI, à laquelle il avait pourtant consenti. A la mort de Charles, en -1740, ilprétendit à la succession autrichienne, envahit l'Autriche, avec l'aide des troupes françaises, se fil proclamer archiduc à Linz, entra à Prague et fut couronné roi de Bohême. Elu à l'unanimité empereur d'Allemagne, il se fit couronner le 21 févr. 1742. Mais Marie- Thérèse finit par le vaincre; il perdit toutes ses conquêtes, fut même chassé de Munich, sa capitale, y rentra grave aux efforts de Seckendorf (1743), dut bientôt l'évacuer et ne s'y rétablit que peu avant de mourir.

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