‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 100 sur 128 · CORPS DE L’OS DU BRAS · texte numérisé non relu

CORPS DE L’OS DU BRAS

molles étant opérée, par en désarticuler l’extrémité supérieure afin de l’extirper de haut en bas. Le reste de l’opération devrait être soumis aux préceptes de la résection du corps du radius. C’est une opération, au surplus, qui a reçu maintenant la sanction de l’expérience. M. R. Rutt (1), de Virginie , l’a pratiquée avec un plein succès , en 1825 , sur l’homme vivant.

§ III. Bras.

Les excisions de l’humérus en dehors des articulations du bras ont été très fréquemment pratiquées. Moreau (2) alla ainsi jusqu’à interrompre tout-à-^it la continuité de l’os. Il en serait de même de Lecat, au d^ -de. Jæger (3). Comme à ^ l’avant-bras, elles sont aussi de trç Celle qu’on a mise

le plus souvent en usage est relati .a nécrose invaginée.

Quelle occupe l’extrémité inférieu, , la partie moyenne ou la partie supérieure de l’os, cette nécrose n’en exige pas moins qu’on l’attaque par le côté externe du membre.

A l’extrémité inférieure il est souvent possible de la détruire sans ouvrir l’articulation, sans recourir à l’amputation.

Un jeune paysan qui avait eu le coude brisé cinq ans auparavant, épuisé par de longues souffrances , fut admis à l’hôpital de la Charité au commencement de 1838 , pour une nécrose compliquée d’inflammation au coude. Toute l’extré mité inférieure de l’humérus était fortement épaissie et gonflée. Le stylet me permit de constater que le centre du mal occupait l’intérieur de l’épicondvle. Une incision cruciale, prolongée d’un pouce plus loin par en haut que dans les autres sens, isola toute la tubérosité externe de l’humérus, que je détruisis ensuite avec des tenailles incisives. Un fragment de nécrose qui existait là dans une caverne , fut enlevé à l’aide de fortes pinces. Puis, je fis sauter les bords et les inégalités de ce creux avec le ciseau , un fort scalpel et les mêmes tenailles incisives. Ce garçon, qu’un érysipèle ambu-

(1) Anat. chir.y trad. amér. de M. Sterling.

(2) Champion, Thèse, etc., p. 53.

(3) Opéra cit ., p. 19.

lant avait déjà tourmenté pendant six semaines, en fut repris au bout de quinze jours, et mourut deux mois plus tard par suite d’escarres , de foyers purulents sous-cutanés, développés sur toutes les régions du corps, et d’une diarrhée que rien ne put suspendre. Mais la plaie du coude n’en était pas moins en voie de cicatrisation , et il ne restait rien de malade dans l’humérus, ni dans le bras, ni autour du coude.

Y ers le milieu de l’humérus les incisions devraient être pratiquées comme je l’ai dit à l’occasion des fractures non consolidées. Là il m’est arrivé plusieurs fois , en pratiquant une incision de deux pouces seulement, d’extraire du centre de cet os , avec de fortes pinces à dissection , des nécroses longues de deux à trois popces, et de guérir en trois semaines ou un mois , des mr qui depuis huit à dix ans étaient

sans cesse tourmen u ^animations, d’abcès ou de fistules.

Le manuel opéra ton oit au reste varier ici, comme pour la résection de^s de l’avant-bras , et être dirigé d’après les mêmes règles.

Dans son tiers supérieur , l’humérus affecté de nécrose ne peut être atteint qu’à travers le muscle deltoïde. J’ai trouvé de l’avantage à tailler là un lambeau semi-lunaire , ayant son bord libre en dehors et en arrière. Relevant ce lambeau comme un couvercle, y compris les trajets fistuleux dont il peut être criblé, on met aisément à nu toute la partie saillante de l’os. Opérant ainsi chez un garçon, dont le bras était malade depuis six ans, je tranchai l’os avec la scie dirigée de haut en bas et parallèlement à l’axe du bras , près de la racine du lambeau d’abord , près de la lèvre postérieure de la plaie en second lieu. Ces deux traits de scie , qui tendaient à se rejoindre par leur extrémité, circonscrivirent un opercule que je détachai ensuite d’un coup de ciseau. Étant dès lors complètement à nu, la caverne osseuse nous laissa voir le cylindre nécrosé , qui fut facile à saisir et à retirer. Après l’avoir nettoyée des fongosités et des parcelles mortifiées quelle contenait encore, je n’eus qu’à laisser retomber sur elle la demi-lune de parties molles, et à traiter la plaie parles pansements simples. Il n’est survenu aucun accident, et le jeune homme a très bien guéri.

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