‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 99 sur 128 · CORPS DES OS DE L’AVANT-BRAS · texte numérisé non relu

CORPS DES OS DE L’AVANT-BRAS

excisée, l’opération devient un peu plus sérieuse. Si les parties molles sont elles-mêmes adhérentes, ulcérées, il ne faut pas craindre d’en sacrifier quelques lambeaux. Le procédé le plus commode ici consiste à pratiquer deux incisions, très longues, un peu courbes, et se regardant par la concavité, comme pour circonscrire une ellipse. Les lèvres de ces incisions sont ensuite disséquées en avant et en arrière, jusqu’au bord radial de l’os. La section de celui-ci peut être ensuite opérée à l’aide de la scie à chaîne, s’il paraît facile de la glisser autour, en passant par l’espace inter-osseux. Si la scie à chaîne ne peut pas être préférée, et que le cubitus soit peu volumineux là où il convient de le couper , les ciseaux de Liston peuvent être indiqués. Autrement on se servirait, soit de la scie verticale de M. Léguillou, soit de la molette plane de M. Martin, soit d’une scie en crête de coq, ou de la petite scie à main. Les parties molles auraient besoin dans tous ces cas d’être soigneusement protégées par des compresses, des plaques de bois ou de carton , et c’est généralement par le côté le plus mobile de l’os qu’il convient de commencer. Un élévatoire ou quelque plaque métaliique résistante , glissé dans le trait de la scie , complète d’ailleurs la rupture du fragment à enlever, lorsqu’il paraît difficile de la terminer au moyen de la scie.

L’excision du cubitus une fois effectuée, on doit s’occuper du pansement avec quelque soin. Le bandage inamovible avec une longue fenêtre , aurait dans ce cas une certaine valeur , puisqu’il permettrait de retenir la main dans une position convenable, d’empêcher les deux fragments de l’os réséqué de se rapprocher trop de celui qu’on a conservé, tout en mettant à même de panser convenablement la plaie.

B. Radius . Ce que je viens de dire ducubitus s’applique également au radius. La tête carpienne de cet os pourrait être attaquée comme l’olécrane, sans obliger à pénétrer dans la cavité articulaire.

I.La résection du tiers moyen du radius a été pratiquée par M. Baudens (1) dans le cas de coups de feu. Cet os affecté de

(1) Gaz. méd.y 1838, p. 415.

652 RÉSECTIONS,

nécrose a d’ailleurs été excisé avec un plein succès, en Hollande, par M. Flameng (1). On se servit de la scie à chaîne, qui se brisa deux fois pendant l’opération; un tissu fibro-cartilagineux finit par remplacer Vos détruit. Le militaire opéré en 1826 n’est mort qu’en 1832. La dissection du membre en fait un des cas les plus curieux qui existent. C’est une opération dont M. Saint-Hilaire (2) raconte en outre un exemple remarquable. On s’y prendrait, du reste, comme pour l’extirpation même du radius.

II Extirpation. Une nécrose avec dégénérescence fongueuse du périoste, étendue à presque toute la longueur de l’avantbras, me donna l’idée, en 1826, d’enlever le radius, seul affecté, au lieu de pratiquer l’amputation du bras ; mais le malade aima mieux se soumettre à cette dernière opération.

Sur le cadavre, on y parvient sans difficulté et sans détruire absolument aucun tendon, aucun muscle. L’avant-bras est placé dans la demi-flexion. Une incision parallèle à son axe, met d’abord le côté externe et postérieur du radius à découvert. Les deux lèvres de la plaie sont ensuite écartées et séparées de ses faces postérieure et antérieure , à l’aide du bistouri , un peu au-dessous de sa partie moyenne , attendu que là il est en quelque sorte à nu sous les téguments. Dès lors , on tâche de faire glisser entre son bord cubital et les chairs une sonde cannelée , qui doit servir de conducteur à la scie articulée. On le divise de dedans en dehors , au moyen de ce dernier instrument ; puis , on en extirpe les deux fragments l’un après l’autre , en les disséquant avec soin de leur extrémité libre vers l’articulation.

Si les téguments étaient trop difficiles à repousser au dehors, s’opposaient à l’introduction de la scie, rien n’empêcherait de diviser, dans l’étendue de quelques lignes , chacun des bords de la première plaie.

Si un ostéo-sarcome oufune tuméfaction quelconque occupait le corps de l’os de manière à ne pas permettre d’en scier d’abord le milieu, on commencerait, l’incision des parties

(1) Dissert, inaug ., etc., Utrecht, juin, 1834.

(2) Thés. Montpellier, 1814, p. 16.

Page 1