‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 103 sur 128 · CORPS DES OS DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

CORPS DES OS DE LA JAMBE

§ IÏI. Jambe.

Après l’humérus viennent les os de la jambe, pour le besoin de la résection , mais elle ne se pratique presque jamais que sur l’un d’eux à la fois.

A. Résection du tibia. Jusqu’ici la résection du tibia n’a guère été pratiquée que pour des cas de nécrose ou de carie. S’il s’agissait d’ostéo-sarcome ou de spina ventosa , l’amputation serait généralement préférable. Du reste la nécrose et la carie du tibia en occupent tantôt la partie moyenne , tantôt l’une des extrémités.

ï. Le corps du tibia, nécrosé dans ses lames externes, serait facile à découvrir, puis à exciser au moyen de la scie en crête de coq ou des scies à molette. La gouge et le maillet, la rugine et le ciseau , peuvent d’ailleurs lui être appliqués sans crainte. Pour cela j’ai l’habitude d’inciser les parties molles de manière à ce que la plaie représente un grand arc de cerle convexe en dedans , et qu’on dissèque d’arrière en avant pour le relever en dehors. On a de cette façon toute liberté pour faire manœuvrer la scie ou les autres instruments , de la face interne à la face externe de l’os. Le lambeau tégumentaire ainsi taillé, est ensuite facile à rabattre sur la déperdition de substance. M. Heine dit qu’en Allemagne on a fait usage six fois de son instrument en pareil cas, et M. Textor s’en est servi en 1837 et 1838, sur deux malades qui ont guéri. M. A. Severin (1) ruginal’os de la jambe vers le milieu pour un abcès, et Scultet (2), qui se crut obligé d’inciser les parties dans toute l’étendue de la jambe , cite un fait pareil. Une fille dont Benivenius (3) excisa une grande partie du tibia, guérittrès bien. Lecat (4) enleva ainsi une portion énorme du tibia vermoulu . et criblé d’exostoses. J.-L. Petit (5), Bromfield , Vigarous (G), ont apporté des

(1) De recondilâ absessum nal., etc.

(2) Arsenal de chir ., obs. 98, p. 130.

(3) Bonet, t. IV, p. 600, obs. 88.

(4) Planq., Bibl., t XXIX, p. 129, in-12.

(5) Malud. des os , t. II, p. 229.

(6) OEuvr. chir., 1802, p. 102, 398.

664 RÉSECTIONS.

observations analogues. M. Ducasse (1) a vu extraire avec succès un long séquestre du tibia par M. Yivès, et M. Wathely (2) n’a pas été moins heureux que M. Yivès. Cartier(3), qui détruisit ainsi presque tout le tibia, trouva l’os nouveau si mou qu’il fut obligé de le placer dans un appareil à fracture.

David (4) , Viguerie (5) , Dussaussoy (6) , Laumonier (T) , Hall (8) , ont aussi extrait des portions fort étendues de tibia nécrosé ou carié. Un séquestre retenu dans un ancien cal fut enlevé avec succès par M. Champion (9) dans un cas, par M. Sauter (10) dans un autre. M. Champion réussit de la même façon chez deux autres malades affectés de nécrose enchatonnée, et des faits semblables ont été rapportés psr J. L. Petit (11) , Vergnin (12) , Cullerier.

Opérant une première et une seconde fois en 1792 , une troisième fois en 1804,Hey(13), guidé par la carie, n’excisa que les couches externes du tibia. 11 en fut de même de M. Chapiotin(l4),de Percy,deMM. Græfe et Liston (15) . Moreau, dont les observations curieuses ont été recueillies et publiées par M. Champion (16), a pratiqué six fois cette excision partielle à divers degrés de profondeur. La résection de toute l’épaisseur du tibia, chez un vieillard, puis chez un jeune garçon

(1) Journal g én. de méd., t. LIII, p. 1 49.

(2) Practical obs, on necros ., etc., 1 S 1 5-

(3) Précis d'obs. de chir., p. 213.

(4) Obs. sur la nécrose , 1782.

(5) Acad, de Toulouse , 1788, t, III, obs. 1, 2, 5.

(6) Gaz. salut., 1786, n°-28.

(7) Mèdec. éclairée par les scienc. phys., t. III, p. 155.

(8) Gaz. salut., 1776, n° 37.

(9) Communiqué par l’auteur.

(10) Instruct. sur les fract., p. 72, pl. 3.

(11) OEuvr. chir., t. II, p, 31, 32.

(12) Journal de Home, t. VII, p. 395.

(13) Pract. observ. in surg., p. 26, 32, 34.

(14) Thèse. 1811. Champion, Thèse, p. 90. Ce fait est un des plus étranges; le malade, Nicolas Grégoire, que M. Nève a revu en 1829, ayant entendu MM. Breton, Hennequin et Oulied , discuter sur la nature de son mal , prit le parti de s’opérer lui-même en 1803. Il y passa trois jours, en se servant de scie, de ciseau et de coups de marteau!

(15) Jæger, Oper., cit ., p. 20.

(16) Thèse, e te., p. 77, 79, 80, 82, 84.

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