OS DU TARSE
et que le malade guérit. Une carie scrofuleuse qu’un étudiant en droitportait depuis long-temps au pied, avait résisté à toute sorte de moyens, tant internes qu’externes, et même au feu appliquéà plusieurs reprises. A. Didier (1) emporta toute la carie avec une gouge poussée à petits coups de marteau souvent réitérés , et la plaie fut cicatrisée en un mois.
Pezoldi (2) parle d’une opération faite par F.-C. d’Armbruste, chirurgien célèbre de Breslau. La petite fille, âgée de douze ans , portait un ulcère au pied gauche depuis cinq ans. On fit l’extirpation de vingt-sept os, tant grands que petits, de la partie moyenne et externe du tarse. Il ne resta que ceux qui ont rapport au pouce du pied, et l’opération fut faite avec l’habileté ordinaire du chirurgien. Un enfant de neuf ans, chétif, affecté depuis long temps de gonflements des articulations , qui en faisait souhaiter la mort comme le terme de ses douleurs , fut opéré et guéri de la même manière, par le même praticien. Malgré l’existence d’un ulcère avec carie au gros orteil du pied droit, malgré bien d’autres désordres au pied gauche, Armbruste (3), connu aussi sous le nom de frère Cosme, ne désespéra pas du succès. Dilatant les ulcères étroits du pied gauche, soit avec la gentiane ou l’éponge, soit avec l’incision , il attaqua les os cariés, par la rugine, le fer rouge, ou les enleva en totalité. L’opération terminée, il remplit la cavité avec des plumasseaux imbibés d’un remède particulier. Le malade fut soumis à l’usage des anti-scorbutiques, et guérit en quelques semaines.
De Housse (4) , chirurgien à Liège , cite un fait non moins curieux. M*** , âgé de trente-six ans , se donna une entorse â quatorze ans ; mal traitée, cette entorse suppura plusieurs fois. Réunissant toutes les plaies en coupant les ponts qui les séparaient, mettant une partie des os à découvert, de Housse parvint à extraire successivement les trois cunéiformes IPour enlever le cuboïde , il agrandit la plaie du côté du tendon
(1) Disc, prélim. sur la cliir. prat., p. xxvm.
(2) Obs. méd.-chir., obs. 70, p. 175, Vratislaviæ, 1715, in-12.
(3) Ibid., obs, 89, p. 187.
(4) E Esprit des journaux , février 1775, t. ïï, pt 35i , in-!?,
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d’Achille, et coupa le long péronier. Deux jours après, il emporta le scaphoïde. Tous ces os méconnaissables étaient noirs raboteux, comme vermoulus. Le vide formé parleur extraction, et par celle de quelques portions des os voisins était si considérable, que de Housse fit une contre-ouverture à la face interne du pied ,dont la peau seule eut besoin d’être percée. En très peu de temps, ce vide se remplit de bonnes chairs. La cure fut complète au bout de deux mois. La cicatrice était ferme et enfoncée. Le malade marcha sans le secours d’aucun appui, et sans être bien fatigué, l’espace de dix lieues. Moreau père (1) extirpa le cuboïde, le troisième cunéiforme, l’extrémité postérieure du quatrième métatarsien, le côté interne de la même extrémité du cinquième , et la face articulaire par laquelle le calcanéum s’unit au cuboïde, en 1788.
Dunn (2), qui fit l’extirpation de plusieurs os du tarse, ainsi que de la région supérieure de l’astragale , eut une hémorrhagie abondante qu’on arrêta difficilement. Dans une observation de Durand (3), on voit qu’en glissant, à l’âge de seize ans , un malade se fit au pied, en 1745, une blessure qu’on qualifie de luxation du péroné méconnue. Arrivent des dépôts qui s’ouvrent et laissent des fistules; le pied est enflé et rond comme une boule ; la jambe et la cuisse sont atrophiées. Durand, qui constate l’existence de la carie du calcanéum , de l’astragale et du cuboïde, pratique deux incisions, réunit les fistules, met les os malades à découvert, et en enlève à l’instant une dizaine de pièces qui étaient entièrement séparées. L’enflure diminua; vingt-une cautérisations avec le fer rouge furent employées ; le nombre des pièces d’os séparées fut, à la fin , de trente-sept. Le malade s’est engagé, et a servi treize ans, à dater de 1751, ayant la jambe et le pied comme les autres. M. Liston (4) enleva l’astragale, le scaphoïde et deux cunéiformes , en même temps que la malléole interne , en 1821 , et M. Arbey (5) dit avoir été té-
(1) Essai sur V emploi de la résection des os, p. 109.
(2) S. Cooper, Dict. de chir., t. I, p. 96, col. 2.
(3) La théorie du chirurgien, t. II.
(4) Jæger, (Jper . cil., p. 26, c. n° 3.
(5) Coup d’œil sur l'amput. des membres, p. 11 , 1805. Thèse de Strasb.