‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 21 sur 128 · ARTÈRE ILIAQUE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

ARTÈRE ILIAQUE PRIMITIVE

réfrigérants, les affaiblissants, les laxatifs, la digitale avaient échoué , si l’anévrisme remontait assez haut pour rendre la ligature de l’iliaque externe incertaine ou insuffisante, pour repousser l’emploi de la méthode de Brasdor, comme dernière ressource enfin , la ligature de l’artère iliaque primitive devrait être tentée.

M. Gibson (1) l’a faite inutilement dans le cas dont j’ai parlé plus haut pour une blessure qui devint promptement mortelle. Mais le professeur Y. Mott (2), qui l’a essayée le premier d’après des règles précises , le 15 mars 1827 , pour un anévrisme considérable , a sauvé son malade ; il n’est survenu ni hémorrhagie ni gangrène , et l’individu a pu reprendre ses occupations habituelles. L’année suivante M. Crampton (3) cherchant à imiter l’habile praticien de New-York , n’a pas été aussi heureux ; son malade est mort d’une hémorrhagie le quatrième jour. Au fond, l’observation n’en est pas moins extrêmement importante. La circulation, la chaleur et la sensibilité , un moment suspendues , s’étaient complètement rétablies dans le membre ; tout annonçait un nouveau succès, quand la ligature sembla se déplacer, quand les symptômes d’une hémorrhagie interne vinrent détruire de si belles espérances; et, d’après l’ouverture du cadavre, tout porte à croire que le ruban de matière animale employé par M. Crampton (4) s’était dissous ou rompu avant d’avoir oblitéré l’artère. L’authenticité de ces deux opérations est du reste assez garantie par le nom seul des auteurs ; l’un jouit d une estime, d’une célébrité justement méritées en Amérique et par toute l’Europe; l’autre est à la tête d’un établissement public, d’un hôpital en Angleterre. Bien plus , c’est que plusieurs tentatives nouvelles ont fait, depuis 1831 , époque à laquelle j’écrivais ces lignes , de la ligature de l’artère iliaque commune une opération toute naturelle, qui n’a plus rien d’étrange. Si un cheval blessé, que M. Gedding (5) y a

(1) Med. recorder, vol. III, p. 185.

(2) Amer, journal of med. science, novembre 1827.

(8) Med. and phy s. journal , janvier 1831.

(4) Arch. gén. de méd., t. XXV, p. 6G1.

(5) Journal des conn.-méd.-chir t. III, p. 428.

soumis est mort de péritonite le sixième jour , un malade que M. Leuret a vu à 1 hôpital de l’Académie chirurgicale de Saint-Pétersbourg , et dont l’observation a été publiée par l’opérateur, M. Salomon (1) , en est très bien guéri. Un chirurgien célèbre de Londres, M. Guthrie, n’a pas craint d’y avoir recours de son côté. Malheureusement les six lignes que M. Handcock (2) a consacrées «à l’exposition du fait ne suffisent pas , quoiqu’il dise avoir suivi la maladie, pour en indiquer clairement le résultat.

§ HT. Manuel opératoire. Quant au procédé à suivre, il est exactement le même pour l’iliaque commune que pour l’iliaque interne. M. Mott a commencé son incision en dehors de l’anneau inguinal , à un demi-pouce au-dessus du ligament de Poupart , et l’a conduite jusqu’au-dessus de l’épine supérieure de l’ilium , en lui donnant une direction demi-circulaire et une étendue d’environ huit pouces. Celle de M. Crampton, de forme demi-circulaire également , dont la conca\ité regardait l’ ombilic, longue d’environ sept pouces , s’étendait de la dernière côte à la partie antéro-supérieure de la crête iliaque. Tous les deux ont décollé le péritoine avec les doigts , et rien ne prouve qu’ils aient éprouvé de grandes difficultés pour saisir ou pour lier le vaisseau.

Ici, la circulation des fluides doit se rétablir par les anastomoses delà mammaire interne et de l’épigastrique , des dernières lombaires et de l’iliaque antérieure , ou même de l’iliolombaire, puis de l’artère et des autres branches de l’hvpogastrique du côté sain avec celles du côté malade.

ARTICLE XII. — Aoute abdominale.

§ I. Anatomie. Placée sur le devant et un peu à gauche du corps des vertèbres , côtoyée par la veine cave à droite , enveloppée par une gaine fiibio-ceiluleuse , croisée en arrière parles veines lombaires , en avant par le pancréas, le duodénum , la veine splénique ou le tronc de la veine porte et la veine rénale gauche, entourée de vaisseaux et de ganglions lymphatiques, ayant devant elle l’estomac, le méso-colon

(1) Gaz. méd. de Pan'i, 1837, p, 598-650.

(2) Velpeau, Anal, chir ., trad. angl., p. 239.

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