ARTÈRES DE L’AVANT-BRAS
moyenne du coude , à la base de l’apophyse styloïde , ou par la gouttière externe de l’avant-bras. Elie rampe quelquefois immédiatement au-dessous de la peau; plus souvent elle se renverse sur la face externe du radius dès le milieu de sa longueur; tandis que, dans d’autres cas, sa branche principale reste en avant, et va former, presque en entier, l’arcade palmaire superficielle.
B. La cubitale , cachée supérieurement par toute l’épaisseur de la couche musculaire superficielle, n’est, par cela même , soumise aux opérations chirurgicales que dans ses trois quarts inférieurs, où on la trouve sur le fléchisseur profond, entre le sublime et le cubital antérieur; la veine est en dehors , le nerf en dedans , c’est-à-dire du côté cubital ; une première aponévrose , le muscle cubital ou son tendon , un second feuillet fibreux et la couche graisseuse , la séparent de l’enveloppe cutanée; on en trace la direction au moyen d’une ligne étendue du condyle interne de l’humérus au côté radial de l’os pisiforme pour ses deux tiers inférieurs , et du milieu du pli du bras à l’union du tiers moyen avec le tiers supérieur du cubitus pour son tiers supérieur. Ses anomalies de position sont beaucoup plus fréquentes que celles de la radiale ; je l’ai souvent rencontrée entre l’aponévrose et la peau, soit dans toute, soit dans une partie de sa longueur : je connais plusieurs personnes ainsi conformées. D’autres fois, c’est entre l’aponévrose et les muscles qu’on la trouve ; dans certains cas , elle reste long-temps vers l’axe du membre , et ne se rapproche du nerf cubital qu auprès du poignet.
Indications. Nul doute qu’un anévrisme de la radiale près du poignet puisse céder à la compression , et qu’il ne faille tenter ce moyen chez les sujets craintifs , irritables, à l’instar de celui dont parle A. Petit, par exemple, qui mourut de spasmes après une ligature de la radiale ; nul doute encore que , comme le dit M. Pigeaux (1), la plupart des hémorrhagies de l’avant-bras ne puissent être arrêtées par une compression bien faite.
A. Compression . Le malade deTuîpius cité plus haut guérit ainsi de son anévrisme. Une plaie de la radiale près du carpe
(1) Arch. gài, de mdd.f 2* sér., t. X, p. 337.
fut également guérie au moyen d’une espèce de tourniquet inventé par'Scultet (1). Le tamponnement et la compression ne réussirent pas moins bien à Formi (2) dans un autre cas. Le malade traité par Faivre avait aussi une plaie de la radiale. Les artères de l’avant-bras sont atteintes ; on lie la radiale ; l’hémorrhagie reparaît; quelle est l’artère blessée? on l’ignore, dit Dudaujon (3); dans le doute, compression médiate avec un appareil exprès; le malade guérit. La compression fut insuffisante, et il fallut en venir à la ligature dans les cas de Hevin (4), Mestivier, Martin (5), Pelletan (6) Ouvrart (7). Bourienne (8), qui rejette laligature comme inutile et la compression forte , employa la cautérisation , aidée d’une compression légère avec succès dans un cas de blessure de l’artère inter-osseuse. Mais M. Gouraud (9) parle d’une lésion semblable qu’on ne put guérir par la compression, et qui força de lier le tronc de la brachiale. Un malade dont parle Detharding(10)fut plus heureux. L’artère du poignet est ouverte. Le blessé ne peut supporter le tourniquet. On allait l’amputer, lorsque l’un des chirurgiens introduisit un bouton de yitriol dans le vaisseau et arrêta le sang. Le tamponnement et la compression réussirent très bien dans un cas de plaie de la cubitale, rapporté parLeprince (11). M. Quov (12) arrêta sans retour, parla compression directe, une hémorrhagie des artères du poignet en se décidant à comprimer séparément les deux artères. M. B. Cooper (13) n’a pas été moins heureux pour une blessure de la cubitale. 3’ai déjà dit que l’hémor-
(1) Arsenal de chir.y p. 355, obs. 89, pl. 19, fig. 4.
(2) Bonet, Oper. cit., t. IV, p. 190.
(3) Thèse. Paris, 1803.
(4) Pathol, chirurg ., t. II, p. 48.
(5) Ane. journal de méd., t. XXX, p. 270, 274.
(6) Clin, chir ., t. II. p. 270.
(7) Obs. de méd. et de chir., p. 253, 255.
(8) Journal de Horn, t. VII, p. 277.
(9) Essai sur la formation des os, Thèse de Paris.
(10) Planque, Bibl., t. XXVII, p. 40.
(11) Journal de Horn , t. I, p. 398.
(12) Journal- des conn.méd.-chir., t. I, p. 2G.
(13) Presse méd ., t. I, p. 455.