ARTÈRES DE L’ AVANT-BRAS
rhagie ne reparut plus chez un de mes malades qui avait l’artère cubitale divisée, bien que la brachiale n’eût été comprimée chez lui que pendant vingt-quatre heures.
B. Tout cela n’empêche pas la ligature d’être le remède le plus sûr et le moins dangereux qu’on puisse opposer eiux lésions des artères de l’avant-bras. La compression et la ligature sont au surplus deux ressources qu’il faut souvent appeler ici au secours l’une de l’autre. Au lieu, par exemple, de lier en même temps ces deux artères pour une blessure de la main, comme semblent l’exiger les larges anastomoses des arcades palmaires , on peut se contenter d’appliquer un fil sur la principale, et de comprimer l’autre. Au poignet et au-dessus, le bout supérieur de l’artère ouverte étant lié, il suffit d’en comprimer le bout inférieur pour prévenir le retour du sang ou de l’hémorrhagie.
Depuis que j’ai posé ces préceptes , M. A. Berard (1) est venu les fortifier par deux observations. Un fait publié par M. Quoy (2) les appuie de la même façon. J’en puis dire autant de celui de Dugès (3), et-de quelques autres. La méthode d’Anel suffît à M. H. Berard (4), à M. Sédillot (5), pour remédier à l’hémorrhagie le quatorzième jour d’une blessure de l’artère cubitale ou de l’artère brachiale. Il en serait de même pour les anévrismes circonscrits; aussi Sommé (6) a-t-il guéri son malade en liant la cubitale au milieu de l’avant-bras. Il est vrai cependant que chez un sujet qui avait eu l’artère radiale blessée , M. Dubreuil (7) fut obligé, après avoir essayé la compression, la ligature de h radiale, puis de la cubitale, d’en venir à la ligature de l’artère brachiale elle-même.
Si l’affection, soit traumatique soit spontanée, avait pour siège la branche dorsale de l’artère cubitale, comme MM. Pillet (8) et Baretta en ont observé un exemple à l’hôpital de
(1) Gaz. de Paris, 1833, p. 706.
(2) Journal des conn. méd.-chir ., t. I, p. 260.
(3) Zbid., p. 210.
(4) Arch. gén. de méd., 2e série, t. VII, p. 448.
(5) Gaz. méd. de Paris, 1834, p. 41.
(6) Gaz. méd. de Paris, 1833, p. 695.
(7) Ibid., 1834, p. 726.
(8) Thèse n° 17G. Paris, 1827. . •
Lyon , ou quelque autre rameau de la même région , la ligature , peu dangereuse , facile à placer , devrait être préférée à tout autre moyen , et portée au-dessus et au-dessous du mal par l’ancienne méthode.
§ III. Manuel opératoire. A moins que cette ligature ne se fasse dans la blessure même, c’est immédiatement audessus du poignet, ou bien dans le tiers supérieur de l’avant-bras , qu’on la pratique.
A. Radiale au-dessus du poignet. Lorsqu’on veut lier l’artère radiale au-dessus du poignet , la main doit être placée en supination. Avec un bistouri droit ou convexe, le chirurgien , situé en dehors , fait une incision d’un à deux pouces aux téguments , dans la direction de l’artère, entre le muscle radial antérieur et le long supinateur, en ayant soin de ne pas aller trop profondément d’abord. Ensuite il divise l’aponévrose préalablement soulevée, de telle sorte qu’en glissant sur la cannelure de la sonde le bistouri ne puisse pas toucher les vaisseaux. Comme le nerf en est très éloigné, et que la veine collatérale est peu importante, il est à peu près indifférent de saisir l’artère par son côté interne ou par son côté externe ; on doit seulement éviter de la décoller dans une trop grande étendue.
B. Cubitale au-dessus du poignet. La main et l’avant-bras sont placés pour la cubitale comme précédemment. On donne à l’incision la même étendue et la même direction ; il ne faut pas non plus qu’elle descende jusqu'au niveau de l’articulation radio-carpiénne , et c’est sur le bord radial du muscle cubital ou dans la gouttière interne de l’avant-bras qu’on la fait. Après avoir divisé la peau ,1a couche graisseuse, le feuillet fibreux mince qui recouvre le tendon du cubital autérieur, et repoussé ce tendon en dedans, on aperçoit l’artère à travers une seconde lame aponévrotique , accolée au côté radial et un peu antérieur du nerf cubital.
C. Radiale au tiers supérieur de l'avant-bras. Comme on est forcé de pénétrer plus profondément dans la moitié supérieure de l’avant-bras qu’en bas, il convient de donner au moins deux pouces d’étendue à la plaie, qui doit être un peu oblique de dedans en dehors pour ne pas s’écarter de la ligne