CHAPITRE III. — Artères de la tête
Il n’est guère de branche un peu importante, soit à la face, soit dans le crâne, qui ne puisse être lésée par des agents extérieurs , ou devenir le siège d’un de ces anévrismes spontanés qu’on qualifie d’anévrismes mixtes ou vrais.
Art. Ier. Artères de V extérieur. Deux anévrismes, dont un à la tête et l’autre à la mâchoire, ne furent constatés que sur le cadavre, attendu, dit Barbette (1), qu’ils étaient sans battements pendant la vie. Faleitacite un exemple, etScarpa (2)
(1) Chirurgie, ch. 16, 2« part., liv. I, p. 218.
(2) (Jbs . sur V anévrisme, etc.
ARTÈRES DE LA TÊTE. 2l‘î
deux cas d’anévrismes à l’artère temporale. M. Green (1) en a fait connaître un quatrième. Klaving en a mentionné un qui occupait l’auriculaire postérieur gauche chez un jeune homme de vingt-cinq ans, et M. Renzi (2) rapporte une observation analogue à M. Nanulla. Dehaen a vu la même chose sur l’artère dorsale du nez. M. Godichon a rencontré sur le front une tumeur anévrismale pédiculée , plus grosse que le pouce ; il en a observé une autre au-devant de la bosse pariétale droite.
On trouve dans les Actes de Leipsig une observation d’anévrisme de l’artère frontale, et j’en ai rencontré un exemple aussi. Dans un cas semblable , M. Brodie (3) opéra par l’ancienne méthode avec succès. MM. Gasté, Mérat et Stone (4) parlent aussi d’anévrismes àla tempe. M.Gama en a guéri un qui existait près de la commissure des lèvres. M. Bégin en cite un autre qui occupait la méningée moyenne, et qui fit périt le malade après avoir perforé la fosse temporale. M. Krimer (5) rapporte un fait semblable, si ce n’est le même. Pelletan (6) mentionne une tumeur anévrismale ou érectile de la paupière chez un jeune garçon; une autre sur lu conjonctive d’un second sujet, puis, chez un troisième, une maladie pareille à la partie supérieure du front. Il a vu, en outre , dans deux cas différents, presque toutes les branches de l’occipitale ou de la temporale, et même de la carotide externe , dilatées , hypertrophiées , comme variqueuses. La même chose avait lieu chez le malade de M. M’Lachlan (7). Un malade dont parle M. Kuhl (8) avait le crâne criblé d’anévrismes. M. de Noter (9), citant un fait semblable , donne une figure qui montre que son malade
(1) The Lancel , 1828, t. II, p. 381 ; et Fletcher, Thèse n° 267. Paris, 1836.
(2) Velpeau, Mèd. opér ., trad. ital., p. 182.
(3) The Lancet, 1829, vol. II, p. 559.
(4) Journal des progrès, 2e série, t. iï, p . 2 1 5.
(5) Journal des progrès, t. X, p. 237.
(6) Clin, chir., t. ü, p.
(7) Encyclog.méd., 1836, p. 131.
(8) Glascow's rrted . journal, 1828.
(9) Ballet, de la soc. de Gand , 1836, p. 192.
avait toutes les artères extérieures du crâne transformées en énormes varices (1). L’artère palatine elle-même n’est point à l’abri des dilatations anévrismales , ainsi qu’il résulte d’une observation de M. Delabarre.
Art. II. Quant aux artères de V intérieur du crâne, elles peuvent, quoique moins^souvent, donner lieu à des lésions du même genre que celles de l’extérieur. Des exemples d’anévrismes variqueux , ou par anastomose des paupières ou de l’orbite, ont été publiés par MM. Wardrop, Travers, Arendt. M. A. Cooper a noté un petit sac anévrismal sur l’artère centrale de la rétine. MM. Serre , Lebert (2), Bright (3) , en ont décrit un autre, gros comme une noix, qui appartenait à la basilaire, et M. Hodgson rapporte un cas dans lequel un petit sac, formé par l’artère cérébrale antérieure , était complètement rempli d’un caillot solide qui ne s’étendait point dans la cavité du vaisseau. D’autres exemples appartenant à la même catégorie ont en outre été rassemblés par M. Nebel (4), qui donne aussi la figure d’un anévrisme développé sur la selle turcique aux dépens de l’artère calleuse.
Art. III. Indications. Mais de deux choses l’une : rien ne fait soupçonner l’existence de l’anévrisme, par exemple, quand il est renfermé dans le crâne, et alors les secours de la chirurgie ne peuvent pas être invoqués; ou bien le mal se voit à l’extérieur, et dans ce cas, il faut se comporter comme pour les anévrismes des membres. Le malade de M. Krimer mourut d’hémorrhagie foudroyante , parce que, prenant son anévrisme pour un kyste, on en fit l’extirpation. Celui de M. Stone guérit sans secours. Percy raconte avoir vu Lombard, qui le dit de son côté, prendre un anévrisme de l’artère occipitale pour un abcès, et être obligé d’en venir à la ligature. L’opération simple réussit à M. Syme (5) dans un cas d’anévrisme auriculo-mastoïdien. M. Green, qui opéra pour un anévrisme variqueux, lia l’artère au-dessous et au-dessus de la tumeur.
(1) Bull, de lasoc. de Gand, 1836, p. 192, et Encyclop. rrièd ., 1836, p. 131.
(2) Archiv. gén. de rrièd. , 2* série, t. XII, p. 213.
(3) The Lancet. 1829, vol. II, p. 727.
(4) Dissertajio inaugur., etc. Heidelb., 1834.
(6) The Lancel> 1829, vol. I, p. 598.