ARTÈRES DE LA TÊTE
M. Carswell (1) a rapporté depuis l’histoire d’un autre anévrisme variqueux delà tempe, suite de scarification dans cette région. Après avoir lié le tronc artériel au-dessous, il fallut en venir à la section des branches au-dessus. M. Larrey (2) réussit , lui , avec la cautérisation dans un cas de blessure de l’artère méningée moyenne.
On voit en conséquence que tous les genres d’anévrismes et toutes les sortes de traitements qu’on oppose à ces maladies s’appliquent à ceux du crâne comme à ceux des autres régions. Du reste, la multiplicité des anastomoses exige ici, plus encore qu’au pied, qu’on lie ou que l’on comprime audessous et au-dessus. Les anévrismes suite de l’artériotomie temporale sont d’ailleurs beaucoup plus communs en Angleterre qu’en France. M.A. Cooper (3) en a opéré un par l’ancienne méthode avec succès. Celui que cite Burns (4) était un anévrisme variqueux. M. Bushe (5) parle de trois cas où il fut obligé d’extirper la tumeur, et c’est une maladie que M. Desruelles a décrite avec détail. Si la compression ne suffit pas, l’ouverture du sac doit être tentée. M. Cisset l’a faite une fois avec succès pour l’artère occipitale ; autrement on préfère la ligature de la carotide elle-même à celle de l’artère qui est plus spécialement affectée.
Art. IV. Manuel opératoire. 11 n’y a guère de règle à établir ici sous le rapport de l’opération que pour le tronc de la faciale, de l’occipitale et de la temporale, si on n’agit pas sur le lieu même de la lésion.
§ Ier. Artère temporale. — On trouve aisément la temporale à trois lignes au devant de l’oreille , un peu au-dessus et au niveau de l’arcade zygomatique ; une incision longue d’un pouce suffit pour y conduire, et c’est dans les lames profondes de la couche celluleuse quelle est enveloppée.
Au surplus , les anévrismes du crâne n’ayant point de position fixe , font que pour les traiter par la méthode d’ Anel,
(1) Rev. méd., 1836, t. IV, p. 442.
(2) Clin. chir.y t. I, p. 189*
(3) Lectures, etc., vol. II.
(4) Surg, anal., p. 342.
(5) The Lancet , 1828, vol. II, p. 413-456,
il faut se laisser guider par les battements de l’artère bien plus que par des rapports anatomiques réglés d’avance. Une autre indication à répéter est que, soit qu’on suive l’ancienne méthode, soit qu’on opère sans ouvrir la tumeur , la ligature doit être placée très près de l’anévrisme, au-dessus et au-dessous , sur toutes les branches qui s’y rendent ou qui en sortent.
§ II. Artère occipitale. — C’est au cou qu’il faudrait aller chercher l’ occipitale. Mais elle y est si bien cachée, que de toute façon on doit lui appliquer la ligature directe ou par l’ouverture du vaisseau, et la saisir sur le point même où elle est malade, plutôt que de lui opposer la méthode d'Anel.
s Artère faciale. — La faciale ne serait pas plus difficile à découvrir que la temporale à son entrée sur la mâchoire inférieure. En incisant la peau , avec précaution , sur le bord de cet os et dans une direction horizontale, depuis le bord antérieur du masséter jusqu'au muscle triangulaire des lèvres, on ne manquerait pas de la mettre promptement en évidence. On y arriverait encore en divisant les parties qui la recouvrent dans l’étendue d’un pouce ou d’un pouce et demi , obliquement de haut en bas et d’avant en arrière, tout près du muscle masséter ; sa veine satellite est le seul organe qu’il soit utile de ménager , et même elle pourrait être blessée ou comprise dans le fil , sans qu’il en résultât de graves inconvénients. Comme la temporale , l’artère faciale devrait aussi le plus souvent être liée au-dessus et au-dessous du sac ou par ses deux bouts , pour que l’opération eût toutes les chances possibles de succès. Siebold dit l’avoir liée avec succès pour une hémorrhagie intermittente des gencives.