‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 50 sur 128 · NERFS DU MEMBRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

NERFS DU MEMBRE INFÉRIEUR

sonde, il découvrirait ensuite le cordon nerveux entre le muscle jumeau externe qui reste en dedans et en bas , le tendon du biceps qui se trouve en haut et en dehors avec la tête du péroné , et le bord postérieur de cet os ou du muscle long péronier latéral qui se voit en avant.

En cas de difficulté, on pourrait inciser sans danger jusqu’à l’os toute l’épaisseur du muscle péronier lui-même, de manière qu’en cherchant depuis la tête osseuse jusqu’à huit ou dix lignes au-dessous , il serait impossible de ne pas trouver le nerf. Soulevé sur une sonde cannelée ou par une érigne , ce nerf serait d’ailleurs excisé comme il a été dit pour les autres. Son excision dans ce point eût probablement sauvé le malade de Nicod. Toujours est-il qu’un invalide, opéré ainsi par M. Yvan (1) , fut promptement et radicalement guéri d’une ancienne névralgie de la jambe.

D. Nerf tibial postérieur. L'excision du nerf tibial postérieur ne pourrait être pratiquée sans dangers réels que depuis la terminaison du mollet jusqu’à l’entrée delà plante du pied; et c’est derrière la malléole interne quelle serait le plus facile ou le moins dangereuse. On place la jambe dans la demiflexion sur sa face externe. Le chirurgien incise les téguments, le fascia sous-cutané et l’aponévrose , à six lignes environ en arrière du bord postérieur de la malléole , dans l’étendue de deux pouces et parallèlement à l’axe du membre, comme s’il s’agissait de découvrir l’artère tibiale postérieure. Placé en arrière et en dehors de cette artère , au milieu d’un tissu cellulo-graisseux assez lâche, le nerf se distingue à sa teinte jaunâtre , à son volume et à sa forme de cordon. L’absence de battement, la difficulté de l’aplatir , permettraient en outre de ne pas le confondre avec le vaisseau. L’ayant soulevé sur une sonde ou accroché avecl’érigne, on en exciserait une portion avec de bons ciseaux, comme il a été dit précédemment.

En pratiquant cette opération , Delpech (2) plaça son incision trop près du bord de l’os ; mais l’habileté de l’opérateur triompha sans peine de cette difficulté. Il paraît que

(1) Descot, Thèse n° 233, p. 43. Paris, 1822.

(2) Lancette française , t. Y, p. 467-458. — jRev. méd.t 1832, t. I, p. 72

le malade guérit complètement. Un fait à noter ici, c’est que le pied, d’abord engourdi et presque insensible, a fini par retrouver en grande partie la faculté de se mouvoir et de sentir. II en résulte que l’excision du tibial antérieur n’entraînerait probablement pas une paralysie permanente des muscles extenseurs des orteils , la perte des mouvements d’extension , l’établissement d’un pied équin comme on se l’imaginerait d’abord.

Quant à la section des nerfs saphènes, elle ne pourrait troubler que la sensibilité des téguments, encore est-il à espérer que ce trouble ne serait pas de longue durée.

§ II. Nerfs de la cuisse. Parmi les nerfs delà cuisse, il n’y a guère que le grand sciatique dont l’excision puisse être proposée.

A. J’ai cependant lu dans un volume publié récemment qu’un chirurgien, non content d’avoir incisé le nerf sciatique pour une névralgie de la jambe, voulut encore pratiquer la section du nerf crural , mais on reconnut après la mort que ce dernier avait été manqué. Dire que l’excision du nerf crural à la cuisse ne doit pas être tentée est complètement inutile, puisque, ainsi que le savent les anatomistes, il se divise en une infinité de branches dès son arrivée dans l’aine.

B. Quant au nerf sciatique, il est d’un volume si considérable, et il alimente à lui seul une si grande étendue de parties, que l’idée de son excision ou même de sa simple section a déjà quelque chose d’effrayant. Les douleurs de la sciatique ont, d’un autre côté, un caractère tellement violent, tellement tenace chez certains malades , qu’on est parfois tenté de tout essayer pour les éteindre. Il ne faut donc pas être trop étonné en apprenant que l’excision de ce nerf a réellement été pratiquée , et qu’un chirurgien d’Italie n’a pas craint de la recommander.

C’est en 1828 que M. Malagodi (1) eut recours à cette opération pour remédier à une névralgie que rien n’avait pu calmer. On fit placer le membre comme pour la ligature de l’artère poplitée; le chirurgien pratiqua ensuite une longue incision, depuis le tiers moyen de la cuisse jusqu’au creux du jarret.

(1) Arch. gèn. de mèd., 2e série, t. YI, p. 114.

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