‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 51 sur 128 · EXCISION DES NERFS AU FOND DES CICATRICES · texte numérisé non relu

EXCISION DES NERFS AU FOND DES CICATRICES

Divisant les téguments, lefascia sous-cutané et l’aponévrose, on arrive bientôt entre le muscle biceps qui se trouve en dehors, et le muscle demi-membraneux qui est en dedans. Continuant de trancher les tissus lamelle par lamelle, substituant ensuite le bec de la sonde au bistouri, on ne tarde pas à trouver le nerf sous la forme d’un gros cordon légèrement jaunâtre.

La partie la plus élevée de la région du jarret doit être préférée en pareil cas, i° parce que, dans cet endroit, les deux branches du nerf sciatique sont encore très voisines l’une de l’autre, si tant est quelles soient déjà séparées; 2° parce que la veine et l’artère poplitée , d’ailleurs toujours plus profondes et situées plus en dedans, sont beaucoup plus éloignées du nerf que dans le creux poplité même.

Après avoir convenablement isolé le nerf sciatique et passé son doigt au-dessous, M. Malagodi en opéra la section dans l’angle supérieur de la plaie. Des accidents nombreux se déclarèrent. La plaie resta cinq mois à se cicatriser; le membre, complètement paralysé d’abord , fut long-temps à se remettre ; mais il reprit à la fin ses fonctions, et le malade s’est, assure-t-on, complètement rétabli dans l’espace d’une année.

Je ne voudrais pas que cette description pût engager à pratiquer une opération semblable sans nécessité; je ne voudrais pas même affirmer qu’elle puisse être jamais indispensable; je dis seulement que l’observation de M. Malagodi doit être enregistrée et que la question mérite d’être examinée par les chirurgiens.

ARTICLE III. — Excision de l’extrémité des troncs nerveux au tond d’anciennes blessures ou des cicatrices.

On trouve des malades amputés ou blessés qui se plaignent de douleurs atroces quand on touche leurs cicatrices ou le bout de leur moignon. Les observations de M. Larrey montrent qu’en s’agglutinant entre eux, qu’en se collant au tissu même de la cicatrice après les amputations, les nerfs subissent un rendement, un travail à leur extrémité. La fixité, le peu d’étendue du point douloureux, la manière dont les douleurs se propagent alors, permettent de supposer que l’excision des

parties serait de nature à guérir quelquefois les malades. C’est une opération néanmoins qui ne paraît guère avoir été pratiquée jusqu’ici, et qu’il serait d’ailleurs difficile de soumettre à aucune règle précise de médecine opératoire. M. Champion, qui fut tenté de l’essayer sur le nerf sciatique pour une névralgie rebelle , établie dans le moignon d’une cuisse qu’il avait amputée, finit par y renoncer. Un amputé avait des convulsions, des douleurs atroces dans le moignon, dit M. Palmer (1) y l’excision d’un pouce du nerf péronier qui proéminait dans la cicatrice où il était hypertrophié ne guérit qu imparfaitement le malade. Je n’ai point d’autre exemple à invoquer actuellement en faveur de cette opération.

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