AMPUTATION EN GÛNÉ15AL
pocratistcs ne donnent à ce sujet que peu de détails. G’cst à Gelse qu’il faut arriver pour en trouver une description un peu soignée. Connaissant mal la circulation du sang, les anciens, ne sachant point se mettre en garde contre les hémorrhagies , devaient être continuellement arrêtés par la crainte de la mort dès qu’il s’agissait de retrancher un membre volumineux. D’un autre côté, avant la découverte de la poudre à canon , les guerres des peuples , moins meurtrières de leur nature, devaient rendre l’amputation moins fréquemment indispensable quelle ne l’est devenue par la suite. Dans le principeon dut se contenter d’inciser sur les parties mortes sans toucher aux tissus vivants, et cette pratique, qui s’est maintenue parmi les chirurgiens du moyen âge, est encore recommandée par F. d’Aquapcndente.
Quoique les anciens ne parlent guère de l’amputationqu’à l’occasion de la gangrène ou des ulcères rongeants , on voit néanmoins qu’ils avaient éprouvé de bonne heure le besoin de diviser les tissus au-dessus des parties mortifiées. Gelse (1) le prescrit formellement , et Archigènes d’Apamée paraît l’avoir fréquemment exécuté. Toujours épouvantésparl’hémorrhagie, ils imaginèrent mille moyens oubliés aujourd’hui pour la prévenir, et parvinrent de cette manière à faire de l’amputation une opération si terrible que beaucoup d’entre eux préféraient abandonner le malade à une mort certaine. Les uns commençaient par lier les vaisseaux en traversant toute l’épaisseur du membre avec un fil, ou bien par étrangler le membre lui-même tout entier et l’asperger d’eau froide. L’opération étant terminée, ils brûlaient la surface du moignon avec un fer rouge ou avec de l’huile bouillante.
Albucasis , moins timide que les autres, dit: « Quand on ne peut conserver le membre il faut le retrancher jusqu’au sain , attendu que plus grande est la mort de tout le corps que n’est le défaut d’un membre. » Guy (2) veut que l’on coupe un peu au-dessus des tissus malades, cr au lieu auquel on aura trouvé avec la tente introduite fermeté et douleur. » Pour cela, le membre est
(1) De re med., lib. VII, cap. 33.
(2) Traict. 6, doctr. 1, chap. 8, p. 4G9.
d’abord tenu ferme par des aides ; les parties molles sont ensuite divisées avec un rasoir jusqu’à Vos ; puis on garnit les lèvres de la plaie aveG une compresse , afin qu’elles ne soient point offensées par la scie ; enfin on cautérise la surface du moignon avec un fer ardent ou de l’huile bouillante. Du reste, il n’est pas sûr que cette méthode fût adoptée par Guy de Chauliac , car il ajoute bientôt : « Quant à moi, j’enveloppe tout le membre mortifié avec un emplâtre , et je le retiens de cette sorte jusqu’à ce que la jointure soit fondue et qu’il tombe de lui-même ; ce qui est plus honnête au médecin que si on le tranchait, car quand on le tranche, il en reste toujours quelque rancune au malade , qui pense qu’on aurait pu le lui conserver (1). » C’est sans doute ce passage qui a fait croire que Guy étranglait le membre au niveau d’une jointure avec un lien pour en amener la chute, erreur que relève vivement M. Dezeimeris (2).
Malgré les efforts de Paré pour faire adopter la ligature des vaisseaux à la suite des amputations, Pigray, Dionis et Kossi aimèrent mieux encore s’en tenir au cautère actuel dans certains cas ; mais depuis long-temps la chirurgie a fait justice de cette pratique barbare.
Du temps d’Hippocrate (3) c’était principalement dans les articles qu’on pratiquait l’amputation des membres. Il en est à peu près de même des Arabes, car il est dit dans leurs livres que si la corruption s’étend près de la jointure , il faut couper dans l’articulation même , sans scier, avec un rasoir ou autre instrument (4). La méthode de Celse, quoique défendue parGersdorf de Strasbourg , et par de Cervia long-temps auparavant , par Maggi et quelques autres ensuite , fut cependant abandonnée par la plupart des praticiens ; de telle sorte que dans le dix-septième siècle Botal ne craignit point de vanter un chirurgien qui avait l’habitude d’appliquer le membre sur le tranchant d’une hache solidement fixée, et de laisser ensuite tomber sur lui, de très haut, une seconde hache
.(1) Opérât, cil,, p. 4GG.
(2) Dicl, de mèd.t 2Ü édit., t. II, p. 470.
(3) De articulis , etc.
O) Guy de Chauliac, O per, dial,) p- 464-