‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 66 sur 128 · DU LIEU DE L’AMPUTATION · texte numérisé non relu

DU LIEU DE L’AMPUTATION

gourdissement où se trouvent certains blessés , n’est point une contre-indication formelle. Un Suisse , dont la cuisse droite avait été broyée d’un coup de boulet, le 27 juillet 1830, que je vis et que je conseillai de ne pas opérer à l’Hospice de Perfectionnement , fut amputé par M. P. Guersent et s’est très bien rétabli. On ne doit abandonner que ceux qui paraissent sans ressource. C’est au praticien instruit à distinguer les accidents qui obligent à temporiser. Dans les cas douteux, on attendra; mais si, par la suite, l’amputation devient indispensable , il faut être averti qu’elle ne réussit presque jamais quand on la pratique pendant l’acuïtédes accidents, tant que l’affect; on n’est pas entièrement localisée, qu’il existe des signes de phlébite , d’infection. C’est alors surtout que les viscères et toutes les fonctions doivent être minutieusement examinées , attendu que la réaction , qu’on a pu croire calmée , laisse souvent dans l’organisme des foyers purulents, qui ne manqueraient pas de compromettre le succès de l’opération. Ces remarques diverses s’appliquent tout aussi bien d’ailleurs aux amputations nécessitées par des causes étrangères aux coups de feu, que parcelles dont il vient d’être question.

ARTICLE Itl. — Du lieu ou l’amputation doit être pratiquée.

Toutes les amputations ont été divisées en deux grandes classes; celles qui se pratiquent sur le corps des membres portent le nom d’amputation dans la continuité; les autres ne sont que des désarticulations : on les désigne sous le titre (Y amputation dans la contiguïté . Les amputations sont en outre pratiquées dans le lieu d 'élection ou dans le lieu de nécessité , selon que le praticien est libre ou forcé par le mal , d’agir sur tel point plutôt que sur tel autre. A ce sujet, on ne peut guère établir que des règles fort vagues , car il n’en est aucune qui ne souffre de nombreuses exceptions. Ainsi il n’est pas toujours exact d’avancer qu’on doit s’éloigner autant du tronc, emporter aussi peu de parties que possible, qu’il faille choisir la partie la plus resserrée , la moins épaisse du membre.

§ T. Il en est de même de la règle qui veut qu’on ant-

pute toujours au-dessus des tissus malades. La dégénérescence lardacée n’exige nullement qu’on fasse l’ablation des parties qu’elle affecte, dès qu’il peut être de quelque avantage de les conserver; symptôme ordinaire d’une altération des parties dures, elle disparaît bientôt ainsi que les trajets fistuleux, les clapiers purulents, lorsqu’on en a détruit la cause. 11 suffit, en pareil cas, de faire la section de l’os audessus de son altération à lui, sans se laisser effrayer par l’état des parties molles , surtout s’il s’agit de la cuisse ou du membre supérieur.

§11. La nature du mal est à considérer autant que son siège dans cette question. S’agit-il d’amputations primitives à la suite d’écrasement, de grands fracas des membres, de blessures par armes à feu, de gangrène, d’inflammation, de suppuration encore mal limitées, de tumeurs cancéreuses, l’instrument doit être porté aussi loin que l’importance de l’organe le permet au-dessus des limites apparentes du mal. Si la maladie qui réclame l’amputation est au contraire une gangrène limitée , une nécrose , une carie , une suppuration , une fracture, une luxation compliquée, une blessure d’artère , une section par instrument tranchant , un étranglement, et que le travail pathologique qui en est résulté soit exactement localisé, n’ait plus de tendance à gagner au-dessus , on peut sans inconvénients n’enlever que ce qui est réellement désorganisé.

§ III. A la suite des lésions traumatiques on conseille, en général, d’amputer dans l’article, ou dans la continuité de l’os situé au-dessus, les accidents qui suivent alors l’amputation étant causés le plus souvent par des fêlures qui remontent quelquefois jusqu’au tissu spongieux de l’extrémité articulaire supérieure de l’os brisé; M. Kerst a remarqué que la fêlure a toujours lieu dans la direction suivie par le projectile. Aussi, dans des cas où la plaie avait été faite de haut en bas, a-t-il pu amputer avec succès à quelques pouces seulement au-dessus d’après cette indication.

ARTICLE IV. — Préparatifs.

§ Ipr. Les soins , soit physiques , soit moraux , qu’on doit prodiguer au malade, les préparations qu’il convient de lui

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