‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 67 sur 128 · PREPARATIFS · texte numérisé non relu

PREPARATIFS

faire subir avant une amputation, sont les mêmes que pour toute opération grave , et varient d’ailleurs selon une infinité de circonstances. Tous les temps , toutes les saisons , toutes les heures du jour ou de la nuit, peuvent être adoptés pour la pratique des amputations, ainsi que pour toutes les opérations d’urgence. Cependant on préfère généralement le matin, quand il est permis de temporiser, et cela par la raison qu’il est plus facile de surveiller le malade pendant le reste de la journée , que si on l’avait opéré à l’entrée de la nuit.

§ II. Appareil ( 1-24). Les instruments nécessaires pour pratiquer les amputations les plus compliquées sont un tourniquet , un garrot, une pelote à manche , ou autres objets propres à suspendre momentanément le cours du sang dans le membre, des couteaux de diverses longueurs , un bistouri droit, un bistouri convexe, une scie avec des lames de rechange, des pinces à disséquer, des ciseaux courbes ou droits, des tenailles incisives, des érignes , des aiguilles à suture, un ténaculum. Pour le pansement, on a besoin de fils cirés simples , doubles , triples , quadruples , dont on forme des ligatures de longueur et de grosseur différentes ; de bandelettes empîastiques , agglutinatives , de charpie brute , en boulettes et en plumasseaux ; de compresses longuettes, carrées et d’autres formes encore; de bandes de toile et quelquefois de laine. Il faut avoir en outre de l’agaric, des éponges , de l’eau tiède et de l’eau froide dans des vases différents ; un peu de vin, de vinaigre, d’eau de Cologne ; une lumière, du feu dans un réchaud , et quelques cautères, en supposant qu’il soit utile d’en faire usage.

A. Parmi ces objets, il en est quelques uns qui méritent toute l’attention du chirurgien. Ainsi les couteaux doivent avoir

une longueur en rapport avec le volume du membre dont on veut faire l’ablation. Ceux de Wiseman et de beaucoup d'anciens chirurgiens avaient la forme d’une faucille , dans le but de diviser à la fois autant de parties molles que possible. Adoptés généralement pendant plusieurs siècles , ces couteaux courbes , dont M. Onsenort se sert encore pour désarticuler l’épaule, ont été entièrement rejetés depuis Louis, qui en a fait voir l’inutilité et les inconvénients. Aujourd’hui

on en fabrique qui, tout-à-fait droits, se terminent par une pointe mousse et large. D’autres au contraire sont arrondis à l’extrémité. Il en est aussi de très acérés à la pointe en meme temps que leur largeur est peu considérable. M.Weinhold (1), qui, pour faire toute l’amputation avec le même instrument, a imaginé un couteau-scie, vient d’être dépasse par M. Cazenaud (2), qui possède un citexciseur avec lequel on ampute les membres d’un seul coup , comme on le faisait déjà du temps de Botal ! Les meilleurs couteaux à amputation n’en sont pas moins ceux dont le tranchant est légèrement convexe comme le voulait Lassus, qui tiennent le milieu pour la largeur entre les couteaux adoptés par les membres ou les élèves de l’ancienne Académie de chirurgie et ceux de quelques chirurgiens modernes. Sans être très aiguë, leur pointe n’est pas taillée carrément , et leur talon n’a pas besoin de former un angle saillant en avant du manche qui les supporte.

B. La scie est un instrument dont la forme a plus varié encore que celle des couteaux. Il importe qu’elle soit assez pesante pour n’avoir besoin que d’être traînée sur l’os au moment de son action. Sa lame doit être convenablement tendue immédiatement avant l’opération, offrir un peu plus d’épaisseur du côté des dents que vers le dos , un chemin assez marqué pour qu’en pénétrant elle ait une marche libre et facile. Ce chemin lui est donné par l’ouvrier en déjetant les dents , l’une à gauche , l’autre à droite alternativement. M. Guthrie conseille de disposer ces dents sur deux rangées parallèles, de manière que dans l’une leur pointe regarde en avant, et que dans l'autre elle soit tournée en arrière, afin, dit-il, quelles pénètrent aussi bien en allant qu’en revenant. Cette modification n’est point adoptée parmi nous. La scie usitée en Angleterre depuis Pott ou Hey , étant très légère , est plus facile à conduire ; mais elle exige plus d’habitude pour être bien maniée que la scie française. Celle dont Brunninghausen (3) réclame l'invention contre Heine réunit,

(1) Bull, cle Fénissac, 1. 1, p. 140.

(Y) Rev. mècl., 1838, t. II, p. 442.

(3) Opérai, citai.

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