‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 68 sur 128 · PRÉPARATIFS · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS

dit l’auteur , les qualités de la scie ordinaire et les avantages de celle de Pott. La scie tournante de M. Thall (1) est encore moins importante. Du reste, ce n’est pas là l’essentiel dans une amputation. À la rigueur , il n’y a pas de sc'e qui ne puisse suffire. Victor Moreau pratiqua sa première résection du tibia, en 1788, avec une scie de menuisier, et M. Nôve fut obligé de s’en tenir au même outil dans une résection du corps de cet os , m’écrit M. Champion.

Quoi qu’il en soit , dans l’ordre de la chirurgie régulière , il est bon que la scie ait toujours une ou deux lames do rechange; c’est un principe que F. de Hildon fut conduit à établir après avoir été forcé de laisser une amputation incomplète jusqu’à ce qu’on lui eût trouvé une seconde scie pour remplacer celle qu’il venait de briser. Quant aux autres pièces de l’appareil, j’y reviendrai en parlant de leurs applications spéciales ou des amputations en particulier.

§ lit. Position du malade. Dans les hôpitaux , on porte ordinairement le malade à l’amphithéâtre, ou dans une salle particulière destinée aux opérations (1-26). Là on le place sur une table plus ou moins élevée, garnie de matelas et d’alèzes; dans certains cas, il s’assied simplement sur une chaise convenablement disposée. Hors des établissements publics , on peut aussi choisir un local particulier, mais, en général, on l’opère sur un lit ou sur une chaise dans sa. chambre à coucher.

§ IV. Les aides ( 1-23 ) doivent avoir chacun un rôle distinct, et bien déterminé d’avance. L’un est chargé de comprimer l’artère. On choisit en général , pour cet objet , le plus fort, le plus grand, ou celui qui possède le plus de sangfroid et de connaissances. Un second embrasse le membre , du côté de la racine, pour relever les chairs. Le troisième soutient et fixe la partie qu’on veut enlever. Un quatrième est chargé de présenter les instruments à mesure qu’ils deviennent nécessaires. D’autres s’emparent des diverses parties du corps dont les mouvements pourraient nuire pendant l’opération.

§ V. Suspendre le cours du sang. (1,29-30.) L’amputation

(1) Archiv. gèn. de mcd., t. I, p. 2G8.

des membres est l’opération qui réclame le plus impérieusement l’emploi des moyens hémostatiques provisoires. Tout ce que j’ai dit de ces moyens (I, 29-30; II, 24 et suiv.),et de la manière de s’en servir, doit être rappelé ici. La compression avec les doigts ou les mains n’empêche point de songer au garrot, au tourniquet, a Le garrot est mon moyen favori pour suspendre le cours du sang, parce qu’il réussit mieux qu’aucun autre, ditM. Champion, et parce qu’il engourdit le membre. » Il n’est pas indifférent de s’opposer à la perle , même d’une petite quantité de sang, chez un sujet affaibli; il devient indispensable en province, quand on manque d’aicles ; et c’est un moyen préventif de F hémorrhagie consécutive, quand on laisse un opéré à plusieurs lieues de chez soi. a J’ai vu le seul aide capable de comprimer la fémorale avec une pelote, dans un cas d'amputation de cuisse, tomber en syncope pendant l’opération, ajoute le même praticien, et le blessé courir les plus grands dangers si je ne l’avais remplacé. » La plaque fenêtrée du garrot expose la ligature à être coupée par ses bords, et je préfère un morceau de cuir fort. Loder dit qu’un seul tourniquet est insuffisant quand les extrémités sont maigres; autrement il faudrait exercer une compression trop forte. Le garrot appliqué convenablement ne s’oppose nullement à ce que l’on conserve assez de peau pour réunir J a plaie.

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