‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 76 sur 128 · CHAPITRE IL — Membre abdominal · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL — Membre abdominal

Aux membres inférieurs , les amputations sont généralement plus difficiles et plus graves qu’aux membres thoraciques. Du reste , on les pratique aussi sur le pied, la jambe, la cuisse, dans la continuité et dans la contiguïté.

ARTICLE Ier. — Amputation de chaque orteil.

Il n’en est pas des orteils comme des doigts. Les usages de ceux-ci en rendent la conservation importante > et leur longueur permet de les amputer partiellement. Ceux-là , au contraire , ne servant qu’à la station , et n’ayant que peu d’étendue, peuvent être enlevés en totalité sans nuire essentiellement aux fonctions du pied. Aussi n’ampute-t-on presque jamais pour une ou deux phalanges des orteils , ni dans la continuité de la phalange métatarsienne. Le premier d’entre eux pourrait seul faire exception à cette règle, en supposant que sa phalange unguéale fût affectée de manière à permettre de conserver assez de parties molles pour former un lambeau convenable.

A. Gros orteil. Le premier orteil semble devoir faire exception à la loi commune sous un autre point de vue. Depuis Le Dran (i) jusqu’à nos jours, la plupart des chirurgiens ont préféré diviser l’os du métatarse derrière sa tète , que de se borner à en séparer le gros orteil. En désarticulant l’orteil , a-t-on dit , on donne naissance à une difformité choquante ; l’extrémité antérieure de l’os forme une saillie considérable , difficile à recouvrir , qui frotte douloureusement contre les chaussures, ne peut que nuire, en un mot , au lieu de servir aux usages du pied. H est de fait que la difformité est moins évidente après l’amputation du premier os métatarsien, qu’ après l’ablation simple de l’orteil ; mais il est incontestable aussi que la station est plus difficile et moins sûre dans le premier cas que dans le second;

(1) Opérât., p. 560. — Observ., t. II, p. 369.

que cette tête osseuse qu’on voudrait faire disparaître est de la plus grande utilité , empêche le pied de se renverser en dedans , et rend plus solide la base de sustentation. Sous ce point de vue donc, l’amputation simple du gros orteil doit être préférée.

J’ai désarticulé le premier orteil par la méthode à lambeaux et par la méthode ovalaire. Si le mai occupe l’articulation phaîangienne seule, j’incise circulairement en arrière, et je coupe la première phalange dans la continuité avec les tenailles incisives ou les cisailles de Liston.

En plaçant les lambeaux de côté pour désarticuler cet orteil, on a besoin de leur conserver une longueur considérable, et il est rare qu’on ne soit pas arrêté en dessous par les os sésamoïdes. La méthode ovalaire est préférable sous tous les rapports ; mais en la pratiquant le chirurgien doit éviter d’aller trop en arrière du côté de la plante du pied. Prolongés sous la tête de l’os du métatarse ,les os sésamoïdes le gêneraient considérablement s’il n’avait pas soin de ramener aussitôt le bistouri en avant sous le bord de la phalange.

B .Petits orteils. S’il arrivait cependant qu’un des orteils ne fût affecté qu’à son extrémité, deux raisons en justifieraient l’amputation aussi loin du métatarse que possible, 1° le besoin de ne rien enlever à la base de sustentation; 2-° l’avantage de ménager la gaine des tendons fléchisseurs. Chez un garçon âgé de neuf ans, j’enlevai ainsi la dernière phalange pour une exostose avec ulcération fongueuse de la face unguéale du troisième orteil. Ce fut celle du deuxième chez un autre, et celle du premier dans un troisième cas. L’opération n’offrit de difficulté chez aucun , et la réunion complètement immédiate eut lieu chez le premier. Il n’y a guère que la méthode à lambeaux, du dos vers la plante, qui soit applicable en pareil cas. La pulpe de l’orteil fournit un coussinet facile à relever, et qui ferme très bien la plaie.

C. Les procédés à suivre étant d’ailleurs exactement semblables à ceux qui ont été décrits pour l’ablation des doigts, je n’ai pas besoin de les reproduire ici. Je ferai seulement remarquer que l’excavation naturelle qui correspond à la face dorsale des articulations métatarso-phalangiennes et

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