IV. Jambe. — C’est à la jambe que la résection des pseu
(1) Gaz. méd., 1831, p. 289.
(2) Thèse de Strasbourg , avril 1823.
PSEUDARTHROSES. 595
darthroses offre le plus d’embarras. Le tibia doit toujours êlre découvert par sa face antéro-interne. On en détache en arrière et en dehors les muscles avec précaution, et en rasant d’aussi près que possible sa face postérieure, afin d’éviter avec plus de certitude l’artère tibiale correspondante. Dans sa moitié supérieure, il serait difficile d’arriver au but sans ajouter une incision transversale à l’incision longitudinale. Peut-être alors une seule incision suffiraitelle cependant, si on lui donnait une direction oblique de haut en bas et d’avant en arrière. La résection de l’un des bouts de l’os étant faite, on pourrait également procéder à l’autre par cette même plaie.
Il conviendrait de pénétrer entre les muscles péroniers latéraux et les extenseurs des orteils, pour découvrir le péroné, qu’une seule incision permet toujours d’atteindre. Sa résection, qui offrirait d’ailleurs moins de difficultés que celle du tibia , n’aurait pas besoin d’être aussi complète. Qu’un cal s’établisse dans la solution de continuité de ce dernier, et le péroné se consolidera inévitablement à son tour.
V. Fémur. — Les pseudarthroses du fémur, pouvant exister sur toute la longueur de l’os, font aussi que la résection doit en être pratiquée d’après des règles nécessairement variables. Cependant, depuis le grand trochanter jusqu’auprès du genou, c’est par sa région antéro-externe qu’il faudrait découvrir cet os, en incisant successivement la peau, le fascia sous-cutané , le fascia lata et le muscle triceps. Faisant plier le membre en dedans et en arrière, le chirurgien, chargeant un aide d’écarter les lèvres de la plaie, arriverait bientôt sur l’angle brisé du fémur, et n’aurait plus qu’à en isoler les deux branches à coups de bistouri, dans l’étendue d’un pouce pour chaque bout, à placer l’attelle ou la compresse protectrice , pour mettre la scie en jeu et terminer la résection.
§ VI. Moyens contentifs. Brassarts. Cuissarts.
Les pseudarthroses de l’humérus et de l’avant-bras, incurables, ou dont les malades ne veulent pas se faire traiter,
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peuvent être palliées d’une manière remarquable par l’usage d’unbrassart. M. Champion (1) en a fait construire en coutil et en petite baleine, qui ont été très utiles aux malades. Deux espèces de demi-gouttières en tôle, garnies intérieurement, et fixées par des tresses que les infirmiers placent et serrent à volonté ont très bien réussi à Briot (2) chez trois blessés. J’ai déjà dit qu’en Allemagne les chirurgiens employaient l’appareil de l’écuyer Bailly (3), avec avantage, en semblable circonstance.
Les fausses articulations du fémur ont des inconvénients plus graves. Cependant, s’il en est qui forcent le malade à se soutenir et à marcher avec des béquilles, comme dans les cas cités par Lambert (i), Lions (5), Sue (6), il en est d’autres qui, à l’aide d’un cuissart, avec ou sans canne, permettent aux blessés de marcher aisément. (I, 599.) Je rencontre chaque jour, dit M. Seutin (7), un blessé qui marche avec une fausse articulation de la partie supérieure du fémur, que maintient une mécanique fort mal faite. Un militaire quiavait une pseudarthrose aux deux os de la jambe, se soutenait assez bien, mais il ne pouvait marcher qu’avec une bottine très dure. Un tailleur, dontle fémur était fracturé, qui pouvait porter le pied sur son épaule, en avant et en arrière, et à qui ce membre , observé par Saltzman (8), rendait les mêmes services que l’autre pour la marche et la station, si ce n’est que l’homme boitait par raccourcissement, montre toute la puissance de l’organisme, en pareil cas.
J’ai parlé ailleurs (I, 599) du cas cité par Sue (9), d’un homme qui marchait dans les rues avec le seul secours de sa canne, quoiqu’il eût une pseudarthrose au fémur. Comme
(1) Thèse de Paris, n° 11, 1815, p. 52.
(2) Hist. des progrès de la chir. milit ., p. 411, 1817.
(3) liusi’s JVIagazin. R. 15. Heft 2. Journal des progrès, t. X, p. 257.
(4) Lambert, Thèse citée, p. 38.
(5) Thèse de Paris , 1804, n° 139, p. 39.
(G) Sue, Observations , etc., sur quelques maladies des os, p. 18, 21, 22.
(7) Lettre à M. Champion, 9 mars 1833.
(8) Pieisseissen, Diss . de artic. analogis , cap. II, § 5, 1718.
(9) Réftex. sur quelques malad. des os, par Sue, an xii, 1803, p. 1G4,