‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 87 sur 128 · CAL DIFFORME · texte numérisé non relu

CAL DIFFORME

Meckren (J), Boyer (2) a vu la facilité de marcher rendue par un cuissart à certains malades. Quelquefois aussi les cuissarts sont plutôt nuisibles qu’utiles. La progression, impossible quand la rencontre des deux bouts de l'os avait lieu , força d’abandonner le cuissart qui produisait ce rapprochement dans le cas cité par Sue.

A l’extrémité supérieure de l’humérus ou du fémur, les pseudarthroses ne réclament point d’opération. Le séton, la cautérisation , la résection , y seraient trop difficiles ou trop dangereuses. D’ailleurs la fausse articulation n’est pas suivie là d’inconvénients aussi graves qu’au milieu des os. J’ai vu deux malades dont la fracture du col chirurgical de l’humérus ne s’est point consolidée, et qui s’en apercevaient à peine.

ARTICLE III. — Résection pour cal difforme.

En voulant redresser le cal, beaucoup d’auteurs en ont aussi proposé ou pratiqué soit la rugination , soit la résection. Paul d’Égine (3), qui recommande, qui décrit même les différentes sortes de résections en cas de fractures compliquées ou de cal difforme, ne fut point approuvé par Guy de Chauliac, qui, d’après la citation de Boyer (4), plaint à peine un philosophe mort des suites d’une pareille opération , « pour n’avoir su demeurer clopinant ; » mais à Hévin , qui demande s’il se trouvera un malade assez courageux pour la supporter , et un chirurgien assez hardi pour l’entreprendre, on a répondu maintenant par une infinité de faits.

Après avoir rompu le cal , on fit avec la scie l’ablation de trois lignes de la partie interne et externe des deux pièces d’os , dit M. Oesterlen (5) . La résection de la portion saillante

(1) Obs. méd.-chir., cap. 71, 1682.

(2) Delpech, Dict. de méd., t. III, p. 451.

(3) Daléchamp, Chir. franç ., p. 467,787,788, 790, 791, chap. 107, 108, 109.

(4) Malad. chir., t. III, p. 107.

(5) De la rapt. du col, p. 124.

598 RÉSECTIONS.

d’un bout du fémur au-dessus du genou, après la consolidation d’un cal vicieux , fut également pratiquée sur le fameux Ignace Loyola , âgé de vingt-huit ans (en 1521). Un chirurgien grison (1) avait conseillé la rupture et la rescision du cal avec des tenailles , dans un cas de fracture par arme à feu au fémur. Albucasis aurait aussi proposé, selon Oesterlen, de couper le cal avec un instrument tranchant , quand il est devenu dur comme une pierre. Gardeil (2) raconte qu’il se détermina à faire couper les os de l’avant-bras d’un de ses neveux à l’endroit d'une ancienne fracture, et que l’opération réussitparfaitement. Si un fémur, réuni à angle droit, fut simplement séparé avec la scie par Wasserfuhr (3), M. Riecke (4) ne craignit pas d’employer la scie , la gouge et le maillet, dans un cas où la cuisse était raccourcie de huit pouces. Il en résultaune consolidation complète le huitième mois. La résection de quatre travers de doigt du corps des deux os de chaque jambe fracturée, et dont la consolidation était accompagnée de douleurs terribles , fut pratiquée avec succès en 1685 ou 1686 (5). Un jeune homme avait au fémur un cal aussi volumineux que la tête, a\ec chevauchement des fragments. M. Weinhold (6) , armé d’une aiguille trépan [nadel trephine ), passa un séton entre les fragments, et le guérit sans en venir à la résection. Mais la résection se confond évidemment ici avec ce que j’ai dit de la rupture du cal dans un autre chapitre (t. Ier).

En parlant du redressement des membres courbés à angle par suite de fractures vicieusement consolidées, j’ai omis de rappeler une opération de ce genre, pratiquée avec succès par M. Warren. Cette opération , qui appartient en réalité

(t) Hilden, dans Oesterlen , lieu cité, p. 189.

(2) Traduction des OEuvres d' Hippocrate , t. I, p. 300.

(3) Rust’s, Magazin fur die gesarnente heilkunde , journal d’Hufeland , 1816, octobre.

(4) Bulletin des scierie . méd., journal analytique, décembre 1828, p. 466, ou Arch. gén. de méd., t. XVIII, p. 105.

(5) Journal de méd., suite de celui de Laroque, p. 58, 1686.

(6) Dans Journal d’Jlufeland , 1816, 5* cah., p. 25; et Journal analytique, il0 8, p. 240, 1828. — Arch. gén de méd., t, XVII, p. 446.

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