‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 89 sur 128 · LARYNX · texte numérisé non relu

LARYNX

§ III. Silamaladie semblait exiger qu’on enlevât la totalité de Vos à la manière d’une tumeur , le procédé de M. Gensoul offrirait cependant de véritables avantages , non en ce qui concerne la forme du lambeau, mais pour la manière de faire sauter la mâchoire. Du reste , qu’on se serve du ciseau , de la scie, des molettes, des ostéotomes modernes ou du trépan, l’incision des parties molles telle que je l’ai indiquée plus haut , ou un peu modifiée si l’état de la tumeur l’exige, suffira le plus ordinairement ; il est difficile , il me semble , d’en imaginer une plus simple et plus facile. L’incision cruciale, employée par M. Syme , expose trop à la lésion du conduit de Stenon, et ne met pas plus sûrement à nu les parties qu’on veut enlever. L’emploi d’une petite serpette m’a surtout paru fort utile , et pouvoir être d’un grand secours en pareille circonstance. Si le bord alvéolaire était seul malade, des tenailles incisives permettraient aussi d’enlever toute l’affection sans inciser les lèvres. Dans le cas contraire, on devrait , si la chose paraissait indispensable, diviser les tissus de chaque côté, en suivant la ligne oblique que j’ai mentionnée plus haut. Au surplus, c’est encore une de ces opérations dont le manuel doit, en quelque sorte, être accommodé à chaque cas particulier , et qu’il faut se garder de vouloir astreindre à des règles trop rigoureuses.

L’extraction d’un simple séquestre, comprenant une grande partie de Vos, comme le service de M. Roux en a offert un exemple en 1829, à la mâchoire d’en haut comme à celle d’en bas, n’entraîne pas à beaucoup près une difformité aussi grande que l’amputation. Une production nouvelle finit presque toujours par tenir lieu de l’ancienne, et c’est alors seulement qu’à l’instar de MM. Krimer et Samel ou Samuel on pourrait peut-être admettre à la rigueur la reproduction de quelques dents comme possible.

ARTICLE VII. — Résection du larynx et de la trachée.

La nécrose, la carie de Vos hyoïde et des cartilages du larynx ou de la trachée, peuvent aussi réclamer la résection. Un séquestre avec fistule aérienne, dont J.-L. Pe-

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tit (1) rapporte l’origine à la syphilis, faillit tomber dans la trachée. Il fallut l’attacher avec un fil jusqu’à sa chute complète , et recourir ensuite à des tentes de charpie imbibées de cire et de cacao fondu. Il faudrait évidemment s’y prendre de bonne heure pour retenir une nécrose pareille, ou mieux la détacher et réunir par la suture la pièce de peau qui la recouvre avec les parties voisines.

Dans un cas observé par Marchettis (2), la carie fut rugi née et détruite avec un plein succès. La fistule existait entre deux anneaux de la trachée-artère. L’ayant dilatée avec une éponge , on put porter une rugine sur les cartilages malades de côté et d’autre, et les racler convenablement. Ayant découvert le trajet ulcéreux, je pus de mon côté exciser une portion de l’os hyoïde et guérir une fistule qui existait depuis huit ans dans un cas, depuis trois ans dans un autre, chez deux malades adultes que j’opérai l’un avec M. Pegot en 1834 , l’autre avec M. Leclerc en 1836.

ARTICLE VIII. — Sternum.

Le sternum, os spongieux, épais, superficiel, est naturellement exposé à toutes les maladies propres au squelette ; aussi a-t-on songé de bonne heure à le découvrir, l’exciser, ou le perforer. Les abcès qui se développent dans l’écartement antérieur du médiastin , et qui restent ainsi emprisonnés dans la poitrine , pourraient guérir s’il se trouvait un trou dans le sternum. Une fois carié ou nécrosé, cet os expose d’ailleurs lui-même à des suppurations dangereuses , à des accidents qui finissent presque toujours par compromettre la vie.

Tout indique, quoi qu’en dise Léveillé, que Galien (3) l’avait réellement pratiquée chez ce malade dont il put ensuite voir librement les battements du cœur. De La Martinière (4) prouve par les observations de Mesnier, Alaric, Sedilier, Lecat, Ferrand, comme l’ont prouvé celles de Labissière,

(1) Acad.de chir., p. 185, t. II,

(2) Bonet, t, III, p. 240, obs. 40.

(3) Peyrilhe, Histoire de la mèd ., etc.

(4) JHém, de l' Acad. royale de chir., t. IV,

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