OS DU BASSIN
sur la ligne médiane depuis le voisinage de l’anus jusque sur la face postérieure du bassin; éloignant ensuite en les disséquant de chaque côté les deux lèvres de la plaie, il s’occupe de saisir et d’enlever l’os malade. Pour cela, il lui suffira de le saisir avec de bonnes pinces , si le fragment osseux est mobile ; dans le cas contraire , il devrait , avec la scie en champignon, s’il ne s’agit que d’une nécrose ou d’une carie superficielle, avec la scie ou une molette plane, dans le cas de lésion profonde, le trancher dans toute son épaisseur, à quelques lignes au-dessus de la région malade. Un ciseau, une spatule, ou quelque autre levier solide glissé dans le trait de la scie , suffirait ensuite pour le faire basculer et en compléter la rupture. L’accrochant dès lors avec une érigne, une pince ou le doigt , il ne resterait plus qu’à en séparer à mesure les tissus fibro-celluleux des bords et de la face profonde , pour l’emporter définitivement. La plaie , pansée avec des boulettes de charpie , le linge troué et un plumasseau , exigerait d’ailleurs le même bandage que toutes les blessures de la région anale.
Bans un cas de fistule à l’anus , entretenue par une carie du coccyx, M. Van Onsenoort, qui a fait l’extirpation de cet os, s’y est pris de la manière suivante. L’index de la main gauche, introduit dans le rectum, soudent le coccyx. Une incision est faite de la base au sommet de l’os sur sa partie moyenne. A l’aide d’une incision transversale au niveau de sa pointe, celle-ci peut être dégagée, et la face profonde du coccyx séparée des parties molles. L’opération fut terminée par la désarticulation. La guérison fut prompte et sans accident.
M.Kerst a vu dans un cas cet os,entièrementdétaché du sacrum, être spontanément expulsé. Le malade guérit parla suite.
§ lï. La tubérosité de l'ischion pourrait sans doute, si elle était altérée , être excisée comme le grand trochanter. Maunoir (1) en a publié un exemple. La carie existait dans une grande étendue. Après l’incision , on appliqua deux cautères rougis à blanc, puis en eut recours au tamponnement. Deux mois plus tard, et après de fréquents ébranlements, le chirurgien réussit à extraire une portion de l’ischion du volume d’un
(1) Questions de chirur. Trait, des ulcères, p. 164.
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petit œuf de poule, et la guérison eut lieu. Mais il n’est point venu à ma connaissance que personne y ait songé jusqu’ici, qu’aucun autre chirurgien en ait rencontré depuis l’occasion.
§ III. 11 n’en est pas tout-à-fait de même de la crête iliaque. L’étendue et la position superficielle de ce rebord du bassin l’exposent à l’action des violences extérieures de toutes sortes. Aussi est-il assez souvent affecté de fractures, de contusions, puis de carie et de nécrose. Les abcès du fond de la fesse et de la fosse iliaque interne ont d’ailleurs plus d’une fois déterminé la nécrose, puis la perforation de l’os coxal. On comprend donc qu’il puisse être utile d’en enlever une partie dans le but de conserverie reste. On dit que Leauté(l) a pratiqué une fois la résection de la crête iliaque avec succès. De Lamartinière, qui conseille la trépanation de la fosse du même nom, fut imité par Boucher (2), qui ouvrit ainsi un abcès internedu bassin. Manne (3), rencontrant une fracture comminutive, eut recours aux incisions pour relever ou extraire les pièces d’os déplacées, et appliqua le trépan sur la partie voisine pour relever celles que l’élévatoire ne put redresser, pour extraire les corps étrangers. Une observation recueillie par Arrachard (4), à l’hôpital de la Charité , prouve même que l’os des iles peut être ainsi détruit presque en totalité sans amener la mort. Parlant du trépan sur la hanche , Theden (5) cite l’observation d’une balle enfoncée dans le bassin par maladresse, et qu’on retira ainsi. Weidmann (6) a vu, de son côté, un séquestre de la substance diploïque d’un os iliaque renfermé dans une cavité osseuse nouvelle, sans qu’aucun cloaque se fit remarquer au voisinage. J’ai rencontré deux malades qui auraient évidemment retiré quelques fruits de la résection , s’ils eussent voulu s’y soumettre. J’en ai vu deux autres dont la portion nécrosée de l’os coxal eût été facile à détruire au moyen du trépan dans le fond d’un abcès de la fosse iliaque externe.
(1) Le Dran, Qbs. de çhir., t. II, p. 265.
(2) Séance pub. de V Acad ., in-4°, Paris, 1779, Sprengel, t. III, p. 33.
(3) Traité élém. des malad. des os, p. 186, (789.
(4) Mèrn. de chir., p. 269, 1805.
(5) JVouv. obs. et expériences pour enrichir la chirurgie et la médecine , 2e partie, chap. 3, p. 48-49.
(6) Traité de la nécrose, p. 111.