OS DU BASSIN
Le procédé à suivre serait simple et facile. Une incision parallèle au bord du bassin , assez étendue pour dépasser d’un pouce les limites du mal en avant et en arrière , suffirait ordinairement. Écartant par la dissection chacune des lèvres de cette plaie, on abaisserait sans crainte celle d’en bas jusqu’au niveau de l’insertion du muscle petit fessier s’il le fallait. Afin d’éviter l’artère circonflexe antérieure , il faudrait raser l'os de très près en refoulant en dedans celle d’en haut. On comprend que la scie en crête de coq, ou la scie ordinaire portée en travers et de dehors en dedans , pendant qu’une plaque de carton, ou de bois, ou de linge, protège les tissus vers l’abdomen, permettrait d’enlever la crête malade de l’os des iles dans toute l’étendue désirable.
Si l’affection n’était qu’un point très limité de nécrose ou de carie, on pourrait également le faire sauter avec la molette en champignon ou d’un coup de ciseau.
Au fond de la fosse iliaque, l’opération ne peut rien avoir de fixe. Une ou plusieurs incisions qui mettent l’os dénudé en vue; une ou plusieurs couronnes de trépan, à moins qu’on ne se serve des scies à molette de M. Charrière ou de l’ostéotome de M. Heine , sont tout ce qu’il est permis d’en indiquer à titre de règle générale.
§ IV. Les pubis eux-mêmes peuvent être soumis à la résection. Desault (1) parle d’une lésion de la vessie par une esquille du bassin ; l’extraction en fut faite ; on plaça une sonde dans l’urètre et le malade guérit. Un séquestre de pubis arrivé près de l’aine, causa un abcès, puis une ulcère qui s’ouvrirent et se fermèrent plusieurs fois, sans guérir définitivement, jusqu’à la sortie de l’esquille qui a vait huit à neuf lignes de longueur sur deux de largeur (2). Une portion de plus de deux pouces du pubis fracturé et détaché fut emportée par Maret (3) ; la situation horizontale avec flexion et écartement de la cuisse pour empêcher le rétrécissement du bassin , permit d’obtenirun cal qui remplit l’espacelaissé par la perte de substance de l’os , et le malade guérit en peu de temps.
(1) Chopart, Malad. des voies urinaires.
(2) J.-L. Petit, Ouv. posth., t. II, p. 33.
(3) Mém . de Vacad. de Dijon, t. II.
RÉSECTIONS#
ARTICLE XII. — Membres thoraciques.
En excisant quelques portions du corps des os , on peut espérer, lorsque la maladie occupe les membres, d’éviter l’amputation , de conserver aux malades certains organes importants. Qu’il s’agisse de carie , de nécrose , de productions morbides de toute nature, on conçoit qu’il puisse suffire d’enlever avec elle, tantôt toute l’épaisseur, tantôt une plaque seulement du corps de l’os pour détruire la totalité du mal. De cette façon , tout ce qui se trouve au-dessus et audessous est gagné pour l’organisme , et la chirurgie ne détruit réellement que ce qu’il est impossible de conserver. On évite ainsi d’emporter une grande étendue de parties saines pour une petite portion de tissus malades. Envisagée sous ce point de vue, la résection des os a fait de nos jours de véritables progrès. Grâces aux travaux de Hey, Moreau, Champion , Jæger , Roux, et d’une infinité de praticiens modernes , on ne pratique plus l’amputation des membres pour remédier à l’affection isolée de quelques uns des os qui entrent dans leur composition. Toutefois , il faudrait se garder de tomber dans l’extrême contraire à celui où les chirurgiens sont restés long-temps engagés. Pour substituer avec avantage la résection du corps des os à l’amputation , il faut être sûr de pouvoir emporter tout le mal. Or, chacun sait que les limites de la carie, de la nécrose, sont ordinairement fort difficiles à préciser. Sans cela néanmoins , le malade court risque, après avoir supporté une opération ordinairement longue et difficile, d’être obligé de se soumettre en outre à l’amputation.
Toutes choses égales d’ailleurs , l’amputation est plus prompte , plus facile, d’un résultat plus certain que la résection. Celle-ci, qui exige naturellement une dissection délicate, des incisions multipliées, des tâtonnements plus nombreux , qui laisse des plaies anfractueuses , étendues , plus ou moins contuses , est, par contre, accompagnée de moins de dangers pour la vie, et offre l’immense avantage de ne pas mutiler le malade , d 'altérer quelquefois , mais non d’abolir les fonctions de la partie.