‹ Nouveau éléments de médecine opératoire accompagnés d'un atlas de 22 planches in-4*0 gravées, représentant les principaux procédés opératoires et un grand nombre d'instruments de chirurgieChapitre 96 sur 128 · CORPS DES MEMBRES · texte numérisé non relu

CORPS DES MEMBRES

Au total , pour donner la préférence à la résection , il faut que l’importance des organes quelle met à même de conserver ne soit pas douteuse , et qu’il soit possible de laisser les articulations intactes tout en enlevant la totalité du mal.

La carie étant ordinairement très bornée , ne compromettant presque jamais la vie , et finissant à peu près toujours par se limiter , n’exige la résection qu’après une durée considérable. On peut en outre dire d’elle comme de la gangrène, comme des inflammations diffuses en général , que , pour songer à l’enlever , il convient que l’organisme en ait définitivement borné la progression.

Quant à la nécrose , c’est une maladie si peu douloureuse, si lente dans sa marche , si peu grave en elle-même, qui incommode si faiblement les malades, qu’on serait blâmable de l’attaquer dès l’abord par des moyens chirurgicaux. Jamais la nécrose ne justifie la résection dans la diaphyse des os des membres , à moins que le travail pathologique ne l’ait séparée des tissus vivants. Avant de songer à l’opération , il faut en conséquence s’être assuré que le séquestre ou le fragment nécrosé jouit déjà d’une certaine mobilité , qu’il est positivement isolé du reste de l’os. Jusque là , il peut entretenir de la douleur , des inflammations , des fistules, provoquer sans cesse la suppuration, et cela pendant un nombre d’années impossible à limiter; mais il ne réclame point la résection.

Ce genre de résection est d’ailleurs applicable aux os courts , aux os longs, comme aux os plats. Dans les os longs , on peut s’en servir et pour la partie moyenne , et pour les extrémités; il a pour caractère essentiel de respecter les cavités synoviales ou articulaires. Du reste, il interrompt, tantôt complètement , tantôt incomplètement , la continuité de l’os altéré ; et ce que j’ai dit , sous ce rapport , de la nécrose doit s’entendre de toutes les autres affections organiques du squelette.

RÉSECTIONS.

§ Ier. Os de la main.

Les os delà main sont chargés de rôles si importants qu’on se trouve toujours heureux de pouvoir en conserver quelques uns. Ils sont si courts, d’un autre côté, que leurs maladies permettent rarement d’en ménager les extrémités articulaires , de n’en détruire que la partie moyenne. En supposant qu'il fut possible de n’en atteindre que le corps dans certains cas , on aurait en outre à se demander si le doigt qui leur correspond ne deviendrait pas plus incommode qu’utile après l’opération. Un certain nombre de faits m’autorise cependant â établir que pour les phalanges il y aurait lieu d’en enlever la partie moyenne , si leurs articulations étaient réellement saines. «Quand il n’y a que la seule phalancedu milieu de corrompue , dit Lembert (1), nous la découvrirons avec deux incisions, l’une à chaque costé du doigt, afin d’éviter les tendons destinés à la flexioni et à l’extension. Si la nécessité du mal inspire la section des uns ou des autres tendons, on conservera les fléchisseurs. L’os estant descouvert, nous le mortifierons. Après l’abscez (la séparation de l’os), la première phalange s’approche delà dernière, et leur entre-touchement rend l’action etl’usage du doigt agréables.»

Avec les instruments dont le chirurgien peut disposer aujourd’hui, l’opération n’est ni difficile, ni dangereuse. Y at-il des plaies , des trajets fistuleux , on les agrandit en débridant les tissus dans la direction du doigt. Avec de fortes pinces on arrache les fragments de nécrose ; avec la rugine, on détruit les parties cariées. Si l’os est malade dans toute son épaisseur, et qu’il n’y ait pas d'ouverture convenable h la peau , on fait une incision sur le côté de la région dorsale du doigt, d’une tête de la phalange à l’autre. On décolle ensuite les tissus en avant et en arrière avec le bistouri ; puis , à l’aide des ciseaux de Liston , de la scie articulée ou de la scie cultellaire , on opère la section successive des deux extrémités du fragment malade de la phalange.

A. Phalanges. Pansé comme s’il était affecté d’une fracture,

(1) Comment. , ou OEuvr. chirurgicales t p. 397. 1671, in-4°.

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